INTRODUCTION XLI
succès. Il me semble bien maintenant que les formes contradictoires au sein de la langue commune appartiennent à des svstémes également contradictoires, à des zones différentes. Je n'insiste pas, ayant insisté déjà sur ce fait dans ma lettre méme.
Cet état particulier de la langue nous échappe parfois. Parfois aussi, dédaignant les explications faciles, vous compliquez à dessein votre commentaire. Il me semble que vous subtilisez par endroits certaines interprétations, comme σχλιακοι qui devientproparoxyton à cause de zifporzo (12 —1 , 5). La réflexion suivante: «mais ils (ces substantifs) déplacent plus tard l'accent au nominatif pluriel γεισόνοι, etc. » contient méme une légère contradiction avec ce qui précéde. Le pluriel des noms de la deuxiéme déclinaison garde toujours l'accent du génitif pluriel, quand ces noms sont d'anciens imparisvilabiques : Ἱερόντοι, etc. Vous voulez aussi qu'on laisse « tomber le parfait, parce qu'il s'éloigne trop, par sa formation avec -zz, du svstème verbal connu, tandis que l'aoriste en -σα trouvait un appui dans le futur en -σω» (219 — 48, 39). Le parfait s'est tout simplement perdu à cause de cette tendance analytique de la langue à laquelle vous attribuez vous-méme, quelques lignes plus loin (219 — 49, 13), la disparition du plus-queparfait, en nous disant avec justesse que « la forme analvtique a évincé la forme synthétique ». La cause de cette disparition est donc toute psychologique. La désinence -zz était restée dans la langue et ne pouvait nuire au parfait ni en rendre la formation étrangère à l'esprit.
Je ne crois pas que vous sovez vous-méme trés satisfait de l'explication que vous tentez de {ζω (210 — 43, 26) ou de ras (167 — 21, 39). Vous supposez là chez les sujets parlants un travail de réflexion qui n'est pas dans les habitudes inconscientes du langage. Vous n'ignorez pas davantage la persistance du génitif pluriel 2v», dans ὀνῶ γοονῶ, etc. Vous dites néanmoins : « comme zou et τεσσάρων possédaient le génitif, on en voulut donner un de méme à 2475 et l'on forma un tvpe θνονῶν, en intercalant un », parce que le v avait pris le rôle de consonne de liaison » (153 — 23, 9). Est-ce bien exact? On ne pouvait vouloir donner de génitif à 92 puisqu'il y en avait
XLIL INTRODUCTION
déjà un; le v, d'autre part, n'a jamais rempli dans la langue commune les fonctions d'une consonne de liaison. Voici les faits, que je ne fais que vous rappeler. 4% s'emploie toujours devant un substantif : on ne dira jamais ουωνῶ yes; mais il s'emploie pronominalement sous cette forme. Πόσω oo On pourra vous répondre 2v aussi bien que Ju». Dans le premier cas, on aura méme toujours la tendance à répéter le substantif : duo γρονῶ. D'où vient maintenant ce v? Sur 29-79 on a dà dire probablement à une certaine époque zzztyoz, qui réagit à son tour sur 25755 et donne agro. ‘za et αφτουνοὺ ne se disent, eux aussi, que pr'onominalement : de là, νου, -νῶ, -voo; passent aux rôles de désinences pronominales ou emphatiques, et c'est ainsi que nous retrouvons le génitif -w» dans δυωνῶ.
Laissez-moi également vous exprimer quelques réserves sur les passages relatifs à (zz, regardé comme nominatif pluriel d'un singulier ἴσκων (104 — 11, 32); sur votre théorie des augmentatifs (148 — 21, 31; 122), où vous suivez l'opinion de M. Dossios qui veut voir, dans τοάπεζα, un positif passé au sens d'augmentatif, ce qui ne paraít guére probable, puisque le diminutif s'étant intégralement substitué au positif, celui-ci a dà disparaître par cela méme et n'a plus pu être utilisé: sur le ν de κρῖωαν (136 — 18, 31), μέλυ (191 — 18, 31) qu'il vaut mieux attribuer à υέλαν, influencant d'abord µέγαν et de là les autres neutres!; sur εἶμχι (207 — 41, 11): Sur ανέξηκα, OÙ vous voulez retrouver fr: moins la reduplication (200 — 43, 15). C'est une pure substitution de désinences qui se fait directement sur ἐξη-ν, et vous donnez vous-même cette explication pour υπ (211 — 44, 6: Il v a peut-être aussi tout au moins quelque hardiesse à considérer a275:x comme un adjectif féminin (155 —— 24, 8) au lieu d'y voir un simple substantif en apposition, ce qui
1. Voyez Futur composé, p. 11, 9. Rapprochez le neutre 2220», Krumnà p ,
bacher, Byzantinische Sprichtwórter, Münich, 1887, n° 32, qui complète
l'explieation et nous donne les degrés de transition. 1o μέλαν entraine
péyas; 20 05,02? entraîne ἄλλον: tous les neutres alors paraissent présenter
Ιον qui passe à μέλιω et à ποᾶμαν, par analogie «péciale de péyar pour
ce dernier et par analogie générale du genre pour lea autres neutres.