Ibid., p
Il serait sans profit de citer tous les passages où il est question de cette bienfaisance de Raboula, qu'il affirmait de tant de maniéres, et de sa prédilection pour les humbles. Notre légende édessienne rapporte que, lorsqu'il apprit du portier la mort de l'Homme de Dieu, il fut enthousiasmé, «car il avait la passion de ce qui est noble et beau». On croirait que son biographe a songé précisément à des émules de notre saint, quand il a écrit cette phrase : «Ceux qui, par volonté ou par pauvreté, passaient leur vie dans la souffrance, humbles en toute vérité, il les élevait, les exaltait et les aimait!.»
Sur Raboula constructeur, il est difficile au contraire de concilier ensemble les données de sa biographie, de la Chronique d'Edesse et de notre légende. D'aprés celle-ci, il aurait entrepris, sinon mené à fin, beaucoup de travaux. Frappé des circonstances de la mort de l'Homme de Dieu, «il interrompit de nombreuses constructions et cessa de s'occuper des choses périssables». La Chronique d'Edesse dit seulement qu'il fit bátir, par ordre de l'empereur, l'église de Saint-Etienne, qui était auparavant la synagogue des Juifs?. Quant au panégyriste de l'évéque, il assure que, «tout le temps de sa vie, il ne put se résoudre à rien édifier sur la terre, à la seule exception de la moitié du mur septentrional du haiklá de l'église d'Edesse. Il y fut forcé par suite du mauvais état de ce mur et il le restaura en peu de jours?». L'exagération parait sensible dans ces dernières lignes, et, d'autre part, la Chronique d'Edesse a pu commettre des oublis. Je me déciderais donc ici en faveur de notre légende, si ce différend valait la peine de le trancher.
Le dernier renseignement que les actes de l'Homme de Dieu nous apportent sur Raboula, c'est qu'il fut frappé de cécité vers la fin de sa vie. En quelle année, on l'ignore. Nous savons seulement, par un fragment de l'Histoire ecclésiastique de Théodore le Lecteur, qu'il était aveugle lors d'un concile qui se tint