XIV . . INTRODUCTION
d'aprés τὸ βασιλιά, quand elles veulent parler comme le peuple. Le peuple ne fera jamais pareille faute et n'a pas encore admis ces doublets. Ainsi, par les rapprochements que nous fournissent les dialectes, l histoire de la langue commune nous apparaít sous son vrai jour.
Il sera curieux de retrouver en (τόσο, d'un bout à l'autre du territoire, dans les patois populaires, « cette vaste tapisserie dont les couleurs variées se fondent sur tous les points en nuances insensiblement dégradées » (Gaston Paris, loc. cit., p. 4). La tapisserie sera ici interrompue dans son développement par les mers. Mais, si l'on part de ce point de vue que chaque région représente une langue aussi distincte des autres idiomes grecs, que les langues romanes par rapport les unes aux autres; on cherchera d'abord, dans l'intérieur de ces régions isolément observées, à retrouver les liens ou, pour mieux dire, les éraits phonétiques qui sont communs à deux villages et qui les rattachent à tous les autres par une succession graduée de ressemblances. La plus grande erreur à laquelle on puisse être exposé dans ces recherches, c'est de parler des dialectes de Chio, de la Crète, de Chypre, de la Macédoine ou de toute autre région comme d'ensembles nous présentant un système grammatical homogène dans toutes ses parties, comme d'unités caractéristiques. Ces dialectes sont, à leur facon, des langues cominunes. Les divers patois de ces contrées ont contribué chacun à la formation de ces langues centrales qu'on étudie d'ordinaire dans les capitales οἱ qu'on croit étre répandues sur tout le territoire de Chio, de la Créte, etc. D'autres patois, la plupart du temps pour des raisons géographiques, ne sont pas arrivés jusqu'aux centres. Il faudra néanmoins retrouver les liens délicats qu'ont entre eux tous les villages d'une contrée. Ensuite, on reconnaitra les traits qui unissent les dialectes en apparence les plus dissemblables et il sera facile de saisir tous les points de transition qui relient les îles au continent. La langue moderne nous apparaítra ainsi dans toute son unité, et nous verrons qu'elle a une origine unique dans ses parties les plus éloignées: la langue commune du temps d'Alexandre.
Un profit immédiat à retirer de cette étude, ce sera de