‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 19 sur 196 · XX: INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX: INTRODUCTION

de vous renseigner sur le grammairien qui fournissait un cadre si heureux à votre commentaire. Je vais tâcher de le faire : en réalité, je ne vous apprendrai rien que vous ne sachiez déjà; vous avez pu vous reporter aux quelques informations que M. Legrand nous donne sur notre personnage dans la précieuse préface mise en tête de son édition de Nicolas Sophianos (Paris, 1814): vous avez pu tirer d'autres renseignements de la lecture méme de votre auteur.

II. Qui était donc Simon Portius? Il signe en grec Xipow Πόρχιος Pouavos (p. 2, 20; je désignerai par ces chiffres la page et la ligne de votre édition) et en latin Simon Portius Romanus (4, 10). Le k n'est peut-être qu'une variation dialectale du £ dans le domaine méme du grec. À Chio, d'un village à l'autre, le 7 dental se mouille et devient palatal (Observations phonttiques, op. cit., 309), puis plus loin aboutit à k et enfin se change en ts. Je n'ose rien conclure à cet égard pour notre auteur. En ce qui concerne le surnom de Romanus, M. Legrand a démontré que l'adjonction de ce titre ne prouve en rien que le personnage qui le porte ne soit pas grec (p. 10 — 2, 20). M. Pierre de Nolhac (Mélanges Renier, 1887, p. 323, n. 3) nous parle aussi d'un Pyrrho Ligorio qui signait Romano, bien qu'il füt napolitain.

Il faut admettre, en effet, que S. Portius est grec : le ton général de l'Epitre dédicatoire au cardinal de Richelieu, les passages où il a l'air de parler au nom méme de la Grèce (1,25-26; 2,9-10), le patriotisme qu'il y fait éclater (1, 25-30; 2, 3-4, 12) témoigneraient en faveur d'une origine grecque. Nous pouvons relever aussi des expressions comme : vernaculo Greca lingua (1, 1), nostri Graco-vulgares (62, 16), et encore tua lingua (13, 39-14, 1-6), quand il s'adresse à son lecteur et veut désigner le francais. Tout cela n'est peutétre pas bien concluant: mais voici qui est plus décisif. On lit (60, 25-30): « Item tunc non ponuntur absolute (les pronoms possessifs), ut possessiva, sed uná cum alio nomine ut quum dicimus, liber meus, τὸ βιξλίον µου, at cum dicimus, hic liber est meus, quia meus est solus et non cum aliquo nomine, nos dicemus, ετοῦτο τὸ βιβλίον εἶναι 9ικόμου. » Il établit

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