‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 109 sur 1059 · V. Bochart · texte numérisé non relu

V. Bochart

SARROT s. m. (sa-ro). Ancienne orthographe du mot SARRAU.

— Liturg. Ancien nom du rochet.

SARROTRIE s. m. (sa-ro-trl — du gr. sarotron, balai). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des colydiens, comprenant trois espèces qui habitent l'Europe centrale.

SARROTRIPE s. f. (sa-ro-tri-pe — du gr. sarotron, balai; trupao', je troue). Entoin. Genre de lépidoptères nocturnes, de la tribu des platyomides, comprenant deux espèces qui habitent l'Europe.

SARROTROGÈRE s. m. (sa-ro-tro-sè-re — du gr. sarotron, balai; keras, corne). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des lamiaires, dont l'espèce type vit à Bornéo.

SARROUBE s. m. (sa-rou-be). Erpét. Espèce de salamandre de Madagascar.

SARRUS (Pierre-Frédéric), mathématicien français , né à Saint-Affrique (Aveyron) en 1798. Reçu agrégé des sciences en 1823, il fut nommé bientôt après professeur d'analyse mathématique a la faculté des sciences de Strasbourg, dont il a été doyen, et il occupa cette chaire jusqu'en 1858. Il est surtout connu par le théorème qui porte son nom (v. l'article suivant), dont l'objet est de fournir une méthode pour obtenir, sans l'introduction d'aucune solution étrangère, l'équation finale résultant de l'élimination d'une inconnue entre deux équations algébriques de degrés quelconques. Un autre travail plus important lui a valu en 1842 le grand prix de mathématiques. La question mise au concours par l'Académie des sciences était d'étendre aux intégrales multiples la méthode des variations pour la recherche des maxima. Le savant mémoire de M. Sarrus sur cette importante question a répondu complètement aux dOsirs de l'Académie. Il a été publié dans le Journal des savants étrangers. On doit encore à M. Sarrus : Mémoire sur la détermination des orbites des comètes (1843); Méthode pour trouver les conditions d'intégralité d'une fonction différentielle (1847) et divers opuscules.

Sarrus (THÉORÈME de). Le théorème de Sarrus ne lui appartient pas entièrement;

SARR

l'honneur, au contraire, en revient pour la plus grande partie à M. Labatie, mais M. Sarrus a donné a la démonstration une forme neuve et simple. qui lui eu a fait attribuer tout le mérite.

Soient A = 0, B = O les deux équations proposées en x et y, entre lesquelles on veut éliminer x. Si les premiers membres de ces deux équations admettaient un facteur commun en y, on pourrait joindre pour x des valeurs arbitraires aux valeurs de y fournies par l'équation de ce facteur à zéro, et l'on aurait un certain nombre de suites de valeurs de x et de y satisfaisant aux équations proposées. Il sera toujours facile d'enlever à l'avance les solutions de ce genre et nous supposerons que cette opération préparatoire ait été effectuée.

A et B étant ordonnés par rapport aux puissances décroissantes de x, si A est de degré supérieur à B, on divisera A par B. Soient c le facteur en y par lequel il sera nécessaire de multiplier A pour rendre la division possible sans introduction de dénominateurs ;iu quotient, q le quotient et Rr le reste, où r représente le facteur en y seul; on aura

cA. = B q + Rr.

En divisant B par R, on aura de la même inauière

e,B = Rj, + R.r,,

c, et r, désignant des facteurs en y analogues à ceux que représentent c et r.

Divisant ensuite R par Rt, en opérant toujours de même et supposant que le reste ne contienne plus a, ou aura enfin c1R = R,j1 + r,.

Il est utile de remarquer que, s'il existait un facteur commun entre c et r, entre c, et r„ ou entre c, et ra, ce facteur se trouverait dans le quotient correspondant g, y, ou g, et que par conséquent on aurait pu éviter de l'introduire dans le dividende. Nous supposerons donc que c et r, el et rtl enfin ct et r, soient premiers entre eux.

Cela posé, toute solution commune à

A = 0 et B = o

appartiendra nécessairement à l'un des systèmes

B = 0, R=0 et R = 0, r=0.

De même, toute solution commune à

B = 0 et R = o appartiendra à l'un des systèmes

R = 0, Rt = 0 et R = o, r, = 0 ; enfin, toute solution commune à R = o et R4 = o appartiendra au système

Toutes les solutions du système A = 0, B = 0 se retrouveront donc dans les différents systèmes

mais il ne serait pas possible d'affirmer réciproquement que toutes les solutions fournies par les systèmes

[Rt = 0, r, = 0]

conviendront au système A = 0, B = 0. La négative ne saurait s'appliquer au système B = 0, r = o,

car, pour qu'il en fût ainsi, il faudrait que r et c eussent un facteur commun, ce que l'on ne suppose pas. Mais, par exemple, une solution de [R = 0, r, = o], laquelle satisfera certainement à B = 0, puisque ct et rt sont premiers entre eux, annulera cA, mais pourra bien annuler c sans annuler A. De même, une solution de

annulera R,C,B et CA, mais pourra annuler et et c sans annuler ni B ni A ou pourra n'annuler que B ou A.

Cela posé, on pourra de la manière suivante enlever des systèmes

[B, = 0, r, ~ o] les solutions qui ne conviendraient pas au système

Soient d le plus grand commun diviseur entre

c et j\ et d, le plus grand commun diviseur en tre

ce.

—r et r, ;-les systèmes a

[Rl-O.J-o]

contiendront encore toutes les solutions du système

[A = 0, B = 0] et n'en contiendront plus d'étrangères à ce système. .C'est en cela que consiste le théorème de Sarrus.

SARR

et

Pour le démontrer, on exprimera successivement A et B en fonction de R et -r,Ri

Si l'on multiplie par ct l'équatioa cA = Bg + Rr, qu'où remplace cji par sa valeur

R?i + Ri»1!

et qu'on divise par d, on aura

et

agi + es d sera entier.

Si l'on multiplie cette dernière équation par c„ que l'on remplace c,R par sa valeur

RiÇi + r,

et qu'on divise par dit on aura

et

cc,c. —â—l' + Wj

gql + c1r r, d d.'

sera entier.

De même, en multipliant par c l'équation

c.B = Rg, + Rtr„ et divisant par d, on aura

-jB -R + cR,-

et — — sera entier.

En multipliant cette dernière par c,, remplaçant c,R par sa valeur

Ri?, + r,

et divisant par d4, on aura

Ç9iÇx,cc,r1

et

sera entier.

On savait déjà que les solutions du système B = 0,»" = 0 satisfaisaient au système proposé ; les équations (1) et (3) d'une part, (2) et (4) de 1 autre montrent qu'il en est de même des solutions des systèmes

[e..,J.„], [e..,JJ.

Il reste encore à démontrer que toutes les solutions du système

se trouvent comprises dans les systèmes

Or, on a déjà

[b- cji-o],

cA — jB = Rr ;

en éliminant R entre les équations (1) et (3), on trouve, réductions faites,

\d A T^B) — R'rd'

ou les coefficients de A et B sont entiers. En éliminant de même R, entre les équations (2) et (4), on trouve semblablement

/cgi?» 1 ce.r, g?i + c,r r, \

où les coefficients de A et B sont encore entiers.

Cela posé, l'équation (6) montre que toute valeur de y faisant partie d'une solution de

A = 0 et B = 0

appartient nécessairement à

d dt

Or, si elle satisfait à r = 0, elle fait partie du système B = o, r =0 ; si elle n'annule pas r, elle doit annuler R en vertu de l'équatiou cA — tfB = Rr.

SART

Si donc elle annule -j4, elle appartient au sûcond système

enfin, si elle n'annule ni r ni -*, elle annule R^

en vertu de l'équation (5), et alors elle appartient au troisième système

Ainsi la méthode de Sarrus donne bien toutes les solutions du système des équations proposées et ne donne qu'elles. On est naturellement porté à croire que parmi ces solutions celles qui soni multiples se conservent aux mêmes degrés de multiplicité dans les systèmes substitués au proposé; mais le fait n'est pas établi jusqu'ici.

SARRUT (Thomas-Jacques), général français, lié à Saveruun (Anége) en 1764, mort en Kspagne en 1813. Il s'engagea a dix-huit ans comme simple soldat, Sous-uftieier à l'origine de la Révolution, il fut nommé capitaine en janvier 1792, général de brigade en 1800. Kn 1803, il fui chargé de la construction d'un fort sur la presqu'île de Toulinguet et reçut ensuite le commandement de ce fort. Il lit la campagne de 1805, puis à partir de 1807 la guerre d'Espagne. Sou principal exploit dans celte dernière guerre fut la victoire qu'il remporta sur les hauteurs de San- Vicenie-de-la-Barquera, où, avec 900 hommes, il battit 6,000 Espagnols et leur fit 2,000 prisonniers. Blessé à la bataille de Vittoria (20 juin 1813), Sarrut fut recueilli dans le camp anglais. Il y mourut sept jours après, des suites de ses blessures.

SARRUT (Germain-Marie), écrivain et homme politique français, né à Toulouse en 1800. Il étudia la médecine k Paris et devint prosecteur au Val-de-Grâee. M. Sarrut abandonna la médecine pour entrer dans l'enseignement, et, en 1822, il fut nommé professeur au collège de Pontlevoy. Trois ans plus tard, il prit la direction de cet établissement. A la suite de vifs démêlés aveu le parti clérical et jésuite, il donna sa démission en 1827 et publia à ce sujet une lettre qui fit du bruit. Après la révolution de juillet 1830, M. Oermain Sarrut devint président de la commission départementale de l'Ariége, et rédigea plusieurs proclamations inspirées par un sentiment démocratique tres-urnent. N'ayant pas voulu se rallier à Louis-Philippe, il iit, comme rédacteur en chef de la Tribune, une guerre des plus vives au pouvoir nouveau. En quatre ans, son journal fut l'objet de cent quatorze poursuites. Sarrut le de lendit soixante-sept fois devant diverses juridictions, fut condamné lui-même quatre fois à la prLon et dut abandonner la publication d'un journal accable d'amendes. A cette époque, M. Sarrut commit la faute d'exprimer constamment ses sympathies pour les hommes et les choses du premier Empire, en s'imaginant avec une exiréme candeur que le bonapartisme pouvait être un auxiliaire utile au

Îwrti républicain. 11 entra en relations avec e prince Louis-Napoléon Bonaparte et, iors du procès qui suivit l'echauffuuree de Strasbourg, il se vit l'objet d'une perquisition domiciliaire. De 1835 à 1842, M. Sarrut publia avec Saiiii-Edme la ISiographie des Iwnimes du jour (6 vol. in-4°J, uestinée à servir la cause démocratique. Apres la révolution de 1848, le gouvernement provisoire le nomma " commi>saire de la République dans le Loir-et- Cher. Elu peu apiès représentant du peuple dans ce département, il lit partie du comité de l'instruction publique, vota constamment aveu la gauche et, après ies journées de juin, il défenuit un granu nombre d'insurgés devant les conseils de guerre. La politique du président Louis Bonaparte trouva en lui un adversaire déclaré. Itéelu à l'Assemblée législative, il suivit la même ligue politique, vota constamment contre la majorité réactionnaire et contre l'Elysée, et rentra complètement dans la vie privée après l'attentat du 2 uéceinbre 1851. Indépendamment de brochures, d'articles publiés dans le Patriote, la Béaulutian de 1830, la Tribune, etc., on lui doit : Procès à V histoire (1832, in-8u) ; Second procès à l'histoire (1833); Quelques mots à M. le maréchal Clauset (1837, in-8°); Jitudvs rétrospectives sur t'ëtat de ta scène tragique (1842, iu-80); Paris pittoresque (1842, 2 vol. in-8°), avec Saiut-Edme ; Sur les chemins de fer en générât et t*ur te système Jouffray en particulier (1844); Histoire de France de 1792 jusqu'à nos jours (1848, in-4«); les Fils d'Arpad (1861, iu-8<>).

SARS s. m. (sar). Bot. Ancien nom de la gesse.

SARSIE s. f. (sar-st — de San, n. pr.). Zool. Genre d'acalëphes mèdusaires, dont l'espèce type a été trouvée dans les mers du nord de l'Europe.

SARS1NA, bourg du royaume d'Italie, province de Forli, district et à 26 kilom. S.-E. de (Jcsena, mandement de Mercato-Saraceno ; 2,830 hab. Siège d'un évêehé. Patrie du poëte latin Haute.

SART s. m. (sar). Autre orthographe du mot SAR.

SART

— Agric. Syn. d'ESSAET, dans quelques provinces.

SART, bourg de Belgique , province de Liège, arrond. et à 11 kilom. S.-E. de Verviers; 2,320 hab. Filature de laine.

SART, bourg de la Turquie d'Asie, dans le paehulik et à 80 kilom. S.-E. d'Aïdin, à 77 kilom. E. de Sinyrne. Ce bourg s'élève sur l'emplacement de l'ancienne Sardes.

SART, nom moderne du Pactoliî.

SARTAGE s. m. (sar-ta-je — altér. à'essartage). Agric. Syn. iI'essartagk.

— Sylvie. Culture qu'on fait sur une coupe récente de bois, avant d'y laisser développer un nouveau taillis.

— Encycl. Nous avons dit, au mot essart, comment a pris naissance le procédé de culture désigné, dans l'art forestier, sous le nom do sartage; il nous reste à faire connaître ici le mode opératoire usité dans l'Anlennn française et belge, le pays de Liège et quelques «■outrées du sud de l'Allemagne. Voici en quoi il consiste, d'une manière générale : après la coupe d'un taillis, on brûle, k la surface du sol, les broussailles, morts-bois, herbes sèches et débris végétaux de toute sorte; le sol étant amélioré par cet amendement, on y cultive des céréales pendant un an ou deux, puis on abandonne le taillis à sa croissance et à son développement naturels. Le sartage convient surtout aux massifs forestiers assis sur des terrains argileux et qui retiennent fortement l'humidité. On le pratique de deux manières, dites à feu courant et à feu couvert, qui ont chacune des avantages et des inconvénients.

Pour faire un sartage à feu courant, on répand sur le sol, entre les souches exploitées, tous les déchets provenant de la coupe et qui ne valent guère la peine d'être rainasse*; on y met le feu par un temps calme. La flamme se propage rapidement et a bientôt réduit en cendres tous les menus bois et débris répandus, ainsi que les herbes qui couvrent le sol. Il faut attendre, pour mettre le l'eu, que le tout soit assez sec pour brûler ; mais, d'un autre côté, il faut faire le brûlis d'assez bonne heure pour avoir le temps de s -mer une céréale. L'époque la plus favorable est la fin de mai et le commencement de juin.

Pour maintenir le brûlis dans de justes limites et empêcher qu'il ne dégénère en un incendio fatal pour les coupes voisines, l'espace à essai ter est cerné par un petit fossé, sur le bord duquel se tiennent des hommes munis de branches touffues, afin d'éteindre prompiement ta flamme si elle venait à. franchir la limite. On partage aussi cet espace en compartiments à laide de fascines fortement serrées, de manière à ne pouvoir être pénétrée* par le feu, et qui forment comme des sentiers en relief; le feu se propage ainsi dans une direction plus régulière. Des hommes armés de longues perches dont l'extrémité est garnie d'un crochet en fer se portent aux points où leur présence est nécessaire, pour diriger la flamme, l'empêcher de consumer les souches et d'atteindre les parties voisines.

Pour le sartage à feu couvert, on enlève à la houe la couche superficielle et gazonnée du sol; on la rassemble en petits fourneaux auxquels on met le feu; quand le brûlis est terminé et les fourneaux éteints, on répand les cendres sur toute l'étendue de la coupe. Ce mode a un avantage sur le précédent; il permet de réserver quelques baliveaux qu'on peut préserver des atteintes du feu. Mais, d'un autre côté, il a de graves inconvénients ; le sol est échauffé d'une manière très-inégale; [ dans les pentes rapides, il est souvent trop , ameubli et sujet à s'ébouler par places. Les i souches et les racines peuvent aussi être i blessées, mutilées ou déchaussées par la houe, ce qui nuit beaucoup k la repousse du bois. Sans doute, le sartage à feu courant détruit les semences et les jeunes plants, blesse quelques racines et charbonne même partiellement la surface des souches; mais ces inconvénients sont très-faibles ou largement compensés, le dernier surtout, et c est au point que, dans les forêts où le sartage est bien conduit, on est dans l'usage d'amasser le feu sur les vieilles souches, afin d'y détruite tout principe de végétation jusqu'à mie certaine profondeur. La force végétative se réfugie alors, se concentre pour ainsi dire dans les racines, et elles émettent de nombreux drageons propres à regarnir les.vides. Au reste, la préférence à donner à l'un ou à l'autre de ces modes dépend des circonstances locales, et le sartage à feu couvert, bien que moins avantageux, ne saurait être absolument proscrit.

Quelque procédé qu'on emploie, dès que le sol est refroidi, on le pioche légèrement à quelques centimètres de profondeur, puis on sème les céréales. « Si le sartage, disent Lorentz et Parade , a été effectué de bouno heure, on peut cultiver du sarrasin la première année et du seigle l'année .suivante; mais si, au contraire, la saison est déjà avancée, il faudra se contenter d'une seu.e récolte de seigle, t M. de Salonion, savant forestier, recommande pour cet objet le seigle multicaule. i Ce seigle est bisannuel et se sème dans les taillis avec le sarrasin. La première année, il ne s'élève qu'à environ 0m,16 et l'on peut le couper, sans lui nuire, en récoltant le sarrasin. La deuxième année, ses tiges,

SART

qui sont ordinairement à vingt ou trente sur le même pied, s'élèvent à plus de 2 mètres et donnent des épis très-productifs. Son emploi, en mélange avec le sarrasin, présente d'abord l'avantage de procurer deux récoltes au moyen d'une seule culture; en second lieu, on évite les dangers delà dégradation des sols inclinés, dans lesquels, comme on lésait, les terres trop ameublies par la culture sont toujours exposées à être entraînées par les eaux pluviales. »

Les céréales semées dans les terrains sartés doivent être coupées à la faucille, avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas atteindre les rejets des souches. Cette récolte, déjà assez importante, n'est pas le | seul avantage que procure l'opération. Le i sol, assez ameubli et bien nettoyé des mau- ■ vaises herbes, favorise la végétation des

i "aunes rejets et des drageons, qui sont d'aileurs abrités, dans leurs premières années, par les céréales. Dans les taillis de chênes et d'autres essences exploitées surtout pourl'écorec, ce dernier produit acquiert une qualité bien supérieure, par suite de l'épaisseur du liber et de sa richesse en maiière tannante. La pratique du sartage pourra donc être avantageusement introduite sur bien des points où elle est inconnue aujourd'hui.

I SAP.TAK, prince mongol du xui> siècle, fils ' de Batou. Rubruquis, dans son voyage en j Asie, rendit visite à ce prince. Sartak reçut i le voyageur français le l2janvier 1253, dans ■ son campement à trois journées du Volga. Rubruquis rencontra encore une fois, l'année suivante, Sartak qui se rendait à la cour de Mangou-Khan. On a dit, mais à tort, que Sartak était chrétien. S'il faut en croire Rubruquis, le prince mongol avait six femmes et protégeait les missionnaires chrétiens, non qu'il professât leur religion, qu'il ne connaissait pas, mais par simple calcul de politique, comme membres d'une nation commerçante.

Sartak recevait U sa cour des ambassadeurs russes , vulaques , bulgares et eireassiens. Tout ce qu'on sait sur Sartak en dehors de ce que raconte Rubruquis, c'est que te pape i Innocent IV reçut un ambassadeur de ce prince et qu'il écrivit une lettre à Sartak lu 19 septembre 1254.

SARTEANO, bourg du royaume d'Italie, province de Sienne, district de Montepuloiano, mandement de Chiusi; 4,423 hab.

SARTELOtf (Antoine- Léger , chevalier), fonctionnaire français, né à Tulle eu 1770, mort à Châlons-sur-Marne en 1825. Entré fort jeune dans l'administration mililaire, il fut commissaire des guerres, puis ordonnateur pendant la campagne d'Egypte. Revenu en Krnnce, il fut nommé par Napoléon secrétaire général de la guerre, puis, eu 1812, commissaire ordonnateur de la grande armée. Sartelon fut élu, en 1814, membre du Corps législatif par la Corréze ; mais, occupé par son service administratif, il n'y siégea qu'après le retour des Bourbons. Nom. né, à la seconde Restauration, commissaire ordonnateur en chef de la maison du roi, il fut envoyé par le cullége de Tulle à la Chambre dite introuvable de 1815, puis à celte de 1816- Il appartint dans ces deux assemblées au groupe monarchique modéré. Il ne fut pas réélu en 1818 et reprit son service dans l'administration militaire, à Châlous. Il a public en 1818 une Lettre à MM. tes électeurs de ta Corréze.

SARTÈNE, ville de France (Corse), ch.-l. d'arroud. et de cant., à 56 kilom. S.-É. d'Ajaccio; pop. aggl., 2,981 hab. — pop. tôt,, 4,166 hab. L'arrondissement comprend 8 cantons, « communes et 33,495 hab. Tribunal de l'o instance; justice de paix. Commerce de grains, huile, cire, cuirs, peaux de chèvre, moulons, planches de sapin. Place de guerre. Sartène est bâtie en amphithéâtre sur le oh;iinoii qui sépare la vallée de Valiuco de celle d'Ortula ; elle est entourée de murs ruinés et renferme un grand nombre de maisons bien bâties.

— Histoire. Sartène, au temps de la domination génoise, n'était qu'un simple chef-lieu de bubdélegation. Un conseil do pères de ta commune, présidé par un podestat, en composait l'autorité municipale. L'histoire n'offre, d'ailleurs, sur cette petite ville aucun détail antérieur au xvie siècle, En 1563, Sartène tomba, pendant la guerre de Sainpiero, au pouvoir des insurgés, qui en massacrèrent la garnison. Près d'un sièele et demi p. us tard, Giafferi battit sous ses murailles le comte de Wachtendock et s'empara de la place, mais la préserva du pillage (1732). Vers la même époque, les incursions continuelles des pirates barbaresques causèrent un tel préjudice à Sartène que sa piève, qui, au commencement du xvie siècle, comprenait onze villages, n'en comptait plus qu'un seul cinquante ans après. En 1583, Hassan, roi d'Alger, prit la ville d'assaut et emmena en esclavage environ quatre cents de ses habitants. Sartène nous offre comme Florence le spectacle de deux familles ennemies : des haines sanglantes ont divisé jusqu'à nos jours les Ortoli et les Roccaserra, et, en 1830, on vit les deux partis entrer en lutte dans les rues avec un acharnement digne du moyen âge.

Sartène se divise en deux parties : le quartier Sainte-Aune, ou ancienne ville, et le Faubourg, ou ville neuve. La ville neuve remonte

SART

au temps des Génois et ses rues n'ont depuiî lors subi aucune modification. Ce qui étonne surtout las étrangers, c'est la présence de cheminées placées extérieurement le long des façades de la plupart des maisons, suivant un usage inconnu en France. SanèiiH ne renferme aucun édifice digne de mention. Elle possède dans le golfe de Valinoo deux marine servant de débouchés aux grains dont le canton fait un commerce considérable : Propriano et Portijrliulo. Non loin de Sartène se dresse un rocher gigantesque, très -connu dans la contrée sous le nom de VÈomme-de- Cagna; ses contours affectent en effet les formes humaines et se détachent de loin sur le ciel.

— Célébrités. Sartène a vu naître Giovanni de La Grossa, chroniqueur du xvi<* siècle, et le général de brigade Abbatucci, mort à vingt-six ans.

SARTER v. a. (sar-té). Agric. Syn. d'iis-

SARTKU.

SARTIIE (la), rivière de France. Elle prend sa source dans l'arrondissement de Mortuj.'ii'', au village de Somme-Sanhe, prés de l'ancienne abbaye de la Trappe, coule au S.-O., forme la limite entre les départements do l'Orne et de la Sarthe, baigne Alençon, pénètre dans le dépaiiementde la Mayenne, tourne ensuite au S.-E., entre dans le département auquel elle donne son 1:0111, baigne Fresnny, Beaumont, Le Mans, reprend s-a direction au S.-O., arrose La Suze, Sablé, passe ensuite dans le département de Maine -et-Loir-?, où elle arrose Briollay ; au-dessous de cette ville, elle se réunit à la Mayenne pour former la Maine, après un cours du 276 kilom., navigable sur 128 kilom., du Mans à son confluent k la Mayenne. Ses principaux affluents sunt : à droite, le Surthon, le Merderenu et la Vègre; à gauche, l'Orne, l'iiuine et le Loir.

SARTHE (département de la), division administrative de la région N.-O. de la France, tirant son nom de la rivière principale qui l'arrose. Formé, en 1790, de la jjartie orientale du Maine, d'une petite portion de l'Anjou et du Perche, ce département confine an N. à celui de l'Orne, k l'E. à ceux d'Emvet-Loir et de Loir-et-Cher, au S. à ceux d'Indre-et-Loire et de Maine -ct-Loire, et il l'O. il celui de la Mayenne. Sa plus grande longueur du N. au S. est de 100 kilom. et sa largeur moyenne de 80. 1) forme quatre arrondissements : Le Aluns, chef-lieu; La Flech -, Mainers et Saint-Calais; il comprend 33 cai.tons, 386 communes et 440, G03 hab. H foriiu» le diocèse du Mans, suffcagnnt de Tours; il ressortit à la cour d'appel d'Angers, à l'académie de Caen, à la 15>= circonscription forestière.

La superficie de ce département est de 620,607 hectares. Situé dans la partie N.-O. de la France, le département de la Sarthe jouit d'un climat sain et tempéré, bien que le long des cours d'eau régnent fréquemment des dyssenteries épidémiques. Dans le nord, l'air est doux et humide; il est plus chaud au midi. La pente générale du sol est du nord au sud et au sud-ouest. Il est formé de plaines et de collines peu élevées, mais d'aspect très-varié. Le point culminant est au lieu dit le Signal, dans la forêt de Perseigne ; il a 340 mètres au-dessus du niveau de la nier. Les cours d'eau sont nombreux. Le principal est la Sarthe. On trouve quelques étangs produits presque toujours pur des retenues d cuti momentanées; ils sont en général d'une étendue médiocre. Les sous-sols se composent de terrain primitif, de transition , jurassique, crétacé, de grès verts, de grès ferrifcies. Les terrains formés parle cu'eaire jurassique couvrent à peu près la moitié du département. Le j-'ics vert se présente aux environs du Mans, vers Montmirail et Saint-Calais, sur les bords de deux petites rivières, la Braye et l'Anille. Le grès ferrifère est surtout concentré aux environs du Mans. On trouve encore la craie tulléau sur les bords du Loir, le calcaire d'eau douce à Beillé-le- Chèlif, La Chapelle-S lint-Aubin, Céruns, etc. Les richesses minérales consistent en houille, tourbe, ardoise et eaux minérales. La surface productive est en grande partie formée par un sol calcaire ou d'alluvion, qui est d une richesse considérable. Les terres labourables occupent 395,000 hectares; les bois, 68,000; les prés, 60,000 ; les landes, pâtis ou bruyères, 45,000. Chaque année, le froment couvre, en moyenne, 70,000 hectares; le seigle, 28,000; l'orge, 52,000; le meteil, 28,000; l'avoine, 30,000; le maïs, 1,500; le sarrasin, 6,000; les pommes de terre, 26,000 ; le chanvre, 10,000; les vergers, pépinières et jardins, 10,000 à 11,000; les prairies artificielles, 65,000 ; les vignes, 9,000 k 10,000. La jachère occupe environ 95,000 hectares, mais seulement dans les plus mauvais sols. Elle disparaît rapidement aujourd'hui, après avoir régné partout uniformément pendant des. siècles. La production totale du froment pour tout le département peut être évaluée, année moyenne, à 1,030.486, hectolitres de grain. Un hectare donne en moyenne 14 hectolitres do grain et 20 quintaux de paille. L'excédant de la production sir la consommation est de 210,000 hectolitres de grain et de 64,000 quintaux de paille. Le seigle donne eu moyenne 13 hectolitres de grain et 19 quintaux de paille par hectare. Sa production totale est évaluée à 374,000 hectolitres de grain et 523,000 quintaux de paille. La consommation

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est à psu près égale k la production. Un hectare semé en roéteil produit 16 à 17 Jieetolitres de jrain, et 15 à 16 quintaux de pailla. Le département produit en moyenne 450,000 hectolitres de grain et 687,000 quintaux de paille. L'excédant de la production .sur la consommai ion est d'environ 50,000 hectolitres de grain d 50,000 quintaux de paille. L'or-'H donne 14 hectolitres de grain et 12 quintaux de pail.e. La production totale est évaluée à 720, C 00 hectolitres de grain et 700,000 quintaux de paille. Le département exporte en moyenne 10,000 hectolitres de grain et 66,000 (.uiutaux de paille. Le maïs et le sarrasin sont consommés sur place, et le plus souvent: ne peuvent suffire a tous les besoins. L'avoine produit par hectare 13 hectolitres de grai î et 10 quintaux de paille. La production totale est d'environ 2,358,000 hectolitres degrain et 705,000 quintaux de paille. Le dé-

fiartementne consomme guère que 450,000 hecitres de grain et 310,000 quintaux de paille, ce qui laisse un excédant considérable pour l'exportation . Que si, des céréales, nous passons aux autres récoltes, nous trouvons pour produit moyen annuel 1.885,000 hectolitres de pommes de terre, 112,000 quintaux de betteraves. 268,000 quintaux de légumes. De tous nos départements, c'est la Sarthe qui consacra au chanvre le plus large espace. On réeelte, chaque année, 40,000 hectolitres de graii.e et50,000 quintaux défilasse; le tout d'une valeur approximative de 3,305,000 fr. Une chose digne de remarque et qui n'est nullement à l'avantage dp la Sarthe, c'est que le département de Maine-et-Loire, qui consacra au chanvre un espace beaucoup moindre, a néanmoins une récolte supérieure. Des deux parts, le sol est des plus favorables à cette culture ; mais, dans la Sarthe, les procédés, l'outillage et les fumures laissent trou souvent a désirer, tandis que, dans le Maine-et-Loire, on sait, k force de travail et d'intelligence, tirer de la terre tout le parti possible La culture du lin, à J inverse de celle du chanvre, est tout à fait insignifiante. On ne la trouve que dans les arrondissements du Mans et de La Flèche. Le produit des jardins estassez important, mais se consomme en entier dans le département. Les prairies irriguées produisent 28 quintaux de foin par hectare; les prairies non irriguées en produisent seulement 19 à 20 quintaux. La production totale en foins et regains est de 1,400,000 quintaux. Cette quantité ne peut suffire aux besoins de la consommation, et chaque année le dépar:ement est obligé d'importer plus de 290,000 quintaux de fourrages. L'ensemble des prairies artificielles donne 1,556,000 quintaux de fourrages, qui suflisent à peu près aux besoins de la consommation. La Sarthe n'est pa:, un département viticole, pourtant la vigne y occupe une certaine place. La récolte moyenne des vins rouges s'élève à 42,000 hectolitres, celle des vins blancs à 70,000 lectolitres; le tout est évalué à environ 1,265,000 francs. Une partie est expédiée au dehors ou convertie en eau-devie; le r^ste est consommé sur place. Le produit des arbres fruitiers, y compris les noyers et les chitaigniers, est d'environ 200,000 fr. On compte dans la Sarlhe 155,000 bêtes bovines environ. On a récemment introduit quelques spécimens des races bretonne, poitevine e; normande; mais ces importations ne comptent encore qu'à titre d'essais et n'ont pas eu le temps de se propager. Les bœufs sont engraissés à 1 âge de cinq k dix arts; l'engraissement des vaches a lieu, suivant les circonstances et les localités, depuis l'âge de. cinq ans jusqu'à celui de quinze. La plus grande partie des bêles à cornes sont nourries alternativement k l'étable et au pâturage. Environ 3,000 sont nourries exclusivement au pâturage; un nombre égal, à peu près, est iouins au régime de la stabulution permanente. On retire 1 kilogramme de beurre de 21 litres de lail; 8 litres de Jait donnent 1 kilogramme de fromage. Le nombre des bétes a laine est d'environ 100,000; presque toutes appartiennent aux races communes. On engraisse les moutons depuis l'âge d'un an jusqu'à celui de quatre ans. L'espèce caprine compte 25,000 tètes. Le nombre des porcs de tout âge est de 105,000. Les chevaux appartiennent pour la plupart k l'espèce dite de tiait. Leur nombre dépasse un peu 60,000. Ou compte près de 3,000 ânes ou ânesses et 1,200 mules ou mulets. On estime que le département possède 15,000 ruches. Les volailles et leurs produits sont évalués à plus de 1 million de francs. En somme, si les chiffres des dernières statistiques officielles sont exacts, on arrive à la somme de 38 millions de francs environ, représentant la valeui estimative des diverses espèces d'animaux domestiques que renferme le département. Le revenu annuel pour tous les services ou produits de ces mêmes animaux n'est pas moindre de 28,500,000 francs. A ce nombre il faut encore ajouter près de 220,000 francs pour le gibier et le poisson. En 1860, on comptait près de 20,000 propriétaires ne résidant pas sur leurs domaines, 9,000 k K.OOO qui y demeuraient sans se livrer par eux-mêmes à la culture, 17,000 à 18,000 qui ne cultivaient que pour eux-mêmes, 16,000 qu cultivaient à la fois leurs terres et celles des autres, 26,000 fermiers payant une redevancs fixe en argent, 1,400 à 1,500 métayers donnant au propriétaire une partie des produits, une cinquantaine de fermes exploi-

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tées par des maîtres-valets et 40 entre les mains de régisseurs. Le nombre total des aides agricoles, hommes et femmes, était, à la même époque, d'environ 46,000. En résumé, l'étendue des fermes n'est pas supérieure , à 100 hectares; encore, celles qui ont une pareille étendue sont-elles extrêmement rares. Près de la moitié des propriétés ont moins de 5 hectares. Celles de 5 k 10 hectares forment à peu près un quart. La durée ordinaire des baux est de neuf ans et au-dessous. Les baux ; k long terme sont une exception si rare: que , ce n'est pas la peine d'en parler. Ces eondi- : tions ne sont nullement propres au développement de l'agriculture. Le département de ; la Sarthe demanderait bien peu pour sortir j de l'ornière et prendre un rang distingué ' parmi les autres départements français. Des progrès assez notables réalisés dans ces der- ! niers temps avec des ressources insuffisantes font comprendre ce que pourrait devenir ce département si tous les propriétaires s'appli- . quaient à effectuer les améliorations que réclame notre époque. L'outillage, encore si imparfait, devrait être complètement renouvelé. Les instruments perfectionnés, encore bien peu répandus, devraient être popularisés. Les nlarnages et les chaulages, dont les avantages sont déjà reconnus, devraient être une pratique générale. Les voies de communication sont maintenant assez faciles pour permettre les transports de chaux, de marne et d'engrais, sans frais trop considérables. Le moment est donc venu d'agir avec vigueur pour entraîner dans la voie du progrès un pays jusqu'à ce jour trop stationnaire, et dont le sol offre de précieuses ressources.

Dans plusieurs communes, on trouve des sources minérales; les plus connues sont celles de Ruille-sur-Loir; de plus, la commune de La Suze possède une source d'eau salée. Les richesses métalliques de la Sarthe se bornent à quelques mines de fer d'une exploitation facile; dans les environs de ces mines, on trouve des oxydes qu'on peut utiliser pour l'industrie ou les arts, de l'ocre jaune et de l'ocre rouge; mais le sol est très-riche en pierres calcaires de toute espèce; eu grès vert, grès tuffeau , grès blanc tertiaire et grès ferrifère ; en carrières de marbre, en ardoises, tourbes, argiles et marnes à tuilier et à potier. Aux environs du Mans, on rencontre de nombreux fossiles dans le sable.

Au point de vue de l'industrie manufacturière, la Sarthe n'est pas en retard sur les départements voisins-. Le tissage du chanvre et du lin, une des industries les plus importantes et les plus anciennes de cette contrée , y compte 10,000 métiers fabriquant des toiles qui .rivalisent avec celles d'Ecosse et d'Irlande; le tissage du coton et de la laine y est aussi assez répandu, notamment àSuijit- Caliùs et à Mayet. Un y trouve de nombreuses tanneries, corroieries et mégisseries; ces dernières préparent annuellement environ 80,000 peaux d agneaux et de chevreaux, employées dans les ganteries du Mans, de La Flèche, de Sablé et même de Paris. Mentionnons enfin les papeteries, faïenceries, féculeries; les fabriques d'instruments agricoles, de produits chimiques; les hauts fourneaux, des fonderies de cloches et l'exploitation de nombreuses carrières de marbre et d'ardoise dont nous avons déjà parlé. Le commerce y a principalement pour objet les grains, les grosses étoffes de laine, les toiles, les conserves alimentaires, la cire, la stéarine, les bestiaux, les oies grasses et les poulardes.

SARTHOIS, OISE s. et adj. (sar-toi, oi-ze). Géogr. Habitant du département de la Sarthe; qui a rapport à ce pays ou k ses habitants : Les Sarthois. La population sarthoise.

SARTI (Mauro), érudit italien, né à Bologne en 1709, mort à Rome en 1766. Entré chez les cainaldules de Ravenne en 1728. il se voua k renseignement et professa l'histoire et la théologie dans divers collèges de son ordre. En 1755, il se rendit à Rome, où il devint abbé du couvent de Saint-Grégoire et reçut de Benoît XIV la mission d'écrire l'histoire de l'université de Bologne. Un an avant sa mort, il fut nommé procureur gé- | nêral de sa congrégation. Sarti était un ' homme fort instruit. Nous citerons, parmi ses ouvrages : De untiqva Piceuium civitate Cupra Montana (1748, in-8»); De veteri Casula diplycka (Faenza, 1753, in-8°); De episcopis Eu- (jubinis (Pesaro, 1755, in 4°) ; De Claris arciiiyymnasii Bononiensis professoribus (Bolo- . gne, 1769-1771, 2 vol. in-fol.J, ouvrage exact | et estimé.

| SARTI (Giuseppe), compositeur italien, né ] à Faenza en 1729, mort en 1802. Il commença : l'étude de la musique dans sa ville natale, I puis il fut envoyé à Bologne, où le Père ; Martini lui donna des leçons de contrepoint. Pendant le carnaval de 1752, Sarti rit représenter à Faenza son premier opéra, Pompeo in Armenia, dont le succès fut trèsvif. Quelques autres partitions ou mélodies pleines de grâce le firent rapidement connaître. Appelé en Danemark en 1756, il y devint maître de chapelle du roi , professeur du prince héréditaire, composa plusieurs opéras et revint en 1765 dans sa patrie. Les œuvres lyriques qu'il fit représenter dans diverses villes d'Italie, puis à Londres, où il se rendit en 1769, eurent peu de succès. Vers la fin de 1770, Sarti alla à Venise, où il remplaça Sacchini comme direc-

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teur du Conservatoire de YOspedatetlo. Neuf ans plus tard, il obtint, à la suite d'un brillant concours, la place de maître dechapello du Dôme de Milan A cette époque, tout en continuant à écrire pour le théâtre, il composa des messes et des morceaux de musique religieuse qui attestent un profond savoir. Les opéras qu'il avait fuit représenter depuis 1771 avaient eu presque tous un grand succès, et sa réputation était telle que l'impératrice Catherine voulut l'avoir pour diriger la musique de sa cour. Sarti arriva à Saint- Pétersbourg en 1784 et y reçut l'accueil le plus ilatteur. Il composa alors, entre autres œuvres, un psaume avec chœur et un Te Deum, dans lequel il introduisit un genro d'accompagnement tout nouveau que Rossini devait imiter plus tard, celui de coups de canon. Quelques-uns de ses opéras, interprétés par la célèbre chanteuse Todi, valurent au compositeur des ovations enthousiastes; mais une rivalité qui s'établit peu après entre cette chanteuse et le grand ténor Marchesi amena la disgrâce de Sarti. La Todi jouissait de toute la faveur de Catherine. Irritée de voir Sarti prendre contre elle le parti de Marchesi, elle demanda et obtint le renvoi du maître de chapelle. Le prince Potemkin, qui avait pris en affection le compositeur italien, le nomma lieutenant-major dans l'armée et le chargea de fonder et de diriger une écolo de chant dans une de ses propriétés de l'Ukraine. A la mort de Potemkin (1791), Sarti retourna à Saint-Pétersbourg et parvint à regagner la faveur de l'impératrice, qui le réintégra dans sa charge et lui donna, avec un logement dans son palais, un traitement de 35,000 roubles par an. Chargé peu après d'établir un conservatoire à Iékatérinoslaw, il s'acquitta de sa mission avec une habileté que Catherine récompensa par des lettres de noblesse et par le don de terres d'un grand revenu. Sa santé s'étant profondément altérée, Sarti partit pour l'Italie dans l'espoir de se rétablir (1802); mais il mourut pendant son voyage, k Berlin. Sarti était un des plus savants contrapontistes de son époque. Ses œuvres dramatiques sont remarquables par la justesse de l'expression, par la fraîcheur et la suavité des mélodies. Très-versé dans l'acoustique, il avait inventé un instrument desiiné k déterminer le nombre des vibrations d'un son quelconque durant une seconde. En 1794, l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg l'avait admis au nombre de ses membres. Enfin, ce remarquable compositeur forma de nombreux élèves, dont le plus célèbre est Cherubini.

On doit k Sarti les opéras suivants : Pompeo in Armenia (1752) ; Il lie pastore (1752) ; Medonte; Demofoonte ; l'Olympiade ; Ciro riconosciuto (1756), joué à Copenhague ; La Figlia ricuperata ; La Giardiniera brillante (1758) ; Mitridate (1765) ; Il Vologeso (1765) ; La Nitelti (1765); [permneslra (1766); / Contratempi (1767) ; Didone (1767); Semiramide riconosciuta (1768); / l'retendenti deluai (176S); I Calzolajo di Strasburgo (1769); Cleomene (1770); La Clemensa di Tito (1771); La Coatadiaa fedele (1771); 1 Finli eredi (1773); Le Gélose villane (1776); Farnacc (1776) ; L'Avaro (1777); Ifiyenia in Aulide (1777); Epponina (1777); Il Mititare bizxarro (1778); Gli amanti conxolati (1779) ; Scipione (1780) ; Achille in Sciro (1781) ; L'Incognito (1781); Ciuiio Sabino (i78l);Xe Ni>zzedi Dorinn (1782); Alessandro e l'imoleo (17S2); Sirol (1783); Idalide (1783); Armida e Rinaldo (1785), représenté avec un grand succès k Saint-Pétersbourg; la Gloire dxi Nord, en russe (1794). On lui doit en outre des cantates, des messes, des morceaux de musique religieuse et beaucoup d'œuvres inédites que possèdent la bibliothèque du Conservatoire de Paris et celle du Conservatoire de Naples,

SARTIÈRE s. f. (sar-tiè-re — rad. sarter). Agric. Terrain inculte situé au pied d'une digue, dans les marais salants.

SARTIGES (Bertrand de), templier, né au château de son nom, près de Mauriac, vers 1260. Il se distingua dans les guerres contre' les musulmans en terre sainte et fut nommé commandeur de Cariât, en Auvergne. Lors du procès das'templiers, qui aboutit k la destruction de cet ordre, Sartiges resta fidèle jusqu'au dernier moment k ses compagnons d'armes. Il fut l'un des quatre principaux délégués élus par les templiers réunis le 28 mars 1310 et chargés de plaider la cause de l'ordre auprès rie la commission instituée par le pape Clément V. Après la chute de l'ordre des templiers, Sartiges, qui n'avait subi aucune condamnation comme membre de l'ordre, alla s'engager, dit-on,dans l'ordre Teutonique en Prusse. On voit son portrait en pied et en costume de templier armé au château de la Prugue, près de Clermont.

SARTIGES (Charles-Gabriel- Eugène, vicomte de), de la même famille que le précédent, marin et fonctionnaire fiançais, né au château de Sourniac en 1772, mort à Lyon en 1827. Sorti de l'Ecole militaire d'Eftiat en 1786, il entra dans la marine l'année suivante. Capitaine en 1793, il fut fait prisonnier, trois jours après sa nomination, a Pondichéry, par les Anglais, et ne fut mis en liberté qu'en 1801. Revenu en France, il quitta la marine pour la sous-préfecture de Gannat, en 1807. En 1814, Sartiges fut nommé par Louis XVIII préfet de la Haute-Loire, puis capitaine de vaisseau honoraire. Il resta

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Adèle au roi et, après le retour de Napoléon de l'Ile d'Elbe, leva 2,500 volontaires légitimistes; il ne renonça à lutter contre l'Empire que lorsqu'il eut appris que Louis XVIII avait quitté Paris. Sartiges fut rétabli préfet au Puy le 14 juillet 1815 et réussit à soustraire son département aux réquisitions pécuniaires des autorités militaires autrichiennes. Il fut destitué le'î juillet 1817.

SARTILLT, bourg de France (Manche), ch.-l. de cant., arrond. et à 11 kilom. S. O. d'Avranches; pop. aggl., 607 hab. — pop. tôt., 1,285 hab. Fabrication de tissus. Commerce de fers et de bestiaux. Aux environs, belles ruines de l'abbaye de la Luzerne,

SARTINE s. f. (sar-ti-ne — du nom de Sctrtine, lieutenant général de police). Grande perruque que portaient autrefois las juges des parlements.

SARTINE ( Antoine-Raymond-Jean-Gualbert-Gabriel de), comte d'Alby, célèbre lieutenant général de police et ministre français, né à Barcelone le 12 juillet 1729, mort a Tarragone le 7 septembre 1801. Conseiller au Chàtelet à vingt-trois ans, il devint lieutenant criminel au même siège en 1755, maître des requêtes en 1759 et remplaça, le l»r décembre de cotte même année, comme lieutenant général de police, Bertin, k qui il achela sa charge 175,000 livres, que lui avança Lnmoigiion deMalesherbes. Administrateur habile, vigilant, plein de ressources, il rendit de grands services en organisant une police qui veilla attentivement a la sécurité des habitants et à la propreté des rues, en introduisant les réverbères, en faisant construire 1 la halle au blé, en créant une école gra- I tuite de dessin pour les ouvriers, etc. Dans ! le but d'exercer une surveillance plus facile 1 sur des lieux dangereux, il donna à la pros- ! titution et aux maisons de jeu une sorte d'existence légale, en les assujettissant à I des règles fixes et à un impôt. Par malheur, Sartine ne se borna pas a se servir de sa police secrète, adrairablementorganisée, pour surveiller les malfaiteurs. Il employa ses agents dans les relations privées, les fit pénétrer dans l'intérieur des familles et, pour plaire k Louis XV, il lui adressait des rapports sur toutes les affaires scandaleuses qui se produisaient à la cour et à la ville, lin outre, il se prêta avec la plus blâmable complaisance aux arrestations arbitraires, prodigua les lettres de cachet, et k aucune époque les détentions sans jugement, k la Bastille et à Vincennes, ne furent aussi nombreuses et aussi longues que sous son administration. Telle était la réputation d'habileté que lui et ses agents avaient acquise, qu'à maintes reprises des souverains étrangers eurent recours à de Sartine pour des recherches difficiles. Un ministre de l'empereur d'Allemagne lui ayant écrit un jour pour lui demander de faire arrêter un voleur fameux qui passait pour s'être réfugié à Paris, le lieutenant général de police lui répondit peu de temps après que le voleur se trouvait à Vienne même, dans une maison dont il lui indiqua la rue et le numéro et sous un déguisement dont il lui lit la description. En 17ù~, Sartine fut nommé conseiller d'Etat et, en 1774, il laissa h Lenoir les fonctions de lieutenant de police pour devenir d'abord secrétaire d'Etat au ministère de la marine, puis ministre. Il suppléa par le zèle aux connaissances qui lui manquaient, et, lorsque éclatèrent les hostilités avec l'Angleterre, il donna aux constructions navales une telle impulsion qu'en une seule année neuf vaisseaux de ligne furent construits sur nos chantiers et prêts à prendre la mer. Mais s'il se montra comme toujours administrateur habile, son incapacité éclata lorsqu'il lui fallut diriger les opérations navales. Necker, directeur général des finances et son ennemi déclaré, ayant constaté qu'il avait dépassé de 12 millions les crédits qui lui étaient alloués pour son département, se plaignit aveu une telle vivacité à Louis XVI de la perturbation que cet état de choses apportait dans la situation plus que gênée du Trésor, que ce prince consentit à renvoyer Sartine (14 octobre 1780), en lui donnant toutefois, comme compensation de sa disgrâce, une pension de 70,000 livres et 150,000 livres de gratification. Sartine essaya de justifier sa conduite dans une brochure virulente contre Necker; mais il ne put ranger le public de son côté et il vit pleuvoir sur lui de nombreuses épigrammes, entre autres la suivante :

J'ai balayé Paris avec un soin extrême, Et, voûtant sur les mers balayer les Anglais, J'ai vendu si cher mes balais Que l'on m'a balayé moi-même.

Sartine vécut dans la retraite jusqu'au commencement de la Révolution. Enveloppé dans la haine si justement vouée alors par le peuple à tous ceux qui avaient participé aux actes despotiques et arbitraires de 1 ancien régime, il jugea prudent de quitter la France après la prise de la Bastille. Sartine se rendit en Espagne et y finit sa vie. Sartine, tel que le peint Vigie, avait une figure grave et sévère, au regard pénétrant et vif. On a publié sous son nom le règlement concernant la salubrité des vaisseaux et la santé des équipages (1780). — Son fils, Charles-Marie- Antoine dk Sartinb, né en 1760, devint à vingt ans maître des requêtes et remplit ces fonctions jusqu'en 1791. Arrêté en 1794, il fut

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condamne h mort par le tribunal révolutionnaire et exécuté le 13 juin de la même année, on même temps que sa femme et sa bellemère, M"'b de Sainte-Amaranthe.

SARTIRANA-LOMELL1NA, ville du royaume d'Italie, province de Pavie, district de la Lornelline, ch.-l. de mandement; 3,570 hab.

SARTis s. m. (sar-ti). Mur. Agrès et cordages d'uuffe, dans les mers du Levant. Il Haubans de3 galères.

SAKTO (Andréa, del), célèbre, peintra italien. V. Andréa del Sarto.

SARTORIUS (Georges), baron de Waltershausen, historien allemand, né à Casse! en 17G5, mort en 1S28. Il étudia d'abord la théologie à Gcettingue, puis il se consacra à l'histoire et commença, en 1792, à faire, en qualité de privat-dveent, des cours qui obtinrent beaucoup de succès; mais son avancement académique fut entravé par l'enthousiasme qu'il manifesta pour la Révolution française a son début. 11 avait fait en 1791 un voyage en France et s'y était montré le défenseur zélé des droits de l'homme. En 1794, il fut attaché à la bibliothèque de Gcettingue, devint en 1797 professeur extraordinaire, puis, en 1802, professeur ordinaire de philosophie à l'université de la Même ville et échangea en 1814 cette chaire Contre celle de politique. Son principal mérité est d'avoir introduit et acclimaté en quelque sorte dans le cercle des études universitaires les sciences politiques et en particulier l'économie sociale. En 1803 et en 1813, il fit des voyages en Allemagne, en France, en Suisse et en Italie. Chargé en

1814, par le duc de Weimar, d'ass.stor au congrès de Vienne, il ne resta dans cette ville que jusqu'au commencement de l'année

1815, parce qu'il fut éluà cette époque membre de l'assemblée des états de Hanovre, dans laquelle il prit une grande part aux débats sur la nouvelle constitution des impôts. Il renonça en 1817 a la vie politique, et, en considération de ses travaux littéraires, il fut anulli en 1827 par le roi de Bavière, qui érigea en baronnie sa terre de Wultershausen. Il avait été pendant de longues années l'intime ami de Gcethe, avec lequel il entretint une volumineuse correspondance que, par malheur, on n'a point recueillie. On a de lui : Histoire de la guerre des paysans allemands (Berlin, 1705); Manuel d'économie politique (Berlin, 1790) ; Histoire de la ligue hanséatique, le plus important de ses ouvrages historiques (Gcettingue, 1802-1808, 3 vol.)f Des éléments de la richesse nationale et de l'économie politique , d'après Adam Smith (Berlin, 180G); Dissertations concernant les éléments de la richesse nationale et de l'économie politique (Berlin, 180G); Essai sur le gouvernement des Ostroyoths pendant leur domination en Italie, ouvrage couronné par riii&titut de France (Paris, 1811, en français; Hambourg, lsn, en allemand); Des dangers qui menacent l'Allemayne (Goettingue, 1820); Histoire authentique des commencements de ta hanse jusqu'au xmo siècle, publiée par Lappenberg (Hambourg, 1830, 2 vol.). I! avait aussi donné une seconde (1807) et une troisième édition (1823) de l'Essai d'une histoire des Etats européens de Spittter.

SARTORIUS (Wolfgang), baron de Waltershausen, géologue allemand, (lis du précédent, né à Goettingue eu 1809. 11 s'adonna avec ardeur ii l'étude des sciences naturelles, et, pendant différents voyages scientifiques qu'il exécuta de 1834 à 1846, s'occupa surtout de recherches sur la géographie physique, Sur la géologie et sur la minéralogie. Jusqu'en 1843, il habita presque sans interruption en Sicile pour y explorer l'Etna, fit en 1845, dans un but analogue, un voyage en Irlande et en Ecosse et, l'année suivante, une excursion en Islande et en Norvège. Les résultats de .-ses observations pendant cette période sont consignés dans les écrits suivants : les Eruptions volcaniques sous-marines dans levaldiNoto (Goettingue, 1846); Esquisses de la géographie physique de l'Islande (Gœitingue, 1847) ; Atlas du l'Etna, son ouvrage le plus remarquable, où l'on trouve des cartes géologiques et topographiques très-di'taillées, des vues et des prorilsde ce volcan (Weimar, 1848 et ann. suiv.) ; les Hoches volcaniques de Sicile et d'Islande (Gcettingue, 1853) ; Atlas géologique de l'Islande (Goettingue, 1853). Pendant ces dernières années, il s'est livré de préférence à de longues et patientes recherches sur l'époque glaciaire, et, dans son mémoire intitulé Hecherches sur les climats de l'époque actuelle et de l'antiquité (Harlem, 1805), auquel la Société hollandaise des sciences a décerné un prix, il a traité cette matière d'après des données toutes nouvelles. Outre les ouvrages que nous avons cites, il a fourni un grand nombre de mémoires à différents journaux scientifiques et recueils de sociétés savantes , notamment a celui de la Société des sciences de Gcettingue, et, après la mort de Gauss, il a fait paraître (185G) une biographie de ce savant mathématicien et physicien, auquel l'unissait une étroite amitié.

SARTORIUS (Ernest-Guillauine-Chrétien), théologien allemand, ne à Darmstadieu 1797. Il professa successivement la théologie protestante à l'université de Murbourg (1823) et à celle de Dorput (1824), puis devint directeur du consistoire de K.œnigsberg (1835). Uepuis lors, M. JSartorius a ètu nouiiuo prédicateur de la cour et intendant général. On

SARV

a de lui des ouvrages savants et fort estimés de ses coreligionnaires : Trois dissertations sur des -matières importantes de la théologie exégétique et systématique (Gœttingue, 1820); la Doctrine protestante sur la dignité du pouvoir temporel (Marbourg, 1822) ; la Religion en dehors des bornes de la raison pure et d'après les principes du véritable protestantisme eu opposition avec ceux du faux rationalisme (Marhourg, 1821), ouvrage principalement écrit contre la philosophie de Haut; Etudes pour servir à la défense de la j'ai éoanydlique (Heidclberg, 1828-1829); Méditations sur ta présence réelle dans l'eucharistie (1831) ; Doctrine du saint amour (1840-1843); Du culte de l'Ancien et du Nouveau Testament (1852) ; De la révélation de la magnificence de Dieu dans son Eglise (1855), etc.

SARTORIUS (Luis-Jose), comte de San- Lrjis, homme d'Etat espagnol, né vers 1810. Son pore, qui était Allemand, vint prendre du service en Espagne et combattit les Français lorsque Napoléon 1" voulut forcer ce pays à accepter pour roi son frère Jnscph. M. Sartorius commença- par être journaliste. Ayant fondé en 1841 le Heraldo, il y attaqua vivement la politique du régent Espartero. Après la chute de ce dernier (1843), il fut élu député aux cortès, vota avec le parti absolutiste et reçut le portefeuille de l'intérieur dans le cabinet formé par Narvaez en 1847. Il se fit alors l'agent et le complice d'une politique do compression et d'arbitraire , exerça, lors des élections de 1850, une pression administrative excessive et dut alors quitter le ministère de l'intérieur. Rentré dans l'opposition , il combattit le cabinet Bravo-ftlurillo et revint ou pouvoir eu septembre 1853, avec plusieurs autres membres du puni absolutiste. Le sénat ayant émis contre lui un vote de défiance, il ajourna indéfiniment les cortès, se livra à toutes sortes d'actes arbitraires, supprima toute liberté de la presse, exila ou interna des généraux libéraux et provoqua, par sa conduite impoliuque, le mouvement insurrectionnel do juillet 1854 qui amena O'Donnell et Espancro au pouvoir. Le peuple furieux pilla l'hôtel du comte de San-Luis, qui vécut pendant quelque temps dans la retraite. Lors des élections de 1857, il fut réélu aux cortès, où il continua à être un des chefs du parti absolutiste. Sous le ministore Narvaez, il devint ambassadeur à Rome, puis, le 28 décembre 1667, il fut élu président des corUs. Après la mort de Narvaez (avril 1368), il seconda les efforts du nouveau président du conseil Gonzalez Bravo, qui entreprit do faire de l'Espagne une monarchie absolue et théocratique, et contribua par là à provoquer la révolution de septembre 1868, qui renversa le trône d'Isabelle. Depuis cette époque, le comte do San-Luis a vécu dans la retraite.

SARTORY (Mmo de), femme de lettres française, morte dans la première moitié de ce ; siècle. Elle a publié un grand nombre d'ou- ! v rages, parmi lesquels nous citerons ; l'Urne I dans la vallée solitaire (1806, 3 vol. in-12); I Leodgard de Walheim à la cour de Frédé- \ rie II (1809, 2 vol.) ; Extrait des Mémoires de Dangeau, contenant un grand nombre d'u- ■ necdotes sur Louis XIV et sa cour (1817,

2 vol. in-12); Petit tableau de Paris (1818, 1 vol.); le Duc dé Lauzun, cou tenant les amours de ce seigneur avec MU» de Montpensier (1818, 2 vol.); Mademoiselle de Lwjnes (1817, 1 vol.), etc.

SARTROUVILLE, village et commune de France (Seine-et-Oise), cant. d'Argcnteuil, arroud. et à 23 kilom. N. de Versailles, sur la rive droite de la Seine; 1,032 hub. Belle église des XIe et XIIe siècles, surmontée d'un clocher octogonal moderne.

9ARTYN1 (Matthieu), philologue et littérateur polonais contemporain, originaire de la GaLlicie. Il a été, depuis 1848, rédacteur eu chef de plusieurs journaux polonais, entre autres de la Gazette de Lemberg, et a fouri.i au Mémorial de, Lemberg différentes études Je morale et des nouvelles. 11 a, en outre, publié, sous le pseudonyme de Srxeuiuwa : Théorie de l'étymologie de la langue-polonaise (Lemberg, 1843, 2 vol. iu-8°); Comment l'esprit de la langue polonaise reproduit bien celui de l'histoire primitive des peuplades slaves (Lemberg , 1850 , in-S°) ; Morceaux choùis à l'usage des gymnases (Lemberg, 1852,

3 vol. in-8°), en collaboration avec cinq autres philologues.

SARUS, rivière de l'ancienne Asie Mineure, dans iaCilieie.EUedesceudaitduvei'sant méridional de la chaîne du Taurus, près des Py les Ciliciennes, et se jetait dans la Méditerranée, à 1 E. de l'embouchure du Cydnus. Elle porto aujourd'hui le nom de Seihoun.

SARVA-PRAYASCIlITAs. m. (sar-Va-pra-iaschi-ta). Cérémonie qu'on pratique pendant l'agonie dos brahmes indous.

— Ency cl. Dès que les symptômes de l'agonie se manifestent chez un brahme, on choisit par terre une place qu'on enduit de liente de vache; on y répand de l'herbe sacrée nommée darba, et par-dessus tout on étale une toile neuve et pure, sur laquelle on transporte le mourant. Là, on lui ceint les reins d'une autre toile pure, et, après lui en avoir demandé la permission, ou procède à la cérémonie du saroa-pragaschita, à laquelle président le pourohita ou brahme officiant, et le < chef

SAS

des funérailles,» c'est-à-diro la personne qui, par la proximité du sang ou les usages du pays, a le droit de remplir cette fonction. On apporte alors dans un plat de inétal de petites pièces d'or, d'argent et de cuivre, et dans un autre des akchnttas (grains de riz enduits de safran), du sandal et du panchla-gavics ou les cinq substances qui procèdent du corps de la. vache, c'est-à-dire le lait, le caillé, le beurre liquéfié, la fiente et l'urine de cet animal, mêlés ensemble. Le pourohita verse un peu de cette dernière liqueur dans la bouche du mourant, et par sa vertu le corps est parfaitement purifié. On procède alors ii la purification générale; à cet effet, le pourohita et le chef des funérailles invitent le mourant à réciter, au moins d'intention s'il ne peut le faire -distinctement, certains mautrams par l'efficacité desquels il est délivré de tous ses péchés. Quelque superstitieuse et frivole que paraisse cette pratique, elle ne l'est pas plus que celles que pratiquent les chrétiens, par exemple, et prouve que les peuples de l'Inde admettent, eux aussi, l'immortalité de l'unie et la nécessité do se purifier avant do mourir. Cette faço.i d'agir, pratiquée dans l'Inde bien avant l'élaboration du dogme catholique, prouve que nos dévots d'Europe n'ont, même sur ce point, rien inventé.

SARVAtt ou KOTHBURG. en latin Saboria, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat d'Eisenburg, à 26 kilom. N.-E. do Stein-Am-Anger, sur la Raab; 2,000 hab. C'est la que fut établie la première imprimerie de la Hongrie, en 1526, après la bataille do Mohac.

SARVE s. m. (sar-ve). Ichthyol. Nom vulgaire du l'otengle, dans quelques pays.

SARVIZ, rivière de Hongrie. Elle prend sa source dans le comitat de Stuhlweissemburg, à peu de distance de Kaloz, couie au S.-E., reçoit le Knpros et se jette dans une branche du Danube, après un cours de 126 kilom. Elle est longée presque entièrement par un canal destiné à dessécher les marais qui avoisinent ses rives.

SARY-SOD ou S ARA-SOU, rivière de la Russie d'Asie, dans io territoire sibérien des Kirgliiz. Elle prend sa source entre los montsOulou-tau et Kartcho-tau, coule auS.-O., et se perd dans un petit lac voisin de celui de Télékotil, après un cours de 750 kilom.

SARYTCHEF (Gabriel), amiral russe, né en 1763, mort en 1831. Il fut élevé a l'Ecole des cadets de la marine, accompagna, de 1785 il 1793, le capitaine Billings dans sou expédition géographique et astronomique dans les régions septentrionales de la Russie, et publia, en 1802, la relation de ce voyage en 2 vol. in-fol. avec cartes et planches. Cet ouvrage a été traduit en français en 1804. On a encore de lui : Itègles de géodésie maritime (Saint-Pétersbourg', 1804); Journal d'un voyage maritime à la mer Baltique et au golfe de Finlande en lS02{Saint-l'étersbourg, isos, 5 vol.) ; Extrait des mémoires de Ditlings, avec un vocabulaire de douze idiomes de peuplades sauvages (Saint-Pétersbourg, 1811, in-4") ; Guide pour les navigateurs dans la mer Baltique et dans le Cattégat (Saint-Pétersbourg, 1817, in-4°). Sarytchef est le premier qui ait dressé un plan exact de Saint-Pétersbourg. Il le publia en 1820.

SAUZANA(le), peintre italien. V. FiàSella.

SARZANB, ville du royaume d'Italie, province de Gènes, district de Levante, à 13 kilnin. S.-E. de Spezzia, prés de la Magra, ch.-l. de mandement; 8,771 hab. Siège d'un évèché snifragaut de Gênes. Commerce important avec la Lombardie. Place forte entourée de remparts et défendue par une forteresse située sur une montagne voisine. On y remarque une belle cathédrale en marbre de Carrare et plusieurs autres églises. Patrie du pape Nicolas V.

SARZEAU, ville de France (Morbihan), ch.-l. de cant., arrond. et à 28 kilom. S. de Vunnes, dans la presqu'île de Rhuis ; pop. aggl., 750 hab. — pop. tût., 5,632 hab. Moulins à vent, marais salants, petit port de cabotage. Commerce de bois, fers, vins, draps, grains, bestiaux et sel. La commune possède environ 400 hectares de vignes, produisant, dit un auteur du xvi" siècle, un vin o des plus âpres et verts du royaume de France, témoin le chien d'un conseiller au parlement de Bretagne, lequel, pour avoir mangé une grappe de raisin breton, aboya le cep de vigne, comme protestant se venger de telle aigreur qui jà eommeuçoit à lui bouillir le ventre. ■

Aux environs, on trouve plusieurs monuments druidiques, des restes de retranchements romaine, des vestiges d'une voie romaine et la butte de Grandmont, l'un des plus grands tumulus qu'il y ait eu France, A peu de distance de la ville s'élèvent les ruines du château de Suciuio, une des plus imposantes forteresses du moyen âge (v. SuciNio). Sarzenuest la patrie de Le Sage, auteur de Gil Blas.

SAS s. m. (sa — du bas latin sedatium, silacmm, pour setaceum; du latin seta, soie, crin, poil long et rude de certains animaux, surtout du cochon, probablement do Ut racine sanscrite si, lier, d'où aussi le sanscrit sêtra, lien, séVu, qui lie, siman, sima, limite, et le védique tira, fleuve, suivant Kuhn, proprement til). Tissu lâche et résistant, sou-

SAS

tenu par un cercle, dont on fait usaga poui passer des matières liquides ou pulvérulentes : Gros sas. Sas délié. Farine passée au gros sas.

— Plaire au sas, Plâtre passé au sas.

— Faire tourner le sas, L'agiter, le tourner d'une certaine façon, dans l'espoir de dècouvrir l'auteur d'un larcin, selon une superstition populaire.

— Luc. Fam. Passer au gros sas, Examiner légèrement, sans grande attention :

Vos manuscrits souffrent des négligences Qu'à vers moulés on ne pardonne pas.

Dans les premiers, on les nomme licerecs: Le tout s'excuse et se passe au /ici sas; Dans les seconds, la moindre tuclie est crime.

DUCEKCEAU.

— Agric Claie cri osier servant à passer les terres dont on veut enlever les pierres.

SAS s. m. (sa. — ital. sasso, construction eu grosses pierres, proprement rocher, du Jat. saxum , même sens). Arehit. hydraul. Partie d'un canal comprise entre les deux portes d'une écluse,

— Encycl. On nomme sas d'une écluse le bassin plus ou moins grand dont elle se compose principalement, et qui communique à son extrémité d'amont avec le bief d'amont, et k son extrémité d'aval avec le bief d'aval. Lorsqu'une écluse est en service, le niveau de l'eau dans le sas est le même que celui de l'un des biefs suivant l'époque. Lorsqu'on veut faire monter un bateau du bief inférieur au bief supérieur, par exemple, ou ferme los portes d'amont et on ouvre les portes d'aval ; l'eau dans le sas s'élève au niveau du bief d'aval ; puis on introduit le bateau dans le sas et on ferme les portes d'aval ; on met en communication le sas avec le bief d'amont en levant des ventelles placées soit dans les portes d'amont, soit dans les maçonneries voisines, le sas s'emplit jusqu'à ce que son niveau atteigne celui du bief d'amont ; on ouvre les portes d'amont et le bateau flotte sur le bief d'amont. Le niveau du sas reste le même que celui de ce bief jusqu'à la descente d'un autre bateau ou la remonte d'un nouveau bateau. Chaque fois qu'un bateau monte, un volume d'eau, égal à la portion du

I volume du sas comprise entre les plans hori-

i zontaux des niveaux des deux biefs, est pris sur lo bief d'amont pour remplir le sas; il

I s'écoule dans le biet d'aval a chaque fois qu'un bateau descend. Le sas peut être considéré comme l'organe principal de l'écluse au point de vue mécanique, et on voit facilement que cette machine est imparfaite puisque le travail moteur reste constamment le même quel que soit le travail utile. Le travail moteur consiste, en effet, dans la manœuvre de l'écluse et dans la chute du volume d'eau énoncé précédemment; le travail utile est l'élévation du bateau d'un bief à l'autre; le rendement varie donc entre des limites trèsécartées, et s'abaisse fréquemment à de trèspetites valeurs.

On s'est de tout temps préoccupé d'avoir le plus grand tirant d'eau possible dans la navigation, et on s'est attaché à choisir pour emplacements des écluses des parties profondes, c'est-à-dire les anses concaves les plus prononcées. Il y avait à ce choix un autre avantage résultant de ce fait que les barra-

' ges fixes voisins des écluses qu'ils accompagnent, doivent, au contraire de celies-ci, être

' établis dans les parties les plus larges, c'està-dire les moins profondes des rivières, aux points où les dépots et les affaissements sont le moins à redouter. Ces principes ont été constamment appliqués tant qu'on s'est contenté de naviguer avec des bateaux de petit tonnage marchant isolément ; ils conduisaient en pratique à un sas de petite longueur, pouvant être facilement transformé en chenal libre au moyen d'une écluse submersible appuyée à un barrage mobile : cette transformation opérée à l'époque des crues permet de maintenir la chaîne de touuge dans le sas, et on a constaté qu'elle n'a pas l'inconvénient d'amener dans le sas des dépôts importants; il suffit de nettoyer la chambre des portes a la main quand on veut les refermer, encore

i est-ce le plus souvent une précaution superflue.

Mais depuis qu'on a trouvé de grands avantages à se servir de grands bateaux et de toueurs remorquant des convois, de nouvelles considérations ont modifié le choix qu'il convient de faire pour l'emplacement des écluses. Les sas doivent être d'une grande longueur; la navigation perfectionnée exige qu'ils soient susceptibles de contenir un convoi ou au moins uu certain nombre de grands bateaux. Il convient, d'autre part, pour la commodité de la traction, que lu sa s soit précédé et suivi de longueur* rectilignes derivière à peu près égales à sa propre longueur ; on a doue été conduit à établir les sas des nouvelles écluses vers la partie moyenne des portions rectilignes suffisamment longues des rivières à canaliser.

Lorsque l'on veut établir une écluse sur dérivation, la situation du sas dans la dérivation n'est pas indifférente ; en général, il convient de le disposer vers l'extrémité d'aval à une distance de cette extrémité égaie & sa propre longueur, de telle sorte que les convois trouvent une eau calme à l'entrée et h la sortie ; de cette manière, ou diminue de !u hauteur de chute du bief d amont la profou-

SAS

deur ii cretser dans la dérivation éclusée; il y a donc économie notable, et on a peu à craindre que le canal soit ensablé par les rsinous des crues à l'aval. Mais on ne peut alors se d spenser d'établir en amont une porte de garde.

lia longueur du sas d'une écluse doit être comprise er tre de certaines limites; il no convient pas, en effet, de donner au sas des dimensions a; sez grandes pour rju'il puisse contenir un convoi de touage tout entier, de pareils convois ayant souvent des longueurs considérables, mais on ne doit pas se contenter d'un sas susceptible de recevoir seulement un bateau.

Il faut s'efforcer de donner aux sas une longueur te.le que les grands convois qui atteignent parfois 300 mètres puissent y passer en deux fois. Quant à la largeur, on doit s'arrêter à une dimension qui permette à deux bateaux, l'u 1 de grande, l'autre de plus petite taille, de pa: ser de front, et on est ainsi amené à désirer que, dans toutes les rivières où se fait une circulation fluviale importante, la largeur du sas soit de 12m, 75 à 13 mètres. Il conviondia pour ces écluses d'une grande longueur de diviser le sas par des portes intermédiaires en deux ou trois parties, afin d'éviter le travail et la durée du remplissage lorsqu'on n'aura à livrer passage qu'aux bateaux de faible dimension.

Si on considère un bateau qui attend son tour de passage à l'une des extrémités de l'écluse, le temps nécessaire pour la franchir se compose de la manière suivante :

1" Temps employé à mettre le sas en communication seulement avec le bief du bateau ; ce temps peit être nul, si le dernier bateau qui a franchi l'écluse naviguait en sens inverse de celui qui se présente; il coiuiste, au contraire, en la durée nécessaire à fermer les portes d'une extrémité et à ouvrir les portes de l'autre, dans le cas où le dernier bateau naviguait dans le même sens que celui qui va franchir l'écluse.

2» Temps nécessaire pour que le sas atteigne le niveau du bief du bateau j ce temps est encore nul dans le premier cas et dépend de la différence de niveau des biefs daDS le second.

3" Temps nécessaire pour fermer les portes situées à l'arrière et ouvrir celles qui sont a l'avant.

4° Entre ces deux opérations, temps nécessaire pour remplir le sas si le bateau monte.

En admet'.ant qu'il faille 10 minutes pour remplir le volume du sas correspondant à la différence dî niveau des biefs et 2 minutes pour fermer ou ouvrir des portes, on doit encore compter de 5 à 10 minutes nécessaires pour les macœuvres, et on voit que, dans des conditions favorables (dernier bateau ayant franchi en sons contraire), il faut environ de 20 à 25 minutes et, dans les conditions défavorables, de 25 à 30 minutes.

Le temps nécessaire pour emplir ou vider un sas est donc d'une grande importance nu point de vue de la rapidité de la navigation. On peut calculer ce temps en supposant qu'il s'agisse d'un sas perreyé à 45° entre les têtes. Représentons par & la différence variable entre le niveau d'amont et le niveau dans le sas pendant le remplissage; si A est la chute d'eau de l'amont à l'aval de l'écluse, x variera entre h et 0; pendant la vidange, x varierait de 0 à A. Soient S la section horizontale de la partie du sas dont les bajoyers sont verticaux, a la largeur au plafond et l la longueur correspondant aux perrés ; soient encore H l'élévation du niveau d'aval au-dessus du plafond eu sas, A la surface totale des orifices de remplissage ou de vidange.

A l'instant ou la chute est x, la vitesse do

l'écoulement est V^gx, formule approximative, car le régime n'est pas permanent puisqu'il y a modification des niveaux ; lo débit

correspondart au temps dt sera mA ^iijx dt. Cette expression doit être égaie à celle qui exprime l'accroissement de volume du liquide

dx contenu dans le sas; du reste, —r doit être

négatif; on a donc :

mk ^%gx dt == —{S + al + 2<(H + h — x)dx.

Intégrons par rapport à t entre les limites de x, nous trouvons pour valeur du temps

S~ ia + 2i(H+-/i)

mA

\Zr

On trouverait, de même pour la vidange S H- la + 22(11 + -h)

Vr

Ce dernier te celui du remj.

truire le sas verticaux sm temps devien prennent la f<

mA V g '

mA

nps est un peu plus court qua lissage. Si l'on suppose au conconstruit avec des bajoyers • toute leur longueur, les deux nent égaux et las deux formules irme plus simple

SAS

la section des ventelles étant environ de 4n',so, le temps de remplissage dépasserait un peu 10 minutes.

Nous avons supposé que la section d'écoulement restait constante pendant tout le remplissage, et on parvient à ce résultat par l'usage de ventelles tournantes ou de rentoiles à jalousies. Mais il arrive souvent que les ventelles s'ouvrent au moyen de crics ou de vis dont la manœuvre très-lente dure pendant lu plus grande partie du temps de remplissage ou de vidange du sas.

Il faut alors modifier l'expression de la durée nécessaire pour cette opération. Si S est la superficie d'un sas à bajoyers verticaux, A la section variable d'écoulement, on aura comme précédemment l'équation mA tfïgx dt — — Sdx.

Mais il faut exprimer A, qui est variable, et on peut admettre que la section d'ouverture est proportionnelle au temps, do telle sorte qu'on ait

A = Ct, C étant un coefficient constant. Dès lors, l'équation se transforme et devient :

S mCt dt = ■ dx.

faux

On en déduit par intégration la formule

La considération de ces formules conduit à adopter les écluses à forte chute do préférence aux écluses plus nombreuses et do chute moindre. Four une écluse dont le sas a 190 mètres carrés de superficie et où H = lm,î0, A= 1^,60,

Supposons que f, représente le temps nécessaire à la manœuvre complète des ventelles, la formule précédente permettra de calculer quelle seru la différence de niveau à l'instant t, à partir duquel les ventelles sont entièrement ouvertes; cette différence de niveau x une fois connue, on en déduira le temps nécessaire pour achever de remplir lo sas par la formule indiquée plus haut

U mA

Le temps total du remplissage sera i, -f- /,.

Les formules que nous avons établies se rapportent à des cas de navigation intérieure dans lesquels les deux biefs appartiennent à une môme voie navigable, ou sont reliés par un sas qui ne contient jamais que de l'eau d'une même nature. Lorsque i eau du sas et colle du bief d'amont n'ont pas la même densité, l'application des formules conduirait à de graves erreurs, ainsi que cela a été constaté il y a quelques années lors du premier remplissage (1872) de l'écluse du canal Saint-Louis (Bouches-du-Rhône). Il s'agissait de remplir avec de l'eau douce un sas contenant de l'eau de mer.

Soient * le poids spécifique de l'eau d'amont etit0>"n le poids spécifique du liquide contenu dans le sas. Supposons d'abord que l'orifice d'écoulement ait une dimension verticale trèsfaible, la dimension horizontale de cette ouverture rectangulaire lui assurant une superficie suffisante.

Au moment où l'orifice est ouvert , une pression s'exerce d'amont sur le sas; elle dépend de ™ et de la hauteur A de l'orifice audessous du niveau d'amont. Il y a de même une contre-pression du sas vers l'amont, et cette contre-pression dépend de x« et de la hauteur h pour une différence première constante de niveau entre le bief et lo sas. La contre-pression peut donc être inférieure , égale ou supérieure à la pression, bien que l'orifice soit noyé à une moins grands profondeur dans le sas que dans lo bief d'amont, à cause de la différence de densité.

L'écoulement pourra avoir lieu d'amont vers le sas et la vitesse sera alors d'autant plus grande que l'orifice sera moins profondément noyé ; si cet orifice était placé trop bas, l'écoulement aurait lieu en sens inverse ou ne se produirait pas. Le remplissage serait donc possible. Il le sera encore dans le cas suivant, qui se réalisera très-souvent :

Dés que l'écoulement a commencé a se produire, lorsqu'il est possible, les densités des liquides du bief et du sas varient; ces deux densités tendent à prendre la même valeur ; il s'ensuivrait, si le sas était indéfini comme le bief d'amont, que la vitesse d'écoulement serait de plus en plus grande ainsi que la différence des pressions. Mais le niveau de l'eau du sas s'élève et la contre-pression augmente par ce fait en même temps qu'elle diminue par le changement de densité ; il peut se faire que l'accroissement résultant soit positif, et à partir d'un certain moment l'équilibre sera de nouveau établi ; le remplissage ne pourra être terminé.

Nous avons supposé l'orifice d'écoulement infiniment petit en hauteur; cette hypothèse nous a permis d'admettre qu'une seule et même pression s'exerce à chaque instant sur tous les points de sa surface. Si l'on passe au cas de la pratique où la ventelle a une hauteur finie, on reconnaît facilement que la différence de pression au bas de l'orifice va en diminuant; il arrive bientôt un moment où elle cesse d'être positive à ce niveau, et elle devient successivement nulle et négative pour des niveaux de plus en plus élevés. Alors la section d'écoulement se partage en deux parties. La partie située au-dessous du point de séparation débitera de l'eau d'aval qui passera dans le bief d'amont, tandis que la portion supérieure continuera à débiter de l'amont vers lésas. Celui-ci ne gagnera plus,

SAS

à partir de ce moment, que la différence entre ces doux courants; la loi de variation des poids spécifiques deviendra très-compliquée. On peut admettre, à la rigueur, que le poids spécifique d'amont reste invariable ; mais celui du sas changera plus rapidement qu'aux premiers moments de l'écoulement, puisque non-seulement le sas reçoit une certaine quantité d'eau à la densité -k, mais encore il perd une certaine quantité d'eau qui lui appartient en propre. Le remplissage du sas ne Se continuera d'ailleurs qu'avec une extrême lenteur, car le contre-courant lui enlève une partie du volume que le courant lui apporte. Si le sas achève de se remplir, c'est après un temps très-long et après la parfaite égalisation des densités.

Ces courants en sens contraire, à différents niveaux, d'une section de communication s'observent dans la nature, et on peut s'en rendre compte'particulièrement a la rade de Brest et au détroit de Gibraltar.

La forme la plus naturelle d'un sas doit être celle d'un rectangle, car les bateaux ou convois auxquels il s'agit de donner passage ont à peu près cette forme. On a construit autrefois des sas de forme ovale sur lo canal du Midi. « On pensait probablement, dit I.agrené à ce sujet dans son Traité de navigation intérieure, qu'en donnant aux bajoyers une forme courbe, tournant sa convexité vers le remblai, on aurait de meilleures conditions de résistance à la poussée » ; mais il faut remarquer qu'un bajoyer peut avoir à résister dans les deux sens, et par conséquent cette courbure n'est pas motivée. Cette forme, abandonnée du reste, ne serait pas admissible pour les écluses en rivière, car l'un dos doux bajoyers est dans le lit même du cours d'eau.

Tout en restant rectangulaire, le sas peut ne pas avoir la même largeur que les tètes, suivant le mode de construction adopté, pat' exemple s'il s'agit d'écluses dont les têtes seules sont en maçonnerie. On peut en effet, le long du sas, remplacer les bajoyers par de simples perrés inclinés. Du côté de terre, la rive est dressée suivant un tnlus convenable, puis revêtue d'un perré. Du côté du large, le sas est limité par une digue imperméable revêtue sur ses faces vues comme le talus de rive.

Un sas en terre est généralement plus économique qu'un sas avec bajoyers ; en outre, une avarie à la digue ou au perré d'un sas en terre se répare vite, tandis qu'une avarie à un bajoyer ou un affouitlcmont de la fondation peuvent exiger des réparations longues et coûteuses. Les sas en terre ont encore l'avantage de fournir plus d'espace aux convois de bateaux et alors de diminuer les frottements latéraux pendant le passage des bateaux dans l'écluse.

Mais les sas en terre sont exposés à des avaries bien plus fréquentes et l'on doit prendre, pour la construction et l'entretien de ces sas, de très-grandes précautions. Les perrés doivent être faits en maçonnerie et rejointoyés soigneusement au mortier hydraulique de manière que l'eau ne puisse rien entraîner de l'intérieur de la digue.

Aux écluses de certaines rivières, à la haute Seine par exemple, on avait mis au début des glissières en bois sur les perrés des sas en terre, afin de faciliter l'abaissement progressif des bateaux pendant le temps de la vidange et d'empêcher qu'ils ne s'échouassent sur les perrés. Mais eus glissières placées on saillie étaient fréquemment détériorées par le passage des trains de touage; on les a donc supprimées, et les éehouuges ne se sont pas produits.

Le remplissage et la vidange des sas se font au moyen de certains appareils d'écoulement dont le3 plus employés sont :

Les ventelles placées dans les portes busquées ;

Les petits aqueducs an canons placés dans la maçonnerie de chaque tête ;

Les grands aqueducs longitudinaux à colonnes plus ou moins oscillantes de M- de Caligny.

Nous n'entrerons pas ici dans l'exposé de ces différents systèmes. Mais, quel que soit l'appareil en usage, il convient de se rendre compte au préalable de la section à donner à l'ensemble des ouvertures destinées a permettre l'écoulement.

La formule que nous avons obtenue plus haut permettra de calculer la section A d'écoulement, en se donnant d'avance une limite supérieure du temps nécessaire au remplissage, 10 minutes par exemple On en déduit en effet

SASS

S wT

■ Vî

formule dans laquelle on fait T~ 600 secondes, par exemple. On exprime les longueurs en mètres, et A est obtenu en mètres carrés.

SAS-DE-GAND (le), en latin Gradovensis Affcr, ville de Hollande, dans la province de Zélande, à il kilom. S.-O. d'Axel, à l'embouchure du canal de Gand dans le bras occidental de l'Escaut; 2,707 hnb. Cette villa, fondée par les Espagnols en 1570, fortiliée par Alexandre Farnese en 15S3, fut prise par les Hollandais en 1644 et par les Français en 1747.

SAS (Corneille) , théologien belge , né à Turuhout en 1593, mort à Ypres en 1656. Il professa lu philosophie à Louvain, la théolo-

gie à Malines et fut nommé chanoine dans cette dernière ville, puis devint vicaire général à Ypres. On lui doit : Epitoms prnxcos virtatum t/ieoloflicarum (Rome, 1632, in-12) ; Œciimeiricum de singularitate clericorum (Bruxelles, 1653, in-4").

SA5A s. m. (sa-za). Ornith. Syn. d'opiSTHOcome ou hoazin : Le sasa a beaucoup de conformité avec le faisan. (V. de Bomare.)

— Encycl. Le sasa est regardé par plusieurs auteurs comme le même oiseau que l'hoazin. Pour d'autres, notamment Sonnini, Pison, V. de Bomare, il constitue une espèce voisine ou tout au moins une variété trèsdistincte de ce dernier. Il est un peu plus petit et, s'il a comme lui une bydie huppe, il ne peut la relever en forme de panache, mais simplement la roidir horizontalement, eu même temps qu'il élargit sa queue et l'arrondit en éventail. Sédentaire et frugivore, il a quelque ressemblance avec le faisan. On le trouve à la Guyane, dans les savanes noyées, jamais dans les grandes forêts ni dans les lieux élevés. Nullement farouche ni querelleur, il a une voix forte, rnuque et désagréable. Son vol est court et peu élevé. Sa chair n'est pas bonne à manger ; mais on l'emploie, dans le pays, comme appât pour la pèche.

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