CALCÉDOINE
SARDON s. m. (sar-don). Pêche. Lisière de mailles fortes dont on borde le haut et le bas de certains filets.
SARDONIE s. f. (sar-do-nî — lat. Sardonia, Sardaigne). Bot. Nom donné par les Romains a la renoncule scélérate, qui avait, disait-on, la propriété d'exciter ie rire sardo-
sardoniEN, IENNE adj. (sar-do-ni-aiD, i-è-ne). Syn. de sardomquk.
— Syn. Snrdonien, aardonlque. Le premier de ces adjectifs n'est employé que dans les traités de médecine et dans les occasions où il s'agit de distinguer le rire auquel il s'applique du rire ordinaire à un point de vue purement physiologique. Le second, au contraire, convient à tous les langages, et il distingue le rire surtout par la nature du sentiment qui l'inspire.
SARDONIQUE adj. (sar-do-ni-ke — gr. sardonios; de Sardà, Sardaigne. "V. la partie encycl.). Se dit d'un rire convulsif, dû à une contraction involontaire des muscles du visage. Il Se dit d'un rire annonçant beaucoup de malignité : La mode est aujourd'hui d'accueillir la liberté d'un rire sardosiqub. (Chateaub.) D'abord vous la tancez d'un ton fier et caustique, Puia vous la désolez par un ria sardonique. Dëstouciies.
— Par ext. Qui révèle une pensée, une intention sarcastique : Un sourire caustique, plissant habituellement les lèvres minces de la tante Prudence, donnait à ses traits une expression sardo.s'iquk. (E. Sue.) Sa figure sardonique avait pris le calme suprême que donne la mort. (G. Sand.)
— Syn. Sardonique, sardonien. V. SARDO- NIEN.
— Encycl. Conquérants de la plus grande partie de la Sardaigne en 512 avant J.-C, les Carthaginois y avaient transporté le culte de- leurs divinités sanguinaires et les abominables coutumes des sacrifices humains.
Leur statue de Baal avait la forme humaine, souvent figurée avec une tète de taureau, symbole de la force et de la puissance ; elle. était en bronze, creuse à l'intérieur ; elle avait les bras étendus en avant et un peu inclinéa vers le soi, de manière à recevoir les corps qu'on lui offrait et qui retombaient ensuite de leur propre poids brûlés et consumés dans un bassin d'airain placé au-dessous. D'après les descriptions de quelques anciens rabbins, les,
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victimes qu'on déposait sur les bras de l'idole, élevés vers le ciel, roulaient dans une cavité ménagée à l'intérieur de la statue de bronze que l'on faisait rougir; suivant d'autres, le ventre et l'estomac étaient divisés en sept compartiments, dans chacun desquels on introduisait une victime vivante, ici un homme, là un bœuf, ailleurs un mouton, etc. Le cabinet de Cagliari conserve actuellement deux figures de bronze trouvées en Sardaigne et publiées par M. de La Marmora. Ce savant considère l'une d'elles comme la reproduction d'une plus grande statue existant à Tyr ou à Carthage. Le glaive de forme orientale placé dans sa main gauche, attribut qui convient parfaitement à ce dieu, qui est le Saturne des Grecs et que l'on appelait l'inventeur des cimeterres, ne lui permettant pas de recevoir de la manière indiquée plus haut les offrandes humaines, on avait armé sa main droite d'un large gril disposé en pente et d'où les victimes glissaient aux pieds de la statue. Des cornes et un bâton fourchu donnent à la seconde figure tous les caractères d'un Baal. Les deux animaux qu'il tient dans la main gauche sont peu reconnaissables ; il est difficile de les prendre pour des serpents. « La bouche du visage, dit M. de La Marmora, et celle de la face monstrueuse qui tient lieu de ventre semblent indiquer une cavité intérieure, cavité dont cette seconde bouche serait l'ouverture principale, celle qui était destinée à l'introduction des victimes. Outre ces deux figures, il existe encore une autre statue de ce dieu Moloch, qu'on faisait rougir et qui recevait dan3 son corps incandescent les victimes toutes vivantes qu'on y introduisait par une ouverture pratiquée a cet effet. C'est autour de ces idoles que, pendant les horribles sacrifices dont nous avons parlé ci-dessus, les prêtres se rangeaient en cercle, cherchant à étouffer par le son des tambours et d'autres instruments bruyants les cris et les hurlements que la douleur et le désespoir arrachaient aux malheureuses victimes d'une aussi exécrable superstition, » Si les prêtres de la Sardaigne couvraient de leur musique barbare les cris des victimes, du moins ne pouvaient-ils voiler à l'assemblée les souffrances de leur agonie ; certaine convulsion du visage semblable à un effroyable rire reçut des anciens un nom parvenu jusqu'à nous avec une acception bien différente, celui de rire sardonien ou sardonique : sardonikos gelas. Cette explication est trop intéressante pour qu'il nous fût permis de l'omettre ; mais on devine bien qu'elle n'est pas universellement acceptée par les philologues. Les anciens mêmes l'avaient contestée. Timée l'historien et Suidas assignent à ce mot une origine fort différente. « Que nous font les vieillards de Sardaigne, les Phéniciens, les Carthaginois et la térocité de leurs mœurs? Il faut s en tenir à ce que dit Tarrhœus. Celui-ci raconte avoir entendu dire par des gens du pays (la Sardaigne) qu'il y existait une herbe semblable au persil, la sardonie, laquelle faisait mourir dans des convulsions horribles ceux qui la mettaient sur leurs lèvres. Pendant ces convulsions, le patient semblait rire d'une manière contrainte. »
SARDONIQUEMENT adv. (sar-do-ni-keman — rad. sardonique). D'une manière sardonique : Rire sardoniquement,
SARDONS, ancien peuple de la Gaule méridionale, dans laNarbonnaise ire. On suppose qu'ils tiraient leur nom d'une colonie venue de l'Ile de Sardaigne. Le pays qu'ils occupaient forma plus tard le Roussillon et se trouve actuellement compris dans le département des Pyrénées-Orientales.
SARDONYSE s, f. (sar-do-ni-ze). Miner.
Ancien nom de la sardoine.
SARDONYX s. m. (sar-do-nikss). Espèce de sardine.
— Encycl. Le sardonyx est une pierre ordinairement à teintes fondues, noire, pourpre, blanche et brune. Quelquefois ces nuances sont, au contraire, bien tranchées. Alors on emploie la pierre à faire des camées. Les teintes noire et blanche servent pour les figures et les draperies, et la dernière pour les fonds. Les sardonyx à nuances mêlées étaient destinés à faire des vases. Les anciens recherchaient surtout ceux qui présentaient des cercles colorés. Les Romains estimaient beaucoup le sardonyx et en faisaient des bijoux. Les anneaux des sénateurs et des chevaliers en étaient ornés. L'expression de sardonychata manus employée par Martini prouve qu'on se couvrait les mains de bagues de sardonyx. On pense que le3 Romains tiraient cette pierre de l'Inde, où on ne lui attribuait pas une aussi grande valeur qu'à Rome. On a fait des colliers et on fait encore des chapelets avec les petits sardonyx. Les musées conservent quelques beaux vases et beaucoup de camées en sardonyx. Parmi ces derniers sont deux des plus grands que l'on connaisse, celui de la Sainte-Chapelle et celui de Vienne. Les vases de Saint-Denis, la coupe de Naples et celle de Bruns'wick sont d'intéressants ouvrages de sardonyx. L'opinion la plus générale est que les vases murrhins furent taillés dans cette pierre. Les Byzantins ont exécuté de beaux objets en sardonyx; la Bibliothèque nationale conserve une nef de sardonyx enrichie d'une monture byzantine d'or émaillé. Le moyen âge occidental, peu habile en l'art de tuilier et graver
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les pierres dures, présente fort peu de petits monuments de cette espèce. Mais le xvie et le xvme siècle, où la glyptique et l'art du lapidaire furent très-florissants en Italie, en ont laissé un certain nombre.
SARDOU (Antoine-Léandre), lexicographe français, né au Cannet, près de Cannes, en 1803. Il a été successivement professeur à l'Ecole de commerce et des arts industriels de Charonne, chef d'institution et professeur à l'Ecole ottomane de Paris. On lui doit un certain nombre d'ouvrages scolaires : Abrégé de géographie commerciale et industrielle (1840, in-18); Leçons et exercices sur les poids et mesures métriques (1842, in-18) ; Premières notions de grammaire française (1843, in-18); Traité de la conjugaison des verbes (1813, in-12) ; Résumé des réponses aux questions de mathématiques , de physique et de chimie (1846, in-18); Manuel d'études pour la préparation au baccalauréat es lettres (1849, in-18); Mathématiques et cosmographie (1849, in- 12) ; Réponse aux questions de géographie du programme d'examen de Saint-Cyr (1849, in-8°); Leçons de grammaire française et exercices de style (1851 , in - 12) ; Nouveau dictionnaire abrégé de la langue française (1851, in-12); Etudts et exercices sur les synonymes français (1856, in-12); Nouveau dictionnaire des synonymes français (1857, in-12); Arithmétique, géométrie, physique (1857, in-12); Cours élémentaire de géographie (1857, in-12); Petit dictionnaire historique, géographique et mythologique (1858, in-12); Lexicologie française ou Traité méthodique du sens des mots (1862, in-12); Dictionnaire français des écoles primaires (1865, in-18). M. L.Sardou a, de plus, publié une traduction de la Vida de sant Honorât, légende en vers provençaux du xme siècie, et collaboré au Dictionnaire de la langue française de Guérard et Sardou, au Cours de tenue de livres de M. Goujon, au Dictionnaire raisonné des difficultés de la tangue française de M. Salice, etc.
SARDOU (Victorien), auteur dramatique français, fils du précédent, né à Paris en 1831. Il étudia d'abord la médecine, puis fut forcé par la gêne où vivait sa famille d'abandonner les cours et de donner des répétitions d'histoire, de philosophie et de mathématiques. Il essaya aussi de la littérature en publiant quelques articles dans des revues, des dictionnaires, entre autres le Dictionnaire de la conversation, et fit jouer k l'Odéon une comédie, la Taverne des étudiants (L« avril 1854), qui échoua misérablement. Kn 1857, M. Sardou était dans une détresse profonde. Il luttait intrépidement, mais son corps frêle n'avait pas la force de résistance de sa volonté de fer , si bien que les épreuves finirent par le terrasser. Il fut atteint d'une fièvre typhoïde. Il habitait alors, bien découragé, une petite chambre à l'étage supérieur d'une maison; mais il avait une voisine, qui s'appelait MHe de Brécourt. Cette voisine apprit un jour que le jeune homme chêtif qu'elle avait rencontré souvent était gravement malade, en danger peut-être. Elle s'installa à son che« vet et elle fit si bien que le malade s'achemina tout doucement vers la guérison. Peu après, en 1858, M. Sardou épousa Mlle de Brécourt, dont les relations lui valurent de faire la connaissance de Mi'o Déjazet, qui^en ce moment fondait un théâtre, et, grâce à elles deux, M. Sardou rentra dans la carrière dramatique, où il devait acquérir une s.i rapide et si brillante réputation. Neuf ans plus tard, il était en pleine possession de la fortune et de la renommée lorsque la mort vint frapper celle qui l'avait sauvé (1867).
Les premières pièces de M. Victorien Sardou furent jouées au théâtre Déjazet; ce sont : Candide, les Premières armes de Figaro, M. Garât et les Prés Sainl-Gervais (1860-1S61); M. Garât fut un des succès les plus prolongés de ce petit théâtre, et les Prés Saint-Gervais, transformés en opéra- bouffe, ont été depuis repris au théâtre des Variétés (1874). Une fois en possession de son public, M. Sardou ne le lâcha plus et, travaillant avec une fécondité infatigable, ayant une pièce en cours de représentation dans un théâtre, une autre en répétition ailleurs, une troisième sur le chantier, il parut être pendant quelques années le seul grand producteur dramatique. On vit successivement ou à la fois : les Pattes de mouche, Piccolino, au théâtre du Gymnase (juillet 1861) ; au théâtre du Vaudeville, les Femmes fortes, l'Ecureuil (lévrier 1861), Nos intimes (16 novembre 1861); la Perle noire (Gymnase, 12 avril 1862) ; la Papillonne (Théâtre-Français, 11 avril 1862); les Ganaches (théâtre du Gymnase, novembre 1S62) ; les Gens nerveux, au théâtre du Palais-Royal ; Bataille d'amour, à l'Opéra-Comique (1863); les Diables noirs, au Vaudeville (1863); le Dégel (théâtre Déjazet, 1864); Don Quichotte, féerie (Gymnase, 1864) ; les Pommes du voi' sin (Palais-Royal, 1S64) ; les Vieux garçons (Gymnase, 1865) ; la Famille Benoilon (Vaudeville, 1865) ; Nos bons villageois (Gymnase, 1866) ; Maison neuve (Vaudevil.e, 1866) ; Séraphine (Gymnase, 1868); Pairie! (théâtre de la Porte-Sain t-Martin, 1869); Fernande (Gymnase, 1870); Rabagas (Vaudeville, 1871); les Merveilleuses (théâtre des Variétés, 1873) ; Andréa (Gymnase, 1873) ; VOncle Sam (Vaudeville, 1873) ; le Magot (Palais-Royal, 1874); la. Maine (théâtre de la Galté, décembre 1874).
Ce qui explique cette fécondité, c'est que M. Victorien Sardou n'est le plus souvent