‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 4 sur 196 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

si nous cherchions cet appui en nous-mémes, si nous voulions nous fier à nos propres forces, si nous nous mettions un jour à notre table dans l'intention d'écrire la grammaire élémentaire dont je vous parle, nous ne tarderions pas à nous rendre compte des exigences nombreuses qu'une pareille táche nous imposerait. Il nous faudrait vérifier chaque forme par nousmêmes, la recueillir sur place et relier l'ensemble de ces renseignements en un faisceau serré qui nous présenterait ainsi la concordance dés diverses parties entre elles, leur unité et leur harmonie. Dans ces conditions, il est plus sage et plus méthodique d'avoir recours à un guide: S. Portius s'offre à nous à point nommé. La langue moderne a peu varié depuis le xvir* siècle ; nous trouverons donc dans notre auteur la généralité des formes encore usitées de nos jours. D'autre part, il est nécessaire de le redresser sur bien des points et de sub- Stituer,aux formes vieillies ou dialectales, celles dont la langue commune se sert à peu prés constamment. Enfin, chacune de ces formes a besoin d'une interprétation scientifique. Nous obtenons ainsi le résultat que nous poursuivions: le commentaire, à cóté du texte, nous présente le tableau des formes courantes et les rattache du méme coup au développement historique du néo-grec. Seulement, la besogne est ici bien simplifiée: il suffit de s'en tenir au texte que nous avons sous les yeux et il ne s'agit plus d'embrasser dans sa généralité la langue qui se parle aujourd'hui.

Ces travaux préparatoires sont pour le moment tout indiqués. Moi-mémc, dans mes conférences, pour satisfaire à la demande de quelques-uns de mes auditeurs, j'ai commencé par interpréter successivement les deux grammaires de Sophianos et de Simon Portius, pensant ainsi faciliter à mes éléves cette vue d'ensemble qu'ils désiraient avoir de la langue moderne, avant de commencer l'étude du grec médiéval. Je n'osais pas encore, il v a trois ans, aborder un cours de grammaire élémentaire fait de premiére main et sans le secours d'un texte servant de base à nos explications. Je l'ose à peine aujourd'hui. Vous voyez que nous sommes bien loin de l'état florissant où se trouvent les langues romanes. Il convient méme, à ce propos, de dissiper un malentendu qui se fait jour

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