DÉPENSES
fr. *
Janvier.
Loyer semestriel
do
Dépenses per-
sonnelles. . . .
ABonaventure,
pr 6 p. drap bleu
Acheté 3 actions
(Mobilier) . .
Total. . .
— Du livre ou carnet des échéances. Registre où sont inscrits, par ordre de dates tl'échéauces et séparément, les effets à recevoir et ceux à payer. Ce registre est facile à concevoir. Lorsqu'il est ouvert, la page de gauche est intitulée Effets à recevoir; celle de droite Effets à puyer. A part ces titres, les deux pages sont identiques; dans la première colonne, les millésimes et les mois; dans la deuxième, les quantièmes; dans la troisième, les numéros des effets; dans la quatrième, les désignations des espèces d'effets, billets, traites, etc.; dans la cinquième, les dates des échéances; dans la sixième, les montants des sommes.
— Du. livre des effets à recevoir. Dans les maisons où l'on reçoit un grand nombre d'effets, on les transcrit sur un registre spécial,
en affectant à chacun un numéro d'ordre, qui est reproduit sur le carnet des échéances. 11 y a donc un certain nombre de colonnes où sont spécifiées les dispositions suivantes : numéro d'ordre; nature de l'effet; par qui il est souscrit ou tiré; la date de la souscription ; le lieu ; la date de l'entrée ou de l'acceptation ; le nom du tiré ou de l'accepteur, etc. On peut évidemment, suivant les besoins du commerce auquel on se livre , multiplier ou diminuer le nombre de ces indications.
— Du livre de magasin ou livre des marchandises. Quand on ouvre le registre, on est eu présence de deux pages, dont celle de gauche est pour les entrées et celle de droite pour les sorties, Chaque page a cinq colonnes. A la page de gauche : numéro d'entrée, date de l'entrée, désignation des
objets, poids ou quantité. A la page de droite : numéro de sortie, date de la sortie, désignation des objets, poids ou quantité. Quelques négociants ajoutent des colonnes destinées à faire connaître les prix d'achat, les prix de vente, de qui on o acheté, à qui l'on a vendu.
— Du copie de lettres. Registre destiné à recevoir ia copie des lettres que le négociant adresse à ses correspondants. Ce livre doit être accompagné d'un répertoire indiquant, par ordre alphabétique, les noms de tous les correspondants et, en regard de chaque nom, les numéros des pages du copte de lettres où U est question d'eux.
— Du livre des inventaires. C'est le tableau sommaire établi à la tin d'une saison ou d'une année des résultats de toutes les opérations commerciales. Il présente la situation divisée en actif et en passif. La page de gauche énumère tous les articles qui sont k l'actif; celle de droite, tous ceux qui sont au passif. En regard de chaque article est sa valeur. A la lin, le total de l'actif et le total du passif se terminent par la formule :
Certifié le présent étut sincère et conforma à mes livres,
Paris, le...
— IV. Tenue des livres en partie double. Les écritures sont en partie double lorsque, dans chaque article, le sujet créditeur et le sujet débiteur sont indiqués. Toute la difficulté consiste k les distinguer l'un de l'autre. Elle se résout par l'application de
TENU
cette formate qui est l'axiome de la tenue des livres... et de la gratitude:
Celui qui reçoit doit à celui qui donne!
D'après ce principe, le négociant, indépendamment des comptes ouverts à ses clients, tient six comptes généraux, qui portent les noms de Capital, Caisse, Marchandises générales, Effets à recevoir, Effets à payer, Profils et pertes. Ce sont, en quelque sorte, six personnages fictifs que le négociant fait intervenir dans ses opérations. Toute somme d'argent, toute traite, toute marchandise qui entre dans la maison ou qui en sort est reçue ou fournie par l'un de ces six personnages lictifs et doit figurer dans son compte; mais, en même temps, elle doit figurer aussi dans le compte du client réel avec lequel la transaction a eu lieu; de là un contrôle régulier et continu. Tout article inscrit au journal doit, en outre, taire connaître celui qui, client réel ou personne Active, a fourni la valeur qui fait l'objet de cet article et celui qui l'a reçue. Le dernier est considéré comme débiteur du premier, et l'article s'inscrit sous la forme : Tel doit à tel. La valeur en question s'inscrit au Débit ou Doit de celui qui est considéré comme débiteur, et en même temps au Crédit ou Avoir de celui qui est considéré comme créditeur, c'est-à-dire comme ayant fourni la valeur dont il s'agit.
Ce qu'il est important de se rappeler, c'est que les comptes généraux représentent le négociant lui-même, et que, par conséquent, les créditer, c'est créditer le négociant; les débiter, c'est débiter le négociant. Tout article, sur quelque livre qu'il figure, contient donc l'énonciatiun de deux faits. Si je dis : Pierre doit à Paul ou, en abrégeant, Pierre à Paul, cela veut dire :
1» Pierre a reçu;
2° Paul a donné.
Chacun de ces faits est appelé la contrepartie de l'autre, c'est-à-dire que l'article passé au Débit est la contre-partie de l'article passé au Crédit.
La méthode en partie double, dont le nom est justifié d'après les considérations que nous venons d'exposer, étuit pratiquée à Gênes, à Venise, à Florence bien avant d'être connue en France. On la désigne encore quelquefois sous le nom de méthode italienne. Nous allons dire quelques mots de la tenue de chaque livre d'après cette méthode.
— Du brouillard. En partie double, comme en partie simple, la main-courante ou brouillard est le brouillon du journal. Chaque article doit énoncer le compte débiteur , le compte créditeur, la nature de l'échange et la somme qui le représente.
— Du journal. En ouvrant un commerce, la première chose que fait le négociant, c'est d'apporter un certain capital, qu'il verse dans sa caisse. Dans cette opération, qui est-ce qui reçoit? — La Cuisse, Qui est-ce qui donne?
TENU
— Le commerçant, ou plutôt son compte général, le Capital. Donc, le premier article du journal sera intitulé :
Caisse à Capital . fr.
Si le patron prend dans la caisse une certaine somme pour les frais généraux de sa maison, on demandera : Qui est-ce qui reçoit?— Frais généraux. Qui est-ce qui donne?
— Caisse. Il y aura donc un article ainsi passé :
Frais généraux à Caisse fr.
Le patron achète des marchandises quelconques à Al. Vincent. Le comptable écrira : Marchandises générales h Vincent, fr.
Si c'est, au contraire, Vincent qui achète, qui reçoit les marchandises du patron , on écrira :
Vincent à Marchandises générales, fr.
Dans le3 ventes et achats au comptant, le client ne figure que pour mémoire ; l'opération se passe entre les Marchandises générales et la Caisse. Les ventes au comptant, dans lesquelles la caisse reçoit, s'écriront sous la rubrique :
Caisse à Marchandises générales, fr.
Et les achats au comptaut sous celle : Marchandises générales a Caisse, fr.
Si l'opération ne se fait pas au comptant, elle se fait contre un billet {effet à recevoir) qui, en attendant son échéance, joue le rôle de la Caisse clans nos deux dernières formules. Si donc on vend contre un billet, on écrira :
Effets à recevoir à Marchandises, fr.
Si, au contraire, on donne un billet en échange de marchandises, on écrira :
Marchandises générales à Effets à payer fr.
Nous venons, comme on voit, do passer la revue des comptes généraux les plus usuels. Le compte Profits et pertes est un de ceux qui embarrassent le plus les commençants. Rappelez-vous que ce compte donne tous les bénéfices et reçoit toutes les pertes, et que, par suite, il doit être crédité de tous les bénéfices et débité de toutes les pertes. Exemple : Pépin, qui me doit de l'argent, est mort, laissant des héritiers insolvables. 11 y a une perte ; elle est reçue par Profits et pertes, qui doivent, dès lors, en être débités. Donc : Profits et pertes à créance Pépin, fr.
Le bénéfice que je fais sur plusieurs ventes est donné par le compte Profits et pertes. Donc :
Marchandises générales à Profits et pertes fr.
En se souvenant du sens des formules, le lecteur comprendra aisément les extraits suivants d'un journal.