‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 110 sur 1059 · V. HOAZIN · texte numérisé non relu

V. HOAZIN

SASAFIN s. m. (sa-za-pain). Mamm. Un des noms des sarigues.

SASAPINE s. f. (sa-za-pi-ne). Mamm. Nom

vulgaire des sarigues,

SASBACH ou SALZBACIT, bourg du grnndduché de Bade, dans la province du Rhin- Moyen, bailliage et à 3 kilom. N.-O.d'Achern; 1,500 hab. C'est là que, le 27 juillet 1675, Turenne fut mortellement frappé d'un boulet au moment où ce grand général se préparait à attaquer Montecuculli. Une pyramide de granit, érigée en IS29, perpétue le souvenir de cette mort.

SASENO, fie de la Turquie d'Europe, dans la mer Adriatique, sur la côte d'Albanie, à l'entrée du golfe d'Avelone. Sa pointe septentrionale se trouve par 40° 29' de latit. N. et par 16° 53' de longit. E. Elle mesure 6 kilom. du N. au S. et 3 kilom. de l'E. à l'O.

SASIN s. m. (sa-zain). Ornith. Espèce d'oiseau-mouche de l'Amérique du Nord..

SAS&ATCHÉVAN, rivière de l'Amérique du Nord, dans la Nouvelle-Bretagne, Elle est formée par deux branches qui prennent leur source sur le versant oriental des montagnes Rocheuses, coule à l'E, et se jette dans le lac Winipeg, après avoir formé le lac Cedar. Cours de 1,500 kilom.

SASP1RES ou SAPIRES, peuple scythique.

Il habitait l'isthme caucasien, près do l'Araxe, et du Cyrus, entre les Cotehiaiens au N.-O. et les Mèdes au S.-O. Sous Darius, les Sapires étaient compris dans la première satrapie de l'empire persan ; ce territoire est actuellement compris dans les gouvernements russes de Tiflis et d'Erivan.

SASS (Frédéric), général russe, né en Courlande en 1798, mort a. Saint-Pétersbourg en 1852. Il fit ses premières armes contre les Persansf puis contre les Turcs, en 1816 et 1818. Devenu lieutenant-colonel, il passa dans le Caucase, où il fut nommé en 1834 général de cavalerie. Pendant huit ans, il lutta contre les habitants du Caucase et acquit la réputation d'un tacticien habile et actif. Rappel,'; à Saint-Pétersbourg en 1842, pour y répondra h divers reproches, Sass parvint à se disculper; néanmoins, il fut disgracié. Il échappa l'année suivante à de nouvelles poursuites occasionnées par une brochure accusatrice. En 1849, il fit la guerre de Hongrie sous Luders et Tcheodaief, et força les défilés d'Oîto en Transylvanie. Il demanda sa retraite après cette campagne.

SASS (Marie-Constance Sass , dame Castelmart, connue au théâtre sous le nom de Marie Sax, puis sous celui de), cantatrice belge, née à Gand le 26 janvier 1838. Elle est fille d'un chef de musique militaire et ello montra de très-bonne heure de brillantes dispositions pour la musique. Entrée au Conservatoire de Gand à la mort de son père, elle dut d'abord donner quelques leçons pour vivre, puis elle fut engagée en qualité de chanteuse au Casino des galeries Saint-Hubert, à Bruxelles. Marie Sass y passa un an et demi; elle vint ensuite à Paris et chanta successivement au café des Ambassadeurs, aux Champs-Elysées, au café Jacqtiin, au Palais-Royal et enfin au café du Géant, boulevard du Temple, où Mm» Ugalde l'entendit et consentit à lui donner des leçons. Ce dernier fait est passé à l'état de dogme dans le monde musical, et cependant nous nous permettrons de nier ce dogme. M'ie Sass, sans être une musicienne hors ligne, en savait plus long à cet égard, à son arrivée à Paris, que les élèves du Conservatoire. Le rôle de Mme Ugalde, en cette affaire, se borne à avoir compris, dès la première audition, le mérite exceptionnel de la voix de M"e Sass et à avoir fait engager cette artiste par M. Carvalho. Elle débuta au Théâtre-Lyrique le 1" octobre 1859, par le rôle de la comtesse, dans les Noces de Figaro, opéra de Mozart. Or, qu'arriva-t-il? La presse reconnut, à l'unanimité, l'éclat splendide de l'organe vocal de la nouvelle venue, en regrettan t une absence presque complète de méthode

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et île slyle. Succédant, au pied levé, k Mme Vandenheuvel-Duprez dans un personnage ingrat, M11' Sass ne triompha que grâce & ce timbre d'or, bien préférable, après tout, à toutes les ficelles des chanteuses expérimentées. Car, si pour faire un civet il finit un lièvre, pour faire une chanteuse il faut d'abord une voix. Il est permis de supposer, en outre, que si Mairie Sass reçut des conseils pour le duo de Chérubin et de la comtesse, ce fut Mme Carvalho, la première intéressée au succès de ce morceau, qui se chargea de les donner à la débutante. Le public, qui ne juge que d'après l'émotion du moment, et il a bien raison, accueillit bien la nouvelle comtesse, dont l'intelligence, comme comédienne, tenait du prodige. On ne dit pas cependant que Mme Ugalde, dépourvue de distinction comme actrice, lui ait enseigné ce bon ton qui est l'accord du sentiment et du

foût; la nature avait tout fait. Mu<; Sass déuta à l'Opéra le 3 août 1860, par le rôle d'Alice dans liohert le Diable. Elle y obtint, dès le premier soir, un succès complet et mérité. Depuis la retraite de MHo Cruvelli, jamais les voûtes de notre première scène lyrique n'avaient retenti d'accents aussi éclatants. Elle chanta le rôle de Rachel, à la reprise de la Juive, en 1862, et un critique disait de M Ho Sass : < On n'a jamais discuté la beauté de sa voix, d'une puissance si peu commune et à la fois d'un timbre si riche. Mais ce qu'il faut noter, c'est la rapidité avec laquelle la jeune cantatrice a appris tout ce quelle ignorait encore il y a quelques années, quand elle chantait au café du Géant. Mlle Sass a aujourd'hui oublié ce début indigne de ses grands moyens et, à force de travail et de zèle, elle est arrivée à faire très-bonne figure sur la redoutable scène de l'Opéra. ■ La cantatrice a dû modifier sou nom de théâtre en 18G5, à la suite d'un procès ridicule qui lui fut intenté par M. Six, fabricant d'instruments de musique, jaloux sans doute de faire une forte réclame à ses trombones aux dépens de l'artiste de l'Opéra. Elle a plaidé aussi contre Mme Ugabie qui, se fondant sur on ne sait quelle convention ■verbale, prétendait opérer une retenue sur les appointements de son élève. Mariée depuis plusieurs années à M. Oastelniary, chanteur do province, qu'elle a fait engager à l'Opéra, Mi»e Sass tint longtemps a l'Opéra de Paris le premier rang. Elle a quitté notre première scène en 1872, pour aller chanter à Madrid, à Lisbonne et à Bruxelles, où elle a été fort applaudie en 1872, 1873 et 1874.

Mme Marie Sass est, sans contredit, une des premières cantatrices de notre époque. Elle a acquis k* style et la méthode qui lui manquaient naguère, sans rien perdre des précieuses qualités de son organe, ainsi que cela arrive trop souvent aux chanteuses qui arrivent k la quarantaine. Son jeu est nature! et intelligent. Ceux qui l'ont entendue dans Y Africaine sont de cet avis, que la tragédienne se trouve à la hauteur de la cantatrice. Mmc Sass étudie d'ailleurs, chaque jour, les secrets de son art avec une ardeur et une persévérance bien rares. Celte artiste, sans être précisément ce qu'on appelle uno beauté, est douée d'un physique expressif et mubile, très-avantageux pour les rôles du son emploi. On pourrait lui reprocher, peutêtre, un orgueil que sa position explique et justifie en partie. Fille de ses œuvres, elle a la conscience de sa valeur. Elle a complété autant que possible une éducation négligée. Toujours sur la brèche, Mme Sass a remplacé M»ie Gueymard dans lu. Reine de Saba, do M. Gounod, avec un talent très-remarque. Le rôle d'FJisubeth, du Tannhauser, prouve qu'elle sait tirer parti même d'un personnage sacrifié. Meyerbeer lui a confie son Africaine, et le résultat a prouvé que le maître avait le coup d'oeil juste. Mme Sass s'est fait applaudir aussi dans le Trouvère, les Vêpres siciiieiutes, lesJïugueno/s et dans le Don Juan de Mozart. L'avenir lui réserve d'autres triomphes.

SASSA s. m. (sa-sa). Bot. Grand arbre indéterminé de Nubie, qu'on croit être une espèce de mimosa.

— Gomme de sassa, Sorte de gomme-résine, qu'on croit être la même substance que l'opocalpasum : La gomme de sassa esl d'un grain uni et serre'. (Bruce). Il parait presque prouvé que la gomme nu sassa est l'opocalpasum. (V. de Boraare.)

SASSAFRAS s. m. (sa-sa-frâ). Bot. Genre d'arbres, de la famille des laurir>ées, formé aux dépens des lauriers, et dont l'espèce type habite l'Amérique du Nord.llSassa/Wij de Cayeime, Nom vulgaire de la licarie de la Guyane, appelée aussi bois de rose, il Sassafras de t'Orénoque, Nom vulgaire de l'ocotée à canots.

— Encycl. Le genre sassafras, réuni autrefois aux lauriers , est caractérisé par des fleurs dioïeues, entourées d'un périanthe membraneux, à six divisions égales; les fleurs mâles, à neuf étaraines fertiles, disposées sur deux rangs et un ovaire rudiinentaire; les femelles ayant neuf ou un plus grand nombre d'étamipes stériles et un ovaire à une seule loge uniovulée, surmonté d'un style subulé, terminé par un stigmate discoïde; le fruit est une baie monosperme. Le sassafras officinal est un arbre de 10 à 15 mètres, à tige droite, couverte d'une écorce épaisse,

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fongueuse, gris cendré et divisée en branches étalées , très-rameuses , formant une large cime ; les rameaux portent des feuilles alternes, ovales, lancéolées ou trilobées, molles et velues dans leur jeunesse, plus tard coriaces, glabres, d'un vert foncé en dessus et presque blanchâtres en dessous. Les fleurs, petites et d'un jaune verdâtre, paraissent en mai, avant les feuilles; les fruits sont des baies d'un bleu noirâtre, de la gro-seur d'un pois, à cupule et à pédicelle rouges. Toutes les parties de cet arbre, quand on les froisse, exhalent une odeur agréable.

Le sassafras croît aux Etats-Unis et nu Canada; on le trouve surtout dans les forêts et au bord des rivières. Il végète bien en plein air jusque sous le climat de Paris et s'accommode de tout terrain exempt d'humidité; mais il vient mieux on terre de bruyère. On peut le multip.ier de graines, semées aussitôt après leur maturité ; mais celles-ci sont assez rares et d'ailleurs lentes à germer. Aussi piéfère-t-on généralement le propager de rejetons ou drageons ; le marcottage est un peu plus difticile ; il se fait avec du bois de deux ans. Le bouturage des racines fournit encore un moyen commode et expédilif; au printemps, on prend sur les vieux pieds des racines de la grosseur d'un tuyau de plume -, on les coupe en tronçons longs de 0m,10 à oa>,15, qu'on place dans des terrains remplies d'un mélange de terreau et de terre de bruyère ; on arrose souvent, mais peu à la fois; à cinq ans, les jeunes sujets peuvent être plantés à demeure.

Presque toutes les parties du sassafras sont usitées en médecine. Elles doivent leurs propriétés à une huile essentielle, plus lourde que l'eau, jaune, d'une saveur acre, d'une odeur qui rappelle celles du girofle et du fenouil. Le bois est d'un jaune fauve, léger, poreux, luisant, d'une odeur forte. Les racines, telles qu'un les trouve dans le commerce, atteignent et dépassent la grosseur du bras ; elles sont ramifiées, couvertes d'une écorce grisa en dedans, couleur rouille en dehors; elle est très-aromatique. I/éeoroe isolée est spongieuse, d'une odeur forte, d'une saveur piquante. Le sassafras forme, avec lit squine, la salsepareille et le guïac, les quatre bois sudoritiques ; on l'emploie so;;s forme de tisane ou de sirop; on l'administre surtout Contre les maladies de la peau, les affections syphilitiques, l'hydropisie, l'hypocondrie, le catarrhe pulmonaire chronique. Le sassafras est sudorilique, tonique, stomachique, curminatif et diurétique. Il ne convient pas aux tempéraments secs et bilieux. Aujourd'hui, il est surtout employé en médecine homocopathique, comme dépuratif. Les feuilles, scellées et pulvérisées , sont employées aux Etats-Unis comme condiment; les fruits sont utilisés dans l'épicerie et la parfumerie. Le bois sert à faire des meubles qui tie sont pas attaqués par les insectes.

SASSAGE s. m. {sa-sa-je — rad. sasser), Techn. Opération qui consiste à agiter, poulies polir, de menus objets de bijouterie dans du sable, du grès ou autre matière pulvérulente.

— Encycl. Le sassage est une opération indispensable dans la bijouterie et surtout dans l'Iiydroplastie et la galvanoplastie, où il peut remplacer le décapage; il a pour but de nettoyer parfaitement, par vois de frottement, les menus objets qui ne pourraient l'être un à un, tels que : agrafes, maillons de chaînes, perles métalliques, boutons, etc., etc. Plusieurs de ces articles sont même, par ce moyen, polis et adoucis. Pour obtenir ces divers résultats, on introduit dans un suc de toile les objets à sasser et le corps qui doit Us frotter (son, sable, sciure, grès). On donne, soit à bras, soit par différents moyens mécaniques, un mouvement rapide et saccadé de va-et-vient au sac, et les objets qui y sont enfermés, suivant les mouvements et roulant l'un sur l'autre, se nettoient ou se polissent petit à petit. Ces résultats sont généralement ceux que recherchent les bijoutiers en acier ou en or et argent; mais le sassage est aussi de la plus grande utilité pour les doreurs et les galvauoplastes, surtout pour ceux qui opèrent sur des objets de très-petite dimension. En effet, souvent les dorures ou autres dépôts métalliques laissent à désirer au sortir du bain sous le rapport du velouté ou du brillant, et il peut être presque impossible de les gratte-boësser. Il devient donc nécessaire de les sécher et de les agiter au sein de la sciure de bois pour leur donner le brillant que doivent avoir ces sortes d'objets.

On sasse également dans des liquides selon les nécessités de la fabrication et le but qu'on se propose. I/enu et le vinaigre servent à éclaircir la dorure des perles. Par extension, on donne le nom de sassage k toute opération dans laquelle on agite de menus objets par un mouvement de va-et-vient; c'est ainsi que, dans la fabrication des perles fausses, ou dit qu'on sasse les grosseurs lorsqu'on agite les tamis pour classer les calibres de grains.

Dans quelques cas, le sassage à l'eau est appelé baquetaye.

Dans les professions oùl'on emploie des sasseurs d'une manière permanente, ce travail est effectué par des nommes de peine auxquels on donne environ 2 fr. 50 par jour, bien que cette occupation soit futigaute et mal-

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saine par suite de la poussière qu'on absorbe en grande quantité.

SASSANIDE s. m. (sa-sa-ni-de — deSassan, fondateur de ladynastie). Hist. Membre d'une dynastie de rois de Perse : La dynastie des Sassanides.

— adj. Qui appartient à cette race : Les rois

SASSANIDSS.

— Encycl. V. Perse.

SASSARI, ville du royaume d'Italie, dans l'île de Sardaigne, chef-lieu de la province et du district de son nom, sur la côte septentrionale de l'île, à 160 kilom. N.-O. de Cagliari, par 3&° 20' de latit. N. et 6" 15' do longit. E. ; 25,086 hab. Archevêché fondé en 1411, résidence du gouverneur de la province, tribunaux civil et criminel. Université fondée en 1765; collège, bibliothèque publique. Agent consulaire français ; place de guerre avec vastes magasins de réserves. Bains célèbres très-fréquentés. Fabrique de tabac, commerce d'huile et de tabac. Sassari est située dans une plaine vaste et fertile; elle a une enceinte de murs gothiques percée de cinq portes principales, it un ancien château de même architecture flanqué de cinq tours et entouré de fossés, ljans l'intérieur de la ville, on remarque le palais du gouverneur, celui de l'archevêché et la cathédrale. Aux environs, s'étendent de belles promenades publiques ornées do fontaines, parmi lesquelles la plus magnifique est celle de Rosello. Sassari fut saccagée par les Génois en 1IC6 et par les Français en 1527.

SASSAR1(province de), division administrative du royaume d'Italie. Eliecompren i la partie septentrionale de l'Ile de Sardaigne et est subdivisée en cinq districts : Alghero, Nnoro, Ozieri, Sassari et Tempio-Pansauia ; elle a une superficie de 10,720 kilom. carres et une population de 215,967 hab. répartis dans 110 communes.

SASSATA s. m. (sa-sa-ta). Comin. Indigo provenant de la troisième pousse de l'indigotier.

SASSBACH, bourg du grand-duché de Bade.

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