SAUF
cine sanscrite saiv, aider, assister). Sauvé, épargni, tiré d'un péril de mort : Avoir la vie SAUVB.
— Qii n'a reçu aucune atteinte, aucun dommage : L'honneur est sauf. Je vous servirai en toutes choses, mon honneur sauf.
(Acad.) Il avait pour principe, quand la forme ('lait sauve, d'éviter avant tout l'éclat. (Ste-Beuve.)
— Sain et sauf, Sans blessure, sans dommage : Revenir sain et Sauf d'un combat. Ce fut avtc un bonheur indicible que nous nous retrouidmes sains et saufs sous la rampe du glacier. (V. Meunier.)
— Ane. art milit. Vies et bagues sauves, La vie sai ve et avec les bagages.
SAUF prép. (sôf. — V, le mot précédent). Sans blesser, sans porter atteinte à ; Sauf le respect de ta compagnie. Sauf votre honneur. Sauf votre respect. Sauf le respect que je vous diis. C'est mon cochon, sauf votre respect, il s'est blessé au derrière, sauf votre respect.
— Hormis, à la réserve de : Il lui a cédé tout sen bien, sauf ses rentes, sauf ses prétentions sur telle chose. (Acad.) Sauf des fléaux naturels, heureusement rares et passagers, ies nations n'éprouvent guère que tes maux qu'elles ont mérités. (J.-B. Rouss.) L'amour eu travail et l'habitude de la justice me paraissent, sauf les accidents, la route la plus assuré: pour arriver au bonheur. (H. Beyle.) L'égal' të est dans la société, sauf la différence des fortunes, sauf ta différence des rangs, sauf la différence des facultés, sauf enfin i 'inégalité. (Badanohe.) Il Sons réserve île, excepté le cas de : Sauf meilleur avis. Sauf son recours contre ou sur un tel. Sauf correc'.ion. Sauf erreur.
— Sauf à, Quitte à, sous condition éventuelle de : Sauf à changer. Sauf a déduire. Sauf à recommencer. L'humanité aime mieux oublie ', sauf k se donner la peine ou plutôt le pla.'sir de réinventer. (Ste-Beuve.) '
— Pratiq. Adjudication, sauf huitaine, sauf quinzaine, Adjudication avec réserve du droit d'enoréiïr dans la huitaine, dans la quinzaine, il Sauf l'appel, Sans préjudice de rappel.
— Pin. Sauf erreur de calcul, Sauf erreur ou omission, Sans préjudice du droit de revenir sur le compte, s'il y a erreur de calcul ou omission.
— Ane. chaucell. Sauf en autre chose notre droit et Cautrui en toutes, Réserve dont on accompagnait certains actes royaux, pour indiquer qu'on n'entendait léser, par ces actes, ni le droit du roi ni celui d'autrui.
SAUF-CONDUIT s. m. Espèce de passeport, en venu duquel on peut aller ou séjouni 3r en un lieu sans crainte d'être arrêté : Se munir d'un sauf-conduit, il PI. sauf-conduits.
— Sauvegarde temporaire accordée à un débiteur exposé à être arrêté en vertu de la contrainte par corps : Recevoir un sauf-conduit pour venir déposer comme témoin.
— Ce qui fait passer, ce qui met à l'abri de toute atteinte : L'éloquence est le Sauf-conduit iu mensonge. (A. Guyard.)
— Art milit. Permission qu'on accorde, en temps de guerre, de circuler sur le territoire qu'on occupe.
— -Mar. Sorte de laisser-passer délivré à un navire appartenant à une nation ennemie.
— Ejicycl, Législ. Le sauf -conduit est un passeport d'une nature spéciale, supposant l'état de guerre et régi par les traditions et le droit international de la guerre. C'est l'acte délivré par le souverain d'un Etat belligérant k un sujet ou citoyen ennemi et peruietu.nl à ce dernier de passer ou de circuler librement sur le territoire, sans qu'il y ait trêve ou suspension d'hostilités. Les saufconduits se délivrent le plus ordinairement aux personnes; néanmoins, ii peut aussi en être accordé pour le passage ou transit de certaines choses appartenant à l'ennemi que le sa tf-conduit protège et qui, en l'absence de ce t acte, seraient de bonne prise. Il va de soi qu'un sauf-conduit délivré pour le passage en sûreté de certaines marchandises ou objets .mobiliers quelconques couvre accessoirement les personnes chargées du transport de ces mêmes choses. Accorder un sauf-conduit en temps de guerre est essentiellement un a:te de souveraineté; cet acte ne peut en consiqueuce émaner en général que du chef de l'état ou des personnes auxquelles il a, expl oiteinent ou implicitement, délégué ses pouvoirs à cette fln. La délégation peut se prés amer par ta nature et le caractère de la loue .ion; ainsi, il n'est pas douteux qu'un sauf-conduit ne puisse être accordé à, un sujet ennemi, durant les hostilités, par un général commandant un corps d'année. Va sauf-conduit doit être généralement interprété et appliqué à la lettre ; il est individuel et ne profite qu'à la personne qui l'a obtenu. Néanmoins l'usage et une tradition constante admettent certains tempéraments raisonnables; on ne balance pas a reconnaître que le sauf-conduit délivré à une personne d'une certaine importante doit s'étendre aux gens de sa domesticité, celte domesticité, bien entendu, étant réduite à son expression la plus simple et la plus indispensable. On est également d'ac-
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cord que le sauf-conduit pour la personne couvre les bagages ou colis de voyage.
Le sauf conduit peut être délivré à terme ou délai lixe; en ce cas, le terme expiré, le porteur cesse d'être couvert et il peut être arrêté et fait prisonnier de guerre s'il a prolongé son séjour sur le territoire ennemi au delà du laps de temps déterminé. Lorsqu'il n'y a pas de fixation de délai, le but dans lequel le sauf-conduit a été délivré %n détermine la durée. Ainsi , un sauf-conduit délivré pour un voyage en pays ennemi est nécessairement valable pour le retour Sans qu'il soit besoin que le passe- port s'explique à cet égard ; le voyage comprend de soi l'aller et le retour. Cette règle éternelle du droit des gens et de la bonne foi fut indignement violée , on le sait, au préjudice du malheureux Jean Hus. Jean Hus, condamné et excommunié par le pape Alexandre V pour ses écrits hétérodoxes, appela au concile de Constance de la sentence de la cour romaine. 11 obtint de l'empereur d'Allemagne un sauf-conduit pour se rendre de Prague à Constance. Condamné par le concile et ayant .refusé de rétracter les doctrines qu'il avait professées, il fut livré au bras séculier et subit le supplice du feu, au mépris du sauf-conduit qui lui donnait le droit de retourner en sûreté en Bohême.
Il est presque inutile de faire remarquer qu'un sauf-conduit n'est point révoqué de plein droit par la mort du souverain ou du général qui l'a délivré, uu par les mutations de personnes qui peuvent survenir dans ces hautes fonctions. La souveraineté, en effet, ne meurt pas comme le souverain et ses actes antérieurs conservent leur validité jusqu'à ce qu'ils soient légalement rapportés. Mais un sauf -conduit peut être révoqué, même avant l'échéance du délai fixé, si des circonstances nouvellement survenues réclament cette mesure. Par exemple, un Etat en guerre peut avoir inopinément à se livrer à d'importants préparatifs d'attaque ou de défense k l'intérieur de son territoire; il peut avoir intérêt à tenir momentanément ces mesures secrètes. En pareil cas, la libre circulation d'un sujet ennemi à l'intérieur pourrait avoir des dangers, et les sauf-conduits délivrés précédemment peuvent être révoques. Il existe même des sauf-conduits ayant un caractère vraiment précaire, condition particulière qui se trouve énoncée dans leur contexte. Les sauf-conduits de cette nature sont révocables à toute époque, sans même qu'il intervienne des nécessités imprévues et sans qu'il soit besoin d'articuler les motifs de la révocation. Dans tous les cas, le porteur du saufconduit révoqué ne peut être arrêté et fait prisonnier à l'improviste ; il doit toujours lui être accordé uu délai suffisant pour rentrer dans ses foyers.
Il existe aussi une autre espèce de saufconduit se rattachant simplement au droit privé commercial et spécialement à la matière des faillites. Il a perdu de son importance depuis l'abolition de la contrainte par corps et nous nous bornerons à en dire quelques mots. Aux termes de l'article 455 du code de commerce, tout jugement déclaratif de faillite doit, entre autres dispositions, ordonner le dépôt du failli dans la maison d'arrêt pour dettes, ou la garde desa personne à domicile soit par un gendarme, soit par un officier de paix ou de police. Cette mesure préventive a pour but de tenir le failli à la disposition du ministère public dans le cas où viendraient à se révéler à sa charge des présomptions de banqueroute frauduleuse ou simple. Mais Ii mesure que s'élucide l'état de la faillite, cette mesure peut être rapportée sur le rapport du juge-commissaire et dans le cas particulièrement où il apparaît que c'est plutôt à la mauvaise fortune qu'à la mauvaise foi que doit être imputé le naufrage du failli. Eu ce cas, le tribunal peut ordonner la mise en liberté du débiteur détenu, soit sa mise en liberté pure et simple avec un saufconduit définitif qui lui est délivré, soit sa mise en liberté provisoire sous charge de donner caution de se représenter et avec un sauf-conduit seulement provisoire. Le saufconduit dont nous nous occupons en ce moment avait particulièrement pour objet de protéger ie fuiUi contre les poursuites individuelles de ses créanciers qui auraient voulu user contre lui, et pour leur compte particulier, de la voie de la contrainte personnelle. Le failli étant dessaisi de la totalité de son actif et soumis d'ailleurs à des poursuites et à une liquidation collective dans l'intérêt de la masse de ses créanciers, des exécutions purementindividuellesde la partde quelquesuns d'entre eux n'auraient pas eu de but et n'auraient été que des actes gratuits de vexation et presque d'inhumanité. On comprend que ces dispositions du code de commerce aient perdu à peu près tout leur intérêt depuis la loi abolitive de la contrainte par corps; aussi n entrerons-nous pas à cet égard dans de plus amples développements.
SAUF -RÉPIT s. m. Ane. coût. Délai accordé par le seigneur à son vassal, pour lui jurer foi et hommage. Il Se disait en Bretagne.
SAUGE s. f. (sô-je — latin salvia; de salvus, sauf, à cause des propriétés médicinales attribuées a la plante). Bot. Genre de plantes, de la famille des labiées, tribu des monardées, comprenant environ trois cents espèces,
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répandues dans toutes les régions du globe, mais surtout dans l'Amérique tropicale : La sauge officinale a été de lotit temps fort renommée et fort estimée pour ses propriétés médicinales. (P. Duchartre.) On fume de la sauge comme du tabac, pour débarrasser le cerveau. (V. de Botnare.) Les feuilles de la sauge ont une odeur agréable et une saveur acre. (Bosc.) il Sauge amère, Nom vulgaire de la gennandrée d'Espagne, il Sauge d'Amérique, Nom vulgaire du tarehonanthe camphré.
Il Sauge de Jérusalem, Nom vulgaire de la pulmonaire. It Sauge des bois, Nom vulgaire d'une espèce de gennandrée. Il Sauge du port de paix, Nom vulgaire de la cuscariile.
Il Sauge en arbre, Non vulgaire du phloinis frutescent. Il Sauge sauvage, Nom vulgaire de la gennandrée d'eau.
— Ane. ioc. Il n'y a ni sel ni sauge, C'est chose fade, sans goût.
— Arboric. Poire de sauge, Variété de poire produite par le sauger, et avec laquelle on fait du poiré.
— Enoycl. Bot. Les sauges sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux, k tige tétragoue et à feuilles opposées. Les fleurs, groupées en glomérules opposés, espacés ou rapprochés en épis terminaux, présentent un calice tubuleux ou campanule, bilabié, k gorge nue; une corolle à deux lèvres, la lèvre supérieure ordinairement en casque, la lèvre inférieure trilobée ; deux étainines, à rilet trèscourt, articulé avec un conneetif transversal filiforme, accompagnées de deui étainines inférieures rudiinentaires ; un ovaire libre, surmonté d'un style simple termine par un stigmate bifide. Le fruit se compose de quatre akènes ovoïdes trigones. Les espèces connues de ce genre se comptent par centaines; elles abondent surtout dans les régions tropicales ; on en trouve néanmoins un assez grand nombre dans la région méditerranéenne et au Cap de Bonne-Espérance, et il en est même plusieurs qui s'avancent assez loin vers le nord. Plusieurs d'entre elles Se recommandent par leur odeur aromatique et agréable ou par la beauté deleurs fleurs, ou bien encore par les services qu'elles rendent à la matière médicale, â l'économie domestique et à la parfumerie. On en cultive un certain nombre dans nos jardins.
La sauge officinale ou grande sauge est un sous-arbrisseau, dépassant peu la hauteur de 011,50, à tige tétragone, pubescente, rameuse, portant des feuilles opposées, pétiolées, ovales ou lancéolées, pubeseentes blanchâtres; ses fleurs, bleues, roses, lilaoées ou blanches, presque sessiles, accompagnées de bractées ovales lancéolées, sont groupées par petits glomérules axiliaires, assez rapprochés pour que leur ensemble constitue une sorte d'épi terminal. Cette plante présente plusieurs variétés à tiges plus ou moins hautes, à feuilles larges, étroites ou frisées, panachées de blanc jaunâtre, de rose ou de rouge, et àfleurs de diverses couleurs. Ses fleurs s'épanouissent au milieu de l'été.
Originaire de l'Europe méridionale, cette planta est cultivée de temps immémorial dans nos jardins. Elle végète bien jusque sous le climat de Paris et ne craint que les hivers très-rigoureux. Les variétés à petites feuilles sont plus délicates. On a remarqué aussi qu'elle est plus rustique dans les sols médiocres. Elle préfère l'exposition du midi. On la place ordinairement au milieu des plates-bandes ou en bordure, contre les murs ou eu avant des massifs, sur les rochers et dans le voisinage des fabriques. On la cultive quelquefois aussi eu bordure, dans les jardins potagers, pour l'usage médicinal. Peu difficile sur la nature du sol, elle préfère néanmoins un terrain léger, sec, pierreux même, et redoute, au contraire, les fonds trop numides. On la propage facilement de graines semées en planche, de marcottes, de boutures; mais le mode le plus expédiât' et le plus usité est la séparation des pieds, pratiquée au printemps. Les sujets ainsi obtenus fleurissent le plus souvent la première année , et commencent dès la suivante à former des touifes naturellement et agréablement arrondies, et qui atteignent aisément 1 mètre de diamètre. Les bordures, et surtout les touffes, ont l'inconvénient d epuiser promptemeni le sol et de se dégarnir par places; il faut donc les tailler fréquemment et les renouveler, en ies changeant de place, tous les trois ou quaire ans. Ces observations s'appliquent aussi à la variété à feuilles panacnèes, appelée sauge tricolore et cultivée dans les jardins d'agrément.
Dans nos climats du Nord, on est souvent forcé de se contenter, pour l'usage médicinal, de la sauge cultivée. Mais on estime davantage, comme ayant des propriétés plus actives, celle qui croit spontanément dans les contrées méridionales. On en distingue, sous ce rapport, trois variétés : la grande sauge ou typede l'espèce décrite plus haut ; la sauge de Provence ou petite sauge, à feuilles plus petites, plus étroites, plus blanches, plus aromatiques, et la sauge de Catalogue, à feuilles plus étroites encure, blanchâtres des deux côtés et à rieurs blanches. Comme les feuilles de cette plante persistent pendant l'hiver, on peut la récolter fraîche en toute saison. Mais si l'on veut la faire sécher, il faut la cueillir *V<mt la flora.son. Quand la dessiccation est faite avec soin à l'ombre, au-grenier ou k l'etuve, les feuilles perdent
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très-peu de leurs propriétés ; toutefois, comme leur surface inégale retient aisément la poussière, il est bon de les laver avant de les employer. Les fleurs ou les sommités fleuries doivent se récolter lorsqu elles s'épanouissent; mais on en fait rarement usage.
Les feuilles de la sauge officinale ont une odeur aromatique forte, pénétrante, mais agréable; leur saveur est forte, chaude, piquante, amère, un peu acre et aromatique. Elles renferinentuue huile essentielle, formée d'un mélange de deux essences, l'une qui est un carbure d'hydrogène, l'autre qui est fort probablement une essence oxygénée. On l'obtient par la distillation. L'alcool la dissout. Traitée par l'acide azotique bouillant, elle sa transforme en un composé analogue au camphre des laminées. D'après Proust, et d'aulres chimistes, la. sauge de-» pays chauds contient du camphre, et on en trouve même des morceaux dans les cavités du bois d. s vieux pieds. Cette plante renferme encore une matière extractive amère et de l'acide gallique.
Bien qu'ayant un peu perdu de son ancienne réputation, la sauge est encore fréquemment employée en médecine et sous des formes très-diverses. La plus usitée est l'infusion théiforme, faite avec les feuilles vertes ou sèches et de l'eau, avec addition de sucre ou de sirop. On en fait aussi une infusion vineuse, mais la quantité administrée est moins forte. On emploie encore quelquefois \a.sauge sous forme d'eau distillée, comme excipient pour certaines potions, d'huile essentielle, de teinture ou de poudre, soit en nature, en suspension dans un liquide, soit en pilules. A l'extérieur, on fait des lotions avec l'infusion vineuse ;oii applique les feuilles contuses ou eu poudre, en sachets ou en cataplasmes. On l'administre eu bains ou en fumigations. Enfin, bien des personnes, en Chine surtout, fument les feuilles sèches en guise de tabac.
La sauge officinale a des propriétés trèsénergiques. Introduite dans l'estomac, elle y produit une impression de chaleur qui dénote une action tonique et exoitanie, nue ù ses principes amers et aromatiques. Son action locale so porte sur les organes digestifs, qu'elle excite puissamment; leur fonction devient alors plus active, et l'appétit se réveille; elle agit alors comme stomachique; mais son influence s'étend à d'autres organes : le cœur bat plus fori et plus vite ; la respiration est plus prompte, la peau plus chaude, le pouls plus fréquent; ie cerveau lui-même et tout le système nerveux participent à cette excitation. En agissant sur la peau, la sauge tantôt est sudonrique, tantôt, au contraire, elle arrête les sueurs colliquatives. Elle agit encore sur les poumons, sur le système absorbant, sur la matrice, etc. Il suffira de dire que ses effets ne sont pas moins énergiques k 1 extérieur.
Il ne faut donc pas s'étonner que la sauge officinale ait joui, dans l'ancienne médecine, d'une si haute réputation. C'était une plante merveilleuse, capable de guérir de toutes les maladies et même de la mort, s'il pouvait exister des remèdes contre cette dernière. C'est ce que rappellent, et le fameux vers aphorisme de l'école de Salerne, et la réponse qui en fait la contre-partie et le complément naturel ;
— Car morialur homo, cui salvia cresci: in horlo ? Contra vim mortis non est medicamen in bonis.
Sans avoir de celte plante une aussi haute idée, on doit reconnaître qu'elle produit d'excellents effets dans beaucoup de maladies. On l'a vantée avec raison contre les affections des voies digeslives, la dyspepsie, les catarrhes chroniques, l'atonie de l'estomac et des organes connexes, les affections nerveuses, les sueurs excessives, l'hémoptysie, les flux îuuqueux, la leucorrhée et surtout les diarrhées opiniâtres. On l'a prescrite aussi pour arrêter la sécrétion du lait chez les nourrices. On l'a regardée comme très-utile dans la forme muqup.use et adynamique des fièvres typhoïdes, contre le scorbut, les hydrupisies, les lièvres intermrtteii tes, les assoupissements, ies vertiges, les tremblements, la paralysie, la goutte, les rhumatismes, les toux humides, les obstructions abdominales, les flueurs blanches, etc. A l'extérieur, elle a ete appliquée contre les coups, les oontusious, les ecchymoses, l'œdème, les aphthes, les engorgements articulaires, les douleurs rhumatismales, les fougosités des gencives, les maladies de la peau, etc. Il ne faut pas oubli..-!* toutefois que, chez les malades d'un tempérament sanguin ou excitable, ou atteints d'une affection iiitlaunnatoire, celte plante ne pourrait produire que de mauvais effets et doit dès lors être proscrite.
La sou^e rend encore quelques services à l'économie domestique et à l'art culinaire. Elle est fréquemment employée comme assaisonnement dans le Midi, et même en Allemagne; on en met dans beaucoup d'aliments. A une certaine époque, sou. infusion théiforme jouissait d'une grande réputation, qui lui a valu les noms vulgaires de thé de France ou de Grèce. V. de Boinare dit que, de son temps, les Chinois la préféraient à leur thé et qu'Us donnaient aux Hollandais deux et même trois caisses de celui-ci en échange d'une caisse de sauge; mais les choses ont bien changé depuis lors. Infusée dans du vin blanc, la sauge lui donne un goût de muscat et le rend plus enivrant. Dans quelques contrées du
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Nord, elle remplace le houblon pour la fabrication de la bière. Les parfumeurs utilisent son huile essentielle, et les anciens se servaient de la plante pour leurs embaumements;, on en fait aussi des sachets. Enfin, on eu a extrait une matière tinctoriale d'un jaune verdâtre très-solide.
La sauge hormin, appelée aussi ormin ou prudhomme, ne doit pas être confondue avec l'hormin des Pyrénées, qui appartient à un genre différent. C'est une plante annuelle ou bisannuelle à tige haute de 0m,35 en moyenne, portant des feuilles ovales oblongues, hérissées de poils blanchâtres ; les fleurs, bleues, violacées, purpurines ou blanches, accompagnées de grandes bractées de même couleur, sont groupées en faux verticilles, dont la réunion constitue un épi allongé. Elle croit dans les régions méridionales de l'Europe et habite surtout les lieux secs. On ne la cultive guère que dans les jardins botaniques ou d'agrément; on pourrait la propager avec avantage dans les parcs et jardins paysagers; toutes ses variétés produisent uu bel effet en massifs, en corbeilles ou en bordures. 11 lui faut une exposition chaude, une terre légère et quelques arrosemeim en été ; on la propage de graines semées en place en avril et mai. On peut encore semer en pépinière, au printemps ou à l'automne, pour repiquer en place ou en pépinière. La sauge hormin, peu usitée aujourd'hui, possède ries propriétés analogues à celles de la sauge officinale, mais moins actives; il en est rie même de la sauge sclarée, plus connue sous le nom i'oraate.
La sauge de3 prés ou sauvage est vivace ; ses tiges, hautes de 0m,30 à 0m,8Ci, portent des feuilles deux fois crénelées, les feuilles radicales très-grandes et longuement pétiolées, les feuiltes cauliriuires beaucoup plus petites et presque sessiles ; ses fleurs bleues, plus rarement rosées ou blanches, sont groupées en épis interrompus et ont un calice puboscent et visqueux, une corolle beaucoup plus longue et un style saillant. Cette plante croit abondamment dans les près secs, sur les pelouses, le long des haies et des chemins; elle est trèscommune clans presque toutes les contrées de l'Europe, Peu répandue dans les jardins, elle mérite néanmoins d'occuper une place dans les plantations d'agrément, surtout dans les parties accidentées des jardins pittoresques. Elle vient dans presque tous les sols et se propage très-facilement par semis en place ou en pépinière, par éclats de pied ou par la transplantation des jeunes individus croissant à l'état sauvage.
La sauge des- prés a une odeur forte, et peut jusqu'à un certain point remplacer l'espèce officinale, bien que ses propriétés soient moins énergiques. Les chèvres et les moutons aiment beaucoup cette plante; mais les autres bestiaux n'en veulent pas. D'un autre côté, ses grandes feuilles radicales, étalées en larges rosettes, nuisent beaucoup à la production de l'herbe des prairies; aussi tous les agriculteurs intelligents doivent-ils en débarrasser leurs prés, en la faisant arracher, vers la lin de l'hiver, avec une pioche à fer étroit. Comme elle est souvent trèsabondante, on peut l'ajouter aux tas de fumier pour la convertir en engrais, ou la brûler pour en extraire de la potasse.
Parmi les autres espèces indigènes, nous citerons : la sauge verveine, p.ante vivace, peu odurante, à feuilles sinuées, dentées, et à fleurs bleues, plus rarement purpurines, qui croît dans les sols calcaires, sur les pelouses arides et les coteaux herbeux; la sauge verticillée, a Heurs violettes, en faux verticilles très-compactes, originaire du midi de la France, où elle croît dans les lieux secs, au bord des chemins, et naturalisée aux environs de Paris; la sauge glutineuse, à fleurs jaunes, qui habite les montagnes et les forêts des provinces méridionales; la sauge à longs épis, à fleurs blanches et a feuilles cordiformes ; les sauges verte, des bois, cotonneuse, qui croissent dans le midi de la France, etc. Toutes ces espèces, plus ou moins actives, mais peu ou point usitées, sont quelquefois cultivées dans les jardins d'agrément , qu'elles concourent à orner. Toutes sont vivaces et se multiplient facilement par semis, ou par la séparation, des pieds opérée surtout au printemps.
Quelques espèces étrangères se recommandent par leurs propriétés médicinales ou économiques. La sauge d'Espagne est une plante vivace, à feuilles ovales et a fleurs disposées en épis imbriqués; ses graines, à tégument luisant, d'un gris tacheté de brun, rappellent en petit celles du ricin; trempées dans l'eau, elles se gonflent et s'entourent d'un mucilage épais, comme celles du cognassier; ce mucilage, dissous dans l'eau chaude, l'orme une boisson adoucissante, agréable, qu'on donne habituellement aux malades. La sauge du Bengale, dans l'Inde, la sauge à fleurs blanches, aux Antilles, les sauges radicante, sagitlée et a feuilles entières, au Pérou, remplacent notre sauge; on les donne notamment, en infusion ou en décoction, contre la pleurésie, les obstructions, etc.
La sauge pomifere croit dans l'Ile de Crète ; elle ressemble beaucoup à la sauge officinale, dont elle se distingue néanmoins par ses feuilles plus allongées et par ses calices renflés, à dents obtuses; ses jeunes tiges sont souvent piquées par un insecte, et il en résuite des sortes de galles dures, charnues,
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translucides, d'environ 0™,0î de diamètre; on vend ces galles sur les marchés sous le nom de pommes de sauge, et on les mange confites. On en trouve, du reste, de semblables sur plusieurs espèces voisines. On a essayé d'utiliser, pour teindre les étoffes et les tissus, les matières colorantes renfermées dans les corolles de la sauge éclatante et de quelques autres; on a obtenu ainsi des tons d'un rouge carmin très-brillants, mais peu solides.
11 nous reste à parler de quelques sauges qui se recommandent surtout comme plantes ornementales, et d'abord de celles qu'on peut cultiver en plein air sous nos climats. La sauge argentée ou à rameaux étalés est une plante bisannuelle, à .grandes feuilles ovales cunéiformes, recouvt.'ies d'un duvet blanc argentin, et à fleurs blanches; elle habite l'Europe méridionale et demande une terre légère et une exposition chaude ; la sauge azurée, vivace et à fleurs bleues, est originaire de l'Amérique du Nord; la sauge petit chêne est un sous-arbrisseuu du Mexique, à feuilles d'un vert cendré et à corolles d'un beau bleu, à gorge blanche; la sauge écarlate, de la Floride, est vivace, mais cultivée chez nous comme annuelle. Ces dernières demandent un peu d'abri pendant l'hiver.
D'autres espèces exigent la serre froide ou tempérée; telles sont, entre autres, la sauge éclatante etlasau^e cardinale.'superbes plantes à fleurs écarlates ou pourpres, originaires la première du Brésil, la seconde du Mexique ; la sauge involucrée, de cette dernière contrée, à belles fleurs roses, en épis, accompagnées de bractées de même couleur, et simulant dans leur jeune âge des boutons de rose; la sauge à fleurs violettes, du Mexique, ainsi que les suivantes; la sauge étalée, à larges fleurs d'un bleu de cobalt; la sauge tricolore, dont les corolles d'un beau blanc sont maculées de rouge violacé à la lèvre supérieure et de rouge minium à la lèvre inférieure ; la sauge à feuilles de lantana, à fleurs roses ou rouges ; la sauge de Graham, qui présente diverses nuances de rose et de carmin, etc. Ci tons encore la sauj'e splendide, aussi à fleurs écarlates, du Brésil ; la snu^e de Rœmer, à fleurs carmin foncé, qu'on croit originaire de cette même contrée ; la sauge à feuilles de lavande, à fleurs d'un beau bleu, du Mexique, et la sauge dorée, à corolles d'un beau jaune d'or, passant avec l'âge à la couleur rouille, du Cap de Bonne-Espérance.
Les espèces de serre se multiplient aussi aisément que les autres, soit de graines semées en terrines ou en pots remplis de terre de bruyère et enterrés sur couche chaude, au printemps, soit de boutures et d'éclats, qui reprennent très-bien et poussent trèsvite, faits à l'automne et sur couche chaude. On donne de l'air quand la température le permet. Dès que les froids ne sont plus à craindre, on peut livrer les plantes à la pleine terre; on les relève à l'automne pour les remettre en pots, et on supprime alors les parties herbacées susceptibles de fondre.
SAUGE, ÉE adj. (sô-jé — rad. sauge).
Pharm. Qui contient de la sauge : Via sauge.
— s. m. Hortic. Variété de lilas. Il On écrit aussi SAUGET.
SAUGEOIRE s. f. (sô-joi-re). Techn. Instrument employé pour mettre le sel dans des paniers.
SAUGER s. m. (sô-jé — de sauge, a cause de la forme des feuilles, qui rappelle celles de la sauge). Arboric. Variété de poirier qui produit des poires dont on fait du poiré.
SAUGERETTE s. f. (sô-je-rè-te — altér, de saute). Bot. Nom donné en Normandie au saule rampant.
SAUGEHT1E5, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, sur l'Hudson, a 84 kilom. S. d'Albany ; 6,800 hab. Manufactures diverses.
SAUGET s. m. (sô-jè). Hortic. Variété de lilas. Il On dit aussi SAOOB.
SAUG1E s. f. (sô-jl — rad. sauge). Ane. pharm. Breuvage fait avec de la sauge.
SAUGRA1N (Guillaume), libraire et écrivain français. Il vivait au xvue siècle, et il continua à Paris le commerce de la librairie, exercé depuis longtemps par sa famille, et publia : la Maréchaussée de France ou Recueil des édits, déclarations, lettres patentes, etc., de tous les officiers et archers de maréchaussée (Paris, 1697, in-io).
SAUGKAIN (Claude-Marin), écrivain français, parent du précédent. Il vivait dans la première moitié du xvm6 siècle et fut également libraire à Paris, où il devint syndic de sa corporation. On lui doit plusieurs ouvrages : Code des chasses (Paris, 1713, 2 vol. in-12), souvent réédité; les Curiosités de Paris, de Versailles, de Marly, de Vincennes, de Saint- Cloud et des environs (1716, in-12), réédité en deux volumes en 1723; Nouveau voyage de France, géographique, historique (1818, in-12) ; Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne (1726, 3 vol. in-fol.); Code de la librairie et imprimerie de Paris (1774, in-12).
SAUGRENÉE s. f. (sô-gre-né — du lat. sal, sel ; granum, grain). Ane. art culin. Pois ou fèves qu'on accommodait aveu du beurre, des herbes fines, de l'eiiu et du sel.
SAUGRENU, UE adj. (sô -gre-nu, ù — du lat. sat, sel, et de grenu. Le mot s'est d'à-
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bord appliqué h. une chose pleine de sel, piquante, puis a désigné une chose bizarre, une drôlerie, et enfin une chose burlesque, sotte, ridicule). Qui est d'une bizarrerie ridicule : Question «augrknl'B. Réponse saugrenue. Raisonnement saugrenu. Il ne faut jamais répondre à certains défis saugrenus, sinon pour interloquer et morigéner tes impertiyenls qui les font. (M"16 de Créquy.) D'excellentes imitations de chefs-d'œuvre valent mieux que des imaginations saugrenues ou mesquines. (Th. Gaut.)
En ce temps saugrenu.
Pour se faire connaître il faut être connu.
E. Auoiek.
SAUGRENUITÉ s. f. (sô-gre-nu-i-té — rad. saugrenu). Qualité de ce qui est saugrenu ; chose saugrenue : Une réponse d'une saugrenuitr choquante. Ce n'est pas que je fasse le moindre cas de ces grimauds, de ces gratte papier; mais quelquefois, parmi les saugrenuitÉs que ces espèces tirent de leurs cervelles biscornues, il se trouve des drôleries dont on peut rire sans conséquence. (Th. Gaut.)
SAUGUE s. f. -(sô-ghe). Bateau de pêche en usage sur les côtes de la Méditerranée.
SAUGUES, bourg de France (Haute-Loire), ch.-l. de canton, arrond. et a 42 kilom. S.-O. du Puy, près du Suéjolo, affluent de l'Allier ; pop. aggl., 1,810 hab. — pop. tôt., 3,738 hab. Elève de mulets. Fabrication de dentelles, étoffes grossières et fromages estimés. Commerce de bestiaux, grives, bécasses et fromages. Aux environs, curieux, monument connu sous le nom de Tombeau du général anglais; ii est composé de quatre colonnes de 4 mètres de hauteur, reposant sur une base cubique et supportant une voûte en ogive.
SAUGUZÉE s. f. (sô-gu-zé). Coinm. Toile de coton de l'Inde.
SAUMALA s. m. (sô-i-ja-la). Ornith. Espèce de grive qui habite Madagascar.
SACJON, bourg de France (Charente-Inférieure), ch.-l. de canton, arrond. et à 26 kilom. S.-O. de Saintes, sur la Seudre; pop. aggl., 2,113 hab. — pop. tôt., 2,891 hab. Fabriques de toiles et d'étoffes de laine. Commerce de bestiaux et grains, petit port de cabotage; exportation de vins et eaux-devie.
S AU Kl s. m. (sô-ki). Ornith. Espèce de pingouin qui habite le voisinage des monts Ou rais.
SAUL, nom que porta d'abord saint Paul.
SACL, premier roi d'Israël, mort en 1055 av. J.-C. Lassé du gouvernement des grands prêtres, le peuple demanda un chef militaire au grand prêtre Samuel. Celui-ci, qui tenait essentiellement à conserver le pouvoir temporel en même temps que le spirituel, eiSava de détourner le peuple de ce projet en lui faisant la peinture Adèle du pouvoir odieux que s'arrogeait un roi : « IL prendra vos iils pour en faire ses charretiers et il en fera des cavaliers, et il en fera des tribuns et des centurions, et des laboureurs de ses champs et des moissonneurs de ses blés, des forgerons pour lui faire des armes et des chariots ; et il fera de vos filles ses parfumeuses, ses cuisinières et ses boulangères; et il prendra vos meilleurs champs, vos meilleures vignes et vos meilleurs plants d'oliviers et les donnera à ses valets. Il prendra la dtrae de vos blés et de vos vignes pour la donner à ses eunuques et il prendra vos serviteurs et vos servantes, et vos jeunes gens et vos ânes et les fera travailler pour lui. Et vous crierez alors contre la face de votre roi ; et le Seigneur ne vous exaucera pas, parce que c'est vous-mêmes qui avez demandé un roi. » Le peuple ayant persisté à choisir entre deux maux, la théocratie et la royauté, celui qui lui paraissait le moins intolérable, Samuel dut céder.
11 y avait alors en Benjamin un homme du nom de Cis, dont le tils, appelé Saul, était d'une taille avantageuse et d'une beauté remarquable. Un jour, les ânesses de son père s'étant égarées, Saul fatigué de les chercher s'en alla consulter le voyant. Samuel, averti dès la veille par le Seigneur, reconnut aussitôt celui que Dieu destinait a la royauté, et, l'ayant tiré à l'écart, il lui répandit une petite fiole d'huile sur la tête en disant : ■ Le Seigneur, par celte onction, te sacre prince sur son héritage. • Samuel appela alors te peuple à se réunir par tribus et par familles pour élire un roi par la voie du sort, et, comme il présidait l'opération, ce fut naturellement Saul que le sort désigna (1095). Saul, renommé par sa beauté, par sa force corporelle, par sa haute stature, fut acclamé par le peuple. Seuls les enfants de Bélial le méprisèrent et ne lui offrirent pas de présent. Comme il n'y avait aucune affaire considérable, Saul s'en retourna dans la maison de son père ; mais un mois après les Ammonites ayant envahi le pays, Saiil appela les Israélites aux armes et battit complètement les eaj nemis. Après cette victoire, son pouvoir, cou- | firme à Galgala, fut universellement reconnu, ■ et Samueldéposa alors son litre déjuge. Deux ' ans plus tard, les Philistins envahirent Israël, ] portant partout la terreur et faisant tout fuir i devant eux. Craignant de se voir abandonné | de tout le peuple terrifié, Saùl, qui depuis i sept jours attendait vainement Samuel à ! Galgala, offrit un sacrifice au Seigneur. En ce I moment Samuel arriva. Furieux de voir le
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roi empiéter sur ses attributions sacerdotales, le grand prêtre le menaça de lui donner un successeur et lui annonça que son règne serait de peu de durée. Quelque temps après Jonathas, fils de Saùl, pénétra dans le camp des Philistins, dont il égorgea l'avani-garde ; les Philistins, se croyant attaqués de toutes parts tournèrent leurs armes les uns contre les autres, furent poursuivis par S"ûl et quittèrent le pays. Samuel, au nom de Dieu, ordonna peu après à Saûl de marcher contre les Amalêcites, qui jadis s'étaient opposés au passage des Hébreux revenant d'Egypte, et de les exterminer tous, depuis le vieillard et la femme jusqu'à l'enfanta la mamelle, sans même épargner les animaux. Saùl obéit , tailla en pièces les Amalêcites, mais il crut devoir épargner leur roi, l'élite des brebis, des bœufs, des béliers et ce qu'il y avait de plus beau en meubles et en vêtements; il ne fit détruire que ce qui lui parut vil et méprisable. Samuel fut furieux en voyant que Saûl, en qui il avait espéré trouver un instrument docile du pouvoir théocratique, n'avait pas accompli jusqu'au bout l'œuvre d'abominable destruction qu'il lui avait ordonnée au nom du dieu des Juifs. Il ne se borna pas a le lui reprocher violemment; pour la seconde fois il lui annonça qu'il allait le détrôner; puis, ayant demandé qu'on amenât devant lui Agag, roi d'Amalec, le sanguinaire grand prêtre le tua et le coupa lui-même en morceaux. A partir de ce moment, profondément troublé pur les menaces de Samuel, Suiil tomba dans une sombre mélancolie et dans des accès de fureur, que parvenaient à peine à dissiper les sons harmonieux du kinnor (harpe) de David. Après que ce dernier eut tué Goliath, Saiil devint jaloux de lui, refusa de lui donner sa fillî Miohol en mariage et tenta à maintes reprises de se défaire de lui. Samuel, avant de mourir, avait secrètement sacré le jeune pâtre, et Saùl apprit de la pythonissed'Endor, dit la Bible, que son royaume allait passer à David. Accablé par cette nouvelle, il fut facilement vaincu par les Philistins a la bataille de Gelboé et se perça luimême de son épée pour ne pas tomber vivant entre les mains de ses ennemis. Saul avait été heureux dans presque toutes ses expéditions. Il avait battu tous ses ennemis, Moab, les fils d'Ammon, d'Eriom, les rois de Saba, les Philistins, et partout où il s'était trouvé il était resté vainqueur. Il avait eu sept fils, Jonathas, Abinadub, Melchisua, Jessui, Esbaal, Armoni, Mephiboseth, et deux filles, Mérob et Michol, qui devint la femme de David. L'histoire de Saiil est longuement écrite dans le premier livre de;* Rois.
Cette circonstance de la vie de Saûl, qui trouve une couronne en cherchant des ànesses, se prêtait trop à l'antithèse pour ne pas tomber dans le domaine littéraire et y devenir l'objet d'allusions presque toujours plaisantes.
« Il y a toujours dans les proverbes quelque trait particulier qui en indique le sens, et ce sens n'est jamais impénétrable pour qui sait le chercher. En cherchant bien on finit par trouver, et quelquefois mieux que ce qu'on cherchait. C'est ie cas d'appliquer le proverbe : Saùl cherchait des ânesses et it trouva une couronne. >
Quitard.
« Il ne manque plus maintenant au préten daut français que de reparaître, comme autrefois le prétendant anglais, dans sa patrie. Eh! mon Dieu, qu'il vienne! je lui j|rédis le sort inverse de celui de Suiil, qui cherchait les ânes de son père et qui trouva une couronne : le jeune Henri viendra en France pour y chercher une couronne et il n'y trouvera que les ânes de son père. »
Henri Hhine.
— Iconogr. Cornelis Bos a gravé en 1516 une suite de quatre planches relatives à l'histoire de Saùl. La pinacothèque de Milan possède un tableau de Joachim Sundrart qui a été gravé par Michèle Bit>i et qui représente Saut sacré 7%oi d'Israël par Samuel. Le même sujet a été gravé par C. Baroni, d'après Rubens. Crispin de Passe le vieux a gravé, d'après Martin de Vos, une composition représentant Saùl faisant égorijer les prêtres de Nolpe. Ch. Lafond a peint la Frénésie de Saûl (Salon de 18M); ce tableau appartient à la ville de Dijon. Gros a exposé au Salon de 1822 un tableau représentant David charmant Saùl par le son de sa harpe : au premier plan, le roi d'Israël est à. demicouché sur un lit de repos, le bras gauche accoudé, le visage tourné vers le spectateur, la main droite tendue en avant; il écoute, étonné et ravi, les sons mélodieux que David tire de sa harpe; celui-ci, en costume de pâtre, est debout à l'entrée de la salle, derrière le roi; il a les bras ei les jambes nus; près de lui, la reine, un vieillard joignant les mains, des guerriers, une jeune femme épient avec anxiété l'effet produit sur le roi par la musique. Ce tableau, en dépit de qualités remarquables, est fort au-dessous des œuvres qui ont fait la réputation de Gros, il a été l'objet des plus vives critiques lorsqu'il parut. Il fut acheté par le duc d'Orléans (Louis-Philippe) et a été gravé au trait par Réveil {Galerie des arts et de l'histoire, IV, pi. 284). M. Paul Baudry a peint sur le même sujet,
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pour le foyer de l'Opéra, une très-belle composition : le vieux roi, couché sous une tente, appme la main droite sur son lit, comme nour se redresser, et ramène vers lui, de son bras »auche, sa fille Michol, qui l'enlace et semb.e vouloir le retenir; son fils. Jonathas, est accroupi derrière lui et fait signe à David de s'enfuir; ce dernier est debout à l'entrée de la tente et joue de la harpe; sa jeune et lière silhouette se détache sur un fond vivement éclairé par la lune, où l'on entrevoit, sous 3es palmiers, les sentinelles qui gardent le camp. Une composition de Carie Vanloo, David jouant de la harpe devant Saut, a été gravée par Cochin le fils. Un tableau de C.-W. Dietrich, Saùl devant David, a fait partif de la galerie Pereire (vente de 1872). Le même sujet a été gravé par W. van der Leeuw, d'après Rembrandt. Une fresque de H. de Hess, représentant Saûl et Dàmd, décore l'église de Tous-les-Saints, à Munich. Un tableau de Fr.-X. Pabre, qui est au musée du Montpellier, a pour sujet Saùl agite' par le remords et croyant voir l'ombre d'Abimélec.'i. Un tableau de R.-T. Bertbon, qui a été exposé au Salon de 1823 et qui appartient au musée de Caen, représente Danid demandant à Saùl l'autorisation de combattre Goliath. Pietro délia Vecchia a peint Saûl recevant la tête de Goliath (musée de Dresde). L'Apparition de l'ombre de Samuel à Saùl a été ptintepar Rembrandt, Schoenfeld (gravé par G. Ehinger), J. Werner (gravé par Ph.- A. K lian), etc. (v. Pythonisse). Au palais Stroz.ji, à Florence, est un tableau de Pierre de Cortone représentant David poursuivi par Saùl. La Mort de Saùl a été peinte par P. Breughel le vieux (musée du Belvédère) et par Sebastien Franck (musée de Langres).
Saûl, tragédie d'Altieri. C'est une de celles que l'iuteur aimait le plus, une de celles en même temps qui ont eu le succès le plus constant sur le théâtre. La manière nue et austère d'Altieri convenait à la simplicité patriarcile du temps qu'il voulait représenter, et, d'i.utre part, la pompe du style orientai s'est cuelquefois introduite dans celui d'Alfieri. Dès le premier acte, le caractère de David se développe d'une manière très-noble : tendre, loyal, fidèle, il met Dieu au-dessus de toutes ses affections ; pourtant, il aime Michol, sa femme. Celle-ci, tandis que son époux s'est dérobé à la fureur de son père, soigno et console celui-ci, tourmenté par un malin esprit. Abner, général de Saûl, veut sacrifier a sa jalousie tous cens, dont le mérite lui fait ombrage. Tout ceci est exposé a David par son ami Jonathan, frère de Michol. Jonathan est plein de foi et de dévouement pour David. Michol est une femme tendre et souffrante, qui n'a d'autre pensée que David, de douleur que pour lui et ne désire que lui. Saûl se montre dès le second acte tel qu'il est pendant toute la pièce; il s'abandonne avec impétuosité à des passions toutes contraire;; ; le dernier mot qu'il entend éveille un nouve. orage dans son aine; il croit aisément sa glo re blessée, sa puissance compromise ; il menace, il punit, et sa propre fureur lui paraît dt nouveau une vengeance de Dieu sous laquel.e il succombe. La tendre soumission de David calme Saul; mais les insinuations perfides d' Abner raniment toute sa fureur. Au troisième acte, David apaise de nouveau son délire en «hantant la gloire guerrière dans le mètre des canzoni; mais il offense involo Hairement l'orgueil déliraut de Saûl, qui vejt le percer de son épée. Au quatrième acte, Saul, poussé par Abner , fait traîner à la mort le grand prêtre Abimélech, qui avait osé lui résister, et ordonne que, si David se présente pour prendre part a la bataille qu'on va livrer aux Philistins, il soit mis à mort. Au cinquième acte, David quitte le camp souillé par un sacrilège, et les Philistins surprennent les Israélites. Saùl refuse de se soustraire à la mort et s'écrie : « Philistin impie ! tu me trouveras, mais tel qu'un roi doit se livrer, sans viel » Et il tombe sur son épée. > Cette tragédie, dit Sismondi, est complètement différente de toutes les autres pièces d'Alfieri; elle est conçue dans l'esprit de Sliakspeare, et non dans celui des tragiques français. Ce n'est point le combat entre la passion et un devoir qui fait la péripétie ou le noeud tragique ; c'est la peinture d'un caractère noble, avec de grandes faiblesses qui quelqusfois sont attachées à de grandes vertus; c'îst la fatalité, non de la destinée, mais de la nature humaine. 11 y a à peine une action dans cette pièce. Saûl périt victime, non de ses passions, non de ses crimes, mais de tes remords, augmentés par l'effroi qu'uue noire imagination a jeté dans son âme. »
Saûl.. opéra biblique en trois actes, paroles de Desprès, Deschamps et Morel, musique arrangée par C. Itulkbrenner et Lachnith, d'aprèt Haydn, Mozart, Cimarosa et Paisiello ; représenté à l'Upéra le 7 avril 1803, pendant la semaine sainte , pour tenir lieu des concerts spirituels, lesquels n'étaient pas encore rétabli!;.
SAULAIE s. f. (sô-lê — rad. saule). Lieu planté de saules.
SAUloAS s. ta. (sô-las). Ornilii. Pie-grièche du Bengale.
SAU1.AS ou SOULAS (Gilles), minisire protestant français qui vivait au XVIe siècle. Il desservait l'église de Valence et, grâce à son zèle et à son éloquence, le nombre des pro-
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testants s'accrut rapidement dans cette ville. Le duc de Guise voulut arrêter les progrès des doctrines nouvelles, et, à cet effet, il envoya Maugiron dans le Dauphiné. Maugiron s'empara du temple des Cordeliers par ruse et ensuite du reste de la ville, qu il traita avec rigueur. Saulas fut condamné, comme ministre, à avoir la tête tranchée. Quant aux autres prisonniers, ils purent sortir de'la ville, « avec abjurations, fouets, bannissements et grosses amendes. »
SÀCLCï (Louis-Félicien-Joseph Cmgnakt de), archéologue et numismate français, né à Lille le 19 mars 1807. A dix-neuf ans, il entra à l'Kcole polytechnique, d'où il sortit dans l'artillerie. Après avoir passé les deux années réglementaires à l'Ecole d'application de Metz, il resta dans cette ville comme lieutenant, puis comme capitaine d'artillerie et employa tous ses loisirs a l'étude de l'archéologie et de la numismatique, pour lesquelles il avait un goût des plus vifs. M. de Saulcy fît paraître divers mémoires et commença a se faire connaître par un Essai de classification des suites monétaires byzantines , qui lui valut en 1836 un prix de l'Institut. Deux ans plus tard, il fut nommé professeur de mécanique à l'Ecole d'application et, en 1839, membre correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. A cette époque, le duc d'Orléans, s'étant rendu à Metz, fut -frappé du savoir du jeune archéologue, qui était en même. temps un homme de beaucoup d'esprit; il le fit nommer en 1840 conservateur du musée d'artillerie à Paris. En 1842, M. de Saulcy devint meinbie en titre de l'Académie des inscriptions. Les loisirs que lui faisait sa position nouvelle lui permirent alors de s'occuper d'une façon tonte particulière d'épigraphie orientale. En 1850, il se rendit en Palestine avec M. Edouard Delessert et l'abbé Michun, explora principalement la région de la. mer Morte et annonça a son retour qu'il avait fait les plus importantes découvertes. Il prétendit, en effet, qu'il avait trouvé les ruines de Sodome, de Gomorrhe, de Ségor, d'Adania, de Séboïm ; que les monuments connus sous le nom de Tombeaux des rois n'étaient autres que ceux des rois de Juda, et il n'hésita point à affirmer qu'un sarcophage dont il lit don au musée du Louvre était celui du roi David. Ces affirmations tirent grand bruit dans le inonde savant. M. de Saulcy trouva de nombreux contradicteurs qui l'accusèrent d'avoir beaucoup plus d'imagination que de sagacité, et il répondit à ces critiques de façon à satisfaire les gens d'esprit, sinon les véritables savants. Eu 1852, il fut un des fondateurs de V Athenmum et fut chargé en 1857 de rédiger la revue scientifique au Courrier de Paris. Deux ans plus taro, M. de Saulcy reçut un siège au Sénat, puis en 1862 la croix de la Légion d'honneur. Vers la même époque, sa seconds femme, fille du diplomate suédois de BiUing, de vint dame d'honneur de l'impératrice Eugénie. Comme homme politique, M. de Saulcy ne joua qu'un rôle des plus etfacés,se bornant à voter constamment pour toutes les mesures présentées par le gouvernement. La révolution du 4 septembre 1870 l'a fait rentrer dans la vie privée. Doué de talents ires- variés, musicien, dessinateur, causeur brillant, écrivain spirituel, M. de Saulcy a rendu des services à la science, surtout comme numismate; mais, emporté par la vivacité de son imagination, il s'est permis fréquemment des assertions peu justifiées et est tombé dans de notables erreurs. Indépendamment d'un grand nombre d'articles publiés dans le Journal asiatique, la Ilenue de numismatique, la Revue arcliéotogique, les Mémoires de l Académie des inscriptions, V Alhetiseum, le Courrier de Paris, la Bibliothèque des chartes, etc., on lui doit : Recherches sur les monnaies des eueqv.es de Metz (1835, in-8°); Recherches sur les monnaies de la cité de Metz (1836, in-8»); Monnaies des ducs de Normandie 11836, iu-8°) ; Essai de classification des suites monétaires byzantines (1838, in-8u) ; Essai de classification des monnaies autonomes de l'Espagne (1840, in-8°) ; Recherches sur les monnaies des ducs héréditaires de Lorraine (1841, in-4"); Cours d'artillerie de l' Ecole d'application (1841, in-4°), avec Piobert et Didion ; Recherches sur les monnaies des comtes et des ducs de Bar (1843, in-4°) ; Analyse grammaticale du texte demotique du décret de Rosette (1845, in-4<>) , inachevé; Numismatique des croisades (1847, in-4») ; Recherches sur l'écriture cunéiforme assyrienne (1848, iu-4°); Recherches sur la chronologie des empires de Ninive, de Babylone et d'Ecbatane (1850, in-8°); Voyage autour de la mer Morte et dans tes terres bibliques (1852-1854, 2 vol. in-8<>), avec planches, cartes (v. Morte [mer]) ; Recherches sur la numismatique judaïque (1854, in-4«) ; Catalogue des collections dont se compose le muséum de l'artillerie (1855, in-12); Dictionnaire des antiquités bibliques (1857, in-8°); Histoire de l'art judaïque, tirée des textes sacrés et profanes (1858, in-8°); les Expéditions de César en Grande-Bretagne (1860, in-8°J; les Campagnes de Jutes César dans les Gaules (1862, in-8"); Voyage en terre sainte (1865,2 vol. iu-8°); les Derniers jours de Jérusalem (1866, in-8«) [v. Jérusalem]; Histoire d' Rérode, roi des Juifs (1867, in-8") ; Elude chronologique des livres ti'Esdras et de Néhéinie (1868, iu-8u) ; Numismatique de la terre sainte (1873,' in-so), ouvrage important, un des meilleurs
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de l'auteur ; Deux inscriptions de Saïda (18Ï4, in-8») ; Numismatique des ruis nabathéens de Petra (1874, in-8°); Sept siècles de l histoire judaïque (1874, in-18) ; Système monétaire de la république romaine à l'époque de Jutes César (Mit, in-4°); Observations sur l'éducation de Cattacus yama-mai (1874, in-s°), etc.
SAULDRE ou SAUDRE, rivière de France (Loir-et-Cher). Elle se forme dans l'arrondissement de Romorantin, à 3 kilom. N.-O. de Salbris, par la réunion de la grande et de la petite Sauldre, qui ont presque tout leur cours dans le département du Cher, arrond. de Sancerre, et qui s'unissent, la première après un cours de 90 kilom., la seconde de 65 kilom. La Sauldre coule au S.-O., passe à Salbris et à Romorantin et se jette dans le Cher, après un cours de 56 kilom., 146 à partir de la source de la grande Sauldre.
SAULE s. in. (sô-le. — Ce mot ne peut se déduire du lat. salix. A ce dernier, cependant, répondent : bourguignon et lorrain sausse, champenois saux, provençal sauze, sautz, italien salcio, espagnol salce, sauce, sauz, de même que le dérivé saussaie reproduit le latin salicetum. Diez assigne au français saule une origine germanique : vieux haut allemand sataha, écourté en sala. Ce nom germanique correspond du reste au nom latin). Bot. Genre d'arbres, type de la famille des salicinées, comprenant un grand nombre d' espèces, répandues surtout dans les régions tempérées et froides de l'hémisphère nord : Saule blanc. Saule pleureur. Le saule blanc se multiplie avec la plus grande facilité par boutures. (P. Duchartre.) Les fleurs de plusieurs saules ont une odeur fort agréable. (V. de Bomare.) Les vieux saules produisent une grande quantité de branches, quoique leur centre soit creux. (Bosc) Nous avons tiré des bords de l'Euphrate le saule pleureur ou parasol, dit aussi saule de Babylone. (T. de Berneaud.) Les saules sont doués d'une telle force de végétation qu'une simple baguette ou un piquet planté en terre; quel que soit le sens dans lequel on l'ait enfoncé, reprend et produit un arbre. (Morogues.)
Anne ne craignait rien, des saules la couvraient
Comme eût fait une jalousie,
La Fontaine.
Mes chers amis, quand je mourrai.
Plantez un saule au cimetière;
J'aime son feuillage éploré;
La pâleur m'en est douce et chère.
A. de Musset.
— Astron. Feuilles de saule, Espaces solaires de forme oblongue, séparés les uns des autres par des lignes, de points obscurs.
— Zooph. Saute marin, Nom vulgaire de diverses espèces de gorgones.
— Encycl. Le genre saule se compose d'arbres et d'arbrisseaux à feuilles généralement alternes, simples, entières ou dentées, plus ou moins pubescentes ou velues, souvent munies de stipules persistantes ou caduques. Les bourgeons, à feuilles imbriquées, mais
.non enroulées, sont recouverts par une seule écaille. Les fleurs sont dioïqnes et groupées en chatons sessiles ou pédoncules, paraissant avant ou avec les-feuilles; elles présentent une ou deux glandes nectariferes qui occupent la base des organes reproducteurs; les mâles ont deux à cinq étamines, à filets tantôt libres, tantôt soudés à la base, rarement dans toute leur longueur; les femelles ont un ovaire sessile ou pédicellé, surmonté d'un Style plus ou moins long, termine par deux stigmates entiers, éehancrés ou bifides. Le fruit est une petite capsule s'ouvrant en deux valves et renfermant plusieurs graines très-petites, muuies d'une aigrette soyeuse.
Ce genre comprend au moins cent cinquante espèces, dont plus des deux tiers se trouvent en Europe; elles croissent, en gênerai, dans les terrains frais ou au bord des eaux. Elles présentent de nombreuses variétés intermédiaires, et les hybridations entre espèces voisines ne sont pas rares. Bien souvent, les feuilles et les fleurs paraissent à des époques différentes. Enfin, ces végétaux sont dioîques,et il en est dont on ne possède, dans certaines régions, qu'un seul sexe. Il résulte de ces diverses causes que les espèces sont souvent assez difficiles à déterminer ; de là la confusion qui règne encore dans ce groupe et le peu d'accord qui existe sur ce point entre les nomenclateurs. Il en est de même pour les groupes secondaires, dans lesquels on a cherché à répartir les nombreuses espèces de ce genre. M. A. Dupuis a proposé une classification très-pratique et fondée sur des caractères très-faciles à observer; il divise les saules en deux sections : les marceaux, à feuilles ovales et paraissant après les fleurs, et les osiers, à feuilles lancéolées et se montrant en même temps que les chatons floraux.
Les saules sont susceptibles de nombreuses applications économiques, industrielles ou médicales. Le bois des grandes espèces, blanc, jaune ou rougeàtre, est employé dans la menuiserie; on eu fait aussi des ouvrages de fente et des échalas. L'ecorce a été ou est encore usitée en médecine comme amère, tonique, fébrifuge, antbelminthique, etc.; elle doit ces propriétés surtout k un principe particulier appelé saliciue (v. ce mot). Elle est encore assez astringente pour servir au tannage des peaux. Les jeunes rameaux, longs et flexibles, sontd'une très-grande uti-
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lité pour la vannerie. Les feuilles, vertes ou sèches, sont fort goûtées par les bestiaux. Les fleurs sont recherchées par les abeilles. Il n'est pas jusqu'aux aigrettes soyeuses des semences qu'on n'ait cherché à utiliser comme matière textile. Plusieurs sautes occupent une place distinguée dans les plantations d'agrément, tandis que d'autres, grâce à leur végétation vigoureuse et à leurs racines traçantes, sont éminemment propres à regarnir les vides des massifs forestiers, à maintenir les sables mouvants, les terres en pente, les berges des cours d'eau, etc.
Le saule marceau, appelé aussi marsaude, marsault ou boursault, est un arbre qui peut atteindre la hauteur de 12 à 15 mètres, mais qui souvent reste à l'état d'arbrisseau rameux; il porte des feuilles pétiolées, grandes, arrondies, ovales ou oblongues, entières ou crénelées, rugueuses, glabres et luisantes en dessus, blanchâtres et tomenteuses en dessous; ses bourgeons sont glabres; ses chatons, d'un beau jaune d'or, se montrent vers la fin de l'hiver ou au premier printemps. On possède des variétés à rameaux pendants, à feuilles dentées comme celles de l'orme ou panachées de jaune.
Ce saule est abondamment répandu dans les forêts de l'Europe; il s'accommode de tous les sols, et on le voit croître vigoureusement dans les craies et les sables les plus ariues, les argiles les plus tenaces, les terres les plus pauvres en humus, les marais les plus fangeux, les tourbières, etc. Toutefois, c'est uans les terrains frais et gras qu'il végète le mieux; les terrains d'alluvion lui conviennent particulièrement. On peut le propager de graines, semées en place sur une terre bien préparée, ou mieux en pépinière, dans un terrain frais, pour repiquer les jeunes plants à demeure, au bout de deux ou trois ans. On le multiplie également, comme tous les saules, de boutures et de marcottes qui reprennent facilement.
La croissance de cet arbre est très-rapide et on peut l'exploiter à des révolutions trèscourtes, de cinq à dix ans, suivant les conditions. On l'exploite aussi en têtards, à des intervalles plus rapprochés. De toute manière il donne d'excellents produits, qui en font un arbre très-précieux , tant pour la grande que pour la petite culture. D un autre côté, ses jeunes plants sont très-robustes, deviennent fertiles de très-bonne heure et produisent abondamment de la graine tous les ans, tandis que leurs racines traçantes émettent de nombreux drageons Le saule marceau convient donc essentiellement aux taillis; mais il est impropre au mode d'exploitation en futaie, car, dès l'âge de cinquante à soixante ans, sa tige se creuse à l'intérieur. On l'introduit aussi avec avantage dans les jardins paysagers ; outre qu'il n'est pas par lui-même Ué,ourvu d'agrément, la rapidité de sa croissance permet d'eu former promptement îles massifs, ne fût-ce que provisoires, en attendant le développement des autres essences, qui croissent beaucoup plus lentement. Enfin, il est propre à faire des haies, des abris ou des brise-vent dans les pépinières.
Le bois du saule marceau est blanc, quelquefois avec une teinte carnée; il n'est pas propre a la charpente, mais les échantillons assez forts sout débités en voliges, et ou en confectionne toutes sortes d'ouvrages de fente. Les échalas etlespaisseaux qu'où en fabrique, coupés en temps de sève, eooroés et gardés ài'abn de la pluie pendant un au, durent presque autant que ceux ue châtaignier; ou en emploie beaucoup uans les pays de vignobles. Comme chauffage, ce bois est de qualité inférieure ; il i.onne un feu clair, mais léger et peu durable; il convient doue surtout pour le chauffage des fours, la cuisson du plâtre et de la chaux, etc. Son charbon, très-léger, n'est pas non plus estimé pour-les usages ordinaires, mais il convient pour la fabrication de la poudre à canon. Les feuilles de cet arbre, vertes ou sèches, sont excellentes pour les animaux domestiques et surtout pour les chevaux. Enfin, son écorce est propre au tannage des peaux fines et ses cendres sont riches en potasse.
Le saule cendré est un petit arbre ou un grand arbrisseau, à feuilles oblongues, obovales ou lancéolées, glabres ou pubescentes en dessus, tomenteuses et d'un blanc cendré en dessous , à. nervures roussâtres fortement saillantes et anastomosées eu réseau ; ses bourgeons sout pubescents blanchâtres; il croit aans les bois humides et au bord des eaux. Le saule auricuié est aussi un grand arbrisseau, facile à distinguer du précédent par ses stipules plus granues, ses bourgeons glabres et ses chatous moitié plus petits; il croit, du reste, dans les mêmes localités. Le saute rampant est un sous-arbrisseau qui atteint rarement la hauteur de 1 mètre et croit dans les bruyères, les prairies tourbeuses et les sables humides. Mous citerons encore les saules dupiinoxde, de Serinye et de Pontederaf qui paraissent former un passage entre ce groupe et le suivant; toutes ces espèces sont d'ailleurs susceptibles d'applications analogues.
Le saule blanc ou saule commun est la plus grande espèce du genre ; il atteint et dépasse même quelquefois la hauteur de 25 mètres ; sa tige, droite, couverte d'une écorce ridée, d'un gris cendré, se divise en rameaux alternes, dressés, lisses, brun rougeàtre, portant
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des feuilles alternes, pétiolées, lancéolées, aigugs, finement dentées, pubescentes et soyeuses,- surtout à la face inférieure, qui est blanchâtre. Les fleurs, d'un jaune verdâtre, sont placées à l'aisselle de bractées écailleuses, imbriquées et groupées en chatons cylindriques pédoncules. Cette espèce présente des variétés à feuilles soyeuses, argentées, presque persistantes, ou glauques en dessous, ou panachées de jaune ou de blanc, à rameaux jaunâtres et luisants, etc.
Ce saule est abondamment répandu dans t>ute l'Europe et fréquemment cultivé, surtout dan.s les prairies humides et au bord des eaux, où il se plaît particulièrement; il ligure très-bien aussi dans les paies et les jardins paysagers. La facilité avec laquelb il se propage par boutures fait qu'on emploie presque exclusivement ce moyen pour le multiplier. Ces boutures, qui portent le nom de plançons, se font avec de grosses branches de trois à cinq ans, choisies parmi les jets les plus droits et les moins rameux; on les coupe à la fin de l'automne. Si on ne peut pas les employer sur-le-champ, on les met dans l'eau, où elles se conserveront jusqu'au printemps; mais il faut les planter avant que les racines soient développées.
La plantation a lieu au printemps ou à l'automne; les trous ont été faits a l'avance, tantôt avec un pieu en fer ou en bois qu'on enfonce à coups de maillet, tantôt avec une sorte de pince terminée en fer de lance et à laquelle on imprime un mouvement de rotation , tantôt entiu à la bêche ou à la pioche. Ces derniers moyens sont préférables, parce que, la terre étant ainsi plus ameublie et moins tassée autour du plant, les racines se développent mieux. Les trous faits, on cnupe les plançons à la longueur de 2 à 3 mètres, on les aiguise ou on les taille en biseau par je gros bout, de manière à laisser l'écorce intacte d'un côté, puis on enfonce ce gros bout en terre et on élève une petite butte de terre autour du pied. L'espacement varie suivant les circonstances, mais la distance entre les pieds ne doit pas être inférieure à 2 mètres.
bans l'année qui suit la reprise, entre les deux sèves, on procède à l'ebourgeonnage en supprimant toutes les jeunes pousses répandues sur tome la longueur de la tige, à l'exception de celles qui suut les plus rapprochées du sommet; ces dernières pousseront vigoureusement l'année suivante et formeront une tète à l'arbre. On laisse celui-ci en repos pendant trois années environ , pour donner aux racines le temps de se fortifier. Abandonné k lui-même et soumis seulement à un élagage modéré, il forme un grand et bel arbre, et on l'élevé beaucoup de cette manière dans les Flandres belges ; on le trouve aussi en France , notamment sur les bords de ta Loire.
Cette méthode est préférable lorsqu'on veut obtenir du bois de charpente, ou bien encore des arbres destinés a l'ornement des jardins. Mais, le plus souvent, le saute blanc est exploité en têtards, et, s'il est moins beau sous cette dernière forme, il est par contre beaucoup plus productif. On coupe la tète k une hauteur qui varie de 1 à plusieurs mètres, suivant les circonstances. Les sujets plantés uux bords des cours d'eau ou sur les pentes et destinés k soutenir les terres sont elêtes très-bas ; on donne, au contraire, plus de hauteur k ceux qui sont plantés au milieu des champs ou des prés, afin qu'ils nuisent moins k la production agricole. C'est la cinquième année que l'on fait cette opération ; il se développe alors un grand nombre de branches, que l'on coupe au bout de trois rfu quatre ans, et cette exploitation se renouvelle ensuite périodiquement après le même laps de temps.
11 ne faut pas attendre, pour couper les branches des taules, que la sève soit en mouvement, car les rejets seraient alors affaiblis et le pied même pourrait finir par succomber. C'est en automne ou pendant les journées tempérées de l'hiver qu'il faut faire cette tonte. Les branches coupées sont dépouillées de leurs rameaux et renfermées sous des hangars. Si pourtant on les destine à fairo des eohalas, il vaut mieux les laisser à l'air libre ; elles se pèlent alors et se dessèchent plus facilement. Il est bon aussi de ne les employer que la seconde année après leur coupe, si l'on veut en tirer le meilleur parti. Apres l'exploitation, les rejets naissent en si grande abondance qu'ils ne peuvent que se nuire entre eux. C'est uue excellente pratique de les éclaircir à leur première année en supprimant les plus faibles, soit de préférence entre les deux sèves, soit à la rigueur pendant l'hiver qui suit. Les rejets conservés n'en poussent que mieux.
H est essentiel de se servir, dans l'exploitation des têtards, d'instruments bien tranchants, afin que la coupe soit nette et sans éclats; elle doit aussi, autant que possible, être fane obliquement. Tant que les saules sont assez jeunes, on coupe les branches rez tronc; mais a mesure qu'ils avancent en âge et que l'écorce devient plus épaisse et plus dure, il faut couper un peu plus haut. Les nouvelles pousses ont ainsi k traverser une écorce plus tendre, qu'elles percent plus facilement. Dans les contrées du Nord, on fait souvent l'exploitation à la lin de l'hiver ou au commencement du printemps, pour faciliter l'évolution des rejets.
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Les saules blancs, ainsi traités, sont de véritables taillis, dont les souches sont élevées à une certaine hauteur au-dessus du niveau du sol. La récolte est moins abondante, mais elle se renouvelle plus fréquemment, et, en somme, on en tire un profit au moins égal à celui de toute autre essence. La coupe est toujours d'un débit assuré, surtout dans les régions du Nord. Les sautes utilisent ainsi des terrains perdus pour l'agriculture, consolident et exhaussent le sol dans les endroits sujets aux alluvions ou à des débordements périodiques. Le tronc, il est vrai, finit par se creuser à l'intérieur; mais l'arbre peut vivre et produire longtemps encore dans cet état. Toutefois, il est bon de ne pas attendre qu'il arrive à sa décrépitude complète. Quand son produit commence à diminuer notablement, il faut l'arracher et laisser reposer le sol pendant quelques années avant de replanter un nouveau sujet, ou mieux encore le rem-
filacer par d'autres essences, telles que l'aune, e peuplier, etc.
Le bois du saule blanc est d'un blanc rougeàtre lavé de jaune ; il a un grain tin et homogène et se travaille aisément, même au tour. Celui des sujets élevés en haute tige et dont le cœur est sain est employé pour la charpente; on l'estime surtout pour les ouvrages qui demandent de la légèreté ; on le débite en planches ou en voliges; on en fait des bélandres, des cabestans, etc. Les branches servent à faire des échalas pour les vignes, des cercles de tonneaux. des liens, des ouvrages de vannerie. On assure même que, dans certains pays, on le débite en copeaux ou en lames très-minces pour en faire des chapeaux analogues aux chapeaux de paille. Comme bois de chauffage, il est de qualité médiocre ; on emploie ses tagots pour chauffer les fours ou cuire le plâtre et la chaux ; son charbon est léger et assez bon pour la fabrication de la poudre k canon ; ses cendres renferment beaucoup de potasse.
L'écorce de ce saule est employée en médecine ; on doit larécolter sur des branches de deux à quatre ans et avaut la floraison ; on la découpe en longues lanières, larges d'environ 0m,01 et recouvertes de leur épiderrae; on les fait sécher à l'ètuve, et elles sont alors minces, vert jaunâtre en dehors et brun fauve k l'intérieur} on les roule en paquets, que l'on conserve dans un endroit sec.
Cette écorce a une saveur amère; elle renferme de la saheine, de la corticiue, du tannin, de l'acide pectique, de la gomme, une matière grasse et ues substances extractives et colorantes. Elle a été de très- bonne heure regardée comme fébrifuge. On l'a vantée contre les fièvres intermittentes , récentes ou chroniques, quotidiennes, tierces, etc. On lui a attribué des propriétés antiputrides, analogues à celles du quinquina. Comme tonique, elle agit à peu près de même que cette dernière substance. Elle peut convenir dans le traitement des faiblesses d'estomac, de certaines diarrhées, etc. Ses propriétés anthelminthiques sont moins constatées. On l'a conseillée encore contre les névroses, la goutte, les hémorragies passives. On la donnait en substance, en poudre, en lotions, en électuaire, etc. Du reste, sa réputation et son emploi ont beaucoup baissé depuis la découverte de la salieiue, qui la remplace avec avantage. On l'emploie encore néanmoins k l'extérieur dans le traitement des ulêeres et des gangrènes de mauvaise nature. Cette écorce est aussi utilisée, dans l'industrie, pour le tannage des peaux.
Tous les bestiaux aiment les feuilles du saule blanc, vertes ou sèches. Quand les têtards de cette essence sont destinés à cet usage, on coupe leurs branches vers la fin de l'été, après la sève d'août ; on les met sous des hangars, à l'abri de l'action directe du soleil; les feuilles se dessèchent, en restant atihéreutes aux branches; on conserve le tout dans un endroit sec, et l'on a ainsi une bonne provision d'hiver. Ces feuilles ont été employées en médecine comme astringentes et rafraîchissantes; il eu est de même des chatons, qu'on a surtout appliqués k l'extérieur pour arrêter les effusions de sang.
Le saule amandier est un arbre de lu à 15 mètres, à rameaux effilés et flexibles, portant des feuilles oblongues ou lancéolées, finement dentées, glabres, vertes et luisantes eu dessus, plus pâles en dessous; il croît au bord des eaux et refleurit souvent à l'automne; on en connaît une variété à feuilles glauques en dessous. Le saule pentaudre atteint la taille du précédent; ses feuilles, ovales lancéolées, tres-graudes, dentées, luisantes et d'un beau vert eu dessous, rappellent assez celles du laurier; il présente des variétés à feuilles panachées de jaune ou de blanc. Le saule fragile est haut de 10 k 12 mètres; ses rameaux flexibles , mais cassants au point d'insertion, se couvrent de feuilles oblongues, lancéolées, très-grandes, dentées, luisantes et vertes en dessus, pubescentes et un peu glauques en dessous; il croit au bord des eaux. Nous ne pourrions que répéter pour ces espèces ce que nous avons dit des saules en général et du saule blanc en particulier; leur culture, leurs propriétés, leurs usages, leurs applications sont à peu près identiques.
Le saute de Daùyione, plus connu sous le corn de sanle pleureur, est un arbre qui peut atteindre 10 à 15 mètres; ses rameaux, trèslongs, flexibles, pendants, portent des feuil-
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les lancéolées, étroites ou linéaires, longuement acuniinées, finement dent'-es, glabres, à stipules lancéolées et recourbées; ses chatons femelles sont petits, compactes, arqués, pédoncules. Cet arbre, originaire de l'Orient, est depuis longtemps cultivé et naturalisé en Europe; mais nous n'en possédons jusqu'à présent que des individus femelles. Il présente des variétés k rameaux rougeâtres ou violacés , à feuilles contournées en anneau, etc. On le plante surtout au bord des eaux ou dans les parties grasses et humides des jardins paysagers. On le propage le plus souvent de boutures, faites au printemps, avec des rameaux de l'année, auxquels on laisse un talon de bois de deux ans. On peut, aussi le multiplier par marcottes, opérées durant l'hiver. Les jeunes sujets sont repiqués en pépinière, pour être nus en place dès qu'ils ont atteint leur troisième année. Il possède les mêmes propriétés que les précédents, mais on en fait rarement usage, et il est à peu près exclusivement réservé aux plantations d'agrément, où il produit un très-bel effet par son port pittoresque et son feuillage élégant.
Nous citerons encore: le saule de la Caroline, vulgairement saule noir, petit arbra de 6 a 7 mètres, à écorce rugueuse et noirâtre, à feuilh-s étroites, lancéolées, dentées, glabres, d'un vert vif sur leurs deux faces; le saule violet ou à feuilles aiguës, à rameaux violets, couverts d'une efflorescence d'un blanc grisâtre; le saule hmcéolé ou ondulé, arbrisseau à rameaux olivâtres, à feuilles i d'adord pubescentes, puis glabres ; le saule j macahalef, qui croit en Orient et sert à préparer une eau distillée rafraîchissante et employée en médecine contre diverses maladies, etc. Nous rappellerons enfin que plusieurs espèces de petite taille et à rameaux flexibles ont été désignées et décrites sous le nom collectif d'osier. V. ce mot.
EAULÉE s. f. (sô-lé). Agric. Rangée de saules; Des champs séparés par dasSAULÉliS.
SAULES (Frédéric des) ou SALIS, en latin Saiiceua, homme politique suisse, né dans le val Bregiiglta eu 1512. Il rit de brillantes études k Bàle sous S. Grynée, qui le mit en rela- ' tion avec Erasme. De retour dans sa patrie, il épousa la fille du célèbre Jean Travers, devint un des hommes politiques les plus renommés de la Suisse et fut envoyé en ambassade à la cour de France, auprès de Charles-Quint et k Venise. Des Saules hâta, par ses démarches et par son influence, les progrès du protestantisme dans les vallées des Alpes. Il fut très-lié avec l'hérétique Socin, avec l'orthodoxe Bullinger, avec le marquis Caracciolo et surtout avec P.-P. Vergerio.
SAULET s. m. (sô-lè — rad. saute). Ornith. Nom vulgaire du moineau franc.
SAULGAt), ville du Wurtemberg, dans le cercle du Danube, à 65 kilom. S.-O. d'Ulm, sur la Schwarzach; 2,400 hab. Fabrication de lainages et de bonneterie. Nombreux moulins à farine, à huile et à plâtre. Elle fut autrefois une des cinq villes dites villes du Danube (Donau-Sladte).
SAULGE (SAINT-), bourg de France (Nièvre), ch.-l. de cant., arrond. et à 43 kilom. N.-E. de Nevers, dans un vallon, entre deux montagnes boisées; pop. aggl., 1,354 hab. — pop. lot., 2,499 hab.
Les Romains ont séjourné, on n'en saurait douter, dans le vallon où s'élève aujourd'hui Saint-Saulge. En effet, sur une hauteur, au S.-O. du bourg, existe un ancien camp dont les retranchements sont encore apparents. Une voie romaine, partant du petit pont d'Alluye, se dirige vers ce camp. On en distingue encore la trace au milieu des forêts, et des fouilles nombreuses ont fréquemment amené la découverte de monnaies, de médailles et de poteries se rapportant à l'époque de la conquête de la Gaule. Quant à la ville ellemême, ou ne saurait affirmer si elle existait avant l'arrivée des Romains ou si elle a été fondée par eux. On ne pourrait davantage préciser son nom primitif. Ce qui est certain, c'est que les reliques de Salvius, évêqua d'Alby, y furent transportées au vmo siècle pendant les incursions des Sarrasins en Aquitaine, et que Saint-Saulge prit, des lors, le nom de l'évêque, parvenu jusqu'à nous avec une légère corruption de langue. Au moyen âge, la ville parait avoir joui d'une certaine importance, car on y voit figurer une église dédiée k saint Martin et qui reçut les restes de Salvius. En outre, le roi Raoul y fonda, en 924, un prieuré dont il lit donation aux moines de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun et où fut transférée la précieuse châsse du patron de la ville. Les habitants de Saint-Saulge possédèrent de bonne heure une charte de commune. Les comtes de Nevers y avaient un château fort important, dont Pierre de Courtenay se réserva expressément l'usufruit en se démettant des comtés de Nevers et d'Auxerre, usufruit qu'il échangea plus tard coulre 1,340 livres; la comtesse Mahaud de Nevers retint également l'usufruit du château de Saint-Saui^o lorsqu'elle maria sa petite-fille Yolande. Avant la Révolution, Saini-Saulge possédait un grenier à sel, une maîtrise particulière des eaux et forêts et avait titre de chàtelleme. Elle vit, en 1793, son nom changé en celui de Marat-les-Forèts, qu'elle ne garda que peu
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de temps. On remarque dans son église une curieuse représentation du fameux songe de Charles le Chauve, durant lequel saint Cyr apparut k ce prince sous la figure d'un enfant et lui demanda la restauration de la cathédrale de Nevers et la restitution de tous ses biens.
Saint-Saulge est dans le Nivernais ce que Carpentras et Quimper-Oorentin sont pour nos vaudevillistes , le point de mire de tous les quolibets qui reprochent à ses habitants une naïveté frisant la simplicité. Nous n'avons pas besoin de dire que ce reproche est purement gratuit.
SAULGES, village de France (Mayenne), arrond. et à 14 kilom. de Laval, situé à 100 mètres d'altitude, sur la rive gauche de l'Erve et à l'extrémité S. de la chaîne de collines des Coévrons. Tout porte à croire que Saulges n'est autre que l'ancienne cité des Arviens, Vagoritum, dont Ptolémée a fait mention. On reconnaît, en effet, distinctement l'emplacement de la ville, ou plutôt de l'établissement gallo-romain, sur une sorte de promontoire, situé à l'angle formé par le confluent de l'Erve et d'un ruisseau et nommé la Lande de la Cité. Des fouilles récentes, notamment celles qu'ont exécutées les Pères bénédictins de Solesmes, ont amené sur cet emplacement la découverte de nombreuses substructions, de sarcophages en pierre, médailles en argent, vases, poteries, etc. Saulges n'est pas seulement riche en curiosités archéologiques gallo-romaines. Son église, fort ancienne, possède un excellent bas-relief du xva siècle, représentant le Christ sur la croix entre saint Julien et saint Jean- Baptiste : « De chaque côté de ces saints, dit le Bulletin monumental dont nous résumons ici le travail très-complet, et en s'éloignant du Christ vers lequel ils sont tournés, on voit une file de personnages à genoux, les mains jointes, les hommes d'un côté et les femmes de l'autre, en commençant par les aînés. Toute cette lignée est charmante à voir; on ne peut trop admirer la savante naïveté des expressions et l'heureuse disposition des costumes, dont la physionomie étrange donne k ce bas-relief un véritable intérêt historique. • Une inscription qui règne autour du l'œuvre, et qu'un archéologue consommé peut seul déchiffrer, attribue la fondation de la chapelle où se trouve ce bas-relief à deux seigneurs de Valetrot, qui la tirent élever en 1401. Après l'église paroissiale de Saulges, il faut citer la chapelle de Saint-Cencré, qui ne doit pas être confondue avec le Chapiteau de Saint-Cencré, autre oratoire, situé près d'une source que le saint fil, dit la légende, jaillir miraculeusement. Cette dénomination de chapiteau est due a un dôme en avantcorps, supporté par deux pilastres et ressemblant assez à un chapiteau colossal.
A quelques pas de la ville s'ouvrent de profondes galeries souterraines, dont le sol est formé d'un argile molle et humide et auxquelles la croyance populaire ultribue une origine fantastique. Ces galeries sont communément désignées sous le nom de Caves à Margot (V. ce mot). En face des caves se trouvent deux autres grottes, moins intéressantes : la grotte de Rochefort et la grotte aux Chèvres, que nous nous contenterons de mentionner.
SAULI (Alexandre), évêque italien, né à Milan en 1535, mort à Cuzzoli en 1592. Il entra dans l'ordre des clercs réguliers de Saint- Paul k l'âge de dix-sept ans. 11 fut associé à l'évêque de Puvie pour le gouvernement de ce diocèse et se rendit à Milan en 1565, pour y assister au premier synode; les qualités qu'il lit briller dans cette assemblée lui valurent d'être choisi pour confesseur par Charles-Quint. Eu 1567, Sauli fut élu supérieur général de sa communauté. Nomme évêque d'Aleria, en Corse, en 1569, il propagea avec tant de zèle le catholicisme dans cette île, qu'on lui donna le surnom d'Apdire de la Corae. En 1591, Sauli fut nomme évêque de Pavie. Il a été béatifié en 1741 et a laissé divers écrits théologiques aujourd'hui oubliés. — Parmi les autres membres de la même famille, on peut citer Etienne Sauli, fondateur d'une Académie qui fut assez célèbre au xvie siècle, et Philippe Sauli, son cousin, évêque de Brugnate, mort en 1531.
SAUL1EU, en latin Sedelaucum et Siditiocum, ville de France (Côle-d'Or), ch.-l. de cant., arrond. et k 28 kiiom. S.-O. de Semur; pop. aggl., 3,016 hab. — pop. tôt., 3,709 hab. Fabrication d'altiloirs pour rasoirs, tanneries, tonnellerie, draps communs, sabots, instruments agricoles. Commerce de vins, grains, chanvre, merrain, charbon de bois, bois de chauffage et de construction, cire, navets, poissons. Collège communal ; bibliothèque publique. Saulieuest agréablement situé sur le penchant d'une montagne élevée, mais mal bâti. C'est une ville très-ancienne et l'on prétend qu'il y avait un bois consacré par les druides, qui y faisaient leur résidence. On y a découvert, en 1600 et 1750, une pierre portant les douze signes du zodiaque, des restes d'un tempie antique et d'une statue d'Apollon. Les principaux édifices de la ville sont : l'église Saint-Andoche, monument historique, en grande partie du xiio siècle ; elle est surmontée de deux tours d'inégale hauteur. A l'intérieur, composé d'une uef et de bas-côtés, on remarque la tribune d'orgues en bois sculpté, les ornements des chapiteaux
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et le tombeau de saint Andoche. L'église Sainl -Saturnin est remarquable par Son antiquité. L'hôtel de ville et le collège sont de la fia du xvme siècle,
SAOLL (William-Devonshire), archéologue anglais, né à Londres en 1783, mort dans la mêm: ville en 1855. Toute sa vie fut consacrée aux recherches archéologiques et géologiques, et ses collections d'antiquités sont célètres. Saull était membre de la Société des antiquaires anglais et de la Société géologique de Paris. On lui doit : Sur quelques reste-' bretons, celtiques, romains, etc. (1841); Sur le sens des inscriptions r uniques (1842) ; Noti'ia Britannis (Londres, 184-4) ; Essai sutla connexion entre les phénomènes astronomiques et géologiques (Londres, 1850).
SAULNIER ou SAUNYER (Guillaume),poete français qui vivait en Normandie au xvie siècle. On lui doit une brève interprétation de chacun des chapitres des Epîlres de saint Paul, en rimes, sous ce litre : les Décades de l'espérant (Paris, 1551, in-16), et plusieurs lettres également en rimes, adressées à des savai.ts et à des poètes de l'époque.
SAULN1EB (Charles), chanoine régulier de l'observance réformée de l'ordre des prémontrés ce la province de Lorraine, né à Nancy en 1690, mort à Estival en 1738. Il prononça ses v^eux en 1709, fut nommé, en 1723, prieur d'Est. val par le chapitre de la congrégation et, et. 1735, coadjuteur de Hugo, abbé d'Estival, cum futura successione. Saulnier a publié «ne belle édition des Statuts de l'ordre des prémontrés (Estival, 1630) et une Bibliotkèqiedes écrivains de l'ordre des prémontrés (17291, ouvrage resté inanuscrit.
SAULNIER (Guillaume), poète dramatique f.-ançais, né à Vrigny (Orne) en 1755, mort à une date inconnue. Il était beau-frère du marquis de Livry et il occupa un haut emploi dans lu ferme des jeux. Saulnier a composé un grand nombre d'opéras et plusieur:; drames, non représentés pour la plupart. Les pièces qu'il a publiées sont les suivantes : la Journée du 10 août 1792 ou la Chuti du dernier tyran, drame en quatre uctes et en prose, mêlé de chant et de déclamation (Paris, 1793, in 8°), en collaboration avec Darrieux; le Siège de Thionville, drame lyrique en deux actes (Paris, 1793, in-S°), avec Duthil; Mahomet II, tragédie lyrique en trois actes (Paris, 1803, in-8"). Parmi les pièces inédites de Saulnier, on cite : Cambyse ou Hyder-Kan; le Triumvirat ; les Déeemvirs; la Descente des Français en Angleterre; Almaitzor ; l'Imposteur démasqué; le Calrm après forage; le Plus heureux; l'Heureux .stratagème, etc.
SAl.'LNIER (Pierre-Dieudonné-Louis), fonctionnaire fiançais, né à Nancy en 1707, mort vers .840. Reçu avocat au parlement de Lorraine peu de temps avant la Révolution, il fut, après le 9 thermidor, élu président de la municipalité de Nancy, puis membre du district et de l'administration centrale du département de la Meurthe. Il fut nommé ensuite commissaire du directoire exécutif dans ce département. Après le 18 brumaire, Saulnier levint préfet de la Meuse, puis secrétaire général du double ministère de la justice et de la police, puis de celui de la police (sépa.'é du ministère de la justice en 1804). 11 res;a Adèle à l'Empire et lit preuve d'énergie pendant la conspiration de Malet. Révoqué peudaut la première Restauration, Saulnier 'entra en fonction pendant les Cent- Jours, puis il fut révoqué de nouveau à la seconde Restauration. Elu, en 1816, député de la Meuse, Saulnier siégea à la gauche de la Chambre. Il prononça, en 1817, un discours contre la suspension de la liberté individuelle, appuya, le 16 mai 1818, la pétition de Regnaud de Saim-Jean-d'Angely et, en 1820, celle de Madier de Mouljau. En 1828, Saulmer se retira de la vie publique. Il a publit, outre son discours de 1817 et celui de 1820, des Eclaircissements historiques sur la conspir(ttio/i du général Malet, en octobre 1812 (Paris, I834,in-S°).
SAl'LMER (Sébastien-Louis), fils du précédent, fonctionnaire et littérateur, né à Nancy en 1790, uiort a Orléans en 1835, Il fut nommé auditeur au conseil d'Etat en 1811, l'année suivante intendant de la province de Minsk, pendant la durée de l'occupation française, et, en 1813, commissaire de police à Lyon, où il lit preuve de beaucoup de patriotisme et d'énergie. Destitué par Louis XVIII en 1814, Saulnier fut, pendant les Cent-Jours, préfet de Tarn-et-Garonne, puis de l'Aude, Rentré dans la vie privée à la seconde Restauration , il s'occupa de littérature et de sciences; il Ht les frais du voyage archéologique si important de M. Le Lorrain en Egypte. Après 1830, Saulnier fut nommé préfet de la Mayenne, puis du Loiret. Saulnier a collaboré ii la Bibliothèque historique, à la Minerve et surtout à la Revue britannique, dunt il fut le fondateur (1835) et, le directeur. Outre le" articles publiés dans ces trois revues, Sauln er a fait paraître : Notice sur le voyage de M. Le Lorrain en Egypte et observations sur le zodaque circulaire de Denderah (Paris , 1812, m-80); Aperçu de la situation de la république de Buenos- Ayres et quatre autres brochures extraites de la Bévue britannique.
SAILMER (Louis-Pierre-Frédéric), magistrat et écrivain, né à Paris le 29 novem-
SAUL
bre 1831. Après avoir fait de bonnes études à Quimper, M. Saulnier a suivi les cours de droit de la Faculté de Rennes, s'est fait recevoir avocat en 1852 et, après cinq ans d'exercice au barreau de Rennes, est entré dans la magistrature. Il est devenu successivement juge-suppléant à Nantes (1857) et aux Andelys (1858) , juge a Pont-1'Evêque en 1860, à Louviers en 1861, au Havre en 1869 et enfin président du tribunal civil de Dieppe en 1874. Il est membre des Sociétés académiques de Brest, Nantes et Verdun. Dès 1848, il faisait insérer des poésies dans l'Impartial de Quimper, sous le pseudonyme de Francia- Sîtucoii; en 1850, il entra à la rédaction du Conciliateur de Rennes, devenu depuis l'Auxiliaire breton, et jusqu'en 1857 il y fit insérer divers travaux et y travailla comme rédacteur judiciaire. Il dirigea aussi, de 1854 à 1857, le Bulletin des arrêts de la cour impériale de Rennes et collabora à la Biographie bretonne, grand répertoire alphabétique des notabilités de la province, et à bt Revue des provinces de l'Ouest, publiée à Nantes de 1855 à 1861. M. Saulnier a publié plusieurs brochures : les Branches de tilas, poésies, sous le voile de l'anonyme (Rennes, 1852, in-8°); Notice sur le pays (Rennes, 1853, in-8°) ; Roscelùi,sa vie et ses doctrines (Paris, 1855, in-8°) ; le Barreau du parlement de Bretagne au xvmc siècle (Pans et Nantes, 1856, in-8°) ; Des derniers documents sur Roscelin, note critique (1864, in-8°); le Chevalier de Séoigné, étude biographique (1865, in-8u), etc. Il est aussi l'éditeur de deux plaquettes du xvie siècle, tirées à vingt-cinq exemplaires et devenues très-rares. M. Saulnier, qui, depuis 1865, fait partie de nos collaborateurs, a donné au Grand Dictionnaire du X/X<> siècle un grand nombre d'articles sur les matières de droit et de jurisprudence, pour lesquelles ses études et sa situation lui donnent une compétence spéciale.
Les renseignements biographiques donnés par M. Quérard (Supercheries littéraires, V, 300) sur M. Saulnier sont inexacts et incomplets.
SAULNIER DE BEAUREGARD (en religion dom Antoine, dans l'état civil Anne-Nioolas- Cbarles), moine français, né à Joigny en 1764, mort en 1839. Il reçut la tonsure à l'Age de sept ans et fut nommé chanoine de Sens à quatorze ans. Reçu docteur en 1790, Saulnier fut, dit-on, nommé conseiller clerc au parlement de Paris, fonction qu'en tout cas il n'exerça pus à cause du changement de régime en France. Ordonné prêtre en 1792, Saulnier émigra la même année, devint précepteur, passa en cette qualité de Bruxelles à Londres, puis se rit trappiste à Lulworth (Angleterre). Devenu supérieur de la communauté en 1810, Saulnier fut expulsé d'Angleterre avec elle et s'établit en France, à La Meilleraie, en 1817. Resté supérieur de ce nouveau couvent, le Père Antoine entreprit l'exploitation d'une fabrique de clous, d'établissements agricoles, etc., transformant ainsi des moines oisifs en ouvriers laborieux. En 1327, Saulnier fut nommé visiteur des maisons de trappistes en France; on lui a reproché d'avoir été trop sévère dans l'exercice de ses fonctions à l'égard des autres couvents, tandis que le sien, sous certains rapports, laissait à désirer; à ces reproches intéressés des moines vinrent se réunir ceux des industriels et agriculteurs, qui se plaignirent de la concurrence qu'il leur faisait. Après les événements de 1830, la plupart des trappistes furent expulsés ues couvents; les Irlandais et les Anglais, qui y étaient en grand nombre, furent reconduits dans leur pays. Dom Antoine resta à Lu Meilleraie avec un petit nombre de compagnons. Les religieux fiançais expulsés revinrent au bout de quelques années. En 1834, les maisons de trappistes en France furent unies eu congrégation sous le gouvernement de l'abbé de la grande Trappe, vicaire général de l'abbé des cisterciens, résidant à Rome. Dans ce nouvel ordre de choses, le Père Saulnier resta le premier des quatre abbés de la congrégation ayant droit de visite à la grande Trappe. Sa Vie a été publiée à Paris, en 1840, par M. Egron. On y trouve, entre autres choses, l'unique œuvre littéraire de ce trappiste : c'est une Oraison funèbre du duc de Berry.
SAULNOIS (le), en latin Salinensis Pagus, pays ae l'ancienne France, dans la province de Lorraine, aujourd'hui dans l'Alsace-Lorraine.
SAULSAIE s. f. (sô-sé). Agric. Syn. de