‹ Grand dictionnaire de cuisineChapitre 46 sur 353 · JULIETTE · texte numérisé non relu

JULIETTE

Oh ! non, je me trompais, Roméo ! c'est le jour ! Pas un instant à perdre. Oh ! fuis ! fuis ! mon amour. C'était bien l'alouette aux notes discordantes Dont le chant menaçait nos amours imprudentes ; C'était bien le soleil, brûlant vainqueur des nuits, Qui montait sur son char; fuis! mon Roméo! fuis!

Les alouettes étaient recherchées sur les tables des Athéniens; elles étaient sacrées à Lemnos, parce qu'elles avaient délivré rîle des sauterelles. L'alouette est fort délicate et estimée pour son goût. Elle n'est réellement bonne qu'au mois de novembre et les mois qui suivent jusqu'à février. Elle s'engraisse par le brouillard avec une rapidité surprenante; elle a cela de /^

commun, du reste, avec ses fournisseurs, mais elle maigrit plus promptement qu'eux.

Rôties et bardées , les alouettes sont très-agréables , mais à la suite d'un dîner solide. L'avis de Grimod de la Reynière est que l'alouette la plus grosse, ainsi que le meilleur rouge-gorge, ne sont, sous les doigts d'un homme de bon appétit, qu'un petit paquet de cure-dents, plus propres à nettoyer la bouche qu'à la remplir.

L'illustre gourmet ajoute :

« Les pâtés d'alouettes de Pithiviers sont l'un des plus dé-

Page 1