‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 78 sur 139 · NOMS DE NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMS DE NOMBRE

Sur le trait d'union dans les noms de nombre, voyez § 175.

255. Le nom de nombre deux vient du latin populaire duos^ formé par analogie avec les accusatifs pluriels tels que amicos. C'est donc Ys du pluriel qui devrait régulièrement terminer ce mot (voyez § 209)

comme dans rancienne langue française. Sur Torthographe de six et dix voyez § 40; sur sept, § 51 ; sur huit, § 23; sur vingt, § il et § 12. Il est inadmissible qu'on écrive vmjf (viginti) avec un gr, alors que trente (trijinta), quarante (quadra^inta), c:njuante (quinquajinta), soixante (sexajinta) n'en ont pas.

Ecrire soixante avec un ac, au lieu de soissante, équivaut à écrire laixer (latin laxare) au lieu de laisser.

Sur sixième, dixième et dizaine, voyez § 137.

256. On dit « trente et un ^ et on a dit « trenle et deux, trente et trois, etc. » Mais dans la prononciation rapide de ces mots, le son é (et) ne s'est conservé que devant la voyelle initiale de un et de onze (*) à cause de l'hiatus, qui empêche que Yé se transforme en la labiale e; partout ailleurs il s'est affaibli en e muet (trenle-c-deux), et cet e s'est fondu avec Ve final de trente, comme Vy se fond avec Vi initial de « irai » dans « j*irai « pour « j'y-irai. » Mais Ye, reste de et, s'est maintenu plus longtemps après vingt qui ne se terminait pas par un e muet : vingt-e-trois, etc., d'où vingttrois, etc. On prononce aussi diz'-neuf; Ye s'est élidé dans dix-huit ; quant à dix-sept, on a prononcé dix-e-sept, c'esl-à-dire dize-sept, c^ui s'est réduit à dis -sept par l'assimilation des deux sifflantes zeei se{*).

Quatre-vingts, cent et mille se joignent aujourd'hui sans conjonction au nombre qui suit; on ne dit pas: cent-et-un, cenf-deux, quatre-vingts et un. Mais quand

1. Et non pas devant Vu de huit. Ce mot commence non par une voyelle mais par une semi-voyelle semi-consonne (la voyelle proprement dite de ui est i), devant laquelle un e peut s'élider, mais dont la rencontre avec une voyelle ne forme pas un hiatus complet.

2. Comme le lui se réduisait à lui dans l'ancienne langue : c Je le garde pour lui montrer quelque jour ». loilure.

Page 1