‹ Grand dictionnaire de cuisineChapitre 25 sur 353 · ENCORE UN MOT AU PUBLIC · texte numérisé non relu

ENCORE UN MOT AU PUBLIC

Lorsque feus pris la décision d'écrire ce volume et d'en faire, pour ainsi dire, dans un moment de délassement^ le couronnement d'une œuvre littéraire de quatre ou cinq cents volumes, je me trouvai, je Vavoue^ asse^ embarrassé, non pas sur le fond, mais sur là forme à donner à mon ouvragée.

De quelque manière que je m'y prisse, on attendrait de moi plus que je ne pourrais donner.

Si j'en faisais un livre de fantaisie et d'esprit comme la Physiologie du Goût de Brillat-Savarin, les gens du métier, cuisiniers et cuisinières, ne lui accorderaient aucune attention.

Si j'en faisais un livre pratique , comme la Cuisinière bour- ' geoîse , les gens du monde diraient : C'était bien la peine d'avoir fait dire à Michelet qu'il était le plus habile constructeur dramatique qui eût jamais existé depuis Shakespeare, et à Ourliac que non-seulement il avait l'esprit français , mais encore l'esprit gascon, pour venir nous apprendre dans un livre de 800 pages que le lapin aime à être dépouillé vif, mais que le lièvre préfère attendre.

Ce n'était pas mon but : je voulais être lu par les gens du monde et pratiqué par les gens de l'art.

Grimod de la Reynière, au commencement de ce siècle, avait publié avec un certain succès TAlmanach des Gourmands, mais c'était un simple livre de gastronomie et non pas un livre de recettes culinaires.

Page 1