INTRODUCTION XXV
‘allusions nous échappe. En revanche, une de ces citations contient des indices dialectaux que nous pouvons rattacher à ce que je vous ai dit de la patrie de S. Portius. La prononciation mouillée du ^ devant j semble, d'aprés la transcription en lettres latines de l'Erophile où la graphie gné, gli — ni, li est constante, provenir de l'île de Crète. Or, S. Portius ne connaît pas cette prononciation de naissance : il n’est donc pas probable qu’il soit originaire de ce pays. |
Ce passage nous fournit aussi un renseignement, de peu d'importance il est vrai, sur des phénomènes propres aux langues romanes. S. Portius leur consacre souvent une réflexion : « N... ante t, οι, ει et v... sonum gn? Italorum, vel duplicis *n Hispanorum prz se ferre videtur » (9, 41-10, 2). ... « À, densiori quodam spiritu, quam D Latinorum edi debet. Hispani ad hanc pronunciationem maxime omnium accedunt » (8, 40-41) ...« X, sonus hujus literæ scriptura nequit ostendi, qui tamen Florentinorum C noverit, ejusdem litere pronunciationem non ignorabit, quanvis non tam aspere sit edenda; Sane si chi Gallorum careret sibilo, et Italicum sci, non longe distarent à graeco x » (11,1-5); la définition est jolie et exacte; ailleurs il parle du y et du ghie italien (8, 34). Vous avez su à l'occasion tirer parti de ces renseignements.
Il nous en donne d'autres sur certains phénoménes dialectaux propres au grec. Il fait expressément la distinction des diverses régions oü il recueille ses exemples (64, 27). Ailleurs il dit: « in nobilioribus saltem presentis Græciæ locis » (9, 41 — 92; de méme 10, 9 — 94). Quels sont ces loci mobiliores? Ἡ m'est bien difficile de vous le dire. Ils vous montrent en tout cas que S. Portius n'est pas un latiniste consommé. Ces erreurs lui échappent de temps en temps : ainsi il dit inficitur pour énfitiatur (1, 15)! facut ainaris (41, 4, et p. 40, note 1), genitivum utuntur (62, 28). Je veux bien n'y voir que des fautes d'impression. Mais que faut-il penser de cette singulière licence : « Tres sunt articuli præpositivi, à quibus(!) genus nominum dignoscitur » (14, 15-16)? S. Portius était cependant docteur en théologie de la Faculté de Rome (Legrand, op. cit., p. 9). Vous trouverez sans doute qu'il n'v a pas beaucoup profité de ses lecons de latin.