‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 119 sur 196 · II. — La LÉGENDE · texte numérisé non relu

II. — La LÉGENDE

Il n'y a peut-étre pas de saint dont l'histoire ait été plus populaire par tous les pays que l'a été celle de Saint Alexis, l Homme de Dieu. Du syriaque qui a servi à sa rédaction originale, elle est passée par le grec et le latin dans toutes les littératures de l'Europe chrétienne!. Il est fort probable qu'elle a été traduite aussi en arménien ; un savant frangais? en a publié une traduction, ou, pour mieux dire, une rédaction très-remaniée en langue géorgienne; enfin on en posséde plusieurs versions éthiopiennes et arabes. Tour à tour simple récit, homélie, hymne ou poéme, elle a revétu toutes les formes : le moyen áge y a pris le sujet de mystères et de miracles ; et encore aujourd'hui, dans une grande partie de l'Europe, surtout en Russie où le saint fut toujours l'objet d'une vénération particuliére, l'imagerie continue de la vulgariser avec le secours du cantique ou de la complainte.

Il était inévitable que dans sa large diffusion l'histoire de Saint Alexis subit des modifications diverses et successives. S'il est vrai de dire qu'un fait historique livré à l'imagination du peuple devient infailliblement légendairé, cela sans doute est particuliérement vrai des vies des saints. Pour la vie d'Alexis, cette transition de l'histoire à la légende dut s'opérer de fort

1. Outre les vies françaises, provençales, italiennes, espagnoles, allemandes, anglaises, russes, qui sont nombreuses et connues, mentionnons une vie de Saint Alexis en vieux-norrain, publice, sous le titre de Fabella Alexis confessoris, par Konr. Gislason dans ses Prover af oldnordisk Sprog og Literatur (Ki5benhavn, 1860), p. 438.

2. Brosset jeune, Éléments de la langue géorgienne (Paris, 1837), en appendice.

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