‹ Grand dictionnaire de cuisineChapitre 7 sur 353 · UNE CUISINE MODELE · texte numérisé non relu

UNE CUISINE MODELE

Parmi les choses innombrables qui pendent au plafond, j'en ai admiré une surtout, le soir de mon arrivée, c'est une petite cage où dormait un petit oiseau. Cet oiseau m'a paru être le plus admirable emblème de la confiance. Cet antre, cette forge à indigestion, cette cuisine effrayante est jour et nuit pleine de vacarme, l'oiseau dort. On a beau faire rage autour ^e lui, les hommes jurent, les femmes querellent, les enfants crient, les chiens aboient, les chats miaulent, l'horloge sonne, le couperet cogne, la lèchefrite piaille, le tourne-broche grince, la fontaine pleure, les bouteilles sanglotent, les vitres frissonnent, les diligences passent sous la voûte comme le tonnerre ; la petite boule de plume ne bouge pas. — Dieu est adorable, il donne la foi aux petits oiseaux.

Mon cher Janin,

Je cherchais une entrée en matière pour faire une causerie rapide sur le nx*, le xviii* et même le xvii* siècle.

Tout à coup je m'écrie comme Archimède :

« J'ai trouvé! »

Et, en effet, ce que j'ai trouvé, mon vieil ami, c'est un joli portrait de vous, avec une lettre adressée à vous par M. Fayot; je ne puis reproduire le portrait, mais je puis reproduire cette dédicace, que j'ai le regfet de ne pas avoir écrite, tant elle dit bien de vous ce que j'aurais voulu en dire.

Le livre où se trouvent ces deux précieux documents — l'un sur votre physique, le portrait; l'autre sur votre moral, la dédicace — est intitulé : Les Classiques de la table.

Voici la lettre :

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