‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 59 sur 139 · TRAIT D'^UNION · texte numérisé non relu

TRAIT D'^UNION

Noos proposons de ne maintenir le trait que dans les locutions fortement elliptiques (§ 171) qui sont en nombre restreint, et dont on peut facilement dresser la liste.

Dans chacun des autres cas que nous avons examinés, il y a toujours des exemples de mots soudés et de mots simplement juxtaposés : suivant que les premiers ou les seconds sont en plus grand nombre, nous proposons d'ériger en règle, soit la soudure, soit la juxtaposition, et de supprimer les exceptions. On souderait tous les mots commençant par un préfixe (contrecoup^ soupied, § 164^ ou par un verbe sous la forme de Tindicatif présent (portecigare, gdgnepetit, §§ 165 et 166j. On juxtaposerait purement et simplement les divers éléments des mots composés qui commencent par un substantif ou un adjectif (beau fUSy eau de vie, sourd muet, etc.). Si on cherche à établir d'autres distinctions, quelque légitimes qu'elles paraissent au premier' abord, on s^aperçoit qu^elles laissent entre elles des cas douteux. Il vaut mieux couper court aux subtilités en adoptant des solutions très larges.

Toutefois, quand on crée de nouveaux mots composés sur le modèle des anciens, ce qui arrive fréquemment dans le langage philosophique, par exemple, il faut laisser aux écrivains, sans leur rien imposer, la facilité d'user du trait d^union pour souligner en quelque sorte le nouveau terme, de même qu^on se sert librement des guillemets et des lettres italiques.

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