LÉONARD
L'amoureux satyre.
Au malin sourire, Déjà dans les bois Conte son martyre; Maïs, sourde à sa voix, La nymphe timide Fuit d'un pas rapide.
Sur le front brûlé De ce dieu hâlé Règne la licence.
L'ardeur, les désirs Et l'intempérance, Fille des plaisirs.
De Bernis.
Dans la mythologie hellénique, les satyres sont les compagnons ordinaires de Dionysos. Ils sont choisis vraisemblablement comme compagnons de Bacchus à raison de leur caractère de divinités champêtres. Us représentent les esprits élémentaires des forêts et des montagnes. Hésiode leur attribue la même origine qu aux nymphes oréudes et aux curetés. L imagination en faisait une race fainéante et lâche, analogue aux esprits dont les paysans allemands peuplent leurs montagnes. Ils aimaient le plaisir et la bonne chère. Voilà pourquoi on les décrit comme des ivrognes (ïXu*oit4-îat) qui courent une coupe a la main, et pourquoi les monuments les représentent sous des formes qui participent de celles du bouc et du singe, le nez camus, les oreilles et ia queue du cheval ou de la chèvre, les membres grossiers et mal conformés. Les satyres se plaisent avec les nymphes, dont les charmes excitent leurs appétits sensuels; ils se livrent avec elles aux plaisirs de la danse et de la musique. Longtemps le peuple crut à leur existence, et diverses fables racontaient que plusieurs s'étaient laissé surprendre par des hommes. Quand les connaissances géographiques des Grecs s'étendirent et que des notions sur l'existence des singes pénétrèrent jusqu'à eux, ils crurent reconnaîtra dans ces quadrumanes les dieux des bois. Ce que la conception des satyres avait de hideux et de repoussant s'adoucit cependant avec le temps, et les représentations plus modernes ne nous offrent plus ces formes bestiales qui dominent dans celles des premiers âges ; leurs traits prennent de plus en plus l'expression de la jeunesse et de la douceur. Au reste, ces enfants de la fiction varient à l'iutini. Chaque artiste puisait dans sa propre imagination, dans les idées de plaisir et ue volupté, les figures dont il aimait à entourer Dionysbs.
Sur les monuments où figurent Dionysos avec les satyres et les autres suivants de Bacchus, tels que Silène, les pan?, les centaures, les nymphes, les bacchantes, toutes les personnifications du vin et des joies de la table sont associées au théâtre. En premier lieu, Œnos, qui est figuré dansant avec une torche enflammée, ou CEnopion, représeuté par un éphebe versaut à boire à Dionysos. Vient ensuite Acratos, le vin non mélangé d'eau, et la vigne elle-même, Ampélos. Dans
quelques-uns apparaît Hédyœnos, le vin doux, figuré par un satyre à demi couché ; suit l'Ivresse, Méthè. et Comos, enfant qui porte la nébride et le flambeau.
La musique se mariait aux cris bruyants poussés par la troupe bachique. Eile est personnifiée sur les vuses par des satyres surnommés Hédumélès ou la douce mélodie, Molpos ou le chant joyeux, Komodia ou la comédie, autrement dit le chant de Comos; enfin le chœur, également personnifié par un satyre.
Les Silènes furent, chez les populations de la Lydie et de la Phrygie, des créations de la crédulité populaire analogues aux satyres de la Grèce. C'était des esprits ou géniessylvestres qui personnifiaient les sources et les fontaines, génies prophétiques qui rap- pellent les faunes latins et que l'anthropomorphisme transforma en des personnages humains dont on alla jusqu'à montrer les tombeaux. V. Silène, Bacchus, nymphijs.
— Entom. Les satyres sont caractérisés par des antennes assez longues, diversement terminées en massue forte ou grêle, droite ou arquée, ou en bouton; les yeux gros et saillants; les palpe3 hérissées de poils roides assez serrés à leur base, le dernier article court et plus ou moins aigu; la tête un peu inférieure en largeur et étroitement unie au corselet, qui est de grosseur médiocre; les ailes arrondies, les inférieures presque toujours dentées. Les chenilles ont la tète globuleuse ; le corps plus ou moins allongé, aminci en arrière et terminé en queue bifide. Les chrysalides sont généralement oblongues, à tète obtuse ou en croissant, tantôt suspendues par la queue, tantôt reposant à nu et librement sur le sol. Ce groupe, malgré les démembrements qu'il a subis par l'établissement des genres argé, érébie, chionobas, etc., renferme encore un très-grand nombre d'espèces, répandues dans presque toutes les régions du globe. Ce sont, en général, des insectes de taille moyenne, de couleurs tristes ou sombres, noires, brunes ou grises, au vol prompt et saccadé. Us fréquentent surtout les lieux secs et arides et se tiennent d'habitude dans les prairies et sur les buissons, sans jamais s'élever à la hauteur des arbres ; leurs chenilles vivent de préférence sur les graminées. On les divise en six sections, suivant leur habitat. I" Ericicoles: satyres phedre, actée, cordule. 2° Rupicoles : satyres fidie, faune, circé, hermioue, semêlé, etc. 3° Herbicoles : satyres jaiiire, tithon , ida , etc. i$ Vicicoles ; satyres clymène, roxelane, mégère, égérie, etc. 5° Ramicoles : satyres dèjanire, hyperanthe. 6° Dumicoles : satyres oedipe, arcanius, éro, iphis, pamphile, corinne, amaryllis, etc.
Smyro. Iconogr. Sur les monuments antiques, les satyres ont toujours les cheveux incultes et semblables au poil du chevreau; ils ont des jambes et des cornes de bouc et offrent, dans la conformation même du visage, quelques traits de cet animal. Ils sont souvent représentés aussi jou;;nt ou luttant avec des boucs; une peinture an tique trouvée à Herculanum et qui est au musée des Studj nous montre un Satyre cossant avec un de ces animaux. Dans une autre peinture du même musée trouvée à Pompéi, un satyre lève la draperie qui couvre un hermaphrodite et détourne la tête d'un air de répulsion à la vue du signe de la virilité. Un vase antique de Nola, qui a fait partie de la galerie Pourtalès (nu 170), est orné d'une peinture représentant un vieux satyre qui poursuit une ménade; celle-ci tient un thyrse et retourne la tête en fuyant. D'autres vases ayant figuré dans la même collection nous montrent : un satyre barbu et couvert d'une peau de panthère poursuivant une femme qui semble le menacer avec un flambeau éteint; un vieux satyre ithyphallique voulant enlever une femme en présence de Bacchus et d'un autre satyre; un satyre à demi enivré, s'appuyant sur un thyrse ; un satyre couché sous une vigne et tenant une couronne ; un satyre agenouillé lançant un bâton contre une panthère; un satyre brandissant une massue et courant sur un renard pris au piège, etc. Dans la galerie Pourtalès ont figuré aussi deux statuettes de satyre, h oreilles et pieds de cheval; une de ces figurines est pourvue, en outre, d'une longue crinière qui retombe sur le dos et d'une queue que relève la main gauche, tandis que la main droite tient un cêras. Au musée Pio-Clément'm , dans la salle des Animaux, est un groupe de marbre antique qui représente un Satyre conduisant une vache; une statue de Satyre dansant trouvée dans les fouilles d'Antium et qui a été transportée à la villa Aibani ; cette figure est en marbre noir. On a souvent confondu les satyres avec les faunes, bien que ceux-ci s'en distinguent nettement en ce qu'ils ont des jambes d'homme au lieu de jambes de bouc. C'est un faune et non pas un satyre qui porte sur l'épaule un enfant dans le célèbre groupe de marbre du musée des Studj dont on connaît plusieurs répétitions; le Faune ivre, de la même galerie, et le Faune dormant, du palais Barberini, ont été aussi désignés à tort comme des satyres. Les représentations antiques des satyresses sont trèsrares ; il y en a une à la villa Aibani, dont la tête a les cheveux courts et roides, des cornes de chèvre et les oreilles pointues ; les cuisses et les pattes sont couvertes de longs
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poils ; le visage est riant ; les seîns sont peu proéminents; une peau jetée sur une épaule vient se nouer par les deux bouts à la ceinture. L'Encyclopédie méthodique signale une pierre gravée (agate-onyx) et une pâte de verre antiques, sur lesquelles on voit dessatyresses entourant et fêtant une image de Priape,
Parmi les représentations que la sculpture
moderne a faites des satyres, nous citerons:
une statue de bronze de Jean de Bologne,
placée au coin de la façade du palais Vec-
chietti, à Florence; un Petit satyre entouré
de pampres et jouant avec une panthère,
groupe exécuté par Gaspard de Marsy pour
la décoration de l'un des bassins du jardin
des Marronniers, à Trianon ; un Satyre luti-
nant une bacchante, groupe de marbre exposé
parPradierau Salon de 183* et payé 10,300 fr.
par lord Hertford à la vente de la galerie de
San-Donato en 1870 (v. la description de ce
I chef-d'œuvre au mot bacchante, II, p. îl);
Bacchante et satyre, groupe de marbre par
! Gustave Crauok (Salon de 1859) ; le même su-
j jet, groupe de terre cuite, par Joseph Char-
j digny (Salon de 1866); un Satyre amoureux
| du jeu de son enfant, groupe de rearbre ex -
I posé par M. Henry Pickery à l'Exposition
] universelle de l?S7; un Satyre éoeillant une
, naïade, groupe de plâtre, par Mme Delphine
de C'ool (Salon de 1869), etc.
1 Raphaël a dessiné plusieurs fois des figures de satyres. Une estampe gravée d'après lui \ par Marc-Antoine Raiinoudi représente un satyre qui excite une panthère en lui présentant une grappe de raisin. « Les traits accentués et caracléristiques de ce satyre, dit M. Gril ver (Raphaël et l'antiquité, II, p. 31), expriment la malice plus encore que le délire bachique ; les petites cornes qu il porte au front, ses oreilles de chèvre, les glandes de son cou accusent suffisamment sa nature sauvage; ec, cependant, il appartient au groupe qui, dans la grande famille des satyres aux membres épais et lourds, se distingue par les formes élancées et vigoureuses. > Une autre composition de Raphaël gravée par Marc-Antoine nous montre un petit satyre tenant de la main droite une grappe de raisin et de la main gauche cherchant à en introduire un grain dans la bouche de Pan qui est assis à terre et qui porte un vase, sans doute rempli de vin. La collection de l'archiduc Charles, à Vienne, renferme un dessin dans lequel Raphaël, en s'inspiran t sans doute des reliefs d'un vase bachique, a représenté une bacchante et deux satyres qui dansent en s'accompaguant des crotales, de la trompe et du chalumeau; un des satyres ouvre la marche de ce chœur joyeux ; c'est un jeune homme, presque un entant, dont le corps entièrement nu porte sur la jambe droite, tandis que la jambe gauche s'élève en arrière ; la bacchante, vêtue d'une tunique légère et transparente, vient ensuite; le second satyre, jeune et nu comme son compagnon, est posé sur la jambe gauche et rejette vivement la droite en arrière. Des Danses de satyres et de bacchantes, peintes parOornelis Poelenburg, Se voient au musée des Offices. Une gravure de Hans-Scbald Beham nous fait voir une .Satyresse jouant de ta cornemuse. Au lieu d'une sutyresse, c'est un satyre qui joue de cet instrument dans une estampe du maître au Caducée. Beham a gravé encore un Satyrejoaant de ta lyre et un satyre qui sonne du cor et qui est accompagné de deux satyres enfants. Des Familles de satyres ont été gravées par Albert Durer (1505), Benedetto Montagua, N. Chaperon, Ban. Breemberg (1640), Giovanni-Antonio da Brescia (1507, copie de l'estampe de Durer), etc. Jacques Cueteinans a gravé d'après Poussin une composition où l'on voit un satyre qui porte à sa bouche un grand vase à boire qu'un Amour lui aide à soutenir. Un tableau de Rubens, qui est à la galerie de Dresde, représente un s& lyre prenant une grappe de raisin dans un lase tenu par un petit satyre. J.-G. Haid a gravé d'après And. Casali de Jeunes satyres jouant avec une chèare (1764). Un tableau d'Aunibal Ganache, au musée de Madrid, nous fait voitun Satyre offrant une coupe de vin à Vénus. Parmi les nombreuses compositions représentant des satyres surprenant des nymphes ou des bacchantes pendant leur sommeil, les poursuivant, les lutitiant ou les caressant, nous mentionnerons: les tableaux d'Aunibal Carrache (musée des Offices, gravé par Is. Beeketi), L. Penni (gravé par R. Boyvin), Fr. Mieris (autrefois dans la galerie uu Palais-Royal, gravé par Réveil), J. Palma le jeune (gravé par W. Itilian), Castiglione (musée de Turin), H. Fragonard (grave sur bois par Sotain), H. Gervex (Salon de 1874) ; les estampes de Cherubino Alberti, Alldorfer, Augustm Carrache, Marco da Ravenna (d'après Jules Romain), J.-C. Burde (1793), Ad. Elzheimer (eau-foi te), J.-B. LePnnce(1768), A. Houbraken (d'après Gérard de Lairesse), J.-Ch. Le Vasteur (d'après C. Poelenburg, 1772), J. Anselin (le Satyre impatient, d'après Ph. Caresme, 1780), F. Basan (le Satyre complaisant, d'après Raoux), Le Vasseur (le Satyre amoureux, d'après P. Mettay), etc. Un grand tableau de M. Priou, une Famille de satyres, a obtenu une médaille de première classe au Salon de 1873.
Satyre et le voyageur (LE), tableau de Jor-
daens; galerie de Munich. Le sujet de ce tableau a été puisé par le peintre dans les fa-
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bulistes anciens qui rapportent qu'un voyageur entra chez un satyre, a l'instunt où lui et sa famille allaient prendre leur repas. Le payant, transi de froid, est invité à le partager, et suivant l'expression de La Fontaine :
D'abord arec son haleine
11 se réchauffe les doigts ;
Puis sur les mets qu'on lui donne
Délicat, il souffle aussi.
Le satyre 8'en étonne :
. Notre hôte, à quoi bon ceci?
— L'un refroidit mon potage, L'autre réchauffe ma main.
— Vous pouvez, dit le sauvage, Reprendre votre chemin ;
Ne plaise aux dieux que je couche Avec vous sous même toit! Arrière ceux dont la bouche Souffle te chaud et le froid ! ■
« Cette composition, dit M. Viardot, remarquable par une bizarrerie gracieuse et un grotesque de bon aloi, ne Test pas moins par sa forte et puissante exécution, qui admet pleinement les tons rougeâtres, enflammés, si familiers au peintre. Le tableau est peint sur bois et vient de la galerie de Dtisseldorf ; il a été très-bien gravé par Jacques Neef et par Lucas Vorstermann, ainsi qu'au trait par Réveil dans le Musée de peinture.
Satyre et Bacchante, groupe de marbre, par Pradier. V. bacchante.
SATYRE s. f. (sa-ti-re — gr. saturos, proprement satyre, demi-dieu, parce que les satyres figuraient toujours dans ces pièces), l.itiér. Sorte de pièce de théâtre en ustige chez les Grecs, et dont les principaux personnages étaient des satyres.
SATYRESSE s. f. (sa-ti-rè-se — rad. satyre). Mythol, Satyre femelle : Quelques détails des fresques ae Jean de San-Giocanni, à Florence, sont bizarres : une satyresse élève en l'air des couronnes en signe de victoire. (Valéry.)
SATYRIAQUE adj. (sa-ti-ri-a-ke — rad.
satyre). Qui tient du satyriasis, qui appartient au satyriasis : Fureur Satyriaquk. li Peu usité.
SATYRIASIS s. m. (sa-ti-ri-a-ziss — de satyre, à cause de la lubricité des satyres). Pathol. Maladie caractérisée par un état d'érection habituel et des éjaculations fréquentes.
— Encycl. Le satyriasis est une affection rare, propre au sexe masculin. Certains médecins l'ont considéré comme une forme de folie; nous croyons qu'il est plus juste de le regarder comme une névrose des organes sexuels, s'uccomp.ignant souvent, mais non pas fatalement, d'exaltation de la sensibilité générale, d'hallucinations et de délire maniaque.
Le satyriasis est tantôt spontané, tantôt amené à la suite de causes variées, telles que : une trop longue continence, les excès vénériens, les lectures erotiques, l'onanisme, l'abus des substances aphrodisiaques et particulièrement des cantharides. Il survient aussi comme complication assez commune chez un certain nombre de paralytiques, d'aliénés et d'épileptiqu»'S. Nous emprunterons une courte description de cette triste maladie à M. le professeur Tardieu, dont la plume a su demeurer chaste et sévère comme la science , dans tous les tableaux scabreux qu'elle a été appelée à retracer, n Le satyriasis, dit-il, est souvent annoncé par des érections plus fréquentes que de coutume, survenant sans motifs ou à la vue de toutes les femmes. Bientôt l'imagination est obsédée par des images lascives et des désirs immodérés, le sommeil troublé par des rêves erotiques et interrompu par des pollutions qui n'amènent qu'un soulagement momentané.
Les troubles les plus variés de la vue, de l'ouïe et des autres sens attestent le désordre de l'action nerveuse. Un feu inconnu s'empare de tout le corps ; la sensibilité acquiert un développement singulier; tantôt il semble que les femmes sont entourées d'une auréole lumineuse, tantôt une clarté insupportable irrite la rétine, ou bien les hallucinations les plus voluptueuses viennent charmer Je regard ; l'oreille est déchirée par le plus léger bruit ou frappée par les sons les plus harmonieux; toute la surface du corps et particulièrement celle de3 organes sexuels est d'une sensibilité telle, que le moindre contact excite des mouvements convulsifs et détermine l'émission de la liqueur séminale.
> La tête est douloureuse, la face empourprée, les yeux saillants, rouges et pleins d'une flamme sombre; la bouche sèche, imprégnée d'une écume épaisse, la soif vive; parfois il y a des vomissements d'une matière pituiteuse d'une odeur très-forte. Par intervalle la fureur erotique s'exagère, et durant les paroxysmes le malade, emporté par les transports ue ses désirs, s élance sur la femme qu'il peut atteindre sans acception d'âge ou de figure; on en a vu répéter l'acte vénérien, sans être assouvis, plus de quarante foi3 en une nuit. A ces paroxymes succèdent la tristesse, l'abattement et la honte. Mais, lorsque la maladie est arrivée à ce degré, les rémissions ne sont pas de longue durée ; le délire est continuel, des. convulsions surviennent; enflammées parla persistance du priapisme, les parties génitales peuvent tomber
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en gangrène, et, après deux ou trois jours, un septénaire au plus, la mort vient mettre un terme à un état si misérable. »
La terminaison de cette maladie n'est pourtant pas toujours aussi malheureuse et elle peut guérir sous l'influence d'un traitement convenable. Les meilleurs moyens k employer sont les débilitants, les bains, la saignée générale, les narcotiques, les antispasmodiques, le camphre et lo nympliœa. Les lotions froides répétées rendent aussi de grands services. Dès que le calme sera survenu, il y aura lieu d'isoler quelque temps le malade à la campagne, pour le soustraire à toute occasion d'excitation génésique. On lui commandera l'étude, le.s travaux manuels et l'exercice, qui devra être poussé jusqu'à la fatigue. C'est seulement ainsi qu'on préviendra le retour du mal. V. erotomanik.
— Art vétér. L'irritation, l'inflammation de la tête du pénis, de l'urètre, la privation ubsolue et forcée de l'accouplement, le voisinage des femelles en chaleur, surtout au printemps, qui est la saison du rut et l'époque, par conséquent, où l'ardeur amoureuse se renouvelle ou reçoit un surcroît d'activité, telles sont les causes auxquelles on peut attribuer le satyriasis, d'uilleurs fort rare parmi les animaux, chez lesquels manquent la plupart des conditions qui peuvent le faire naître chez l'homme, telles que les pensées libidineuses, la vue des objets lascifs, la fréquentation des femmes galantes, les conversations et les lectures erotiques, etc. Enfin, le satyriasis s'observe quelquefois chez le jeune étalon, bien nourri, d'un tempérament tres-ardent, qui a déjà sailli, et auquel, pour le rendre plus apte au service de la monte, on aurait fait prendre des substances aphrodisiaques qui exaltent la sensibilité des parties génilules.
L'animal atteint de satyriasis éprouve a peu près les mêmes symptômes que l'homme, et succombe le plus souvent au bout de quelques jours. Cependant cette maladie peut | se terminer d'une manière plus heureuse; I sous l'influence d'un traitement convenable, l peu k peu tous les accidents peuvent disparaître et la guérison survenir; seulement, il reste un grand épuisement des forces, qui cède à un régime approprié.
Le satyriasis ne peut être confondu avec aucune autre affection, et il est inutile d'insister sur le diagnostic autrement que pour faire remarquer la différence qui existe entre cette maladie et le priapisme, qui est un état symptomatique caractérisé uniquement par | la persistance des érections, Sans aptitude à accomplir l'acte vénérien.
Pour prévenir le satyriasis chez l'animal qui a déjà sailli, il faut lui permettre de couvrir sa femelle ou en venir à la cruelle j extrémité de le châtrer. Lorsque cette malal die est déclarée, les moyens d'y remédier sont I d'abord de séparer le mâle des femelles da son espèce et de tout ce qui peut le porter à l'acte du coït, de le soumettre à un travail continu, de le nourrir faiblement, de ne lui donner que des aliments peu substantiels , tels que la paille, retranchant toute espèce de crains. Mais si ces moyens sont insuffisants, il faut combattre la maladie par les débilitants, les diurétiques à haute dose, les bains, les saignées, les narcotiques, les antispasmodiques et spécialement le camphre, le nénufar. Dans le cas de débililation évidente, les toniques pourront être d'un grand secours. Enfin, il faut faire prendre des bains prolongés, en faisant imger, a l'ombre ou de grand matin, les animaux dans une eau courante; appliquer de la neige, de la glace, le long de la colonne vertébrale, et surtout à la région lombaire, ou répandre fréquemment dus seaux d'eau très-froide sur ces parties, en jeter même sur les parties génitales, etc.
SATYRIASME s. m. {sa-ti-ri-a-sine— rad.
satyre). Pathol, Mal de reins résultant de l'abus des plaisirs vénériens.
Saijrrlcon, sorte de roman satirique attribué a Pétrone et écrit dans le genre de la Satire varronienue ou Ménippée. C'est un des ouvrages que le temps a le plus maltraités ; nous n'en possédons que des fragments plus ou inoins étendus, découverts par intervalles successifs et qui paraissent avoir été extraits de l'œuvre complète, au moyen âge, par quelque amateur de lectures obscènes, car on assure que le Satyricon existait encore intégralement au xue siècle. Les fragments qui nous restent forment autant d'épisodes du grand ouvrage, dont les neuf dixièmes peut-être ont été perdus.
Le Satyricon ait un mélange de prose et de vers où l'auteur a introduit les éléments les plus varies : propos futiles et discussions sérieuses, préceptes de morale et scènes de volupté raffinée, belles pensées et peintures révoltantes de cynisme, descriptions comiques, critiques mordantes, anecdotes agréables, épopée même. La scène est à Naples, et le héros du roman, Encoipe, est un coureur d'aventures, une sorte de chevalier d'industrie, un jeune libertin à bout de ressources et réduit a vivre d'expédients.
On a élevé des doutes sur l'authenticité du Satyricon, et principalement sur la question de savoir si l'auteur de ce livre est bien le même Pétrone dont parle Tacite, < voluptueux courtisan, passant avec aisance des plaisirs aux affaires et des affaires aux plaisirs. » C'est là un problème bieu difficile à
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résoudre ; mais tout porte à croire que le Pétrone du Satyricon s'identifie avec le consul qui s'ouvrit les veines en se voyant disgracié de Néron, avec le peintre licencieux des tableaux où s'étale la corruption romaine. On a voulu aussi coller des étiquettes sur les personnages que l'auteur a introduits dans ses récits et ses descriptions; on y a vu tour à tour, sous les traits d'Encolpe, la figure de Néron, le tyran débauché, ou de Claude, le vieil empereur imbécile, qui avait déjà inspiré l'Apokolokynthose de Sénèque. Ce sont là des conjectures qu'il ne convient d'accueillir qu'avec la plus extrême réserve. En effet, le Salyri~ con n'est point une attaque- restreinte et bornée à quelques types; c est un tubleau large et en même temps une satire violente et extrêmement curieuse de la société romaine tout entière. Pétrone a peint les vices de son temps, et il l'a fait avec une verve et une énergie peu communes. Rien n'échappe à son impitoyable raillerie. Courtisanes, parasites, poêles, gens de loi, gens de guerre, esclaves, libertins, magiciennes, déclamateurs, chasseurs d'héritages, toutes ces figures défilent successivement devant nous avec les traits qui leur sont propres et nous reportent au sein de cette vieille société romaine, dont il nous est si difficile aujourd'hui de pénétrer les mœurs intimes. Celte diversité dans la narration se retrouve dans le style, qui prend alternativement tous les tons et passe, avec la même aisance, du langage élégant au patois de la province et aux dictons populaires. On a reproché à Pétrone la profonde immoralité de ses tableaux et le cynisme de ses expressions; mais, en mettant sous nos yeux une société corrompue et dégradée, peut-être l'auteur a-t-il dû, pour être exact, se montrer impitoyable et nous dévoiler dans toute leur nudité les turpitudes de son temps.
Parmi les épisodes les plus remarquables du Satrjricon, on cite surtout la fameuse histoire de la Matrone d'Ephèse, dont La Fontaine nous a donné une si charmante imitatiuHi, et le non moins célèbre Festin de Trimalcion , description comique d'un repas ridiculement somptueux, dans lequel Pétrone a rassemblé comme ii plaisir toutes les exagérations de la prodigalité des Romains dégénérés. V, Trimalcion (Festin de).
Saijriron (i.b), ouvrage célèbre de l'encyclopédiste latin Martianus Capella, qui vivait au ve siècle de notre ère. L'édition princeps imprimée k Vienne en H99, par les soins de François Vitulis Bodianus (i vol. in-fol.), est assez estimée; mais elle a été effacée par les éditions modernes, parmi lesquelles on distingue celles de Grotius (Leyile, 1599, 1 vol. in-go), de Kopp (Francfort, 1836, I vol. in-jo) et en dernier lieu d'Eysstjuhaidt (Leipzig, chez Teubner, 1866, 1 vol. in-12). Leibniz en avait promis pour la collection ad usum Delphiai dirigée au xvne siècle par Huet, évoque d'Avranches, une édition qu'il n'a pus faite.
Le Satyricon se compose de neuf livres. Les deux premiers, intitulés ; les Noces de Mercure et de la Philologie (De nuptiis Mercurii et Phitotogim), forment un ouvrage à part et servent d introduction au livre proprement dit. C'est une allégorie. Mercure, fatigué d'un long célibat, a résolu de se marier. Sou goût tres-prononcé pour Sophia (ia sagesse) 1 engage à lui offrir ses vœux. Mais Sophia entend rester vierge. Il s'adresse alors k Psyché (l'âme). Mais ia Vertu lui apprenti que Psyché est tombée au pouvoir de l'Amour (Cupid«in). Mercure désespéré consulte Apollon, qui lui conseille d'épouser la Philologie, grande fille d'une vaste érudition, qui n'est pas d'une beauté ravissante, mais avec laquelle, en fin de compte, il pourra faire bon ménage. Jupiter finit par consentir à cette union. Dans le second livre, les Muses et les Grâces célèbrent les noces de Mercure et de la Philologie. L'Immortalité veut enlever la fiancée. Celle-ci est obligée de se débarrasser d'une cargaison de livres qui l'empêcheraient de monter au ciel. Les assistants rainassent les livres qui lui échappent de3 mains. Elle va enfin trouver Jupiter, auprès de qui le mariage a lieu.
Les sept livres suivants sont une véritable encyclopédie par leur méthode et leur objet. Leurs litres sont déjà ceux du trivium et du guadrivium dont se composaient les études au moyen âge. Ce sont : De la grammaire, De la dialectique, De la rhétorique (trivium), De la géométrie, De l'arithmétique, De l'astronomie, De la musique (quadiivium).
Ici encore l'auteur procède par l'allégorie. La Grammaire est fille de Mercure. Son grandpère l'a élevée en Egypte sous le règne d'Osiris- Elle est venue ne là visiter la Grèce et l'Italie. Le ton de Martianus Capella rappelle celui de Molière dans le Bourgeois gentilhomme ;
[moramus ; Namquc A sttb hiatu oris congruo solo sjiiritu me- B tabris per spiriius imjietum reclitih edicimus.
O rotmvii oris ipiritu comparalur.
La Dialectique est aussi une jeune rille d'origine égyptienne. Martianus Capella la définit en vers comme la Grammaire, comme il enseigne à prononcer les voyelles. Elle fut, dit-il, amenée en Grèce par Pnrménide. Depuis elle prit du service chez Socrate, chez Platon, chea Aristote et d'autres : elle a des mœurs très-libres. Elle est maigre et sobre,
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néanmoins, ce qui l'expose souvent à la mauvaise humeur de Bacchus. L'auteur compare la Rhétorique à Jupiter lançant la foudre. La figure est ambitieuse, mnis prouve dans quelle estime on tenait encore l'art de la parole dans l'empire en décadence. Elle a de» licteurs comme les consuls romains, et dans son cortège figurent Déinoathene et Cicèrou. Martianus l'accuse d'être bruyante de son naturel : JViAi'l enim silens, ac si cuperet, faciebat.
C'est à Minerve que le Satyricon (livre VI) compare la Géométrie. Elle porte un cercle dans une main, une sphère dans l'autre; elle est couverte d'un péplum. Elle n'enseigne pas seulement l'art de mesurer la terre ; elle vise à l'enseignement des mathématiques pures. L'Arithmétique et l'Astronomie sont présentées sous des [ormes analogues aux sciences précédentes.
C'est dans l'Astronomie de Martianus Capella que se trouve le passage célèbre d'après lequel Copernic aurait trouvé son système. Il y est. dit (chapitre : Quoi lui lus non sit centrant omnibus planetis) que « Vénus et Mercure ne tournent pas autour de la terre, mais autour du soleil considéré comme centre. » Copernic en convient et cite même Martianus Capella au passage qu'on vient de voir. La Musique de Capella est le meilleur document qu'on possède sur la musique ancienne et surtout sur la manière de l'enseigner. Le style de l'auteur est incorrect, dur, quelquefois difficile k interpréter, parce qu'il traite d'objets matériels qu'il faudrait avoir sous lus yeux et qu'on n'a pas.
Le Satyricon, qui fut un des principaux livres classiques durant lo moyen âge entier, a disparu des écoles depuis la Renaissance.
SATYRIDE adj. (sa-ti-ri-de — do satyre, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au satyre.
— s. m. pi. Tribu d'insectes lépidoptères diurnes, ayant pour type le genre satyre : Les satyrides fréquentent les lieux secs et arides. (E. Desmarest.)
SATYRIDION s. m. (sa-ti-ri-di-on — de satyrion, et du gr. eidos, aspect). Bot. Genra de plantes, de la famille des oichidées, tribu desophrydées, comprenant plusieurs espèces qui croissent au Cap de Bonne-Esperanue,
SATYRION s. m. (sa-ti-ri-on — grec saturion, de saturos, satyre. Cette plante, est ainsi nommée soit de la ressemblance de ses bulbes avec un organe de la génération, soit parce qu'on lui attribuait autrefois la vertu d'exciter k l'amour). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchitlées, tribu des ophrydées, comprenant plusieurs espèces qui croissent dans l'Afrique australe : Ou emploie le satyrion comme aphrodisiaque. (V. de Boînare.)
— Encycl. Les satyrians sont des plantes vivaces, à tiges anguleuses ou striées, portant des feuilles alternes, entières; les fleurs, disposées en grappes ou en épis terminaux, ont un périimlhe à six divisions alternant sur deux rangs, la division interne inférieure (Inbelle) présentant des prolongements ou des appendices de forme plus ou moins bizarre; le fruit est une capsule trigone, contenant un nombre considérable de graines qui ressemblent k de la sciure de bois. Ces plantes, dont plusieurs habitont l'Europe, croissent dans les prés et les bois, sur les collines et les montagnes, dans les lieux humides et ombragés ou secs et exposés au soleil, en un mot dans les stations les plus diverses.
Les salyrions, comme presque toutes les orchidées terrestres, présentent deux tubercules généralement ovoïdes, qui, par Jeur forme et leur disposition, rappellent assez des testicules ; de là le nom vulgaire de testicules de chien et d'autres noms plus naïfs encore qu'on leur donnait uutrefois et qui sont même employés encore aujourd'hui dans les campagnes. Cette singulière configuration a aussi, dès la plus haute antiquité, fait attribuer à ces plantes des vertus aphrodisiaques très-puissantes. Leurs tubercules, sechôs, pulvérisés et infusés dans du bon vin, formaient un philtre qu'on employait pour fortifier les organes génitaux, activer la sécrétion du sperme et favoriser la conception. On en faisait aussi une conserve. On avait soin d'as soi-ier au satyrion quelques substances qu'on regardait comme stimulantes et concourant au même but, telles que la graine de roquette, les trochisques de vipère, le scinqua marin et l'essence d'ambre. Aujourd'hui, \e satyrion jouit encore d'une certaine vogue dans quelques parties de l'Orient.
Comme ces tubercules sont riches en fécule et renferment une sorte de gelée trèsnourrissante, on peut en tirer parti en les associant aux orchis pour la préparation d; salep. Ils sont, en effet, analeptiques et propres jusqu'à un certain point à reparer les forces épuisées. Dans les pâturages, ces plantes sont recherchées par les vaches et les chèvres, et elles paraissent augmenter sensiblement la production du lait. Les salyrions sont quelquefois cultivés dans les jardins d'à* giém mt. Parmi les espèces indigènes, nous citerons : le satyrion k odeur de bouc, plante aussi belle à la vue que désagréable à l'odorat; le satyrion vert, qu'on retrouve jusqu'en Laponie; le satyrion noir, ainsi nommé de la teinte de ses Heurs, qui exhalent une odeur dél.cie ise de beujoin ou d'œillet; les saty-
SAUC
rions blanchâtre et rampant, qui croissent dans les montagnes.
SATYRIQUE udj. (sa-ti-ri-ke — rad. satyre). Mytho!. Qui a rapport aux demi-dieux appelés satyres.
— Antiq. Danses satyriques, Sortes de danses très-licencieuses. Il Jeux satyriques, Farces romaines que l'on jouait avant les grandes pièces, et qui étiient une imitation des satyres grecques, y Drame satyrique, Un des noms de ia satyre grecque.
— Encycl. Littér. Drame satyrique. V.
DRAMK.
SAUBUSSE, v.llage et commune de France (Landes), cant., arrond. et à 15 kilom. E. de Dax, au confluant de l'Adour et du Leuy; 1,076 hab. Eaux thermales et bains. Verrerie; fabrication d'essence de térébenthine. Beau château renfermant une bibliothèque et des collections scientifiques remarquables. Aux environs, vestiges d'anciens campements.
SAUCANELLE s. f. (sô-ka-nè-le). Ichthyol. Syn. de SM3Q,utNK.
SAUCE s. f. (sô-se — du lat. salsa, salée; de sal, sel). Art culin. Assaisonnement liquide qu'on sert avec certains mets : Sauce de haut goûl. Sauce fade, insipide. Sauce blanche. Sauce rounse. Sauces au beurre noir. Sauce aux câpres. La sauce est le triomphe du goût en cuisine. (Ba)z.)
Quand on parli: de sauce, il faut qu'on y raffine.
Boii.eau.
l»e sénat mit aux voix celte affaire importante,
Et le turbot fut mis h la sauce piquante.
Berchoux, Il Sauce douce. Sauce faite avec du sucre et du vinaigre ou du vin, selon l'Académie. Il Sauce allemande, Sauce préparée avec des jaunes d'œufs et "U beurre, liée avec du velouté, li Sauce italienne, Sauce aux champignons et aux f nés herbes, préparée au beurre et additionnée de velouté et de bouillon. Il Sauce indienne, Sauce dans laquelle il entre de la poudre de kari ou du piment. Il Sauce genevoise, Sorte de sauce au vin pour le poisson, il Sauce hollandaise, Sauce préparée avec du beurre et des jaunes d'œufs, qu'on fait prendre au bain-marie. Il Sauce Soubise, Sauce aux oignons et au lait ou à la crème. Il Sauce verte, Sauce colorée avec du suc d'herbes crues. Il Sauce blanche, Sauce faite avec du beurre, de la farine, de l'eau, du sel et des épices. il Sauce blonde, Sauce blanche dans laquelle on remplace l'eau par du jus ou du consommé. Il Sauce brune, ou Sauce espagnole, Sorte de cou.is. il Sauce piquante, Sauce qui contient du vinaigre et divers ingrédients d'un goût relevé, il Sauce hachée, Sauce dans laquelle il entre des échalotes et des champignons hachés. Il Sauce à pauvre homme ou au pauvre homme, Sauce à la ciboule cuite dans du bouillon et additionnée de vinaigre. Il Sauce Bobirt, Sorte de sauce à l'oignon. Il Sauce courte, Sauce trop peu abondante. Il Sauce qui n'est pas faite, qui n'est pas asses faite, Sauce qui n'a pas assez bouilli, qui n'est pas assez liée.
— Fig. Accessoire , accompagnement :
M. deVardes accompagne les douze cents francs de pension a' une si admirable sauce, je veux dire de tan', de paroles choisies et de sentiments généreux, que la philosophie de notre ami n'y résiste pas. (Mme de Se v.) Les malheurs sont la sauch de cette vilaine viande qu'on appelle la vie. (Galiani.) // n'est point de si doux appétit pour moi ni de sauce si appétissante que celle qui se tire de la société. (Mont.) La vie est un m:ts qui n'agrée que par la sauce. (V. Hugo.)
— A toutts sauces, Sous toutes les formas, de toutes les façons : Les louanges, on. les aime k toutes sauces. (M'"e de Grnfigny.) Moquez-vois de ceux qui mettent la poésie À toute sauce et qui laissent la mt raie et le bonheur pendus au croc. (Béranger.)
— Ne savoir à quelle sauce te mettre, Ne savoir à quoi l'employer, quel usage en faire : Il a entassé des documents, et il NE Sait plus maintenant À quelle sauce les mettre.
— Donner ordre aux sauces. Aller dans la cuisine pour veiller à ce que les mets soient bien préparés.
— Gâter la sauce , Déranger les choses , comprome;tre le succès : Tout allait bien, mais votre intervention a gâté la sauce.
— faire sa sauce à quelqu'un, Le réprimander : Envoyez- le-moi, je lui ferai sa sauce, je lui kerai bien sa sauce. (Acad.)
Ces serments vains tt peu dignes de foi Mériteraient qu'on vous fit votre sauce.
La Fontaine.
— La sauce vaut mieux que le poisson. L'accessoire vaut mieux que le principal. Il La sauce fuit manger le poisson, L'accessoire fait passer le principal,
— Vous ne sauriez faire une bonne sauce, mettre um bonne sauce à cela, Vous ne sauriez douter une apparence satisfaisante à cette atfaire, à cette action.
— Prov. Il n'est sauce que d'appétit, La faim, mieux que toutes les sauces, fait trouver bon ce que l'on mange.
— B.-arts. Crayon noir, très-friable, dont les artistes se servent pour dessiner à l'estompe.
— Tecan. Nom donné par les mégissiers à