‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 115 sur 1059 · DISTANCE · texte numérisé non relu

DISTANCE

à la planète:

DUREK

dés révolutions.

Enfii, les principaux éléments de la planète sont :

Distante au soleil, comparée

à ce. le de la terre 9,539

Distance réelle en lieues. . . 364,351,600 Diamètre comparé à celui de

la terre 9,022

Diamètre réel en mètres. . . 114,875,448 Surface comparée k celle de

la terre 81,396

Surface réelle en myriamèt.

carrés 414,530,893,470

Voluire comparé à celui de

la terre 734,359

Voluire réel en myriamèt.

cubes 793,742,722,600

Durée de la rotation 10h 16m os

Durée de la révolution. . . . 29.ans isi j 4m

Durée des saisons . 7 ans 4 m 15 s

Masse comparée à celle de

la terre 101,411

Densi.é comparée à celle de

la tîrre o,U

Pesarteur comparée à celle

de la terre 1,09

Lumière et chaleur comparée» à celles de la terre . , 0,011 Excentricité de l'orbite. . . . o,056t Iuclii. aisou de l'orbite. ... 20 30' Inclii aison de l'axe 31° 19'

Saturne n'a pas été ménagé dans le monde îles poètes, non plus que dans celui des astrologues. Nous demandons au lecteur la perin.ssion de lui soumettre quelques citations :

• Saturne, dit La Martinière, est une planète pesante, diurne, sèche, nocturnale et malveillante, à qui l'on attribue les lièvres longues, quartes et quotidiennes, les incommodités de la langue, des brus et de la vessie, la paralysie universelle, les gouttes, les tubes, les abcès, apostumes, obstructions du foie dtdelarate, la jaunisse noire, les cancers, polypes, les maladies des intestins, connue

I sont les coliques venteuses, pituiteuses, les ! hémorroïdes douloureuses, les hernies, les va- , rices, cors aux pieds, crachement de sang j pulraonin, appétit canin, diflicultés de respij rer, sourdites, pierres tant aux reins qu'à ta ■ yessie, l'épilepsie, alopécie, opiasie, cachexie, > hydropisie, mélaucholie, etc., etc.» Toute

la nomenclature médicale du temps y a

passé.

■ Saturne, écrivait Corneille Agrippa, répond aux lieux qui sont puants, ténébreux, souterrains, pieux et funestes, comme les cimetières, les bûchers, les habitations abandonnées, les vieilles masures, les cavernes, les puits, a

Comment s'étonner, après cela, queV. Hugo ait aussi jeté sa pierre k l'astre tant maudit? Saturne, sphère énorme, astre aux aspects funèbres ! Bagne du ciel ! Prison dont le soupirail luit I Monde en proie a la brume, aux sou t lles,aux ténèbres! Enfer fait d'hiver et de nuit !

Son atmosphère flotte en zones tortueuses. Deux anneaux flamboyants, tournant avec fureur, Font,dans son ciel d'airain, deux arches monstrueuses D'où tombe une éternelle et profonde terreur.

Ainsi qu'une araignée au centre de sa toile, Il tient sept lunes d'or qu'il lie à ses essieux ; Pour lui, notre soleil, qui n'est plus qu'une étoile, Se perd, sinistre, au fond des cieux.

SATDRNE ou CBONOS, divinité de l'Olympe hellénique et dieu italique. C'était à l'origine, sous ses deux noms et dans ses deux patries, un dieu créateur, allié à la puissance créatrice féminine, Ops ou Rhéa. Il devint le symbole du temps (xçovoç pris pour xfovoi), et sa légende s'empreignit surtout de cette idée que le temps détruit ce qu'il a lui-même créé.

Cronos est donné le plus souvent comme fils à'Ouranos et de Gxa, le Ciel et la Terre, comme époux de Rhéa ou Cy bêle, comme père de Hestia, de Déinêtêr, de Héra, d'Adès, de Poséidon et de Zeus.

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Saturne, considéré comme divinité italique, était fils de Cœlus ou Cœlum et de Tellus, époux d'Ops et père de Picus.

Zeus est le plus jeune des enfants de Cronos, comme Cronos lui-même était le plus jeune des enfants d'ouranos. La tradition voulait que son frère atné Titan ou que ses frères les Titans eussent consenti à le laisser régner à la condition qu'il dévoierait ses enfants. Cronos avait exécuté fidèlement cette condition jusqu'à la naissance de Zeus, qui fut dérobé par Cybèle et remplacé par une ' pierre emmaillottée dans une peau de chèvre. Alors, à 1,'aide d'un breuvage, Cybèle aurait fait rendre à son époux les enfants qu'il avait déjà dévorés. Nous verrons plus loin que, suivant une autre tradition, ce fut Zeus qui sauva ses frères et ses sœurs; il détrôna Cronos et le força à se réfugier en Italie, dans le Latiuin. Saturne devint roi de ce pU3rs dont il civilisa les habitants et où il fit fleurir l'âge d'or. Nous verrons que cette tradiiion est tout autre que la précédente et n'a pu y être ajoutée que par un travail d'assimilation postérieur.

0 C'était Saturne, dit Cicéron, qui gouvernait le cours du temps et des saisons; ce que marque son nom en grec. » Cicéron commet là une faute d'étymologie sur laquelle nous reviendrons.

On l'appelait Saturne parce que, disaient les interprétateurs, il est rassasié d'années, quad saturetur annis. On ajoutait que ce nom se rapporte à la fable d'après laquelle il mangeait ses enfants, ce qui revient à dire qu'il dévore tes espaces du temps et qu'il se remplit des années qui passent. Ces explications ne font que confondre des idées trèsdiverses. Nous donnerons plus loin la véritable étyinologie du mot Saturne.

Saturne, ou plutôt, sous sou nom grec, Cronos, l'époux de Rhéa ou Cybèle, appartient à l'ensemble de ces divinités chthuniennes dont le culte caractérisait les Pékisges. Son adoration et sa légende s'étaient, comme celles de son épouse, surtout développées dans lu. Crète (Cicéron, De natur» deorum, ne mentionne ce dieu qu'à propos du Zeus crétois), mais avec cette différence que, totalement étranger à la Phrygie, Cronos n'emprunta vraisemblablement que quelques attributs aux divinités phéniciennes; emprunts qui s'expliquent par ce fait que, la Crète ayant eu déjà, dès les temps les plus anciens, une population très-mélée , des cultes divers durent s'y trouver réunis.

On trouve aussi le culte de Cronos établi à une époque reculée en Attique et en Elide. Cécrops passait pour avoir élevé un autel à Cronos et à Rhéa, ou du moins on rapportait à cette antique origine l'existence d'un hiéron, consacré à ces deux divinités, qui se trouvait'au pied de l'Acropole, à Athènes.

Les sacrifices qu'on offrait à Cronos sur les montagnes annoncent un dieu du ciel analogue au Zeus Lyeœos d'Arcadie. Cronos était, en effet, le dieu des laboureurs; c'était le Zeus Càthonien, opposé au Zeus Olympien de Dodone.

Cronos avait comme Zeus une origine asiatique, et l'on retrouve dans sa légende un reflet de la lutte d'Indra et des Asouras, chantée sans cesse dans les Védas. Cette lutte répond, en effet, à celle des Titans contre l'Olympe, qui est racontée dans la Cosmogonie d'Hésiode (v. Titans). M. Guigniauc, après avoir expliqué la signification du traitement brutal infligé, d'après Hésiode, à Uranus (v. ce nom) par son propre fils Cronos , explique également la défaite de Cronos eu face de sa propre progéniture. ■ Le temps, qui consomme toutes choses, dit M. Guigniaut dans sa Dissertation sur la théogénie (1835) , vient mettre à fin l'œuvre de la création; mais, pouvoir aussi jaloux que ce pi're jadis mutilé par lui, en même temps qu'il achève le monde et qu'il lui donne ses principes organisateurs, il veut en paralyser l'action. 11 engendre successivement trois filles et trois fils : d'abord, Hestia, Démêler et Héra ; ensuite Adès, Poséidon et Zeus, le plus jeune de tous, celuilà même qui doit ravir à Cronos son empire. Aussi, redoutant un successeur parmi ses enfants, ce dieu les engloutit-il dans son propre sein à l'instant de leur naissance. Mais Zeus lui échappa. Par le conseil de Gaea et d'Uranos, la Terre et le Ciel, qui reparaissent ici comme fondements du monde, Rhéa, sa mère, le mit au monde secrètement dans l'île de Crète. »

Ottfried Millier attribue à cette tradition une origine crétoise, et M. Maury trouve dans la légende de la naissance de Zeus, fils de Cronos, une relation étroite avec les croyances de la Phrygie. Il fait remarquer le caractère astronomique du Zeus crétois, mais il ne l'identifie pas avec le Zeus pélasgique, qui n'est plus le fils de Cronos. « Les Crétois taisaient, dit-il, de Zeus un fils de Cronos et de lîhéa, c'est-à-dire du Ciel et de la Terre. C'était pour eux la troisième personne d'une triade qu'on retrouve en Asie et en Egypte, mais qui paraît avoir été, au contraire, inconnue des Pélasges; car, chez les populations de cette race, Zeus a pour épouse, et non pour mère, la Terre, et l'on ne voit pas que le Ciel soit personnifié par un autre dieu que lui. » Ces distinctions expliquent peutêtre pourquoi le culte de Saturne a eu si peu d'importance chez les Hellènes. A Sparte, Zeus et la Terre avaient un temple commun : Jupiter était ainsi substitué à Saturne; nous

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verrons plus loin comment il en vint à le remplacer complètement.

C'est par un de ces jeux de mots ou nue de ces erreurs si fréquentes chez les Grecs que le dieu Cronos, Kçsvo;, est. uevenu le dieu du temps, en grec jrp-ivoî. Il n'y avait originairement aucun rapport entre les idées exprimées par ces deux mots. Kjovoç, frère de Kpùuv et de C'érès, est comme ces divinités un roi de la création; son nom, comme Kptit»v, comme Ceres, comme creare, comme xpaivw, se rattache au sanscrit kr, avec le sens de faire .• «fà-ros, c'est le pouvoir provenant du fuit de la création. Loin de là, y.pôvo;, le temps, la duréfi, se rattache, avec x«p, avec herus, avec aifiw, etc., au radical hr : le temps est celui qui ravit toute chose. Cette image est entrée dans le caractère prêté au dieu Cronos, mais évidemment par suite d'une confusion dans les termes.

Il n'est pas d'explications bizarres qui n'aient été données par les anciens de tous les détails qui se rattachent au mythe de Saturne, rempli lui-même de supeifétations par suite de l'ignorance des mythographes. Ce dieu fut chargé de liens par Jupiter, de peur, disait-on, que sa course ne devînt immodérée. Les étoiles devaient lui servir de liens. D'autres voyaient dans les liens qui étaient fixés à ses pieds une allégorie relative aux semences de la terre, qui sont liées et comme inanimées jusqu'à l'époque dos saturnales, où elles commencent à croître dans le sein de la terre; nous donnerons la véritable explication en parlant de Saturne dieu italique et agriculteur.

Outre les enfants qu'il eut de Rhéa, Cronos devint encore le père de Chiion, un des dieux de lu médecine, qu'il eut de Naïs selon Xénophoii, de Phyllira selon Pline.

Au règne de Suturne se rapportent les traditions si répandues chez les anciens sur l'âge d'or primitif de l'humanité. Suivant Hésiode, les hommes de lu première époque ont été créés par les immortels pour goûter une félicité sans mélange. Phuon fait dire à Socrate, dans son PhitêLe : u Les anciens, qui valaient mieux que nous et qui étaient plus près des dieux... » Le même philosophe développe tort au long dans son Politique ces mythes relatifs à nos origines. Il nous montre les hommes gouvernés d'abord par un démon qui était leur maître et leur pasteur, puis délaissés des dieux, mais conservant encore le souvenir des jours fortunés qu'ils menaient sous le roi Cronos. Ces récits se plaçaient en tête de toutes les histoires des temps héroïques. Dicéarque, traitant des mœurs des anciens Grecs, parle beaucoup de l'heureuse vie des premiers temps. « Il n'y avait point alors, dit-il, de guerre, puisque l'injustica était bannie de dessus la terre. » Pausanias, imbu de la même croyance, s'exprimait ninsi en parlant de l'époque de Lycaon : « En effet, les hommes de ce temps étaient, à cause de leur justice et de leur piété, les hôtes et les commensaux des dieux ; c'est pourquoi les dieux les récompensaient promptement lorsqu'ils étaient vertueux et les punissaient de même lorsqu'ils commettaient quelque crime... Mais aujourd'hui que la méchanceté est poussée à l'excès et a gagné toutes les villes et tous les pays, on ne voit plus d'hommes placés au rang des dieux, si ce n'est par de vaines apothéoses qu'invente la flatterie, et la vengeance divine, plus lente et plus tardive, n'atteint les méchants que lorsqu ils ont quitté la vie. »

Ju vénal rappelle la même croyance lorsqu'il s'écrie, opposant à la prétendue pudeur des premiers âges les mœurs de son temps : Credo pudicitiam Saturât) rege moratam In terris...

Mais à cette tradition vient s'opposer l'objection naturelle tirée de la grossièreté des sens et de la nourriture des premiers hommes, nourris de glands avant que la bienfaisante Cérès et les dieux de l'agriculture leur eussent appris à se servir de la charrue, suivant la pensée de Virgile :

.... Vestro si nnmere tellus Chaoniam pingui glandem mutavit arisla.

Amyot traduisant Plutarque fait ainsi parler ces hommes primitifs, envieux de notre culture et de nos arts : ■ O que vous estes heureux et bien aimez des dieux, vous qui vivez maintenant! En quel siècle vous êtes nezl Quelle affluence de toutes sortes de biens vous jouissez! Combien de fruietz vous produit la terre!,.. Vous pouvez vivre en toutes délices sans vous souiller les mains, là où nostre naissance est cheute en la plus dure et la plus redoutable partie de la vie humaine et de l'aage du monde, estant force que nous encourussions pour la récente création du monde en grande et estroite indigence de plusieurs choses nécessaires : la face du ciel estoit encore couverte de l'air, les estoiles estoient mestées parmy l'humeur trouble et instable, et avec le feu et les orages des vents. Le soleil n'estoit point encore bien estably, ayant un cours arresté, certain et asseuré :

De l'Orient jusques en Occident, Ains retournoit en arrière évident Par les saisons en contraire changées De fleurs et fruicts, et de feuilles chargée!.

La terre estoit outragée par les courses de; rivières qui n'a voient ne fond ne rive; la plupart en estoit guustée par des lacs et des profonds mureseuges, l'autre estoit sauvage pour

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estre couverte de bois et de foiests stériles ; la terre ne produisoit nuls bons fruicts, et n'y avoit encore instruments quelconques pour labourer la terre, ny aucune" invention de bon esprit; la faim ne nous laschoit jamais... ' Tel est le (ableau du régne de Saturne peint par Plutarque, tableau d'autant plus curieux, qu'il contient l'explication des ligures de ces Titans à la famille desquels appartenait Cronos et qui représentent la nature à l'état informe ou plutôt à l'état de formation incomplète. Il n'a pas manqué depuis Plutarque de bons esprits pour rejeter au nombre des fables absurdes celte d'un âge d'or primitif.

Les sciences naturelles et l'étude de l'histoire démontrent, en effet, que l'homme n'a pu s'élever au point où on le voit aujourd'hui qu'à force de travail et d'intelligence. L'hypothèse d'un âge d'or est donc absurde. L'âge d'or, s'il doit exister, sera dans l'avenir et ne saurait avoir existé dans le passé.

Cronos et Rhéa sont placés par quelques mythogmphes au nombre des douze grands dieux de 1 Olympe hellénique ; mais la plupart les en excluent pour mettre à leur place Hestia et Hephœstes. La prédominance absolue donnée à Zeus sur tous les dieux entraînait l'exclusion de Cronos, auquel il succède et dont le nom reparaît toujours à côté du sien : KfoviSiK, tils de Cronos. Jupiter a en effet revêtu tous les caractères de la puissance de Saturne et avant tout celui de dieu de la justice, malgré les réclamations théologiques contre le nouveau chef des immortels, vioç ■m-jii pmcipuv, contre le représentant de l'usurpation et de la tyrannie, dont le Promet hèe encàainé d'Eschyle contient l'expression éloquente. Zeus conserve, en outre, dans la légende populaire, des caractèies naturalistes qui rapprochent sa figure de celle de Cronos ; c'est ainsi qu'il était invoqué comme le père des jours, des années et des saisons, comme présidant aux climats, aux intempéries de l'atmosphère; comme dieu des ouragans et des météores. D'un autre côté, la vieille mythologie de Cronos tendait, de plus en plus, à rentrer dans l'oubli. Fréret remarque qu'à l'époque hellénique il restait à peine quelques vestiges du culte de Cronos.

Il n'y avait qu'en Elide qu'on lui offrit encore des sacrifices. A Olympe se trouvait une colline qui portait son nom et sur laquelle les prêtres, nommés busiles (paiiiui), allaient lui offrir un sacrifice tous les ans, le jour de l'équinoxe, circonstance qui rappelle l'ulée d'un dieu solaire. Un mois de l'ancien calendrier lui était aussi consacré, le mois crouios, dont le nom lit place à celui d'hécatombéon quand le culte de ce dieu tuinba en désuétude.

Le dieu Salurnus, associé à Ops, jouissait en Ilalied'uneantique popularité. Une grande partie de la péninsule s'appelait dans les premiers temps Saturnia, et Den,) s d'Halicarnasse nous apprend que Saturne avait donné son nom à beaucoup de lieux et de villes.

Saturne, dieu masculin de la terre, préside aux semences, et son nom vient de satum, avec cette signification. Une inscription trouvée sur un vase antique nous donne son nom Sous la forme Satturnus. « Cette forme, dit M. Preller (les Dieux de l'ancienne Borne), est très -probablement la forme primitive, telle qu'elle s'écrivait avant la contraction. Saturne est le fondateur, le dieu de l'agriculture italienne dans son acception la plus étendue. La faucille, son attribut ordinaire, est une preuve de ce caractère universel. Toutes les inventions agronomiques remontent à lui, même celle du tumier. De là vient qu'au Lutiuni Saturne ou son iils Picus jouissent, sous le nom àe'Sterculus ou de Stercutus (diminutif de itérais, fumier), d'une considéra lion toute particulière. Enfin , il est considéré comme le représentant historique de l'agriculture et de ses bienfaits. Il a exerce une royauté légendaire jusqu'au jour où il s'est confondu avec le Cronos grec, émigré en Italie.

Il existe, à l'égard de cette assimilation, une légende très-répandue parmi les auteurs grecs et romains, qui rapporte l'expulsion de Saturne par son fils Jupiter, sa fuite, ses voyages, son arrivée au Lutiuin, qui lui servit de refuge et reçut de là sou nom historique (latere, se cacher). Ou racontait à Route que, venu par eau jusqu'au Jaiiieule, Saturne avait trouve auprès du roi Janus un accueil favorable et tixe son séjour sur l'autre rive du Tibre, au pied du mont qui devait être le Capitule. C'était en effet au pied de cette colline, le Clivus Capitolinus, que se trouvait le temple de Saturne, vieil édifice dont on attribuait la cunstructiun tantôt à Janus , tantôt à Hercule. On parlait également d'une antique population saturnienne qui aurait habité la campagne et la ville; aussi disait-on de ceux qui, fidèles à l'ancienne coutume, vivaient de la culture des champs, qu'ils restaient seuls de la race du roi Saturne. Le vieux vers italique, grossier, mais national, des poètes antérieurs à lùimus, le vers des oracles primitifs, s'appelait lu vers saturnien. Partout et toujours Saturne apporte avec lui une idée de culture et d'heureuse récolte; son nom se rattache à tous les vieux souvenirs de prospérité et d'abondance que le peuple romain a conserves, comme tous les autres peuples, souvenirs auxquels tiennent surtout ceux qui souffrent et qui travaillent. Esclaves, valets et opprimés de toute sorte se rappelaient avec plaisir le

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bon temps du roi Saturne, temps d'abondance, d'égalité, de liberté commune. Saturne disparut, comme tous les rois bienfaiteurs des époques primitives, mais son culte lui survécut, intimement lié au culte de Janus, et les monnaies de ce dernier roi portaient sur une de le%rs faces le vaisseau qui avait amené Saturne eu Italie. Pour le culte de ce dieu, v. Saturne (temple de).

Le mythe de Saturne, qui n'est autre chose que le temps absorbant tout dans son sein, se prête aux grandes et fortes images et s'applique surtout aux bouleversements politiques dont sont victimes ceux-là mêmes qui les ont occasionnés. C'est ainsi que, dans-un beau mouveinentd'éloquence, le girondin Vergniuud a comparé la Révolution à Saturne gui dévorait tous ses enfants :

* On a vu se développer cet étrange système de liberté, d'uprés lequel on vous dit : • Vous êtes libres, mais pensez comme nous, » ou nous vous dénonçons aux vengeances du » peuple ; vous êtes libres, mais courbez la n tète devant l'idole que nous encensons, ou » nous vous dénonçons aux vengeances du » peuple ! i

» Alors, citoyens, il a été permis de craindre que la Révolution, comme Saturne, ne dévorât successivement ses enfants. «

■ Je m'inscris, monsieur l'antipapiste, contre cette doctrine digne d'être censurée et qui met en révolution les Grecs naguère si tranquilles sous le gouvernement paternel des Turcs.

— Oui, paternel à la manière de Saturne. »

[Tablettes roma ines) .

« Le gouvernement représentatif ou parlementaire est certainement une belle conquête; mais cette conquête est-elle bien conquise ou plutôt bien assise, et n'y a-t-il pus quelque chose d'effrayant à voir l'enfant né de Juillet, à peine sorti du berceau, plus insatiable que Saturne, dévorer en onze ans cinq parlements, dix-neuf ministères et une cinquantaine de ministres? »

De Loménib.

« La philosophie allemande se meurt; elle est morte après avoir, comme Saturne et la Révolution française, décoré ses enfants. Que sont devenus tant de systèmes qui se promettaient l'éternité, tant de solutions définitives du problème de l'univers? »

Ed. QuiNiiT.

• Sophie!... Ah! malheur et misère!

Le songe a fui rapidement, Mon aine retombe a. la terre, Tout n'est qu'erreur, isolement!

Maintenant morne et taciturne-, Loin de mes raves étouffants, Je suis triste comme Saturne Qui vient d'immoler ses enfanta. •

Mirabeau.

— Iconogr. Les anciens représentaient Saturne sous les traits d'un vieillard, au front chauve, à la longue barbe blanche, courbé sous le poids des années et ayant la tête couverte d'une draperie. C'est ainsi qu'il est figuré sur un autel antique du musée du Capiiole, où Rhéa lui présente un caillou eminaillotté à la place de Jupiter. Le musée Pio-Clémentin possède une tète colossale de ce dieu, en marbre antique; elle est couverte, au sommet, d'une draperie ou d'un voile relevé ; suivant quelques antiquaires, cet attribut, qui se rencontre sur d'autres monuments, s'expliquerait par cette circonstance que les Romains, en sacrifiant à cette divinité, se couvraient le haut de la tète seulement d'un pan de leur toge, tandis qu'en sacrifiant aux autres dieux ils se voilaient complètement. Le Louvre possède une figurine de bronze antique représentant Saturne barbu, debout, vêtu d'un grand manteau dont une extrémité lui voile la tête, tandis que l'autre est rejetée sur l'épaule gauche et enveloppe la partie inférieure du corps; les pieds sont chaussés de sandales; les deux bras manquent. Sur les monuments de l'antiquiié, Saturne tient ordinairement une faux recourbée eu forme de serpe (faix). Macrobe nous apprend que ce dieu bienfaisant avait enseigné aux hommes à cultiver les. arbres fruitiers, et que la faux lui avait été donnée pour attribut lorsque Janus avait établi son culte en Italie. Quelque-

- fois cette faux est armée de dents. Ajoutons que, d'ailleurs, les représentations antiques de Saturne sont rares.

Les artistes modernes ont pris le plus souvent Saturne pour la personnification du temps; à ce titre, ils lui ont donné des ailes, et pour attributs, outre la faux, emblème de la destruction, un sablier dont l'écoulement indique celui des instants, et quelquefois un serpent se mordant la queue de manière à former un cercle, afin de marquer la perpétuelle révolution des mois et des minces (v. tkmps). Saturne a été souvent figuré parmi les représentations qui ont été fuites des planètes (v. ce mot); il est accompagné du signe du Sagittaire dans une mosaïque qui a été exécutée a Rome, d'après un dessin de Raphaël, et dont il y a une copie peinte à l'huile au musée de Madrid. Nous lé retrou-

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vons au musée de Cluny (n° 1003), dans une suite de grandes pièces d'émail représentant les Vertus théoloyales et les Planètes, exécutées en 1559, par Pierre Courtoys, pour la décoration extérieure du château de Madrid (bâti au bois de Boulogne par François 1er et achevé sous Henri II). Dans les représentations mythologiques des saisons, Saturne désigne ordinairement l'hiver; il figure à ce titre dans la décoration d'une fontaine de Versailles, exécutée en inétal par Girardon, d'après les dessins de Ch. Le Brun ; il est entouré de petits enfants qui portent ses attributs accoutumés, et, d'une espèce de sac qu'il tient, il tire une pierre qu'il semble devoir dévorer. Jacques Blanchard avait peint, dans la galerie de l'hôtel de Bullion à Paris, Saturne dévorant ses enfants et Rhéa saunant Jupiter. Une estampe de Giulio Bonasone représente Saturne assis sur les nuages et dévorant un morceau de statue; dans une gravure attri- . buée à Jordaens, le dieu, assis de même sur les nues, dévore réellement un de ses enfants. Cette dernière composition a de l'analogie avec un tableau de Rubens qui est au musée de Madrid et qui représente le vieux Saturne, appuyé sur un bâton, tenant un de ses enfants la tête en bas et lui arrachant avec les dents un lambeau de la poitrine. D'autres figures de Saturne ont été gravées par Cherubino Albei ti (d'après Polidoro Caldnraj, Franeeseo Giovanni, Blootelingh, Michel Ostendorfer (1533), Giulio Campagnola, etc. Une eau-forte de Oiuseppe Diainantiui représente Saturne, Vénus et i A mour. Bernard Lépicié a gravé, d'après le Parmesan, Saturne amoureux de P/tilyre. Enfin, dans le jardin des Tuileries, est un groupe en marbre de Thomas Kegnauldin, Saturne enlevant Cybèle, qui décorait autrefois l'Orangerie du château de Versailles.

Saturne (templb de). Le temple de Saturne était situé au bas du mont Capitolin, sur le Forum, du côte de la ruche Tarpéienne, au débouché du Clivus Capitolinus. On croit que Tullu^ Hostilius ayant triomphé deux l'ois des Albius et une fois des Snbius consacra, par suite d'un vœu, un temple à Saturne, et que c'est alors pour la première fois que furent instituées à Rome les saturnales. Cependant Vairon, dans son sixième livre, qui truite des édifices sucrés, dit que ce fut le roi L. Tarquin qui passa un marché pour la construction du temple de Saturne dans le Forum et que le dictateur T. Lnrgius le consacra pendant les saturnales. Genius raconte aussi que le sénat décréta un temple à Saturne et que ■ ce fut le tribun militaire L. Fuiius qui fut chargé de l'exécution de ce monument. Quoi qu'il en soit, le temple de Saturne ne l'ut dédié que ver> l'an 255 de Rome, après la bataille du lac Regille. On pourrait voir dans cet hommage à l'antique dieu des Latins vaincus 1 intention de les attacher à leurs vainqueurs. Cependant, longtemps avant cette dédicace, Valarius Publicola, consul en l'an 245 ou 246, passe pour y avoir le premier fait établir le trésor public. Les Romanis, du Macrobe, voulurent que le temple de Saturne fût dépositaire du trésor public, parce qu'on raconte que tout le temps que Saturne habita l'Italie aucun vol ne fut commis dans ces contrées, ou bien parce que sous lui il n'existait pas encore de propriété privée, i II n'était permis, dit le poète, ni de marquer les champs, ni de les diviser par limites; ou prenait au milieu du terrain. Voila pourquoi on déposa le trésor du peuple chez celui sous lequel tout avait été commun à tous. 11 y avait sur le fuite du temple de Saturne des tritons en bronze, la trompette à la bouche, parce que depuis son époque l'histoire devint claire et connue parlante, tandis qu'elle était auparavant muette, obscure et mal connue, ce qui était ligure par la queue des tritons plongée et cachée dans l'eau. » Il y avait un autel devant le temple de Saturne ; Macrobe nous apprend qu'on y sacrifiait la tête découverte selon le rit grec, parce que l'on pense que ce fut ainsi pratique dans le principe par les Pélasges. L'importance du temple de Saturne par rapport à la législation était grande, car un seuatus-consulte n'avait force de loi que lorsqu'il y avait été régulièrement dépose; cette formalité essentielle était pour les Romains ce qu'est pour nous l'insertion au Bulletin des lois. A Rome, où le caractère religieux se montrait partout, la plupart des magistratures avaient un temple qui leur était spécialement affecté; ainsi les censeurs conservaient leurs registres duns le temple des Nymphes, et les édiles étaient attachés au temple de Cérès. Les questeurs étaient attaches au temple de Saturne, parce que là se trouvait le trésor public (erarium) et qu'ils étaient chargés de plusieurs soins qui concernaient ce trésor, par exemple de fournir à la dépense des envoyés étrangers que la république défrayait dans le gi aecostase. La principale fonction des questeurs était donc de veiller au trésor de l'Etat et aux séuatus-consultes déposés dans le temple de Saturne. La questure était la moins élevée des magistratures; cependant ou paraît avoir voulu la relever par quelques prérogatives. Ainsi c'était entre les mains des questeurs. que la plupart des magistrats prêtaient serinent devant le temple de Saturne, dieu de la bonne foi antique de l'âge d'or. Enfin les serviteurs publics attaches aux questeurs devaient se présenter devant le temple de Sa-

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turne la jour où ces magistrats entraient en charge; ce jour n'était pas le même pour eux que pour les consuls. Le trésor public resta fort longtemps déposé dans le temple de Saturne. I! y était encore du temps de Plutarque ; il n'y a done aucune raison de supposer, comme a fait Becker, qu'il fut transporte dans le tubularium, c'est-à-dire dans les«rehives. Même après l'érection du tabul <rium, on voit dans la Vie d'Auguste de Suétone des sénntusconsultes portés à l'sernrium; peut-être considérait-on le premier comme une dépendance du second, ce que leur proximité peut expliquer. On put y transporter les tables des édiles, qu'on dit avoir passé du temple de (Jures au Capitole, .car le tabularium était sur le Capitole ; mais le trésor resta toujours dans le temple de Saturne. C'est là que César, à son retour des Gaules, le trouva et le vola. Le temple de Saturne était à la fois consacré à Saturne et à Ops (v. Ops et saturnales), la déesse de la richesse. On voit dans Cicèrou que quelquefois, loi^qu'il s'agissait du trésor, on l'appelaitsiinplemeiit le temple d'Ops. Duns la partie la plus secrète du teinplu était le trésor plus saint, sanctius xrarium, où l'on mettait à part le produit de l'impôt appelé le vingtième et dont on ne devait se servir que dans les plus grandes nécessités-, ce fut celui que le consul Lentulus ouvrit avant de quitter Rome; niais il en restait un autre plus considérable que personne n'avait encore jamais ouvert et dont César fit briser la porte, malgré la résistance de Métellus. Le temple de Saturne fut réédifié au temps d'Auguste par Munatius Plnncus, l'un des consuls de l'an 711 de la fondation de Rome. Devant la façade se trouvait la statue de Sylvain dont parle Pline. Il ne reste plus aujourd'hui aucun vestige du temple do Saturne, ni de l'area et de l'autel de Saturne qui étaient situés tout près du tabularium du peuple, à l'entrée du Vieus Jugarius. Un fragment d'un ■ plan de marbre sur lequel on lit Cp reste u'in- | seription, vrni, prouve que i'area de S i- I turne Hinit à l'une des extrémités de la basilique Julia.

SATURN 1 A, village du royaume d'Italie, province de lirossetto, mandement et a 11 kilom. N. de Manciano, sur i'Alb<-gna. Buinsd'eaux thermales (30» Réaumur) sulfureuses et minérales. Restes de murs cyclopéens.

SATURNIEs. f. (su-lur-nl — de Saturne, -nom myihol.). Enioni. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des attacides, réuni par plusieurs auteurs au genre utucus: La saturnik du poirier est te plus grand de tous tes lépidoptères d'Europe. |Ii. Lucas.)

— Encycl. Les saturnies, désignées aussi par quelques auteurs sous le nom d'attacus, sont caractérisées par un corps très gros, trapu et raccourci; des antennes courtes, peotinées dans les deux sexes, mais à dents beaucoup plus longues chez les u.âles; les palpes courtes, tres-velues ; la trompe vudimeutaire ou nulle; le corselet arrondi et laineux ; les ailes très-lurges, portant au ceutro une tache ocellée et souvent diaphane, étendues presque latéralement, les supérieures laissant à découvert les inférieures. Les chenilles sont mussives, très-grosses, cylindriques, glabres, munies de tubercules surmontés d'un petit bouquet de poils divergents. Les chrysalides sont renfermées dans un cocon ovoïde ou [liriforme, allonge, d'une substance grossière, très-forte et comme gaufrée.

Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces, indigènes ou exotiques, remarquables surtout par leur grande taille et leur abondance. Parmi les espèces étrangères, quelques-unes ont été et sont encore l'objet plus ou moins heureux u'uceliinaiations. La plus intéressante des espèces i..-'. • gènes est la saturnie du poirier, vulgairement nommée grand paon de nuit. Ce lépidoptère, le plus grand de tous ceux qui sont propres à l'Europe, atteint jusqu'à 0m,U d'envergure; sou corps est brun, avec tout le devant du corselet blanc roussâtre et les anneaux de l'abdo.nen gris cendre ; les ailes, arrondies, d un gris brunâtre, nébuleux, avec l'extrémité noirâtre, terminée par une bordure d'un gris clair, ont, vers le milieu, dans un cercle noir, un œil nuir, à prunelle en croissant, presque transparente, et à ii is d'un fauve obscur, avec un demi eeivle blanc, entouré d'un demi-cercle d'un rouge pourpre ; la face inférieure des ailes a une teinte générale plus claire. Cet insecte est répandu dans toute l'Europe centrale; en France, il ne dépasse pas, vers le nord, le i&o degré; les individus qu'on trouve dans le midi sont plus grands et d'un coloris plus vif. Ce papillon a le vol très-lourd et ne sort que la nuit.

La chenille de cette espèce, dans son premier âge, est d'un brun foncéf avec les tubercules roussàtres, devenant jaunes, roses, filas, en même temps que la teinte générale s'éclaircit à chaque mue successive. Arrivée au terme de sou développement, cette chenille est longue de près 0^,1, large à proportion, d'un beau vert pomme, à tubercules bleus, surmontés de poils noirs, avec des pattes écailleuses, d'un rouge ferrugineux. Elle vit sur des arbres d'essences tiès-diverses, tels que l'amandier, faune, le frêne, l'orme, le poirier, le pommier, le prunier, etc. Vers le mois d'août, su teinte passe au jaune sale, signe d'une métamorphose prochaine ; elle quitte alors l'arbre qui l'a nourrie et

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cherche un encroit où elle puisse tranquillement filer sa coque ; le plus souvent, elle choisit pour celi le dessous d'un toit ou « l'une Corniche; quelquefois aussi l'abri que lui offrent naturellement les saillies ou les enfourchures que présente le tronc des arbres ; dans ions les eus, elle a soin de se mettre du côté le moins exposé à la pluie,

La chrysalide, grosse, courte, d'un brun foncé, est renfermée dans une coque piriforme, composée d'une sorte de feutre brun foiteinetit gommé et recouverte de fils entremêlés; au bout par lequel le papillon doit sortir, ces fils sont disposés comme les osiers qui forment l'ouverture d'une nasse, avec cette différence, toutefois, qu'ils ferment exactement Ventrée à tout insecte ennemi, tandis qu'ils la laissent ouverte pour la libre sortie de l'habitant de la coque. Celui-ci éclôt ordinairement au bout de neuf mois, c'est-à-dire vers la fin d'avril ou au commencement de mai.; quelquefois cependant cette éclosion n'a lieu que la seconde ou la troisième année. En général, les agriculteurs y font peu d'attention, car ces chenilles, bien qu? très-vornees, ne sont jamais assez nombreuses pour produire des dégâts sensibles.

Lu, satnrnit moyenne et la satnrnie du charme, vulgairement appelées paon moyen et petit paon,' assemblent beaucoup, par la forme et par .es couleurs, à l'espèce précédente, tant à l'état de chenille qu'à l'état parfait; mais ils s'en distinguent aisément, ne fût-ce que par leur taille bien plus petite. Leurs mœurs sont à peu près les mêmes; le paon moyen semble être surtout propre à l'Allemagne, tandis que le petit paon est assez commun dans presque toute l'Europe. Nous citerons encore la snturnie isabclle, superbe espèce qui habite l'Espagne, et la saturnie exeiijèi'e, qu'on trouve en Dalmatie.

Parmi les espèces exotiques, on doit mentionner en première ligne la saluruie Allas, magnifique espèce, dont l'envergure dépasse 0m,I6 et qui habite la Chine; puis la satnrnie dorée de la Guyane, la satnrnie lime de l'Amérique du Nord, les salumies ce'cropia, paphia, etc. Ces espèces et quelques autres étant surtout intéressantes comme insectes sérigènes, leur histoire sera mieux placée à l'article ver à soie. V. ce mot.

SATURME nom donné à l'Italie par quelques poètes anciens, parce que cette contrée avait servi de refuge à Saturne.

SATURNIEN, IENNE adj. (sa-tnr-ni-ain, iô-ne — rad. Saturne). Qui appartient, qui a rapport à Slattirne : Le mythe saturniun.

— Anc.métriq. Se disait d'une espèce do vers latin très-anciennement employé, et dont on faisait remonter l'invention à l'époque où Saturne régnait sur le Latium.

— Antiq. rom. Mont Saturnien, Ancien nom du Capitole.

— Géol. Période saturnienne, Période antérieure à la révolution qui a donné aux continents Jeur .orme actuelle.

— Asirol.!5e disait des personnes qui, étant nées ou se trouvant sous l'influence de la planète Saturna, avaient un caractère sombre et mélancolique.

— s. m. Habitant de la planète Saturne. Il Mot employé par Voltaire.

— Hist. rtlig. Membre d'une secte gnostique, fondé 3 au n« siècle par Saturnin d'Antioche.

— Encycl. Ane. métr. Vers saturniens. Ces vers étaient, selon Virgile et Tite-Live, dépourvus d'art et do règles, au moins dans une certaine limite, incompti, ineompositi , comme ceux que chantaient les soldats dans les triomphes. Ils n'avaient d'autre mesure, d'aprts Servius, que celle du chant, et d'autre durée que celle des sons auxquels on les associait , c'est-à-dire qu'ils étaient rhythmiques et non métriques.

Les monuments et les témoignages nous manquent È. la fois pour déterminer nettement quelle était la forme de ces anciens vers. M. Mignin a cependant cherché à établir qu'il y -sut deux générations de vers saturniens. Le plus ancien aurait été peut-être purement rliyihmique. Le plus récent aurait été inventé par Nevius, ou du moins ce poète aurait essayé un des premiers de l'introduire dans son poème de la Guerre punique. Diomède, Tere itianus Maurus et Auilius Fortunatianus parlent des pieds qui composaient ce vers et i.uxquels ils attribuent une origine grecque. D i reste, aucun des échantillons de vers saturniens cités par ces grammairiens, pas même es fragments extraits par Portunatianus des anciennes tables triomphales, ne se rappe rtent à la forme purement rhythmique qu on prêterait aux vers de la première sorte.

On ne sa irait dire exactement en quoi les vers saturniens différaient des vers appelés fescennins par Ennitis. Ce qu'on sait seulement, c'est que les vers fescennins étaient usités dans les fêtes joyeuses, dans les noces, dans les triomphes et semblaient renfermer une idée de raillerie et de licence. Le vers saturnien, au contraire, ainsi nommé soit à cause de h. liberté de sa forme qui rappelait la liberté proverbiale du règne de Saturne, toit à cause de son antiquité saturnienne, soit du non d'une ville nommée Satumia, parait avoir été plus particulièrement destiné aux sujets graves et religieux.

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On cite, comme exemple de vers saturnien, cette épigrammede Nevius contre la maison des Metellus :

Fato Meitlli Borna /iwnl consulcs,

quoique ce soit, à la quantité d'une syllabe près, un vers ïambique régulier.

i Le vers rhythmiqiie, dit M. Magnin, n'a jamais cessé d'être, à, Rome, le véritable vers populaire. L'usage en devint même de plus en plus commun, à mesure que la barbarie brisait et décomposait davantage les mètres savants. Le christianisme l'adopta, et enfin, au moyen âge, le vers syllabique latin et son analogue grec, le vers politique, régnèrent seuls. Ce vers est même arrivé jusqu'à nous dans quelques antiques proses chantées par le peuple aux xe et xi° siècles. Ce fut même sur ces vers syllabiques que se modelèrent an xue siècle nos vers de dix et de douze syllabes. »

La différence des vers saturniens avec les vers métriques n'est pas, comme on le voit, très-accusée dans les auteurs, ou du moins on n'aperçoit pas dans les vers saturniens trace d'un principe prosodique autre que celui des vers métriques ; ils ne nous apparaissent, en un mot, que comme des vers métriques plus ou moins grossiers et in. orrects. Si l'on admet, en effet, que le nombre exact des syllabes marquées dans la prononciation vulgaire y servait de base à. la mesure, on observera que le nombre des syllabes est également fixe dans le vers ïambique qui fut le vers du théâtre de Plante et de Térence. Mais cette proposition ne s'accorde pas avec l'idée que nous pouvons nous faire d'un vers rhythntique, dont les mèties trochaïques .et anapestiques très-libres des auteurs comiques nous conserveraient bien plutôt l'idée. Vers syllabiques et vers rhythmiques sont deux choses essentiellement différentes : dans les premiers, la quantité est sacrifiée au nombre des syllabes; dans les seconds, elle supplée à ce nombre. Le système le plus rationnel à l'égard des vers saturniens consiste donc à admettre que ces vers n'étaient ni rigoureusement syllabiques ni rigoureusement rhythmiques, et ne différaient des vers métriques que par leur irrégularité et leur grossièreté, ne donnant que confusément et à peu prés la nuance syllabique et métrique du vers classique. Qu'un tel vers ait été employé par les poètes dans des parades qui s'adressaient au petit peuple, c'est ce qu'on remarque dans toutes les poétiques du inonde. Horace, Virgile, Tite-Live ne paraissent pas considérer autrement cette forme primitive du vers latin. Cette forme s'est, ilit-on , conservée concurremment avec la forme classique. Est-ce que l'incorrection et l'ignorance des règles ne sont pas de toutes les époques chez certains auteurs écrivant pour île certaines classes? Que la même forme se trouve devenue prépondérante à. l'époque de la décadence et sous l'empire du goût des barbares, qui n'avaient point Je Sentiment des nuances littéraires ni même des délicatesses de la prononciation méridionale, cela ne prouve point l'existence d'une tradition qui l'ait prise au berceau dé Rome pour la faire renaître fidèlement à la chute de l'empire, et l'on ne peut voir dans l'analogie du résultat que le jeu naturel de causes analogues. Lorsque M. Magnin affirme que noire vers du XIIe siècle est issu du vers saturnien, il ne tient compte ni de la rime ni de la césure de notre décasyllabe qui sont les caractéristiques du vers français; il pourrait émettre la même affirmation relativement au vers italien, en ne tenant pas davantage compte des césures. Pour expliquer la naissance du vers français et du vers italien au moyen âge, il suffit d'observer la perte successive des nuances qui faisaient l'essence des mètres antiques. Le vers syllabique est né de la confusion des longues et des brèves, la régularité de la césure est née de la mesure par syllabe, et la rime de l'insuffisance de la césure dans la diction septentrionale. 11 ne peut être établi d'autre rapport entre l'origine de notre poétique moderne et cel;e du vers grec et du vers latin que celui qui existe entre toutes les origines, à savoir le caractère flottant et indécis des idées et des tonnes de langage des peuples dans leur enfance,

— Hist. relig. Les saturniens n'étaient pas, comme les valentiniens, des gnostiques panthéistes, considérant la matière comme une négation, un vide; ils étaient dualistes et se rapprochaient quelque peu des manichéens.

Ils admettaient un Dieu suprême, puissant et bon, mais inconnu des hommes, et une matière éternelle à laquelle présidait un esprit éternel, méchant et malfaisant par sa nature.

Lu Uieu suprême étaient sortis par émanations successives sept esprits inférieurs qui, à I insu du Dieu absolu, avaient formé le monde et les hommes, et s'étaient logés dans chacune des sept planètes, eu sorte que les saturniens les appelaient esprits sidéraux ou planétaires. Mais, inférieurs qu'ils étaient, ces sept esprits n'avaient pu donner aux hommes, leurs créatures, qu'une existence purement animale. Le Dieu absolu, touché de compassion, donna à ces nouveaux êtres une âme raisonnable et laissa le inonde sous le gouvernement des sept esprits qui en avaient été les démiurges ou fabricants.

L'un de ces esprits avait sous ses ordres

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la nation juive; c'est lui qui en réglait la destinée, qui l'avait retirée d'Egypte et qui lui avait donné la loi ; c'est lui que les Juifs adorent comme leur Dieu, le vrai Dieu leur étant inconnu.

Cependant, l'esprit méchant et malfaisant qui dominait sur la matière, jaloux de ce que d'autres que lui avaient fait des corps animés et de ce que le Dieu absolu avait mis en eux une âme bonne et sage, forma une autre espèce d'hommes auxquels il donna une âme méchante et perverse, semblable à. lui : de là est venue la différence entre les hommes, dont les uns sont bons et les autres sont méchants.

Le Dieu absolu, voyant avec peine ce mélange et fâché aussi de ce que les esprits sidéraux se faisaient adorer à sa place, envoya sur la terre la plus pure de ses émanations, son fils, qui, sous l'apparence de l'homme Jésus, vint faire connaître le vrai Dieu, et notamment détourner les Juifs du cuire de leur maître Jéhovah, ainsi que de l'empire du méchant Dieu de la matière, afin de faire rentrer les mauvaises âmes dans leur principe et de faire remonter les âmes pures vers le Dieu absolu dont elles étaient émanées.

Les Juifs, pour soutenir leur Dieu, les méchants, pour maintenir l'empire du mauvais principe, crucifièrent Jésus; mais l'humanité, instruite par sa prédication et par sa mort, se tourna vers le Dieu absolu, qu'elle ne peut retrouver qu'en mortifiant la matière et en embrassant les principes de la gnose saturnienne.

En conséquence, les saturniens menaient une vie austère. Persuadés que la matière est mauvaise en soi et que le corps est le principe de tous les vices, ils s'abstenaient de manger de la chair et de boire du vin, nourriture trop substantielle, afin que l'esprit fût plus léger et plus libre de s adonner a la gnose, à la connaissance de Dieu; ils condamnaient le mariage par lequel se fait la procréation des corps. Ils rejetaient l'Ancien Testament, qu'ils considéraient comme l'oeuvre d'un esprit rebelle nu Dieu absolu.

Ce n'est qu'avec beaucoup de peine que l'on est arrivé ii reconstituer à peu près complètement le système des saturniens, contre lesquels les Pères de l'Eglise, et notamment Irénée, Tertullien, Eusèbe, Epiphane, Théodore!, n'ont pas assez d'atiathèmes, mais dont ces Pères ont très-peu compris le système qui, à de légères variantes près, est celui de Basilides et d'autres gnostiques. Toutes les sectes gnostiques et manichéen nés, par exemple, sont d'accord pour repousser l'Ancien Testament et pour prêcher la vie la plus austère. V gnostiqui;S.

SATURNIGÈNE adj. (sa-tur-ni-jè-ne — du lat.Siif urnvs, siaturne; penus, raee). Myth. rom. Né de Saturne. Surnom donné à Jupiter, à Junon, à Neptune, à Pluton,

SATURNIN, INE adj. (sa-tur-nain, i-ne — rad. Saturne). Qui appartient, qui a rapport au dieu Saturne.

— Ane. chim. Qui a rapport au plomb ou saturne.

— Pathol. Qui est produit par le plomb ou par ses composés : Colique saturnine.

— s. m. Erpét. Espèce de serpent qui se trouve dans 1 Inde.

— Encycl. Pathol. Intoxication saturnine. L'emploi journalier du plomb, ses applications nombreuses aux arts et à l'industrie, ses ravages fréquents en thérapeutique, l'imprudence, l'incurie, l'ignorance dans lesquelles vivent tant d'individus par rapport à, cet agent, à ses propriétés et à la manière dont il se comporte vis-à-vis de certaines substances, la multiplicité des professions dunslesquelles on rencontre ce métal, les idiosyncrasies, causent encore tous les jours, malgré les progrès de la science et les précautions prises, de graves et nombreux accidents. Or, quand le plomb a pénétré, par une voie ou par une autre, sous une forme ou sous une autre, dans l'économie de l'homme ou des animaux, son action s'exerce sur tout l'organisme, de façons quelquefois très-diverses, et ses effets se manifesteut par des symptômes non moins divers aussi. Affection vraiment protéiforme, l'affection plombique revêt les aspects les plus variés, et l'on pourrait dire avec raison qu'elle est plutôt un groupement de plusieurs maladies qu'une maladie unique. Fonctions de nutrition, fonctions de relation, sensibilité, intelligence, inutilité, tout est modifié ou susceptible de l'être. Quant aux modifications, elles sont variables a l'infini et se traduisent tantôt par l'exaltation de la fonction, tantôt, au contraire, par son abolition, et tan tôtpardesnuances intermédiaires, mais constituant toujours une perversion. (Vaullegeard.) %

La cause la plus importante est dans la profession. Voici la liste 'tes professions dans lesquelles les ouvriers sont plus ou moins exposes aux influences de ce métal dangereux : Ouvriers cerusiers, ouvriers des fabriques de minium, des fabriques de litharge; peintresen bâtiments, peintres d'attribut, de voitures ; doreurs sur bois, vernisseurs de métaux, fabricants de papiers peints, broyeurs de couleurs, fabricants de cartes d'Allemagne, ceinturonnierSj potiers, faïenciers, verriers, ouvriers des mines de plomb, affineurs, plombiers, fondeurs de cuivre, fondeurs debronze, fondeurs de caractères d'imprimerie, impri-

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meurs, fabricants de plomb de chasse, lapidaires, tailleurs de cristaux, ouvriers des manufactures de glaces, ouvriers des fabriques de nitrate, de chioroate, d'acétate de plomb.

«Pour être complet, disait A. Tardieu dans un de ses cours, il faudrait éuumérer pins de soixante professions.» Dans rémunération que nous venons de faire, les ouvriers de ces industries sont, de toute nécessité, appelés à. être en contact avec des composés du plomb. I) est une autre profession que nous devons ajouter, bien qu'elle n'expose le plus ordinairement que d une manière indirecte à l'intoxication saturnine, c'est celle de marin.

En effet, qu'on adopte ou non l'identité de la colique nerveuse et de la colique saturnine, il faut reconnaître, comme l'a prouvé A. Lefèvre par ses belles et patientes recherchés, que la quantité de plomb ou de ses composés qui se trouve à. bord des nuvires de guerre, et particulièrement des navires à vapeur, est considérable. En outre, les conditions dans lesquelles vit l'homme de mer viennent multiplier les chances d'introduction du plomb dans l'économie et favoriser le développement des accidents qui caractérisent sa présence,

Les boissons, les aliments servent surtout de véhicule au poison. Souvent les populations de certaines contrées, de certaines villes ont offert, sous forme épidémiqne, de nombreux cas de coliques en tout semblables à la colique saturnine (coliques de Normandie, du Poitou, du Devonshire, de Madrid). On a accusé tour à tour la mauvaise qualité des boissons ferinentèes, l'abus des boissons glacées, des fruits acides et les variations de température; mais une enquête minutieuse prouve que l'on a toujours pu reconnaître, comme cause de ces sortes d'épidémies, la présence du plomb introduit frauduleusement ou accidentellement dans les boissons; les influences climatériques n'agissent que d'une manière indirecte ou adjuvante. Ces prétendues entités morbides sont donc venues, avec les progrès de la chimie, se confondre dans l'histoire de l'intoxication saturnine. Parmi les circonstances si variées et si nombreuses qui introduisent les composés saturnins dans 1 alimentation, signalons l'adultération des boissons fermentées par l'addition de litharge, le séjour ou le passage de l'eau ou de toute autre boisson dans des conduits ou des réservoirs de plomb ou recouverts d'un alliage contenant une forte proportion de ce métal, l'usage de vaisselle d'étaiu à un titre inférieur, de boîtes de conserves en fer étamé, de poteries recouvertes d'un vernis plombifère, etc. C'est ainsi qu'à bord des bâtiments, et des bâtiments de la marine française en particulier, avant que l'attention do l'administration n'eût été attirée par les travaux de A. Lefèvre, les cuisines distillatoires, la vaisselle d'étain servant aux malades ont notablement multiplié les cas de cette colique dont lu nature divise encore, au point de vue de l'étiologie, les médecins de la marine. Les applications dans un but thérapeutique des composés saturnins, non-seulement à l'intérieur, mais aussi sous forme de topique*, tels que lotions, injections, pommades, emplâtres, les cosmétiques et particulièrement les fards, peuvent donner lieu à l'empoisonnement chronique que nous étudions. Le sexe, l'âge n'ont qu une influence indirecte sur sa fréquence. Si l'on rencontre la colique plus souvent chez les hommes, c'est qu'ils exercent les professions plombiques plus que les femmes. Celles-ci n'en sont cependant pas exemples; les polisseuses de caractères d'imprimerie, les coloristes, les peintres à la gouache qui portent leurs pinceaux a la bouche, les ouvrières occupées o. remaillage, h la préparation du fer pour les crochets suspenseurs des fils télégraphiques; celles qui trempent les fils de soie dans une solution d'acétate de plomb et les portent à la bouche avec leurs doigts ou manient les soies grèges, de Chine par exemple, mélangées d une notable qùiiutité de plomb destinée à augmenter le.ur poids; celles qui s'occupent au blanchissage des dentelles dites de Bruxelles, à la fabrication des images religieuses découpées en dentelles, sont aussi sujettes à l'intoxication saturnine que les hommes. On l'observe à l'âge adulte principalement, parce que cet âge est celui où l'ouvrier exerce sa profession.

La saison chaude, les climats intertropicaux, toutes les causes enfin qui soumettent les sujets a une haute température ont une influence très-marquée sur la production des accidents saturnins. C'est pendant la saison chaude et dans les pays chauds que l'on boit davantage et que l'on fait le plus usage des boissons fermentées, telles que le cidre, la bière, qui peuveut être clarifiées avec des sels de plomb, ou de bières économiques que l'on renferme dans des poteries vernissées, ou de boissons acidulées telles que les limonades. Les hautes températures, d'une part, favorisent l'absorption et, de l'autre, exposent, lors des variations de température entre le jour et la nuit, k des suppressions de transpiration et, par suite, à la suspension de l'élimination de tout poison qui aura pu être absorbe. Enfin, c'est sous les tropiques, c'est parmi les hommes que leur profession expose a de hautes températures que l'on rencontre particulièrement l'anémie poussée à un trèshaut degré. L'appauvrissement du sang, soit primitif, soit consécutif à des maladies antérieures, telles que la cachexie paludéenne, la

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dyssenterie, par exemple, ou à des excès de toute uaiure,joue un rôle très-important dans le développement, lu marche etl'intensilé des accidents de l'intoxication saturnine. On comprend ainsi comment, en présence de cas de colique offrant tous les caractères de la colique saturnine, se produisant, sous forme épidémique, à bord des navires naviguant dans les mers des contrées chaudes du globe, on ait pu, la constatation du composé plombique étant naturellement impossible, soutenir l'existence d'une entéralgie spéciale qui reconnaîtrait pour cause les variations de température , le miasme palustre ou même un miasme nautique provenant des cales des navires. (Valleix.)

Cette intoxication se dénote par une modification remarquable qu'elle imprime à l'organisme et pur des effets spéciaux, c'est-àdire par des maladies déterminées qu'elle suscite.

Les changements qui surviennent dans l'ensemble de l'organisation sontles suivants:

1° Un liséré gris ardoisé se montre au collet des dents; la membrane gingivale prend une teinte livide, brunâtre, plombée, qui peut s'étendre sur divers points de la muqueuse buccale. Les gencives s'amincissent, semblent s'atrophier; les dents se déchaussent, le goût se déprave; une saveur styptique sucrée ou fétide se fait sentir; l'haleine est alors imprégnée d'une odeur désagréable, que les niuludes distinguent eux-mêmes.

2° La peau présente, surtout à lu l'ace, une coloration un peu jaunâtre, sale, terreuse; aux conjonctives, cette teinte est mêlée d'une nuance bleuâtre. Celte altération de la couleur de la peau a recule nom d'ictère saturnin.

3" L'iniiividu chez lequel ces phénomènes ont lieu maigrit, s'affaiblit; son pouls se ralentit et tombe parfois à 55, 50 et même 45 pulsations par minute. Ces modifications générales, constituant une sorte de dinlhùse lajtuniiie, précèdent ou accompagnent des états morbides plus marqués, mieux caractérisés, lesquels consistent en : l» des coliques ou douleurs abdominales intenses, avec constipation, crampes, eto.;2u des douleurs vives dans les membres, le tronc ou la tète ; 3° la paralysie du mouvement, qui affecte surtout les membres supérieurs ; 40 i'aneslhésie affectant surtout les organes des sens, celui de la vue en particulier; 5° des lésions profondes des fonctions encéphaliques, se produisant sous les formes délirante, comateuse ou convulsive. (Uintrac.)

Un grand nombre d'auteurs se sont successivement occupés de l'étude de l'intoxication saturnine. Tauqueul des Planches, dans son remarquable Traité det maladies de plomb, a prouvé que les effets délétères des composés plombiques étaient connus dès les temps les plus éloignés ; mais l'insuftisunce des connaissances chimiques et physiologiques ont empêché longtemps les médecins de connaître au juste les effets de cette maladie. Encore aujourd'hui est-on loin d'être d'accord sur la nature de cette utfeciion. Cependant la plupart des médecins la considèrent, avec Tauqueul des Planches, comme une névralgie des organes digestifs.

L'intoxication saturnine a été successivement uuunné colique saturnine, colique de plomb, des peintres, des plombiers, des fondeurs, des potiers, etc.

Lu colique de plomb peut débuter d'une manière assez soudaine. Cependant presque toujours elle a des prodromes ; co sont tous les phénomènes d'intoxication précédemment décrits et auxquels se joignent bientôt un état de malaise, des douleurs dans les membres, do l'inappétence, une langue blanche, des selles de plus eu plus rares et formées presque exclusivement ue matières noires et ovillees. La maladie déclarée, les individus éprouvent une douleur plus ou moins vive, siégeant ordinairement à l'ombilic, moins souvent à l'épigUbtre ou kl'hypogastre; cette douleur occupe parfois plusieurs de ces régions à la fois; e.le s'irradie même vers les lombes, vers les parties génitales. Elle est tantôt obtuse, contusive, plus souvent elle est aiguë et dilucerante. Elle est continue, mais sujette à des exacerbations irtégulières pendant lesquelles les malades sont dans la plus grande anxiété ; leurs yeux se cavent, la ligure se grippe, ils poussent des cris lamentables, se roulent dans leur lit et prennent les positions les plus bizarres pour se soulager; beaucoup se couchent surtout à plat ventre, appuyant souvent leur poing sur l'ubdomen, car un des caractères tes p.us remarquables de cette douleur est de se calmer ordinairement par la pression ; mais pour que cet effet soit produit, il faut que la compression soit faite, non par secousses et avec l'extrémité des doigts, mais doucement et pur degrés, avec la paume de la main tendue à plut. En procédant de la sorte, ou soulage les malades dans plus des deux tiers des cas; chez d'autres malades, la pression est tresinditièrenie; daus quelques cas très-excepitouittiis et de quelque manière qu'un procède, on réveille les douleurs. Les muscles abdominaux,spécialement les muscles droits, sont le plus souvent le siège d'une hypéresthésie ; on la réveille en pressant les muscles avec l'extrémité des doigts ou bien en grattant légèrement. C'est la un point curieux, que Briquet a signalé il y a quelques années.

Le tiers des malades atteints de colique saturnins a le ventre plus ou moins rétracté ;

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chez les autres, l'abdomen a sa forme ordinaire. La rétraction du ventre se voit surtout dans les coliques violentes. Ce phénomène remarquable nous parait tenir à une contraction spasmodique des muscles abdominaux, qui s'appliquent instinctivement sur les viscères comme pour en atténuer les souffrances.

Presque tous les malades dont nous parlons sont constipés, et cette constipation est le plus ordinairement très-opiniâtre. Plus des trois quarts d'entre eux ont des nausées; celles-ci sont, chez la plupart, suivies de vomissements o,ui parfois sont aqueux, mais qui presque toujours sont bilieux, amers et d'un vert porrace; quelques-uns sont en même temps tourmentés par des éructations et par des hoquets. Chez ces individus, la langue est nette et le plus souvent blanchâtre ; la soif est variable , l'appétit complètement nul ; l'haleine exhale ordinairement une odeur saburrale ; la sécrétion uriuaire est presque toujours diminuée, et chez quelques malades la niioiiou est douloureuse et s'accompagne de ténesme.

Le plus souvent il existe des douleurs dans différentes parties du corps, telles que de la céphalalgie (chez un quart), des crampes, un sentiment d'engourdissement ou bien des douleurs lancinantes et dilacèrantes dans les muscles des membres inférieurs (chez les trois quarts), ou des supérieurs (chez la moitié) ; quelques-uns (un septième) éprouvent un son liment de constriction pénible vers le thorax. Au milieu de ces souffrances si vives, la peau conserve sa température et le pouls sa fréquence normale ; souvent même il est plus lent que de coutume ; en un mut, la colique de plomb est une affection tout à fait apyiétiquu, mais les malades sont fatigués, leurs forces sont anéanties, ils sont privés de tout sommeil, ce qui dépend surtout de la vivacité et de la continuité des douleurs.

La colique peut se compliquer d'autres affections saturnines, notamment de divers accidents cérébraux et des différentes formes de paralysies dont nous parlerons plus loin. Elle peut aussi s accompagner de toute autre ma.adie survenant indépendamment de l'action du plomb. La chose pourtant est raie ; nous en exceptons néanmoins l'ictère, qui se declaro dans un huitième des cas environ; mais il a rarement une grande intensité. (Grisolle.)

L'intoxication saturnine peut être divisée, suivant Tanqueul des Planches, en trois périodes : période d'invasion, d'une durée extrêmement variable ; elle est marquée par des malaises, de l'inappétence et du resserrement de ventre; puis les malades sont pris d'une douleur plus ou moins Vive siégeant à l'ombilic et s'irradiant vers les lombes et les parties génitales, tantôt obtuse et contusive, tantôt aiguë et déchirante. Alors commence ladeuxiè.ne période, période d'augmentation. Cette période est coutume, mais la maladie est alors sujette à des exacerbations plus ou moins violentes et plus ou moins éloignées ; la uerniere peut Se terminer brusquement par la disparition de tous les symptômes ; il n'y a alors que deux périodes; mais le plus souvent ces exacerbations s'éloignent les unes des autres et diminuent d'intensité jusqu'à leur disparition complète. Celte dernière période est la période de déclin. Les rechutes et les récidives sont extrêmement fréquentes. Dans l'immense majorité des cas, lorsque la maladie est bien soignée, sa durée moyenne est d'une ou de deux semaines.

De tous les symptômes constituant la colique de plomb , pus un seul, pris isolément, n'est caractéristique ; ce n'est que par leur réunion que le diagnostic peut s'établir. Le liséré, dans les intoxications aiguës, u'exjSte pas toujours ; d'un autre côté, il existe dans quelques affections autres que l'intoxication saturnine. 11 est vrai qu'il est différent. Ainsi, dans la stomatite mercurielle, il est livide; il ne saurait non plus être confondu avec Je tartre ou le liséré des individus à circulation languissante et phtliisicjue. Aug. Frédérieq signale, en effet, chez tous les tubercuieux une strie de couleur rouge brique existant toujours au inoins au uiveau des deux incisives inférieures et médianes. Le liséré signalé par Thompson, décrit aussi par le docteur ûuicher comme signe prodromique de tuberculisatioii, a plus d'analogie. Mais les autres signes ue permettront jamais ue confondre le liséré de Thompson avec le liséré de Burton.

Les douleurs de ventre, les nausées, les vomissements, la constipation, l'ictère sont des symptômes communs à un grand nombre de maladies viscérales ; ta. gastrite, la gastralgie, i'entérite, la péritonite, l'étranglement interne, la néphrite, les coliques hépatique et néphrétique, la cqlique de cuivre, les coliques causées par le mercure, l'arsenic présentent ces symptômes à divers degrés et pourraient iuduire eu erreur si l'on ne consultait qu'un seul symptôme ; mais leur ensemble rend la méprise à peu près impossible. (Vaullegeard.)

Les médications préconisées contre l'intoxication saturnine sont très-nombreuses.

Nous ne pouvons les énumérer ici. La plus célèbre et celle qui a donné les meilleurs résultats est connue sous le nom de traitement de ta Charité. Nous le donnons ciaprès.

— Traitement de la Charité. Ce traitement

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célèbre a procuré un grand nombre do guérisons.

Formule du traitement de 1» Charité

— Premier jour. 10 Dans la journée, eau de casse avec les grains, ainsi composée :

Casse en bâton concassée. ... 60 gr. Faites bouillir dans :

Eau 1,000

Ajoutez :

Emétique 0,15

Sel d'Epsom 30

20 Dès l'entrée, lavement purgatif des peintres :

Feuilles de séné 15 gr.

Faites bouillir dans :

Eau 1,000

Ajoutez :

Sulfate de soude 15

Vin emétique 120

30 Le soir, lavement anodin des peintres :

Huile de noix 10 gr.

Vin rouge , . . . . 300

40 A huit heures, bol calmant :

Thériauue 4à6

Opium Ogr. 5ii7

— Deuxième jour. 1° Le matin, eau bénite:

Tarte stibié 0,30

Eau tiède S50

A prendre eu deux fois, à une heure de distance.

£0 Le reste du jour, tisane sudoriflque simple :

Gaïae 30gr.

Sqnine 30

Salsepareille 30

Faites bouillir une heure dans :

Eau 2,000 gr.

Jusqu'à réduction a 1,000

Ajoutez :

Sassafras 30

Hégliase 15

Faites bouillir encore légèrement et passez. 3° A cinq heures du soir, le lavement anodin des peintres, ut supra.

40 A huit heures, le bol calmant, ut supra.

— Troisième jour. 1° Deux verres de la tisane sudoriiique iaxative suivante :

Tisane sudoriflque simple, ut

supra l,000gr.

Séné 30

Faites bouillir légèrement et passez.

20 Dans la journée, tisane sudori tique simple,

ut supra.

3° A quatre heures, lavement purgatif des

peintres, ut supra.

40 A six heures, lavement anodin, ut supra. 50 A huit heures, bol calmant, ut supra.

— Quatrième jour. 10 Le matin, purgatif des peintres :

Follicules de séné sgr.

Eau 240 .

Réduisez par l'ébulUtion à. . . . 180 Ajoutez :

Sel de Glauber 30

Sirop de nerprun 30

Jaiap eu poudre 4

2» Après l'administration du purgatif, tisane sudnrilique simple, ut supra.

3° A cinq heures, lavement anodin, ut supra.

40 A huit heures, bol calmant, ut supra.

— Cinquième jour. 10 Tisane sudoriiique Iaxative, ut supra.

2" A quatre heures, lavement purgatif des

peintres, ut supra. 3° A six heures, lavement anodin, ut supra. 4° A huit heures, bol calmant, ut supra.

— Sixième jour. Reprendre le traitement du quatrième jour,

— Septième jour. Reprendre le traitement du cinquième jour et, de plus, la tisane sudoriiique simple dans la journée.

— Régime. Ou prescrit la diète pendant le traitement; seulement, dès le cinquième jour, on peut permettre du bouillon.

Après ce traitement complet, le malade est ordinairement guéri. On se contente alors de continuer pendant quelques jours l'usage de la tisane sudoriiique simple, et parfois uu bol calmant.

Si les accidents n'étaient pas complètement dissipés, on pourrait reprendre le traitement des derniers jours, k partir du troisième, du quatrième ou du cinquième, suivant le cas; s'ils conservaient cette gravité, ou ne déviait pas hésiter à recommencer tout le traitement, et c'est ce qu'il faut faire dans les cas de rechute. V. COLIQUli.

SATURNIN -D'APT (SAINT-), village et commune de France (Vaucluse), cant., arrond. et à 10 kilom. N. d'Apt; pop. uggi., I 964 hab. — pop. 10t., 2,252 fcab. Commerce . de truffes. Dans l'église paioissiule, construite au xie siècle, on remarque uue chaire en bois admirablement sculptée. La même église possède un tableau miraculeux qui attira, en 1852, uu grand concours de tideles. Il laissait suinter du sang toutes les fois qu'une femme du pays, fort connue par son

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exaltation religieuse, se mettait en prière dans l'église. Les autorités civiles et religieuses tirent grand bruit de l'événement, mais l'affaire Se termina par la condamnation de la thaumaturge en police correctionnelle.

SATURNIN-D'AVIGNON (SAINT-), village et commune de France (Vaucluse), cant. de l'Isle, arrond. et à 11 kilom. d'Avignon ; pop. aggl., 1,837 hab. — pop. tôt., 2,013 hab.

SATURNIN ou SERNIN (saint), premier évêque de Toulouse, né à Patras, en Grèce, mort vers la fin du 1" siècle de notre ère. D'après des hagiographes, il connut Jésus- Christ, après la mort duquel il parcourut diverses parties de l'Orient, puis se rendit en Gaule avec saint Martial. Après avoir parcouru la Provence et le Languedoc en s'adomtant à la prédication, il se rixa à Toulouse, dont il devint le premier évêque, et y réunit tes chrétiens 'dans une petite église. Passant un jour devant le Capitole, il fut arrêté par des prêtres païens qui lui demandèrent de saerilier à leurs dieux. Sur son refus, on l'attucha par les pieds à ta queue d'un taureau sauvage, qui le traîna par lus rues et lui brisa la tête sur les marches du Capitole. L'Eglise l'honore le 20 novembre. — Un autre saint du même nom fut prêtre en Afrique et subit le martyre eu même temps que suint Datif, vers 304. On célèbre sa l'été le 11 février.

SATURNIN, philosophe gnostique, né à Antioche dans la seconde moitié du 1er siècle de notre ère. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il était disciple de Simon le Mage et de Ménandre. Ce fut en 115 que son "système philosophique commença à être connu. Pour l'exposé de la doctrine, v. saturnien. Hist. relig.

Malgré son aftinité avec les doctrines de Simon le Mage et de Ménandre, Saturnin avait beaucoup emprunté ii Platon et 11 Phi- Ion. C'était, au surplus, un homme renferma en lui-même qui ne communiquait pas volontiers sa doctrine. Il ne sortit point de Syrie, où ses disciples se concentrèrent aussi. Ils eurent peu d'adhérents et disparurent bientôt, mais leurs idées circulèrent et lirent désormais partie intégrante de la philosophie gnostique.

SATURNINBS (Lueius Apuleius), tribun romain du parti de Marins, mort l'an 100 avant notre ère. 11 remplissait, en 104, les fonctions de questeur lorsqu'il fut destitué par le sénat pour avoir négligé de veiller sur les approvisionnements de Rome. Saturninus se jeta alors dans le parti de Murius et devint un ennemi acharné de l'aristocratie. Nommé tribun en 102, Saturninus entra eu lutte avec le censeur Metellus, qui voulut le faire expulser du sénat. En 101, il posa de nouveau sa candidature au tribunal et fut élu par la violence. Saturninus contribua alors a faire donner à Marins un nouveau consulat, fit passer une loi agraire pour la distribution des terres reprises aux Cimbres dans la Cisalpine, avec une clause nouvelle qui obligeait le sénat à eu jurer l'exécution sous peiua d'exil. Metellus, vieil ennemi de Murius, ayant refuse son serment à ce plébiscite, fut banni. Peu de temps après, aux élections consulaires, le parti populaire portait Gluucia, collègue de Saturninus dans le tribunal, et il y eut de nouveaux troubles au milieu desquels le concurrent de Gluucia fut tue. Toute l'aristocratie, sénateurs, patriciens et chevaliers, se concerta pour frapper un coup décisif et profiter habilemeut de l'opposition qui se manifestait entre le peuple de Rome et celui de la campagne. Murius, comme consul, fut sommé de marcher contre les tribuns. Ceux-ci, ne pouvant tenir avec leur cohue d'Iialiens, se réfugièrent au Capitole. Ils y furent bloqués par Murius lui-même, o,ui coupa les conduits alimentant tt'euu la forteresse. Saturninus et ses amis , comptant sur l'appui secret du consul, se rendirent à discrétion. Mais le vainqueur des (Junbres ne put ou ne voulut pas les sauver, et ils furent immolés sur-le-champ. Au reste, cette duplicité tourna au détriment do Marius. Apres le triomphe de l'aristocratie, les lois de Saturninus furent abolies ; ou ménagea un retour triomphal à Metellus , et Murius, après avoir contribué à èciaser la l'action qui le soutenait, dut s'éloigner de Rome pour cacher sa contusion,

SATURNINUS (Publius SemproniusK l'un des trente empereurs dits les trente tyrans, mort vers 2B7. Saturninus avait remporte plusieurs victoires sur les barbares et uvuit ete élevé par Valerieu aux premiers emplois mlitaires. Il fut proclamé empereur par ses soldats l'an 263 et leur dit à cette occasion, s'il faut eu cro.re Trebellius Polliou ; 1 Vous avez perdu un bon général en vous donnant un assez mauvais empereur. » Il déploya cependant des qualités leniurquables pendant son rè-iiie, qu'on croit uvoir ddré quatre années. Il fut massacre par ses soldats, mécontents de la discipline sévère qu'il leur avait imposée.

SATURNINUS (Sextus Julius), général romain, Gaulois d'oiigiue, mort en 2S0. Remarquable orateur et homme de guerre habile, i' gagna toute la confiance d'Aurelieu, pacifia les Gaules et l'Espagne, et expulsa les Maures de la province d'Afrique. Lieutenant en Orient, sous Aurélieu et bous Probus, il

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fut itu.lgré lui revêtu de la pourpre à Alexandrie (l'an Î80), assiégé dans Apamée et mas» sacré par les soldats de Probus, peu de mois après son élévation à l'empire. ■ — Un autre Saturehnus prit la pourpre dans les Gaules sous le règne de Constance ou de Julien (330 à 363) ; mais l'histoire ne fournit aucun renseignement sur lui.

SATURNITE s. f. (sa-tur-ni-te — rad. Saturne). Miner. Variété de plomb sulfuré.

SATtJROMÈTRE s. m. (sa-tu-ro-mè-tre — de satire, et du gr. metron, mesure). Sorte d'aréomètre au moyen duquel on détermine la quantité de sel en dissolution dans l'eau de mer.

— Encycl. Le saturomètre est construit sur ce principe d'hydrostatique que les corps flottants s'enfoncent d'autant plus profondément dans les liquides que la densité de ces derniers ent plus faible. Plus Veau de mer contient de sel, plus sa densité augmente et moins le saluromètre y plonge ; le degré d'en ■ foncemint de cet instrument dans l'eau indique donc te degré de saturation. Les saturomètres ou aréomètres pèse-sels en usage à bord des navires à vapeur sont ceux de Baume, dont le zéro correspond à la densité de l'eau distillée, c'est-à-dire que, lorsqu'on les plonge dans l'eau distillée, ils s'y enfoncent jusqu'à leur partie supérieure marquée de ce chiffre. Ces appareils sont construits en verre ou en cuivre; la fragilité des premiers leur a fait préférer les seconds, oien que les ndications des saturomèlres en verre soient plus exactes que celles des aréomètres en cuivre, lorsqu'il s'agit de mesurer la densité des liquides chauds, parce que la dilatation est plus grande pour le métal que pour le verre. Pour obvier à cet inconvénient, on ; fait subir une correction au chiffre indiqué. [ Les dépôts de sulfate de chaux tenus en sus- j pension dans l'eau de mer commencent à. se former lorsque le saturomètre marque 90 à froid, et le liquide est à son maximum de saturation par les sels marins lorsque l'instrument ind que 30°. Baume a indiqué de la manière suivante les moyens à employer pour construire et graduer 1 aréomètre pèse-sel ou saturomèlre qui porte son nom. La tige de l'instrument porte à son extrémité inférieure un renfle nentdont le but esf d'augmenter le volume pour que la tige puisse surnager d'une certaine hauteur; elle porte encore une petite cuvette dans laquelle sont successivement introduits des grains de plomb ou de mercure en quantité suffisante pour que, plongé dans Veau distillée, le saluromètre s'y enfonce jusqu'au bout de sa tige, à peu prés au point qu'on appelle point d'affleurement ; ces plomas ont encore pour but de lester l'appareil, de l'obliger à prendre une position verticale lans le liquide. Les degrés de l'échelle sotit obtenus en plongeant successivement l'instrument dans l'eau distillée et dans un mélange d'eau et de 85 parties de sel marin bien sec. Les deux liquides doivent nvoir 10° centigrades de température au moment de l'opération; on lesy amène au moyen du feu ou d'un mélange réfrigérant, suivant le cas. Le point zéro correspond à l'eau pure et le chitT.-e 15 au mélange ; cet intervalle est divisé en 15 parties égales que l'on continue ensu.te. Chacune de ces divisions est un degré a-èometrique, et l'échelle comprend les nombres intermé uaires de 0 à 15 et ceux de 15 à 76, limite extrême des indications. Les densités des mélanges ne croissant pas d'après une loi constante et générale, l'échelle étant construite, ou a mesuré les densités des liquides essayés et on a formé une table à laquelle on supplée en employant la formule

P Îi5,

dans laquelle P est la pesanteur spécifique d'un liquide essayé et d le degré aréométrique indiqué par l'instrument; cette expression, que l'en peut retenir facilement, donne jusqu'aux 11 illièmes les mêmes nombres que ia table. Exemple : Quelle est la densité d'un mélange qui marque 30° au saturomètre?

Ou a

La table donnée par l'expérience indique pour cette densité 1,26316. Au saturomètre de Baume 011 substitue des pèse-sels gradués en fractions décimales.

SATYRE s. m. (sa-ti-re — latin satyrus, grec taturos. mot que quelques-uns font venir de satkè, membre viril, parce que les satyres ont une grande ardeur pour les plaisirs de l'amour. Waohter remarque que dans le dialecte lacédémonien taturos signifie un bouc ou un bélier, suivant le témoignage de Servius; les satyres auraient été ainsi appelés, < soit parce qu ils sont velus comme les boucs, 1 soit parce qu ils sont lascifs comme eux. Le • lacéiiénionien saturas, bouc ou bélier, appar- ! tient probablement du reste a la même fa- j mille que sathê, membre viril; ce dernier vient, en ef'ït, du verbe saô, seiô, sêthô, qui signifie proprement secouer, agiter, répandre, dont la racine doit être identique à celle qui exprime l'action de semer dans les lan- ' eues européennes. Le lacédémonien saturas, bouc ou belitr, désignerait proprement le mâle, comme celui qui répand la semence. Heinsius et C:.saubon faisaient venir le grec taturos de l'hébreu sâthar, être caché, parce

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que les satyres se cachaient comme les bêtes sauvages au fond des cavernes et des forêts). Mythol. Demi-dieu des Grecs et des Romains qui habitait les forêts et avait des cornes, des pieds de bouc et le corps tout couvert de poil:

Au fond d'un antre sauvage,

Un satyre et ses enfants

Allaient manger leur potage.

La Fontaine.

— Homme impudent, cj'iiique, lascif: Un vieux satyre. Èeudicourl, le fils, était une espèce de satyre, fort méchant et fort mêlé dans tes hautes intrigues galantes. (St-Sim.)

— Mamm. Nom donné par les auteurs anciens à l'orang-outang : Le satyre des Jn~ diens est l'homme des bois ou l'orang-outang. (V. de Bomare.)

— Ornith. Syn. de tragopan.

— Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, type de la tribu des satyrides, comprenant un grand nombre d'espèces répandues dans les diverses régions du globe : Les satyres sont des lépidoptères de taille moyenne. (E. Desmarest.)

— Arachn. Genre d'arachnides, formé aux dépens des clubiones.

— Bot. Genre de champignons, appelés

aussi PHALLUS.

-. Encycl. Mythol. Les satyres étaient des divinités champêtres que les postes confondent souvent avec les faunes et les sylvains. Ils ne diffèrent des premiers; d'après Demoustier {Lettres à Emilie), que parce qu'ils ont toujours des pieds de chèvre et qu'ils portent tantôt un thyrse, tantôt une flûte ou un tambourin, pour faire danser les nymphes, dont ils animent la joie, enflamment les sens et réveillent les désirs, en précipitant au gré de leur rustique harmonie la mesure rapide de leurs pas cadencés. Les inythographes font naître les satyres tantôt de Mercure et de la nymphe Yphtimé, tantôt de Bacchuset de la naïade Nicée, qu'il avait enivrée en changeant en vin l'eau d'une fontaine où elle buvait ordinairement. Ces divinités reviennent souvent dans les descriptions champêtres faites par les poëtes :

Pan se montrait ensuite avec ses chalumeaux; Les satyres dansaient, ceints de pampres nouveaux.

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