‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 17 sur 196 · XVII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVII INTRODUCTION

tence de ce grec comme langue distincte, ensuite à faire une grammaire de la langue médiévale qui mette nettement en relief les caractères de cette époque linguistique. Des préjugés sans valeur nous ont empéchés jusqu'ici de nous livrer à cette recherche. Il faut étudier sérieusement les choses sérieuses. Tout l'effort de la science doit tendre actuellement à établir les origines du grec moderne. Nous les surprenons dans le grec du moyen áge. Bien des phénoménes de la langue moderne resteront un mystére éternel sans la connaissance du grec médiéval: nous ne comprendrons ni les contractions telles que τὄκχμα (τὸ ἔκαμα), ni la déclinaison moderne 5 πατέpxs, etc., si nous ne nous reportons pas à l'état de la langue au xri* et au xv* siècle. J'essaye de le démontrer en ce moment méme dans l'Introduction des Essais de grammaire historique, t. II. Mais nous devrions remonter beaucoup plus haut. Il faudrait que nous eussions pour le néo-grec un livre qui serait l'équivalent de l’Introduction à la grammaire des langues romanes, par Frédéric Dietz. Le travail serait immense. Nous aurions à dépouiller tous les grammairiens et tous les lexicographes, à faire une partie du travail que vous avez fait si magistralement dans votre latin vulgaire, à réu- . mir en tableau d'ensemble les renseignements éparpillés dans tous les recueils d'inscriptions et de papyrus, à les classer par régions, à faire la distribution géographique de ces faits innombrables, à mêler l'histoire à la linguistique. Si nos études ont quelque ambition d'arriver jamais à la gloire des sciences romanes, c'est par ce travail qu'elles devront commencer. Du 1r siècle avant notre ère jusqu'au 1x° environ s'étend toute une période inconnue qu'il s'agirait de nous révéler. Ce serait la véritable histoire des Origines du grec, l'étude qui, sur notre domaine, devrait primer toutes les autres. |

Vous ne me contredirez plus maintenant: j'ai essayé de vous montrer que nous avons encore bien du temps devant nous avant de voir s'élever le monument attendu. Ces études seront, je n'en doute pas, poussées avec activité en Grèce méme. De quelle joie le monde savant ne saluera-t-il pas une Revue des patois néo:grecs ? M. Chatzidakis peut donner à

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