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qu'un habile arrangeur ; il aime à emprunter ses sujets à droite et à gauche, sans trop se soucier de la propriété littéraire, et quelquesunes de ses pièces ont même donné lieu a. des accusations de plagiat. Les Pattes de mouche sont tirées d'un conte d'Edgar Poe, la Lettre volée; tout un acte de Nos intimes est pris dans un vieux vaudeville, le Discours de rentrée, et le reste paraît emprunté aux Faux bonshommes de M. Th. Barrière ; les Pommes du voisin sont la mise en scène d'une nouvelle de Ch. de Bernard, une Aventure de magistrat; VOncle Sam reproduit l'idée première et même les principaux détails d'un roman de M. Assollant, les Butterfly, etc. De plus, M. Sardou met peu de chose dans ses pièces; quelquefois même il n'y met rien du tout : les Merveilleuses, sous le prétexte d'offrir une peinture réelle des mœurs du Directoire, ne présentent absolument que des décors et des costumes sommairement expliqués par de petits bouts de dialogue ; la pièce n'a pas plus de valeur que la légende écrite au bas d une gravure ou que le Boniment débité par un montreur de tableaux dans un diorama; dans le Magot, l'action ne consiste qu'en un défilé d'ahuris qui courent les uns après les autres et se poursuivent de scène en scène sans réussir k se rencontrer qu'à l'acte final. Ses meilleures comédies, la Famille Benoilon, Maison neuve, Nos intimes, les Bons villageois, les Pattes de mouche, paraissent faites de morceaux rapportés, de situations cousues les uDes aux autres; certaines scènes se répètent et font double emploi; la trame se relâche pendant des actes entiers et le tout serait insupportable si l'auteur ne sauvait ses conceptions fragiles par des mots drôles, des rencontres imprévues, des caricatures à outrance. Enfin il s'est élevé, avec plus ou moins d'à-propos, à la satire politique dans Rabagas et au grand drame patriotique dans Patrie! et dans la Baine. Patrie reste, dans le genre sérieux, sa production la plus importante, comme la Famille Benoiton est sa meilleure comédie de moeurs.
SARE s. m. (sa-re). Chronol. V. saros.
SARE, village et comm. de France (Basses- Pyrénées), cant. d'Espelette, arrond. et k 28 kilom. S. de Bayonne, dans la plaine de la Nivelle ; 2,039 hab. Fabrication de chocolats, sandales, clochettes pour le bétail. Vestiges de redoutes vaillamment défendues en 1813. Restes d'un ancien ermitage.
SAREDA, ville de l'ancienne Palestine, dons la tribu d'Éphraïm, Patrie de Jéroboam.
SAREDATUA, ville de l'ancienne Palestine, dans la tribu de Gad, au delà du Jourdain. C'est dans ce lieu que furent fondus les bronzes d'Hiram pour le temple de Salomon.
SAREE s. m. (sa-rl). Sorte d'écharpe dont se couvrent les femmes de l'Inde.
— Encycl. Le saree est un charmant et poétique vêtement qui dessine les formes toujours belles chez les Indiennes avant1 la maternité, et laisse à nu les bras, une épaule et le dos. C'est, pour ainsi dire, le costume national de presque toutes les femmes indoues et de beaucoup d'entre les mahométanes du pays. 11 faut en excepter cependant l'Oude et le Rajpoutana, les provinces du nord ouest et le Pundjab; mais le pays au midi du liajpoutana jusqu au cap Comorin, le Bengale et Orissa sont restés fidèles à l'antique saree, et cet unique article de vêtement ne varie, selon le goût local, qu'en couleur, en longueur et en largeur, ou en finesse. On ne saurait imaginer de vêtement plus convenable pour une femme que le saree. C'est un seul morceau d'étoffe qui mesure quelquefois jusqu'à 16 mètres de longueur et près de 1 mètre de largeur et dont la contexture varie depuis la mousseline claire et fine du Bengale et de l'Inde méridionale jusqu'à la mousseline plus serrée, mais fine encore du Decan, de l'Inde centrale et du Guzarate. On trouve,des sarees de toute qualité et de tout prix ; il y en a pour la bourse de la paysanne comme pour celle de la princesse. Quant à la manière de nouer le saree et de le porter, elle est k peu près la même partout. L'étoffe, dont l'une des extrémités est généralement unie, se passe autour des reins; puis on reprend le bord supérieur pour le rattacher à l'autre par un nœud solide; on continue ensuite à tourner l'étoffe deux, trois ou même quatre fois autour de la personne, de manière à former une jupe qui, lorsque le saree a la longueur voulue, retombe jusqu'à terre. On plisse ensuite ce qui reste en une draperie qui, après avoir été repassée dans la ceinture par devant, retombe en guise dépendant jusqu'à lu hauteur du cou-de-pied ou même plus bas. On repasse ensuite la pièce d'étoffe en travers de la poitrine, par-dessus l'épaule gauche, pour la passer enfin sur la tête, d'où les bouts ornes de broderies retombent sur le brus droit et jusqu'au-dessous de la ceinture. Dans l'Inde méridionale, cependant, on ne fuit point passer l'extrémité sur la tête ; on la serre en travers de la poitrine et de l'épaule gauche pour la replier dans la ceinture ou sur la hanche droite. Les élégantes du Decan ou des provinces du sud portent, pour la plupart, une ceinture en or ou en argent, selon leur degré de fortune ; celle-ci, mise par-dessus le saree, en relève encore l'élégance A Bénarès, à Pyetun, à Boorhanpoor, k Guzarate, à Narraiupett, à Dhanioarum (dans le terri-
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tbire du Nizam), à Yeoln, dans le Khandesh et dans d'autres localités, on tisse des sarees
3ui ont des rayures larges ou étroites de fils 'or, qui alternent avec la mousseline ou la soie. Les ramages d'or, les carreaux, les zigzugs s'y retrouvent parfois sur des fonds verts, noirs, violets, cramoisis, gros bleu ou gris. Le saree remonte à l'antiquité la plus reculée ; aussi, dans les fresques des souterrains d'Ajunta, on voit des femmes portant une extrémité de leur écharpe, ou saree, rejetée en sautoir sur la poitrine et par-dessus l'épaule gauche. On y voit le simple saree eans couture mis en manière de jupe courte, avec une extrémité passée en travers de la
foitrine et sur l'épaule, laissant le bras et épaule droits à découvert. Ce saree est resté le môme depuis cette époque. L'ancien costume des femmes égyptiennes était également pareil au saree et parait avoir été porté de la même manière et sons corsage.
SARÉE s, f. (sa-ré). Bot. Genre de champignons, de la tribu des cyathidés.
SARÉE, ville de l'ancienne Palestine, sur les confins des tribus d'Aser et de Nephtuli. Patrie de Samson.
SAREGO, bourg du royaume d'Italie, province de Vicence, district et mandement de Lonigo; 2,107 hab.
SARELLE s. f. (sa-rè-le). Bot. Nom vulgaire du mélampyre des bois.
SAREPTA ou SAREPHTA, ancienne ville de Phénicie, sur la côte de la Méditerranée, entre Tyr et Sidon. Le prophète Elie y ressuscita, dit la Bible, le fils d'une veuve.
SAREPTA, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 320 kilom. S.-O, de Saratov, sur la Scarpa, près de son confluent avec le Volga; 5,000 hab. Elle fut fondée en 1765 par les frères moraves; elle est entourée d un mur d'enceinte et bien bâtie. Industrie active; fabrication de tabac, soieries, lainages et toiles. Commerce de tabac avec les Kalmouks et les Tartares.
SARGANS, ville de Suisse, dans le canton et k 40 kilom. S. de Saint-Gall, entre le Rhin et la Seez, au pied du Schollberg, chef-lieu du district de son nom; 2,000 hab. catholiques. Cette petite ville, incendiée en 1811, possède un vieux château et des bains sulfureux. Commerce de transit.
SARGASSE s. m. (sar-ga-se — del'espagn.
sargazo. varech). Bot. Genre d'algues marines, type de la tribu des sargassées, comprenant plus de cent espèces, répandues dans les mers chaudes et tempérées du globe : La tige des Sargasses est fixée aux rochers par un épatement en forme de disque ou de bouclier. (C. Montagne.) il On trouve quelquefois ce nom employé au féminin.
— Géogr. Mer des sargasses, Nom donné à de vastes régions océaniques où l'on trouve des algues en grande quantité.
— Encycl. Bot. Le genre sargasse est un des plus élevés dans la série des algues: on y trouve une division d'organes qui semble le rapprocher, mais seulement en apparence, des végétaux supérieurs. Les espèces qui le composent sont fixées aux rochers ou au fond de la mer par une sorte d'empâtement rameux, en forme de racine, d'où s'élève une tige très-longue, divisée en rameaux nombreux, vaguement ou obscurément pinnés, disposés en pyramide et portant des frondes d'un jaune brun ou d'un vert sombre, qui simulent des feuilles ; de distance en distance, on observe des renflements qu'on a comparés à des vessies natatoires; les fructifications sont formées de concepiacles rameux, k divisions cylindriques, les dernières très-gréles. Souvent les frondes sont percées de pores, d'où s'échappent des mucosités ou des filaments confervoïdes, que divers auteurs ont pris pour des organes de reproduction.
Toutefois, nous le répétons, cette division, cette spécialisation d'organes dans les sargasses est plus apparente que réelle, et ces algues, malgré l'immense développement qu elles affectent quelquefois, n'en présentent pas moins l'organisation très-simple et la structure homogène des autres végétaux du même groupe. Les renflements vesiculeux que nous avons signalés ont reçu le nom d'aerocystes; ils sont placés surtout aux points qui représentent les aisselles des frondes et remplis d'un mélingo d'oxygène et d'azote, mais dans des proportions différentes de celles de l'air ordinaire et variables d'ailleurs suivant le climat, la température, l'heure de la journée, etc. Leur forme est globuleuse, oblongue ou pyriforme. Grâce à ces renflements, la plante peut nager et se soutenir sur l'eau, lorsque, ce qui arrive souvent, elle s'est détachée du fond par suite de la rupture de la partie inférieure de la tige.
On connaît aujourd'hui une centaine d'espèces de ce genre. Elles habitent surtout entre les tropiques et ne dépassent guère le 40C degré de latitude dans les deux hémisphères. Elles forment souvent des agglomérations considérables et, grâce à leur consistance membraneuse, coriace, très-tenace, elles peuvent, sans se corrompre, flotter pendant des mois et des années entières à la merci des courants marins. On leur donne quelquefois les noms de fucus, de varechs ou a' herbes flottantes. Quand ou les retire de
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l'eau, elles se dessèchent et deviennent dures et cassantes ; mais, par une nouvelle immersion dans le liquide, elles redeviennent molles et flexibles. Elles peuvent quelquefois, par ]eur abondance, retarder la marche des vaisseaux; mais d'autres fois, au contraire, elles sont utiles à la navigation; celles, par exerr pie, qui sont encore attachées au sol indiquant souvent des hauts-fonds ou des rocher;: sous-marins. Quelques espèces sont susceptibles d'applications économiques assez importantes.
Le sargasse baccifère, appelé aussi sargasse, fucus nageant, lentille marine, raisin des l'opiques, etc., est une algue gigantesque dont la longueur totale dépasse quelquefois 100 mètres et qui se divise en rameaux, nombreux et entrelacés; ses frondes sont brunâtres; ses vésicules globuleuses ressemblent à des grains de poivre ou à des fruits de genévrier, ce qui les a fait désigner sous le nom de baies. On le trouve sur nos côtes, mais avec des dimensions bien inférieures à celles qu'il atteint sous la zone tropicale, où il forme comme d'immenses prairies submergées et mobiles. Nos marins le font confire dans le vinaigre et l'emploient comme condiment. En Amérique, on ie mange en salade et on l'emploie en médecine contre le scorbut, les rétentions d'urine et pour faciliter les aceouchenents. On pourrait aussi l'utiliser comme engrais ou le faire servir aux mêmes usages auxquels on emploie les varechs. M. J. Laverrière a publié sur ce sujet un intéressant mémoire, auquel nous emprunterons quelques détai.s.
Ce;te algue et son habitat principal paraissent avoir été bien connus des anciens. Les Phéniciens, d'après Aristote, avaient découvert ia mer herbeuse, qui formait la limite de leurs excursions. Ce furent ces amas que Christophe Colomb rencontra en 1492, en s'éloignant des Canaries, et qui effrayèrent ses compagnons. Oviedo a signalé aussi ces prairies mobiles, comme il les appelle, et Ray nal les regardait comme produites par les forêts submergées de l'Atlantide. Bory de Saint-Vincent les a retrouvées là même où les avait rencontrées Colomb, c'est-à-dire au sud des Canaries et au nord-ouest des îles du Cap- Vert. Un auteur a même soutenu que les moussons et lej vents alizés sont produits en grande parti» par le souffle qui sort de cette plante, et il i appuyé cette étrange conjecture par de bicarrés et obscurs raisonnements.
Le sargasse atlantique diffère du précédent par ses frondes beaucoup plus grandes et plus larges; on le trouve dans les mêmes localités, mais surtout aux Canaries et dans la baie de Cadix. Les courants marins emportent aussi ses débris jusque dans les parages des Antilles et sur les cotes du Mexique. On l'a vi.nté, de même que le sargasse baccifère, contre les fièvres et les coliques néphrétiques. Le sargasse pacifique forme, dans l'Océan de ce nom, des prairies marines analogues à celles dont nous avons déjà parlé. Nous citerons aussi le sargasse à feuilles de lin ei. le sargasse très-feuillu, qui croissent dans la Méditerranée. Toutes ces espèces et d'autres encore, plus ou moins abondantes, possèdent à peu près les mêmes propriétés.
— Géogr. Mers des sargasses. On nomme ainsi d'immenses plaines marines couvertes d'une épaisse végétation de fucus, de varechs et d'algues inextricables. Les plus gigantesques de ces végétaux aquatiques ayant reçu ^e nom de sur y tisses, les régions océaniques dans lesquelles on les rencontre en nappes étendues ont reçu le nom de mer des sargasses. (C'est à tort que les fabricants de carte} géographiques et de sphères terrestres Écrivent sargasse au singulier; cette orthographe est un contre-sens et désoriente le leiteur, qui croit à un nom propre, tandis qu'il n'est que le nom collectif de plusieurs varié, es d'algues.) Des navigateurs ont mesuré quelques - uns de ces sargasses qui avaient plusieurs centaines de mètres de longueur; mais certains navigateurs regardent comme douteuse la question de savoir si ces sargasses adhèrent au sol ou s'ils vivent suspendus dans l'eau. La logique veutqu"ils prenrent naissance sur une terre quelconque, ist les recherches du navire le Chalengei' nous ayant appris que la vie végétale disparaît dans la mer à la profondeur de 543 mètres, on peut estimer que le fond des mers des sargasses n'atteint pas cette profondeur. Les quelques rares sondages que l'on a faits dans ces parages difficiles ont rencontra le fond relativement beaucoup plus rapproché.
On compte actuellement cinq mers de sargasse:. La première, c'est-à-dire la plus connue, se trouve dans la partie septentrionale de l'océan Atlantique; elle est exactement délimitée par le grand fleuve marin le Gulf- Streain, à l'O. et au N., et par le grand courant qui la sépare des Açores et des Canaries à l'E, Elle mesure en latitude environ 800 lieues et, en longitude, de 150 à 200 lieues.
La seconde de ces mers est dans l'océan Pacif que septentrional. Elle a à peu près les mèmts dimensions que la première et se trouve sous les mêmes parallèles. Elle est limitée par le grand courant équinoxial du Nord courant indiqué à tort sur les cartes planisphères sous le nom d'équatorial. Elle est s.tuée entre la Californie et le Japon, deux terres à volcans, et au N. et au N.-O.
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de l'archipel des Sandwich, autres nids à volcans très-puissants.
La troisième, moins considérable que les précédentes, existe à l'E. de la Patagonie et de la Terra-de-Feu et au N. de l'archipel des lies Malouines, toutes terres hérissées de volcans.
La quatrième, de dimensions pareilles à celle-ci, est située àTO. du cap de Bonne- Espérance et de la Hottentotie. Elle est entourée au S. de volcans sous-marins en travail presque continuel et qui produisent les ras de marée si terribles pour la navigation.
La cinquième mer des sargasses, as-sez étendue, se trouve à peu de distance du pôle antarctique. Elle est limitée au N. par le grand courant transversal de la mer des Indes, commence vers le 20e degré de longitude E. et finit vers le 100e degré. Elle est, dans toute sa largeur, parsemée de petites lies volcaniques, telles que l'Ile Saint-Paul, qui en occupe le centre.
Nous avons mentionné à dessein le voisinage de nombreux volcans aux alentours des mers des sargasses. Nous expliquerons plus loin l'action qu'ils ont exercée et qu'ils continuent encore de produire.
La mer des sargasses de l'océan Atlantique septentrional, la seule connue des anciens, avait autrefois un aspect, une étendue et une profondeur bien différents de ceux que nous lui connaissons aujourd'hui. Eschyle et Pindare (vie siècle av. J.-C), Hérodote (va siècle av. J.-C), Platon (ive siècle av. J.-C), Denys d'Haliearnasse et Strabon (i" siècle av. J.-C.) et Pline (ter siècle après J.-C) sont unanimes au sujet de la mer des sargasses; ils disent : « Que les anciens qui tentèrent l'aventure près de ces parages ont tous été saisis d'effroi à l'aspect de cette eau semi-liquide , semi-végétale ; que d'immenses et énormes couches de plantes marines et de boue entravaient la navigation à peu de distance des colonnes d'Hercule; que de3 algues gigantesques, entourées et parsemées de milliers d'éctieils à fleur d'eau, saisissaient les embarcations et les empêchaient d'avancer. » Aristote (ive siècle av. J.-C.) parle de navires de Gadès (Cadix) qui, dévoyés par un impétueux coup de vent, arrivèrent à un endroit couvert de champs d'herbes submergés pendant la marée et mis à découvert pendant le reflux ; on dirait des rivages affaissés, et, parmi ces prairies flottantes, venaient s'ébattre les thons et mille autres poissons. Scylax de Caryanda (500 av. J.-C), dans le récit de son voyage de circumnavigation, parle de bancs de varechs qui rendaient la mer impraticable à partir de Cerné (?). Théophraste (ive siècle av. J.-C.) admire en botaniste la forme et la taille extraordinaire de ces algues.
De tous ces documents historiques il résulte que, à ces diverses époques, cette mer était tout à fait infranchissable, tant à cause des boues, des bas-fonds, des récifs qu'à cause des varechs, des fucus, des algues ou sargasses. Depuis ces temps, l'état de la mer des sargasses s'est considérablement modifié ; les courants océaniques ont peu k peu déblayé l'épaisseur de terre détrempée, et ces terres désagrégées ont été enlevées par les courants et déposées au loin et ont formé probablement les immenses bancs des lies Lucayes et de Terre-Neuve. L'action dissolvante des courants n'est certes pas la cause unique de l'abaissement progressif du fond de cette mer; l'affaissement continuel du sol, la submersion des écueils, récifs et rochers qui ont successivement disparu de partout, sauf sur les points qui délimitent le Gulf- Stream, sont dus k une autre cause que nous allons indiquer plus loin.
On remarque que les auteurs anciens sont les seuls qui aient parlé de la constitution boueuse de la mer des sargasses, état qui paraît s'être prolongé jusqu'au ive siècle. Au vie siècle, 1 évêque goth Jornandès constate que les boues dont ont parlé Aristote, ses contemporains et ses successeurs ont disparu et qu'il ne reste plus que « les algues opposant une résistance absolue à toute navigation. » Il est constant que ces infranchissables nappes d'herbes avaient jadis une étendue bien autrement considérable que celle que nous lui connaissons aujourd'hui et qui tend encore à se restreindre. Humboldt les estimait couvrir une superficie égale à six fois le territoire de la France. Si l'on s'en rapporte aux sphères géographiques les plus soignées, la mer des sargasses n'aurait guère aujourd'hui que quatre fois la superficie de la France. Ses limites se seraient donc considérablement reculées, puisque, d'après Hérodote, on rencontrait les boues et les herbes au sortir des colonnes d'Hercule. Le mouvement de descente du fond de cette mer paraît s'être effectué avec assez de lenteur pendant les premiers siècles, plus rapidement depuis vingt-cinq siècles et d'une manière beaucoup plus sensible encore depuis deux siècles; car les cartes de navigation du xvie et du xvue siècle indiquaient entre les Bermudes et les Açores une suite de rochers dont les navigateurs modernes n'ont trouvé aucune trace. 11 en est de même des séries de bancs de rochers qui, sur les vieilles cartes, avoisinaient les îles du Cap-Vert et de ceux qui bordaient les Antilles. De tous ces rochers à fleur d'eau ou émergés qui délimitaient la mer des sargasses, il ne resta plus rien; seulement, le cours du Gulf-Stream contourne exactement
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aujourd'hui la position qu'occupaient ces écueils.
La mer des sargasses est encore aujourd'hui le point septentrional de l'océan Atlantique le plus tourmenté. Les bouleversements sousmarins y sont continuels. De temps en temps, les voyageurs que le hasard des vents ou les besoins de la navigation y amènent ressentent de mystérieuses commotions ; mais, les navigateurs suivant un itinéraire tracé par l'habitude, d'immenses espaces n'ont jamais été parcourus par un seul navire. Aussi ne connaît-on que très-imparfaitement toute la partie centrale de ces plaines sous-marines, près desquelles Colomb rencontra tant d'algues inextricables. Une carte de l'atlas de Stieler, où les diverses profondeurs de l'Atlantique sont indiquées par des teintes plus ou moins claires, montre la place occupée par la mer des sargasses comme un immense bas-fond (ou plutôt haut-fond).
Les anciens n'ont jamais douté que l'emplacement occupé par"la mer des sargasses ne fût l'antique terre des Atlantes, qui disparut k une époque incertaine, engloutie à la suite d'un cataclysme. Platon rapporte, dans le Timée, une légende que Solon tenait des prêtres de Sais et dans laquelle il était dit : « ... Dans la mer Atlantique, qui alors était navigable, vis-à vis de l'embouchure appelée lès colonnes d'Hercule, était une lia plus étendue que la Lydie et que l'Asie... Dans cette Atlantide, il y avait des rois célèbres par leur puissance, qui s'étendait sur les îles adjacentes et sur une partie du continent... Mais il survint des tremblements de terre et des inondations, et, dans l'espace de vingtquatre heures, l'Atlantide disparut. Cette catastrophe remonte à neuf mille ans. » Or, Solon s'entretenait avec les prêtres de Sais six siècles avant notre ère, c'est-à-dire il y a deux mille cinq cents ans ; donc, l'engloutissement de la terre des Atlantes remonterait* onze mille cinq cents ans. La mer des sargasses se serait formée à la suite de ce cataclysme.
Parmi les écrivains anciens qui ont parlé de l'Atlantide dans le même sens que Platon, nous citerons : Posidonius, philosophe stoïcien et astronome (u« siècle av. J.-C); Phi- Ion, philosophe juif d'Alexandrie (ier siècle); Tertullien (ne siècle); Arnobe (m« siècle) et enfin Ammien Marcellin (ive siècle), qui décrit l'Atlantide comme une île d'une étendue plus vaste que l'Europe.
Des légendes africaines, caraïbes, américaines du Centre et du Nord, transmises verbalement de père en fils, racontent toutes, d'une façon très-caractéristique, très-colorée et tout à fait vraisemblable, la catastrophe qui a englouti le territoire d'une grande nation, et toutes indiquent l'endroit de l'Océan occupé par la mer des sargasses.
Voici, par exemple, un fragment de légende américaine qui a certes traversé les siècles sans altération : « ... Les eaux furent alors gonflées, et il se fit une grande inondation qui vint au-dessus de la tête des habitants. Ils furent couverts d'eau, et une résine épaisse descendit du ciel. La face de la terre s'obscurcit, et une pluie ténébreuse commença. Pluie de jour, pluie de nuit. Et il se fit un grand bruit de feu au-dessus de leurs têtes. Alors, on vit les hommes courir, en se poussant, remplis de désespoir. Ils montaient sur les maisons, et les maisons s'écroulaient. Ils montaient sur les arbres, et les arbres les secouaient loin d'eux. Ils se réfugiaient dans les cavernes, et les cavernes s'abîmaient sur eux et les écrasaient...» Les ancêtres des sauvages qui rapportent cette légende ont bien évidemment assisté à cette catastrophe. Un récit aussi exact des phénomènes terrestres et atmosphériques qui durent accompagner ce cataclysme de tremblements de terre, d'inondations et d'ouragans n'est pas le produit de l'imagination.
Toutes les mers des sargasses ont dû avoir une origine de formation analogue; toutes doivent avoir été des continents ou des îles plus ou moins vastes, dont le sous-sol, miné par des feux souterrains, s'est peu à peu vidé par les éruptions des volcans circonvoisius sous forme de lave et de matières gazeuses, produits de la combustion. Alors, le sol, non étayé, a fléchi, s'est dérobé et a fini par être couvert par les eaux de la mer. Les éruptions volcaniques continuant, le phénomène de l'affaissement du sol a continué, et il se prolongera tant que la combustion intérieure durera. La terre submergée , chargée de principes organiques accumulés pendant des siècles, continuera à produire des sargasses jusqu'à épuisement ou jusqu'à ce que son niveau soit descendu au-dessous de 500 mètres, profondeur au-dessous de laquelle on estime que toute végétation cesse dans les mers.
La mer des sargasses est entourée d'une quantité considérable de volcans répartis dans les archipels des Açores, des Canaries, du Cap-Vert et des Antilles, volcans qui avaient leur foyer sous la terre des Atlantes. Les terrains les plus rapprochés des volcans se sont affaissés les premiers et le plus profondément, interrompant ainsi en partie la communication avec le foyer central, et cette circonstance explique pourquoi le fond de la mer des sargasses continue à être en continuel bouleversement.
SARGASSE, ÉE adj. (sar-ga-sé — rad. sargasse). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sargasse.
SARG
— s. t. pi. Tribu d'algues marines, ayant pour type le genre sargasse.
SARGE s. m, (sar-je). Ichthyol. Syn. de
SARGUË.
— Entom. Genre d'insectes diptères brachocères, delà famille des notacanthes, tribu des stratiomydes, formé aux dépens des mouches, et comprenant sept espèces, dont plusieurs habitent la France. Il On dit aussi sargie.
— Encycl. Entom. Les sarges ou sargies ont pour caractères : un corps allongé, ordinairement aplati ; la tête de moyenne grandeur, assez large, arrondie en avant; les yeux très-grands; des ocelles distincts; les antennes rapprochées, avancées, formées de trois articles, dont le dernier se termine par une longue soie; la trompe courte, munie de deux grandes lèvres saillantes; l'écusson mutioue ; les ailes longues , se recouvrant dans le repos; l'abdomen elliptique, déprimé ; les pattes de longueur moyenne, à tarses longs. Les larves, k en juger par celles que Rèaumur a observées, sont ovales oblongues, rétrécies et pointues en avant ; la tête est écailleuse, munie de deux crochets, et la corps parsemé de poils. Elles vivent dans les bouses de vache et se métamorphosent sous la peau, qui durcit. L'insecte parfait sort de cette espèce de coque, dont il fait tomber la pointe antérieure. On le voit voltiger au soleil ou se promener lentement sur les feuilles, les ailes écartées; le matin, le soir et par les temps de pluie, il paraît engourdi et ne reprend son activité que lorsque le soleil se montre.
Ce genre, qui a des affinités avec les ptilocères, les stratiomes , les éphippies, les vappons, etc., renCerme une douzaine d'espèces, qui presque toutes habitent l'Europe. Elles sont, en général, ornées de couleurs brillantes d'un beau vert métallique. Nous citerons, entre autres : le sarge cuivreux, long de om,01, k thorax d'un beau vert doré, à abdomen cuivreux et violacé en arrière, qui habite toute la France et se trouve communément aux environs de Paris; * le sarge de Réaumur, un peu plus grand que le précédent, à abdomen d'un cuivreux fauve, à reflets violacés et à ailes brunâtres, qui est répandu en France, etc.
SARGENT (Epes), littérateur américain, né à Glocester (Massachusetts) en 1816, Il fit ses études à Boston, où il publia ses premières œuvres dans un journal fondé par des étudiants, puis rédigea une feuille littéraire dans cette ville. A vingt ans, Sargent lit représenter avec succès un drame historique, et, à partir de ce moment, tout en s'occupant de journalisme, il composa des ouvrages dramatiques, des poésies, travailla avec Goodrich aux célèbres contes dits de Peter Parleyet publia des œuvres littéraires très-diverses. Devenu, k vingt et un ans, rédacteur en chef de V Atlas de Boston (1837), il passa, quelque temps après, à New- York, où il rédigea le Mirror. Vers 1845, Sargent renonça au journalisme politique pour s'adonner exclusivement à des travaux littéraires et retourna dans sa ville natale. Parmi des œuvres de cet écrivain distingué, nous citerons : la Fiancée de Gênes, drame historique en cinq actes (1836) ; Velasco (1837), tragédie qui fut également bien accueillie par le public aux Etats-Unis et à Londres, où on la représenta en 1850; la Prêtresse (1855), tragédie en cinq actes, jouée avec un très-grand succès à Boston; Change makes change, comédie, représentée à New- York; Chants de la mer et autres poésies ( 1845, in-12), recueil de poésies remarquables par le charme du style et la beauté des descriptions; Recueil de morceaux choisis d'éloquence (1852) , souvent réédité ; un assez grand nombre d'ouvrages écrits pour les enfants, notamment ; Richesse et mérite; Que faut-il faire? etc. Enfin, on lui doit : la Vie de Henri Clay; la Vie de Benjamin Franklin ; les Vies de Campbell, de Gotdsmith, de Collins, de Gray, de Ragers, de Hood dans la Collection de poètes anglais, renfermant les œuvres de ces poëtes et qui a été publiée à Boston. — Son frère, John-Osborne Sargent, s'est particulièrement occupé de questions politiques, qu'il a traitées dans les journaux, et a rempli, sous la présidence de Fillmore, une mission en Chine, On lui doit un certain nombre d'écrits, entre autres : Conférence sur les derniers perfectionnements de la navigation à vapeur et de l'art de la guerre navale.
SARGËT s. m. (sar-jè). Ichthyol. Nom vulgaire du scare.
SARGETTB s. f. (sar-jè-te). Coinm. Nom de plusieurs étoffes de laine qui étaient anciennement en usage, n Syn. de skrgette.
SARGIE s. f. (sar-jî). Entom. V. sarge.
Sqrglnea OU l'Elève de l'amour, comédie
lyrique en quatre actes, paroles de Monvel, musique de Dalayrac; représentée aux Italiens le 14 mai 1788. Cet ouvrage contient de fort jolies mélodies, entre autres : Hélas! c'est près de toi, ô ma tant douce amie! et Si l'hymen a quelque douceur, qu'on trouve attribuées par erreur h. Paer dans plusieurs recueils, notamment dans les Echos de France. La facture de ces airs aurait dû révéler k la simple lecture l'auteur de Nina.
SARI
SARGON s. m. (sar-gon). Ornilh. Espèce de petit canard plongeon.
SABGONOIR s. m. (sar-go-noir). Ichthyol.
Syn. de mélandre.
SARGUE s. m. (sar-ghe — du gr. sarx, chair). Ichthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des sparoïdes, comprenant une quinzaine d'espèces, dont quatre vivent dans la Méditerranée : Les saiîguks se nourrissent en général de petits coquillages et de petits crustacés. (C. d'Orbigny.)
— Entom. Syn. de sarge.
— Encycl. Ichthyol. Les sargues sont caractérisés par un corps écailleux, ovaluire; des dents molaires-, rondes, en forme de pavés, sur les côtés ; des incisives élargies, comprimées, tronquées à l'extrémité et comparables à celles de l'homme; Te palais complètement dépourvu de dents; des pièces operculaires non épineuses ni dentelées ; une seule dorsale indivise, non écailleuse, soutenue dans sa partie antérieure par des épines fortes et pointues. Ils vivent tantôt de plantes marines, tantôt de crustacés et de mollusques de petite taille, dont ils brisent facilement l'enveloppe avec leurs molaires. Ce genre comprend une douzaine d'espèces, dont quatre vivent dans la Méditerranée.
Le sargue de Uondelet atteint la longueur d'environ O00^; il a le corps comprimé, élevé; le museau gros et obtus; les mâchoires garnies de dents droites, tranchantes aux bords, amincies vers leur racine et tout à fait semblables aux incisives de l'homme ; sa couleur est d'un gris argenté avec des lignes d'un gris doré. 11 est commun sur toutes les côtes de la Méditerranée. Le sargue de Salvien est long de o™,25; il se distingue encore du précèdent par un museau plus long, ses dents plus étroites et insérées plus obliquement, sa couleur d'un gris plus foncé, avec des lignes dorées et brillantes; il est aussi répandu et plus abondant. Le sargue vieille est long d'environ om,30; il a la tète courte, le3 yeux de grandeur médiocre, la mâchoire supérieure proéminente; sa couleur est d'un gris doré, avec des lignes obscures sur les lianes.
Le sargue annulaire, appelé aussi petit targue, raspaillon ou sparaillon, est plus petit que tous les précédents; il a le corps plus étroit et plus allongé ; l'œil assez grandi; le museau pointu ; la lèvre supérieure épaisse et sans plis; les incisives très-larges et implantées verticalement ; sa couleur est d'un | jaune doré sur le dos et d'un gris argenté ; sous le ventre, avec les nageoires dorsale et anale grises, et une tache noir foncé à la base de la queue. Il est très-commun sur toutes les côtes de la Méditerranée, dont il se rapproche surtout quand le temps est doux; il entre quelquefois dans les étangs salés; mais, à l'approche des froids, il regagne les hauts-fonds. Il va par troupes et se nourrit, comme les autres, de crustacés et de mollusques, et aussi, d'après quelques auteurs, de petits poissons. On le pêche comme la dorade, surtout sur les fonds sablonneux ou pierreux. La chair de tous les sargues est mangeable, mais peu recherchée.
SAKGCEMINES, ancienne ville de France.