‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 118 sur 196 · W. Wright, op. cit, n? DCCCXLII · texte numérisé non relu

W. Wright, op. cit, n? DCCCXLII

2. Siméon Métaphraste, qui vécut à Constantinople au X° siècle selon les uns, au XII* selon les autres. Je reviendrai plus loin sur cet écrivain.

| pose de deux parties d'origine bien distincte et dont l'une doit | être antérieure à l'autre de plusieurs siècles. Cette dernière est inconnue des trois plus anciens manuscrits. En réalité, nous nous trouvons donc en face de deux travaux séparés : la premiére vie du saint, représentée par huit exemplaires, et la seconde vie, reproduite par cinq seulement. Mais faut-il séparer aussi l'étude de ces deux questions : Dans quel rapport sont entre eux les huit exemplaires de la premiére vie? — Dans quel rapport sont entre eux les cinq exemplaires de la seconde? On pourrait croire tout d'abord qu'il suffira de résoudre celle-là pour obtenir en méme temps la solution de celle-ci. Il est possible en effet que le rapport soit le méme pour les deux vies entre les cinq derniers manuscrits, auquel cas tout travail de comparaison des textes de la seconde vie serait superflu, et ne servirait tout au plus qu'à faire la preuve du résultat obtenu par la comparaison de ceux de la premiére vie. Mais il peut arriver aussi, et, nous le verrons plus loin, c'est justement notre cas, que ce rapport soit différent. Alors deux examens séparés seront nécessaires et nous amèneront à deux classifications distinctes, qu'il restera enfin à raccorder dans une classification générale.

Commengons donc par chercher dans quelles relations de parenté sont les huit exemplaires de la première vie.

Je ne suivrai pas dans l'exposé de mes recherches la méme marche par laquelle je suis arrivé à établir ces relations. Il était impossible de remettre sous les yeux du lecteur toute la minutieuse comparaison des variantes et de reprendre avec lui la suite des t&tonnements et des hypothéses au moyen desquels a été atteint le résultat. Je procéderai plutót en sens inverse et, partant de ce résultat comme d'un fait acquis, je me bornerai à en exposer les preuves, à noter les variantes qui le justifient et à rendre raison de celles qui semblent le contredire. Je donnerai d'ailleurs à la suite du texte de la légende une liste compléte des Variantes des manuscrits qui mettra le lecteur à méme de refaire au besoin mon travail et de vérifier mes conclusions !.

1. Les principes de la critique des textes ont été exposés par M. Gaston Paris, dans sa préface de la Vie de Saint Alexis, poème du ΧΙ: Siècle (Paris, . 1872), p. 7 et suivv. Mon travail doit beaucoup à cette excellente exposition.

Et d'abord il est constant que nous ne possédons pas l'original de la légende. Le seul de nos textes qui pourrait prétendre à ce titre et qui mérite qu'on le discute est celui du ms. A. Or on y reléve deux fautes corrigées par C: l'omission des mots con e—AÀ»o à la p. en, l. 10, et à la ligne précédente la leçon c Je, pour ae-aJo2-». Mais ce texte est du moins la meilleure copie et la plus rapprochée de l'original perdu, que jappellerai O.

Si nous passons maintenant à la comparaison rigoureuse des variantes, le premier fait qu'il faut constater est l'accord assez fréquent des mss. À B D E F G que je réunirai sous la désignation générale a, en opposition avec l'accord de C et H, que je comprendrai sous l'appellation c. Notons par exemple :

p. 3, 1. 5, a aZzax2o onu, c nZox2o touto ; — p. », l. 28, a «οσιδα» 0 -mocLo| «a? ol-ao2], c omet; — p. cm, |. 8,α re αι. λαο. c clamaal, om γροῖ; — p. 2, 1. 12, a «as a, 6 o9 -2h.; — p. 4, 1. 9, a Ίο fo, c »aaS.o Άραυ [lo; — p. 3,1. 17, a 50 hu 005, c ln po 1p? 1005; — p. 4, 1. 19, a Vo IZ laso, c I-24 Huieors faa — p. », L 6, G ja rv «ono, c Jlaito «σι 5 ja. #2. On peut ajouter encore les variantes suivantes, auxquelles la fidélité générale de nos copies donne de l'importance, bien qu'elles ne consistent que dans l’omission de simples particules : p. a, |. 11, a £4 1e?» «o, c omet iX — P. 1. 14, a «) Ron, c omet -9]; — p. en, l. 19, a «si -coZ axe], c -202 e:xejo; — p. a, l. 12, a anSwal, c aoS3o2]o; — p. a, |. 17, a Lasço Va co, c Ἰλογο σι c» on; — p. 4, IL. 11, a Ἁ]) es), c Kio -223; — p. aa, L 24, a |n:oZo, ο lnw2z rm.

Mais avant de chercher à tirer aucune conclusion de ce classement de nos manuscrits en deux groupes AB DEF Get C H, je crois préférable de présenter une nouvelle liste de variantes qui, tout en maintenant encore l'opposition de C H, d'un

1. Cette variante est plus importante qu'elle ne le paraît au premier abord, car elle entraîne un changement de sens. Dans c, 9-182242» Où ,20 commence la phrase qui suit; dans a, 12204 y? achève la phrase qui précède.

2. Je ne donne pas ici les cas où l'accord n'est pas complet entre tous les mss. du groupe a. On devra pourtant reconnaitre qu'ils sont encore très-probants, venant aprés les premiers. Deux entre autres : p. us, l. 3, a 272] (B E lac], G omet), c «ly; p. 2, L 6, a |. ee (F seul 422 <W), c ]ja22 0.

coté, avec B D E F G, de l'autre, va cette fois réunir À aux deux premiers et le séparer des derniers. Dans cette liste je désignerai par a' le nouveau groupe composé de B D E F G, et par o celui composé de A C H. Ainsi: -

p. en, 1. 9, o donne |2345, α 1352!; — p. a, 1. 11, ο 5326 so Ho] Jon =, a' 1o? c 3ào co; — p. X, 1. 11, o 2972], a Vs; — p. X, 1. 21, o «31 í2o, a omet; ;— p.» l1, 0 caaise σι.» lon, a'as Kjawo jon -2a3:60; — p. »l 9, 0 gab 2? MDN, Q 42392 capa cale; — p. ο. 3, 039 Ίο μᾶς κ», a Ίο jo µ. 6087; — p. τό, ]. 15, o «42, a’ 252; p. 225,1. 3,0 «4X Ἀωῦο (ou 415,5) αααρο)2], a'(0u 122590) alazc*Z]o ος 5025; — p. a, l. 18, o 43.925, α΄ ωλθῥ]ο; — p. t, l. 14, 0 Sa κοο, a e on γοο; — p. s, 1. 3, o (ono, α΄ omet; — p. a, l. 7, 0 pe cL ito], a' sonne ons ο].

En résumé, il ressort de ces deux listes de variantes : 1? que les groupes de mss. B D E F G et C H sont toujours opposés l'un à l'autre; 2° que À est tantôt d'accord avec le premier groupe contre le second, tantót d'accord avec le second contre le premier.

Rien que ce dernier fait permettrait déjà de présumer l'existence d'un auteur commun pour chacun des deux groupes BDEFGet C H. Car étant donné, ainsi que nous l'avons avancé plus haut, que le ms. À est un représentant très-proche et trés-fidéle de l'original perdu et que l'on peut à priori considérer ses leçons comme les vraies leçons, chaque fois que ce manuscrit sera d'accord avec l'un des groupes, il y aura beaucoup de chances pour que la variante offerte par le groupe opposé soit une faute, et une faute commune ne peut guére dériver que d'une source commune. Il est aisé d'ailleurs de vérifier cette présomption. Reprenons quelques-uns des passages où nous avons trouvé C H contre À B D EF G. La leçon de C H nzasnc au est moins bonne que eze»22 oan;mw; l'omission par ces deux manuscrits des mots «3o «ασιοῦιΟἱ «2? olaozi

1. Le ms. H, du groupe o, donne pourtant ici |2-2», d'accord avec les mss. du groupe a’. Mais nous verrons plus loin (p. XVII) comment doit s'expliquer ce fait, qui ne peut rien prouver dés lors contre mon raisonnement.

2. Dans ce cas encore H est d'accord avec les mss. du groupe α΄. Voir là note précédente.

«9σδ-α» est sans aucun doute une faute; la leçon 1,-uu } 005 [Ee 42° pour 30 72? 15005 est une erreur causée par le ressouvenir d'une phrase antérieure de la légende, oü se retrouve cette expression 19 1 pie; cette autre 124 Bree les ne vaut pas bo (Zi las. On ne peut donc douter de l'existence d'un ms. c, auteur de C et de H. — Qu'on examine à présent les leçons données par B D E F G contre A C H : 1354 pour 123, est certainement fautif; la modification 165» &—? 53.0 sw pour 5 Ho! lom = 520 s'explique plus naturellement que la correction inverse; la suppression des mots -a23 (5ο et le changement de construction qu'elle entraine n'altérent pas il est vrai le sens de la phrase, mais du moins son allure est plus réguliére avec ces mots; enfin les insertions Khas, &—4,—4?, se peuvent à bon droit passer pour des surcharges. Il faut donc admettre que BDEF G proviennent à leur tour d'un méme texte perdu a’.

Cela posé, combien d'hypothéses sont possibles? A peut-il avoir été l'intermédiaire entre l'original et les manuscrits a' et c? — Ou bien À, a’ et c proviennent-ils chacun indépendamment de l'original, et avons-nous trois familles de manuscrits? — Ou n'avons-nous enfin que deux familles et, dans ce cas, auquel des groupes a' ou c doit-on adjoindre le manuscrit A?

A n'est pas l'auteur de a’ et c. — Il n'est pas l'auteur de ο, car nous savons que C et Ἡ comblent tous deux la lacune de À, con «So (p. em, l. 10), et en corrigent la faute accaJo3. 3 (p. cra, 1. 9) par la bonne leçon «ns Sq. Il ne l'est pas non plus de a’, puisqu'un des membres du groupe auquel α΄ a donné naissance, D, est peut-étre plus ancien que Α, et que d'ailleurs tous, d'accord en cela avec les manuscrits C et H, corrigent de légères fautes de À, comme l'omission de -24 (p. cm, l. 8), comme 1445 pour 1e! (p. 3, |. 17), -axaaso pour Sas (p. », l. 20), etc.

À, a’ et c constituent-ils trois familles dérivées indépendamment de l'original? Il faut pour cela que dans tous les cas où deux de ces familles se trouveront d'accord entre elles, cet accord nous donne la bonne legon. Une seule exception suffirait pour improuver notre hypothése, et pourrait méme présenter assez d'importance pour rendre au contraire certain un classement de nos manuscrits en deux familles seulement. Cette exception, on la chercherait en vain dans les deux listes de variantes fournies plus haut. Je crois pourtant l'avoir rencon-

trée, sinon dans une faute commune, au moins dans un systéme de fautes offertes par le ms. À et les représentants du ms. a”, qui s'expliquent toutes aisément par la faute antérieure d'un auteur commun et ne peuvent s'expliquer autrement. Que l'on se reporte à la phrase suivante, p. em, |. 8 de notre texte: 4 κο v2 Za Bo 2.940 -ασαλα 1) Φα] coli als e . eon. Le seul exemplaire qui la donne entièrement ainsi et d'aprés lequel je l'ai restituée, car il n'y a aucun doute que ce soit là la vraie lecon, est le ms. C. Voici pour cette phrase les variantes des autres manuscrits, excepté H, dont nous n'avons pas à nous occuper présentement et sur lequel je reviendrai plus loin :

À sn—41$,1 pour sms} et omet oon ς-α.ο; — DF δα pour |À—»,4 et con «aac? σι pour con ς-α.ο; — E G «2σια1ο]2) pour acadaS S, ja ss pour Jà-5,s; — E omet les mots oon ab, G les remplace par oo» <ass 4; — enfin B change toute la phrase et écrit : na 1 4-12 [La 24 peo . oon «abs "010—506 ED

On ne peut se rendre autrement compte des leçons diverses de ces manuscrits qu'en admettant qu'ils dérivent d'une source commune, a, où la phrase était déjà fautive et privée de son verbe oca «axo. Ils n'ont plus alors compris cette phrase et chacun d'eux l'a arrangée à sa fagon. Α et a', directement sortis de a, ont maintenu l'omission de oca So en y ajoutant l'un et l'autre une faute nouvelle. A, qui lisait peut-être ccaJos sp, a remplacé ce verbe par son synonyme «ωσ.α1α..ς2, tandis que α΄ ’ a écrit |5 234. pour là, sans doute par suite d'une erreur de lecture très-explicable dans l'estranghelo. A leur tour, les manuscrits qui proviennent de a' et que nous connaissons déjà, BDEFG, placés en face d'une phrase doublement défectueuse, l'ont traitée chacun à sa manière. B l'a complètement modifiée, tout en gardant dans son verbe le sens de 1354; — D et F se sont bornés à combler la lacune résultant de la perte de se coa par l'insertion des mots ooo ao ai; — E et G ont remplacé tous deux l'expression sms Sp par smile}; mais le premier a laissé la phrase incomplète par la chute de ooa 4*6, tandis que le second l'a complétée par l'addition de con ess Le.

En un mot, l'omission du verbe oon 50 dans À et dans E, la substitution de différents verbes à sa place dans les autres

manuscrits dérivés de a' peuvent étre à bon droit considérées comme une faute commune. Cette faute commune, une fois constatée, renverse l'hypothése d'un classement des manuscrits en trois familles, confirme celle de leur division en deux familles seulement, et, tranchant du méme coup la question subsidiaire: à laquelle des deux familles faut-il adjoindre le ms. A? — nous permet enfin d'établir cette division comme il suit : famille c, composée des mss. C et H, famille a, composée de tous les autres manuscrits.

. Passons à l'étude de la famille a.

Nous possédons déjà dans les recherches qui précédent la preuve compléte qu'il faut subdiviser cette famille en deux branches, l'une représentée seulement par À, l'autre comprenant les cinq manuscrits B D E F G, qui proviennent du texte perdu a'. En effet, je le répéte, ces cinq manuscrits ne peuvent ensemble ni séparément venir en ligne directe de À, puisqu'ils corrigent tous, d'accord avec C et H, quelques négligences de ce manuscrit. Il n'est pas possible non plus de les séparer en deux ou plusieurs branches remontant chacune d'une facon indépendante et concurremment avec À au ms. a, car toutes les leçons relatées plus haut, où nous les trouvons d'accord entre eux contre À et C H réunis, sont des fautes communes qui exigent un auteur commun, et cet auteur ne peut étre a. Il peut seulement venir de a et c'est a'.

Dans quels rapports maintenant sont entre eux les cinq textes qui constituent la branche a’? La comparaison de leurs variantes nous les montre se groupant en deux rameaux : l'un b, composé des mss. B D F, l'autre e, composé des mss. E G.

Voici la liste des variantes les plus décisives :

p. AA |. 15, b ihe, e JaSooÿw; — p. 3, 1. 283, bac cho] «^^, e omet e-2; — p. en, 1. 5, b Jon 5} D, e 31e D soa lo Jon } lon; — p. c, |. 9, b aede Sg, 6 aeo]; — p. cn, Ἱ. 18, b .ondso 420, e onse «ασιαδ] ϕ9σιο; — p. à, |. 11, b 330 31e Vo «—5, 6 Vo? can cat 189 c6; — p. 11.14, b «o Hi ac, e ajoute 44»0&4 44]; — p. a, 1. 13, d 1ZaS S <a js, e omet καν) — p. a, |. 15, b so o nico? Vo, e μίὂγο «ασιομοο) No; — p. », l. 20, b 100,0, e -κσος-ῶοροο plus une variante de gens; — p. τό», l. 9, b omet jas»; — p. 251.2, b ac, e Bi — p. au, l. 11, ὃ ,aso, e ,as.

L'existence des deux intermédiaires e et d n'est pas douteuse, puisque les bonnes leçons, — que nous avons un moyen certain de reconnaître : leur accord avec les leçons des mss. À et CH, — nous sont offertes tantót par un groupe tantót par l'autre. Chaque groupe s'accorde donc à son tour sur une leçon défectueuse, comme par exemple E G p. en, ll. 9, 18; p. t, L. 14; p. s, ll. 13, 15; p. »1. 20; — comme B D F p. À, 1. 15; p. em, 1. 5; p. τό, 1.9; p. 25,1. 2.

Il nous reste à étudier, pour en finir avec la famille a, l'arrangement intérieur des rameaux b et e.

Le rameau b comprend, nous l'avons vu, les trois mss. B, D et F. L'áge de B ne permet méme pas au critique de se demander si ce texte a été copié sur D ou sur F. Ceux-ci de leur côté ne peuvent venir de B, dont ils comblent les lacunes assez nombreuses. On ne doit pas non plus admettre que les trois manuscrits solent autant de copies indépendantes du texte 5b, car les variantes et les fautes communes à D et F sont si fréquentes que je me dispenserai d'en relater aucune, me contentant de renvoyer le lecteur aux Variantes des manuscrits. Mais c’est ici une question assez délicate de décider si D et F sont deux copies d'un méme intermédiaire perdu 5', ou si F n'est pas plutôt une simple copie de D. Les fautes de D que l'on ne retrouve pas dans F' sont si rares et de si faible importance qu'il est permis d'hésiter. Quelquefois c'est l'auxiliaire loa omis ou ajouté par D, contrairement à la leçon générale des textes. Ou bien ce sont des négligences comme les leçons m0] (p. .s, |. 15), Zoo aus (p. xo; 1. 11), au lieu desquelles F a rétabli avec raison wel, jon auto, et qui étaient faciles à corriger. La seule faute un peu importante est à la p. ο, l. 21, où D altére en j>ew la leçon jauso que F'arestituée d'accord avec tous les autres manuscrits. L'examen du texte de la seconde vie, pour laquelle D et F sont dans le méme rapport que pour la premiére, nous fournit aussi bien peu de données qui puissent faciliter la solution du probléme!.

1. Voici ce que j'ai relevé : p. 4», 1. 9, EH G Ε σι» gq«o, D omet e; — ibid, 1. 6, EH G F «Os, D «O9; — p.ws, 19, EHGF 425, D «A45; — p. 1€, 1. 12, HG F PO, D RQ; — p. , 1. 8, EH G F Zoo Koss, D omet 200; — p. 4&5, 1. 13, Ε Η Εσρομὸ paul, D "plo loo paul; — p. 99, 1.10, HG F lag? lis, D Ίο» li; — p. t3, 1. 19, EH F Dons |a ie «rao, D omet 12235; — enfin

D'ailleurs cette solution présente un minime intérét, puisque D et F sont placés tout à fait au dernier degré de l'échelle des manuscrits. Le plus sûr est de les regarder comme deux copies indépendantes d'un intermédiaire D”.

Quant au rameau e, sa bifurcation en E et G est absolument certaine, car le plus récent de ces manuscrits, G, a des phrases qui manquent dans le premier.

Enfin, nous n'avons fait plus haut que constater l'existence de la famille c, composée des mss. C et H, sans nous demander si ces textes sont entre eux dans un rapport de filiation ou, si l'on me permet ce mot, de collatéralité. C pourrait seul par son âge être la source de H; mais il a commis des omissions qui ne se retrouvent pas dans H. Telles sont : p. 1, 1. 7, «οὐ; p. a, L 7, «οσος qug ol; p. 4, |. 6, 355. τὸ «Οσῷο, etc. Nous avons donc dans C et H les représentants de deux branches distinctes.

Mais un fait curieux s'est produit pour H. Sans aucun doute ce manuscrit appartient à la famille c; cela ressort de la comparaison de tout son texte avec le texte de C, en particulier des variantes communes à ces deux manuscrits contre l'ensemble des autres et dont j'ai eu à fournir la liste plus haut. Et pourtant, à côté de telles variantes, on relève dans H des leçons qui le rapprochent incontestablement de E et de G. Il suffit de citer: Jo» pour «a3 Sp (p. en, |. 9); 1254 pour 12542 (méme ligne); l'insertion du mot «3| (p. a, 1. 18) et l'addition du verbe j;« (p. τό, 1. 3) et des mots 44*o&a. 44] (p. 1, |. 14). Il est impossible d'expliquer ce fait autrement que par des corrections. Mais comme le ms. H ne porte aucune trace de retouches, nous sommes forcés de supposer entre lui et c un intermédiaire c, où un scribe a introduit ces corrections, d'ailleurs erronées, d'aprés un manuscrit de la famille e qui lui était tombé sous la main!. On verra plus loin que dans la classification des exem-

D altére invariablement le nom d'Euphémianus en 10]. deux fois seulement il à écrit ce nom «αλαβο] et 0143296] F donne partont «ρολ 9] comme les autres manuscrits.

1. La collation des manuscrits devait ótre d'un usage assez commun chez les scribes et les lecteurs syriens. Beaucoup de textes montrent des corrections postérieures qui ne peuvent s'expliquer que par là. Voyez d'ailleurs la note du ms. C, que j'ai donnée plus haut (p. V—VI) et où il est dit : «quiconque empruntera cet exemplaire pour le lire, ou le collalionner, ou le copier . . . . . »

plaires de la seconde vie le ms. H vient se rattacher à un ms. e', dérivé de e concurremment avec E. C'est donc du ms. e' que le scribe a tiré ces corrections, en méme temps sans doute qu'il lui emprunta le texte de la seconde vie pour l'ajouter à la suite de la premiére vie que c' donnait seule auparavant.

J'ai figuré les résultats obtenus dans le tableau suivant. Les manuscrits y sont échelonnés non d’après leur âge, mais d’après leur valeur relative, qui se mesure à leur éloignement plus ou moins grand de l'original.

ο -{«-“-"-ᾱ-εεααααα------ «a € me nee, EEE, À α΄ ο’ res, e b E e' | C

Mais on me reprocherait à bon droit de dissimuler les objections possibles contre mon argumentation, si je gardais le silence sur un certain nombre de passages où les variantes semblent établir entre les manuscrits des relations contraires à celles résumées dans le tableau précédent. ll me reste donc, avant de quitter les textes de la premiére vie, à relever ce nouvel ordre de variantes et à montrer comment les coincidences qu'elles attestent n'ont pas nécessairement leur cause dans un auteur commun, mais peuvent s'expliquer soit par une méme habitude de style chez divers copistes, soit par des erreurs ou des corrections identiques qui sont naturellement sorties du contexte. Les seules de ces coincidences qui méritent attention rapprochent ou bien les mss. B et G réunis, ou bien le ms. B seulement de la famille c, et contredisent ainsi doublement notre

1. L'existence des manuscrits intermédiaires e' et g sera démontrée par la classification des textes de la seconde vie.

répartition des textes. Elles valent d'ailleurs plus par le nombre des leçons que par leur importance. Parcourons ces lecons :

p. A, |. 12, B G C (H omet) Bons ou 53», contre D EF(A manque) e?o2.5; — p. A, 1. 17, BGC (H omet) l5ahM loe, contre ADEF paalo»; — p. a, I. 12, B G C 125] eX «ο 23a, contre ADEFHox.oj22 21): --- Ρ. a, |. 18, BG CH loa 42, contre A D E F «25; — p. 3, 1. 21, BG C eu, το, contre AD EFH «aus >; — p. un 13, BGC omettentizsao, A DEF H le donnent; — p. «X, 1.8, B G C (H omet) Paci |a a2. e, contre ADEF (ec: ajo aaa oc; —p.3,1.2, BC(H omet)12e93o26 ——^, contre ADEF G ja 1zaxo30; — p. 3,1.6, BCH ο. ὃν σλωαΏαδ-, contre À D E F G om human ds ; — p. 3, l. 11, B CH «3 las, contre AD EF G i25; — p. em, 1. 5, B CH «πο ou ans, contre A DEF G «Sao coo ou cA «σι; — p. στ, 1.6 BCH oc» pl, contre ADE F G βοαας» «ἱ 6; — p. 1, 1. 15, B C Lans Zoo ph, contre ADEFGH zoo Pl} Lions; — p. a, 1. 10, BC 2» μ.ο ou 322 fll, contre ADEFGH p»3ix joa μ.ο) maso) D; — p.» 1. 18, BC σα. aaa42| f Leo, contre À D EF GH qui omettent «3; — p. v6, |. 1, B C on ajs2] (H ba), contre AD E F G qui omettent on. Chacune de ces coïncidences prise à part est sans valeur. Mais en voici quelques-unes plus remarquables :

p. 31.2, BG C (H omet) jai, contre A D E F ναί. C'est là le point le plus délicat. Pourtant, si l'on admet qu'il y eüt dans la leçon primitive Zoa ο" a5 1203216? 441 quelque chose qui püt choquer les copistes des mss. B G et C, on comprend alors que tous trois aient séparément pensé à la correction Ίνα. Ce mot est assez semblable à 12123 par l'écriture et la prononciation; il complète aussi très-naturellement pour le sens la figure commencée avec le verbe Zoa 1:225 !. — p. «6,1. 17, BG C Kb açsuilo, contre AD EF H e—33an5. Np. L'emploi de l'une ou l'autre tournure était indifférent, et le contexte prouve d'ailleurs que la rencontre des trois copistes s'est produite d'une facon in-

dépendante. — p. 4, ,1. 17, B C (H omet) ]μσ], contre ADEF

1. On s'explique surtout clairement l'erreur commune des trois copistes par l'hypothése qu'ils auraient écrit sous la dictée d'un tiers. Et ce n'est pas ici le seul passage des manuscrits où les fautes font supposer entre l'original et la copie l'intermédiaire de l'oreille plutôt que de l'oeil.

G bal. Je crois que ces deux expressions ont ici le méme sens de «circonspect». Mais la bonne leçon |a était d'un usage plus rare dans cette acception. Deux des copistes ont donc pu la remplacer par ]μοσ], d'autant plus facilement que ces mots sont trèsproches par l'écriture. — Enfin p. 6, 1.6, B C σα. ασόας) = he, G σ. 1σόος VS Jon «ho, H «dejan «Θτά19, D F e— cs ho, A E σ.1σόας 5 -9 wo. La leçon primitive me semble être ici, comme toujours, celle de À E; car l'ethpa'al du verbe «θε. est rare dans les textes, tandis que les formes } -94—, N—» ss 2 «Θα, Vs se, sont d'un emploi commun. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que plusieurs copistes aient adopté concurremment l'une ou l'autre de ces formes dans leur correction de l'original. — Je n'ajouterai que pour mémoire la coincidence suivante : p. à, 1. 17, BH f;a24. 12494 (H donne par erreur 11294), contre ACDEF G 124.

La classification des textes de la seconde vie, auxquels je passe maintenant, nous retiendra moins longtemps et sera aussi plus aisée. En effet, nous n'aurons affaire désormais qu'à cinq manuscrits au lieu de huit, et le nombre et l'importance des variantes sur lesquelles nous pourrons appuyer nos raisonnements seront d'autre part plus grands.

Rappelons que les cinq textes de la seconde vie sont les mss. D, E, F, G et H.

En premier lieu, c'est chose facile d'établir que nous n'avons pas parmi ces manuscrits l'original syriaque de la seconde vie, et qu'aucun d'eux non plus n'est une copie de l'un des autres !. Il n'en est point qui n'ait des lacunes comblées par les autres. Telles sont les omissions du plus ancien, D, p. as, l. 13; p. «Cs, |. 5 et |. 8; — de E, p. δι |. 3; p. t», ll. 13 οἱ 14; — de G, p. en», |. 16 et p. es, l. 1; p. ws, 1. 7; — de H, p. o, Il. 19 et 20; p. 1, 1. 21 p. we, 1. 8 et I. 6; p. vs, Il. 1 εἰ 2. Tous aussi offrent de mauvaises leçons pour lesquelles ils se corrigent mutuellement. Le lecteur devant en retrouver la plupart dans les différentes listes de variantes que j'aurai à produire par la suite, il serait superflu d'y insister ici.

1. Sauf le ms. F, oà l'on pourrait étre tentó de voir une copie de D.

Mais c'est là une question sans importance et qui a déjà été examinée à la page XVI; je n'y reviendrai pas.

Il n'y a donc de parenté directe entre aucuns de nos manuscrits. Mais en combien de familles se divisent-ils? Pour cette recherche, la comparaison avec les légendes grecque et latine nous fournit un point de départ excellent. J'ai fait observer que, d'aprés le témoignage méme de son rédacteur, la seconde partie de la légende syriaque, en d'autres termes la seconde vie, est d'origine étrangère, et j'espère prouver plus loin qu'elle est la traduction suivie, peut-étre littérale, d'une vie grecque perdue , dont les vies grecques et latines que l'on possède sont aussi les * représentants plus ou moins fidèles. Or, de nos cinq textes syriaques, il en est un plus rapproché de l'ensemble ou, selon les passages, de la majeure partie de ces vies, et par conséquent de l'auteur commun grec et de l'original syriaque (O^). C'est le ms. E. La confrontation des leçons suivantes en fait foi:

Tous ceux des textes grecs ou latins qui donnent un nom au chartularius chargé de lire l'écrit qu'on peut appeler le testament d'Alexis, le nomment 'Aeztoc, Aetius, Ethius. De méme le ms. E le nomme «sa, altération évidente d'une leçon vas}, d'où G H ont fait 244] (Αττικός), écourté plus tard par D F en ana.

— Les objets remis par Alexis à sa femme au moment de son départ sont, d'après tous les textes grecs et latins qui en font mention, son anneau et sa ceinture. Vie Romaine! : Annulum suum aureum et rendam, id est caput Baltei quo eingebatur; — ; Surius? : annulum aureum et caput baltei; — ms. de Munich? : τὴν δόσιν τῆς ζώνης τε xai τοῦ δακτυλίου; — Agapius*: τὴν Qovny. αὑτοῦ xai τὸ δακτυλίδιον. Le ms. E dit à peu prés de méme : 5ο lp? «ο]ο 12-51» αι’ «σι.» «quand il lui donna son anneau et son pallium», tandis que les quatre autres manuscrits ont la legon |δ.ά.ο j2oys «son anneau et ses bijoux».

— Aprés ces passages les plus importants, on peut remarquer encore que seul des textes syriaques le ms. E a conservé la phrase

1. Je nomme ainsi la vie latine donnée par les Bollandistes, juillet, t. IV,

| 2. L. Surius, De probatis Sanctorum vitis (Coloniæ, 1618), t. III, p. 208.

3. Cette vie grecque a été publiée par H. F. Massmann, Sanct Alezius' Leben (Quedlinburg und Leipzig, 1843), p. 201.

4. *ExAóqtov ἦτοι οἱ ὡραιότεροι Βίοι τῶν Αγίων ἐχ τοῦ Μεταφραστοῦ Συμεῶνος εἰς κοινὴν µεταφρασθέντες διάλεχτον παρὰ Ἀγαπίου μοναχοῦ τοῦ Κρητός (Ἔνετιῃσι 1755), p. 255.

ce $8) A50 caso Fe (p. wa, l. 14), donnée par tous les textes

grecs et latins. Vie romaine : clamantes Kyrte eleison; — Surius : clamantes miserere nostri Domine ; — Vie dite de Métaphraste ! : καὶ μηδὲν ἕτερον μετὰ δακρύων βοάν, εἰ μὴ τὸ, χύριε ἐλέησον ; — ms. de Munich : ἔλεγον τὸ, χύριε ἐλέησον; — Agapius : ἐβόων τὸ χύριε ἐλέησον.

— Enfin d'autres leçons du ms. E, qui seraient insuffisantes par elles-mêmes, sont pourtant bonnes à relever aprés celles qui précédent, à cause du rapport plus étroit qu'elles présentent avec les lecons correspondantes des vies grecques ou latines. Par exemple : p. V, l. 18, E mamaoÿo eX 222 jon 24] casa] ]]]5ο aswÿo (cf. Surius, Métaphraste, Agapius), contre D F G H ,2o 1223] eS. o2a3 aos o a λαο Jon; — p. ws, |. 3, E 12310 (cf. vie Romaine : in sudario, et Surius : in velo), D F G H omettent; — p. t», l. 19, E fait mention de la fiancée, aZj4232o, à côté du pere et de la mére (cf. Surius, Agapius), D F G H omettent, etc.

De cet accord constaté du ms. E avec les textes grecs et latins sur des leçons qui sont forcément les bonnes, et de l'accord opposé des quatre autres manuscrits syriaques, il ressort déjà une première division de nos manuscrits en deux familles, l'une représentée seulement par Ίο ms. E, l'autre composée de D, F, G et H, dérivant d'un auteur commun perdu e'. Mais s'il était nécessaire, les passages suivants, où la comparaison des variantes va nous montrer encore les textes D F G H s'accordant contre E, et celui-ci donnant sûrement en plusieurs cas la bonne leçon, fourniraient une preuve nouvelle de cette division. Ainsi: p. eru, l. 16, E ^eo22| Jwon,s ooo? co! liz, contre e' (c’est-à-dire D F G H réunis) e-ohs| Άροσιο lom «oo on (les mots Aa, hao <a}, gardés dans la phrase suivante, p. a, 1. 3, par tous les manuscrits, prouvent manifestement que la lecon primitive était celle de E; e', aprés avoir remplacé dans la première phrase le pluriel par un singulier, a négligé de faire le même changement dans la seconde); — p. ω, l. 11, E zou) a23] ος» D 625, &' 02 σιαἈᾖ] am caspi D, et p. as, 1. 3, E tas |Za2a4 «32? «125 "23 aa, e' aia) 12a244 «tas Las (ces deux variantes ont peu d'importance; cependant la comparaison des vies grecques et de Surius semble prouver en faveur des leçons de E); — p. 4,

1. Publiée par Massmann (op. cit., p. 192), d'après un manuscrit de Vienne.

|. 16, E 122250 μας [ο c a2ajo hl on Vo, D F aX m2) £26, G H omettent (la bonne leçon est celle de E; le copiste de & a . omis la phrase, trompé par la répétition des mots |2aa*o may. qui précédaient immédiatement; D F ont comblé plus tard la lacune par une lecon nouvelle); — p. ws, |. 1, E loi 45 msn Zon, € «Du τοο (ce cas est douteux); — p. νο; 1. 5, E 1252] ET «ons A au, e' 1282] 0 caeso Sp223 (la leçon de E doit être la vraic); — P. és, |. 11, E Mar lao; con asso, e' le X. Lo casco con ca242àíoo (autre cas douteux); ; — p. τσ», l. 13, E c 125509 1x δι 190 oon "beo, 6 oon cat lao c? 127507 140 £2 hs (je crois la leçon de E préférable); — Ρ. 9, l. 4, E omet les mots pas-24;4-o e222o, que donnent les quatre autres manuscrits (le contexte et les vies grecques et latines justifient E); — p. «X», Ἱ. 4, E donne seul les mots 2; [PAS ο. 12243 (douteux); — p. "X, |. 5, E Ἰ]ῤο]ο Zoo lr adco, e' 92230 κο Zoo Lau Ίζας «-ο (douteux); — p. 45, l. 10, E. case» (02202, 6’ om 52? (douteux); — p. 45, |. 24, E omet sic ὶ-θαρα.9] donné par les autres manuscrits (douteux); — p. ms, l. 11, Ε yo 22 2] diea? £41 Bl zelo jen -1323:eo, e' 325500 #25 24h41 Hi (je donne la préférence à la leçon de E); — p. €», |. 9, E «xs», e' us5% (la bonne leçon est celle de E); — p. t5, 1. 2, E ja 4L neocaL ow, e Ίγῶςο aL. sou om (la vraie leçon est incontestablement celle de E); — p. vs, 1. 2; E lis}, e' 1241 (la leçon de E me parait encore la meilleure).

Il est inutile de noter un assez grand nombre d'autres passages où la méme opposition se manifeste entre les textes, mais qui n'offrent que des variantes insignifiantes, ou bien qui assignent la bonne leçon aux mss. D F G H et ne prouvent ni pour ni contre l'existence du ms. e. On peut donc considérer l'existence de ce manuscrit comme démontrée, et la division de nos textes en deux familles comme un fait acquis.

Α son tour, la famille e' se divise en deux branches : d'un cóté le seul ms. H, de l'autre les trois mss. D, F et G. La preuve de ce classement résulte des variantes dont voici la liste:

p. ι», 1. 20, EH «»σοῦ οἱ 23223 ]2]9, D F G «,σιος οἱ Zas ]2]ο: — p. S, 1. 11, EH ee «o, D Ε G iens so; — p. w»,1. 8, E H jon «,σιοδ.ἱ κ-», D F G «ασοδ.ἱ κ-ο; — p. ,L8,EH 120424465, D F G 2412420; — p. As, L 16, EH 1224. ας, D FG 12243. Jos; — p. cs, Ἱ. 11, EH lea 25, DFG κο: —

p. 2», 1. 20, EH on 203245225, DFG (00 KA; — p. 3-5, ]. 22, EH aa25o, D F G masi ὃς; — p. ms, IL. 3, EH tax, DF G 2j: 12215; — p. 45,1. 14, EH jac anc ls 220, D F G 422b 1-3 Mo; — p. «5,121, EH js «x 2o, DFG lje mo; — p. 15, |. 5, EH cas d, D F G axis. dl; — p. t, 1.5, EH li o» 2e, D FGli o. Dans les trois passages suivants, la concordance de E et H n’est plus absolue, mais leurs leçons sont très-rapprochées : p. u, 1. 12, E <. «—» VS ,00 las}, H HS où ας Vs κου, D F G Jake -onao 5. V 426;

— p. 1, |. 14, Elo ο H 1350 ia, DF G 1250 Ἰα2γο)ο; — p. 9, I. 22, E 42420 à], H 42422 jon 24],

ΓΕ 42422 4» b]; — p. a»,l 6, E }ma0so Koss , 5500 mo 2071] «σας»! on, H 1243. on jmaaso Ίωμωο fo, D F G seulement |13224c.

Il est évident que, dans tous ces cas, la bonne leçon ne peut se trouver ailleurs que dans les mss. E et H, ou dans l’un des deux, puisque la raison de l'accord ou du rapprochement de ces textes, à moins qu'on admette autant de coincidences fortuites, est dans le texte original lui-méme. Les variantes communes à D F G tirent donc leur origine d'un intermédiaire perdu g, dérivé comme H de 6, ce que je voulais établir.

Dans quelle relation enfin sont entre eux D, F et G? On pressent, aprés tout ce qui précéde, que la branche g va se bifurquer elle-même en deux rameaux, l'un G, du nom du seul manuscrit qui le constitue, l'autre b”, du nom de l'intermédiaire perdu, source de D et de F. Des nombreux passages où s'affirme cette séparation je ne veux citer que les plus probants:

Ρ. as, 1 1, EH G 2aaa2j2 V0 οσιοςο) àhla2lizo DF

σ. ο No anoo] Za. |216; — p. 44,1. 6, EH G Mr? ln$o, D F pn25 je ; — p. a, L. 12, EHG je «9.110 co on, DF lop où; — p. 44,1. 13, EH G 1e μῤο on us, D F omettent ; —"p. v 1.4, EH G e— 28a Érv D F σι oon «ο; — p. 4, Ἱ. 10, EH G aso ςοὖ =, D F c» pe»; — p. Y, L 13, EH G hs <= v, D Ε ae? Mp τοῦ — p. w2, L 1, EHG So zat. euo À ιο], D F JaSe as 25 m'as M Ssozp; — p. νε», L 11, EH G 5i , oss, D F 1s;326o Bl (6225; — p. νι», 1. 16, HG (E manque) RR σι), DF Ίδθοι» nel; — p. 25, l. 11, EH G 1ozei5o 5231052, DF Sos £432; — p. x2 l. 14, EHG i5 am 325 .—o, DF 1] 12e24: 340 0; — p. 43,

|. 23, EH G be 5), D F ο ele 5; —p.e15, 1. 3, E wap}, HG voa}, D F sacs; — p. t5, 1. 12, EH (G manque) ]auso om, D F omettent }amso.

Le tableau suivant donnera une idée sensible de la généalogie des manuscrits de la seconde vie.

O'—e p | VEN 15’ H G b | mr RR,

On ne reléve dans les textes qu'un petit nombre de coincidences qui semblent à premiére vue attaquer ce classement. Je dois l'explication de celles qui ne sont pas tout à fait insignifiantes.

p. ω, L 18, ED Ε «4-1 ,2o, G H ;s f» (la bonne leçon est celle de G H, «ορ», que E οἱ δ΄ ont remplacée par l'expression plus habituelle -423); — p. X5, |. 16, E σα». so sy on Kio Zoo mayo, D F œ 5 a2a] ,s0, G H omettent (j'ai eu occasion déjà, p. XXIII, d'expliquer la production des variantes de ce passage et de montrer que l'accord, imparfait d'ailleurs, de E et de D F n'est que fortuit); — p. 15, 1. 10, EG je, H D Pass, Ε' h5,ss (la vraie leçon me parait avoir été celle de HD, Paso, mot qui marquait une nuance moins vulgaire et que les copistes des trois autres textes ont remplacé par des mots voisins pour le sens et pour le son ; deux se sont rencontrés sur sn) ; — p. x2 L 1, EG sce aasz3o, D Ε maso αρα .θ] maso µας, H 122229] masi (le texte primitif avait la leçon gardée par E G; H, par l'effet de l'habitude, a écrit }saamss) pour bn; b n'a pas compris que l'expression de Has as5 «les princes des prétres» était ici une dénomination générale, comprenant aussi bien les patriarches que les évéques, et il a ajouté inutilement les mots }saamis) 44257220); — p. &s, l. 19, D F 124342.

1. L'existence de cet intermédiaire est assurée. Voir la page XVII.

μαξοὶ |δ.1οο, E, G omettent o ]δωή]δο, H paestoo |δςλ.. 22H20 (la bonne leçon est la lecon de D F, dont la variante de H n'est qu'une modification; c'est peut-être la répétition de j2-4312.2 à la fin de la méme phrase qui a choqué les copistes de E et G, et leur a fait retrancher ces mots). |

Si l'on veut maintenant se rendre compte de la classification d'ensemble des textes des deux vies, il suffira de se reporter au tableau où a été résumée la classification des textes de la premiére vie, en remarquant

1? que l'original de la seconde vie ne peut s'étre trouvé que dans le ms. perdu e ou dans un manuscrit intermédiaire entre e et a';

2^ qu'il faut admettre entre e et G l'existence des deux manuscrits intermédiaires e' et g, le premier d’où c', source de H, a tiré le texte de la seconde vie, le second auquel δ᾽, auteur commun de D et de F, a emprunté ce méme texte.

Une fois la classification des manuscrits arrêtée, il était relativement aisé d'établir le texte de nos deux vies. Pour la première, il n'y avait qu'à suivre le plus ancien et le meilleur des manuscrits, celui que j'ai désigné par A, sauf corrections à y apporter qui pouvaient être de deux sortes : des corrections certaines et obligées, toutes les fois que a' et c se trouvaient d'accord contre À, puisque la leçon de α΄ et de c était alors nécessairement la bonne; — des corrections seulement probables et arbitraires, en quelques-uns des cas où À était d'accord avec a’ contre c, ou bien quand chacun des trois, À, a' et c, était en désaccord avec les deux autres. Dans ces cas, heureusement fort rares, il fallait choisir entre les diverses leçons et se décider par toutes autres raisons que celles à tirer de la classification des textes. Pour la seconde vie, je devais prendre pour base le manuscrit E, qui est généralement le meilleur. Mais il ne pouvait plus étre question de corrections obligées et certaines. Le manuscrit E restant seul pour représenter une famille de textes, il n'existait aucun moyen de faire la part, dans ses leçons, des fautes qui ne remontaient pas à ses auteurs et qui lui étaient propres, ni de les corriger, — comme j'avais pu le faire pour le manuscrit À, — par l'accord d'un ou de plusieurs textes appar-

tenant à la méme famille que E avec les textes de la famille e'. Ma tâche devait donc se borner à choisir entre les leçons de E et de 6’, dans les cas nombreux où ils se montraient en désaccord. Elle n'en devenait pas plus facile, pour étre simplifiée; car cette nécessité de se prononcer à l'occasion entre des variantes également autorisées passe à bon droit pour la partie la plus délicate de la critique des textes. Aurai-je toujours su, dans mes choix, éviter l'erreur? Je n'oserais m'en flatter, au moins pour la seconde vie.

A part les corrections, dont j'ai toujours averti par des notes au bas des pages, j'ai tenu à reproduire le texte des manuscrits — Α pour la premiére vie et E pour la seconde — aussi.exactement que possible. J'ai gardé leurs particularités d'orthographe, quand elles n'étaient pas insoutenables, et j'ai respecté jusque dans leurs fautes assurées les ponctuations diacritiques. Au contraire, je n'ai pas cru devoir m'asservir, à l'exemple de quelques auteurs récents, à l'interponctuation des manuscrits. Celle de A était tout à fait grossière. Le scribe, qui n'a employé que des points uniques, les a semés d'une main toujours avare et souvent maladroite. Des pages entiéres ne présentaient pas un seul point, méme à la fin des phrases; ailleurs un point inattendu séparait deux mots unis par un lien étroit. J'en ai supprimé quelques-uns et ajouté beaucoup d'autres, en me fondant sur le sens du texte et la ponctuation générale des manuscrits. En cinq endroits, le scribe avait tracé une suite de petits cercles, en nombre variable, mais autant, semble-t-il, pour remplir une fin de ligne que pour indiquer une pause plus longue. Je les ai laissés de côté. J'ai seulement reproduit aux dernières lignes du texte une suite de quatre points qui marquent dans le manuscrit la fin de la Jégende et le commencement de l'explicit. L'interponctuation de E était d'ordinaire assez bien comprise et je n'y ai fait que trés-peu de changements.

Page 1