‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 35 sur 139 · VOYELLES A, E, I · texte numérisé non relu

VOYELLES A, E, I

Voyelle A.

83. La voyelle a s'écrit exceptionnellement par un e suivi d'une nasale dans femme, couenne, rouennerie et dans les adverbes terminés par emment. Tous ces mots se sont jadis prononcés par an: fan-me, couan-ne rouan-nerie, ardan-ment, etc. L'e que chacun d'eux contenait s'était nasalisé sous forme d'à nasal (§ 73).

lÉ SON É OU É 37

Puis il est arrivé que les voyelles nasales se sont dénasalisées, lorsqu'elles étaient suivies, — ce qui est le cas, — d'une consonne nasale prononcée. Mais Ya nasal de ces mots, en se dénasalisant^ est resté a et n'est pas retourné à sa forme primitive d*é. Le français fè-me (latin femina) est devenu successivement fan-me (qu'on écrivait femme), puis famé, et ainsi des autres mots ; mais on a conservé l'orthographe du temps où on prononçait fan-me. Pour la même raison printen-nier est devenu printanier, qu'on écrit phonétiquement. Montaigne recommandait à son éditeur d'imprimer famé; ainsi écrit M°*** de Sévigné.

A s'écrit e dans indemnité, qu'on devrait prononcer comme indemne ou écrire indamnité comme dam (à son).

Puisqu^on écrit < printanier » malgré < printemps », il n^y a pas de raison pour ne pas écrire rouanerie malgré Rouen, et de même famé, coimne, ardament, etc. Pour les adverbes il suffirait de dire, ce qui est l'expression de la vérité, que Va nasal qui termine les adjectifs en ant (ou ent) se change en a oral dans les adverbes en ment formés sur les adjectifs.

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