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d'un philosophe; je puis même ajouter, d'un mathématicien. Le mathématicien veut naturellement tout plier au joug de l'absolu, même ce qui s'y refuse, et il se sert pour cela dH théologien, qui est fort savant, et du philosophe, qui sait peu de philosophie. Dans la livre, c'est le philosophe qui dogmatise fit le théologien qui fait des objections. Le philosophe dogmatise avec la plus grande assurance, précisément parce qu'il ignore beaucoup de choses; l'imperfection de ses études philosophiques, en lui laissant la libre action de sa pensée, devient une véritable force Le théologien, au contraire, discute avec timidité, quoiqu'il sache beaucoup, et se contente, la plupart du temps, de donner coroplaisamment la réplique k son adversaire. Malgré cette inégalité de rôle, qui prive le dialogue de M. Reynaud de l'intérêt dramatique qu'offrent ceux de Platon , malgré la sévérité du sujet, malgré les développements quelquefois un peu longs et les bizarreries de ce curieux sysième, malgré les néologismes, les images incohérentes et les fantaisies incorrectes de ce style, qui trop souvent nuit à la pensée, telle est l'élévation des idées, la liaison des arguments et l'habileté de la dialectique, que j'ai lu le vaste livre de M. J. Reynaud avec entraînement. •
« Le livre de M. Jean Reynaud, dit à son tour M. Taine, témoigne d'une instruction abondante et surtout d une vaste curiosité; on y respire un grand et paisible amour de l'humanité, une ferme confiance en l'avenir, j un sentiment de générosité sincère. L'auteur a la charité, la foi et l'espérance; il habite de cœur dans ces astres qu'il destine aux migrations et au perfectionnement des âmes; il console les hommes en leur parlant de la providence de Dieu et de l'harmonie des mondes ; mais il évite de tomber dans la sensîbi.ité rêveuse et féminine, il garde le ton 'd'un philosophe et ne prend pas celui d'un enthousiaste. 11 discute sans aigreur et il attaque sans haine. S'il combat ses adversaires, ce n'est point pour les détruire, mais pour se les concilier. Le style, par son mouvement uni et par son ampleur extrême , convient à la gravité de la pensée et à la dignité du sujet. Si l'on rencontre dans ce livre un petit nombre de termes étranges et un nombre assez grand d'exclamations inutiles, on y trouve plus d'une fois des pages éloquentes dont Bernardin de Saint- Pierre ne désavouerait pas l'accent ému et imposant. L'auteur est donc un de ces hommes dont on loue les intentions, dont on voudrait louer la doctrine, mais que l'on réfute, tout en regrettant d'avoir k le réfuter. »
Terre ci l'homme (la) OU Aperçu historique de géologie, de géographie el d'elunologie générales pour servir d'introduction à l'ijis- «oîre universelle, par M. Alfred Maury (1857). On n'a longtemps cherché dans l'histoire que l'action des causes morales et le rôle des personnages qui ont été placés à la tête des nations ou k la conduite des affaires. L'historien n'avait en vue que de dérouler une successiun d'événements dont il pouvait enchaîner plus ou moins habilement le récit, où il semait parfois ça et là la peinture de la société, qu'il entrecoupait par le portrait de quelque héros, de quelques hommes d'Etat, mais où il négligeait complètement l'étude des sources d'où ces événements découlent. Le sol sur lequel s'accomplissaient les révolutions dont il nous présentait le tableau, la climat sous lequel ces changements s'étaient opérés, la race à laquelle appartenaient les peuples dont il faisait l'histoire, leur constitution intellectuelle, leur génie, leur langue, leur tempérament, leurs mœurs, tout cela était rejeté sur le second plan, quand on ne le passait pas complètement sous silence. Si l'on n'attachait pas plus d'importance k celte mise en scène du grand draine de la vie des peuples, c'est qu'où ne se rendait pas bien compte dans quelle exacte liaison l'homme est placé par rapport à la nature. C'est seulement dans notre siècle que l'on a commencé à s'éloigner de la vieille manière d'écrire l'histoire, et l'on a fait concourir à l'appréciation des événements l'étude des monuments, des lieux, des institutions et des croyances. • L'histoire, dit l'auteur, ne s'oflVirait à nous que comme un inexplicable mystère ou un étrange caprice de la Providence, si l'on cessait U y reconnaître le résultat de l'ordre général des choses. L'homme lui-même n'est qu'un agent, agent principal sans doute, grande roue de la machine, mais qui subit les réactions et transmet les mouvements des autres'purties du mécanisme général. Ces autres parties, c'est dans la nature physique dans les règnes organiques et inorganiques' qu'il faut les aller chercher. Les influences dues aux actions extérieures qui entourent l'homme et le doiniuent d'autant plus qu'il est moins civilisé, donnent naissance aux conditions sous l'empire desquelles chaque race chaque individu grandit et se développe. On ne saurait donc écrire l'histoire, dit l'auteur, sans tenir compte de ces éléments primordiaux qui ont présidé à la formation du globe, k la naissance des êtres et ù ce que l'on pourrait appeler la gestation de l'humanité. Voilà pourquoi j'ai pensé que présenter un aperçu de 1 histoire des premiers hommes et des premières sociétés dans ses rapports avec le globe où le créateur les a fixés , c'était offrir lu, meilleure introduction aux au-
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nales des nations et k l'histoire des individus. » Cette théorie serait soutenable si l'auteur n'émettait point la prétention d'étudier l'homme dans la position où ce qu'il appelle le Créateur l'aurait placé. C'est admettre tout d'abord comme vraie une hypothèse qui aurait besoin d'être justifiée, et l'admettre, c'est s'engager dans ui>e voie où l'examen n'a plus rien à voir; c'est tomber dans le domaine du providentiel et de la révélation.
On ne doit pas s'attendre k trouver, dans cet ouvrage, approfondies et traitées complètement toutes les questions que son sujet soulève. M. Alfred Maury n'ayant voulu qu'esquisser une introduction, il est de la nature même de ce genre de composition de ne point pénétrer trop avant dans les détails. Dans l'exposé rapide qu'il donne de la distribution des trois règnes à la surface du globe, des révolutions géologiques, des phénomènes de physique terrestre , il a pris pour guide les auteurs les plus accrédités. Ce n'est que dans les chapitres consacrés à l'ethnologie, et plus particulièrement dans celui qui traite des langues, qu'il a mêlé ses vues propres aux résultats déjà acquis par les travaux antérieurs. Le système qu il a adopté pour la classification des races cadre parfaitement avec les faits. La partie la moins développée de l'ouvrage est celle qui a trait à l'histoire des religions, des institutions et des premières inventions suggérées par les premiers besoins; tandis que la plus complète est l'étude des races et des langues, où il fallait préciser des distinctions et des caractères qui importent au plus haut degré à une saine appréciation de l'histoire générale.
Après avoir étudié la création, la terre dans son état actuel , l'atmosphère et les mers, les parties solides du globe et les fleuves, la distribution des minéraux à la surface du globe, ainsi que celle des végétaux, des animaux et des races humaines, 1 auteur examine les langues, leur distribution géographique, la distribution des principales religions primitives et arrive enfin aux premiers besoins de l'homme, à la constitution de la famille et de la société.
Terre (LA), description de» phénomène*.
de in vie dn globe, par Eiisée Reclus (Paris, 1867-1868, 2 vol. in-8°). Cet important ouvrage, conçu sur un plan entièrement neuf, est l'œuvre d'un philosophe et d'un savant, qui a entrepris de renouveler en France l'étude de la géographie. Ce n'est point seulement aux livres, c'est à la terre elle-même que M. Elisée Reclus s'est adressé pour acquérir la connaissance de la terre. Après de longues recherches dans la poussière des bibliothèques, il revenait toujours à la grande ■source, et, durant de longs voyages, il ravivait son esprit dans l'étude des phénomènes eux-mêmes. «Les courbes des ruisselets, ditil, les grains de sable de la dune, les rides de lu plage ne m'ont pas moins appris que les méandres des grands fleuves, les puissantes assises des monts et la surface immense de l'Océan. Ce n'est pas tout. Je puis le dire avec le sentiment du devoir accompli: pour garder la netteté de ma vue et la probité de ma pensée, j'ai parcouru le monde en homme libre, j'ai contemplé la nature d'un regard à la fois candide et fier, me souvenant que l'antique Freya était en même temps la déesse de la Terre et celle de la Liberté. » La Terre se divise en deux parties : la première est consacrée aux continents; la seconde porte comme sous-titre YOcëan, l'Atmosphère, la Vie. Dans la première partie, l'auteur fait la description du relief solide du globe terrestre , et il étudie les lentes modifications que ce relief éprouve sous l'influence de la circulation des eaux et des forces souterraines. Les plaines, les terres, les plateaux et les chaînes de montagnes; les neiges, les gluciers, les sources et les rivières ; les volcans, les tremblements de terre, les oscillations , les soulèvements et dépressions du globe, telles sont les grandes divisions de cette première partie de la description de la terre. Dans la seconde , l'Océan , l'atmosphère, les météores forment trois divisions principales. L'auteur étudie d'abord les eaux marines dans leurs propriétés physiques et chimiques , leur couleur, leur composition, l'état îluide ou solide qu'elles affectent selon les zones, leurs mouvements soit rhy thmiques, soit irréguliers. De là, il passe à l'étude des grands mouvements d'ensemble qui constituent les courants marins, se gardant d'oublier les causes qui rattachent ces mouvements aux phénomènes atmosphériques , à i'ëvaporaùoa active des zones équatoriales, produite par la radiation calorifique du soleil, k la rotation de la planète, et enfin aux formes des divers reliefs continentaux qui modifient la marche des courants. Viennent ensuite les marées, ces ondes que la force attractive des masses de la lune et du .soleil promènent périodiquement sur toute la périphérie océanique, et dont les diverses manifestations donnent lieu à des phénomènes d'un si grand intérêt théorique et pratique. 11 cherche eusuite comment les mouvements de lu mer modifient incessamment son littoral ; il va des fiords de la Scandinavie aux falaises de la Manche, battues en brèche par le flux et le reflux; il étudie la forme des rivages; il examine quelles sont les courbes qui ont une plus grande stabilité, comment naissent les lies, comment les érosions peu à peu
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les détruisent, comment se forment et se dé-
F lacent les dunes, par quels travaux enfin homme peut arriver à opposer un obstacle efficace au travail destructeur de l'Océan. Vient ensuite l'étude des météores, qui ont pour siège l'enveloppe diaphane sans laquelle tout sur notre globe serait la mort et le silence éternel. L'ouvrage se termine par l'étude de la distribution de la vie à la surface de la terre , des contrastes et des harmonies que présentent entre elles, selon les climats, les flores et les faunes. Enfin, dit l'auteur, après avoir vu dans quel rapport les êtres organisés se trouvent avec le sol et le relief terrestre , la circulation des eaux et des mers; après avoir vu comment certaines espèces, celles où l'instinct atteint le dernier échelon, travaillent à changer la structure géologique du fond des mers, construisant des récifs et des lies, il resterait k étudier l'influence réciproque de la terre sur l'homme et de l'homme sur le globe qu'il habite. Ce projet, M. Elisée Reclus l'a réalisé dans sa Nouvelle géographie universelle, dont le premier volume a paru en 1875, et qui n'est pour ainsi dire que la continuation de la Terre. En résumé, cetouviage très-instructif part d'une donnée neuve et originale ; l'auteur ne s'est pas borné à décrire la terre telle qu'elle est aujourd'hui; il a recherché ce quelle était dans le passé et cherché à prévoir ce qu'elle sera dans l'avenir.
TERRE {Talltts), divinité des païens, identique, suivant quelques mythologues, k Cybèle. Elle fut 1 épouse du Ciel ou d'tlranus et enfanta l'Océan, les Titans, les Géants, les Cyclopes, Japhet, Rhéa,Téthys, etc. Les anciens prenaient la Terre pour la Nature ou la mère uoiveiselle de tous les êtres. C'est pourquoi on l'appelait communément la grande mère, magna mater. La Terre, dont les vapeurs prophétiques inspirent la divination, était elle-même une déesse fatidique; elle apprit k Saturne qu'un de ses fils le détrônerait et fut la première qui ait eu un oracle à Delphes. C'est k elle qu'on s'adressait quand on invoquait les •puissances magiques enfouies dans le sol. D après Homère, on lui sacrifiait des agneaux noirs et on l'invoquait dans les serments.
TERRE DE BAS , Ilot qui fait partie du groupe des Saintes, dépendant de la Guadeloupe, dans les Antilles.
TERRE-DE-DÉSOLATION, lie de l'océan Indien. V. KergUÉlen.
TERRE - FERME , en espagnol Tierra- Firnia, nom donné : 1° à la partie de l'Amérique espagnole ou du Sud, qui forma ensuite la Colombie, depuis la rivière de Chagres jusqu'au golfe de Darien, par opposition aux Antilles, que Colomb avait précédemment découvertes; 2U aux provinces continentales de l'ancienne république de Venise, le Dogado, le Padouan, la Polèaine-de-Rovigo, le Véronèse, le Vicenlin, le Brescian, le Bergamasque, le Cremasque, les pays de Trévise , Fellre, Bellune et Cadore, le Frioul et l'Istiie.
TERRE-DE-FEU ou ARCHIPEL DE MA- GELLAN, archipel de l'Amérique du Sud, dont il forme l'extrémité méridionale, entre 52" 30' et 55o 38' 30" de latit. S. et 67» 14' et 77<> 10' de longit. Baigné par le grand Océan austral et l'océan Atlantique méridional, l'archipel, composé de onze lies principales et d'un grand nombre d'îlots, et qui a environ 1,000 kilom. de longueur sur 600 de largeur, est séparé, dans sa partie septentrionale, du continent américain et de la Patagonie, dont il semble avoir été violemment arraché, par le détroit de Magellan, et il se termine au S. par le cap Horn, le point le plus méridional de l'Amérique et qui est en réalité la dernière sommité des Andes. Les îles les plus importantes sont : la Terre-de- Feu proprement dite ou King-Charle's-land, la plus grande de toutes, située à l'E.; l'Ile des Etats, séparée de l'extrémité S.-E. de la Terre-de-Feu par le canal de Lemaire; au S. de la Terre-de-Feu, dont elles sont séparées par le canal de Beagle, les lies Londonderry, Hoste et Navarin; plus au S. encore, les .lies Wood , Wollaston, Lennox; enfin, le groupe de l'Ermite, où se trouve le cap Horu. A l'O. de la Terre-de-Feu proprement dite se trouvent la Terre de Désolation et l'Ile Clarence. Ces lies et les nombreux îlots qui les accompagnent sont séparés par des passages étroits, des canaux innombrables, traversés par des courants violents et des vents impétueux. L'archipel de la Terre-de-Feu a été bouleversé par des volcans. Les côtes occidentales et méridionales sont hérissées do laves, de granits, de basaltes jetés en désordre. Les côtes septentrionales n'ont pas le même caractère tourmenté. Parmi les montagnes de lu Terre-de-Feu, quelques-unes portent des neiges éternelles. La plus élevée est le mont Sarniiento. Des volcans en activité ont fait donner à cette région le nom qu'elle porte. L'intérieur de la Terre-de-Feu est peu connu. Dans la partie méridionale et occidentale, le sol est généralement stérile. Dans la partie septentrionale, il n'en est pas de même. Le seigle, 1 avoine et la pomme de terre pourraient y être cultivés. Ou y trouve des arbres bien venus, des forêts vierges, remplies d'aubépines, de lauriers, de fuchsias et même des canneliiers, des cinéraires, des camellias, chétifs il est vrai; en outre, d'im-
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menses vallées offrent de gras pîUurages dans lesquels on pourrait élever des centaines de mille de têtes de bétail. Dans cette région, la température est beaucoup moins basse qu'on ne le croit généralement; mais elle est très-fraîche dans la région sud. Dans la Terre-de-Feu, on trouve des renards, des chevaux, des lièvres, des rats en abondance, des phoques qui se jouent sur les côtes, des pingoins, des nil-gauts.
Les habitants, appelés Pécherais ou Jacanacus, et qu'on désigne aussi sous le nom de Feugiens, se rattachent au type patagon. Ils se nourrissent généralement de poissons et de coquilles et vivent dans des huttes en forme de pain de sucre et d'où s'échappent des exhalaisons suffocantes. D'après le voyageur français Pertuiset, qui a exploré une partie de la région septentrionale de laTerrede-Feu en décembre 1873 , « les Feugiens sontde belle taille, bien membres; leur teint blanc est brûlé par les vents de la côte. La saleté de toute leur personne ferait presque douter de leur couleur. Les hommes ont la chevelure trèS-épaisse et ils la portent a la façon des Patagons ; les femmes se coupent les cheveux au-dessus de la tête et laissent tomber seulement deux nattes k droite et k gauche. Les hommes sont imberbes; k peine sur quelques-uns remarque-t-on un poil follet très-peu abondant. Des peaux d'animaux, qu'ils jettent sur leurs épaules, les protègent contre le froid. A l'encontre des Patagons, ils laissent la fourrure tournée en denors. Quelques - uns portent des chaussures en peau de rat et rehaussent leur costume par une peau de guanaco ou de goéland, de forme triangulaire , qui retient leurs cheveux ; les femmes portent, en général, pour cacher leur nudité, une petite peau de rat, que nous n'avons vue sur aucun homme.
Elles se parent de colliers et de bracelets fabriqués avec des coquillages. Leur langage se rapproche du patagon sans être le même ; leur nourriture consiste en moules, en poissons; ils mangent aussi des rats, des oies et des canards sauvages et des guanacos, qu'ils chassent k l'affût. Comme armes, ils ont des flèches en bois durci au feu avec une pointe en silex ou en verre (débris de bouteilles rejetées sur le rivage); ils les lancent au moyen d'un arc en bois que soustend une corde tressée de boyaux d'animaux ; ils ont aussi des frondes qu'ils manient avec une grande habileté. En somme , ils sont très-inoffensifs. >
La Terre-de-Feu fut découverte en 1520 par Magellan, qui lui donna ce nom à cause des nombreux volcans qu'elle renferme. Cook la visita en 176S et découvrit le port de Christmas, A ia même époque, sir John Banks y aborda. En 1818, les Anglais ont créé dans l'Ile des Etats, k Hopparo, un établissement destiné à servir de refuge aux baleiniers.
TERRE DE HAUT, Ilot qui fait partie du groupe des Saintes, dépendant de la Guadeloupe (Antilles). Le sol, très-montueux, atteint jusqu'à 314 mètres d'altitude.
TERRE DE LA LUNE ou OCNYAMOUÉZI,
région de l'Afrique orientale, composée d'un plateau montagneux qui s'étend de la lisière occidentale du Mgounda Mk'hali (31» 37' de longit. E.) k la rive gauche du Malagarazi (28° 50'), Sur un espace de 150 milles géographiques. Limitée au N. par l'Ousoui et le lac Nyanza, au S.-E. par l'Ougala, au S. par l'Oukimbou, au S.-O. par l'Ourouendé, su longueur est de 25 à 30 marches, que les caravanes indigènes, quand elles sont peu chargées, accomplissent en 25 jours, quatre baltes comprises. Le maximum d'altitude est de 1,235 mettes, le minimum de 853. « Il est assez curieux, écrit le capitaine Burton ( Voyage aux lacs de l' Afrique orientale), que les Grecs aient placé leurs montagnes de la Lune et les Indous leur Sonia Givi, qui en est la version probable , précisément dans l'Ounyamouézi des Africains. On chercherait vainement à découvrir l'époque à laquelle remonte cette dénomination territoriale. Tout ce que l'on peut dire,c'est qu'il y a 350 ans que la Terre de la Lune fut désignée aux Portugais sous le nom qu'elle a encore. Les vestiges d'une ancienne tradition nous représentent l'Ounyamouézi commeayant formé jadis un vaste empire sous l'autorité d'un seul chef. Suivant ce que racontent les anciens, le patriarche qui fut le père de la tribu devint, après sa mort, le premier arbre du pays et donna son ombre à ses lils et ù leurs descendants. Les Arabes prétendent que les Nounyamouézis ont toujours un arbre sacré, où ils vont en pèlerinage, et qu'ils sont persuadés que celui d'entre eux qui, portant une main sacrilège sur cet arbre, en couperait une menue branche serait frappé de mort subite. D'après le témoignage uuanime des indigènes, l'unique souverain qui gouvernait autrefois la Terre de la Lune était de la famille des Vouakalaganza, tribu que nous avons retrouvée dans l'Ousagozi ; le dernier de leurs empereurs, ajoutent-ils, mourut à l'époque où vivaient les grands-pères de leurs grands-pères, c'estk-dire il y a environ 150 ans, ce qui n'a rien d'impossible. Les fils du monarque et les nobles se divisèrent les Etats du défunt; de nouveaux partages en résultèrent et le vieil empire est tombe en lambeaux. Ces lueurs, jetées par la tradition indigène sur le passé de l'Ounyamouézi , confirment ce que les anciens Portugais racontent de l'ctenduo de ce
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royaume et de sa civilisation. Des voyageurs du xvno siècle nous apprennent, en outre, que, il y a 250 ou 300 ans, «ne invasion de barbares, venus de l'Ethiopie et des bords du lac Central, inonda tout l'orient de la péninsule, d'où il résulta une émigration do tribus, un démembrement de tous les peuples, qui confondit les races, effaça les divisions géographiques, changea les idiomes et corrompit les langues. On fait remonter k cette époque l'établissement du royaume de Mtanda. C'est également du nord que , suivant leur propre témoignage, les Cafres ont émigré , il va 150 ans, pour s'établir sur les rives du Kéi, De nos jours, la Terre de la Lune est retournée k l'état politique où était toute cette région k l'époque du Périple- Elle est fractionnée en territoires intimes, gouvernés chacun par un tyranneau, dont l'autorité ne s'étend pas au delà de cinq marches. Ces territoires, morcelés à leur tour, se subdivisent en districts soumis k de petits chefs, qui, en fait, sont indépendants de leur suzerain. La même langue, il est vrai, se parle dans tout l'Ounyamouézi ; mais les dialectes différent tellement, que les tribus des marches orientales ne comprennent qu'avec difficulté celles des autres frontières. Les principales provinces de la Terre de la Lune sont : au nord, l'Ousonkouma ; au midi, l'Outakama; au nordouest, l'Onfyoma et l'Outoumbara; au sud-est, l'Ounyangouira ; à l'ouest, l'Ousoumbona et l'Ousogozi, enfin l'Ounyanyembé au centre. La population est elle-même divisée en trois branches: les Vounyamouézis, les Vouasoukonmas, c'est-à dire habitants du Nord, et les Vouatakamas ou habitants du Sud. L'ensemble du territoire offre un sol onduleux, entrecoupé de collines tabulaires ou coniques, dont les chaînes, peu élevées, se ramifient dans toutes les directions. Une couche argileuse en forme la superficie; elle repose sur du grès, gisant k son tour sur des granits variés, qui surgissent en quelques endroits sous forme de blocs d'un arrangement pittoresque, d'énormes dômes et de rochers massifs. On y rencontre du minerai k une profondeur de 0m,l0 k 0>n,15, et l'on a trouvé k Kazeh des rognons de fer grossier en creusant à lm,20 de la surface du sol. Pendant la saison pluvieuse, la terre disparaît sous toutes les nuances de verdure ; pendunt la sécheresse , elle présente un fond gris, rehaussé de l'or des chaumes, tacheté de marécages, d'herbe verte, de grandes nappes de fange brune et d'arbres tordus par le vent. Des troncs ébranchés ou noircis par la flamme déparent les champs, quelquefois entourés de haies ou de fossés. Des bois épineux couvrent de leurs cimes en parasol les plis ondoyants du terrain et les collines émaillées de roches brunies par le soleil; enfin, des bandes de jungle vierge, ayant depuis 2 milles jusqu'à 12 de longueur, séparent les différents territoires et entourent les moindres établissements. Comme presque toutes les parties de celte région, l'Ounyamouézi est parsemé d'une foule de tertres légendaires ; ces monticules, où s'élevaient autrefois des arbres morts de vieillesse, sont extrêmement fertiles; suivant les Arabes, on y récolte S0 pour 1, alors même que la saison est mauvaise. La Terre de la Lune est restée le jardin de cette partie de l'Afrique ; elle repose agréablement la vue par sa beauté paisible, surtout après l'éclat rutilant de l'Ongogo ou la verdure monotone et sombre des provinces de KO. Ses villages sont relativement populeux, ses champs bien cultivés. De grands troupeaux de bêtes bovines, k la robe variée, aux flancs arrondis, k bossa volumineuse, comme les races de l'Inde, sa mêlent k des bandes considérables de chèvres et de moutons, dispersées dans les pâturages, et donnent k la campagne un air da richesse et d'abondance. Durant toute la saison des pluies, la température est étouffante ; le soleil, d'une ardeur nausélftse, fait fumer la terre comme un vêtement mouillé qui sèche devant la flamme. Ce n'est cependant pas la période de l'année que l'on considère comme la plus malsaine; la couche d'eau est trop profonde pour que l'évaporation atteigne le lit pernicieux où la putridité couve ses effluves. Ainsi que dans 1 Afrique australe et dans l'Inde, c'est quand la pluie a cessé, du 15 mai k la lin de juin, qu'arrive la saison malsaine. Au mois d'avril, un peu plus tard qu'à Zanzibar, le kozi, ou vent du S.-O., est remplacé par le kaskasi, ou vent du N.-E. Ls bise se joint alors au soleil pour étanchet l'inondation; les rivières, gonflées par les orages qui terminent la masika, se rétrécissent graduellement ; les bas-fonds, transformés en lacs, n'ont plus d'eau qu'au centro et laissent à nu des marais vaseux, bourbiers fétides, remplis d'une fange noire et végétale. Les vents, refroidis par cette évaporation excessive, sèment le frisson, les catarrhes, les rhumatismes, les dyssenteries, les fièvres pestilentielles. Remarquons toutefois que des individus qui paraissaient désespérés ont triomphé ici de l'accès dont ils seraient morts dans l'Inde. L'été, qui commence à la Un de juin et dure jusqu'à la mi-novembre, complète le cycle annuel. Le sol est asséché, l'air devient salubre; les vents froids disparaissent, les malades se rétablissent. De loin en loin, des ondées rafraîchissantes, accompagnées d'un tonnerre faibie et sourd, vivifient la terre. Passé le mois d'août, les tourbillons de poussière deviennent fréquents
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dans l'Ounyamouézi, où la sécheresse se fait vivement sentir, curieuse exception à la règle dans cette zone, qui est celle de la ptuie perpétuelle. A cette époque de l'année, le climat n'en est pas moins des plus agréables ; même par les nuits les plus chaudes, on supporte sa couverture avec plaisir, surtout vers le matin, et l'on peut dîner à trois ou quatre heures de l'après-midi, ce qui, dans l'Inde , serait totalement impossible. Dans le jour, un cercle nébuleux, ou plutôt un écran de vapeurs, amortit les rayons du soleil, et le soir la lune se montre entourée d'un halo. Septembre passé, bien que la terre soit brûlée par la sécheresse, les arbres commencent à déployer leurs feuilles j les bêtes s'accouplent, les oiseaux, font leurs nids; l'abaissement graduel de la température produit ici le même effet que le retour fécond de la chaleur sous nos climats du Nord. Comme tous les changements brusques de même espèce, l'arrivée subite de l'humidité est préjudiciable à l'homme, et de graves maladies signalent la fin de la belle saison ou, pour mieux dire, le retour de la masika. La faune de l'Ounyamouézi est la même que celle de l'Ousagara et de l'Ongogo; le lion, le léopard, le chat sauvage en habitent les forêts. L'éléphant, le rhinocéros, le buffle, la girafe, le zèbre, le couagga y parcourent le fond des plaine3. Dans chaque zihoua de quelque étendue, on trouve l'hippopotame et le crocodile. Les quadrumanes y sont nombreux dans les jungles. Celles de l'Ousonkama renferment des cynocéphales jaunes, rouges et noirs, de la taille" d'un lévrier, que les indigènes appellent nyanyi, et qui, paraît-il , sont la terreur du voisinage; ils défient le léopard, et l'on assure que, quand ils .sont nombreux, ils ne craignent pas le lion. Enfin , le colobe. à camail, le ml/éga des naturels, y fait admirer son pelage d'un noir brillant et sa palatine blanche, qu'il peigne et brosse sans cesse. Très-jaloux de cette parure , dès qu'il est blessé, prétendent les Arabes, il la met en. pièces afin que le chasseur n'en profite pas. Le mbéga vit sur les arbres, d'où il est rare qu'il descende ; il est frugivore et mange aussi les feuilles nouvelles. Les indigènes de la Terre de la Lune sont grands et bien faits; leurs membres annoncent la vigueur, et l'on ne voit guère de gens maigres parmi eux. Enfin, ils passent pour être braves et pour vivre longtemps. Leurs femmes ont rarement la taille fine et se font remarquer par la longueur des mamelles. La marque nationale est une double rangée de cicatrices linéaires, pratiquées par un ami, à l'aide d'un rasoir ou d'un couteau ; ces cicatrices vont du bord externe du sourcil jusqu'au milieu des joues et descendent parfois jusqu'à la mâchoire inférieure; chez quelques-uns, une troisième ligne part du sommet du front et s'arrête à la naissance du nez. Cette espèce de tatouage se fait en noir chez les hommes, en bleu chez les femmes; quelques élégantes y ajoutent de petites raies perpendiculaires placées au-dessous des yeux; toutes, sans distinction , s'arrachent les deux incisives centrales de la mâchoire inférieure; le sexe fort se contente d'enlever une des deux médianes supérieures. Hommes et femmes se distendent les oreilles par le poids des objets qu'ils y insèrent. Dans beaucoup de districts, les chefs et les notables oDt seuls des vêtements d'étoffe; la masse est couverte de pelleteries. Les femmes riches portent la longue tunique de la mrima, qui prend à la taille et couvre parfois les épaules ; celles des classes inférieures ont sur la poitrine un plastron de cuir assoupli; leur jupe, également en cuir, s'arrête au-dessus des genoux. Chez les jeunes tilles, la poitrine est toujours découverte, et il est rare que les enfants ne soient pas complètement nus. Le bébé est, comme dans toute cette partie de l'Afrique, porté sur le dos maternel au moyen d'une peau, fixée par des courroies. Des rangs nombreux de grains de verroterie, surtout rose et rouge, de grains de porcelaine, connus sous le nom d'œufs de pigeon et fabriqués k Nuremberg; des kiaouangones, disques en coquillages venant de la côte; des croissants d'ivoire d'hippopotame, faits sur les lieux et suspendus aux colliers ; des perles écailates ou mi-parties, enlilées dans la barbe quand elle est n»ssez longue pour cela; des anneaux d'airain massifs, des bracelets de fil de laiton surl'avantbras, clés cercles d'ivoire au-dessus du coude, ayant pour pendeloque un étui de même matière renfermant un rasoir ; une ceinture de fit métallique enroulé sur une torsade en crin ou en libres ligneuses, des sambo (bracelets composés de fil de fer) et des clochettes de fer aux chevilles, constituent les ornements en faveur. En vojage, on porte une corne à bouquin en bandoulière; chez soi, un petit cornet la remplace et contient des talismans consacrés par le mganga. Le tembé, remplacé dans l'Ouest par la hutte africaine, est l'habitation ordinaire de l'Ounyamouézi oriental. Il en est de spacieux et de bien construits que précède une vérandah , formée par la projection de la toiture; mais il ne faut chercher de propreté dans aucun. Les murailles, tant à 1 extérieur qu'a l'intérieur, sont décorées de grandes lignes ovales, faites en mortier de cendre, en argile rouge ou en terre noire. Avec ces humbles matériaux, les indigènes essayent de représenter des ligures U'houimoj et ce serpents; on voit dos tenta-
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tives.de sculpture aux poteaux massifs qui décorent l'entrée des villages , et il y a des croix dans certaines parties du territoire; ces objets, que, de prime abord, on prend pour des idoles, sont de pure ornementation. L'ameublement de ces tembés diffère peu de celui des autres provinces; c'est toujours la kitanda, lit de camp formé de branches dépouillées de leur écorce, soutenues par des fourches et recouvertes de nattes et de peaux de vache, qui occupe la majeure partie de la première pièce; le foyer triangulaire, placé vis-k-vis de la porte ; le même assortiment de grands coffres, où l'on renferme le grain, de caisses de bois blanc et de gourdes suspendues au plafond, de poterie noire, de pipes, de nattes et de grandes cuillers de bois; toujours le trophée d'armes accrochées au tronc brancha , placé dans une encoignure, à côté des pierres à broyer le grain ; les petites cloisons n'arrivant pas jusqu'en haut des chambres qu'elles séparent; le foyer servant de flambeau quand il fait nuit et la porte faisant l'office de cheminée pendant le jour. Mais ce qui caractérise Je's villages de la Terre de la Lune, ce sont deux ivouanzas, bâtis en général aux deux extrémités du bourg ; l'un appartient aux femmes, et l'on ne peut pas y entrer; l'autre est celui des hommes, et les voyageurs y sont admis. Dû, sans doute, au penchant qu'éprouvent les deux sexes à vivre séparés l'un de l'autre, à leur besoin d'indépendance, à la liberté de leurs manières, l'ivouanza, vaste case, plus solidement construite que ses voisines, est un lieu public, un véritaole club.
Comme nous l'avons dit plus haut, la Terra de la Lune est gouvernée par une foule de chefs infimes. Les sultans y portent le nom de mtémi ou de mouami; leur principal conseiller, ou vizir, a le titre de mgahoué, et les anciens de la tribu celui de munacharo, ou de vonanyapara. Outre les produits du domaine privé, les chefs tirent leurs revenus des présents que leur font les voyageurs, de la confiscation des biens, dans les cas de félonie et de magie; enfin, du droit d'aubaine et delà vente de leurs sujets. C'est à eux qu'appartiennent l'ivoire que l'on trouve dans les jungles et tous les effets des esclaves décédés.
TERRE-NEUVE, en anglais Newfounland, lie anglaise de l'Amérique du Nord, dépendant de la Nouvelle-Bretagne, dans l'Atlantique, à l'E. du golfe Saint-Laurent et près du Salvador, entre 47° et 52* de latit. N. et 550 et 620 de longit. O. ; 600 kilom. sur 275 ; 161,386 hab.-«n 1874. Chef-lieu, Saint-John. ■ En face et à quelque distance du Canada, dit M. Jules Duval, s'élève du sein des eaux la grande lie triangulaire de Terre-Neuve. On dirait une barrière destinée à fermer l'accès de l'Amérique septentrionale, tant elle se rapproche du continent par ses deux extrémités N. et N.-O. Au premier aspect, elle manque de tout ce qui peut attirer et fixer des habitants. Un voile de brumes épaisses fait redouter des écueils cachés. Les sombres contours des côtes tantôt se creusent en cavernes où s'engouffrent les vagues avec de sinistres mugissements, tantôt se hérissent en rocs abrupts et nus. Si uue plage unie se déploie entre les accidents du rivage, elle n'est couverte que de galets et de sables. Au dehors, tout révèle une nature plus sauvage que généreuse, et l'intérieur ne modifie point cette impression. Les montagnes ombragées de maigres forêts de sapins et de bouleaux, la terre granitique couverte d'un tapis verdoyant de mousse humide ne promettent rien à la culture. Des lacs et des rivières aux eaux enchaînées par la glace charment plus le peintre que l'industriel. En face de ce tableau sévère jusqu'à la tristesse, l'homme se demande si des semences résisteraient à un froid de 15° k 20° pendant l'hiver, si les 'pâles rayons d'un soleil d'été mûriraient les récoltes... Dans ces mornes solitudes, dont l'aspect annonce le seuil des régions arctiques, l'âpreté du climat est moins due à la position géographique qu'aux vents et aux courants venant directement du pôle ou de la baie de Baffin par le détroit de Davis; ils entraînent avec eux de vastes plaines et de hautes montagnes de glace qui répandent une atmosphère hyperboréenne sur toutes les régions dont elles s'approchent et parcourent à l'aventure les mers jusqu'à ce que les chaudes brises du S. et les tièdes courants du golfe du Mexique aient divisé ces masses énownes en blocs errants que le soleil d-i juillet achève de fondre. L'homme aurait fui à tout jamais ces lieux désolés s'il n'eût découvert aux environs de Terre-Neuve des bancs sous-marins peuplés de poissons dont il pouvait faire sa nourriture et un objet de commerce lointain. A des profondeurs variables de vingt-cinq à soixante brasses se trouvent des aliuviotis vaseuses ou des collines qui sont distribuées depuis le continent américain jusque bien avant dans l'océan Atlantique , sorte d'archipel invisible qui ne se révèle au navigateur que par la teinte plus claire ou par l'agitation et la fraîcheur des eaux. Le plus vaste et le plus fameux de tous ces bancs est connu généralement sous le nom de grand banc de Terre- Neuve, qui n'a pas moins de deux cents lieues de long sur cent de large, patrie native ou quartier général d'innombrables légions de poissons. C'est là que foisonne surtout la
morue, soit qu'elle y dépose son frai, soit qu'elle s'y rende après l'avoir confié aux algues des rivages. Aux dernières semaines d'avril, elle abandonne ses stations inconnues d'hiver et vient chercher sa nourriture sur le grand banc. On y assiste pendant tout l'été à une fermentation tumultueuse de vie animale qui se prolonge eu traînées mouvantes le long des îles voisines et du continent et attire une multitude d'oiseaux du ciel jusqu'à ce que l'hiver refoule de nouveau les forts et les faibles dans le fond des mers ou dans les régions polaires et équatoriales jusqu'au printemps prochain. Depuis l'origine^ des âges, ces évolutions s'accomplissaient, ignorées des hommes, lorsque Terre-Neuve fut découverte en 1497, cinq ans après que Colomb eut révélé l'existence du nouveau monde, par Jean et Sébastien Cabot, navigateurs vénitiens, voyageant au service de Henri VIII, roi d'Angleterre. Dès qu'on sut, par des pêches abondantes, que les mers d'Amérique recelaient, comme les terres, leurs trésors, cette contrée révéla des mérites inaperçus d'abord. En vertu de ces harmonies naturelles que la raison n'admet pas volontiers à titre de causes finales, mais que l'œil et l'esprit se plaisent instinctivement à constater, tout parut disposé en ces lieux pour la destination qu'indiquait l'affluence du poisson. Les cinq centslieues de pourtour de Terre-Neuve, déchirées par les convulsions terrestres dans les âges de cataclysme et par les flots dans les jours de tempête, se montrèrent heureusement découpées comme par une prévoyance bienfaisante en golfes ou en baies, dentelés en une infinité d anses et de criques offrant aux migrations des poissons de vasfes et profonds espaces, aux pêcheurs des havres de grâce et des ports. Les plages, parsemées de cailloux et couvertes de sable, furent jugées des grèves commodes pour y étaler et sécher les récoltes de la mer. Les forêts de l'intérieur, épaisses, sinon hautes, fourniraient du bois pour les navires, pour les habitations, pour le chauffage. Dès lors les navigateurs abordèrent avec courage Ces terres d'une apparence peu hospitalière et, pour assurer leur prise de possession, la mirent' à l'abri du drapeau de leur patrie. Les Français s'établirent sur la côte méridionale autour du lieu qui reçut d'eux le nom 'un peu hasardé de Plaisance, les Anglais sur la côte orientale autour de Saint-Jean. De ces bords, comme d'une solide base d'opérations, les uns et les autres, excités par le besoin, par l'ardeur du gain, par la rivalité de métier et de nation, sondèrent avec leurs filets et leurs lignes toutes les eaux environnantes et lancèrent leurs bâtiments jusque sur le grand banc, où ils rencontrèrent de nombreux navires équipés par l'Espagne et le Portugal. Telle fut l'origine du renom de Terre-Neuve et la causa première de son importance. A travers les vicissitudes politiques, cette Ile avec ses dépendances n a cessé d'être, depuis trois siècles, la principale source qui répand dans le monde un aliment bien humble, mais bien utile. Ce n'est pas que la morue ne se trouve ailleurs; on 15 pêche en maints autres lieux, au large de la mer d'Islande, le long des côtes de l'Ecosse et de la Norvège, autour des lies Féroe et Shetland, sur le Dogger- Bank, qui est situé à portée de l'Angleterre, du Danemark et de la Hollande, etc. Malgré toutes ces concurrences, Terre-Neuve a conservé sa popularité, parce que nulle part le poisson n'est péché, préparé, expédié au loin par une flotte commerciale aussi nombreuse. Depuis la décadence maritime de la race espagnole et portugaise, cette flotte se répartit entre trois peuples seulement, la France, l'Angleterre et les Etats-Unis. Parmi les navires français, une partie est équipée sur place, k Saint-Pierre ou Miquelon; le reste, en nombre bien supérieur, est armé dans les ports de France. » On ne sait pas encore d'une manière bien certaine quels furent les premiers navigateurs qui fréquentèrent les parages de l'île de Terre-Neuve. Les hommes du N. de l'Europe (Northmen), habitants du Danemark et de la Norvège, paraissent avoir connu cette île dès le xie siècle. Les Basques français réclament l'honneur d'y être venus dans le courant du xiv« siècle, près de deux cents ans avant les voyages des Cabot (1497) et de Verazzani (1587). Quoi qu'il en soit, il est certain que, dès l'année 1504, les Bretons et les Normands venaient •pêcher dans les eaux de Terre-Neuve, où la morue se trouvait en abondance ; mais ce n'est que vers l'année 1604 que nos pêcheurs fondèrent leurs premiers établissements sédentaires sur cette île. A partir de cette époque, grâce à la fondation de nouvelles cblonies au Canada et dans l'Acadie, grâce aussi aux encouragements accordés par le gouvernement, la pêche de la morue commença à acquérir de l'importance, et cent ans plus tard, en 1710, on ne comptait pas moins de 3,000 habitants à Terre-Neuve. Le traité de paix conclu à Utrecht le 11 avril 1713 fit passer Terre-Neuve entre les mains de l'Angleterre ; mais, en vertu des traités de Paris 11763) et de Versailles (1783), la France a gardé le droit de pêcher sur le grand banc au N. et à l'O.
Terre-Neuve forme un gouvernement colonial avec Anticosti, le Labrador et le Maine oriental. A la tête de l'administration se trouve le gouverneur, investi en même temps du
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commandement en chef des troupes de terre de la colonie. Il lui est adjoint un conseil, réunissant les fonctions législatives et executives. Le Home of assembly se compose de quinze députés élus par les neuf districts électoraux de l'île. Ses sessions n'ont lieu que tous les quatre ans. La population est trèsdispersée sur les côtes; elle est d'origine moitié française et moitié anglaise. L'intérieur est inhabité. Les habitants primitifs de l'île, les Indiens rouges, paraissent avoir été complètement exterminés ; l'émigration des Indiens de la tribu de Mie-Mac eut lieu postérieurement. La population blanche passe pour honnête et laborieuse , mais elle est d'une ignorance absolue et beaucoup trop adonnée à la boisson. Les catholiques forment la majorité et sont placés sous l'autorité spirituelle de l'évèque titulaire de Saint- John et d'un vicaire a Harbour-Grace. Parmi les protestants, les presbytériens sont les plus nombreux. « Les établissements de pêche de Terre-Neuve , auxquels nos marins ont donné le nom de chaufauds, par corruption évidente du mot éckafaud, dit un écrivain , consistent en cabanes d'habitation , magasins et hangars destinés à recevoir une partie de la cargaison et de l'équipage du bâtiment qu'on dégrée pendant la saison de la pêche; en plates-formes ou échafaudages sur lesquels on ouvre et vide la morue pour la livrer aux saleurs, et enfin en une grave, vaste pavage en galets où l'on opère Te sèchement du poisson, la salaison opérée. Ils sont le centre de toutes les opérations dé la campagne. C'est de là que partent chaque matin les bateaux de pêche, espèces de chaloupes montées par deux hommes, un maître et un hunier; c'est là qu'ils reviennent chaque soir avec le produit de leurs lignes et que, le lendemain, des hommes spéciaux font subir au poisson ses diverses préparations. Le travail préalable est celui des décolleurs, opération fort simple qui consiste à détacher la tête de la morue; c'est le premier degré de l'apprentissage de ce rude métier. Vient ensuite le travail des tancheurs, opération d'autant plus difficile qu'elle doit se faire'aveo plus de rapidité; elle consiste à éventrer et vider le poisson et à détacher l'arête; elle est habituellement exécutée par les officiers du navire. Le capitaine ne dédaigne pas d'y concourir, comme aussi les chirurgiens du bord. La morue passe ensuite des mains des saleurs à celles des sécheurs, tandis que les détritus sont jetés dans un réceptacle où ils macèrent. On en extrait une huile (drache) très-riche en iode. Depuis que la médecine a découvert dans cette huile des propriétés curatives très-énergiques, on traite les foies à part et aveo le soin spécial qu'exige leur emploi. Tel est l'ensemble des opérations pratiques de cette importante industrie. »
D'après le journal anglais le Times (août 1874), le , poisson et les autres produits des pêcheries de Terre-Neuve exportés de cette île en l'année 1873 ont représenté pour l'Angleterre une valeur totale de 7,569,497 dollars (37,847,485 francs). Cette valeur est celle du marché de Terre-Neuve; mais sur les marchés étrangers où cette marchandise trouve k s'écouler, le prix peut en être évalué à un quart ou un cinquième en plus, et cela sans compter l'immense consommation locale qui se fait du poisson,
La morue constitue le principal article de la pêche. En évaluant à 2,738,410 quintaux la quantité de poisson pris annuellement sur les Dancs et le long des côtes, sur la moyenne de 50 morues au quintal, on calcule que 136,920,500 morues se prennent, bon an mal an, dans les eaux qui entourent l'île de Terre- Neuve. Il y a eu, en outre, une exportation de 463,531 peaux de veau marin (seats) dans la même année 1S73, et, de plus, il a été expédié de l'île une tres-forte quantité d'huile de poisson, portant en tout les exportations des
Produits du phoque à 1,460,457 dollars. Mais exploitation de cette dernière industrie exige les plus grandes précautions, car déjà apparaissent des signes de l'épuisement produit par les méthodes destructives de pèche et qui est devenu tout à fait alarmant dans ces derniers temps. La pêche du hareng est fort négligée "sur les bancs et dans les eaux avoisinantes, et c'est à peine si l'on s'occupe de préparer ce poisson eu saumure. Dans la liste des exportations on doit faire figurer des oeufs de morue qui, étant mis en saumure dans des barillets spéciaux, s'expédient principalement pour la France, où ils sont employés comme appât de fond pour prendre la sardine.
La pêche à la morue emploie annuellement en France de 500 à 600 navires, montés par 12,000 marins. Le rendement total des pêcheries de Terre-Neuve est évalué, pour les commerces français, anglais et américain, à 15 millions de dollars ou 75 millions de francs. La part du commerce français atteint de 16 à 18 millions; celle de la pèche', généralement fixée à un cinquième pour les équipages, donne à chaque matelot une moyenne variant de 800 à 1,200 francs.
TERRE-NOIRE, bourg et comra. de France (Loire), cant, N.-E., àrroud. et à 3 kilom. de Saiut-EtieDne, bâti en partie sur une colline que traverse un tunnel; pop. aggl., 2,335 hub. — pop. tôt., 5,507 hab. Ce bourg doit sa prospérité à ses mines de houille et surtout uses forges et à ses hauts fourneaux
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fondés de 1820 à 1824. Les usines de Terre- Noire emploient annuellement 8 millions de kilogrammes de fonte et occupent près de 2,000 ouvriers. C'est la première usine qui ait appliqué en France les procédés anglais. Une église, une pharmacie, des écoles, un hôpital et une caisse de secours ont été établis à Terre-Noire pour les ouvriers de l'usine.
TERRE DE LA BEI SE, colonie anglaise de l'Australie. V. Qukensland.
TERRE SAINTE. V. Palestine.
TERRÉ, ÉE (tô-ré) part, passé du v. Terrer. Agric. Couvert de terre totalement ou en partie : Un pré terré. Un arbre terré.
— Véner. Caché dans son terrier : II croyait le renard terré tout auprès de ces pierres. (E. Sue.)
— Techn. Glaise : Une étoffe terrée, il Blanchi à l'aide de la terre glaise : Du sucre terré. || Garni de terre à la gorge, en parant d'une pièce d'artifice.
TERREAU s. m. (lè-ro — rad. terre). Agric. Terre formée par la décomposition des substances animales et végétales mélangées avec le sol ordinaire : Il est impossible que les terreaux soimt coiutamment tes mêmes partout. (V. de Bomare.) Les fleuristes font un grand usage du terreau. ( Bourgeois. ) Le terreau a la propriété d'absorber et de conserver une grande quantité d'eau, (Iiosc.) /'ni pensé que le terreau devait concourir à la production de l'acide carbonique. (Irigenhousz.) Le cadavre de l'homme, décomposé par ta putréfaction, se réduit à une quantité peu considérable de terreau et à un squelette léger. (Rieherand.) il Terre franche ou humus : Cette lave est stérile et n'est couverte que de très-peu de terreau. {Buff.)
— Nom qu'on donne, à Lyon, à des fossés à demi comblés de terre; c'est da là que la place des Terreaux tire son nom.
— Encycl. Le terreau est une substance brun noirâtre, très-tendre, assez généralement répandue à la surface de la terre, mais où, d'ordinaire, on ne le trouve qu'en assez petite quantité et mélangé a la terre arajjle. Il forme quelquefois de petits amas, des filons ou des lits dans les fentes des rochers et dans les cavernes (d'Omalius d'Hulloy). Si on laisse pendant un certain temps le terreau en contact avec l'atmosphère, il ne tarde pas a perdre toutes ses qualités nutritives, et tous ses principes assimilables (eau, acide carbonique et ammoniaque) se dégagent et passent dans l'atmosphère. Le terreau des terres arables paraît analogue au bois pourri, qui s'est altéré sous l'influence de l'air libre. Cependant, les circonstances qui ont donné naissance au terreau ne sont pas les mêmes; le bois, en etfet, s'est altéré sous la seule influence de l'air libre et de l'humidité; les débris végétaux qui produisent le terreau, au contraire, étaient placés dans le sol ; ils se sont donc trouvés dans un endroit plus humide, où l'air avait un accès beaucoup plus difficile. Un peut assez facilement se rendre compte de la production du terreau dans le sol sous l'influence de l'eau, agissant mécaniquement par sa masse et chimiquement par les substances qu'elle tient en dissolution; certaines roches dures ont pu être brisées; les débris des feldspath», des granits, des calcaires, broyés, pulvérisés, ont formé des couches humides ; quelques lichens, des mousses s'y sont développés, puis bientôt, faute d'aliments, y ont péri. Leurs débris, mêlés aux substances minérales au milieu desquelles ils se trouvaient, s'y sont altérés peu k peu; une nouvelle plante plus vivace a pu croître aux dépens des débris laissés par celles qui l'ont précédée, jusqu'au jour où sa substance est allée augmenter le fonds de matière organique mélangé au sol. Pou à peu s'est accru ce dépôt de terreau, dans lequel on peut retrouver et l'humus et les principes clans lesquels il doit se résorber plus tard.
Quelle est l'utilité du terreau au point de vue agricole? De tout temps, son importance et sa nécessité ont été reconnues. Galon, Varron, Columelle et tous les agronomes romains abondent en détails sur le fumier et sur les soins qu'on doit lui donner. Longtemps on ignora comment agissait le fumier introduit dans le sol; les observateurs le virent se transformer en une matière noire, le terreau, qui disparaissait k mesure que croissaient les récoltes; ils en conclurent, non sans quelque raison, que les plantes absorbaient les principes du terreau tels quels et se les assimilaient. C'est l'opinion qui fut généralement admise jusqu'au commencement du siècle; nous la trouvons eu 1750 exposée avec force détails parDuhamel. Mais, eu 1S04, Théodore de Saussure publia son beau livre, Recherches chimiques sur la végétation, où il examina soigneusement le terreau et l'humus; grâce k ses nombreuses expériences, il fut le premier à même de donner une théorie raisonnable des phénomènes de la végétation. Théodore de Saussure admettait encore l'absorption directe de l'humus par les plantes, quoiqu'k cette époque les expériences de Priestley, de Sennebier et d'Ingenhousz eussent bien démontré que les plantes puisaient uue partie de leur carbone dans l'acide carbonique de l'air. Quant & l'azote qu'elles renferment, on le soupçonnait fort de leur
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être cédé par l'ammoniaque. HumphryDavy, dans une célèbre expérience, démontra cette vérité. Il remplit une cornue de fumier et dirigea son bec sous du gazon ; partout où pouvaient se répandre les vapeurs ammoniacales, le gazon poussait dru et serré. Enfin, en 1840, M. Liebig définit parfaitement ce rôle du terreau dans l'agriculture quand il publia son Traité de chimie appliquée à la physiologie et à l'agriculture. Le célèbre chimiste allemand prouva que l'humus ou terreau agissait comme source d'acide carbonique absorbé par la plante (v. humus). MM. Boussingault et Lœwy ont même mesuré la quantité d'acide carbonique produite dans ces circonstances.
La nature des plantes enfouies aune grande influence sur la qualité du terreau; on a pu remarquer que les plantes riches en tanin donnaient un terreau acide, tandis que les autres donnaient un terreau de beaucoup préférable pour la culture.
Lo terreau renferme toujours des principes acides qui se neutralisent en partie au contact des calcaires du sol ; mais il peut arriver que ce terreau soit enfoui dans un sol sablonneux dépourvu de calcaires; le sol finit alors par acquérir une certaine acidité. Ce sol sablonneux chargé de terreau porte alors le nom de terre de bruyère; certaines plantes y croissent fort bien, les rhododendrons, les azulées, par exemple. Outre l'acide carbonique que ces terres renferment, on admettait généralement qu'elles contenaient aussi une certaine quantité d'acide acétique. I<a démonstration expérimentale en est due à M. P.-P. Ouhérain. t II me fut facile de le démontrer, dit-il, en distillant à une tièsdouce chaleur l'eau que- retient toujours la terre de bruyère; cette eau était décidément acide, et je pus même y caractériser l'acide acétique. » [Recherches sur l'emploi agricole des phosphates.)
La décomposition plus ou moins complète (les débris organiques enfuuis dans le sol est donc une source constante d'acide carbonique; le rôle de cet acide au point de vue de la nutrition des végétaux a été analysé et discuté à l'article humus (v. ce mot). Au resti-, ce n'est pas seulement dans le sol que les plantes puisent l'acide carbonique qui leur est nécessaire ; on sait que leurs parties vertes, leurs feuilles principalement, sont des organes de respiration ei que, sous l'influence de la lumière Solaire, elles absorbent l'acide carbonique de l'air et rejettent de l'oxygène. De récentes expériences entreprises |iar M. Boussingault ont prouvé qu'avec cet oxygène elles rejetaient aussi une certaine quantité d'oxyde de carbone.
TERREAUDEMENT s. m. (tè-rô-de-man).
Syn. de terreautagb,
TERREAUDER v. a. ou tr. (tè-ro-dé). Syn.
de TERREAUTER.
TERREAOTAOE s. m. (tè-ro-ta-je — rad.
terreauter). Agric. Action de terreauter : Le
TERREAUTAGB des prés.
TERREAUTER v. a. ou tr. (tè-rô-té — rad. terreau). A/iïe. Entourer ou recouvrir de terreau : Terreauter «ne couche. Terreauter un pré. Terreauter des repiquages.
— Absol. : Tous les moments ne sont pas bons pour terreauter. On terreaute mieux au crible qu'à la main.
TERREBASSE (Louis-Alfred Jacquier de), historien français, né à Lyon en 1S01. Il lit ses éludes à Paris, au collège Louis-le-Grand, et se livra-de bonne heure k son goût pour les recherches historiques. Le Dauphiné surtout, où est son domaine de Terrebasse, près du Péage-de-Roussillon, fut l'objet de ses investigations. Il n'avait que vingt-sept ans quand il publia l'Histoire de Buyard (1828, in-8»). ■ Ce beau travail, dit M. Rochas, qui a le mérite si rare de joindre à une diction élégante et pure les plus savantes recherches, emprunte encore un charme tout particulier à l'heureux choix de tournures et d'expressions tirées des vieux historiens, que son auteur a fondues duns ses récits avec un goût parfait. Des son apparition, la Vie de Boyard fut signalée comme la meilleure qui eût encore paru. Le temps a continué cette appréciation ; elle est devenue presque un livre classique. >
M. Alfred deTerrebasse se présenta comme candidat constitutionnel, en 1834, aux électeurs de Vienne (Isère), en concurrence avec Garnier-Pagès, porté par l'opposition démocratique; nommé député, il fut réélu en 1837 et 1839. Mais pendant les huit années de sa carrière parlementaire, il ne prit qu'une part insignifiante soit aux travaux des bureaux, soit aux discussions de la tribune. En 18-12, M. Bert le remplaça à la Chambre. Ce fut alors que M. de Terrebasse s'occupa de la publication en latin de la Chronique dauphinoise d'Aymar du Rivail, qui a été traduite en français par M. Antonin Maeé, professeur à l'Académie des lettres de Grenoble. Depuis 1830, il /est uniquement adonné à des travaux historiques et littéraires. Nous citerons de lui : Une larme sur la mort de Napoléon (Paris, 1821, in-go); Histoire de Pierre de Terrait, seigneur de Dayard (Paris, 1828, i ii - 8 o ) ; Boyard à Lyon (1829, in-8°); le Tombeau de Narcùsn (Lyon, 1832, in-8"; %^ édition, 1851 ) ; Relation des principaux événements de la oie de Salvaing de IJoissieu (Lyon, 1850, in-8") ; Gérard de Rous-
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sillon (Lyon, 1833, in-g«); Archéologie; explication d'une inscription singulière qui se voyait autrefois sur le fronton de l'église de Notre-Dame-de-la-Vie, à Vienne en Dauphiné (Lyon, 1856, grand in-8°); Appendice à l'histoire de Charlieu (Lyon, 1857, in-8"); Notice historique et critique sur les armoiries de la ville de Vienne en Dauphiné ( 1857, in-8°); Epitaphe du cœur de François, dauphin de Viennois (1858,' in-8°) ; Recherches sur quelques inscriptions latines et françaises de la uitle de Vienne (Vienne, 1859. in-8<>); Examen critique de l'inscription de Saint-Donat, relative à l'occupation de Grenoble par une nation païenne au Xe siècle, accompagné d'une planche (Paris, 1800,iii-8°) ; Noie sur le curiutaire de Do'mène (Lyon, 1860, in-8°) ; le Roman de Prusse; note sur une lettre du Père Menestrier où il est question de ce prétendu roman (in-12), etc. M. de Terrebasse a donné, comme éditeur : Histoire de Palanus, comte de Lyon, etc. (Lyon, 1833, in-8°) ; Histoire dit chevalier Paris et de la belle Vienne, etc. (Paris, 1835, in-8°) ; le premier volume des Graves chroniques de France, etc. (1837, in -8°); Aimari Rivallii delphinalis, de Atlobrogibus libri novem (Viennes Allobrogum , 1844, in-8»).
TERRECRÈPE s. f. (tè-re-krè-pe — de l'ital. terra, terre; crepolare, fendre). Bot. Nom vulgaire de la picridie commune.
TERRÉE s. f. (tè-ré — rad. terre). Agric. Pièce de terre entourée de fossés et exhaussée des déblais qu'on a retirés de ces fossés.
— Miner. Argile schisteuse interposée entre les couches de houille.
TERREIN adj, (tè-rain — lat. terrenus, de terre; de terra, terre). Se dit des sables extraits des sablonnières, par opposition au sable de mer.
— s. m, V, TERRAIN.
TERREMENT s. m. (tè-re-man — rad.
terrer). Action d'exhausser un terrain trop bas, au moyen de -terres qu'on y fait charrier par les eaux
TERRE-NEUVE s. m. Chien d'une race originaire de Terre-Neuve : Les terreneuve d'abord furent malades; mais peu à peu une mélancolie étrange les gagna, et ils devinrent fous. (Michelet.)
T2RRE-NEUVIEN s. m. (tè-re-neu-viain).
Chien de Terre-Neuve : Vous avez, me dit-il en passant la main sur la tête de mon chien qui le flairait, un bon compagnon pour la nuit; cest un terre-neuvien, ajouta-t-il. (A. Karr.) Il PI. terre-neu viens.
TERRE-NEUVIER s. m. (tè-re-nou-vié).
Pêcheur qui va à la pêche de la morue, sur le banc de Terre-Neuve. Il Navire aimé pour cette pèche : Equiper un terre-neuvier. Il