‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 67 sur 139 · PLURIEL DES NOMS EN AL · texte numérisé non relu

PLURIEL DES NOMS EN AL

tuyaux autrement que des landaus, et des cailloux autrement que des clous.

Plwiel des noms en al et ail.

210. Tous les noms en al et ail faisaient dans Tancienne langue leur pluriel en als, devenu régulièrement aus, dès le douzième siècle^ par application d'une loi phonétique (Cf. § 236). Et nous disons encore : des travaux, des chevaux. Mais plusieurs des noms actuels en al et ail restent tels quels au pluriel (sauf adjonction du signe du nombre), les uns parce que, étant de création récente, ils ont été soustraits à Tintluencede la loi phonétique dont nous parlons, les autres parce que, étant surtout employés au singulier, ils ont perdu leur pluriel qui a été refait sur le singulier. (Voyez § 236).

C'est ainsi qu'on dit: des bals, des régals, des chacals, des pals, des camails, des éventails, des rails, des gouvernails, des détails, des épouvantails, des portails. Les botanistes, qui seuls emploient le mot au pluriel (^), disent des ails; l'ancien pluriel est conservé par les dictionnaires qui y ajoutent une l parasite (des aulx) pour éviter la confusion avec l'article aux!

Le mot travail, dans le sens de « machine à maintenir les bêtes vicieuses », s'emploie presque exclusivement au singulier. Aussi la forme du singulier a-t-elle prévalu, et lorsque, par exception, on met le mot au pluriel, on ajoute simplement 1'^ : des travails.

Cette distinction, entre le pluriel en aux et le pluriel en als, ails, est une difficulté; mais c'est une difTiculté de langue et non d'orthographe, et on ne peut que la constater.

i. Dans le langage ordinaire, on remplace le pluriel par la forme partitive: de l'ail.

Pluriel des noms oeil, aïeul, ciel.

211. Les noms en et, eul et euil^ faisaient jadis leur pluriel en eus. Mais, comme ils étaient employés beaucoup plus souvent au singulier, la forme du.pluriel s*est perdue, et on a refait un pluriel sur le singulier : des hôtels, des filleuls, des bouvreuils. (Voyez § î236).

Toutefois, les mots ml, dieul, ciel, dont le pluriel était très usité (celui de ciel dans le langage de la piété), ont conservé leur vieille forme: des j/ewrc (*), les cCieux, les deux.

Les mots bisa'ieul, a'ieul au sens pr(^cis de grandpère, ciel et œil dans quelques locutions composées (ciel de lit, œil-de-bœuf, œil-de-perdrix), s'emploient surtout au singulier; aussi a-t-on perdu Tusage du pluriel en eus, et on dit au pluriel, avec la forme du singulier: bisaieuls, aïeuls, ciels de lit, ceils-de-bœuf, œils-de'pei'drix.

En outre, le mot ciel ne s'emploie souvent au pluriel que pour désigner l'ensemble de la voûte céleste ou le paradis; c'est seulement dans l'un ou l'autre de ces sens que le pluriel archaïque deux est usité. Si l'on parle du ciel d'un pays, d'un tableau, quand on a l'occasion (rare) de mettre le mot au pluriel, on lui consf^rve la forme du singulier: ciel, dans ces derniers sens, suit la loi des autres mots en cl: des ciels comme des fiels, des hôtels.

Pluriel des noms d'origine étrangère.

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