‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 27 sur 196 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

du vieux français me aîmet et moi aimet, 233 — 59, 36; la perte du datif grec opposée à la conservation du datif en ro- . . man, 236 — 62, 24; θὰ γράφω comparé à aimeravons οἱ bigna avere — bisogna avere, 193 — 33, 30. Parfois, une forme grecque vous fait conclure à l'existence d'une forme romane inconnue, et, d’après μιλιοῖνι (154 — 23, 29), vous rétablissez un type *miglioni dans les dialectes de l'Italie méridionale. Peut-étre vous arrive-t-il aussi d'aller quelquefois trop loin : vous voyez dans l'accent de ἐγγονίσσης (156 — 24, 22) une influence italienne sur ce suffixe et vous vous croyez en présence d'un suffixe -ἔδδα. Ἐγγονίσσης nous conserve tout simplement l'aecentuation traditionnelle; le texte qui vous la fournit est de 1281 ; cette forme appartient donc encore à une époque où la désinence -ας n'avait pas remplacé sur toute la ligne la désinence -ης (Essais de gramm. hist. néo-gr.,: I, 93); aussi l'accent ancien persistait-il à la place qu'il avait toujours occupée.

Mais le maniement des langues romanes a singuliérement assoupli votre méthode et vous usez pour le grec de la méme rigueur scientifique, des mémes procédés d'analyse. Ainsi vous tenez à faire nettement la distinction entre la tonique et ' l'atone, et cette distinction, niée à tort par certains savants, vous fait formuler cette jolie loi de + r devenant e, quand il est sans accent, et restant Z, quand il est accentué, suivant l'alternance que vous présentent, dés le r1° siècle de notre ère, les deux formes χερός, mais χῖραν (81 — 9, 13). Je partage tout à fait votre maniére de voir : des phénoménes tels que χόμπος, à CÓté de κουμπί, σήµεια à côté de σµερνός ne sont pas un pur hasard. L'accent protège la voyelle et l'empéche de s'altérer, s’il ne suffit pas toujours à la garantir del'aphérése, comme dans ἵνα, où il disparaît en méme temps qu'elle. L'itacisme, il est vrai, n'a pas épargné les voyelles accentuées et, s'il a commencé par frapper les atones, il s'est facilement étendu sur les toniques, pour devenir partout dominant. Mais une nouvelle époque phonétique, que nous traversons, semble-t-il, encore aujourd'hui, s'est fait jour dans la langue depuis litacisme. Un changement de o en ε, par exemple, comme Ἔλυμπος — Ὄλυμπος, n'a pas encore été démontré d'une

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