‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 21 sur 196 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

qu'il connut peut-étre personnellement, viendrait à l'appui de cette hypothése.

Je nesaurais vous dire de quelle partie de la Gréce S. Portius est originaire. Peut-étre trouverions-nous dans sa grammaire méme des formes capables de nous renseigner à cet égard, si les dialectes étaient aujourd'hui mieux connus. Je vous soumets les suivantes : ἐπορπάτησες, Ἱορπατησιά 22, 24-25; ἐπατειούσου 38, 11; ἀγαποῦτο 40, 26-2'( ; σθειῶ 46, 6; les constructions telles que ἐδιάέασα σας 60, 38 — 234, surtout ἀγαπῶτα, ἀγαπῶτους 59, 40 et ex τον 28, 20— 108; πρικός (10, 20—94). En vérité il ne nous est guére permis pour le moment de tirer une conclusion précise d'indices aussi rares. Ἐπορπάτησες, πορπατησιἁ, ποικός peuvent se rencontrer partout en Grèce; j'en dirai autant de cé, qui est analogique. La syntaxe du pronom démonstratif aprés le verbe est plus significative; cette syntaxe est bien dialectale et se rencontre, entre autres, à Chio. Mais ne se rencontre-t-elle que là ? C'est peu probable. Du reste, Portius indique indifféremment les deux constructions. Ἑπατειούσου, ἀγαποῦτο nous reportent également à des régions où la chute du v entraîne encore la réduplication de la consonne suivante et où l'on dit, par conséquent, εἶχα φίλο, J'avais un ami, mais εἰχαγφίλο. ils avaient un ami, ce qui explique l'abandon du vaux troisiémes personnes du pluriel de ces verbes : partout où v s'assimile, il n'est jamais final; en effet, l'assimilation fait perdre le sou- : venir de la nasale et εἰχαφφίλο, en dehors de ce contexte, n'apparaít plus que comme εἶχα. Cette phonétique se retrouve encore à Chio, mais est-elle propre au chiote ? Je ne le crois pas. Les íles, pour ne citer que Chypre et Candie, connaissent le méme traitement. Vous avez dû remarquer pourtant que le nom de Chio revient souvent dans le texte: « va... apud Chios... &&wx pro ἐχεῖ, τουτονὰ pro τοῦτον (08, 4-5), à Chiis (68, 8) »; πάμενι (pour nzuew, 60, 15) est bien une forme chiote. S. Portius connaît également l'interrogatif τίς (30, 3) qui est encore usité dans cette île, mais qui l'est sans doute aussi ailleurs; τόνε (28, 20) ne nous donne pas d'indice suffisant; cette forme est entrée dans la langue commune qui s'en sert devant les verbes commencant par toute autre con-

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