‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 112 sur 1059 · V. CAUSTIQUE · texte numérisé non relu

V. CAUSTIQUE

Satirique de lu cour (le), pamphlet en vers publié en 1024, sans nom d'auteur, dans lequel sont flagellées les modes nouvelles adoptées et préconisées par la cour et les mœurs à la fois libertines et dévotes de cette singulière époque, la plus immorale peut-être et à coup sûr la plus hypocrite de notre histoire. Le poète suppose qu'un soir où il était solitaire et pensif, la Mode elle-même lui apparaît sous les traits d'une jeune fille Toute nue de corps et dont les cheveux blonds Voletants descendoient j usque sur ses talons. Elle décrit les divers costumes nécessaires à un courtisan s'il veut faire son chemin dans le monde, et l'auteur en profite pour s'élever contre le luxe, non-seulement chez les grands seigneurs, mais encore dans la bourgeoisie. Il s'indigne surtout contre l'hypocrisie, qui cache les mœurs les plus dissolues, et, a:irès nous avoir introduits dans la ruelle d'une femme à la mode, qui, en présence de son galant.

Se coiffe à la culbute, Relevant ses tétons en butte.

Encore qu'ils fussent pendants Par l'usage ou les accidents, il nous la montre portant le cordon de Saint- François, allant à la messe, communiant, assistant à vêpres à l'Oratoire, fréquentant le Père Bérulle et parlant religion au Père Athanase.

Le Satirique de la cour est écrit avec uns réelle énergie, et l'on doit regretter que le nom de l'auteur ne soit pas connu.

SATIRIQUEMENT adv. (sa-ti-ri-ke-man — rad. satirique). D'une manière satirique : Parler satiriquement. Un caractère satiriquement dessiné.

SATIRISER v. a. ou tr. (sa-ti-ri-zé — rad. satire). Railler, faire la satire de : C'est un homme qui satiiîisk les meilleurs de ses amis. (Acad.)

— Absol. : Le plaisir de satirisur ne m'a point mis la plume à la main. (Laval.)

SATIRISTE s. m. (sa-ti-ri-ste — rad. satire). Auteur de satires : Jamais le voile des intérêts, des égoîsmes, des douleurs simulées, des joies secrètes, ne fut si impitoyablement déchiré par la plume du grand satiriste. (Lamart.) Il Inus. On dit satirique.

SATISFACTION s. f. (sa-ti-sfa-ksi-on — lat. satisfactio; de satisfacere, satisfaire). Sentiment de contentement et d'approbation : Eprouver une douce satisfaction. Témoigner à quelqu'un sa satisfaction. La faiblesse humaine remplit ses liâtes d'une Satisfaction beaucoup plus pleine et entière

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que la raison, (Pascal,) II n'y a point de satisfaction pareille à celle de rendre sousemtlable heureux. (Mm» d'Epinay.) Entre nos besoins et leur satisfaction s'interposent dfs obstacles. (F, Bastiat.) L'Etat ne peut procurer satisfaction aux uns sans ajouter au travail des autres. (F. Bastiat.) La satisfaction est le but de nos penchants, de nos goûts et de nos besoins. (Latena.) C'est la plus noble, In. plus légitime ambition que celle qui cherche à fonder son empire sur la satisfaction des vrais besoins des peuples. (Thiers.) La satisfaction de soi-même apporte une récompense immédiate. (J. Janin.) Trop de satisfaction de soi appelle la sévérité des autres. (La Rochef. -Doud.) Le dégoût suit quelquefois la satisfaction de nos vœux. (Pétiet.)

— Apaisement du désir produit par la possession : Le bonheur est dans l'harmonie des désirs et des jouissances , dans l'équilibre des besoins et des satisfactions. (Mîcli. Chev.) Le désir est comme un vide qui se creuse dans notre être et que la satisfaction vient combler. (Ch. Dohftis.) C'est à la nature que l'homme doit demander directement ta satisfaction de ses besoins. (A. Kurr.)

— Réparation d'une offensa : Qu'un homme ait été offensé par un autre homme, hélas! souvent les regrets les plus sincères, les satisfactions tes plus pleines et les plus abondantes ne peuvent adoucir son cœur irrité. (Mass.)

— Théol. Châtiment que l'on subit ou que l'on s'impose volontairement, que l'on exerce contre soi-même, afin de réparer l'injure que l'on a fuite à Dieu par le péché,

— Syn. Saiîfiruction, coutenleraent. V. CON- TENTEMENT.

— Encycl. Théol. On appelle satisfaction, en théologie, l'obligation pour le pénitent absous de subir, soit en cette vie, soit en l'autre, une peine temporelle proportionnée à lu faute, et spécialement d'accomplir la pénitence imposée par le confesseur. Cette obl'gation, toutefois, ne fait point partie essentielle du sacrement de pénitence, puisqu'on admet à ce Sacrement les malades qui ne sont pas en état d'accomplir une pénitence active ; on exige d'eux seulement l'intention et le désir de le faire si cela était en leur pouvoir. Mais les théologiens considèrent cette obligation comme partie intégrante, sinon essentielle du sacrement. Les peines imposées aux pénitents dans les premiers siècles de l'Eglise étaient d'une sévérité excessive. Aujourd'hui, elles se réduisent à des prières, à des lectures pieuses et quelquefois à de légères aumônes. Ce relâchement no s'explique guère que par l'ulïaiblissement de la foi chez les fidèles, et l'Eglise, en s'y prêtant, donne lieu de croire que sa foi ii elle-même n'est plus ce qu'elle était dans les premiers siècles.

SATISFACTIONNAIRE s. m. (sa-ti-sfaksi-o-nè-re — vad. satisfaction), Hist. relig. Partisan de la satisfaction pur les œuvres.

SATISFACTOIRE adj. (sa-ti-sfa ktoi-re — rad. satisfaire). Théol. Qui est propre k réparer, à expier les fautes commises : La mort de Nôtre-Seigneur est satisfactoire puur tous les hummes. (Acail.) C'est ta nécessité de ces oeuvres satisfactoires qui a obligé l'Eglise ancienne à imposer aux pénitents les peines qu'on appelle canoniques. (Boss.)

— Ane. pratiq. Ecrits satisfactoires, Ecrits servant à répondre à des écritures signifiées après les défenses et répliques.

SATISFAIRE v. a. ou tr. (sa-ti-sfè-re — lat. satisfacere ; de sutis, assez, et de focere, faire, proprement faire assez, l'aire suffisamment. Se conjugue comme faire). Rendre coulent, obtenir l'a; prob.i ton de : Satisfaire son père, sa mère, tes muitres. Ou ne peut satisfaire tout le monde. (Acad.) La louange est une flatterie habite, cachée, délicate, qui satisfait différemment celui qui la donne et celui qui ta reçoit. (La Rochef.)

Les dieux pourraient me satisfaire :

Qu'ils me laissent le nécessaire.

Qu'ils m'accordent de la santé, Je fais du reste mon affaire.

Dbsmaiiis.

— Assouvir, calmer par la possession : Satisfaire sa passion, sa colère, son ambition, sa vanité, sa curiosité. L'âme languit quand elle n'a ni les moyens ni l'espérance de satisfaire une passion qui la remplit. (Nicole.) Il est plus facile d'éteindre un premier déstr que de satisfaire tous ceux qui le suivent. (La Rocher.) La plupart des hommes ne cherchent pas à remplir leur devoir, mais à satisfaire leurs cupidités injus:es. (Fléili.) On ne peut satisfaire so'i mauvais caractère qu'aux dépens de son bonheur. (Mme Necker.) Les passions, dans tous les êtres animés, répondent aux moyens que la nature leur a donnés pour tes satisfaire. (Roussel.) Il n'y a que te dernier amour d'une femme qui satisfasse le premier amour d'un homme. iBalz.)

— Payer ce qu'on doit à : Satisfaire ses créanciers, ses ouvriers. Cet ouvrier n'a plus rien à me demander, je l'ai Satisfait. (Acad.) Vue femme n'est pas tenue de Satisfaiiîk de sa dot tes créanciprs de son mari, à moins qu'elle ne se soit obligée envers eux. (Acad.)

— Faire réparation d une offense à : Vous l'avez offensé, il faut le satisfaire. (Acad,)

— Plaire, être agréable à : Satisfaire

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l'esprit, les sens, le goût, la vue, l'oreille. Satisfairf. l'opinion, la raison. Le bon style satisfait à la fois l'esprit, l'oreille et ta raison. (Lévis.)

— Contenter la curiosité de; fournir les renseignements, les explications demandées par :

Approihei-vous, Néron, et prenez voire place;

On veut sur vos soupçons que je vous siuisfasse.

Racine.

Il Contenter l'esprit, éclairer les doutes de : Votre réponse ne me satisfait pas, la chose reste obscure dans mon esprit,

— Satisfaire un besoin, Faire ce que ce besoin exige : La civilisation mulliptie nos besoins, mais en même titnps elle nous fournit les moyens de les satisfaire. (J.^B. Suy.) Les contribuables travaillent pour satisfaire hKSBKSOKSdesfonettonnaires.lv. Bas ,at.)Accomplir un effort pour satisfaire lu besoin d'autrui, c'est lui rendre un service, (F. Unsliât.) L'industrie doit et peut satisfaire les nouveaux besoins qu'elle fait naître. (E. de Ciir.)

— Satisfaire l'attente de, Répondre au désir et à l'espérance de : Les événements «'ont pas satisfait l'attente du public.

' — v. n. ou intr. Donner satisfaction, ac- I quitter ce qui est dû : Le jus:e, en souffrant ■ volontairement, ne satisfait pas seulement pour lui, mais pour le coupable, par voie de réversibilité. (J. de Maistre.) I — Satisfaire à, Accomplir, exécuter, se soumettre à : Satisfaire À son devoir. Satisfaire À ses obligations. Satisfaire à la justice, k la loi. Il faut satisfaire à la mode comme à une servitude fâcheuse et ne lui donner que ce qu'on ne peut lui refuser. (Mme de Lambert.) Un citoyen ne satisfait point aux I lois en se contentant de ne point agiter le ! corps de l'Etat. (Montesq.) Ce qui a été exé- \ culé dans une autre intention que de satisfaire aux éternelles lois du beau ne saurait , avoir de valeur dans l'avenir. (Th. Gant.) Il n'y a de gouvernement véritablement puissant que celui qui satisfait À l'ordre et aO progrès. (E. Littré.) Il Assouvir, apaiser par la possession : L'industrie satisfait à tous nos besoins. Il Donner satisfaction à :

.... Que le fils d'un monarque insensé Satisfasse en mourant flu sang qu'il a versé.

A. Soumet.

Il Répondre complètement h : On a donné bien des solutions contre le paupé isme, aucune ne Satisfait à toutes les conditions du problème.

Se satisfaire v. pr. Contenter son désir: // y a longtemps qu'il avait envie de voir l'Angleterre, enfin il s'est satisfait. Plus ta lutine se satisfait, plus elle se prépare de remords. (Latena.) La -vanité ne se Satisfait que par des flots d'or. (Balz.) Toutes les passions peuvent impunément SE satisfaire derrière le rempart de l'or. (P. Leroux.) Dans un pays libre, l'ambition s'avoue et cherche à se légitimer en même temps qu'à SB satisfaire. (Prévost-Paradol.)

— Remplir pleinement tous ses désirs :

L'univers entier serait lapossession de l'homme, qu'il sentirait toujours qu'il se dégrade et ne se satisfait pas en s'y fixant. (Mass.)

— Tirer vengeance d'une offense, d'une injure : Il dit que vous l'ave3 offensé et que, si vous ne le satisfaites, il trouvera moyen de se satisfaire lui-même. (Acad.)

SATISFAISANT, ANTE adj. (su-ti-sfè-zan, an-Le. — Beaucoup de personnes prononcent satisfesant, et l'on écrivait autrefois indifféremment satisfaisant ou satisfesant ; mais l'orthographe étant désormais fixée, la prononciation doit l'être dans le même seu-). Qui satisfait, qui est propre à satisfaire : Discours satisfaisant. Manières satisfaisantes. liaisons satisfaisantes. Itéponse satisfaisante. Il n'y a rien de si satisfaisant dans le cours de la vie d'un honnête homme que de bien faire son devoir. (Colbert.)

— Dont on peut se contenter, qui est bon sans être excellent : Le résultat n'est point parfait, il n'est que satisfaisant.

— s. m. Ce qui est de nature à satisfaire : L'exquis est partout, le satisfaisant nulle part. (J, Joubert.)

SATISFAIT, AITE (sa-ti-sfè, è-te) part, passé du v. Satisfaire. Content de ce qui est, de ce qui a été fait : Les avares, comme les ambitieux, ne sont jamais satisfaits de ce qu'ils ont obtenu. (Riehardsou.) On est sûr de plaire en se montrant plus satisfait des autres que de soi. (Latenu.) Chez tes parvenus Satisfaits, le dévouement aux intérêts du peuple s'appelle utopie séditieuse. (Mme E. de Cir.)' J'ai goûté de Paris et j'en suis satisfait.

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