‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 1036 sur 1059 · DESTOUCHES · texte numérisé non relu

DESTOUCHES

Cesstz de me parler de ce triste hymén&e, Le flambeau s'est éteint, ma course est terminée.

Bacinb.

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— Qui a pris fin, qui a cessé : Nos peines ont été un peu adoucies, mais ne tont pas terminées.

— Limité, configuré à son extrémité : Un jardin terminé par un bosquet. Une pyramide terminée par une boule. Elles sont, pour l'ordinaire, terminées par un bouquet de feuilles. (B. de St-P.)

— Arrêté, indiqué : Un contour mal terminé. Le lynx a le poil plus long que celui de la panthère, les taches moins vives et mal?imminées. (Buff.)

TERMINER v. a, ou tr. (tèr-mi-né — lat. ierminnre; de terminus, terme). Finir, borner, limiter, être au bout, à la fin de : Un mur termine le jardin. Ces paroles terminent le livre. Un char de bronze termine le monument. Des montagnes couronnées de frimas terminent l'horizon. (Marmontel.) Le Coran termine l'histoire a\e la langue arabe. (Renan.)

— Achever, mettre fin à : La vie est trop courte pour terminer tous nos desseins.

(Boss.) On ne saurait s'en rapporter aux plaideurs du soin de terminer les procès. (Mme Guizot.)

— Finir avec soin : Ce peintre termine trop ses tableaux.

— Manège. Finir selon les règles : Terminer des courbettes, des voltes.

Se terminer v. pr. Etre terminé : Ce procès ne se terminera jamais. La journée s'est terminée par un feu d'artifice. Je ne connais pas de premier amour qui ne se termine bêtement. (Balz.) Les révolutions ne setsrminent que lorsque le parti vainqueur règne et se sent régner. (Guizot.)

— Aboutir : Les saints prêtres ont toujours en main les livres saints, pour en chercher sans relâche la lettre par l'étude et la fin par la charité, à laquelle tout se termine. (Boss.)

— Se terminer en, Etre terminé par : Ce clocher se termine en pointe. Les mots qui su terminent en eur. Je défie l'hydropisie, la paralysie, la dyssenterie, la pleurésie, la frénésie, l'esquinancie, l'apoplexie et toutes les maladies qui se terminent en ie, d'attaquer un. tempérament que j'ai pris sous ma protection. (Oancourt.)

— Syn. Terminer, achever, finir. Y. ACHE- VER.

TERMINI, anciennement Thermal f/imerenses, ville forte de Sicile, sur une hauteur, dans un pays bien cultivé, près de l'embouchure de la rivière de son nom dans la mer Tyrrhénienne, à 39 kilom. S.-E. de Palerme, par 370 58'ï8" de latit. N. et 90 21' 45" de longit. E. ; 24,000 hab. C'est une place de guerre de troisième classe, ceinte de murs et défendue du côté de la mer par un vieux château. On y remarque la cathédrale, élevée sur les ruines d un ancien palais. Collège, école de navigation, eaux thermales. Termini n'a pas de port, mais une anse naturelle, dont l'art pouvait facilement faire un port. Le territoire, montagneux à l'intérieur, est bien cultivé. Les principales productions sont l'huile, le sumac, le coton, le vin, les grains et les fruits secs. Une grande partie de ces produits sont exportés, notamment les huiles de qualité supérieure, qui .sont expédiées à l'étranger ou dirigées vers Palerme, soit par terre, soit par mer. La pro-" duction annuelle de Termini peut s'élever à plus de 6 millions de francs. Si à cette somme on ajoute les produits de la pêche (anchois et sardines), des pâtes, des liqueurs, du savon, on arrive à un total de 6,600,000 fr. Outre ses propres productions, Termini exporte quantité de uroduits similaires fournis par les campagnes environnantes. Ce sont principalement les graines, les huiles, le sumac et les légumes. La marine de cette ville compte 14 navires et beaucoup d'autres bâtiments trafiquant avec la Sicile et Naples, mais rarement avec l'étranger. 0 Cette ville, dit M. Du Pays, d'une haute antiquité, s'appelait Thermx Himerenses, Thermes d'Himère. Eile tient un rang distingué parmi les villes grecques de la Sicile; elle se gouverna par ses propres lois et battit monnaie. La ville d'Hiraère, située à quelque distance, ayant été mise a feu et à sang et rasée par Annibal pour venger la défaite et la mort de son aïeul Amilcar, les habitants échappés à ce désastre s'établirent en cet endroit, renommé pour ses eaux thermales, encore fréquentées aujourd'hui. Seuls, ils s'opposèrent avec fermeté aux rapines de Verres, soutenus par leur proconsul Stenius. Après la chute de l'empire romain, elle subit diverses vicissitudes. En 1337, sous Pierre II d'Aragon, elle fut détruite par les troupes françaises de Charles d'Anjou. « Termini a conservé de précieux débris d'antiquités, notamment les restes d'un amphithéâtre et divers édifices, d'un aqueduc de 4 milles, dit Aqua Cornelia, de tombeaux et de fragments de sculpture. La ville est agréablement située, au milieu de riantes et fertiles campagnes. On y remarque de belles collections de tableaux, un musée d'antiquités et des églises ornées de mosaïques et de colonnes antiques, trouvées dans les ruines de l'ancienne Himère.

Une tradition' sacrée chez les anciens faisait jaillir les eaux chaudes de Termini pour délasser Hercule.

TEBM1N1ERS, village et comra. de France

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(Euro-et-Loir), cant. d'Orgères, arrond. et à 31 kilom. de Châteaudun; 1,300 hab. Le 1er décembre, 1870, le général Cbanzy y livra aux Bavarois un combat plus connu sous le nom de combat de Villepion.

TERM1NILLO, montagne d'Italie, dans la province de l'Abruzze-Ûltérieure, à 9 kilom. N.-B. de. Civita-Ducale. Elle a 2,143 mètres d'altitude.

TERM1NIO (Marc-Antoine), littérateur italien, né à Contursi (royaume de Naples) en 1525, mort à Gènes vers 1580- Il acquit une certaine réputation par ses compositions poétiques et, à la mort de Bondafio, il fut chargé de continuer les Annales de la république de Gênes, que ce dernier laissait inachevées, mais il mourut avant d'avoir pu terminer ce travail. On a de lui : Délia miseria humana ; Délia liera félicita; Sommario délia vila di Gesu-Crislo, poème qui, ainsi que les deux précédents, a été inséré dans le recueil des Mme spirituali, de Ferd. Caraffa (Gènes, 1559, in-4o); Stanze di divers! illustri poeti (Venise, 1564, in-12); Trophxum Antonii Granvels cardinalis (Naples, 1571, in-4°) ; Apologia di tre seggi illustri di Napoli (Venise, 1581, in-40) ; des poésies latines éparses dans divers recueils, etc.

TERMIHIS (IN), locution latine qui signifie aux termes, et q-u'on emploie, en jurisprudence, pour qualifier une décision qui met fin au mandat du juge qui la prend : Ilendre une décision m tërminis. Prononcer in terminis.

TERMINISME s. m. (tèr-mi-ni-sme. — V, terministe). Théol. Doctrine des terministes.

TERMINISTE s. m. (tèr-mi-ni-ste — du lat. terminus, borne). Hist. relig. Nom donné à des calvinistes qui assignent des bornes à la miséricorde de Dieu.

TERMINOLOGIE s. f. (tèr-mi-no-lo-jî — du lat. terminus, ternie, et du gr. logos, discours). Art de représenter des idées par des mots, et particulièrement d'inventer et d'employer les termes techniques : Cette prétendue science n'est qu'une vaine terminologie. (Acad.) Il Ensemble des termes techniques, spéciaux , qui appartiennent à une même science ou dont se sert habituellement un écrivain : Les formules scientifiques exigent l'habitude d'une certaine terminologie, ou, si l'on veut, d'un argot plus ou moins solennel, dont tout le monde n'a pas la clef. (Ch. Nodier.)

— Encycl. C'est surtout dans les sciences que ces termes techniques sont fréquents; ils sont moins nécessaires et par conséquent moins prodigués dans les arts. Toutefois, pour les arts, de même que pour les sciences, il faut distinguer deux sortes de termes : les termes vulgaires et les termes techniques ou scientifiques. Les termes vulgaires sont ceux donton fait usage ailleurs que dans lascience ou dans l'art dont il s'agit, ceux dont on se sert dans le langage ordinaire, ou même dans d'autres sciences ou d'autres arts. Tels sont, par exemple, les mots espace, mouvement, en physique; corps, en géométrie; fleur, en botanique; couleur, en peinture; son, en musique, etc. Les termes techniques ou scientifiques sont les mots propres et particuliers à une science, à un art, mots qu'on a été obligé de créer pour définir certains objets, et qui sont inconnus aux personnes auxquelles cette science, cet art, sont tout à fait étrangers ; tels sont les mots théorème, corollaire, en géométrie ; pistil, en botanique ; touche, en peinture; arpège, en musique, etc. Si nous considérons les sciences en particulier, nous verrons bien vite que chacune d'elles ne se borne pas aux termes vulgaires, qu'elle est forcée d'en avoir qui lui soient propres, afin de désigner les objets peu connus sur lesquels elle s'exerce, et aussi afin d'abréger le discours et de contribuer ainsi à la clarté en exprimant par un seul mot ce qui aurait besoin d'être exprimé par une phrase entière. Ces mots veulent être définis, c'est-k-dire simplement expliqués par d'autres termes plus vulgaires et plus simples. La règle de ces définitions est de n'y employer aucun terme qui ait besoin luimême d'être expliqué, c'est-à-dire qui ne soit ou clair de lui-même, ou déjà expliqué auparavant. Puisque les termes scientifiques n'ont d'autre but que de répondre à une nécessité, il est évident qu'on ne doit pas au hasard en charger une langue. Diderot s'est élevé contre cet abus, a II serait à souhaiter, disait-il, qu'on abolît ces termes scientifiques, et pour ainsi dire barbares, qui ne servent qu'à en imposer; qu'en géométrie, par exemple, on dît simplement proposition au lieu de théorème, conséquence au lieu de corollaire, remarque au lieu de scholie, et ainsi des autres. La plupart des mots de nos sciences sont tirés des langues savantes où ils étaient intelligiblesau peuple même, parce qu'ils n'étaient souvent que des termes vulgaires ou dérivés de ces termes; pourquoi ne pas leur conserver cet avantage ? 0 Le même écrivain ajoute que les mots nouveaux, inutiles, bizarres ou tirés de trop loin, sont presque aussi ridicules en matière de science qu en matière de goût. On ne saurait, en effet, rendre la langue de chaque science trop simple et trop populaire. C est d'abord un moyen d'en faciliter l'étude ; c'est ensuite détruire

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co pivjiijfé des ignorants qui voient tout le mérite d'une sejence dans sa langue particulière, et aux yeux desquels cette langue est une espèce de rempart inventé pour en défendre les approches. Dans bien des cas, il faut l'avouer, la terminologie scientifique est, suivant l'expression de Charles Nodier, une sorte d'argot plus ou moins solennel, dont tout le monde n'a pas la clef. On en trouvera un exemple bien frappant dans la terminologie philosophique en Allemagne, qui a pris une extonsion excessive. C'est bien là le cas de dire avec Montaigne que les ignorants n'ont pas tant de tort, lorsqu'ils su vengent à médire des sciences, parce qu'ils ne peuvent y prétendre.

On doit prendre garde toutefois que ce n'est pas toujours la faute des savants ou des artistes, si les mots scientifiques ou techniques sont si multipliés. La plupart des sciences et des arts nous venant primitivement des Grecs et des Latins, les mots nous en sont venus avec les choses; mais un grand nombre de ces mots n'ont point passé dans l'usage commun et se sont obscurcis pour le vulgaire. Ainsi, le mot théorème est un terme savant pour ceux qui ignorent le grec; mais, à Athènes, tout le monde l'entendait, et ceux-là même qui ne savaient rien de la géométrie savaient cependant que ce mot signifiait une vérité de spéculation. Les mots scientifiques grecs passèrent dans le latin et y subsistèrent longtemps, sans avoir d'équivalents dans la langue de Rome. Plutarque loue Cicéron d'avoir le premier, dans ses ouvrages, donné des noms latins aux objets dont les philosophes s'étaient occupés et qui jusqu'à lui avaient retenu leurs noms grecs.

Parmi les termes employés dans le langage des arts, il en est beaucoup qui ont deux significations :. la signification vulgaire et une signification technique. Celajvient de ce que, la langue d'une nation étant formée avant que les arts y soient arrivés à un certain degré de perfection, ceux qui les premiers pratiquent ces arts commencent à se servir des mots dont la signification est générale; puis, à mesure que l'art se perfectionne, il crée sa langue, il adapte à des significations particulières une partie des mots généraux, et il en invente d'autres. Alors, plus les arts sont mécaniques, plus ils ont besoin de termes nouveaux et plus ils en créent. L'art poétique a peu de mots qui lui soient exclusivement propres, par la raison" que ce qui les constitue rentre presque entièrement dans les idées générales. 11 n'y a qu'une partie k laquelle on puisse appliquer l'expression de mécanique; c'est la partie qui a rapport à la mesure des vers et aux formes différentes qu'on leur donne. Cette partie est aussi la seule dans laquelle se trouvent des termes dont l'usage soit réservé k l'art poétique. Il y en a davantage dans la peinture, parce que la partie mécanique en est plus étendue. Pourtant elle tient encore beaucoup aux idées générales, et par là même le nombre des mots qui lui sont propres est assez borné. A la suite de l'art poétique et de la peinture on pourrait placer la musique, comme offrant un nombre plus considérable de mot3 techniques.

On remarquera, chez des écrivains, l'affectation des termes scientifiques ou des termes d'art, quand ils pourraient aisément y substituer des termes et des expressions d'usage ordinaire. Il y a souvent, dans cette affectation, une sorte de charlatanisme. Les bons auteurs l'évitent toutes les fois que les termes communs peuvent suppléer complètement les termes scientifiques ou techniques; ils en retirent l'avantage d'être plus aisément compris de tous les lecteurs. Mais on ne doit pas hésiter à les employer lorsqu'il n'est pas possible de trouver des mots vulgaires qui les remplacent parfaitement. Dans l'étude même des sciences, il ne faut pas chercher à les suppléer, s'ils sont bien faits et bien adaptés. Une bonne terminologie présente, en effet, des avantages incontestables de netteté et de précision, qualités sans lesquelles les sciences ne peuvent ni s'apprendre ni progresser. Seulement, il ne faut pas oublier que la science même, comme le dit l'Encyclopédie du xvme siècle, le goût et le discernement doivent présider au perfectionnement de la terminologie,

TERMINOS, baie du Mexique, dans la partie S.-O. de la presqu'île de Yucatan, sur la limite de l'Etat de Tabarco. Elle offre un bon port pouvant abriter sûrement plusieurs vaisseaux.

TERMINUS s. m. (tèr-mi-nuss — mot lat.

qui signifie terme). Chero. de fer. Station extrême d'une ligne. Il N'est guère employé que dans le Nord.

TERMITE s. m. (tèr-mi-te — lat. termes, tarmes, ver rongeur). Entom. Genre d'insectes névroptères, type de la famille des termiens, comprenant une trentaine d'espèces, qui habitent les régions chaudes et tempérées du globe : Les termites ne travaillent jamais à découvert. (Blanchard.) Dans l'ouest de la France, on rencontre eu abondance le termite lucifuge. (Blanchard1.)

— Fig. Travail de termite, Travail occulte de destruction.

— Encycl. Les termites, vulgairement désignés sous la dénominUtion de fourmis blanches, poux de bois, etc., forment par leur

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genre de vie une anomalie dans l'ordre des névroptères et en même temps présentent par leurs mœurs et leurs habitudes quelque chose d'assez semblable à' ce qui a lieu chez les abeilles et surtout chez les fourmis parmi les hyménoptères. En effet, comme les derniers insectes que nous venons de nommer, ils vivent en réunions très-nombreuses et construisent des demeures parfois fort étendues.

Les termites ont, au moins à l'état parfait, le corps oblong et assez déprimé; les yeux sont situés sur les parties latérales de la tête et assez globuleux; les antennes sont courtes et légèrement moniliformes. La couleur blanche de ces insectes et leurs réunions nombreuses leur ont valu le nom de fourmis blanches, ainsi que nous venons de le dire. On a observé cinq modifications de l'espèce chez les termites; ce sont celles : 1<> des mâles ; 2° des femelles; 3° des soldats; 4" des ouvrières, que l'on regarde parfois comme des larves; 5° des nymphes.

Le mâle est allongé, déprimé, et, si ce n'est qu'il est d'un blanc jaunâtre et comme étiolé, il a quelques rapports avec les perles et les semblides ; sa tête est à peu près arrondie, avec le museau ou la bouche saillante, porté presque verticalement; les antennes sont légèrement en soie; les yeux latéraux, globuleux, saillants; trois stemmates ou yeux lisses se voient sur le front ; les pattes sont assez longues; les ailes ont trois fois plus de longueur que l'abdomen, qu'elles recouvrent et au-dessus duquel elles forment une sorte de toit plan ; ces ailes se recouvrent ellesmêmes, et, quand elles sont tendues, se développent et prennent la forme d'un ovale allongé ; elles semblent très-peu adhérentes et, comme chez certaines fourmis, se détachent facilement; leurs nervures sont petites, peu ramifiées, et les nervures longitudinales sont peu marquées ; l'abdomen est appliqué contre le corselet, arrondi a sa pointe.

La femelle, qui ressemble beaucoup au mâle et qui est également pourvue d ailes avant l'accouplement, perd généralement ces organes lorsqu'elle a été fécondée, soit qu'ils tombent naturellement, soit plutôt que les ouvrières les lui arrachent; alors son ventre devient énorme, au point que, d'après Sparrmann, il acquiert quinze cents fois et même deux raille fois le volume du reste de son corps. Ce ventre ressemble k une vessie blanche avec des taches brunes en travers et des bords inégaux ondulés. A l'époque de la ponte, elle produit sans interruption ses ceufs avec une très-grande rapidité, et Sparrmann prétend qu'il est certaines femelles qui peuvent donner plus de 80,000 ceufs en vingtquatre heures. Cette énorme multiplication est certainement exagérée , cependant il est certain que les termites se propagent en trèsgrand nombre.

Les neutres ou soldats, comme les appellent presque tous les voyageurs, diffèrent beaucoup des mâles et des femelles. Leur tête est énorme et souvent plus grande que le reste du corps ; leur bouche est armée de deux fortes mandibules croisant l'une sur l'autre; leur corps est beaucoup plus épais et plus robuste que celui des insectes reproducteurs et il est constamment muni d'ailes; il paraîtrait qu'ils ne présentent aucune trace d'yeux, chose remarquable, car c'est à eux qu'est confiée la garde de la demeure commune. Us veillent en sentinelles, repoussent les agressions des animaux étrangers, ce qu'ils peuvent faire plus facilement que les autres en raison de leurs grandes mandibules, qui sont des armes redoutables; en outre, ils excitent les ouvrières au travail.

Ces dernières, qui, pur Latreille, Kirby et plusieurs autres auteurs, sont regardées comme des larves, ressemblent plus aux mâles et aux femelles par leur conformation générale que les soldats, quoique cependant elles manquent entièrement d'ailes; elles sont aussi beaucoup plus petites; leur corps est plusmou.leur tête est assez large et arrondie, portée verticalement avec de courtes mandibules, et les yeux, de même que les ocelles, paraissent manquer. Ces ouvrières sont les architectes des termitières ; elles vont à la recherche de la nourriture, prennent soin des œufs et des jeunes, en un mot elles remplissent toutes les fonctions des neutres ou ouvrières chez les fourmis. Elles constituent la partie la plus nombreuse de l'habitation.

Les nymphes ressemblent extrêmement aux larves ou ouvrières, dont elles ne diffèrent guère que par quatre rudiments d'ailes tubereuliformes. Ou ne sait si ces nymphes partagent les travaux des larves; mais elles doivent rester assez longtemps en cet état. En effet, on buppose que les métamorphoses, pour être complètes, exigent deux années d'existence, car on peut observer en même temps dans une termitière des individus ailes, des individus avec des rudiments" d'ailes et de jeunes larves. Peu de temps après que l'on a remarqué des nymphes dans les nids des termites, on voit paraître les mâles en grande abondance. Ils s'envolent le soir ou pendant la nuit, et c'est alors que s'effectue l'accouplement. Les ailes do ces névroptères étant sechées par l'action de la chaleur du soleil levant, ces organes sedétacheiit?dii-on, des corps, et les mâles ainsi que les lemelles tombent à terre, et, au rapport des voyageurs, les couples sont réunis par les ouvrières, qui les renferment duos une loge séparée; niais, selon Latreille, ce qui est beau-

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coup plus probable, les femelles sont seules l'objet de ce soin. La femelle, placée dans une cellule dont l'orifice est assez rétréci pour qu'elle n'en puisse plus sortir, est nourrie régulièrement par les ouvrières, et là elle pond les ceufs innombrables dont sortira bientôt une nombreuse progéniture, dont on prend le plus grand soin.

Les termites habitent les régions chaudes du globe et particulièrement entre les tropiques. Ils sont communs dans les parties australes de l'Afrique, principalement aux environs du Cap et du Sénégal; on en trouve également à l'Ile de France, dans plusieurs parties de l'Amérique méridionale, et diverses espèces, toutes de petite taille, sont répandues dans les parties méridionales de l'Europe et dans certaines contrées du bord de la mer. Ces insectes constituent des sociétés immenses et forment des nids d'une dimension colossale comparativement à leur taille; mais la forme et l'architecture de ces demeures varient beaucoup suivant les espèces. L'intérieur de ces nids est divisé en une foule de loges séparées entre elles par des cloisons et communiquant par des galeries. Toutes ces loges ne sont pas de la même grandeur, car il semble y en avoir de particulières, selon chaque sorte d'individus. Ce qu'il y a surtout de remarquable, c'est que jamais les termites ne travaillent à découvert; les uns établissent leur demeure dans la terre, dans les arbres, surtout dans les poutres et les boiseries des habitations de l'homme; les autres ont des nids extérieurs, mais toujours sans issue apparente. Ces habitations sont parfois très-élevées au-dessus du sol et ont la forme soit de pyramides, soit de tourelles, recouvertes par un toit solide, et ces monticules, ordinairement réunis en un grand nombre dans un pays peu habité, ont l'aspect de huttes de sauvages et ressemblent k un petit village. Les nids que quelques espèces construisent sur les arbres ont une forme globuleuse et sont souvent assez grands. Toutes les fois que les ouvrières ont besoin d'atteindre un point plus ou moins élevé de leur uid, elles construisent aussitôt une galerie communiquant d'un point à l'autre, et, par ce moyen, elles ne se montrent pas au dehors. KÔmg rapporte que les nègres sont très- friands de termites, qu'ils les préparent de différentes façons pour l'alimentation et qu'ils savent les conserver comme provisions d'hiver.

Mais à côté de ce faible avantage que l'homme en peut tirer, à côté aussi de l'utilité qu'ils peuvent avoir en détruisant un grand nombre d'insectes dont ils font leur proie, les termites sont excessivement nuisibles. C'est ainsi qu'ils détruisent un grand nombre d'arbres vivants, et surtout que, venant établir leurs demeures dans les bois façonnés, ils les minent de telle sorte qu'à un moment donné les constructions qu'ils soutiennent viennent à crouler. Une espèce de termite lucifuge, qui se trouve depuis longtemps dans l'Europe méridionale et qui s'est assez communément propagée en Gascogne, s'est aussi tellement multipliée à Houhefort, dans les ateliers et les magasins de la marine, qu'on ne peut réussir à la détruire et qu'elle y fait de grands ravages. Elle n'est pas moins abondante à La Rochelle, et Audouin a présenté un tableau effrayant du mal qu'elle fait et des craintes qu'elle doit inspirer pour l'avenir. Des maisons, des bâtiments entiers sont minés jusque dans leurs fondations, et il n'est pas rare que des planchers s'écroulent, que des rez-de-chaussée s'enfoncent dans les caves lorsque les termites ont miné toute la charpente. Ce qu'il y a de terrible dans les ravages de ces insectes, c'est qu'on ne s'en aperçoit jamais à l'extérieur; ils ménagent toujours la superficie, et ■ c'est seulement lorsque tout l'intérieur est rongé et sillonné de galeries que le bois se rompt. Du linge placé dans des armoires a souvent été mâcburé par les termites. A La Rochelle, l'hôtel de la préfecture est envahi par ces animaux; une partie des. archives a été totalement détruite, et aujourd'hui on est obligé de les conserver dans des boîtes de 2inc. On pourrait citer des exemples des mêmes faits dans bien d'autres pays. Nous ajouterons seulement qu'une espèce de termite à cou jaune nuit beaucoup aux oliviers en Espagne. On a beaucoup cherché les moyens que l'on pourrait employer pour détruire ces névroptères si nuisibles, ou tout au moins en diminuer le nombre ; mais nous devons ajouter qu'on n'est arrivé à rien de satisfaisant.

Quant à la destruction directe des termites , on a proposé quelques procédés qui pourraient diminuer le mal et qui consisteraient k faire subir aux bois de charpente des préparations qui -empêcheraient les termites de les attaquer ; la dépense, dans ce cas, ne dépasserait-elle pas la perte Y Nous croyons que oui. En effet, les termites, si communs et dès lors si nuisibles à La Rochelle, Rochefort, etc., il y a une quinzaine d'années, sont beaucoup moins abondants actuellement et font également beaucoup moins de ravages.

On connaît vingt-cinq ou trente espèces de termites. La plus connue est : 1<> le termite belliqueux ou termite fatal, qui est remarquable par ses nids qui ont quelquefois 3 mètres ou S^.Sû de hauteur. Ces demeures sont de forme conique, présentant sur les côtés de nombreuses tourelles également coniques;

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elles sont construites avec une sorte d'argile et se trouvent bientôt recouvertes d'herbes ; leur dureté est telle que Smeatheam rapporte qu'il est monté une fois à l'extrémité de l'une d'elles avec quatre de ses compagnons sans l'ébranler. C'est en Afrique et particulièrement auprès de la ville du Cap que l'on trouve le termite belliqueux. On cite deux espèces européennes. L'une est le (ermite lucifuge, qui est petit, d'un noir brillant, au moins le mâle, avec les deux derniers articles des antennes d'un rouge pâle, les ailes brunâtres, un peu transparentes, ayant le côté marginal noirâtre, les cuisses noires, les jambes roussâtres et les tarses d'un roux clair. L'autre espèce est le termite à cou jaune, long de 0m,012 à 0m,015, avec la bouche et les antennes jaunâtres, ainsi que lu corselet et les pattes. Il habite le midi ue l'Europe, vit sur les plantes et nuit à la vigne. On cite encore le termite obscur.

TERMITIÈRE s. f. (tèr-mi-tiè-re — rad.

termite). Habitation que se fabriquent les termites : Les dessins ont été pris sur des termitières d'Afrique. (Michelet.)

TERM.1TIN, INE adj. (tèr-mi-tain, i-ne).

Entoin. Syn. de termien, ienne.

TERMOLAMA s. m. (tèr-mo-Ia-ma). Comm.

Sorte de cachemire de soie : Le teiîmolama. est une espèce de cachemire de soie, qui ne se fabrique, dit-on, qu'en Perse. (De Custine.)

TERMOLI, ville du royaume d'Italie, province de Sannio, sur une langue de terre qui s'avance dans l'Adriatique, par 42° o' 35'' de tatit. N. et 12" 40' 11" de longit. E.; 2,500 hab. Evêché.

TERMONDE ou DENDERMONDK, ville forte deBelgique (Flandre orientale), au confluent de la Dendre et de l'Escaut, à 24 kilom. de Bruxelles, par 31» 36' de latit. N. et 1° 33' de longit. E. ; 12,000 hab. Tribunal de première instance et de commerce, collège, académie de dessin , bibliothèque, station des chemins de fer de l'Etat. Cette ville est agréablement située sur la rive droite de l'Escaut et au confluent de la Dendre, au milieu de riches prairies et de champs très-fertiles. Sa position lui donne les plus grands avantages pour l'importation et l'exportation des marchandises. Le commerce des graines oléagineuses et la fabrication des huiles forment les deux branches essentielles de l'activité industrielle et commerciale de Termonde.

Fabriques de toiles d'emballage et à sacs, de toiles à voiles, de cordes et de cordages, de couvertures, etc. Le port reçoit les navires du mer qui remontent l'Escaut,

Termonde communique par des routes et des chemins de fer avec Gand, Bruxelles, Mutines et Anvers; c'est une place stratégique de la plus haute importance. Le pays u'iilentour peut au besoin être inonde au moyen d'écluses. La citadelle, construite en 1584, fut assiégée vainement par Louis XIV en 1607; mais le général Churchill, frère de Mailborough, s'en empara en 1705. Termonde tomba en 1745 au pouvoir des Français. En 1784, l'empereur Joseph II la fit démanteler ; mais ses fortifications ont été relevées. L'origine de Termonde est ancienne. Du reste, 011 y a découvert des antiquités romaines, notamment une statue de Mei cure eu bronze.

Termonde n'offre aucun monument remarquable, mais l'église collégiale est ornée d'une Adoration des bergers et d'un Catoaire de Van Dyck et d'une Vierge de G. de Crayer.

TERNAGE s. m. (tèr-na-je). Bot. Nom vulgaire du lupin.

TERNAIRE adj. (tèr-nè-re — lat. ternarius; de terni, trois, formé de ter, trois fois). Matltém. Composé de trois unités : Nombre ternaire, il Distribué par trois : Division ternaire. Numération ternaire.

— Chim, Composé ternaire, Corps composé de trois corps simples, et particulièrement de deux composés binaires ayant un élément commun.

— Miner. Se dit d'un cristal produit par un décroissement par trois rangées.

Ternaires (les), poëine, par Brizeux. V. Fleur d'or (la).

TERNÀND, village de France (Rhône), canton du bois-d'Oingt, arroud. et k 22 kilom. de Villefranche, à 34 kilom. de Lyon ; 610 hab. Usine à cuivre. Teruand est situe au pied d'une colline dominée par un ancien château fort en ruine.

TERNATE S. f. V. TERNATÉE.

TERNATE, île delà mer de l'archipel des Moluques, sur la côte O. de Gilolo et au N. de Tidor, par 0» 18' de latit. N. et 1240 59' 45" de longit. E,; 18 kilom. sur 9. Ch.-I., Ternate, ville fortiliée, qui contient 9,000 hab. Sol très-fertile, avec un volcan en activité. • Le territoire de Ternate, écrit l'amiral Jurien de La Gravière, est peu considérable. Les pentes adoucies du volcan entourent d'une ceinture de bosquets et de champs cultivés le sommet au double cratère qui s'élance brusquement vers le ciel. Du côte du N.-E., la montagne est entièrement dépouillée de végétation ; de longs sillons noirâtres marquent encore la route qu'a suivie, en 1838, la luve incandescente. Du côté opposé et faisant face k l'île de Tidor, s'étend une longue allée plantée d'arbres que bordent les maisons de la ville européenne. En suivant cette avenue vers le nord, on traversa le marché où

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chaque soir, à la lueur des torches, les échoppes malaises étalent, avec le riz pimenté qu'enveloppent de larges feuilles de biinanier, les divers produits de cette lie si féconde. C'est à la sortie du marché que le campony chinois déroule sa double rangée de boutiques et fait briller, dès que la nuit succède au jour, ses énormes lanternes de papier. Plus loin, le fort d'Orange développe parallèlement au rivage sa vaste enceinte rectangulaire, qui renferme les magasins et les logements de la garnison. Au delà du fort hollandais se déploie la ville malaise, dominée par le dalem du sultan et signalée par. le toit à quatre étages de la mosquée. Les riants enclos de cette cité paresseuse sont unis par des barrières de bambou. Une longue route sablée serpente entre ces jardins, et au-dessus des haies en âeur les branches touffues des manguiers, des pamplemousses étendent comme de verts écrans leur ombre protectrice. Si vous dépassez le quartier malais, si vous continuez à suivre le rivage, vous rencontrez bientôt de vastes terrains éclaircis par la flamme et envahis par les hautes herbes des jungles. C'est la que le cerf de la Malaisie erre en troupes nombreuses et qu'effrayé par les cris perçants des chasseurs il tombe sous leurs coups avant d'avoir pu gagner la montagne ou le refuge des bois impénétrables. Si, rentrant-au contraire dans la vilie'européenne, vous dirigez vos pas vers le sud, de nouvelles avenues, bordées d'une végétation plus riche encore, vous conduisent aux fraîches retraites que se sont ménagées sur le bord de la mer les riches habitants de Ternate; maisquittez plutôt la terre ferme, qu'une pirogue vous fusse descendre le canal de Tidor et vous dépose , k cinq milles de la ville, sur le rivage de Ternate; saisissez cette échelle de bambou, franchissez sans hésiter la falaise et, tournant le dos k la mer, admirez la magique perspective qui s'offre à vos regards. Une nappe d'eau que ne ride jamais le souffle de la brise s'étend à vos pieds; c'est l'enceinte escarpée. d'un cratère éteint, qui presse de sa berge verdoyante ce lac immobile. Rien au monde ne saurait donner une idée des sensations qu'éveille cet aspect imprévu. Ce profond bassin, séparé du lac de Tidor par une digue de lave, les grands arbres qui se penchent au-dessus de ces flots sinistres, le silence qui plane sur cet Averne mystérieusement enfoui au sein de la montagne, l'absence d'horizon , l'air lourd et étouffé qu'on croit respirer en ces lieux, tout se réunit pour ébranler l'imagination et la préparer à l'apparition de quelque fantôme. On assure que les Portugais, quand ils occupaient l'île de Ternate, voulaient créer un port sur ce point où la nature n'avait creusé qu'un abîme; il suffisait de couper l'étroite barrjère qui sépare le lac de la mer; mais les indigènes employés k ce travail refusèrent de le continuer; sous les pioches qu'ils enfonçaient dans le sol, ils avaient cru voir jaillir du sang. Il n'existe peut-être point sous le ciel un coin de terre qui puisse rassembler dans un espace aussi restreint autant de merveilleux paysages, autant de richesses naturelles que Ternate. Le cacaotier au tronc chargé de fruits, le cotonnier ■ aux fleurs jaunes.le caféier ployant sous ses baies rouges prospèrent sur ce sol à côté des litchis et des orangers de la Chine, des mangoustans et des dariens de Java, à côté des arbres à épices. »

Les principales productions de Ternate consistent en clous de girofle, noix muscades, sagou, noix de coco et autres fruits des tropiques. On y trouve aussi de l'or -, mais jusqu'ici on n'a pas mis de soins à l'exploitation de ce métal. L'île de Ternate, très-importante comme position militaire , domina dans le xiv" et le xve siècle sur un grand nombre d'îles de la Malaisie. Le sultan, qui, ainsi que ses sujets, professe l'islamisme, règne encore aujourd'hui sur la côte nord-est de Célèbes et sur une partie de Gilolo. Il dépend entièrement des Hollandais qui, jusqu en 1824, où le baron Van der Capellen rit cesser cette mesure barbare, détruisaient tous les ans lesarbres k épices qu'on pouvait trouver dans l'île. Les habitants font du commerce actif avec les insulaires de Soulou , malgré les prohibitions et la surveillance des Hollandais. L'Ile de Ternate est divisée en cinq districts et contient environ 100,000 hab.

Un sultan indigène gouverne Ternate, sous la suzeraineté de la Hollande, qui en a fait le chef-lieu d'une résidence comprenant sous sa dépendance les îles de Hahnahera, Makian, Kayo, Batchian, Morotay, Motir, Mysol, Onby, Xulla, Salouatty, Woygaun et partie de Célèbes.

TERNATÉE s. f. (tèr-na-té — du lat. ternatus, disposé en trois). Bot. Division des clitories, genre de légumineuses. || Ou dit

aussi TERNATE.

TERNAUX s. m. (tèr-nô). Comm. Cachemire imitant ceux de l'Inde, mais fabriqué par la maison Ternaux.

TERNAUX (Guillaume-Louis), célèbre manufacturier français, né k Sedan en 1765, mort en 1833. Il prit, k l'âge de seize ans, la direction de la fabrique de draps de son père, qui avait été obligé de s'éloigner par suite de revers de fortune, et, k force d'intelligence et d'activité, il parvint k la sauver d'une ruine imminente. Officier municipal de Sedan en 1792, il fut impliqué, après le 10 août, dans

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l'affaire de l'arrestation du commissaire de l'Assemblée législative venu dans cette ville pour y saisir La Fayette, et dut s'expatrier. Le 9 thermidor lui ayant permis de rentrer en France, il fonda successivement dans les Ardennes, sur la Marne et a Louviers, des manufactures de draps dont la prospérité le plaça bientôt au rang de nos premiers industriels. Il devint président du conseil général des manufactures et ne craignit pas de se prononcer hautement contre le système restrictif de Napoléon à propos du commerce. Aussi acCueillit-il avec faveur le retour des Bourbons. Il fut alors nommé colonel de la garde 'nationale et membre du conseil général de la Seine, puis créé baron pur Louis XVIII. De 1818 k 1822 et de 1827 k 1830, il siégea a la Chambre dans les rangs des libéruux, signa l'adresse des 221 et prit une part active aux événements de 1830. Sa fortune, qui déjà à diverses époques avait subi de rudes atteintes, fut très-compromise par la révolution de Juillet. Il se retira alors à Saint- Ouen, où il finit ses jours, étranger aux affaires et entouré de la considération publi-

3ue. L'industrie de la laine lui est redevable 'une foule d'innovations importantes, parmi lesquelles il faut citer l'introduction en France des chèvres du Thibet (1819) et l'invention d'un nouveau genre de châles, si connus sous le nom de cachemires Ternaux. Sous la Restauration, il fit d'inutiles efforts pour faire prendre en France le système des silos, ou fosses souterraines, mode à la fois simple et économique, employé par les Espagnols, les Italiens et les Arabes pour la conservation des grains. On lui doit : Mémoire sur les moyens d'assurer les subsistances de la ville de Paris (1819, in-4°); Mémoire sur la conservation des grains dans les silos (1824, in-8°) ; Notice sur l'amélioration des troupeaux en France (1827, in-8<>).

TERNAUX (Louis-Mortimer), homme politique et historien français, neveu du précédent né à Paris en 1808, mort en 1871. Il fit partie, en 1830, de la commission des récompenses nationales, entra ensuite au conseil d'État et fut nommé maître des requêtes en 1837. Vers cette époque, Ternaux devint membre du conseil général de la Seine, puis entra à la Chambre comme député de Retbel en 1842. Après avoir siégé parmi les membres de la majorité, il passa, vers 1845, à l'opposition libérale et se fit remarquer par ses connaissances en matière d'industrie et d'administration. Après la chute de Louis-Philippe, les électeurs des Ardennes envoyèrent Moitimer Ternaux siéger à la Constituante (1848) et le réélurent à l'Assemblée législative (1849). Il vota avec la majorité hostile k l'établissement des institutions républicaines, se prononça contre la politique de l'Elysée en 1851 et, après avoir protesté contre le coup d'Etat du 2 décembre, il rentra dans la vie privée. L'Académie des sciences morales et politiques l'admit, en 1865, au nombre de ses membres. Lors des élections du 8 février 1871, il fut nommé par les Ardennes député à l'Assemblée nationale. Ternaux vota pour les préliminaires de paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes d'Orléans, le pouvoir constituant et la proposition Rivet, pour la pétition des évoques, etc. Au mois de novembre de lu inqme année, il mourut au château de Beaumontles-Autels. Outre des brochures et des rapports, on doit à Mortiiner Ternaux un important ouvrage intitulé : Histoire de la Terreur (1792-1794), d'après les documents authentiques et les pièces inédites (1861-1869, 7 vol. in-S°), ouvrage écrit dans un esprit absolument antidémocratique, plein d'allégations fausses et qui lui lit naturellement décerner, en 1870, par l'Académie française, le grand prix. Gobert ; le Peuple aux Tuileries le 20 juin 1793 (1864, in- 12); la Chute de la royauté te 10 août 1792 (1864, in-12), etc.

TERNAY, village de France (Vienne), canton des Trois-Moutiers, arrondi et à 12 kilom. de Poitiers ; 461 hab. Menhir , église en partie romane , château du xvie siècle.

TERNAY, village de France (Isère), canton de Saint-Symphorien-d'Ozon , arrond, et à 24 kilom. de Vienne, k 98 kilom. de Grenoble, près du Rhône; 1,154 hub. Filatures de cocons , fabriques d étoffes de soie. On y remarque une jolie église romane du xiie siècle, bâtie par les bénédictins.

TERNAY (Charles-Gabriel d'ARSAC, marquis de), officier français, né au château de Ternay en 1771, mort en 1813. 11 entra en 1787 à l'Ecole militaire, d'où il sortit en 1790 avec le grade de capitaine de cavalerie. Pour compléter son instruction, il se rendit en Allemagne. Sur les entrefaites commença l'émigration, et le jeune ofticier alla rejoindre son père k Coblentz. 11 prit part ensuite à, la campagne de 1792 sous les ordres du duc de Brunswick, puis se rendit en Angleterre, où il prit du service, devint capitaine de l'étatmajor du général Doyle, major en 1797, et fut alors envoyé par le roi d'Angleterre à la reine doua Maria de Portugal, qui lui avait demandé un officier capable et en qui elle pût avoir confiance. Nommé colonel k son arrivée en Portugal, le marquis de Ternay fut adjoint à un autre Français, le général de La Rozière, avec qui il fortifia la frontière des Algarvcs (1799-1800). Il s'occupa ensuite do travaux topographiques et composa à

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cette époque un traité de tactique. En 1807, il demanda son rappel en Angleterre; mais sa demande ne fut pas accueillie et il dut rester en Portugal en qualité de quartier-maître général. L'extrême prudence dont il fit preuve dans ia conduite des opérations militaires, le soin qu'il mit à éviter de demeurer à forces égales avec les Français déplurent au général Beresford, qui l'éloigna de son armée (1810). Ternay se livrait à des travaux civils de topographie, lorsqu'il mourut dans l'Alentejo k l'âge de quarante-deux ans. On lui doit deux ouvrages publiés longtemps après sa mort : Traité de tactique, revu, corrigé et augmenté par Frédéric Koch (1832, 2 vol. in-8°; in-fol., avec atlas); De la défense des Etats par les positions fortifiées (Paris, 1836, in-8<>).

TERNE adj. (tèr-ne. — Ce mot vient du germanique : ancien haut allemand tarai, voilé, tarnjan, voiler, obscurcir. Ménage faisait venir ternir d'un type terrenire, enduire de terre, d'un adjectif terrenus, formé de terra; mais cette explication n'a aucun fondement). Qui a relativement peu d'éclat : Une couleur terne. Un œil terne. Le dessous du corps du tagnon est d'un blanc gris terne. (Buff.)

— Fig. Sans couleur, pâle, peu éclatant : Le style de cet écrivain est terne et sans vigueur. Il faut convenir qu'en présence d'un esprit aussi vif il était difficile de ne pas paraître un peu terne. (H. Beyle.) Le chefd'œuvre de Piron eut chez nous un accueil assez terne. (J. Janin.)

TERNE s. m. (tèr-ne — du lat. terni, trois); A la loterie, Trois numéros pris ensemble qu' donnent droit k un gain particulier s'ils sortent tous les trois : Il a pris un terne à la loterie. Il a gagné un terne.

— Fig. Succès extraordinaire et difficile à obtenir : C'est un terne qu'il a gagné. Vous comptez là sur un terne à la loterie. Il ne tient pas encore le terne. (Fourier.)

— Terne sec, Trois numéros pris ensemble, en renonçant d'avance uu gain de l'extrait et de l'ambe, et ne jouant que le terne.

— Jeux. Au loto, Trois numéros sortis, appartenant à la même ligne horizontale ou k la même couleur.

— Amener ternes ou terne. Au jeu de dés, Faire un double coup de trois.

TERNE, ÉE adj. (tèr-né — du lat. ternus, disposé par trois). Bot. Se dit des organes, et particulièrement des feuilles qui se trouvent réunies par trois à leur point d'insertion.

Ternes (les) , un des quartiers de Paria. Ce quartier ne consistait autrefois qu'en une maison avec des écuries et un clos. On nommait cette propriété la ferme Externe ou Esterne. Elle était située entre le Roule et la plaine sablonneuse et stérile (les Sablons)qu"i la séparait du port Nuly (Neuilly) et de Viliiers. Le chemin (aujourd'hui avenue des Ternes) suivait k peu près la même direction qu'il a conservée. Le bois de Rouvray (depuis, bois de Boulogne) n'était point k cette époque enfermé de murs et venait assez irrégulièrement jeter ses bouquets d'arbres dans la plaine à moitié labourée. Toute la butte de l'Etoile lui appartenait jusqu'à Chaillouel (depuis, Chaillot). La physionomie des Ternes d'alors offrait donc k 1 œil des bois, des vignes, des champs c"uhivés, des cabanes et des chaumières. Les sentiers, sauf la grande avenue, n'étaient que des sentiers destinés k l'exploitation des terres. Au commencement du xvi<s siècle, Pierre Habert, poète qui possédait les bonnes grâces de François Ier, acquit avec le produit des largesses royales la ferme Esterne, qu'il choisit k cause de sa proximité du château royal de Madrid et dont il'devint le seigneur. Henri II, Charles IX et Henri III visitèrent la résidence du poète. A partir de ce jour, le nom des Ternes apparaît pour la première fois, et un très-ancien titre indique sous le nom de Suzanne des Ternes la fille de Pierre Habert, mariée à un sieur Dujardin. La seigneurie des Ternes, aprts la mort de Pierre, passa k son fils Isaac, puis k son petit-fils, qui entra dans les ordres et fut nommé évoque de Vabres (Roueigue). En partant pour sa nouvelle résidence, Habert céda sa propriété des Ternes k MM. Chauvin, baron de Beauvais, et Lebouteux, seigneur de Carrières, commissaires du roi à la marine. Le château, les cours, basse-cour, clos, jardin et ferme, c'est-à-dire k peu près tout le côté droit actuel des Ternes, renfermait 83 arpents. Les nouveaux acquéreurs en jouirent en commun jusqu'en 1680, époque où les héritiers Chauvin demandèrent le partage et où la seigneurie fut démembrée. Le domaine des Ternes devint, en 1715, la propriété de Mirey de Pomponne , trésorier-secrétaire à l'administration des finances. Il fit rebâtir le château à peu près tel qu'il existe encore, supprimer les ponts-levis, les fossés pleins d'eau et dessiner des jardins. « Le château des Ternes, dit une description du temps, situé au Roule (on voit que les Ternes n étaient pas encore un village), présente, audessus d'un massif de vieux arbres et de peupliers élancés, ses toits en ardoise et les girouettes de ses pignons. L'aspect en est agréable et majestueux ; on y arrive par une belle cour qui est accompagnée par une plus petite de chaque côté pour les offices et les

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basses-cours... Mais ce qui surpasse en beauté la maison, c'est le jardin. Il est vaste et est dessiné de façon à s'agrandir encore de toute la campagne. » Les Ternes furent k quelque temps de là l'objet d'un procès de la part de Grimod de La Reynière, le père du célèbre gourmet, qui en revendiquait la seigneurie en sa qualité de seigneur de Clichy et de Courcelles. On transigea, et M. de La Reynière renonça à ses prétentions. Le domaine passa successivement ensuite à de Pierre- Ronde (1740), k de Boisnouvel (1756), k de Lalive (1759), au marquis de Galiffet, prince de Martigues (1768), et à Lenoir, qui, en 1793, le morcela en deux et fit même percer un chemin k travers la première arcade du château. Enfin, tel qu'il était, le général Dupont l'acquit depuis, et ses héritiers le possédaient encore dans ces derniers temps. Quant au village proprement dit, nous en trouvons les divisions anciennes dans la Carte de l'Académie de 1674. A cette époque, les Ternes n'offraient que cinq maisons, dont trois formaient ce qu'on nommait le château. Dans la Carte des environs de Paris dressée par Roussel en 1731, l'état général des Ternes consiste dans la grande avenue, la rue de Viliiers, la rue des Daines et une foule de petits sentiers dans la plaine en culture. En 1755, il y avait en tout dix-huit maisons, chaumières ou cabanes; il est probable cependant qu'il eût fallu bien des siècles pour donner à ce pays l'accroissement actuel si, dès cette époque, les barrières de Paris n'eussent été reculées dans la campagne jusqu'à l'enceinte qui disparut en 1860. Sous 1 Empire , puis sous la Restauration , les Ternes gagnèrent en étendue et en population ; un grand nombre de commerçants vinrent y fixer leur domicile, ne gardant plus dans la ville que leur maison de vente. Enfin, lesTernes devinrent le faubourg peupléqu'on voit aujourd'hui, et l'enclave qui les a compris dans les fortifications de Paris, ou plutôt dans les nouvelles barrières, a achevé de faire cesser l'antagonisme qui exista quelque temps entre cette commune et celle de Neuilly. En terminant, constatons la longue opiniâtreté des actes officiels à écrire le mot Ternes de cette manière, • Thèmes, » se fondant sur une prétendue habitude. Cette orthographe ne saurait se défendre, et l'étymologie (esterne) que nous avons expliquée plus haut suffit pour en montrer la vice absolu.

TERNES (lus), village du Cantal, cant.

sud, arrond. et k 10 kilom. de Saint-Flour, sur le ruisseau de son nom ; 680 hab. Château du xvie siècle, semblable k une forteresse ; église très-ancienne, ornée de curieuses sculptures; dolmen.

TERNEOSE, ville forte de la Hollande (Zélande), sur la gauche de l'Escaut occidental, au S.-E. de Middelbourg; 1,200 hab.

TERNI, IE (tèr-ni,l) part, passé du v. Ternir. Rendu ou deve;iu terne : Une couleur ternie par la poussière. Un vêtement terni par un tOng usage. Un ciel terni par des vapeurs. Mes yeux ternis ne voyaient plus les objets extérieurs. (Balz.)

D'où vient qu'elle a l'œil trouble et le teint si terni f

Boilrau.

— Fig. Qui a perdu son éclat : Une gloire ternie.

TERNI, anciennement Interamna, ville du royaume d'Italie (Ombrie), entre les deux bras du Nar, ch.-l. d'uriond., k 28» S.-S.-O. de Spolète , par 42» 34' latit. N. et 10<> 19' longit. E.; 13,000 hab. Evéché ; restes d'un ancien amphithéâtre, de temples et de bains. Commerce de vins et de raisins secs, de blé, de soie et de chanvre. Patrie de Tacite et de Cornélius Tacite. La merveille de Terni et une des curiosités de l'Italie, c'est la cascade du Velino. « C'est cependant, dit M, J.-A. Du Pays, une cascade faite de main d'homme, et c'est une singularité k noter que les deux cascades si renommées de l'Italie, Terni et Tivoli, sont artificielles. Près de trois siècles av. J. C, Curius Dentatus détourna le cours du Velinus', au moyen d'un canal creusé dans le rocher calcaire, pour le faire tomber ici par-dessus un rocher dans le Nar ou la Nera, d'une hauteur d'environ 370 mètres. Ce travail avait pour but de mettre fin aux inondations que l'encombrement du lit du Velinus étendait jusqu'à Rieti. It y eut à ce sujet de fréquents démêlés entre les habitants de Reate et d'Interamna. Cicéron vint plaider contre celle-ci pour les Réatins (Reatini me ad sua Tempe duxerunt, Ad Attic, IV, xv), se plaignant que les travaux eussent enlevé k leur plaine son humidité et par suite sa fertilité. Tacite (Ann., I, lxxix) parle d'un autre débat porté devant le sénat. La difficulté était grave ; selon l'avis de Pison, on se décida k ne rien faire. Des inondations produites par les mêmes causes et soulevant les mêmes contestations ont donné lieu k de nouveaux travaux aux XV et xvie siècles et jusqu'en 1785. Cette cascade, peut-être trop vantée en vers et en prose, si on la compare k des cascades moins connues de la Suisse, est cependant d'un effet pittoresque ; elle tombe dans une riante et fertile vallée. C'est surtout observée d'en bas que la vue en est d'un effet plus saisissant.!

TERNIER s. m. (tèr-nié). Ornith. Nom vulgaire du grimpereau de muraille.

TERNI FLORE adj, (tèr-nj-flo-re — du lat.

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terni, trois; fios, fleur). Bot. Qui a les fleurs disposées par trois.

TERNIFOLIÉ, ÉE adj. (tèr-ni-fo-li-é — du lat, terni, trois ; folium , feuille). Bot. Qui a les feuilles disposées par trois.

TERNIN, rivière de France. Elle prend 8a source dans la CÔte-d'Or, k 2 kilom. de Saulieu, entre dans le département de la Nièvre, où elle baigne Alligny, passe dans le département de Saône-et-Loire, arrose Chisseyen-Morvan, Lucenay-l'Evêque, Taverney, et se jette dans l'Arroux à Autun, après un cours de 48 kilom.

TERNIR v. a. ou tr. (tèr-nir — de terne adj.). Rendre terne; diminuer l'éclat de : Le temps ternit les tableaux. L'haleine ternit les glaces. Une pâleur affreuse ternit ses joues. (Fén.)

La rouille n terni su cuirasse.

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