ALCESTE
Voyons, ninnsiiur ; le temps ne fait rien à l'affaire.
TEMP
Cette locution appartenait sans doute déjà à la langue du temps de Molière, et le grand écrivain n'a fait que la consacrer.
« En peinture comme en poésie, nous serons toujours très-volontiers de l'avis d'Alceste; nous dirons et nous penserons hautement que le temps ne fait rien à l'affaire. Ceci se peut dire d'un sonnet et d'un tableau avec une égale justice. Mais cependant cet axiome, tout axiome qu'il soit, se restreint dans de certaines limites. »
Gustave Planche.
■ Le temps passé à un travail ne le rend pas toujours bon, je l'avoue, et la maxime d'Alceste : Le temps ne fait rien à l'a/faire, est très-vraie quand on l'applique aux œuvres d'imagination. »
B. Jullien.
Quelquefois aussi on rappelle cet hémistiche ; Un quart d'heure à le faire, et le sens de l'allusion est le même :
« Aux yeux de l'Académie qui juge et ré. compense la vertu, ce n'est pas seulement un trait accidentel de courage ou de dévouement; c'est encore et surtout la continuité de l'effort, la persévérance dans le sacrifice, l'habitude de l'abnégation. Il n'y a guère de Français si mal doué qui ne puisse être un héros pendant un petit quart d'heure, et une belle action, c'est tout comme un sonnet : cela ne coûte pas plus d'un quart d'heure à faire. ■
H. Rigault.
*— Le temps 11 épnrgiic pu* ce que I on fuit sans lui, Vers éloquent gui est souvent cité, et dont on a longtemps cherché l'auteur. 11 appartient au poète Fayolle, et on le trouve dans le recueil intitulé : les Quatre saisons du Parnasse (Hiver, I806,in-12, p. 11). Fayolle dit, parlant du sage, dans son Ùtscours sur la littérature et les littérateurs :
11 laisse aux beaux esprits la gloire viagère; Mais, que dis-je! elle fuit comme une ombre légère; Sur leurs écrits à peine un jour de gloire a lui : Le temps n'épargne pas ce que ion fait sans lui.
Ce discours de Fayolle a été imprimé à Paris (ftloller, 1801, in-8»; Sajou, 1814, in-go de 8 pages).
« Voilà un échantillon des misères qu'on applaudissait avant Molière sur la scène comique. Ces imbroglios coûtaient peu à Scarron et lui rapportaient beaucoup. Une semaine ou deux lui suffisaient pour mettre sur pied cinq actes de raisonnable étendue, écrits en vers faciles, mais négligés. 11 n'est pas étonnant que l'oubli en ait fait justice, car Le temps n'épargne pas ce qu'on a fait sans lui.--