Prov. XIX
et réalisera ton espérance à son sujet.» Son pére, en l'entendant parler de celui qui était à l'étranger, sentit s'accroitre son désir ardent d'accueillir cet homme, parce qu'il avait rappelé le souvenir de son fils unique dont il ignorait le sort. Et aussitót il l'emmena, l'introduisit chez lui et dit à tous ses esclaves: « Celui de vous qui voudra servir cet étranger, je le jure par le Dieu vivant! sera affranchi et recevra en héritage une part de mon bien. Mais cependant faites que son lit soit dressé dans le vestibule de mon palais, par où j'entre et je sors, de façon que je le voie toujours, quand j'entrerai et quand je sortirai. Pour sa nourriture, qu'on ne lui impose aucune géne : j'ordonne qu'il recoive de ma table ce dontil aura besoin. Faites qu'il en soit ainsi.»
Mais les esclaves, quand le soir était venu, tourmentaient le saint, et le souffletaient, et se moquaient de lui, et lui faisaient subir beaucoup d'autres mauvais traitements, le frappant à coups de pieds et à coups de poings. À ces outrages, lui ne se fáchait pas, mais se rappelait cette parole de l'Evangile où il est dit : «Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente lui aussi l'autre!.» Car l'Homme de Dieu savait que ces maux qui lui arrivaient venaient du fait de Satan et de l'hostilité de ce haineux ennemi des bonnes œuvres. Bien mieux, il les supportait avec joie et avec zèle, car il avait l'Esprit-Saint pour conseiller.
Or l'Homme de Dieu vécut ainsi dix-sept années chez ses parents, sans en être reconnu, dans une entière humilité et une complète indigence. Et quand le temps fut venu de sa mort corporelle et de sa sortie de ce monde, l'Homme de Dieu dit à l'esclave qui le servait : « Mon frére, va me chercher du papier et de l'encre.» Et l'esclave alla lui chercher du papier et de l'enere. Puis le bienheureux s'assit et écrivit toute l'histoire de sa vie, depuis le jour où il était sorti de la maison de ses parents jusqu'à ce jour. Il dit les secrets qu'il y avait eu entre son père et sa mère et lui; les discours qu'il avait tenus à sa fiancée; ce qui se passa quand elle était assise dans la chambre