CHÊNEDOLLÉ
— Fig. Rendre moins honorable , moins glorieux, moins pur : Ternir sa gloire, sa réputation. Home n'eut point à reprocher au cardinal Mazarin Savoir terni l'éclat de la pourpre dont il était revêtu. (Boss.) La clémence h'a jamais terni aucune gloire. (Lemontey.)
C'est peu que de son peuple 11 eût terni la gloire.
PlRON.
Ah ! traître, oses-tu bien, par cette fausseté. Vouloir de sa vertu ternir la pureté?
Molière.
Se ternir v, pr. Etre terni : Toutes les couleurs se ternissent au soleil. Son teint s'est bien terni.
— Fig. Perdre son éclat, son mérite : Le faux honneur est sujet à se ternir. (Boiste.) L'honneur du nom français est près de se ternir.
Auo. Barbier.
TERNISP1NÉ, ÉE adj. (lèr-ni-spi-né — du lat. terni, trois; spina, épine). Hist. nat. Dont les épines sont disposées sur trois rangs ou par trois.
TERNISSEMENT s. m. (tèr-ni-se-man — rad. ternir). Action de ternir.
TERNISSURE s. f. (tèr-ni-su-re — rad.ier- «•>). Etat de ce qui est terne : Les émanations sulfurées produisent la ternissure de l'argenterie. La ternissure de ces vitres empêche de voir à travers.
— Jeter de la ternissure sur, Chercher à ternir : Loin de nous de jeter la moindre ternissure sur la gloire du maréchal de S. (E. de Gir.)
- TERNO-ANNULAIRE adj. (tèr-no-ann-nulè-re — du lat. terni, trois, et de annulaire). Min. Se dit d'un prisme dont chaque baso offre un anneau de facettes dues k un décroissement par trois rangées.
TERNOISE, rivière du Pas-de-Calais, Elle prend sa source au-dessus de Saint-Pol et va se perdre dans la Canche k Hesdin, après un cours de 46 kilom. dans une vallée fertile et très-peuplée.
TERNSTRŒMIACÉ , ÉE adj. (tèrn-strémi-a-sé — rad. ternstrawiie). Bot. Qui res* semble ou qui se rapporte k la ternstrœmie.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre ternstrœmie, et comprenant aussi les genres thé et camélia. On les appelle aussi caméliacées, caméliées et théacées.
— Encycl. La famille des ternstrœmiacéet comprend des arbres et des arbrisseaux, k feuilles ordinairement alternes, simples, entières ou dentées, souvent pubescentes, dépourvues de stipules. Les fleurs, en général grandes, variant du blanc au rouge, sont tantôt solitaires ou fasciculées aux aisselles des feuilles, tantôt disposées en grappes ou enpanicules terminales. Elles présentent un calice de trois k cinq folioles, ou davantage, inégales, libres ou soudées k la base; une corolle formée d'un nombre égal de pétales , opposés ou alternes, souvent inégaux, libres ou soudés k la base; des étamines en nombre indéfini, disposées sur plusieurs rangs, libres ou soudés en plusieurs faisceaux ; un ovaire libre, de deux k cinq loges pluriovulées, surmonté de styles en nombre égal, libres ou soudes entre eux et terminés chacun par un stigmate. Le fruit est une capsule ou une baie, de deux k cinq loges, renfermant des graines k tégument crustacé ou membraneux, à embryon droit ou arqué, tantôt entouré d'un albumen charnu, tantôt dépourvu d'albumen.
Cette famille, qui a des affinités avec les clusiacées, les hespéridées et les ébénacées, comprend les genres suivants, groupés en cinq tribus. I. Ternstrœmiées : ternstrœmie, visnéa, anneslée, dicalyx, eurya, cleyère, frèzière, lettsoraie. — II. Sauraujées .-saurauja, palava, apatélie, scaphe, vanalphimie, marumie, blumia, leucothée , davya, microsemme. — 111. Lapiacées: laplacée, Jindieya, bonnétie, archytée, kielmeyère, caraipa, marile , mahurée. — IV. Gordoniées ; stuartie , gordonie, polyspore, frauklinie. — V. Caméliées : camélia, thé, etc. Quelques auteurs rapportent encore avec doute k cette famille les genres adinandre, pyrénaire, leucoxylon, godoya, cochlospenne, amoreuxie, euryanthe, etc.
Les tcriistramiacées, appelées aussi quelquefois caméliacées ou théacées, habitent 1 Amérique tropicale et septentrionale, les
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Canaries, l'Asie orientale , etc. Leurs propriétés générales sont peu connues; elles n'ont guère été étudiées que dans un genre justement célèbre, le thé. ÎJn certain nombre d'espèces de cette famille se recommandent comme végétaux d'ornement; mais il en est bien peu qui puissent végéter en pleins terre sous nos climats.
TERNSTRŒMIE s. f. (tèrn-stré-mî — de Ternstrœm, botan. suéd.), Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, type de la famille des ternstrœmiacées et de la tribu des fernstrœmiées, comprenant une trentaine d'espèces , qui croissent dans l'Amérique tropicale.
— Encycl. Les ternstrœmies sont de grands arbres ou des arbrisseaux, à tige couverte d'une écorce cendrée, à feuilles épaisses, alternes, coriaces, très-entières, sans nervures apparentes, d'un vert foncé et ponctuées de noir en dessus, persistantes, dépourvues de stipules. Les fleurs sont blanches, campanulées, solitaires dans l'aisselle des feuilles. Le calice persiste et entoure la base du fruit, qui est une baie sèche, presque ligneuse, coriace, arrondie, à deux loges, renfermant plusieurs graines ovoïdes, un peu comprimées, rouges et soyeuses. Ce genre comprend une trentaine d'espèces, qui toutes croissent dans l'Amérique tropicale. Leurs propriétés n'ont pas été étudiées. Ces végétaux ne manquent pas d'agrément; toutefois, on ne les cultive guère que dans les jardins botaniques, où ils exigent la serre chaude; la culture est analogue a celle du thé. On rangeait autrefois dans ce genre quelques espèces originaires de l'Asie, qui appartiennent aujourd'hui au genre cleyère.
TERNSTRŒMIE, ÉE adj. (tèrn-Stré-mi-é — rad. ternsticemie). Bot. Qui ressemble ou Se rapporte à la ternstrœmie.
— 8. f. pi. Tribu de la famille des ternstrœmiacées, ayant pour type le genre ternstrœmie.
TERNUAY, village de France (Haute-Saône), cant. de Melisey, arrond., à 17 kilom. de Lure, à 47 kilom. de Vesoul, sur l'Ognon ; 1,340 hab. Tourbière, mine de plomb argentifère, huileries, moulins à tan. Il est dominé par une montagne calcaire, dont les flancs sont semés de pittoresques rochers et que couronne un plateau de 100 hectares, couvert de bruyères.
TERNUE s. f. (tèr-nù). Bot. Nom vulgaire du lupin,
TERNY-SORNY, village de l'Aisne, cant. de Vailly, arrond. et à 8 kilom. de Soissons, à. la lisière d'un plateau élevé ; 427 hab. Fabriques de sucre. Eglise du xiie et du xilie siècle. Château de Montgarni, transformé en ferme et offrant de jolis détails d'architecture.
TÉBOPIAMMON s, m. (té-ro-pi-amm-mon).
Chim. Matière organique qui se produit par l'action de l'acide nitrique dilué sur la narcotine.
— Encycl. La réaction de l'acide nitrique sur la narcotine étant terminée, le téropiammon se dépose sous forme d'une poudre blanche, parfois cristalline. La quantité de ce produit varie beaucoup avec Jes conditions dans lesquelles on a opéré. On le purifie par des cristallisations dans l'alcool. Il constitue des aiguilles incolores, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool chaud et l'éther. La potasse bouillante l'attaque en formant de l'opianate <>e potasse et en dégageant de l'ammoniaque. Sa composition est représentée parla formule C60H29AzO26.
Le iéropiammon peut être considéré comme une sorte d'amide de l'acide opianique. Il existe, en effet, entre ces deux corps la relation suivante :
C«°H29Az026
Téropiammon.
«= 5lC*0Hl0Oi0 + Azli3 — 4HO
Acide opianique.
Cette formule représente précisémentlaréuction que détermine la potasse sur le téropiammon.
TÉROULLE s, f. (té-roule). Techn. Terre noire et légère qui est l'indice de la proximité de la houille.
TERPAGER (Pierre), théologien protestant et historien danois, né à Ripen (Jutland) en 1654, mort dans cette ville en 1737. Sa vie fut consacrée tout entière a des recherches historiques. On lui doit les ouvrages suivants, précieux à divers titres : Ripx Cimbricx, seu urbis Itipensis in Cimbria sit& descriptio ex antiguis monumentis , bullis , diplomalibus eruta, etc. (Fieu.sbourg,.l736, in-4»), ouvrage du plus haut prix pour l'histoire de l'Eglise de Danemark ; Inscriptiones Ripenses latins, danicx, germanics, etc. (Copenhague, 1702, in-4°) ; Hipensium episcoporum séries et vita (Copenhague, 1704, in-4"); Chronicon ecclesix Bipemis (Copenhague, 1708, in-4°). — Son fils, Laurent Terpager, est 'connu par quelques traités, dont le plus important, relatif à 1 histoire de l'imprimerie en Danemark, est intitulé : De typographie natâlibus in Dama.
TERPAN s. in. (tèr-pan). Art milit. Arme de guerre en usage autrefois chez les Turcs et qui était une espèce de serpe fixée au bout d'une longue hampe.
TERPANDRE, poète et musicien grec, né
Eeut-ètre a Lesbos vers 676 av. J.-C. Il fixa sept le nombre des cordes de la lyre, en en ajoutant une ou plusieurs, car on ne sait pas
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au juste combien elle en avait eu jusquelà. (Jette innovation fut, dit-On, punie d'une amende par les éphores de Sparte. Cependant il avait récemment rendu un grand service à la cité en apaisant une sédition par seschants. Il avait flxé la mélopée qui convenait aux poésies d'Homère et composé des airs qui se jouèrent pendant longtemps à l'ouverture des jeux publics. Pindare lui attribue l'invention des scolies ou chansons bachiques,
. TERPEN s. m. (tèr-pènn). Nom donné, dans la Frise, à des monticules de terre dominant de 5 ou 6 mètres le niveau de la plaine et sur lesquels s'élèvent souvent soit des fermes, soit même des villages : On pense que les terpens furent construits à des époques inconnues, par les premiers habitants de la Frise, pour se soustraire, pendant tes hautes marées et les inondations, aux ravages des eaux. (H. Berthoud.)
TERPENTILÈNE s. m. (ter-pain-ti-lè-ne — du lat. ter, trois fois, et de pentilène). Chim. Hydrocarbure isomère dutérébenthène, qui se trouve dans l'essence de térébenthine française, en même temps que ce dernier corps.
— Encycl. V. TÉRÉBENTHINE.
TERPILÈNE s. m. (ter-pi-lè-ne). Chim.
Hydrocarbure qui prend naissance lorsqu'on décompose le bichlorbydrate solide d'essence de térébenthine par des réactifs faibles.
— Encycl. V. TÉRÉBENTHINE.
TERPINE s. f. (tèr-pi-ue). Chim. Hydrate d'essence de térébenthine, qui résulte de l'union d'une molécule d'essence avec deux molécules d'eau.
— Encycl. V. TBRÉPBNTHINB.
TERP1NOL s. ni. (tèr-pi-no-le). Chim.
Hydrate de térébenthine, qui résulte de la combinaison de deux molécules d'essence avec une molécule d'eau.
— Encycl. V. TÉRÉBENTHINE.
TERPNANTHE s, m, (tèr-pnan-te — du gr. terpnos, agréable ; anthos, fleur). Bot. Syn. de spiranthére, genre de diosmées. .
TERPODIDM s. m. (tèr-po-di-omm). Mus.
Sorte de clavi-cylindre perfectionné par Jean- David Buschmann en 1819.
TERPSICHORE s. f. (tèr-psi-ko-re — nom d'une Muse, formé de terpô, je charme; choros, chœur). Chorégr. Danseuse habile : Tous les seigneurs furent enchantés de cette nouvelle terpsichore. (Le Sage).
J'ai vu Daphné, Terpsichore légère, S'abandonner a des bonds pleins d'appas. De Berms.
— Astron. Nom d'une planète télescopique.
— Encycl. Astron. Terpsichore est la 8ie planète télescopique. Elle fut découverte par M. Tempel le 30 septembre 1864, à l'observatoire de Marseille.
Voici le tableau de ses principaux éléments ;
Moyen mouvement diurne. . 733",97 Durée de la révolution sidérale en jours moyens. . . 1,760 jours 45 Distance moyenne au soleil. 2,86
Excentricité 0,213
Longitude du périhélie ... 46° 8' "!'• Longitude moyenne de l'époque 37»6' 11"
Longitude du nœud ascendant 20 31f 37"
Inclinaison 7<> 55' 27"
Epoque en temps moyen de
Paris o janvier 1865
TERPSICHORE (du gr. Terpsiehoros, proprement qui charme par la danse ; de terpô, je charme, je réjouis, et de choros, danse). Le grec terpô se rattache à la racine sanscrite tarp, qui est dans tarpjami, rassasier, saturer, et tarpajami, réjouir, d'où tarpanam , joie , satiété , tarpin , plaisir , trapd , gloire, célébrité ; à la même famille appartiennent le gothique thrajsljan, ancien haut allemand traust, ancien allemand trost, consoler, et le lithuanien tarpti, croître,. tarpa, végétation, croissance). C'est une des neuf . Muses; elle présidait a la danse et au chant du chœur. On la représentait ordinairement comme une jeune fille, au visage riant, couronnée de guirlandes ou d'un diadème, tenant à la main une harpe ou une lyre. On lui donne pour filles les Sirènes et, d'après quelques mythographes, Mars la rendit mère de Biston.
— Iconogr. Dans la célèbre série des statues antiques des Muses trouvées à Tivoli et qui sont placées au musée du Vatican, Terpsichore est représentée sous les traits d'une belle jeune femme assise, couronnée de laurier et appuyant sur sa cuisse gauche une lyre faite d'une écaille de tortue et surmontée de deux cornes de chèvre; elle tient de la main gauche une de ces cornes et approche la main droite des cordes de l'instrument. Sa robe, élégamment drapée, a des demi-manches fendues et ornées de boutons sur 16 côté; son manteau, retenu par une fibule sur l'épaule gauche, forme des plis abondants sous la lyre. Il existe plusieurs répétitions de ;cette belle statue. Elle a été gravée plusieurs fois, notamment par N.-F. Bertrand et par Réveil, Nous avons signalé
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plusieurs autres figures de cette divinité dans notre iconographie des Muses. V. ce mot.
De Prézel, dans son Dictionnaire iconologique, donne les indications suivantes sur la manière dont les artistes modernes ont figuré la Muse delà danse : « Elle se présente toujours à nous sous la figure d'une jeune nymphe vive et enjouée, couronnée de guirlandes et exprimant par la légèreté de ses pas et la mollesse de ses mouvements les jeux, les ris et les grâces. Elle tient une harpe dans ses mains et a plusieurs autres instruments de musique autour d'elle. Au lieu d'une harpe, on la voit encore tenant un tambour de basque ; les plumes qui sont sur sa tête et que le vent agite, son pied que la légèreté soutient en l'air, la joie qui brille dans ses yeux caractérisent les danses et les ballets que l'on doit au génie de cette Muse. » Dans un tableau du Louvre, qui a fait partie de la décoration de l'hôtel Lambert, E. Le Sueur a représenté Terpsichore assise et agitant avec une baguette des anneaux de métal traversés par un triangle; cette figure a été gravée par B. Picart, par P. Laurent et Audouin {Musée français), par Huot, et dans les racueilsde Landon (II, pi. 49), de Filhol (I, pi. u) et de Réveil (II, pi. îoo bis). La Terpsichore peinte par P, Baudry dans le foyer de l'Opéra, à Paris, est une jeune femme blonde, vêtue d'une robe blanche, assise et se chaussant de brodequins roses ; elle lance au loin une œillade doucement provocante. Un tableau de M. Schutzenberger, qui a paru au Salon de 1861 et qui appartient au musée du Luxembourg, représente Terpsichore formant a la danse un adolescent et une jeune fille qu'elle tient par la main ; l'orchestre se compose d'un berger jouant de la double flûte, d'une petite fille promenant ses lèvres sur la flûte de Pan et d'une femme marquant la cadence avec des cymbales; au fond, la nymphe Echo écoute la cantilène et en répète la dernière note; la scène se passe dans un paysage arcadique ayant la mer bleue pour horizon.
Parmi les nombreuses représentations de Terpsichore dues à la statuaire moderne, il faut citer en première ligne celle qu'a exécutée Canova; nous lui consacrons ci-après un article spécial. Le Comte exposa au Salon da 1771 un bas-relief représentant Terpsichore jouant de la guitare et assise sur un char que les Amours traînent avec des guirlandes de fleurs, que des bacchantes précèdent en dansant et que suivent les Grâces et la Musique; deux satyres, par leur action, désignent la danse de caractère, a H y a assurément beau- t coup de génie dans la composition de ce mor- ' ceau, a dit Diderot; elle est très-agréableinent ordonnée. Je ne puis cependant m'empêcher de croire que Terpsichore eût été beaucoup mieux debout qu'assise, car je ne pense pas qu'aucun talent d'exercice puisse se caractériser par une figure assise. M. Le Comte peut m'objecter qu'elle pince de la guitare. Je réponds qu'en ce cas il faut opter : ou elle est prise particulièrement pour la musique ou bien pour la danse; si c'est ici le dernier cas, ce qui me paraît vraisemblable, la harpe ne doit être que l'attribut du premier de ces deux talents. » Un. statuaire contemporain, M. Gruyère, a exposé au Salon de 1872 uue Terpsichore debout sur la jambe gauche, que laisse à découvert la" tunique soulevée pur la danse ; elle a la poitrine et les bras nus et lève au-dessus de sa tête un tambour de basque. Une statue en pierre de la Muse de la danse a été exécutée par M. F. Roubaud pour le Grand-Théâtre de Lyon. Une statue de bronze, par Aialknecht, a paru au Salon de 1857, Un groupe de M. Otto Koenig, de Dresde, Terpsichore donnant des leçons au petit Bacchus, a. figuré à l'Exposition universelle de 1867.
T«rp«icliore, statue de marbre par Canova. Voici en quels termes Quatremère de Quinoy a décrit cette œuvre remarquable : « La Muse de Canova paraît répondre à sa destination, c|est-à-dire au caractère de richesse et de simplicité idéale toutefois que le sujet exige. < Noble Sans affectation ni recherche de dé- ! tails minutieux, elle est vue debout, la main : gauche appuyée sur le haut de sa lyre ; la droite tient le cestrwn. Son habillement est simple, mais riche en même temps, par la noblesse ingénieuse de lu draperie supérieure, qui, en découvrant l'étoffe de- la Umique sur son sein, sur sa cuisse et sur sa jambe gauche , vient lui faire comme une sorte de ceinture. .Celle-ci, se raccordant avec les plis inférieurs, produit une chute heureuse en accompagnement du cippe et une variété de travail fort agréable entre les deux étoffes. La pose générale de la ligure, par le fait d'une des jambes qui se croise sur l'autre, ! est à la fois simple et variée. La tête, dans la noblesse de sa forme et l'élégance de sa coiffure, rappelle ce que. l'antique, en ce genre, a pu inspirer de plus analogue au sujet. Cette tête, vue de profil quand le corps est vu de face, donne aussi un intérêt de variété à tout l'ensemble. » La statue dont on vient de lire la description fut exécutée pour M. de Sommariva et fut exposée, à Paris, au Salon de 1812; elle a été gravée par P. Fontaiia. Une autre figure de Terpsichore, moins heureuse de forme et d'expression, avait été précédemment exécutée par Canova pour M. Simon Clarke.
TERPSINOÉ s. f. (tèr-psi-no-é). Bot, Genre
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d/algues, de la tribu des diatomées ou bacillariées, dont l'espèce type croit dans les eaux douces de l'Amérique tropicale.
TERPSIPHONE s. m. ftèr-psi-fo-ne — du gr, terpsis, agrément; phonê, voix). Ornith. Syn. du genre gobe-mouches. Il Section du même genre, suivant d'autres auteurs.
TERQUEM (Olry), mathématicien français, né à Metz, d'une famille juive, en 1782, mort à Paris en 1862. D'abord élève de l'Ecole centrale, il entra en 1801 à l'Ecole polytechnique, où il devint, en 1803, répétiteur adjoint d'analyse et de mécanique. Terquem fut ensuite professeur de mathématiques au lycée, puis à l'Ecole d'artillerie de Mayence, revint en 1804 à Paris et obtint peu après la place de bibliothécaire du dépôt d'artillerie de Saint- Thomas-d'Aquin. 11 était docteur es sciences et officier de la Légion d'honneur. I! est surtout connu pour avoir dirigé longtemps avec M. Gérono la publication des Nouvelles Annales de mathématiques, fondées en 1841. I! rédigeait principalement la partie bibliographique de ce recueil. Ses jugements, généralement empreints de partialité et de légèreté, . étaient encore le plus souvent dirigés à rencontre du progrès et de la suine philosophie, mais ils n exerçaient heureusement aucune influence. En 1855, il mit au jour son Bulletin d'histoire, de biographie et de bibliographie mathématiques. On lui doit divers ouvrages : Manuel d'algèbre; Manuel de géométrie; Manuel de mécanique; Exercices de mathématiques élémentaires; Lettres d'un Israélite français à ses coreligionnaires ou Lettres tsarphaliques (1821-1837, in-8»), etc.
TERRA-BOMBA.tle de la mer des Antilles, sur la côte de la Nouvelle-Grenade, à 6 kilom. S.-S.-O. de Carthagène. Elle a 15 kilom. de longueur sur 20 de largeur et est située à l'O. d'une grande baie qui se prolonge au S. de Carthagène jusqu'à l'Ile Baru.
TERRACINA, femme poète italienne, qui vivait vers le milieu du xve siècle. Un volume de ses poésies a été publié à Venise eu 1565. On a encore d'elle un Discours sur le commencement de tous les chants de l'Arioste.
TERRACINE, anciennement Anxnr, ville du royaume d'Italie, arrond. de yelletri, au pied d'une montagne et sur la rive gauche du canal de Portatore, à l'extrémité S.-E. des marais Pontins, avec un port de pèche sur la mer Tyrrhénienne, à 100 kilom. S.-E. de Rome, par 41° 18' de latït. N. et 13» 13' de longit. E.; 5,000 hab. Evêché. La ville d'Anxur était située sur le sommet de la colline. Horace a très-bien indiqué sa situation dans ce vers :
lmpositum laie taxis candcntibus Anxur.
La ville actuelle, bâtie un peu au-dessous de l'ancienne cité des Volsques, se divise en ville neuve et ville vieille et se ressent de l'insalubrité des marais Pontins qui l'avoisinent. Les anciens Romains avaient sur la colline de Terracine beaucoup de maisons de campagne. L'empereur Galba en possédait une près de l'enceinte où s'ouvrent d'anciennes grottes creusées dans le rocher. On y aperçoit aussi des ruines de substructions, qu'on attribue faussement au palais du roi Théodorie. On voit enfin sur la colline l'ancienne enceinte des murailles d'Anxur, les ruines de plusieurs tombeaux antiques et des réservoirs d'eau. Le port de cette ville, construit par Antonin le Pieux, devait être considérable, à en juger par les restes qui subsistent encore; on y reconnaît très-bien la forme du bassin ; les anneaux de pierre qui servaient à amarrer les vaisseaux se voient encore; mais ce port s'étant rempli de sable, la mer s'est éloignée du bassin. Plusieurs papes ont eu le projet de le faire nettoyer, mais ces beaux plans n'ont pas même reçu un commencement d'exécution. On trouve à Terracine des vestiges des divers peuples qui l'ont possédée. La cathédrale est bâtie sur les ruines d'un temple de Jupiter Anxurus. La nef est soutenue par six colonnes de différents marbres. Les magnifiques colonnes' cannelées qui supportent le baldaquin proviennent, dit-on, de l'ancien temple de Jupiter. La chaire, supportée par cinq colonnes de granit, est ornée de mosaïques. La fameuse voie Appienne passait à Terracine, et l'on en voit encore un beau reste au bas do la ville. Terracine a été fondée, à ce que l'on croit, par les Volsques, qui lui donnèrent Je nom d'Anxur. Rome, après avoir subjugué les villes du Latium, envoya ses troupes victorieuses assiéger cette ville, qu'elles prirent l'an 349 de Rome. Toutefois, les Volsques la reprirent aux Romains, qui s'enemparèrent de nouveau l'an 424, la conservèrent et en firent une colonie, que sa position rendit trèsimportante. En 1793, un commandant français y ayant été lâchement assassiné par les révoltés, le général Lemoine se porta aussitôt sur cette ville, la prit d'assaut le 11 août et la mit au pillage pour la punir.
TERRADE s. f. (tè-ra-de — rad. terre).
Agric. Boue des rues qu'on emploie pour amender les terres.
TERRADE (Olivier db La Trau, sieur de La), hospitalier et écrivain français, né vers la fin du xvie siècle. Il entra dans l'ordre des hospitaliers du Saint-Esprit, fut nommé, en 1617 , vicaire et visiteur général dans les royaumes de France et de Navarre, devint, en 1619, général de l'ordre à Montpellier et
TERR
fut re ;onr u, en 1625, par le pape Urbain VIII indépendant du général de Rome. Regardant son ordre comme militaire, La Terrade créa des chevaliers laïques, même mariés. Il eut maille à partir aveu l'inquisition et fut enfermé dans les ptisons du saint-office; on ignore où et quand il mourut. On a de lui : Discours de l'ordre militaire et religieux du Saint-Esprit, contenant une ample description de son établissement (1629, in-4°); \e Pourtraict raccourci/ de Monseigneur l'Eminentissime cardinal de Grimaldi, en vers (1643, in-so).
TKRHA-DOS-COELHOS, île du Brésil, province de Para, dans la Guyane, entre les embouchures de l'Arnary et du Carapapury, dans l'Atlantique, au S. de l'Ile Maraca. Le cap del Norte, par 1" 59' de iaiit. N. et 52° ÏO' de longit. 0., est à son extrémité.
TERRAGE s. m, (tè-ra-je — rad. terre).
Féod. Droit en blé et en légumes que prélevait le seigneur' de la terre : Le terrage se confondait souvent avec le champart. il Droit perçu par le seigneur sur les marchandises . étalées à terre aux foires et marchés.
— Techn. Opération du raffinage du sucre qui a pour objet de blanchir celte substance et qui consiste à étendre sur la base des pains une bouillie d'argile blanche, dont l'eau, en filtrant lentement à travers toute la masse, dissout le sirop coloré qui adhère aux cristaux et l'entraîne : On donne un nombre plus ou moins grand de tehrages successifs, suivant le degré de blancheur que ion veut obtenir. (Maigne.) U Syn. de gommage, chez les potiers.
TERRAGNOL, OLE adj. (tè-ra-gnol; gn mil, — rad. terre). Manège. Qui est chargé d'épaules et dont les mouvements sont trop près de terre : Un cheval tehragnol. Une jument terraqnole.
— Substatuiv. : Un terragnol.
TERRAILLE s. f. (tfe-ra-lle ; Il mil. — rad.
terre). (Jouira. Poterie de terre fine fabriquée dans le midi de la France : De la terraille du Gard.
TERRAILLER v. a. ou tr. (tè-ra-llé; Il mil. — rad. terre). Agric. Couvrir, en hiver, d'une couche de terre : Terraillkr des prés, il On dit aussi terrer.
TERRAIN ou TERREIN s. m. (tè-rain — lat, terrenum; de terrenus, de terre, formé de terra, terre). Espace rie terre : Un vaste terrain. Un terrain à bâtir. Le terrain se vend très-cher à Paris. Le terrain où nous étions étalait les charmes d'un séjour riant et champêtre. {1.-3. Rouss.) Tous arrivèrent pêlemêle sur un petit terrain de gazon, au pied des remparts à demi ruinés. (A. de Vigny.)
— Espace de terre occupé par une armée en campagne; champ de bataille -..L'armée a abandonne /«terrain. Ils oui laissé cinq cents morts sur le terrain.
— Sol considéré par rapport à l'état de sa surface : Un terrain glissant. Un terrain humide. Un. terrain mouuwit,
— Sol considéré au point de vue de sa nature : Un terrain sablonneux. Un terrain fertile. Un terrain aride. Un bon terrain. Il y a des terrains indomptables, comme les landes de Bordeaux, la partie de la Champagne nommée Pouilleuse. ( Volt.) Il y a des hommes dont le coup d'œil est si exercé qu'à l'inspection d'un terrain ils peuvent dire avec quelque certitude si on peut y trouver des truffes, (Brill.-Sav.) Les terrains argileux et les terrains calcaires donnent naissance â peu de plantes qui leur soient exclusivement propres. (Bosc.)
— Fig. Position, situation, état des choses ou des esprits : Interroges -le; sondez le terrain. Vous êtes là sur un terrain brûlant. Il faut savoir choisir son terrain. Vous ne connaissez pas le terrain, et il vous convient de l'étudier, de le tâier. Il est bon, madame, de ne pas laisser un amant seul maître du terrain. (Mol.) Nous allâmes faire un tour dans la ville, pour reconnaître le terrain. (Le Sage.) Il Toute situation me parait moins dangereuse quand uu homme se place sur le terrain de la franchise. (Balz.) Il Situation particulière dans laquelle on brille, dans laquelle ou a ordinairement l'avantage : Madame, il est là sur son terrain. (P.-L. Courier.) La discussion était souterrain. (G. Sand.Jll Lieu considéré au point de vue des dangers qu'on y court : Vous allez partir, mon enfant, vous allez à la cour; c'est un terrain glissant. (De Vigny.) tl Lieuconsidéré au point de vue de ses avantages, de ses effets, de ses relations avec les caructères ou les événements humains : Les arts, transplantés de Grèce en Italie, se trouvaient dans un terrain favorable. (Volt.)
— Ménager le terrain, User de circonspection : Evitez de l'irriter; l'affaire est grave, ei vous devez ménager le terrain.
— Abandonner le terrain, Reculer, céder dans une discussion : A votre place, je m'abandonnerais pas si facilement le terrain. (Le Sage.)
— Disputer le terrain, Se défendre dans une discussion : Il dispute le terrain jusqu'au bout. (Ozanam.)
— Gagner du terrain, Faire du progrès : L'incendie a gagné du terrain.
— Perdre du terrain, Reculer, perdre une partie de ses avantages : La mer perd du
tehrain sur certains points et en gagne sur certains autres. La civilisation perd quelquefois du terrain, mais le regagne ensuite.
— Aller, descendre sur le terrain, Se battre en duel : Nous «'irons pas sur le terrain pour cette question-là.
— Peint. Espace d'un tableau ou d'un dessin, dans lequel la terre est représentée nue ou couverte d'objets qui ne cachent pas la forme propre du sol : Les terrains de ce peintre sont uniformément couleur de brique. Les terrains ne fuient pas dans ce paysage.
— Manège. Piste qu'on suit en travaillant le cheval, il Tàter le terrain, En parlant du cheval, Marcher avec une sorte d hésitation.
Il Embrasser du terrain, Embrasser son terrain, Prendre du large, manœuvrer sur un grand espace. Il Perdre du terrain, Se rétrécir sur ses voltes.
— Géol. Couche minérale considérée par rapport à sa nature ou à son ancienneté : Terrain houiller. Terrain calcaire. Terrain primitif. Terrain diluvien. Terrain plutonien. Le terrain déoonîen se compose de schistes, de grès et de calcaires divers. (L. Figuier.) il Terrains perméables, Ceux, que les eaux peuvent pénétrer et traverser.
— Agric. Défoncer un terrain, Le fouiller,
fiour remplacer par de la terre ou du fumier es matières impropres à l'agriculture.
— Rem. La forme terrein, quoique plus conforme à l'étymologie, est aujourd'hui à peu près abandonnée.
— Syn. Terrain, terroir. Le ferrai», c'est la terre considérée dans les qualités qui la rendent propre ou impropre a produire ; le terroir, c'est la terre considérée comme mise en œuvre par l'agriculteur et produisant réellement telle ou telle nature de fruits.
— Encycl. V. GÉOLOGIE.
TERRAL s. m. (tè-ral — rad. terre). Mar. Vent de turre.
TERRAMARE s. f. (tèr-ra-ma-re — du lat. terra, terre; amara, amère). Géol. Terre ammoniacale employée comme engrais dans quelques parties de l'Italie. Il Amas de débris de toute sorte amoncelés, sur certains points de l'Italie, par les hommes des époques préhistoriques.
TERRA-MERITA s. f. ( tèr-ra-mé-ri-ta).
Coitur.. Nom donné au rhizome du cutcuma réduit en poudre : On ne retire de la terre la racine du terra-merita qu'après que les fleurs sont passées. (V. de Boinare.)
TERR AN, ANE adj. (tè-ran, a-ne — du lat. terra, terre). Hist. nat. Qui vit ou croit sous la terre.
TEHKANEtf, ville de la basse Egypte, province de Baheireh, sur la rive gauche du Nil, a 50 kilom. N.-O. du Cuire. C'est le rendezvous des caravanes qui vont extraire ilu.autron des lacs situés à environ 60 kilom. 0. de celte ville.
TERRANOVA ou CIV1TA, ancienne Olbia, ville de l'Ile de Sardaigne, au fond du golfe de son nom, dans une plaine malsaine, à 30 kilom. E. de Teinpio; 2,000 hab. Evèché, dit de Ciyita-et-Ampuiias. Le port, quoique d'une profondeur de 6 mètres et abrité de tous les vents, n'est praticable que pour des bâtiments. légers, l'entrée en étant presque comblée.
TERRANOVA, ville du royaume d'Italie, Caîabre Ultérieure 1", dans une plaine, et qui était, avant le tremblement de terre de 1783, une des plus belles villes de la Calabre, à 22 kilom. N.-O. de Gerace; 1,000 hab.
TERUANOVA, ville de Sicile, dans la province et à 61 kilom. S. -S. -F. de Caltanisetta, sur une colline, à l'embouchure do la rivière du même nom, avec un château et une rade qui offre un bon mouillage, par 37° 1' de latit. N. et 12» 3' de longit. E.; 14,000 hab. Cheflieu d'arrondissement. Belles églises. Commerce assez considérable eu froment, orge, légumes, pistaches, amandes, soude et soufre, que 1 ou fabrique dans les environs en grande quantité. Fondée par Frédéric d'Aragon vers Ja fin du xiit» siècle. Restes antiques dans le voisinage. Cette ville se vante, à tort ou k raison, de posséder les plus belles famines de la Sicile.
TERRAPÈNE s. f. (tèr-ra-pè-ne). Erpét.
Genre de reptiles chéloniens, formé aux dépens des émydes.
TERRAP1LATA, plaine de Sicile, province, près et à l'E. de Caltanisetta. Elle a une étendue de 61 kilom. carres. Son sol est argileux et blanchâtre; il est couvert de chaux oarbonatee cristallisée et mêlée de jaspe , de marne, de deutoxyde de fer, d'argile endurcie et ferrugineuse ; ces substances, dispersées confusément, attestent que cette plaine a été agitée par des révolutions. On remarque dans son centre de petites fontaines bouillantes, et de distance en distance des trous qui lancent de l'eau avec un bruit soutenu et assez fort. Ces trous, remplis d'eau, paraissent être les cratères d'autant de petits volcans qui vomissent de l'eau mêlée à l'air.
TERRAQUÉ, ÉE adj. (tè-ra-ké — du lat.
terra, tirre; aqua, eau). Composé de terre et d'eau; usité seulement dans les expressions globe terraqué, planète lerraqtwe, pour désigner la tene : J'ai peur que notre petit globe terkaquk ne soit précisément les pe-
TERR
tites-maisons de l'univers. (Volt.) Le globe terraqub se forme de cinq continents. (Bory de St- Vincent.) N'ayant pu retenir à la vie, sur ce globe terraqué, les êtres qui m'ont aimé, qu'il me soit au moins donné de continuer ailleurs avec eux une existence dont ils m'ont fait connaître les douceurs. (Kératry.) S'il existait des moyens de transport pour voyager dans la lune et qu'il prit fantaisie aux propriétaires d'y porter leurs épargnes, au bout d'un certain temps noire planète terraqube serait transportée par eux dans son satellite. (Proudh.)
TERRAS s. m. (tè-râ — rad. terre). Comm. Résine impure et mêlée de terre, qu'on recueille au pied des arbres.
TERRASSANT, ANTE adj. (tè-ra-san, ante — rad. terrasser). Qui terrasse, qui jette dans la stupéfaction et l'impuissance .• Nouvelle terrassante. Argument terrassant.
TERRASSE s. f. (tè-ra-se — b:is lat. terracea; de terra, terre). Exhaussement du sol obtenu au moyen de terres ou autres matériaux entassés : La terrasse du bord de l'eau au jardin des Tuileries. Z,a terrasse </e Saint- Germain-en-Laye. Un jardin en terrasses, disposé en terrasses étagées. C'est autant pour sauver des inégalités que pour procurer des pnints de vue, que l'on élève des terrasses. (J. Humbert.)
— Terrain naturellement exhaussé et uni ; Les chaînes africaines sont plus remarquables par leur largeur que par leur hauteur ; si elles arrivent à un niveau très-considérable, c'est en s'élevunt lentement de terrasse- en terrasse. (M.-Br.)
— Ouvrage de maçonnerie attenant à un édifice et couronné par une plate-forme : // a fait construire une terrasse au premier étage de sa maison. Ses fenêtres donnent sutune terrasse.
— Contre-terrasse, Terrasse adossée k une autre et moins élevée qu'elle.
— Toit en terrasse ou simplement Terrasse, Toiture horizontale servant de terrasse : Portons ce cadavre sur la TERRASSK de notre logis et le jetons par la cheminée dans la maison du musulman noire voisin. (Gallund.) La maison était surmontée d'une petite terrasse. (Vil.einain.)
— Travaux de terrasse, Travaux de terrassement.
— Blas. Pièce qui occupe le bas de l'écu, et qui a la même forme que la Champagne, dont elle se distingue en ce que, au lieu d'être rectiligne, la ligne qui la détermine présente des sinuosités arrondies : De Vignes de Puylaroque : D'or, à une vache de gueules, clarifiée d'argent, passante sur une terrasse de sinopte.
— Peinture. Terrain placé au premier plan.
— Sculpt. Surface du socle qui porte immédiatement la figure.
— Constr. Terrasse de Hollande, Tuf volcanique d'Andernach, cuit et réduit en poudre pour servir de ciment.
— Techn. Partie d'une pierre précieuse qui ne peut prendre le poli, il Cavité du marbre ou de la pierre, remplie de matière terreuse. Il Nom des cavitts remplies d'une matière terreuse, friable, sans consistance, que présentent parfois les marbres et les pierres.
Il Cuvette dont le tireur d'or se sert pour faire chauffer les pièces à dorer.
— Encycl. Les premières maisons construites dans l'antiquité furent couvertes en terrasse ; c'est la seule couverture des maisons primitives. La Bible est pleine de citations qui témoignent de cet usuge chez les Hébreux , qui eux-mêmes imitaient en ceci d'autres peuples plus anciens qu'eux. Dans le Deutéronvme (chap. xxn, v. 8), il est expressément recommandé d'établir sur la couverture de sa maison et tout k l'entour un parapet, de peur de se. rendra coupable de la mort de celui qui viendrait à se précipiter en bas, faute de cette précaution.
De même qu'autrefois, les habitations orientales sont aujourd'hui surmontées de terrasses. On doit attribuer ce genre d'architecture au climat qui règne dans ces pays, où les pluies rares permettent de se passer de toits fortement inclinés. Hérodote nous apprend que, de son temps, comme aujourd'hui, les toits étaient en terrasse en Egypte, lorsqu'il nous donne la description du Labyrinthe. Se plaçant sur une hauteur d'où l'on apercevait k vol d'oiseau cet ensemble de tant de masses d'édifices , il en compare l'aspect à celui d'une plaine remplie de pierres.
Homère dit, dans son Odyssée (I. X, v. 552), qu'Elpenor ayant été dormir sur la terrasse du palais de Circé, qui n'avait pas de parapet sur l'un de ses côtés, il se trompa de côté à son réveil, et, croyant aller vers l'escalier, il se précipita en bus de la maison.
De même, en Italie, le plus grand nombre des maisons se teniiinuit en terrasse.
Plus on remonte vers le nord, plus les terrasses deviennent rares, parce que le climat s'y oppose. La longueur des hivers et la chute des neiges réclament des toitures solide^, qui doivent être d'autant plus inclinées que l'on avance davantage vers le nord.
Les terrasses, qui sont si communes en Afrique, en Asie, en Grèce, en Italie, en Espagne, sont assez rares en France; toutefois, on en trouve encore quelques-unes en Pro-
-TERR
vence. Elles Font à peu près inconnues dans les Etats du Nord.
En Italie, et principalement a Naples, l'usage des terrasses est général. Toutes les maisons de celte dernière ville sont terminées par des terrasses qui ont un parapet donnant sur la rue. L'emploi universel de la pouzzolane permet de couvrir ainsi les maisons d'un massif assez épais, qui est imperméable aux eaux pluviales. A Rome, on surmonte les terrasses d'une petite construction appelée loggfh, dont le but est de les mettre à couvert de la chute des eaux.
Dans les pays où la pouzzolane est peu employée , on a deux procédés pour construire les terrasses : l'un consiste à se servir d'un dallage de pierre, soutenu en dessous par des solives ou par une voûte; l'autre consiste k faire une terrasse en plomb. Ce dernier système est le plus léger. Le premier est dangereux lorsque le dallage n'est pas soutenu par une voûte, car, lorsque les poutres viennent à se pourrir, la toiture s'affaisse et tombe sur la tête des habitants.
TERRASSE (la), village de l'Isère, cant. de Touvet, arrond. et à 23 kiloin. de Grenoble, près de l'Isère, sur les bords d'un ruisseau qui forme de gracieuses cascades; 1,220 hab. Filatures de coton, taillanderie, fabrique d'acier, de faux et de limes. A la porte de l'église, on remarque une inscription antique : Mercurio aug. L. Divivs Rufus ex voto S. L. M. Ruines de l'ancien château de la Terrasse. Beau pont,
TERRASSE- DESSILLONS (François - Joseph), humaniste français. V. Dessillons.
TERRASSÉ, ÉE (tè-ra-s'é) part, passé du v. Terrasser. Muni de terre : Les murailles ancii 7ines n'étaient pas, comme les nôtres, terrassées et appuyées d'un glacis. (Duresiu de La Malle.)
— Jeté à terre dans une lutte :
Le lion terrassé ne rugit plus, il râle.
A. Souiiet.
On exposait une peinture, Où l'artisan avait tracé Un lion d'immense stature Par un seul homme terrassé.
La Fontaine.
— Fig. Vaincu :
Il voit sans intérêt leur grandeur terrassée.
Racine.
Il Abattu : Terrassé par la tristesse dans ta carrière, tu vas en laisser échapper la gloire. (N. Lemercier.)
... Sa langue en sa bouche a l'instant s'est glacée. Et toute sou audace a paru terrassée.
Racine.
— Blas. Se dit des plantes qui paraissent croître sur une terrasse, qui ont leur pied entouré de terre : De Laurens : D'argent, à un laurier de sinopte, terrassé du même, n Se dit d'un écu qui porte un terrain à sa pointe.
— Agric. Terré : Une vigne terrassée.
TERRASSEMENT s. in. (tèra-sQ-inan — rad. terrasser). Action d'amonceler, d'entasser des terres : Un terrassement pénible et coûteux. On a entrepris de grands travaux de terrassement.
— Terres amoncelées : Un terrassement solide. Le terrassement a été emporté pattes pluies.
— Encycl. Les travaux de terrassement comprennent toutes les opérations ayant pour but de transformer le soi, soit en y apportant des terres pour le rehausser, soit en le fouillant' pour y pratiquer des excavations. La main-d'œuvre des terrassements se compose de plusieurs opérations distinctes, que l'on peut classer dans l'ordre suivant : la fouille, lo jet à la pelle ou la charge, le transport, l'emploi en remblai, le dressement des talus.
La fouille consiste k rendre la terre assez meuble pour qu'elle puisse être facilement maniée; le jet ù la pelle consiste à prendre la terre fouillée et à la lancer à la place qu'elle doit occuper si le lieu d'emploi est situé à moins de 3 mètres en distance horizontale, ou à lm,60 au plus s'il est en contre-haut de la fouille. Si le lieu d'emploi est à une distance plus considérable, on met la terre dans une brouette ou dans un tombereau qui la transporte à sa destination ; on donne le nom de charge à cette manœuvre.
Le transport est l'opération par laquelle la terre chargée dans une brouette ou un tombereau se trouve conduite au lieu d'emploi.
L'exécution en remblai donne à la terre transportée la forme que doit affecter le remblai. Cette main-d'œuvre comprend : i« lu régalage, qui est destiné à répandre la terre suivant des couches successives dont l'ensemble doit reproduire la forme du remblai ; 2o le pilonnage, qui est destiné à briser les mottes trop grosses qui produiraient dans la masse des vides,, lesquels occasionneraient par la suite un trop fort tassement.
Enfin, le dressement.des talus est une maind'œuvre particulière qui a pour but de rectifier la forme des côtés inclinés des remblais ou des déblais.
Les ateliers de terrassement doivent être disposés de façon à éviter les remaniements inutiles de terre, et, à cet effet, les chargements doivent s'opérer, autant que possible, à la fouille elle-même. Les moyens d'exécution, bien que très-variables en raison de la nature du terrain, de la hauteur et de la
TERR
largeur de la fouille, doivent toujours avoir une bonne disposition 4e banquettes, de chemins, de relais et lieux de chargement, et le personnel doit toujours être distribué de manière que les pelleteurs ne soient jamais arrêtés par les piocheurs, et les rouleurs par les chargeurs. 11 ne suffit pas, pour une bonne organisation, que chaque atelier, pris isolément, soit composé de la manière la plus convenable ; il faut encore que tous les ate-, liers soient combinés entre eux de façon à ne pas se gêner mutuellement. Quand on veut placer deux ou plusieurs ateliers, il faut donner à chacun d'eux un emplacement suffisant pour que le travail puisse s'y faire librement et sans gêne, mais assez circonscrit pour qu'il n'occupe que l'emplacement indispensable et qu'il laisse à côté de lui toute la place nécessaire pour l'établissement des autres ateliers. On voit par là que la difficulté de l'organisation des ateliers de terrassement augmente rapidement avec l'importance du travail.
Il y a deux modes d'exécution des terrassements : le premier consiste à foi mer les remblais avec les déblais, le second à recourir à l'emploi de dépôts ou d'emprunts. Pour les routes et les chemins de fer, !e premier mode est une des conditions essentielles qu'il faut chercher à remplir; alors les moyens d'exécution et de transport sont subordonnés à la plus ou moins grande distance à parcourir pour obtenir la compensation. Le système par dépôts et emprunts consiste dans l'exécution d'un déblai dont les terres sont mises en dépôts ou en cavaliers sur l'un des côtés de la fouille ou sur les deux, ou d'un remblai fait au moyen d'emprunts, c'est-à-dire de fouilles exécutées sur l'un des côtés du cavalier ou sur les deux. Si les moyens mécaniques ne peuvent être employés avantageusement pour élever les terres fouillées et en former des cavaliers, les mouvements de terre s'opèrent au moyen de brouettes ou de tombereaux. Quand on exécute les remblais avec les déblais, on n'ôte à l'agriculture que le terrain absolument indispensable pour la route; mais ce mode peut exiger de longs transports. Si l'on opère par dépôts ou par emprunts, on peut diminuer considérablement cette longueur des transports ; mais on occupe une plus grande surface de terrain. Il est toujours facile de se rendre compte du système qui pour un cas donné présentera la plus grande économie. V. déblai, pour le calcul des volumes des déblais et remblais.
TERRASSER v. a. ou. tr. (tè-ra-sô — rad. (errasse). Munir d'un umas de terre : On terrasse aujourd'hui les murailles des remparts.
— Agric. Terrer : C'est le premier homme du monde pour terrasser un arpent de vigne. (P.-L. Cuurier.)
— Art milit. Se couvrir d'un ouvrage en terre : Les ennemis travaillent à se terrasser.
Se terrasser v. pr. Se munir de terre, être terrassé : Cette chaussée ne se terrasse que lentement,
TERRASSER v. a. ou tr. (tè-ra-sé — rad. terre). Jeter à terre dans une lutte : Terrasser son ennemi.
Je le» veux renverser,
Et mourir dans leur temple ou bien Jes terrasser.
Corneille.
— Fig. Vaincre : Terrasskr tous tes ennemis de son pays. Vous ('avez terrassé dans cette discussion. Il Abattre, priver de ses forces ; Le mal /'a terrassé. C'est un coup à terrasser un homme. Il Consterner, décourager : Cette nouvelle me TERRASSA. Je veux lui crier mon nom au passage et le terrasser du regard. (G. Sand.j
Et sous votre courroux vous l'avez terrassé.