CHAPITRE II
Des accents et des esprits. -
P. 12, 1. 3. Tres habet vernacula... léngua accentus. La distinction des trois accents repose sur une simple tradition orthographique ; elle n'a pas de raison d'étre, et n'en avait plus dés le moment où la distinction de la quantité avait disparu; cf. p. 101. La différence entre la tonique et l'atone est la méme dans les mots qui portaient le circonflexe et dans ceux qui portaient l'aigu ; le traitement des voyelles longues surmontées de l'aigu est identique à celui des voyelles surmontées du circonflexe ; de plus, à peu d'exceptions prés, l'accent n'est pour rien dans l'histoire des voyelles en grec. Les trois exemples de Simon Portius s'écriraient phonétiquement : lóyos, timt, lim. !
P. 12,1. 6-7. Loci accentuum... preantepenultima. C'est une erreur. S. Portius fait sans doute allusion à des mots comme σαάλιχκας (voyez p. 17,1. 25), mais ce mot est un tri- Syllabe: prononcez saljakas ; ' a valeur phonétique de J.
P. 12, 1. 11. Accentum gravem habent omnia monosyllaba, c'est-à-dire: toutes les conjonctions, les prépositions, une partie des pronoms indéfinis, bref, des mots qui en réalité n'ont pas d'accent, qui forment une unité svntactique avec le mot qui les suit ou qui les précéde, les mots proclitiques ou enclitiques. L'ancienne orthographe les traitait comme atones : ὡς, ἐξ, τις, ue, mais sans être conséquente, cf. σύν. Si ces mots avaient deux syllabes, c'était la seconde qui portait l'accent : on a dro, à l'état indépendant, mais ἀπὸ πατρός; ποῖος, pron. interrogatif, mais οὐχοῦν καὶ ποιόν tiux αὐτὸν τὸν λόγον
εἶναι δεῖ (Platon, Soph., 262), indéfini ; ἄλλος, pronom, mais ἀλλά, conjonction, etc. Voyez ο. Wackernagel, Zeitschr. f. vergl. Sprachforschung, XXVIII, 136, où la différence purement orthographique entre & οἱ σὺν est expliquée. Le néogrec fournit d'autres exemples qui existaient en partie probablement déjà dans l'ancienne langue et en partie sont modernes: ι dans ἵνα, aujourd'hui να, Italogræca I, 92,a. 1005, étant une voyelle accentuée ne peut pas tomber; il faut donc admettre ἵνα, ou plutôt tva sans accent: ἵνα φιλῶξξ énafiló, d'oà να φιλῶ. Sur ἵνα voyez Psichari, Futur composé, p. 42, notes 1 et 2. Il en va de méme pour ποὺ, pron. rel. — ὅπου; ἄντρας ὅπου βγαίνει devient andras opuvjéni; au moyen âge et aujourd'hui, on écrit ὁποῦ; ποὺ.
P. 12, 1. 12. Jtem adverbia in x, etc. Il serait plus juste de dire que les adverbes en « ont le méme accent que les adjectifs. Ἐωπιστα, Const., 356, n'est pas une exception, car on disait ἐμπιστός au moyen âge, Belth., passim, d’après πιστός, et non d'aprés ἔμπιστος, comme en ancien grec.
P. 12, 1. 15. Nomina etiam neutra dissyllaba. La régle est juste, pourtant elle souffre des exceptions, en partie apparentes, en partie réelles. Μάτι est originairement trisyllabique: ὀμμάτι; de méme νύχιξ--ὀνύχι, Erit — ὀξείδι, φούθιξ-- ὀφρύδι, dovre — ὀδόντι, etc. ; mais χέρι et πόδι n'ont jamais eu plus de deux syllabes ; néanmoins on n'a pas χερί, ni moi. — Il est aujourd'hui convenu de mettre un aigu et non pas un circonflexe sur des formes comme ζείδι. En pareil cas, on accentue, comme si le mot se présentait sous sa forme pleine. C'est pourquoi on écrit souvent et suivant la même règle ἀκούτε (ἀκούετε), non ἀκοῦτε.
P. 12, 1. 16. Accentum circumflexum suscipiunt, etc. L'emploi de l'accent circonflexe est un des embarras de l'orthographe moderne, qui conserve les régles de l'accentuation ancienne. On peut souvent se demander s'il faut mettre le circonflexe ou l'aigu. Les exemples donnés par S. Portius: θεοῦ, τιμῆς, ne font pas difficulté, et il nous reste seulement à observer qu'on écrira αρετές et non αρεταῖς. Mais comment fautil accentuer, par exemple, µουσας; gén., γννχικας, gén., φαγι, πας (unzye;)? L'application des règles de l'accentuation ancienne ne répond à aucune réalité. Si l'on suit l'analogie de τιμᾷς, on mettra évidemment un circonflexe sur πᾶς. Mais doit-
on suivre cette analogie? L’x de πας est bref; de plus, il n'y a pas ici de contraction comme dans τιμᾶς et l’ souscrit n'a pas sa raison d'étre. C'est donc, en quelque sorte, aller contre les régles mémes de l'accentuation ancienne que d'écrire πᾶς ou méme πᾶς, puisqu'on met le circonflexe sur une brève. L'usage a néanmoins admis le compromis irrationnel πᾶς. — L'aecentuation φαγεῖ n'est guère plus raisonnable: ce neutre se décline sur παιδί, παιδιοὺ. Pour se conformer à la règle ordinaire, il vaut donc mieux écrire φαγί et supprimer méme e, comme on écrit ἡ πόλη, et non % ns, du moment que ce nom se décline sur χεφαλή et qu'il est entendu qu'on veut écrire suivant l'orthographe ancienne. Par une série de raisonnements analogues, on en vient à accentuer μούσας et γυναίxac. Ici nous n'avons pas de précédents en pg. Mais on se dit que « de ἡμέρας est long ; µούσας, calqué et décliné sur ἡμέρα, est supposé de méme, ainsi que γυναίκας, avoir l'a final long. C'est une matière où les contradictions abondent.
. P. 12, 1. 19. Eundem observant, etc. L'auteur veut parler sans doute de la Décl. II pg. et non de la Décl. II ng. (d’après sa classification), car, p. 16, 1. 2, il écrit lui-même φιλιαῖς (voir plus haut αρετές).
P. 12, ll. 22-28. Penultima etiam. On rencontre ici les mémes contradictions et les mémes embarras que plus haut. Ta principale difficulté sur ce terrain, c'est qu'il faut toujours se guider d’après une quantité qui n'existe plus et dont ὁπ ne peut méme pas souvent retrouver les analogies dans la langue ancienne. En accentuant αἰῶνας, αγῶνας, on part en réalité de l'a bref de l'acc. aia, ἀγῶνα, ce qui ne manque pas de sens. Mais l'orthographe ancienne ne partait pas de l'acc. pour accentuer le nomin. et c'est là ce qui devient en pareil cas l'irrationnel.
P. 12, 1. 31. Omnia meutra plurisyllaba. Γυαλί ne fait pas exception, puisqu'il n’a que deux syllabes dans la prononciation : jal£. — L. 32 et 33, ib., lisez pur. — L. 36, ὀυνατώνω ; comme quoi c'est là la vraie orthographe et non δυνατόνω, voyez plus loin aux verbes en -ώνω.
P. 12, 1. 39. Ceterum monnulli... non solent respicere ad ultimam syllabam, etc. Ce n'est pas la règle de l'accentuation latine, mais c'est lanalogie qui fait déplacer l'accent. En ancien grec, il y avait beaucoup d'adjectifs (surtout les
composés) qui avaient o; pour le masc. et pour le fém.; la langue moderne, au contraire, distingue toujours les deux genres, elle ne se contente plus de ἀθάνατος, pour le masc. et le fém., mais elle dit αθάνατος, masc., ἀθάνατη, fém., εὔμορφος, εὔμορφη (Georg. Rhod., 49), et garde l'accent à la même place. Or l'analogie de ces adjectifs, la stabilité de l'accent dans les trois genres, est si forte que les autres adjectifs, qui étaient proparoxytons au masculin, paroxytons au féminin, font reculer l'accent au féminin ; on dit δεύτερος, féminin δεύτερη, δίκαιος, δίκαια, etc., et au superlatif αγιώτατη. — Ainsi on substitue à µέγας un nominatif, qui est conforme au féminin et au pluriel et au génitif sg. du masculin; µεγάλο, a l'accent sur l'avant-derniére, parce que μεγάλου et µεγάλη étaient de méme paraxytons. En étudiant la déclinaison, nous verrons beaucoup d'exemples de cette tendance à ne pas déplacer l'accent dans les différentes formes d'un mot ; ici, je me borne à dire quelques mots du déplacement de l'accent en dehors de la conjugaison et de la déclinaison. Cf. Krumbacher, Beitrüge zu einer Geschichte der neugriechischen Sprache, p. 41 8qq. (Zeitschr. f. vergl. Sprachforschung, vol. XXVII). Les adjectifs oxytons reculent l'accent sur la pénultiéme, quand ils deviennent substantifs ; c'est une régle du grec ancien et méme delalangue mére indoeuropéenne, et qui esten vigueur jusqu'à nos jours: τροµερός, τρομάρα» ξερός, ξέρα; λερός, λέρα» θερμός, θέρμη» βραδύς, βράὀυ (βραδύ, Prodr. V, 118); σκολιός, σκόλη (qui n'a rien à faire avec σχολή, comme M. Krumbacher l'a bien fait observer, p. 67), etc. Majo; — auaupis, à cause de ἄσπρος, parce que deux mots, qui expriment des idées contraires, s'influencent souvent dans leur forme, cf. πιχρυς à cause de γλυκύς, voir Index ; ἡ παράδεισος Sur ἡ κόλασις (Chatz., Zeitschr. f. vergl. Sprachforschung, XXVII, p. 83); ὀλιγός (fréquent au moyen áge, Krumbacher, p. 43 cf. par exemple, ὀλιγόν, Spaneas I, 215, aujourd'hui ὀλίγος, par influence savante) sur πολύς ou peut-être même sur son semblable μικρός, μικρόν} Spaneas I, 136-137, μικρόν et ὀλίγον sont traités comme synonymes, cf. aussi 257; d'où ὀλιγόν, 215 ; αλλοῦ, Prodr. IV, 118 a, Puell. Juv. II, 50, etc., ailleurs, pg. ἄλλου, sur αυτοὺ. Αβός, Cvpr., 66, 2; Eroph., I, 345, pour ἄνθος, sur καρπός, le mot change en méme temps de genre, parce que les oxytons en o; Sont toujours masculins et jamais neutres, et parce que καρπός est masc. : θενδρόν, Sen. Puell., 38 ; Schmidt, 56, 16 et note, Krumbacher, 43 (aujourd'hui δέντρο) sur
6, αὗτος (Glyk., 369), au moyen âge, et encore aujourd'hui en Italie, sur ἐκεῖνος (Krumbacher, 42 et 47). Les adjectifs en -xo;, qui sont dérivés des noms de peuples, sont proparoxytons : Toupxuxo;, Φράγκικος, de méme χλέφτικος, Dossios, Beitrüge z. griechischen Wortbildung, p. 24. C'est plutôt ici l'italien -co que le grec -ικός: Βενέτικος — venético. Βαθρακός, Missa, 118 (mais βοθράκοι, 25) est attiré par les adj. en -ακός ; d'autre part lucanicó à Bova (ng. λουκάνικο, encore un mot latin en -υιος, et pour cela proparoxyton) subit l'attraction des mots en -ικός. Δίχως (mais διχῶς, Soph., 82; Const., 658; Georg. Rhod., 44) se dit d'aprés δίχα, etc. Sur le déplacement de l'accent par analogie, voyez aussi Psichari, Revue crit., 1884, p. 455. Dans tous ces exemples, le déplacement de l'accent a une raison psychologique ; dans la série qui suit, il s'agit d'un accident physiologique. C'est une loi générale que, dans la combinaison de deux voyelles, celle-là prend l'accent, qui a une plus grande valeur vocalique ; l'autre, qui en ἃ une moindre et qui se rapproche davantage des spirantes, perd l'accent et se trouve presque toujours réduite à une semi-voyelle ou à une spirante. Ainsi £a devient já; io, jó ; éa donne d'abord ed avec une semi-voyelle qui a le timbre de l'e, mais qui nécessairement aboutit à j; te, jé; ua, vá; όα comme éa, devient οά, puis vá, etc. — Cette loi qui, comme toutes les lois de nature physiologique, ne souffre pas d'exceptions, existe dans plusieurs langues. Le lat. classique partetem devient pariétem en lat. vulg. ; de méme avéolus, aviólus ; l'esp. dit Diós, yó pour dos, £o (ego); le roum. steá pour stéa (stella), etc. De méme en grec chaque ἐ, qu'il provienne de t, ει, v, οἱ ou η, chaque e, qu'il représente at ou e, suivi immédiatement d'une autre voyelle, perd l'accent et se change en j. La différence qu'il y à à l’origine entre et e a disparu. Il est possible que, dés le moment où l'ea perdu l'accent, le changement en £ ait eu lieu. Il paraît que l'ancien béotien, ici comme ailleurs, nous montre déjà l'état moderne : chaque ε devient « devant o, o, «; cf. Meister, I, 243 ; G. Meyer, S 60. Malheureusement nous ne savons rien au sujet de l'accent dans ce dialecte. Mais voici ce qui peut confirmer cette hypothèse. Apollonius cite comme forme béotienne (ών (—éycv) avec esprit rude ; si la prononciation était jón avec la spirante j, on comprend bien que le grammairien, qui ne connaissait pas ce son dialectal, l'ait rapproché de l'esprit rude de la κοινή. La même loi, mais avec plus d'exceptions (c'est-
à-dire qu'ici l'influence de la langue littéraire sur les scribes est plus grande), se laisse constater dans les inscriptions doriennes, chypriotes, etc.; ὅστιον (Théocrite, 2, 21, etc.) pour ὀστέον montre de nouveau que cet ? ne pouvait plus être accentué. On ne sait pas au juste à quelle époque le changement s'est accompli dans toute la Grèce; le dialecte d'Otrante ne le connaít pas encore, et il en est ainsi dans plusieurs régions de la Gréce, voyez entre autres, à Zante, Solomos, éd. de 1859, p. ox, uxrix et non µατια.
Je cite encore z»;, Pap. Lup., 55, b (a. 151) ; τὸν βασιλεία, Pap. Lup., 31 (a. 162); é&vrz — enjá, sur une inscription chrétienne d'Alexandrie, Αθήν., X, 11, 5. Dans Spaneas I, ex devient ja, voyez vers 12, fxcUszv»; θεοῦ, monosyllabique, 16; καὶ ὡς, de méme, 15; τοιοῦτος, deux syllabes, 28, etc. Les poètes du moyen áge se servent tantót de la forme ancienne, tantót de la forme moderne, suivant le besoin du vers. Il ne faut pas en conclure que les deux formes, avec et sans j, aient existé dans la langue parlée, que la méme personne ait prononcé βασιλέα et βασιλεά et qu'un tel état de choses ait duré pendant des siécles; c'est tout simplement une influence classique, littéraire ou méme tout simplement orthographique sur les lettrés. Pour les exemples, je renvoie à Krumbacher, p. 44 ; je cite seulement quelques mots, parce qu'ils offrent un intérét spécial. Oto; devient jós, comparez Glykas, 908, οἷος ἐὰν ἔνι ὁ πειρασμός, Üxopà τὸν ἁπαντήσειν» M. Legrand « aime mieux écrire ἄν que de compter oto; pour une seule syllabe », à tort comme je crois. Mais jós ne reste pas longtemps, on en fait ὁγιός avec le méme ο qu'on avait dans ὅποιος (dnjos). Au commencement des mots, on écrit aujourd'hui Souvent y, mais sans être conséquent : yeoó; — vympós, γιατρός, c'est-à-dire jatrós —ixzpó;; γεράκι, Anne Comnène, I, 98; Apok. II, 248; mais ἑορτή, aussi bien que γιορτή (voyez notre auteur lui-même, 14, 4), quoiqu'on dise jortí; ὑγίεα devient já, etc. Dans l’intérieur des mots, on évite, pour des raisons typographiques, la notation de 4 cons. par γι qui deviendrait fastidieuse par sa multiplicité : πεδγιάδες. Il est entendu qu'en écrivant πεδι., on prononcera le : comme un j. De méme on écrira παλιός au lieu de παλγιός. Quelquefois on se sert d'un i renversé : 1 ou de l'hyphen.
Dans les adjectifs en τος, iz, le fém. et le gén. sg., gén., acc. pl. du mascul. devraient être oxytons: ἁγιος, mais ἁγιά, ἁγιοῦ, etc. En effet, nous avons &yw, Const., 328, ἅγιον, 418,
ἁγιά, 9(9, ἁγιᾶς, 9901 ‘Aya Xogix, à Constantinople ; urie commune dans l'intérieur de la Corne-d'Or s'appelle également Ἅγα. Cf. aussi ᾿Αθήν., X, 229, ligne 2. Mais le nivellement dans l'accentuation des adjectifs, que nous avons déjà constaté, améne aussi le doublet ἅγια, etc. Si les deux voyelles sont protoniques, le j disparaît ; si elles sont posttoniques, il reste: θωρῶ, Apok. II, 482; 0opiz, χρωστῶ, d'où χρώστης, Sklav., 100 (xpoares); σωπῶ, d'où σώπασε, Prodr. VI, 253; mais &yvou, Éyotx — dynia, énja, etc. ; dos — us est refait sur le pluriel ἄξοι, c'est-à-dire dti — axji, où la contraction des deux à est de règle. Gun, θώριασμα Sont refaits sur θωριά. Θόδωρος fait exception (voyez Psichari, Futur composé, p. 15, note 2 sqq.), mais c'est un nom propre, c’est-à-dire un mot qui se soustrait aux lois phonétiques. Des formes comme µοναζάξ-- μοναξιά, κορασᾶς, Eroph., II, 210, δροσές, 901, ἴσα, 112, en regard de ἴσια d'autres régions, etc., resteraient encore à expliquer. -
Αγραύω, à οδίό de αγριαίνω et αγριώνω, vient de l'aor. ἄγρησα (voyez à la conjugaison), où . se fond avec ». — Dans la combinaison -τρια Τι tombe de méme: érja était trop difficile à prononcer: ψάλτρα — ψάλτρια, ψυχοσώστρα, οἵο., Imb. III, 468; les formes avec existent à côté des autres, mais elles paraissent être savantes. Il faut remarquer, en effet, que τρια, éroës, appartient à la langue commune. — Les substantifs abstraits en &, ea doivent aboutir à jé ; on trouve, en effet, φτωχειά, etc., en Crète, mais dans le reste de la Grèce les substantifs en -εια; comme ἀλήθεια, etc., les ont attirés, ce qui donne: apgzwz, νήστεια, κάχια, φτώχεια, αρρώστια, φιλοζένια, etc., voyez Chatzidakis, Μελέτη, p. 51.
Il y a peu d'exemples de o, ον dans l'hiatus. Sur ἀκροᾶται, v. p. 93; ἀκούω devient axow», Spaneas I, 280; παρακουῶ, {δ., ἄκουε, 55, 243; mais on a ἄκούεις, ἀχοῦς, p. 104 ; κρουῶ, Prodr.V, 86, καὶ κρονῶ σουγλεὰν τὸ χέριν µου. Ov + voy. ne devient donc pas réguliérement consonne, dans la langue commune, comme {(6) devant voyelle.
P. 13,1. 6. Praantepenultima vero acutum agnoscit et circunylexum. Voy. plus haut, p. 105. Simon Portius donne ici lui-même la bonne explication de ανχγκάλλιασις: les substantifs fém. en -σις, qui sont dérivés des verbes, sont proparoxytons ; ια ne formant qu'une syllabe, c'est forcément la syllabe précédente qui prend l'accent. Il ne s'agit donc pas ici d'un accent portant sur la préantépénultiéme. Κάµετενε, εἴδατονε Sont
des orthographes pour l'oeil. Dans le premier cas, on prononce χάµετε vé, dans le second, ex τόνε.
P. 15, 1. 13. Jam spiritus... iidem sunt qui in græcaliterali. C'est encore une affaire d'orthographe que 1a distinction des deux esprits; des siècles avant Simon Portius, l'aspiration avait disparu, méme dans le dialecteattique, qui était pourtant « ὁχσυντικός »: cf. oi, 0, nuep[olv, andava, Bull. corr. hell., IV, 226, inscription d'Eleusis du v* siècle av. J.-C. ; d'autre part, les grammairiens d'Alexandrie savaient plus ou moins bien distinguer l'esprit rude de l'esprit doux. Cf. G. Meyer, 2, 8 242. Aujourd'hui il n'existe certainement inéme pas de dialecte qui ait gardé une aspiration quelconque, du moins dans les conditions et à la place de l'aspiration ancienne. Mais le maintien de l'ancienne orthographe ne crée pas moins d'embarras pour les esprits que pour les accents. On hésite entre &Jr25; et ἀψηλός (c'est ce dernier qui est le vrai); on peut hésiter de même entre fox et 7px (le β à cause de βρίσκω où ὑρίσκω est impossible à garder). Le x ici étant le méme que celui de z0:ix devrait en réalité prendre l'esprit doux. La fixation de l'orthographe n'a pas encore eu lieu sur ce.chapitre d'une facon définitive. Voyez aussi des opinions de toutes sortes à ce sujet apud Psichari, Revue critique, 1881, 263, note 2.