GANT
TERMATOSAURE s. m. (tèr-ma-to-sô-re — du gr. terma, borne; sauros, lézard). Erpêt. Genre de sauriens fossiles.
— Encycl. Ces reptiles du trias ont été établis sur quelques dents, longues d'un demipouce à un pouce et demi, presque cylindriques avec une pointe en cône mousse. L'émail, à cannelure très-distincte, présente des stries longitudinales demi-cylindriques, trèsélevées, séparées par des sillons profonds et un peu étroits. La pointe de la dent est souvent lisse, et la substance en dessous de l'émail est finement fendillée dans sa longueur. La termatosaure Aiberti vient des terrains supérieurs du trias du Wurtemberg.
TERME s. m. (tèr-me — du lat. terminus, terme, extrémité, borne. Il n'y a aucun doute que ce mot ne soit identique au grec terma et au sanscrit iarman. Le sanscrit tarman, qu'Eichhoff rapporte à une racine tar, pénétrer, traverser, désigne le sommet du poteau où l'on attachait la victime. Le grec terma, clans Homère, désigne spécialement le poteau du cirque autour duquel les chars devaient tourner. Le sens s'est ensuite généralisé. Le gallois tervyn, limite, extrémité, parait dérivé du latin ; mais il n'en est pas du même de l'irlandais tarman ou tearmonn, erse tearmann, qui se rapproche du sanscrit pour la forme et qui signifie un sanctuaire, un refuge, un asile). Borne destinée à marquer la limite d'un champ : Planter des termes. Jupiter, sous ta forme d'un terme, gardait la limite des champs. (Al. Giraud.)
— Fin, borne, limite : Arriver au terme. Mettre un terme. Le terme de la vie. Je ne vois pas de terme à ce procès. Tout doit avoir un tekMis. Il n'y a pas de terme à ta vérité, il y en a un à la vertu. (Le Bonald.) Sujtposer un terme à l'affection, c'est en détruire te charme. (La Rochef. -Doud.) Les efforts ont un terme, passé lequel il est plus difficile de faire mieux qu'autrement. (Dus.iault.) Il y a à tout un terme que la prudence ne doit pas se permettre d'outre-passer. (Griinin.) L'empire ottoman est arrivé au terme de son existence européenne. (Mich. Chev.)
Tout marche vers un ferme et tout naît pour Unir.
Lamartine.
Le sage sait régler ses goûts et ses désirs, Mettre un but a sa course, un terme k ses plaisirs.
Voltaire.
— But, fin dernière : Ce qu'il y a de meilleur en nous a son terme eu Dieu. (De Custine.) Il l'eu usité.
— Temps de la parturition, de l'accouchement naturel : litre à son terme. Accoucher avant terme. Nailre à terme. La grandeur de l'enfant né à termu est ordinairement de vingt et un pouces. (Buff.)
Une lice étant sur son terme...
La Fontaine.
— Epoque à laquelle doit s'effectuer un payement : Le terme que vous m'offres est trop rapproché. Il Epoque à laquelle ou doit effectuer le payement du prix d'un loyer : Ce n'est pas sans effroi que je vois arriver mon terme, il Durée de trois mois, pendant lesquels on habite un logement pris en location : Ce TERME m'a paru bien long. Il Somme à payer pour une location de trois mois : Un marchand de sagesse n'en vendait pas, en trois mois, de quoi payer son terme, (a. Guyard.)
— Mot, expression, diction : Terme propre. Terme impropre. Terme figuré. Terme noble. Terme bas. Il commença en cas termes. J'ai
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toujours regret aux termes retranchés de notre langue, que l'on appauvrit d'autant. (Vaugelas.) Ce sont les termes, et non les choses, qui révoltent les hommes. (Volt.) Démocratie et esclavage sont deux termes antipathiques. (L. Jourdan.) Il faut apprendre aux enfants le terme propre et leur laisser trouver le terme figuré. (J. Joubert.)
Ah ! qu'en termes galants ces choses- là sont mises !
Molière.
En vain vous me frappez d'un «on mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux.
Boilbau.
Une plume exercée habilement rassemble Ces termes qui, surpris et charmés d'être ensemble. D'un hymen favorable empruntant le secours, Fécondent la pensée, échauffent le discours.
M1H.EVOYE.
Il Façon de parler particulière à un art, à une science, à un métier, a une profession quelconque : Un terme de musique. Un terme didactique. Un terme de chasse. Un terme d'histoire naturelle.
— Terme de rigueur, Terme après lequel on n'accorde plus de délai au débiteur.
— Moyen terme, Terme également éloigné de deux termes extrêmes : Prendre un moyen terme entre deux propositions.
— Terme de comparaison, Chacun des membres de la comparaison ou chacun des deux objets comparés entre eux : Bans la comparaison tel père, tel fils, père et fils sont les termes de la comparaison. Il Objet auquel on en compare un autre : Prenons un terme de comparaison.
— En termes de, Dans la façon de parler propre h : En termes de sculpteur, de marin.
— En propres termes, Précisément avec ces mots-là ou avec ces mots-ci : Il m'a dit en propres termes Que je l'ennuyais. Oui, il m'a dit cela en propres termes.
— Etre, toucher à son dernier terme, à son terme, à son terme fatal, Etre près de mourir :
La reine touche presque d son terme fatal.
Racine.
— Peser, mesurer, ménager ses termes, les termes, Parler avec circonspection et en réfléchissant à la portée de ses paroles : Parlez-moi brutalement devant tout te monde, ne mesurez pas les termes. (Le Sage.)
— Etre planté comme un terme, Ne bouger non plus qu'un terme, Rester immobile à la même place : Mazurke écoutait, le chapeau sur la tête, et ne bougeait pas plus qu*un terme. (P. Féval.) Alors il n'était guère pressé d'arriver, car il est resté un bon quart d'heure planté là comme un terme. (F. Soulié.)
— Prov. Qui a terme ne doit rien, Une créance non échue n'est pas exigible. Il Le
^terme vaut l'argent, Avec du temps pour
Payer, on peut toujours arriver à trouver de argent.
— Logiq.Mot considéré sous le rapport de l'étendue de sa signification : Complexion, extension, compréhension des termes. Il Chacune des propositions qui composent un syllogisme.
— Ane. liturg. cathol. Date fixe qui entrait comme base dans le calcul par lequel on déterminait les fêtes mobiles.
— Bourse. Opération à terme, Opération dont le règlement doit avoir lieu, non au comptant, mais à une date convenue entre les contractants.
— Archit. Bornejornée et surmontée d'une tête humaine : Un terme en buste. Un terme antique. Poser des termes dans un jardin. 11 Terme double, Celui qui a deux faces. Il Terme marin, Celui dont la gaine est remplacée par deux queues de dauphin entortillées. Il Terme rustique, Ternie dont la gaine est ornée de bossages ou de glaçons.
— Mar. Chacune des pièces de bois qui forment les angles du couronnement à l'arrière, et qui avaient autrefois la figure d'un terme de jardin.
— Mathém. Chacune des quantités positives ou négatives qui forment les éléments additifs généraux d'une expression : Les termes d'une fraction. On peut diviser ou multiplier par une même quantité tous les termes d'une équation.
— PI. Etat, situation : La chose en est aux termes de n'en plus faire secret. (Mol.) [| Uelations, situation réciproque : Nous vivons en bons termes. Je suis avec elle dans les meilleurs termes. Dans les termks oïl nous en sommes, on ne doit pas faire de façons. (I.e Sage,) Jarnac était accusé d'être en bons termes avec sa belle-mère. (Balz.) Ils en étaient restés, comme au premier jour, dans tes termes d'une amitié fraternelle. (G. Sand.)
— En bons termes, En mauvais termes, Avec éloge, avec blâme : Il n'a parlé-de vous çm'en bons termes. Il parle de cette affaire kn irës-MMJVAis termes.
— Syn. Tarme, borne, limite. Y, BORNE.
— Terme, expresniun, mol, Y. EXPRES- SION.
— Encycl. Jurispr. Les termes fixés pour la payement des loyers commencent, dans la plupart des villes, le jour où le locataire est entré en jouissance, et sont ainsi déterminés -l'une manière particulière pour chaque location. A Paris, le payement du terme est
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fixé, en principe, aux 1« janvier, 1er avril. 1er juillet, 1er octobre; mais, en réalité, il n'en est point ainsi. IL est payé.soit le 8, soit le 15 de chacun de ces mois, selon le prix du loyer, de façon que le payement du loyer corresponde exactement à la prise de possession du logement trois mois auparavant. Ainsi, à Paris, le locataire d'un logement audessous de 400 francs prend possession du logement le 8 d'un des quatre mois précités, et son loyer est exigible le S, trois mois plus tard ; le locataire d'un appartement de 400 francs et au-dessus entre en jouissance le 15 et doit payer son loyer trois mois plus tard, également le 15. Il n'existe, du reste, pour l'époque des payements, aucune disposition législative, et les coutumes et usages locaux réglementent seuls cette matière.
D'après la coutume d'Auxerre, le loyer des maisons se paye, à inoins de convention contraire, à deux termes : au 24 juin et au 25 décembre, c'est-à-dire à la Saint-Jean-Baptiste et a la Noël. En Touraine, les termes sont fixés aux fêtes de Notre-Dame de mars (25 mars), de saint Jean-Baptiste (24 juin), de saint Michel (29 septembre) et -de Noël (25 décembre). Suivant M. Duvergier, les payements se font, a Marseille, par semestre : à Pâques et à la Saint-Michel (29 septembre). Selon le même auteur, les payements se font aussi par semestre dans le Béarn.
— Philos. Le raisonnement se compose de jugements, et le jugement d'idées; l'argument se compose de propositions, et la proposition de termes. Le terme, en logique, est à l'fdée ce que la proposition est au jugement, ce que l'argument est au raisonnement : il en est l'expression. Ainsi, l'on dit qu'un terme est pris généralement ou particulièrement quand il exprime l'idée totale d'une espèce, d'un genre, d'une classe, ou l'idée partielle de quelques-uns des objets compris dans l'espèce, dans le genre, dans la classe, etc. Chaque proposition ayant deux termes, le sujet et l'attribut, les trois propositions du syllogisme en ont six; mais ces six termes ne sont que trois pris deux fois chacun, et chacun des trois a son nom : le petit, le grand et le moyen. C'est que le syllogisme résulte tout entier de la combinaison de trois idées prises deux à deux. On les nomme termes. La plus générale, qui est l'attribut de la conclusion, reçoit le nom de grand terme; la inoins générale, qui en est le sujet, celui de petit terme; celle qui fait le milieu, contenant le sujet et contenue dans l'attribut, est le moyen terme, dont le rôle est d'unir les deux extrêmes. Une des trois propositions du syllogisme énonce le rapport du grand terme au moyen : on la nomme la majeure; une autre, le rapport du moyen terme au petit : on la nomme la mineure ; l'autre enfin, qu'on nomme la conclusion, nait du rapprochement du petit et du grand, terme, dont elle énonce le rapport.
Le mot terme, outre ces acceptions précises que lui donne la logique, est encore un de ceux que la philosophie emploie le plus fréquemment; mais c'est dans le sens où l'emploie également le langage ordinaire : les deux termes d'un rapport, etc.
— Mathém. Les termes d'une opération de calcul sont les nombres ou les expressions algébriques sur lesquels elle doit porter. Le numérateur et le dénominateur d'une fraction sont les termes de cette fraction. Les termes d'un polynôme sont les parties qui y sont reliées les unes aux autres par les signes + et — . Rationnellement, un terme ne devrait pas comprendre le^signe qui le précède; ainsi, les termes de 1 expression
a'b — c' + d* sont a'è, c* et dk et non pas + a'b, — c* et 4- tf*. Cependant, l'usage de comprendre le ' signe dans le terme a prévalu, parce que le langage en acquiert plus de rapidité et de précision.
Terme (LE jour du), tableau de Wilkie; collection de John Chapman, à Londres. Le peintre a placé dans ce tableau des personnages dont l'expression et la tournure sont très-variées; il n'a pas négligé de faire voir dans le fond une salle où ceux qui ont payé leur rente boivent et mangent aux dépens du seigneur, qui a soin de les bien traiter, afin qu'ils trouvent au moins un point de satisfaction dans leur voyage. Aussi ces élus s'en, donnent-ils comme des bienheureux et semblent-ils vouloir rattraper ainsi une partie de leur pauvre argent. A gauche, par un contraste très-spirituel et qui fait le comique de ce tableau, le cruel propriétaire, ses lunettes rondes assurées sur son nez, est assis devant son bureau ; on lui compte de l'argent, qu'il . recompte avec une sévère exactitude, et ceux qui attendent leur tour, pour débourser ou pour s'expliquer, n'ont pas l'air d'être à la fête. Ce tableau, fameux en Angleterre sous le nom de The lient day, fut payé par le comte de Mulgraes 150 guinées. Il se ven drait aujourd'hui plus de 25,000 francs. Il a été supérieurement gravé par E. Smith et par Raimbach. Il appartenait auparavant au comte de Manslield. Wilkie n'avait, dit-on, que vingt et un ?ns lorsqu'il exécuta cette toile. Réveil en a donné aussi une gravure au trait dans son Musée de peinture.
TERME, dieu latin, protecteur des limites. Il paraît que ce fut Numa qui introduisit Bon
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culte à Rome, afin de persuader à ses sujets que les bornes des propriétés étaient sous la protection du ciel. D'autres pensent que cette divinité était d'origine étrusque. On la représenta d'abord sou3 la forme d'un bloc de pierre simplement équarri, puis ce fut un pilier, une sorte d'Hermès, avec une tête et quelquefois des bras, mais jamais de pieds, pour marquer qu'elle ne changeait point de place. Le terme était surtout vénéré à la campagne. Chaque année, les cultivateurs célébraient sa fête ( terminales) par des sacrifices sur les bornes agraires ou termes qui séparaient leurs champs.
TERME (Joannès-Marie), homme politique français, né à Lyon en 1823. Il fut élu, en 1863, député au Corps législatif, avec l'appui du gouvernement, dans la 5e circonscription du Rhône, qui le réélut en 1869. Bien qu'attaché au parti conservateur, il signa néanmoins, au mois de juillet de la même année, l'interpellation des 116, qui devait amener quelques réformes libérales dans le gouvernement. La révolution du 4 septembre 1870 l'a fait rentrer dans la vie privée.
TERME (Frédéric) , journaliste français, frère du précédent, né à Lyon en 1S25. Il a suivi d'abord la carrière des consulats. Lorsque, en 1848, Venise essaya de secouer le joug de l'Autriche, M. Terme, qui était alors consul général à Trieste, -s'attacha à seconder les patriotiques efforts de Manin. De retour dans sa ville natale, il a pris part à la fondation du Progrès de Lyon, puis il est venu se fixer à Paris, où, après avoir été rédacteur de ['Epoque, il entra, en 1869, a -la rédaction du Peuple français, journal chargé de défendre, sous la direction de M. Clément Duvernois, la politique impériale. Lors des élections de 1869, M. Terme se porta candidat au Corps législatif dans la ire circonscription de la Seine, en concurrence d'abord avec MM. Carnot et Gambetta, puis, lors de l'élection partielle du mois de novembre suivant, contre Rochefort et Carnot, et il n'obtint chaque fois qu'une infime minorité.
TERMER v. a. ou tr. (tèr-mé — rad.
terme). Assigner le lieu et l'adjudication de : Termer une coupe de bois.
TERMES, village de France (Aude) , canton de Monthoumet, arrond, et à 45 kiloin. de Carcassonne, sur le Sou; 283 hab. Aux. environs se dresse une montagne environnée de précipices et couronnée par les restes imposants d'une forteresse du moyen âge.
TERMES s, m. (tèr-mèss). Entom. Syn. de termite : Je vis une année de termes sortant d'un trou dans la terre. (Sparmann.) Les ouvriers travaillent à réparer une brèche dans l'édifice du termes belliqueux. (H. Lucas.)
TERMIEN, IENNE adj. (tèr-mi-ain, i-è-ne — rad. termes). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au termite.
— s. in. pi. Tribu d'insectes névroptères, ayant pour type le genre termite : Les mâles et les femelles n'ont , parmi les tj;rmiens, d'autre tnission que celle de reproduire l'espèce. (Blanchard.)
TERMIN s. m. (tèr-main — du lat. thermx, thermes ; gr. thermos, chaleur). Techn, Chauffoir d'une saline.
' TERMINAIRE s. m. (tèr-mi-nè-re — du lat. terminus, terme). Prédicateur ou quêteur d'un ordre mendiant, auquel il était défendu d'opérer en dehors d'une circonscription qu'on lui assignait.
TERMINAISON s. f. (tèr-mi-nè-zon — lat.
terminatio; de terminare, terminer). Manière dont une chose se termina : Cette maladie ne peut avoir une bonne terminaison.
— Action de terminer : Je voudrais voir une terminaison à ce procès.
— Gramm. Désinence, dernière partie d'un mot : Terminaison masculine, féminine. Terminaison en al, en ir, en oir. La fille d'un ltomain prenait le nom de son père, altéré par une terminaison féminine. (E. Salvene.) || Particulièrement et par opposition à radical, Partie d'un mot variable selon les cas, les temps, les personnes, les genres et les nombres ; Le radical varie d'un mot d l'autre, la terminaison ne varie que dans te même mot. On n'observe point, dans les langues celtiques, de terminaisons des cas, comme en grec et en latin. (Maury.)
— Anat. Bout, extrémité : Les artères et les veines ont leurs terminaisons communes.
— Encycl. Gramm. La terminaison peut être variable; le reste du mot, qui est appelé radical, reste, au contraire, invariable. Le radical exprime l'idée d'une manière absolue et abstraite; la terminaison marque le rôle que l'idée ioue dans la proposition. Ainsi, dans le verbe, la terminaison exprime l'existence sous le triple rapport de la personne, du nombre et du temps. Comme le rôle que l'on fait jouer à l'idée dans la proposition est variable, il en résulte que la terminaison peut varier selon les rapports divers que l'on veut exprimer. Certaines langues, et en particulier les langues de l'antiquité, offrent plus de modifications dans la terminaison. Les modifications sont moins nombreuses dans certaines langues modernes, comme le français et l'anglais; là où elles font défaut, ces langues rendent les divers rapports de l'idée au moyen de particules.
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On a remarqué avec raison que certaines terminaisons sont assez fréquentes dans telle ou telle langue pour la caractériser; c'est principalement sur les noms propres que porte cette remarque. Les termiîtaisons os, ès,idas indiquent en général un nom grec; la terminaisQ't is, un nom latin ; la terminaison 0, un nom italien; la terminaison er, un nom allemand; la terminaison par un son nasal ou un e muet, un nom français, par exemple : Talleniant, Cotin, Saint- Evremond, Lebrun, Malherbe, Corneille, Racine, Molière, Voltaire, etc.
Il y a peu de langues dans lesquelles les terminaisons des différents mots soient aussi variées que dans la langue française, et la difficulté de les classer toutes catégoriquement les a fait diviser eu deux grandes classes : les terminaisons à son plein, qu'on a nommées masculines ; les terminaisons en e muet, qu'on a nommées féminines.
L'importance des terminaisons au point de vue de la diction, de l'harmonie du style est une chose de toute évidence, puisque la terminaison, dans la récitation et la déclamation . comme dans l'écriture, ressort plus que les autres syllabes. Chez nous, c'est la terminaison qui constitue la rime, un des éléments les plus importants de nos vers. Les anciens recherchaient, en général, dans leur versification, la variété des terminaisons. Ils évitaient presque toujours de placer de suite deux consonnances pareilles. Ainsi, ils blâmaient ce vers d'Horace :
Quia tamen exiguot etegos emiserit auctor. A plus forte raison évitaient-ils une accumulation de consonnances semblables, comme dans ce passage de Virgile :
Pacem me exanimh, et Hartis sorte peremptis
Oratis.
Ils paraissent avoir blâmé le vers léonin, c'est-a-dire le vers hexamètre dont la fin rime avec la césure de deux pieds et demi, à moins que ce ne fut une épithète rimant avec son substantif, et aujourd'hui, dans les écoles, on le proscrit absolument s'il ne remplit pas cette dernière condition. Cependant, ils ont quelquefois recherché le retour de la même terminaison pour des motifs d'harmonie incitative. Virgile a peint, par le retour de la terminaison a, la douceur et la grâce :
Mollia luteola. pinr/it tiocetma caWin..., et aussi la majesté :
Omniù. sub magna, labentia (lumina terra. Par la terminaison e, il a rendu un bruit sourd et lugubre :
Insonuere cauœ (jemilumque dedere ciwenue.~, ou bien un sentiment douloureux :
Te, veniente die, te, deeedenle, canebat. La répétition de la syllabe um lui parut propre à imiter un cri, un son éclatant :
Urgcri l'otacrum raaearum ad littora nubem*.
■ ,- ac formas magnorum ulutare luporum.
Ennius a peint la douleur par une suite do terminaisons en e* ."
Mœrentes, (lentes, lacrymantes, commiserantes. Dans notre langue, certaines terminaisons servent à modifier le sens des mots, et chacune d'elles alors peut être considérée comme ayant une valeur fixe. Quand les grammairiens considèrent les terminaisons sous ce point de vue, ils les appellent souvent suffixes. V. ce mot.
TERMINAL, ALE adj. (tèr-mi-nal, a-le — lat. terminalis; de terminus, terme). Situé à la partie extrême : Fleur terminale. Plumes terminales. Imaginez, au-dessus du croissant, m fer-de-lame, et, entre cette pointe terminale et le croissant, un autre lézard. (Val. Parisot.) Les pieds des autres myriapodes ont six articulations et un ongle terminal simple. (Walckenaer.)
— Antiq. rom. iot terminale, Loi relative aux termes, aux bornes des champs.
TERMINALIÉ, ÉE adj. (tèr-mi-na-li-é — rad. terminalier). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au terminalier,
— s. f. pi. Tribu de la famille des eombrétacées, ayant pour type le genre terminalier.
Il On dit aussi myroualanees.
TERMINALIER s. m. (tèr-mi-na-lié). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des combrétacées, tj'pe de la tribu des terminaliées, comprenant plus de cinquante espèces, qui croissent dans les régions tro picales.
— Encycl. Les terminaliers sont* des arbres ou des arbrisseaux à feuilles alternes, rapprochées à l'extrémité des rameaux ; à fleurs polygames, petites, blanchâtres, groupées en épis axillaires; le fruit est un drupe anguleux ou comprimé, à noyau ligneux et monosperme. Les nombreuses espèces de ce genre sont répandues dans toutes les régions tropicales. Quelques-unes méritent une mention spéciale.
Le terminalier amande ou catappa, appelé aussi badamier, est un grand arbre à cime pyramidale, à feuilles jaunâtres, velues en dessous. Originaire de l'Inde, il a été introduit aux Antilles. Ses graines sont comestibles et ont une saveur agréable, qui rappelle celle de la noisette. On en retire une huile de bonne qualité, et qui a l'avantage de ne pas rancir. On les emploie en medçcine, pour faire des émulsions adoucissantes et pecto-
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raies. Leur suc, mélangé avec celui qu'on extrait des feuilles, sert a préparer une pommade estimée contre les maladies de la peau ; en y ajoutant un peu d'eau de riz, on obtient une boisson excellente, propre à faciliter les digestions laborieuses. On confit le fruit et on l'emploie pour la teinture en noir. Le bois sert à faire des pirogues, d'où le nom vulgaire de bois à canot que cet arbre porte dans l'Inde.
Le terminalier benjoin est un arbrisseau à tige couverte d'une écorce brune, à feuilles étroites, lancéolées, velues en dessous, d'un vert jaunâtre, à nervures rouges. Il fournit une matière résineuse, odorante, analogue au benjoin et souvent désignée sous ce nom dans le commerce; on l'emploie quelquefois pour remplacer l'encens. Son bois est trèsestimé pour les constructions navales et civiles, l'ébénisterie et le charronnage. L'écorce sert à tanner les cuirs et à les teindre en rouge.
Le terminalier vernis, appelé aussi ignan, est un petit arbre à feuilles d'un vert sombre , très-rapprochées entre elles. Il croit dans les terres fortes et marécageuses de l'Ile de Java, ainsi que sur les montagnes méridionales de l'Inde et de la Chine. « Des fentes qui s'ouvrent naturellement sur son tronc et que l'on y pratique aussi artificiellement, dit T. de Berneaud, il s'échappe un suc laiteux très-abondant, contenant un principe acre, caustique, volatil, dont les émanations passent pour très-dangereuses.
Ce suc, employé par les Chinois comme vernis, est brillant, se sèche assez vite, s'applique sur les meubles qu'on vend en Europe sous le nom de meubles de laque, et, après lui avoir fait subir diverses préparations, on en enduit les habitations pour les abriter contre l'humidité et leur donner un bel aspect. Les Malais l'emploient pour leurs criss ou poignards. »
On peut citer encore le terminalier des Moluques, qui fournit des graines alimentaires. D'autres espèces fournissent à la matière médicale quelques-uns des produits connus sous le nom de mirobolans. Les terminaliers sont cultivés quelquefois dans nos serres chaudes.
TERMINAMES s. f. pi. (tèr-mi-na-li — lat. terminalia; de Terminus, dieu Terme). Antiq. rom. Fêtes en l'honneur du dieu Terme.
— Encycl. Les terminalies étaient des fêtes que l'on célébrait à Rome le VII des calendes de mars (23 février) en l'honneur du dieu Terme, gardien des limites des champs ; c'est le roi d'origine sabine, Numa Pompilius, qui introduisit à Rome le culte du dieu Terme. Ce roi, ayant ordonné à tous les citoyens de mesurer leurs terres et d'y planter des bornes, voulut que ces bornes fussent consacrées à Jupiter Terminal et qu'une fois l'un on s'assemblât pour leur faire des sacrifices sous le nom de terminalies. Il y avait une célébration publique de eette fête sur la sixième borne militaire de Rome, à l'embranchement des voies Ostiensis et Laurentina, ancienne limite de Rome de ce côté, au temps de Numa. Cependant le caractère principal de cette fête éminemment rustique éclatait dans- les célébrations particulières. Les bornes servaient d'autel et, conformément aux actes primitifs qui défendirent de souiller ces pierres du sang d'aucun animal, afin, dit Denis d'Halicarnasse, qu'il ne parût rien de cruel dans un culte institué pour entretenir la concorde, on se contentait habituellement d'offrir au dieu de larges gâteaux de froment, de la bouillie, des grains, des fruits, du vin et des rayons de miel. La fête du dieu Terme était surtout une fête de famille. Le père allumait un grand feu desarment et les enfants venaient l'arroser de vin nouveau et y jetaient les prémices des grains de l'année en chantant des hymnes appropriées à la circonstance. Plus tard, on finit par renoncer à la simplicité de ces cérémonies et Ovide nous raconte que, de son temps, on immolait au dieu Terme soit un agneau, soit une jeune truie.
TERMINATES», TRICE adj. (tèr-mi-nateur, iri-se — rad. terminer). Qui termine : La courbe terminatrice du cercle est ce qu'on appelle la circonférence. (Arago.) Il Peu usité.
TERMINATIF, 1VE adj. {tèr-an-na-tiff,i-ve — rad. terminer). Qui termine, qui constitue la terminaison.
TERMJNATIONNEI-, ELLE adj. (tèr-mi-nasi-o-nel, è-le — du lat. terminatio, terminaison). Se dit de certaines langues dans lesquelles deux ou plusieurs racines s'unissent pour former des mots. Il On dit aussi agglutinant, ante.
TERMINÉ, ÉE (tèr-mi-né) part, passé du v. Terminer. Fini, achevé : Un ouvrage terminé. Une affaire terminée. Les matines terminées, Amirosi'o se retira dans sa cellule. (Levis.)
Tout n'est pas lerminé, pour l'homme qui s'éteint.
A. Barbieb.
Enfin, tous le voyez, chacun est étonné
Que votre hymen encor ne soit pas terminé.