DECEMBRE
En tout digne du mois qui le précède et de celui qui le suit, se recommande par sts fines matelotes. La Râpée a le monopole des matelotes excellentes; il faut aller faire une station dans ces guinguettes, où, chose singulière, le simple fricotier s'élève de beaucoup au-dessus de nos artistes pour cette spécialité.
La viande de boucherie, le gibier, le poisson et la volaille ont en décembre le même degré de bonté que dans les deux mois suivants. Mais la fin de Tannée et les obligations qu'elle entraine rendent les réunions gourmandes assez rares encore. Il faut se préparer aux jouissances qui viendront par les visites
CALENDRIER GASTRONOMIQUE. lo^
^ites avec discernement, surtout par le soin de disposer son cœur comme il doit l'être pour nos amphitryons.
Ce serait un crime de lèse-gourmandise que de rester sans émotion et sans sympathie pour l'homme généreux qui vous offre une chère excellente et vous abreuve de ses meilleurs vins.
Au point où nous en sommes parvenus, l'année gourmande a parcouru ses phases diverses. Mais, dira-t-on, nous n'avons parlé ni du dessert, ni des crèmes, ni des pâtisseries. C'est avec intention que nous avons ainsi fait, notre premier soin était pour les gourmands. Eh bien! pour les véritables gourmands, ce ne sont là que bagatelles, adirés àe friandise, ils les abandonnent aux dames. Dans un dîner bien entendu, le gourmand se repose après le rôti. Les entremets solides ne sont pour lui qu'un amusement et les autres une superfluité. Quant au dessert, il n'y prise guère que le fromage e( les marrons, en leur qualité d'altérants.