‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 58 sur 139 · Trait d^union devant les pronoms personnels · texte numérisé non relu

Trait d^union devant les pronoms personnels

— On met le trait d'union devant les pronoms personnels, devant les adverbes ou pronoms en et j/ et devant les pronoms ce et on, quand, au lieu de précéder le verbe, ils le suivent immédiatement, ou n'en sont séparés que par le t dit euphonique ; Donne-moi. — Cherche-le.

— Voulez-vous? ^- Vient'il? — Arrive-t-il? — Qui était-ce? — Venez-y. — Parlez-en.

Ici eacore, il n'y aurait aucun inconvénient à supprimer le trait d'union, au moins quand il n'y a pas de t euphonique.

174. Trait d union dans les locutions prépositives ou adverbiales. — On écrit en un seulmotawp7'e5(=:au-près), autour, alentour, deçà, delà (par); avec trait d'union : au-dessus, au-dessous, par-dessous, par-là, par-ci, icibas, là-haut, jusque-là, c* est-à-dire, vis-à-vis; et sans trait : au dedans, par devant, au dehors, de çà, de là, c'est à savoir^ face à face, tout à coup, tout à fait. Sur ci et là voyez aussi § 17:2.

Il est évident que la suppression du trait d'union s'impose dans ces locutions. Mais on devrait écrire vis-drvis en un seul mot, visavis, parce que le substantif composant (vis = visage) n'existe plus

isolément. D'ailleurs, plusieurs autres locutions devraient être soudées, car par est un Téritable préfixe (Voyez § 164) dans par dessouSy par devarUf etc., et audessus serait aussi naturel qu'auprès.

175. Trait dunion dans les noms de nombre, La conjonction et entre deux noms de nombre s'est maintenue jusqu'à quatre-vingts devant la voyelle initiale de un et de onze : trente et un, vingt et un, soixante et onze, etc., qu'on écrit sans trait d'union (Vovez § 2»6).

Le trait d'union est sans doute destine à remplacer la conjonction dans trente-deux, quarante-quatre, etc. On met aussi un trait d'union après quatre-vingt dao$ quatre-vingt-un, etc. Cependant on n'en met pas dans cent un, cent deux, etc., qui sont bien aussi pour cent et un, cent et deux.

Quand le premier nombre multiplie le second, on met uii trait d'union dans quatre-vingts et on n'en met pas dans quatre cents.

Toutes ces contradictions de?raient disparaître par la suppression générale du trait d*union dans les noms de nombre.

176. En résumé, nous considérons que le trait d'union, d'invention relativement récente, est une complication d'écriture qui offre, dans le plus grand nombre des cas, plus d'inconvénients que d'avantages.

On a présenté la réunion des mots composants par un trait comme un état intermédiaire entre la juxtaposition simple et la soudure. Mais cette transition n'est pas utile; nos ancêtres n'en ont pas eu besoin pour passer de plat fond à plafond.

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