OFFICE DE SAINT ALEXIS (RITE MELKITE
XVII adar. Mémoire de Saint Alexis, l'Homme de Dieu. Στιχηρά, dans le 1*' ton, sur : Vous, saints martyrs . . .
Oui, nous te reconnaissons pour l'Homme de Dieu! Tu l'es à la fois par le nom et par toutes sortes d'oeuvres admirables et extraordinaires. Car c'est par les actes que tu t'es illustré; c'est par le dépouillement et par l'absolue solitude que tu as affirmé sur terre ta prodigieuse sainteté. — Prie donc et intercéde, afin que soient accordées à nos àmes à tous la paix éternelle et l'infinie miséricorde!
Tu as arrosé ton corps d'une rosée splendide ot rafraichissante, pour éteindre l'ardeur des désirs sensuels, ὁ bienheureux Alexis! Au feu brûlant des possessions terrestres, tu as préféré justement la lumière qui éclaire et tu t'es rendu digne de l'acquérir. Tu as échangé les voluptés du corps pour la spiritualité des anges. — Prie donc et intercéde, afin que soient accordées à nos âmes à tous la paix éternelle et l'infinie miséricorde!
Ferme et persévérant, sans un regret!, tu as demeuré à la porte de tes parents, ó bienheureux! exposé aux mépris, aux risées et à la persécution de tes esclaves, pendant tout un long
1. A moins que 1241; Ὦὸ ne soit une mauvaise traduction du grec
espace de temps. C'est pourquoi tu as été révélé, au moment de ta mort, par le prodige d'un miracle sublime; et tu as reçu le don de guérir tous les malades et de chasser les malins esprits du corps des fidéles.
Canon de la nuit, dans le 2° ton. Ode 1°, sur: Au fond de la mer ...
Tu as pris sur toi de marcher sans reproche et sans souillure dans la voie difficile et étroite, ὁ sage! et tu t'es efforcé de te soustraire au monde dés ton enfance. C'est pourquoi je t'en supplie, dirige mon esprit borné dans la voie pleine d'obstacles, ὃ Alexis!
Tu as brûlé tout entier pour Dieu, ó bienheureux et excellent en tout! Tu as vécu corporellement hors de ce monde, et tu as gagné en retour la récompense du monde incorruptible et céleste. Tu es parvenu au séjour de la Jérusalem, cette mére des premiers-nés dont les noms sont inscrits au ciel.
Ó mœurs graves et dignes de louange! Tu as rompu la clóture d'un sein stérile et tu as été octroyé comme Samuel, 6 glorieux saint, paré de toutes les beautés! Dès le ventre de ta mère, tu as appris le culte de la modestie, et tu as été guidé dans les voies de l'Esprit-Saint par l'esprit salutaire de la foi.
Mariale. — Le Fils, le premier-né, le principe qui n'a pas eu de commencement, qui siége sur le méme tróne que le Pére, lorsqu'il voulut descendre pour nous visiter, a trouvé en toi sa eause excellente. C'est dans tes entrailles pures qu'il a pris et revétu une forme à notre ressemblance; et tu es apparue vierge encore, après avoir enfanté, d'une manière surnaturelle.
Ode 3°, sur : Le désert a germé et produit . . .
Tu as fixé et arrété tes regards dans la contemplation d'un but pur et saint. Tu as échangé les voluptés des passions ter-
restres pour les joies du ciel, et, par la pureté du corps, tu as mené la vie d'un étre incorporel.
Les agitations du monde, ses honneurs, ses richesses, ses biens corruptibles et périssables, tu as tout quitté et rejeté. Et tu t'es montré le glorificateur de la Trinité, en imitant la pauvreté du Seigneur, 0 Alexis! !
Mariale. — Celui? que les anges ne peuvent pénétrer, qui est insondable pour les chérubins et les séraphins, est né de toi? comme homme; il est apparu parfait dans ses natures divine et humaine, et il a retiré de l'erreur les nations perdues.
Κάθισμα, dans le 4$ ton, sur : Aussitôt . . .
Tu t'es montré observateur parfait de la loi divine, 6 notre père Alexis! en passant ta vie dans une pauvreté rigide et dans les méditations, en détruisant en toi les pensées charnelles. C'est pourquoi tu es arrivé au royaume des cieux; et nous t'implorons, nous tes serviteurs : prie pour que nous y participions avec toi!
Ode 4°, sur : Tu es venu au monde . . .
Tu as souffert et supporté, de ton propre choix, l'absolue pauvreté, en demeurant à la porte de tes parents ! et en imitant la compléte indigence de Lazare. Dans une visée lumineuse, tu as incliné ton cœur intelligent vers les richesses célestes.
Tu as voulu que tes jours fussent libres des biens et des délices terrestres; une seule fois dans la semaine, tu prenais la
1. Le texte du dernier vers de cette strophe me semble fautif et altéré; mais le sens n'en est pas douteux. — Notre version syriaque a omis ici, avant le Mariale, la troisième strophe de l'ode, que le canon grec donne ainsi : "Ev δάχρυσι xai πόνοις τε, xal ἐγχρατείᾳ πάνσοφε . τὸ ἀγαθον ἐζήτησας, πότε ἥξει φῶς ἐπιγνώσεως, τὴν ἀπάθειαν νέµον τῇ καρδία σου.