‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 42 sur 196 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

sur ce terrain, vous éprouvez vous-même quelques hésitations : vous essayez d'abord d'expliquer µέγας par voie littéraire, puis vous ajoutez (p. 132) : « du reste, υέγας, pour subsister, se trouvait dans des conditions meilleures que 97727; : μέγας coincide, pour la désinence, avec εὐδχίψονας ». Et, de fait, vous citez »néa[s| dans le dialecte de Bova. Nous sommes alors obligés d'admettre que μέγας est populaire. Mais, s'il l'est, ελέφας l'est tout autant. Il semble donc bien qu'il n'est pas toujours aussi aisé, que nous sommes portés à le croire au premier abord, de retrouver les vestiges d'une langue macaronique au moven áge.

On ne voit pas davantage pour quelle raison nousattribuerions ὀλιγός moderne à une influence savante (108 — 12, 09). Π n'est pas démontré que ὀλιγός médiéval soit dû à l'accent de µικούς, πολύς. 1] v aurait bien des explications possibles (Essais, II, Avertissement, Chap. rm); mais la vôtre füt-elle vraie, ce ne serait jamais là qu'une analogie rentrant dans les cas les plus fréquents de l'analogie populaire. IIeoczz7 de Glykas, 407, qui est resté dans l'usage moderne avec le sens bien particulier de suffisant, ne doit pas étre rangé non plus parmi les preétendus produits de la langue littéraire : ce mot peut provenir de la κοινή ancienne, qui l'aurait recueilli dans le dialecte attique, et s'étre conservé de la sorte par la bouche méme du peuple. Je vous avouerai que je ne partage pas votre avis, méme en ce qui concerne les nominatifs indéclinables, tels que τῆς θυγάτηρ (132) : ce ne sont pas nécessairement des purismes manqués. Les indéclinables témoignent d'un état de la langue qui me paraít susceptible d'une tout autre explication et qui nous révéle une simple période de formation du grec médiéval (Essais, 11, Avert., Chap. re", 3). On peut remarquer à ce sujet que ces déclinaisons figées ne se manifestent pas indifferemment à toutes les époques, et cette considération n'est pas d'une mince importance dans la question qui nous occupe. Vous montrez aussi dans les féminins en-o, -os des formations savantes (125 == 16, 141. Cependant vous citez les noms d'îles Xu. Po32, où il ne peut y avoir rien de savant. Vous donnez méme un tour encore plus net à votre pensée : « Il est évident que nos textes ne marchent pas de pair avec le développement de la

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