‹ Grammatica linguæ græcæ vulgarisChapitre 45 sur 196 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

la méme catégorie analogique. Nous apprenons ailleurs que «πόλεις n'a pas joué de rôle dans πατένες », nominatif reporté à l'aceusatif (128-129). Personne, en effet, ne l'avait soutenu. On avait seulement rapproché l'extension analogique du nominatif à l'accusatif, dans πόλεις, de l'extension de la méme analogie dans πατέρες. Dans les deux cas, il n'Y a pas eu autre chose qu'une tendance à la simplification dans la déclinaison des substantifs, tendance que la langue moderne accentue de jour en jour. Vous semblez tenir particuliérement à nous prouver que dans πίστις devenant πίστη, « riu ne subit pas uneinfluence extérieure; le théme reste donc inaltéré » (138 — 19, 21). En effet, aucune action phonétique ne trouble ici le thème; aussi n'v cherchons-nous point d'action phonétique; si πόλις avait ét^ abandonné à lui-même, il n'aurait jamais eu aucune raison intrinséque de varier et votre démonstration ne nous persuade pas. Vous táchez, il est vrai, de nous expliquer que l' était prescrit par l’accusatif et le nominatif singuliers (138 — 19, 21), que s caractérise le génitif et qu'ainsi πόλις devient πόλι à lui tout ‘eul, sans influence extérieure. Alors il n'v aurait point passage à une autre déclinaison. Il s'agit de savoir, en réalit?^, si πίστη aujourd'hui se décline sur γνώµη, ctc. “il en est ainsi, γνώμη et πίστη rentrent dans la même catégorie. Le point de départ de l'analogie doit étre cherché dans la coincidence phonétique des accusatifs singuliers ywopiv risz7v. C'est la méme analogie qui s'observe dans πατέραν vex:ixv et vous nous dites vous-méme trés justement qu'il est plus méthodique d'attribuer à deux phénoménes semblables une cause unique (202 — 31, 20-204 ; 205 — 40, 1; 205, note 1). Le parisyllabisme moderne retrouve donc ici une fois de plus ses origines dans l'aceusatif singulier.

Nous abandonnons un peu ce principe par endroits. Ce n'est pas que dans d'autres vous ne le mettiez en plein relief, mais vous dites que : « l'identité de la vovelle entre πατέρας rxzioxv s'impose avec une telle force qu'on établit la méme identité au pluriel » (p. 129). Nous revenons ainsi dans ces lignes à cette tendance à la simplification que vous hésitiez tout à l'heure à reconnaitre et que nous ne retrouvons pas non plus dans l'aecusatif pluriel zusoz (123-124, dont la désinence

INTRODUCTION IXL

nouvelle est immédiatement empruntée à ητέρες. Ni υπτέρες n'existait pas, tant au nominatif qu'à l'aecusatif pluriel, le nominatif et l'aecusatif zuzos; ne se seraient jamais produits. A un certain moment, il v a eu, si je puis dire, deux désinences rivales -αι et -ες (Essais, I, 100). La dernière l'a emporté et s'est étendue à toute la première déclinaison ancienne. L'extension est la méme de point en point que celle qui s'observe dans uzvwz-2:; au lieu de uw: ou que toute autre extension de suffixe : il n'y a pas là le moindre calque : il n'v a pas là d'opération réfléchie. La lettre nous fait illusion, parce que urrécss et 7,»:ozt, prononcé ἠμέρε, nous présentent les mêmes assonances. Αι fond, dans Λωέρες, il n'v a pas autre chose que la désinenee -ες qui v a passé tout entière. Mais c’est justement là ce qui vous paraît inadmissible ; on dirait presque que les questions d'orthographe vous causent ici quelque préoccupation. Vous défendez la graphie zuzozu;, et, pour l'établir, vous supposez, ce me semble, chez les sujets parlants un calcul et une réflexion que le langage spontané ne comporte guére. Vous entrez méme, à cet effet, dans une analvse intéressante et minutieuse, il est vrai, mais votre argumentation est plus ingenieuse que déimonstrative.

Le désir des solutions nouvelles vous entraîne ainsi parfois à poser des règles phonétiques appuvées sur l'exemple méme que vous avez à interpréter. Quand vousavez à rendre compte de us pour u:zz, vous admettez sans difficulté la chute de x entre deux = (110 — 230, 22). Vous y revenez plus loin : « une voyelle atone, serrée entre deux consonnes identiques, tombe facilement, cf. μὲ τὸν — μετὰ τον » (218 — 48, 39), ou bien: « devant l'article, x tombe » (221 — 55, 1). Laissez-moi tout d'abord condamner sans pitié le méchant adverbe dont vous vous êtes servi : rien ne tombe facilement. Quant à la chute de x devant l'article, elle est loin d’être démontrée. Pourtant c'est grâce à l'acquisition de cette nouvelle règle de phonétique que vous ramenez (1612 == 30, 22) zxzt à χατατί (en réalité, on ne peut partir que de zzzzzt, ee qui déjà infirme cette hypothése) et vous étes bien prés de rattacher la perte de la réduplieation du parfait à cette même chute de la vovelle serrée entre deux consonnes (218 — 48, 319). Vous citez

MEYER. GRAMM. GRECQUE. d

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