‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 47 sur 139 · LE SON S DURE · texte numérisé non relu

LE SON S DURE

enregistre encore la graphie douceâtre au lieu de dour çâtre. La distinction graphique entre chanson et soupçon est arbitraire, puisque la fin de ces deux mots s'est toujours prononcée de même en français; on a voulu rappeler le c du mot latin suspicîonem, tandis que la graphie phonétique a été appliquée à chançon (qui vient de * cantionem). Chanson justifierait l'orthographe commenser (cum-initiare).

128. L'^ dure est encore exprimée par se dans les mots qui avaient en latin ces deux consonnes : descendre (les Latins prononçaient deskendere), science, susceptible^ faisceau^ etc. Cependant vaisseau (qui vient de vasceUum, comme faisceau de *fascellum) s'écrit par deux s. Le signe se représente souvent deux s prononcées, et, comme toujours, il arrive que des mots de même famille se prononcent les uns par la consonne simple, les autres par la consonne double. Les dictionnaires notent ascendant prononcé par deux s, et descendant par une.

129. Le c de sceau a la prétention de rappeler le g du laiinsigilluml L'homographie de seau (=^ *siteUum) et du vieux français seau (sigillum) n'offrait aucun inconvénient. L'ancien français sier^ de secare (comparez plier de plicaré) a été aussi changé en ^cter, sans aucune apparence de raison.

130. Le mot latin sexaginta, prononcé secsaginta, est devenu en français seisante, puis soisante ou soissante, le c contenu dans Yx ayant produit Vi français. L'orthographe actuelle soixante, qui a la prétention de mieux rappeler le mot latin, donne à Yx une valeur qu'il n'a jamais eue en latin.

Sur l's dure de six et dix, voyez § 40.

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