INTRODUCTION XIII
avec le conte lui-méme, et, par une persistance étrange qui nous ouvre un jour nouveau sur la transmission des formes du langage, ne s'était plus conservée que dans une sorte de formule consacrée. Ce phénoméne doit étre courant dans quelque patois. D'où vient ce &? La cause m'en échappe, parce que Îes informations dialectales nous font encore défaut. Leur comparaison seule pourra nous instruire. Je vous parlais tout à l'heure du ν de l'article et de la chute du v final. Les patois ne nous laissent aucun doute sur le traitement de la nasale en néo-grec. À Pyrgi (Chio), le v s'assimile à toute consonne suivante qui n'est pas z r r: il ne subsiste que devant voyelle. Ainsi donc on dira τοθδασιλιά, royyauo, 10000020, τηζζωή, τοθθεό, τολλόο, τομυῆνα, τοννοῦ, ropoña (ῥῇγα), τησσοῦθλα, τοφφίλο, τοχχοῖρο" mais τὸν ἄθρωπο, etc., tombatéra, tondáfo, tongópo, formes où le ν est successivement labial, dental et guttural. Le va le méme traitement dans les verbes; ici, il disparaít quand il est final: ἔχου, λέου, etc. Nous voyons du méme coup que la langue commune a dü traverser, à une certaine époque, le méme état linguistique : seulement, comme la réduplication des consonnes a disparu partout, les combinaisons τοξθ., etc., se sont réduites à τοξασιλιἁ, etc. Nous saisissons également la raison de la persistance de ν devant x x +. En somme, le v s'est partout assimilé à la consonne suivante : devant y 1 (— Jj, jod) γθὸ at o p vo 2, il s'est assimilé de facon à former double eonsonne; devant « x 7 il n'a pu s'assimiler qu'en devenant guttural, labial ou dental, comme ces consonnes mémes. C'est pourquoi il se prononce encore. Enfin, devant voyelles, il n'avait aucune raison de disparaître. Ainsi sa chute est bien réguliére. Vous avez eu vous-méme l'obligeance de renvoyer vos lecteurs à un passage oü la question est traitée avec plus de développements (p. 92 de votre Commentaire). Si, maintenant, vous entendez jamais dire τὸ κόπο, vous saurez à quoi attribuer cette prononciation, qui est du reste fort rare et qui ne se rencontre pas dans la langue vraiment populaire. Vous ne pourrez la recueillir que chez les personnes dont la langue a été contaminée par l'influence savante. Comme elles ne se rendent plus compte de la valeur historique de la règle du » final que je viens d’exposer, elles disent τὸ κόπο