PLACE DU PRONOM PERSONNEL
tôt je te le rends que je le te rends ^ les deux pronoms régimes ayant des formes également sourdes. Or, on dit: je te le rend^, en plaçant en premier lieu le pronom régime indirect. Mais, d'autre part, en raison de Teuphonie, on tend à mettre en premier lieu le pronom le moins sonore. Cette seconde tendance remporte sur la première dans le lui, le leur : donne-fe lui, on le leur laissa. Ailleurs, les deux tendances s'équilibrent, et on dit tantôt le moi, tantôt moi le, tantôt nous le, vous le, tantôt (mais seulement après le verbe) le nous, le vous : « Donne -mot la ou donne-/a moi, apporte- fc^ nou^ et apporle-nou5 les tt.
299. Les pronoms adverbiaux en et y, lorsqu'ils ne sont pas accompagnés d'autres pronoms, se mettent tout près du verbe: il en apporte..., apportes-en... ; il y apporte..., apportes-y... Mais un pronom personnel régime, lorsqu'il n'est pas accompagné de en ou y, occupe la même place. Lequel la cédera à l'autre lorsqu'on aura en même temps en ou y et un autre pronom personnel? Avant le verbe, c'est en ou y qu'on met le dernier : il nous y apporte ou nous en apporte. Après le verbe, il y a plus d'hésitation, au moins dans le langage populaire. On comprend que « laisse-moi » ait pu entraîner « laisse-m'y », en donnant au pronom la forme me dont Ye s'élide, ou « laisse-moi-s-y » avec une s euphonique comme dans va5-y ; mais on comprend aussi que « lalsses-y » ait pu entraîner « laisses-y moi ». Le peuple dit un peu de toutes façons ; dans la bonne langue c'est en et y que l'on place en dernier lieu, aussi bien après le verbe qu'avant : « tirez m'en, donne-lui en, porte-l'y, suivez-nous y, mets-t-y ».