‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 1057 sur 1059 · TERU · texte numérisé non relu

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l'idolâtrie, De la parure des femme* n'autorisent pas a un classement bien certain, et peut-être le plus probable serait-il qu'ils ont été composés dans les années de transition, lorsque Tertullien laissait percer de plus en plus ses tendances montanistes sans avoir sncore bri*é aveu l'Eglise. Enfin les Cinq livres contre Alarcion, les traités De l'âme, De la chair du Christ, De la résurrection de la chair, Contre Praxeas, le Scorpiaque ou Antidote contre les gnostiques, De la couronne militaire, Du voile obligatoire pour les vierges, De l'exhortation à la chasteté, De la fuite dans la persécution, De la monogamie, Du l'eilne, De lapudeur appartiennentvisiblement a la période du roontanisme déclaré. On est assez généralement d'accord aujourd'hui qu'on a attribué à tort à Tertullien les traités De la pénitence et Contre les Juifs.

TERUCCI (Jean-Baptiste), jurisconsulte et littérateur italien, né k Sienne, mort vers 1749. Il professa le droit civil dans sa ville natale, y devint membre de l'Académie des Intronati, se livra avec succès a la poésie et fut enlevé par une mort prématurée. On lui doit les premières traductions en vers italiens du Piutus et des Nuées d'Aristophane. Ces deux pièces ont été publiées après sa mort par l'abbé Eabriani, la première en 1751, la seconde en 1754, à Florence. Dans le Journal étranger de décembre 1755 , Fréron a consacré au Piutus de Terucci un article dans lequel il compare sa traduction et celle que Mme Dacier avait faite de la même pièce, et il donne la préférence à l'œuvre du littérateur italien, qui, dans son style serré et concis, a rendu des beautés échappées à la traductrice française.

TÉRUEL, ville d'Espagne (Aragon), ch.-l. de la province de son nom, sur une colline, au confluent du Guudalaviar et de l'Alhambra, à 220 kiloin. E. de Madrid, 168 kilom. S. de Saragosse ; 8,000 hab. Evêché suifragant de Saragosse. Elle est située sur une colline dont la base est baignée par le Guadalaviar et entourée d'une double enceinte, percée de neuf portes. Le mur intérieur forme un solide rempart sur lequel sont construites des' habitations. Les rues bout propres, mais étroites et tortueuses. La place principale est un polygone entouré d'arceaux, dallés, sous lesquels sont installes les principaux, magasins de la ville. Le monument le plus reinarquuble de Téruel est la caihédrale, vaste édifice à trois nefs, surmonté d'une coupole k deux corps. Les principales curiosités de l'intérieur sont : le retable, orné de nombreuses statues dans le goût de l'école florentine du temps de Michel-Ange ; un tableau des Onze mille vierges d'Antonio Bisquert, peintre valencien d'un grand talent; les stalles et la grille du choeur et deux custodias en argent. Signalons aussi la jolie église de San-Pedro, ornée de belles peintures exécutées par Bisquert et d'un retabie sculpté par Joli; l'église San-Salvador, où se voit un beau Christ de Bisquert; l'ancien collège des Jésuites, dont l'église est ornée d'une profusion de sculptures et de peintures à fresque ; la tour arabe de l'église Saint- Martin et l'aqueduc. Ces deux derniers monuments méritent une description particulière, t La tour de l'église Saint-Martin domine, dit M. Delavigne, tous les édifices de la ville. Elle est carrée, couverte d'ornements, de dessins, d'arabesques, d'enjolivements à jour et de mosaïques formées par des briques et des faïences de couleurs variées. Elle s'élève au-dessus d'un are ogival qui forme l'une des entrées de la ville ; le dernier étage est tout à jour et d'une admirable Légèreté. Des créneaux la couronnent.

» L'aqueduc rivalise avec les plus célèbres d'Espagne. Il traverse la vallée sur 140 arcs de pierre et jette, au-dessus d'un ravin, 6 arcs à deux étages, de 19 k 20 mètres d'ouverture et d'une hauteur totale de 30 mètres. L'étage inférieur est en plein cintre, les arcs supérieurs sont gothiques, et uu passage est pratiqué dans l'épaisseur de leurs piles pour communiquer u'un coté k l'autre du ravin. »

Quelques auteurs prétendent que cette ville existait avant la. domination des Romains et que soji nom actuel est une corruption de celui de Turbula, qu'elle avait sous ces conquérunts. Détruite par les Maures, elle fut rebâtie par Alphonse II en 1171, puis prise et piliee par l'icrre, roi de Castilie, en 1365. Au mois ne juillet 1874, Téruel fut attaquée par 13,000 carlistes, sous les ordres de don Alphonse; mais ils durent se retirer devant l'énergique résistance que leur opposèrent les h Liuuts et un régiment d'iufauterie liu'-rale.

La légende a rendu Téruel plus célèbre encore que l'histoire, et nous allons rapporter celie des Amants de Téruel, si célèbres par les poètes espagnols. Les habitauts de Téruel sont fiers du souvenir de Diego de Marcilla et d'Isabelle de Segura, les deux amants les plus tendres et les plus fidèles que l'Espagne ait jamais comptés parmi ses enfants.

« Ces deux amants vivaient au commencement du xmo siècle, sous le règne du roi don Jaune d'Aragon. Le père d'Isabelle était riche, Diego ue Marcilla était pauvre. Celui-ci obtint de la jeune tille qu'elle l'attendrait cinq ans et s'en alla combattre les Maures. Isabelle résista pendant cinq ans aux sollicitations de son père, qui voulait la marier; puis, lorsque ce délai fut arrivé, ne recevant aucune nouvelle de Diego, elle se laissa flan-

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cer a Azagra. Mais le jour même du mariage, i Diego arrive, riche et glorieux. Frappé d'une , vive douleur à cette nouvelle, il se déguise et pénètre jusqu'à la chambre nuptiale, où il se cache. On amène les nouveaux époux.

Azagra est tendre et empressé. Isabelle prétexte un vœu; le mari se résigne, se couche et s'endort. Diego s'approche du lit, prend les mains d'Isabelle, effrayée de cette apparition inattendue, et éclate en longues plaintes. Isabelle cherche à se justifier, reproche à son amant de l'avoir oubliée et de s'être montré peu soucieux lui-même du délai qu'il avait réclamé. Diego demande un baiser pour dédommagement de ses souffrances. « Je » n'existe plus pour toi, dit Isabelle ; je ne » puis te donner Le bien d'un autre ; Azagra » est maintenant mon seigneur et maître 1 ■ Diego supplie, Isabelle résiste et le repousse. Le jeune homme s'agenouille et implore cette dernière faveur. IfabeJe refuse encore. « Je » tens que je meurs ! > s'écrie Diego. Il pousse un soupir et tombe. Isabelle se penche vers lui, l'appelle. Diego e.-t mortl Elle pousse des cris, elle se lamente. Azagra se réveille. La jeune femme feint d'être sous l'impression d'un songe, raconte à son mari une histoire semblable k la sienne et lui présente la question du baiser. «J'en aurais donné cent,» dit l'époux. Alors Isabelle lui montre le corps inanimé de Diego. Les deux époux, frappés de douleur et de crainte, se lèvent au milieu de la nuit, emportent sans bruit le corps de Diego et, sans être vus de personne, le déposent sur le seuil de la maison de son père. Le surlendemain, toute la ville en grand deuil célébrait les funérailles du jeune capitaine, dont la mort restait un mystère. Lorsqu'elle vit passer devant sa fenêtre son amant porté sur un brancard, Isabelle arracha ses vêtements de noce, prit une robe de deuil et tout échevelée alla se joindre aux femmes qui suivaient le convoi. « Attends-

• moi, Diego I disait-elle; la douleur suffira

• pour m'ôter la vie; avant une heure, tu me » verras. » Le cortège arrive a- la paroisse; on dépose le corps au pied d'un magnifique catafalque. Une femme cachée sous ses voiles s'en approche et s'agenouille; elle découvre le visage du mort, le considère un instant, lui donne un baiser si bruyant qu'il est entendu de toute l'église et reste immobile, la bouche collée sur les lèvres décolorées du jeune homme. On s'approche u'elle, on la prie de se retirer; elle ne répond pas; on soulève son voile, on reconnaît Isabelle, morte, entourant de ses bras le corps de Diego. Azagra accourt, et, commandant à sa douleur, il explique la cause de cette double catastrophe. Ou propose alors de réunir les deux amants dans la même tombe, ce à quoi l'on procède à l'instant. Les corp3 de Diego de Marcilla et d'Isabelle de Kegura furent déposés dans un mausolée d'albâtre, dans l'une des chapelles de l'église de San-Pedro, où on les trouva parfaitement conservés en 1555, lors des travaux qui se tirent dans cette chapelle. Ils occupent maintenant une niche pratiquée dans l'épaisseur des murs du cloître, avec cette inscription sur la pierre qui la ferme :

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