SAUSSAIE
SACLT (le), en latin Saltus, petit pays de l'ancienne France, dans le haut Languedoc, compris aujourd'hui dans le département de l'Aude. Ce pays portait le titre de duché pour les fils aînés de la famille Lesdiguières.
SAULT, bourg de France (Vaucluse), ch.-l. de canl., arrond. et à 43 kiloni. E. de Carpentras, dans la belle vallée de ce nom; pop. aggl., 1,417 hab. — pop. tôt., 2,563 hab. Eaux minérales sulfureuses. Fabrication de toiles. Ruines d'un vaste château du xte siècle; les parties les plus remarquables sont une grosse tour, des tourelles et des courtines.
SAULVË (SAINT-), bourg de France (Nord), cant., arrond. et à 2 kilom. N. de Valenciennes, sur la rive droite do l'Escaut; 2,261 hab. Brasseries, distillerie; fabrication de sucre et de produits chimiques. Mines de charbon,
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8ACLX, rivière de France. Elle prend sa source dans le canton de Poissons (Haute- Marne), sert de force motrice a des forges' importantes, entre dans le département de la Meuse, au-dessous de Paroy, baigne Dammarie, pénètre dans te département de la Marne et se perd dans la Marne, au-dessous de Yitryle-François, après un cours de 118 kilom.
S AULX, bourg de France {Haute- Saône), ch.-l. de cant., arrond. et à 22 kilom. O. de Lure; pop; aggl., 911 hab. — pop. tôt., 997 hab. Eglise paroissiale du xue siècle.
SAULX-LES-CHARTREUX, village et commune de France (Seine-et-Oise), 'cant. de Longjumeau, arrond. et à 22 kilom. N.-O. de Corbeil, sur l'Yvette; 1,050 hab. Exploitation de grès ; élevé et commerce de sangsues.
SACLX-LE-DUC, village et commune de France (Côte-d'Or), cant. d'Is-sur-Til!e, arrond. et à 29 kilom. N. de Dijon ; 468 hab. Ce village a donné son nom à la famille de Saulx. On y voit les ruines d'un château fort et, sur la montagne voisine, la chapelle et la statue de saint Siméon.
SAULX (des), famille française qui a fourni plusieurs hommes distingués. V. Tavannes.
SAULXURES, bourg de France^ (Vosges), ch.-l, de cant., arrond. et à 25 kilom. S.-E. de Remiremont, près de la forêt de Longegoutte; pop. aggl., 2,045 hab. — pop. tôt., 3,767 hab. Fabrication de fromages; filature et tissage de coton. Beau château moderne.
SAULZA1S-LE-POTIER, bourg de France (Cher), ch.-l. de cant., arrond. et à 17 kilom. S. de Saint-Amand-Mont-Rond ; pop. aggl., 304 hab. — pop. tôt., 945 hab.
SAULZOIR, village et commune de France (Nord), cant. de Solesines, arrond. et à 20 kilom. E. de Cambrai ; pop. aggl., 2,318 hab. — pop. tôt., 2,355 hab. Brasseries; fubrication de tissus de lin et de coton, chicoréecafé. On y voit une tourelle, reste des fortifications qui entouraient autrefois ce village.
SAUM s. m. (somm.) Métrol. Nom d'uno mesure de capacité usitée dans plusieurs parties de laSuisse, et valant: àBerne, 167lit,121; à Soleure, 159"t,4l8; à Bàle, I36»i,52i; à Arau, 144'i'.056; à Lucerne, 172'>',S15. I] Poids d'Autriche équivalant h 154kilogr,oo3.
S AU M AISE s. in. (sô-mè-ze — du commentateur de ce nom). Commentateur :
Et déjà vous croyez, dans vos rimes obscures, Aux Saumaises futurs préparer des tortures.
BOILEAU
SAUMAISE (Bénigne de), érudit français, ne à Seinur vers 1560, mort à Dijon en 1640. Il cumulait l'étude du droit, de la géographie, de l'histoire avec la pratique de ta poésie latine et de la poésie française, lorsqu'en 1587 il succéda à son père dans la lieuteuance au bailliage de Semur. Henri IV, dont il avait embrassé la cause , le nomma conseiller au parlement de Bourgogne. On lui doit une traduction en vers français avec commentaire de l'ouvrage de Denis Alexandrin, intitulé : De la situation du monde (Paris, 1597, petit in-12).
SAUMAISE (Claude de) , érudit français, fils du précédent, né à Semur en 1588, mort à Maastricht en 1653. A l'âge de seize ans, il vint à Paris, et ses aptitudes extraordinaires attirèrent l'attention de Casaubon, qui le recommanda à Denys Godéïroid, professeur de droit à Heidelberg, où le jeune Sauinaise devait continuer ses études. En 1606, il arriva dans cette ville et, tout en faisant son droit, il continua ses études sur les langues classiques. Sa correspondance suivie avec Scaliger et Casaubon, ses relations avec Gruter, qui dirigeait alors la bibliothèque Palatine, si riche en manuscrits, entretinrent chez lut l'amour des lettres. Travailleur infatigable, i.l passait ses jours et ses nuits à lire et a faire des extraits des auteurs les plus importants. Une maladie grave qu'il lit à cette époque le mit à deux doigts de la mort, et il rédigea même son épitaphe en vers grecs et en vers latins. En 1607, l'exemple de ses ancêtres, les relations qu'il avait avec plusieurs savants protestants et ses réflexions personnelles le décidèrent à abjurer le catholicisme pour embrasser la religion protestante. Dès cette époque, il publia quelques travaux d'érudition qui firent sensation parmi les savants. Ce sont : Niluset Barlaam, de primatu pnpas.'en latin et en allemand (Heidelberg, 1C03, in-4<>),son premier livrede polémique religieuse ; il lu t sévèrement censuré en Frunce; une édition de Florus, dédiée à Gruter (Heidelberg, 1609, in-8°), et quelques autres ouvrages. Rappelé en France par son père, qui déairait lui voir suivre la carrière juridique, soit dans le barreau, soit dans la magistrature, il se fit inscrire comme avocat au barreau de Dijon; mais ses goûts 1 éloignaient de cette profession et il se livra plus que jamais à se? éludes favorites. Il revint alors à Paris, renoua ses relations avec Casaubon et lit successivement paraître un : Mémoire en faveur des opinions de J. Uodefroid sur les provinces romaines (Paris, 1619, in-4«); Dum-um inscriptionum Herodis Allici et ReyiltB coiljugis explicatio (1619, in-4°); les Ecrivains de ^'Histoire auguste (1620, in-4°), travail d'érudition considérable, qui a été réimprimé avec les notes de Casaubon et de Gruter (Leyde, 1671, 2 vol. in-8°); une édition du traité De Paltio, de Tertullien (iû22, in-4»),
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précieuse à cause des notes très-complètes de Saumaise sur le costume des anciens ; vivement attaquée par le clergé et par le Père Petau, elle a donné naissance a de longues polémiques; Plinianie exercitationes in C.Julii Solim Polyhistora (Leyde, 1629, 2 vol.. in-fol.), ouvrage de critique approfondie sur Pline et sur son abréviateur. Saumaise, pour posséder son sujet, s'était adonné avec ardeur à l'étude des sciences naturelles et avait même acquis de grandes connaissances en botanique. Dans 1 intervalle, en 1623, il s'était marié avec la fille d'un riche négociant protestant, et cette union exerça sur Te reste de sa vie une grande influence. D'une part, il put vivre dégagé de tout souci et travailler paisiblement; mais, d'un autre côté, ce mariage fut pour lui une cause d'ennuis et de déboires. Sa femme avait un caractère insupportable. C'était une autre Xantippe, dit Ménage, qui rapporte à ce sujet une lettre fort remarquable de Huet : « Je ne vous dirais rien de l'humeur impérieuse de M™6 Saumaise, si cela n'avait été très- public et si Milton ne l'avait écrit. Elle appréhendait si fort qu'on ne révoltât son mari contre elle, qu'elle ne pouvait souffrir qu'on eût avec lut aucun entretien particulier, et il m'est arrivé que, me trouvant avec lui à des rendez- vous qu'il m'avait marqués à de certaines heures et à de certains lieux retirés de son logis, pour causer en liberté et k loisir, sa feimno ne manquait jamais de venir rompre la conversation en ramenant magistralement dans la salle son pauvre mari, qui n'osait dire un mot pour se défendre et qui se contentait de hausser les épaules en me regardant et de lever les yeux au ciel. •
En 1629, Saumaise fit un voyage en Bourgogne; il espérait obtenir la charge de son père, mais elle fut donnée à un autre et il renonça à jamais à la magistrature. Deux nus plus tard, les curateurs de l'université de Leyde lui offrirent la chaire occupée autrefois par Scaliger, avec un traitement de 2,000 livres, qui fut plus tard porté à 3,000, et un appartement dans le magnifique palais des chevaliers de Malte. Sautniiisc accepta et fut chargé du cours d'histoire ecclésiastique; il devait continuer la réfutation de liaronius, commencée par Casaubon. La France perdait en lui le troisième représentant de la grande" philologie. Casaubon et Scaliger avaient précédé Saumaise dans cet exil volontaire, nécessité par l'intolérance religieuse. Plus tard, on fit de vains efforts pour l'engager à rentrer; Louis XIV lui offrit même une pension < à cause de son érudition exceptionnelle et de^son -ancienne noblesse; » mais le savant aurait cru commettre une mauvaise action en acceptant les dons de la cour de France alors que ses coreligionnaires étaient si cruellement persécutés. Il persista a rester en Hollande.
Depuis longtemps, le clergé ne cessait de l'accuser auprès du parlement, de la reine mère et du cardinal Muzarin ; ces attaques, quoiqu'elles ne pussent l'atteindre, ne laissaient pas de lui causer beaucoup d'ennuis. Il eut aussi à soutenir une polémique avec Didier Hérault et avec Milton, le grand poêle anglais. Hérault ayant critiqué quelques pussages de ses écrits, Saumaise lui répondit avec une violence d'autant plus regrettable qu'il était dans son tort. Quunt à sa querelle avec Milton, elle eut lieu à l'occasion de son apologie de Charles le* (Defensio regia pro Carolo I ad reijem Carolitm ll\ qui lui avait été demandée par le roi d'Angleterre. Milton répliqua par un pamphlet où il tournait Saumaise en ridicule, rien qu'en exploitant les anecdotes qui couraient sur le caractère de M">e Saumaise. Un incident heureux vint le mettre momentanément à l'abri de ces tracasseries. La reine Christine l'appelait depuis longtemps à la cour de Suède. Sa femme, fort avide des grandeurs, le força enfin à accepter. En 1650, il obtint de l'université un congé de six mois et partit pour la Suède. Ce voyage fut assez curieux et fit éclater une fois de plus les travers de son ambitieuse moitié. C'est encore Huet qui nous a conservé cette anecdote. Elle travestit son mari de la façon la plus ridicule. Elle lui lit prendre un justaucorps en peau de buffle, des chausses d'écarlate, afin qu'il puiùt, disait-elle, dans la cour où il allait, eu homme de qualité et non pas en homme de lettres, et il eut la faiblesse de se plier à cette mascarade, La reine Christine, ayant été témoin pendant un an de l'humeur de la femme et de la patience du mari, disait qu'elle admirait plus la douceur de Saumaise que toute son érudition. Il est certain que le savant, transformé bien malgré lui en don Quichotte, devait faire une singulière figure dans cet accoutrement; toutefois sa bonhomie et l'esprit de la reine le tirèrent assez heureusement de ce mauvais pas. Christine prit même parti pour lui contre son bibliothécaire, Isaac Vossius, fit prolonger de six mois sou congé et, ne pouvant plus le retenir, lui fit présent à son d'part de son portrait. En revenant, il s'arrêta quelques jours k Copenhague, où le rui de Danemark, Frédéric III, le combla de faveurs. (Je furent ses derniers succès -, à. peine de retour à l'université, il succomba â une maladie qui le minait depuis longtemps et qui s'était aggravée pendant le voyage,
Saumaise fut un savant des plus laborieux et des plus consciencieux. Critique, philologue, possédant à fond ses auteurs grecs et
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latins, ayant quelque connaissance des langues orientales, il a touché à toutes les questions relatives à l'antiquité ; c'est le type le plus complet de l'éiudit. Gtiez de Balzac disait : Non homini, sed scientix deest quodnescivit Salmasius. Ménage, en complet accord aveu J.-M. Gessner, l'apprécie fort bien en ces termes : • J'ai connu M. Saumaise fort particulièrement; il me venait voir assez souvent. C'était l'homme du monde le plus agréable dans la conversation ; mais il avait ce défaut en écrivant qu'un passage en attirait un autre et qu'il ne pouvait finir à force de citer. ■ Ses livres sont une source inépuisable ; msiis ils sont de ceux qu'on ne lit guère que pour les dépouiller et faire d'autres livres ; nul n'a plus que lui amassé de ces copieux matériaux dont les autres profitent.
On lui doit encore divers mémoires concernant le prêt & intérêt et l'usure, au sujet desquels il engagea de vives controverses avec les théologiens et les jurisconsultes : De modo usururum; De fcenore trapezitico ; De mutuo (Leyde, 1838-1640, in-4°) ; Commentarius ta Enchiridion Epicteti, avec une dissertation De philosophiu stoica (Leyde, 1640, in-4°); Interpretatio Hippocralei aphorismi de calculo (Leyde, 1640, in-4°) ; une édition des Erotica d'Achille Tatius (Leyde, 16-40, in-4t>); De heltenistica commentarius (Leyde, 1643, in-12); Funus lingux hellenislicœ, réfutation d'un traité de Heinsius (Leyde, 1643, ïn-12); Ci. Salmasii ad Johannem Miltonum responsio (Londres, 1660, in-8°); cette réponse au
Îiamphtet de Milton ne fut imprimée qu'après a mort de l'auteur. On a aussi réuni sous le titre de Miscellanex defensiones (1645, in-is) ses divers ouvrsigesde polémique. Sous le nom de' Simpiiciu» Vcrtuu», Saumaise a écrit plusieurs ouvrages sur les affaires religieuses de son temps ou sur des questions theologiques, entre autres : De la réunion des catholiques et des protestants, où il fait preuve d'un caractère très-conciliiint; De transsubstantiations, dirigé contre Grotius ; De eruce et hyssopo, en réponse à Bartholinus et destiné à éclaircir quelques points d'histoire sacrée. Saumaise avait laissé une grande quantité de papiers; une partie fut, selon son désir, brûlée par sa veuve. Quelques ouvrages qui ont échappé k la destruction ont été publiés plus tard : De cxsarie virorum et mulierum coma (Leyde, 1664) ; De annis climactericis et antiqua aslrologia (Leyde, 1689) ; enfin les Observations sur Etienne de Byzance ont été insérées dans l'édition de tirouovius (Leyde, 1694). Burmann et Clémentin avaient formé le
firojet de publier sa correspondance complète ; e premier s'est contenté d'imprinjer quelques lettres dans son Sylloge epistotarum; le second en a publié d'autres dans Satmasii aliquot lin ers (La Haye, 1657). Sou éloge a été prononcé par Adolphe Vorstius, au nom de l'université de Leyde (1653). On peut, en outre, consulter sur sa vie et ses œuvres Cl. Clémentin, Cl. Satmasii liber primus, necedunt de laudibus et vita ejusdem prolegomena (1656).
SAUMAREZ (lord Jacques de), amiral anglais, ué à Saint-Peter-Port, dans l'Ile de Guernesey, en 1757, mort en 1836. Il entra dans la marine k l'âge de douze ans, en 1769, devint midshipman 1 année suivante. S'étant distingué à l'attaque du fort Sullivan en juin 1776, il fut nommé lieutenant, puis, à la suite de la bataille livrée près du Dogger-Bank en 1781, commander. Saumarez participa avec gloire au combat naval du 12 décembre 1781 et ù celui du 12 avril 1781, et pendantla paix qui suivit fit une excursion à Cherbourg. Le 20 octobre 1793, il attaqua et prit la frégate la Déunion, de trente-six canons, montée par trois cent vingt hommes. Pour récompenser cet exploit, le roi tic Saumarez chevalier et lui donna le commandement d'une escadrille, avec luquelle le brave marin sut échapper à une escadre française de force supérieure. Saumurez assista au combat du 23 juin 1795, à la batuille navale du cap de Saint- Vin cent (14 février 1797) et à celle d'Aboukir (l« et 2 août 1798). Il conduisit en Angleterre les vaisseaux français capturés pendant cette dernière bataille, après avoir sommé en vain, en passant, le général français Vaubois de lui remettre la ville et le port de Malte. Nomme successivement, en 1801, contre-amiral et baronnet du Royaume-Uni, Saumarez fut vaincu sur mer près de Gibraltar, le 6 juillet, par le contre-amiral Linois. Il prit sa revanche en remportant un succès, le 12 et le 13 juillet de la même année, sur la flotte franco-espagnole commandée par Linois et Mûreno. Revenu en Angleterre, Saumarez fut accablé d'honneurs et de félicitations. Il fut chargé de la remise des Baléares k l'Espagne après la paix, puis, à la reprise des hostilités en 1803, il alla bloquer les côtes de France entre Le Havre-de-Uràee et Ouessaut et bombarua Granville.
En 18u7, il fut nommé commandant en second de la flotte du canal, composée de vingtsept vaisseaux, puis vice-amiral. Il perdit cette position par suite du changement du ministère et resta .sans emploi jusqu'en 1808, année ou il fut envoyé dans la Baltique pour défendre la Suède contre la Russie. Il écrivit de son autorité privée, le 17 septembre 1808, une lettre à l'empereur de Russie, l'invitant à se rallier à l'alliance anglaise. Cette proposition , désavouée par le ministère , o'eut pas de résultat. Revenu en Angleterre
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après le traité de Frederikshamm (1809), Saumarez retourna dans la Baltique en 1810. Malgré la déclaration de la guerre de la Suède à l'Angleterre, déclaration à laquelle la Suède était forcée par la France, le viceamiral anglais évita tout acte d'hostilité contre les Suédois, qui en firent de même à son égard. Après le traité d'Orebro entre l'Espagne et l'Angleterre, Saumarez retourna en Angleterre en novembre 1812. Entre autres honneurs, il reçut du roi de Suède, par l'entremise du baron Essen , une magnifique épée de la valeur de 1,000 livres sterling (25,000 fr.). Il reçut, en 1814, le titre purement honoraire d'amiral de l'escadre Bleue, puis, en 1831, celui de pair et de baron. Dans la Chambre haute, il vota en faveur du bill de réforme et des mesures adoptées par lord Grey. Saumarez suivit cet homme d'Etat dans sa retraite.
SAUMÂTRE adj. (sô-mâ-tre — rad. saumure). Dont le goût se rapproche de celui de l'eau de mer : Eau saumâtrk. Ç à et là, au nord du Sahara, se sont formés des lacs salés où jaillissent des eaux saumàtres. (A. Maury.) L'eau trouble est une eau ou saumâtrk, ou putride, ou vermineuse. (Raspail.)
— Goût saumâtre, Saveur ressemblant au goût de l'eau de mer.
SAUMÉRIO s. m. (sô-mé-ri-o). Bot. Espèce de myrosperme du Pérou, u Espèce de coton qui croît dans les hautes vallées de Quito.
SAUMERY (de), écrivain et aventurier français, mort k Utrecht vers 1770. D'abord moine franciscain, il se lit ensuite protestant à Menin, se retira en Angleterre, puis voyagea en Turquie, en Allemagne, en Italie, en Hollande, où il ne put parvenir à se faire nommer pasteur évangélique. Dépité, il vint k Liège, abjura le protestantisme et se voua pendant quinze ans aux labeurs littéraires. Le relâchement de ses mœurs l'ayant fait expulser de cet Etat, il revint en Hollande et se fit une seconde fois admettre dans la religion réformée. Ses ouvrages se composent de : 1' 'Antichrétien ou l'Esprit du calvinisme opposé à Jésus-Christ et à l'Evangile (Liège, 1731, in-12); Mémoires et aventures secrètes et curieuses d'un voyageur au Levant (Liège, 1732-1736,6 vol. in-12); les Délices du pays de Liège ou Description des monuments de cette principauté (Liège, 1738-1744, 5 vol. in-fol.); Anecdotes vénitiennes et turques ou Nouveaux mémoires du comte de Bonneval {Utrecht, 1740,2 vol. in-12), ouvrage qui a été réimprimé k Francfort, Leipzig, Vienne et La Haye ; Y Heureux imposteur ou Aventures du baron de Janzac (Utrecht, 1740, in-12) ; Aventures deMmQ la duchesse de Vaiijonr, histoire véritable (La Haye et Utrecht, 1741, 6 parties, in-8°); le Diable ermite ou Aventures d'Astaroth banni des enfers (Amsterdam, 1741, 2 vol. in-12). Saumery a employé souvent le pseudonyme de M. de Mirons. /
SAUMIER s. m. (sô-mié). Pèche. Harpon employé pour prendre les gros saumons.
SAUMIÈRE s. m. (sô-miè-re). Mar. Trou qui reçoit la tète du gouvernail,
SAUMOIREAU s. m. (sô-moi-ro). Agric.
Variété de raisin des environs de Paris.
SAUMON s. m. (sô-mon — lat. salmo, même sens). Ichthyol. Genre de poissons malacoptérygieus, type delà famille des salmonidés ou salmonoïdes, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues surtout dans les eaux douces de l'hémisphère nord : Une fois entrés dans tes rivières, tes saumons y remon* tent assez haut. (Valenciennes.) La pêche des saumons forme dans plusieurs contrées une branche d'industrie. (A. Guichenot.)
— Prov. // faut perdre un véron pour gagner un saumon, On ne doit pas hésiter à faire un léger sacrifice dans le but d'obtenir un gain considérable.
— Techn. Masse de métal, telle qu'elle est sortie de la fonte. Se dit surtout du plomb et de l'étain. Il Vase employé par ie cirier pour fondre la cire.
— Adjectiv. Se dit d'une couleur rouge analogue à celle de la chair du saumon : Cette large blessure, dont la couleur saumon tranche avec les tons gris de l'écorce, donne un air on ne peut plus lamentable à ces arbres souffreteux. (Th. Gant.) On apercevait loin, bien loin, une faible ligne couleur saumon pâte, qui s'avançait dans l'incommensurable azur. (Th. Gaut.)
— Encycl. Le mot saumon a été d'abord applique à un poisson particulier, puis à quelques espèces assez voisines pour constituer avec lui un genre naturel; ce genre s'est peu k peu considérablement augmenté, a été divisé à son tour en plusieurs groupes génériques distincts et a formé ainsi une famille appelée, suivant les divers auteurs, saumons, salmonès, salmonoïdes, salmonidés, salmonidés, etc. U en résulte que ce terme a beaucoup varié dans sa signification, ou mieux dans son acception, et qu'on l'a pris, à diverses époques, dans un sens plus ou moins restreint ou plus ou moins étendu. Aujourd'hui encore, les naturalistes sont loin d'être d'accord sur la délimitation du groupe auquel ce nom doit être appliqué, au point que ) espèce k laquelle il s'applique particulièrement a été rangée par quelques auteurs dans
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le genre truite. Les saumons, si nous prenons ce terme dans son acception la plus large et comme synonyme de salmonès, renferment donc plusieurs genres distincts, savoir : les saumons proprement dits, les truites, les éperlans, les ombles ou ombres, les corégones, les argentines, les characins, les aulopes, les saures, les soorpëles, les sternopryx, etc. Nous n'avons à nous occuper ici que du premier.
Le genre saumon, ainsi précisé, est caractérisé par un corps oblong, couvert d'écaillés petites et en ovale allongé; le bord de la mâchoire supérieure formé en grande partie par les maxillaires; des dents fortes et pointues, sur une rangée aux maxillaires, aux intermaxillaires, aux mandibulaires et aux palatins, et deux rangées au vomer, sur la langue et sur les pharyngiens; les pièces operculaires très-unies et formant en arrière une courbe très- prononcée; la première nageoire dorsale située en avant des ventrales ou tout au plus à la même hauteur. Ce sont des poissons migrateurs; habitant la mer, ils remontent les rivières pour frayer, sautent même au-dessus des rapides ou des cascades et pénètrent jusque dans les ruisseaux et les petits lacs des plus hautes montagnes ; ils aiment beaucoup aussi k revenir dans les eaux douces, même à une époque encore bien éloignée de celle du frai. Il est difficile d'établir exactement le nombre des espèces de ce genre; l'Europe en possède plusieurs, dont une surtout est généralement connue.
Le saumon commun est un grand poisson, de forme allongée; son corps, recouvert d'écailles très-petites, est peu élevé, ce qui le fait paraître, vu de profil, assez grêle et presque fusiforme ; il est beaucoup plus épais vers la tête. Celle-ci égale à peu près le sixième de la longueur totale ; le museau est arrondi, beaucoup plus long chez les mâles, a mâchoire inférieure souvent relevée en forme de bec crochu, surtout chez les vieux individus; l'œil est petit ; les pièces opereulaires forment une grande lame striée, k bord postérieur arrondi; la nageoire dorsale est plus longue que haute et plus rapprochée de la tête que de la queue. La couleur de Ce poisson est d'un gris verdâtre ou bleuâtre en dessus, argentée sur les côtés et d'un blanc nacré en dessous ; on observe des taches noires, arrondies sur la tête, l'opercule et la nageoire dorsale, et fréquemment aussi des taches obscures, variables de nombre et de forme, répandues sur les côtés du corps; mais cette brillante coloration varie suivant l'âge et d'autres circonstances.
Le saumon a été connu des anciens. Les écrivains grecs, il est vrai, n'en ont pas parlé, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque ce poisson ne se trouve ni dans la Méditerranée, ni dans les mers intérieures qui communiquent avec elle, ni dans aucun des cours d'eau qui s'y jettent. Pline le mentionne comme le meilleur poisson de l'Aquitaine, région qui correspondait à peu près au bassin de la Gironde et de ses affluents. Ausone est le plu3 explicite; il rappelle l'agilité avec laquelle le saumon remonte du fond de l'eau jusqu'à la surface, la propriété qu'il a de se conserver frais pendant longtemps et la bonté de sa chair, qui le rend digne d'être servi dans les repas ou la délicatesse des mets laisse les . convives indécis sur le choix, et les différents noms qu'il porte, et les variétés qu'il présente, suivant l'âge ou d'autres causes. Cassiodore donne au saumon l'épithète d'atichora, comparant à une ancre le crochet qui termine sa mâchoire inférieure. Mais, k part quelques détails ajoutés par Rondelet, l'histoire réellement scientifique du saumon est toute moderne et ne remonte guère qu'au commencement du siècle.
Le saumon habite l'océan Atlantique et les mers du Nord ; aussi le rencontre-t-on fréquemment dans presque tous les cours d'eau qui s'y déchargent. C'est dans les régions voisines du cercle polaire arctique que l'espèce atteint son maximum d'abondance; elle diminue progressivement k mesure qu'on S'avance vers le sud, et cette diminution devient surtout très-sensible k partir du 55e degré de latitude; il ne parait pas que ce poisson descende plus bas que le 40e degré. Il semble aussi bien établi que sa qualité varie avec ses diverses stations; les saumons de Laponie passent pour les meilleurs de l'Europe; on vante encore ceux de la Tamise, du Rhin, de la Moselle, de la Loire, de l'Allier, de la Dordogne, de la Garonne, etc. Toutefois, la latitude peut être ici contre-balancée par les conditions locales.
Le saumon, pendant l'été et k l'âge adulte, habite la mer. On n'est pas bien d'accord sur son régime alimentaire k cette époque. D'après les uns, il s'attaque surtout aux animalcules marins, et il lui suffit d'ouvrir la bouche pour en engloutir d'énormes quantités. D'autres lui attribuent une piédilection marquée pour les œufs des échinodermes et des crustacés. D'autres encore assurent qu'il mange surtout des poissons, du moins on en a trouvé dans son estomac, i Le cas, néanmoins, dit M. E. Blanchard, s'est montré assez rarement; la digestion s'opérerait avec une telle rapidité chez le saumon, que l'estomac serait habituellement trouvé k peu près vide. Par suite de cette circonstance, on s'est demandé encore s'il n'arriverait pas au saumon, saisi de frayeur au moment où il est pris, de dégorger sa nourriture. » On u dit
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aussi qu'il avait un goût très-prononcé pou* le sel fit qu'il suivait volontiers les salines ou bateaux de sel qui remontent les rivières.
En effet, comme nous l'avons dit, le saumon est un animal en quelque sorte amphibie, qui passe des eaux douces aux eaux salées, et réciproquement. ■ Les saumons, dit A. Guichenot, abandonnent leur séjour dès le commencement du printemps, pour chercher un refuge dans les fleuves lorsqneles glaces commencent k fondre sur les côtes des parages qu'ils habitent. Ils partent avec le flux pour se jeter dans les rivières qui se trouvent alors débarrassées de glaçons. Si la température d'été devient trop forte, ils se réfugient dans les endroits les plus profonds. Ils s'éloignent de la mer en bandes nombreuses et présentent souvent dans l'arran.iremcnt de celles qu'ils forment autant de régularité que les époques de leurs voyages. Le plus gros de ces poissons, et le plus souvent une femelle, s'avance le premier; à la suite viennent les autres femelles ; les mâes paraissent ensuite, observent le même ordre que leurs compagnes et sont suivis des plus jeunes. ■
Les saumons, en remontant, se tiennent au fond du fleuve, parce que le courant y est moins rapide; ils paraissent surtout préférer les époques ou les eaux sont grossies et troublées par des pluies abondantes, ce qui leur permet d'échapper plus facilement aux poursuites. Us tiennent constamment leur tête dirigée contre le courant; pourtant, si les eaux leur plaisent, ils s'y attardent volontiers, viennent jouer k la surface, s'écartent momentanément de leur route et reviennent même sur l'espace déjà parcouru. Leur force et leur agilité sont très-grandes; quand ils nagent contre le fil de l'eau, on dirait souvent un trait décoché. Quand ils veulent éviter un danger, ils s'élancent si rapidement que l'osil a peine k les suivre. 'S'ils tombent dans les filets, ajoute Guichenot, ils les déchirent ou cherchent à s'échapper par-dessous ou par les côtés du filet, et dès qu'un de ces poissons a trouvé une issue, les autres le suivent et leur premier ordre se rétablit. Comme ils sont très-nombreux, qu'ils agitent l'eau violemment et qu'ils font beaucoup de bruit, on tes entend de très-loin, comme le murmure sourd d'un orage lointain. ■
Un des traits les plus remarquables que présentent les mœurs des saunions, c'est la facilité qu'ils ont de sauter k une hauteur plus ou moins gmnde et de pouvoir ainsi franchir les obstacles qui s'opposent k leur remonte. Us trouvent pour cela un puissant secours dans leur queue, qui est k la fois une rame et un gouvernail très-puissants; s'arc-boutant contre les pierres, rapprochant de leur corps l'extrémité de cette queue, formant ainsi une espèce de ressort fortement tendu, ils débandent vivement cet arc, frappent avec force contre le liquide et s'élancent ainsi très-haut. On en a vu franchir des chutes hautes de plusieurs mètres. On cite surtout, en Ecosse et en Irlande, diverses cascades, appelées saut du saumon ou montée des saumons, et qui présentent aux touristes un spectacle attrayant et très-renommé.
Les saumons remontent ainsi, souvent jusqu'à une centaine de lieues dans l'intérieur des terres. Ils recherchent particulièrement les sources, les petits cours d'eau et les ruisseaux qui leur offrent l'eau la plus limpide. On a remarqué que presque tous les ans ils choisissent les mêmes affluents, tandis qu'ils en évitent d'autres qui ne paraissent dirlérer en rien des premiers. A cette époque et aux approches du frai, leurs teintes, surtout chez les mâles, deviennent plus vives; des taches rouges se montrent près de la ligne latérale et sur les opercules; le ventre et les bords des nageoiress'empourprent.En même temps, d'après Jardine, il se produit chez le mâle un èpuississement très-sensible de la peau du dos et des nageoires.
L'époque du frai, pour les saumons, arrive surtout en hiver. De l'ensemble des observations faites sur ce sujet en diverses localités, il résulte que ce phénomène commence en septembre, atteint son maximum en décembre et se prolonge jusqu'en mars. Les conditions spéciales dans lesquelles ils se trouvent placés, et surtout la nature et la température de l'air et des eaux, exercent à cet égard une influence incontestable. Quand le moment physiologique est proche, les individus se réunissent par couples; il arrive souvent que deux mâles se battent pour la possession d'une femelle, jusqu'à ce que le vaincu ait quitté la place. Alors les deux sexes choisis sent ensemble un endroit convenable pour la ponte et creusent dans le gravier un trou profond de 0m,20 en moyenne; la femelle y dépose ses œufs et le mâle les imprègne aussitôt de sa laitance. Tous les deux recouvrent ces œufs d'une couche de gravier, pour empêcher qu'ils ne soient entraînés parles eaux; puis ils se séparent et ne lardent pas à convoler, chacun de son côté, à une nouvelle union.
Quand le frai est complètement terminé, les saumons séjournent encore quelque temps dans les eaux douces ; puis, vers le commencement du mois d'avril, ils redescendent vers la mer, toujours par troupes nombreuses. Mais alors ils sont bien changés; fort affaiblis par l'acte auquel ils viennent de se livrer, ils se sont dépouillés de leurs richeslcouleurs ; leur chair, tout en égalant encore
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2e !a des meilleurs poissons d'c:iu douce, a néanmoins bien perdu de su qualité première. Leur force, leur vigueur est surtout notablement diminuée; ils Sfi laissent, pour ainsi dire, po -ter par le courant, plutôt qu'ils ne nagent, et se tiennent à la surface, où l'eau est plus rapide; ils son I alors plus exposés au danger et offrent au pécheur une capture facile; leur nombre est bien restreint quand ils arrivent a la mer.
Revenons à la ponte. Les œufs sont trèsnombreux; on estime que chaque femelle en produit à peu près autant de milliers qu'elle pèse de livres; sans les nombreuses causes de lestruction auxquelles ils sont exposés, l'espèce se multiplierait dans des proportions incroyables. Ils ne se développent bien que dans une eau douce et courante, n'éelosent jamais dans un liquide immobile et périssent dans les eaux salées. Ils ont le volume d'un pois ; assez transparents et d'un blane opalin dans les jours qui suivent la ponte, ils prennent une teinte rose ou mieux saumonée quand le vitellus s'est développé. La durée de l'incubation est très-longue ; elle varie, suivant la température, de quatre-vingt-dix à cent quarante jours. Ce terme peut d'ailleurs être avancé ou retardé dans nos laborato res, où l'on pratique la fécondation artificiîlle.
Le jeune saumon, quand il vient d'éclore, ressemble à un petit ver portant suspendue tous le ventre une énorme vésicule vitelline; a peine né, il s'agite avec vivacité. Pendant cinq semaines environ, il reste sans prendre aucun aliment et se nourrit uniquement de sa vésicule , qui est k peu près résorbée. Quand cette résorption est. complète, il est long de 0m,03, et sa tète est très-grosse relativement au volume du corps. Alors il doit chercher autour fie lui sa nourriture; c'est pour lui une époque assez critique, et il périt beaucoup de ces jeunes individus. Son régime alimentaire, à cet âge, se compose d'insectes, de vers, de petits mollusques, de frai , et il y ajoute do petits poissons quand il est arrivé à une certaine taille. Au bout ce quelques jours, la tûte s'abaisse, le museau s'allonge, le dos s'arrondit peu à peu ; la forme du petit poisson tend h se rapprocher ce celle qu'il aura à l'âge adulte; mais sa teii te reste terne et grisâtre, avec quinze à dix-1 uit bandes transversales noirâtres, Cet •état dure au moins un an, et l'alevin ne quitte pas les eaux qui l'ont vu naître.
Au. bout de ce temps, un brusque changement s'opère; le jeune saumon so pare de brillantes teintes métalliques; le dessus du corps est d'un bleu d'acier; les flancs sont rongeâtre.i ou ferrugineux, avec une dizaine de taches bleues à reflet argentin; le ventre d'un b'iau blanc nacré ; les nageoires plus ou moins grisàires; sa longueur varie de 0m,10 i. om^g. C'est alors seulement que ces jeunes poissons, jusque-là solitaires, se réunissent eu troupes et se dirigent vers la mer; leurs bandes se succèdent pendant toute la durée du printemps. Mais ils paraissent peu pressés d'arriver et s'amusent beaucoup en chemin. Parvenus au point où la marée se fait sertir, ils s'arrêtent pendant deux ou trois jours dans les eaux saumâtres; puis ils gagnent la haute mer et s'enfoncent k des profond îurs où le filet ne peut les atteindre. Environ deux mois après, les saumoneaux reparaissent dans les mêmes rivières et remontent jusqu'aux endroits où ils sont nés. Leur taille alors a beaucoup augmenté, tout en variant dans d'assez grandes limites; leur forme et leur couleur ont aussi notablement changé ; ils ont la tête plus effilée , la queue à peine éehancrée, les bandes entièrement effacées en un mot, ils ressemblent presque au savmM adulte, si ce- n'est qu'ils ont le corps re ativement plus mince, la teinte générale plus pâle, plus uniforme et dépourvue de tache,!. Ils se nourrissent surtout de poissons. A cet âge, les deux sexes sont aptes à la reprocuction aussi bien que les adultes. Après la ponte, ils demeurent encore quelque temps dans les eaux douces, retournent à la mer, où ils ne séjournent guère que trois mois au plus, puis reviennent encore, mais cette fois à l'état de véritables saumons. Une marque imprimée à certains individus a permis de constater ces migrations et ces retours périodiques.
Une question fort controversée , et qui n'a pas enco-e reçu de solution définitive, est celle-ci : le saumon peut-il se développer et se reprod lire dans les eaux captives, dans les lacs ou le;* étangs sans issue , sans avoir besoin de remonter dans tes eaux courantes ou de descendre dans la mer? M. E. Blanchard n'hésite pis à répondre : non. « Retenu dans les eaux douces, dit-il, il ne deviendrait jamais un véritable saumon; retenu continuellement à li mer, il ne pourrait se reproduire. L'eau dou:e bien courante lui est indispensable pour sa reproduction, les eaux salées indispensables pour lui fournir une nourriture abondante ; sans ces deux conditions réunies, la race s'éteindrait. » L'autre part, MM. Coste, Gillet de Grandimmt, Charbonnier, s'appuyant sur des observations sérieuses, professent hautement l'opinion contraire. Un fait bien établi néanmoins, c'est que le sautton, ainsi élevé en captivitéfgrossit moins vite et acquiert une chair moins colorée et .noins savoureuse que s'il passait librement ot tour à tour de la mer aux eaux courantes.
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A tout âge, les saunions sont exposés aux attaques d'ennemis plus ou moins redoutables. Les œufs mêmes sont souvent envahis par des cryptogames qui font périr l'embryon. L'alevin échappe malaisément aux poursuites des brochets et des autres carnassiers d'eau douce. En vieillissant, les saumons sont sujets à nourrir dans leurs entrailles des ténias ou autres vers intestinaux; on dit aussi que les sangsues les incommodent beaucoup et les font bondir dans les eaux. Les grands oiseaux aquatiques les guettent au passage et en font leur proie. Dans la j mer, les squales, les phoques et les marsouins ! les poursuiventavectantd'acbarnementqu'ils en prennentquelquefoisjusque dans les filets et accélèrent même, a. ce qu'on prétend, leur ! passage dans les rivières. Enfin les pêcheurs surtout leur font une guerre très-active et souvent inintelligente.
La pêche du saumon se pratique surtout au moment de la montée, et par conséquent lorsqu'il n'a pas encore déposé et fécondé sa ponte. On établit souvent pour cola des madragues, avec de grands filets qui barrent complètement le cours d'eau. Dans les rivières de quelques pays, le barrage consiste en un double rang de pieux très-rapprochés et assujettis entre eux par des traverses. Du côté de la rive droite est une sorte de coffre grillé, formant un carre de 5 mètres de côté et disposé de telle façon que le courant de la rivière s'y porte naturellement; au milieu de ce coffre et presque à fleur d'eau est un trou d'environ 0™,50 de diamètre, entouré de laines de fer-blanc triangulaires, un peu recourbées, s'ouvrant et se fermant facilement, et dont lu disposition rappelle celle de l'ouverture des souricières en fil de fer.
Le saumon, entraîné par le courant, entre facilement dans le coffre, en écartant les lames qui se rapprochent ensuite; de là il passe dans un réservoir, d'où les pêcheurs le retirent à l'aide d'un filet attaché au bout d'une perche. Quand les poissons arrivent en grandes troupes, tous ne se rendent pas dans le coffre; beaucoup d'entre eux passent à travers les pieux ; mais alors les pêcheurs s'embarquent dans de petits bateaux plats et se glissent le long du barrage, où ils tendent des filets à mailles serrées; ils prennent ainsi de nombreux saumons, qu'ils portent aussitôt j dans le réservoir. Mais touvent les rileis sont ' si remplis qu'ils se rompent par suite des efforts du poisson captif, ou même par le simple effet de son poids.
La pêche des saumons s'ouvre vers le mois d'octobre, à l'époque où ils commencent,, comme on dit, à goûter la rivière; elle devient insensiblement plus fructueuse et se trouve dans son fort vers la mi-janvier ; elle se maintient à peu près sur le même pied jusqu'en avril, et on prend alors des quantités prodigieuses de poisson. En mai, la surface de la rivière-commence à se couvrir de petits saumons qui se rendent à la mer. Dos lors, le produit do la pêche diminue en quantité et en qualité. En juillet, époque du rouissage des chanvres , le poisson déserte les rivières, et on ouvre les écluses ou les ouvertures de la digue pour qu'il puisse descendre librement.
« Les Islandais, dit V. de Bomare, ont l'adresse de prendre quantité de saumons par le moyen d'une espèce de coffre fait de treillage serré , qu'ils dressent directement dans la route du poisson et qui, -sans l'empêcher de monter dans l'eau, l'arrête lorsqu'il veut descendre k la mer. Dans le temps que le saumon est le plus gras, on tend dans la rivière des filets ordinaires qui s'étendent d'un rivage à l'autre, et avec lesquels on va des deux côtés en remontant l'eau et en poussant tuujours en avant les saumons, qui, sentant qu'ils ne peuvent plus reculer, s'élancent à droite et à gauche sur leïivage, où ils sont aussitôt pris. «
La disposition des pêcheries de saumons varie beaucoup, du reste, suivant les conditions locales. Dans la mer Blanche, la Baltique et les rivières qui y déversent leurs eaux, les Russes emploient fréquemment des bordigues, peu différentes de l'appareil que nous avons décrit plus haut. Quelquefois on se contente de tendre des filets en travers du rivage, sur les lais et relais de la nier; d'autres ibis on y ajoute, dans la partie voisine de la terre, une poche très-forte et se repliant du côté du large, de façon k former une sorte d'enceinte ou les poissons viennent s'agglomérer; quand il y en a suffisamment, 1 on haie, au moyen d'un câble et d'un eabes- , tan, la portion libre du filet vers la terre, et on les enferme ainsi dans une enceinte con- : tinue. Souvent on se sert de filets flottants, placés en travers du courant , et où le pois- ! son vient s'emmaiiler. D'autres fois encore | on emploie des filets ou sacs rectangulaires, dont un côté est garni de poids qui l'entraînent vers le fond, tandis que l'autre est maintenu plus élevé; on traîne le filet contre le courant, en lui faisant former une bourse, ei, quand il y a assez de poisson, ce qu'on reconnaît aux secousses qui l'agitent, on relève en méitie temps les deux côtés, qui sont manœuvres chacun à l'aide d'un bateau.
On pèche aussi le soumon à la ligne, surt tout en hiver, quand la surface des cours d'eau est prise ; en Russie, une disposition ingénieuse permet à un seul homme de surveiller eu même temps un grand nombre de lignes. On se sert encore de caissons ou
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caisses, de dimensions variables, placés au niveau de la partie supérieure d'une cascade que ce poisson a l'habitude de franchir, et dans lesquels il tombe en sautant; ces caisses sont disposées d'ailleurs de telle manière qu'une fois entré il ne peut plus en sortir. Dans quelques pays, on fixe, la nuit, à l'avant du bateau, une lanterne ou un brasier; la lueur attire les saumons, que l'on harponne au moyen d'une fouène ou trident; bien que défendue par la loi , cette pêche se pratique souvent en Laponie. La pèche du saumon dans les contrées du Nord se pratique surtout en juillet; elle est fermée depuis le 15 septembre jusqu'à la fin d'octobre, durant le temps du frai.
Le saumon, très-abondant autrefois dans les eaux douces du nord et de l'ouest de la France , y est devenu très-rare aujourd'hui ; cette diminution tient à plusieurs causes : à des bancs de sable ou à des atterrisseinents qui ont modifié le cours des rivières; aux détritus do toute sorte qui, versés dans les eaux courantes, tendent de plus en plus, par suite du nombre toujours croissant des usines, à altérer la pureté du liquide; enfin, et par-dessus tout, a un système de pêche k outrance et à l'insuffisance ou plutôt au manque des soins k prendre pour assurer la conservation de l'espèce; en escomptant l'avenir au profit du présent, on est arrivé peu à peu à dépeupler les eaux.
Pour remédier k ce fâcheux état de choses et rendre a nos rivières leur richesse primitive, on a proposé et essayé différents moyens : les procédés de propagation artificielle, décrits à l'article pisciculture; les frayères artificielles/ (v. ce mot), disposées dans les endroits les plus propres à la ponte des poissons et entourées des précautions convenables; enfin, les échelles et les escaliers destinés k favoriser la remonte, en permettant au saumon de franchir les barrages, les cascades et les autres obstacles :rop élevés pour lui, trop escarpés ou trop rapides. Les échelles sont constituées par un plan incliné, coupé de distance en dislance par des cloisons transversales, dont les ouvertures sont opposées ou contrariées. Les escaliers se composent d'une série de réservoirs en buis, superposés de telle façon que l'eau y tombe de chute en chute et que le poisson puis,e les franchir par une série de sauts successifs. On a établi avec succès plusieurs de ces appareils en France et dans d'autres contrées.
La chair du saumon est d'un blanc rosé ou saumoné, teinte qui devient plus intense | ar la cuisson, surtout quand l'animal est cuit en entier. Elle est grasse, très-nourrissante, d'une saveur agréable, et constitue un aliment très-sain et facile à digérer; c'est une ressource précieuse pour les contrées du Nord, où elle constitue en quelque sorte la base du régime alimentaire. Dans tous les pays, elle est admise sur les meilleures tables; sur les marchés de Paris, elle atteint fréquemment le prix de 10 francs le kilogramme. Si l'on tient compte do l'abondance de ce poisson, dont le poids dépasse souvent 10 kilogrammes, on comprendra aisément que la pêche du saumon soit une source considérable de richesse pour certaines contrées. Comme tout le poisson qu'on pêche n'est pas consommé sur place , on en exporte une grande partie et on en conserve aussi comme provision de ménage. Tantôt on le plonge d'abord dans la neige, puis dans un •mélange réfrigérant , pour le soumettre k la congélation , et il peut ainsi se conserver plusieurs mois; tantôt on le confit, dans l'huile ou dans la saumure; tantôt enfin on le sale ou on le fume, et, bien qu'il n'ait pas alors la même saveur que le saumon frais, il n'en est pas moins un bon et utile aliment.
Le saumon, outre les différences dues à l'âge ou à la localité, présente plusieurs variétés, dont la plus remarquable a été décrite par plusieurs auteurs, comme une espèce distincte, sous le nom de bécard (v. ce mot). Parmi les autres espèces, nous citerons le saumon heuch ou hucho, qui vit dans le Danube et atteint de très-grandes dimensions-, le saumon fluviaiile, qui habite l'Obi, l'irtisch, l'Iénisséi et leurs aftiiients; le saumon kata, qu'on trouve dans le fleuve Amour ou Saghalien; le saumon goletz ou roïe, 1,11*011 pèche dans la mer de Kara; le sa union namageush, des fleuves et des lacs de l'Amérique du Nord, etc.
SAUMONE, rivière du Sénégal, obstruée par des roches et des bancs de coquilles.
SAUMONÉ, ÉE adj. (sô-mo-né — rad.
saumon). Ichthyol. Qui ressemble au saumon : La truite saumonÉu. || D'une couleur rosée comme la chair du saumon.
— s. f. Nom vulgaire d'une espèce de truite.
SAUMONEAU s. m. (sô-mo-no — dimiii.
de saumon). Ichthyol. Jeune saumon : Les Saumoniïaux ne se tiennent pas vutontiers un ou deux ans dans te lthin. (Y. de Bomare.)
SAUMONELLE s. f. (sô-mo-nè-le — rad.
saumon). Pèche. Sorte d'appât , appelé aussi
MENUISB.
SAUMUR, en latin Salmurium, ville de France (Maine-et-Loire) , ch.-l. d'arrond. et de 3 cantons, à 48 kilom. S.-E. d'Angers, sur la rive gauche de la Loire et sur le chemin de fer de Paris k Nantes; pop. aggl., 11.028 hab. — pop. tôt., 12,552 hab. L'arr'on-
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dissement comprend 7 cantons, 83 communes •et 91,484 hab. Tribunaux do premere instance et de commerce, trois justices de paix. Ecole de cavalerie ; collège communal, bibliothèque publique, musée d'histoire naturelle, d'antiquités et de statues ; jardin botanique spécialement affecté k la cul tare de la vigne. Place de guerre. Récolte d'excellents vins blancs, «,<» se font remarquer surtout par leur puissance alcoolique. Fabrication de toiles, liqueurs, bimbeloteries religieuses ; tanneries, teintureries ; émaux, perles à -la mécanique, vinaigre. Important commerce do céréales, farines, chauvr.'S, lin, légumes, fruits secs, noix, vins, eaux-de-vie, cuirs, articles en cuivre, chaux hydraulique et tuffeau. Saumur s'élève dans une situation charmante sur la rive gauche de la Loire, que l'on y traverse sur un pont en pierre monumental; ce pont relie la ville au faubourg de la Croix-Verte. Défendue par de puissantes digues qui la protègent contre les inondations de la Loire, cette ville s'étend au pied et sur le penchant d'une colline, couronnée par un château fort, d'où l'on découvre les riants paysages qu'arrose le cours majestueux du Heuve. La partie haute de la ville est irrégulièrement construite ; les rues en sont généralement mal percées et quelquesunes même d'un accès difficile. La partie basse, au contraire, est formée de maisons construites avec élégance, le long desquelles règne un fort beau quai, qui aboutit au port.
— Monuments. Le château de Saumur, commencé par Geoffroy Martel, fils de Foulques Nerra, au xie siècle, a été achevé auxtii1" et au xive siècle ; il a, en outre, subi de nombreux remaniements. Des quatre grands corps dj bâtiments qui le composaient à l'origine, trois subsistent encore aujourd'hui. La grosse tour carrée, flanquée à chacun de ses angles do tours circulaires k la base, octogones au sommet, a été également détruite. Les deux autres tours du nord, ainsi que les deux du sud, sont seules demeurées debout; elles présentent les caractères de différentes époques. A l'intérieur, l'avant-corps est décoré de sculptures et de niches qui jadis contenaient des statues. Au-dessus d'une porte se présente également un bas-relief qui mérite une * mention. « Ce morceau de sculpture grossièrement exécuté, dit l'auteur de la France monumentale, paraît beaucoup plus ancien que le château et n'a pas été fait pour l'endroit qu'il occupe, il représente deux lutteurs couverts d'un long poil sur tout le corps, excepté sur les mains et sur les pieds. 11 est présumable que ces lutteurs sont des Gaulois célébrant les jeux institués dans les Gaules. »,On retrouve dans la première cour du château les ruines de l'ancienne église de Saint-Florent, fondée par Thibault le Tricheur. Du sommet des remparts du château de Saumur, l'œil embrasse dans un panorama merveilleux les vallées de la Loire et du Tliouet. Le château sert aujourd'hui d'arsenal et de poudrière. Il est depuis longtemps classé au nombre des monuments historiques.
L église de Notre-Dame-de-Nantilly passe pour une des plus anciennes de l'Anjou. Elle s'élève à l'une des extrémités du vieux pont Fouchard, bâti sur le Tliouet, du vie au vue siècle, et qui n'est plus qu'une ruine aujourd'hui, son ancien emplacement étant coupé obliquement par la culée méridionale du nouveau pont. L édifice primitif, contemporain du pont Kouchard,' consistait seulement, k l'origine, dans une nef romane k colonnes engagées. Le collatéral, de dimensions presque égales à celles de la nef elle même, est du à Louis XI. Le chœur avait déjà subi d'importantes modifications au xtie siècle. Enfin, au xv« siècle, le transsept fut reconstruit. A l'extérieur, l'édifice ne présente plus que deux façades: le frontispice et la façade nord. Sur le frontispice s'ouvre la porte principale, flanquée de colonnes dont les chapiteaux sont ornés de sculptures représentant des animaux fantastiques. Cette partie du monument est chargée de sculptures de mauvais goût. La partie supérieure est moderne, à en juger par la manière dont les contreforts iiu côté gauche de celte façade sont, terminés. Le clocher paraît avoir été fait en même temps. A l'intérieur ou remarque, sur une colonne séparant la nef du bas-côté, un bas-relief en marbre blanc représentant Saint Jean prêchant dans le désert. Notre-Danie-de- Nantilly a été restaurée par M. Jully-Leterme.
L'église Saint-Pierre, dont la date de fondation est iinposs.ble a préciser, est un édifice où se retrouvent les caracières de l'architecture du xi° et du xit<î siècle. Elle affecte la plan d'une croix latine et est surmontée d'un clocher carré, supporté par quatre piliers placés au point de jonction de la nef, du chœur et des bras do la croisée. Une flèche en bois, dont la hauteur n'atteint pas inouïs de 69 mètres au-dessus du sol, domine le tout. L'intérieur, couvert de belles voûtes ogivales, a été l'objet d'une intelligente restauration, par M. Jully-Leterme. S dut-Pierre possède une admirable tapisserie du xvie siècle, connue sous le nom de tapisserie de Saint- Florent.
L'église Saint-Jean-Baptiste» a servi longtemps d'écurie à une auberge qui s'était placée sous la même invocation, ou plutôt sous la même enseigne. Elle fut terminée par Pépin, roi d'Aquitaine, fils de Louis le Débon»
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naire. C'est un très-élégant édifice, qui a à peine souffert des ravages du temps. Il a été rendu au culte en 1860.
L'église de Notre - Dame - des - Ardilliers, commencée en 1553, appartient au style de la Renaissance. Le cardinal de Richelieu, en 1634, puis Abel Servien, marquis de Subie, en 1654, l'augmentèrent de deux chapelles. Le dôme qui surmonte l'édifice remonte aussi à cette dernière époque. Ce dôme, qui mesure Ï0m,30 de diamètre, est éclairé par huitgrands vitraux, entre lesquels se trouvent des bas-reliefs représentant les Evangélistes et quatre Pères de i Eglise ;i\ (ut terminé par ordre de M™° de Montespan.
Citons enfin le temple protestant; l'hôtel de ville, charmante construction ogivale du xne siècle, flanquée de tourelles et éclairée de fenêtres à croisillons de pierre surmontées de campaniles (un nouveau corps de bâtiment, du même style, y a été récemment ajouté) ; le palais de justice ; le théâtre ; le collège ; enfin, dans le faubourg, la maison de la reine Cécile (ou plutôt de Sicile), bâtie par le roi René, qui y demeura longtemps ; sur la façade sont gravés l'écu et les insignes de l'ordre du Croissant, fondé par lui en 1448; et, au delà du Thouet, les ruines de la célèbre abbaye de Saint-Florent, comprises aujourd'hui dans un couvent de femmes.
Saumur possède : une bibliothèque contenant 5,000 volumes environ et riche surtout en ouvrages théologiques, la plupart provenant des monastères des enviions, détruits à l'époque de la Révolution ; un musée, installé ù l'hÔLel de ville, et qui comprend l'archéologie et l'histoire naturelle; une galerie de statues réunissant l'œuvre du sculpteur Suc, de Nantes; enfin une école de vignes, riche de 800 variétés de raisin.
L'école de cavalerie fut supprimée à la Révolution ; la Restauration rendit, en 1814, à Saumur son ancien éclat, en transférant dans cette ville l'école de cavalerie fondée par l'Empire à Saint- Germain ■ en ■• Laye. En 1823, on transféra l'institution à Versailles. Mais, deux ans plus tard, elle était 'réorganisée à Saumur sur de nouvelles bases. Aujourd'hui l'école, complètement reconstituée , a pour objet de perfectionner les officiers de cavalerie dans toutes les connaissances qui leur sont nécessaires et de former des officiers et des sous-officiers instructeurs. Elle comprend dans ses annexes une école de maréehalerie, une école de trompettes et un atelier d'arçonnerie, qui ne compte pas moins de 100 ouvriers. Le nombre actuel des élevés est de 400, dont 150 officiers environ.
— Enviions. Les environs de Saumur présentent un certain nombre de débris celtiques et romains. Nous nous bornerons à mentionner les deux, principaux. Le premier est le dolmen de Bagneux (à i kilom. de la ville), classé au nombre des monuments historiques et qui est le monument le plus considérable de ce genre dans tout l'Anjou. « Son pian, dit l'auteur de la France monumentale, est un carré long d'environ 901,32 de longueur sur 7 mètres de largeur; il a 3 mètres de hauteur. 11 est composé de quinze pierres de grès, dont neuf posées de champ, quatre pour chaque côté et une pour le fond. Deux autres sont debout: l'une, à l'entrée du dolmen, sert à rétrécir l'ouverture et à former la porte; l'autre, placée dans l'intérieur, sert de support à la plus grande pierre du toit, qui est fendue. Quatre pierres de différentes largeurs composent ce toit; la plus grande a 7<n,50 de longueur sur 7 mètres de largeur. » Le second de ces monuments celtiques est l'amphithéâtre de Doué.
— - Histoire. Tout porte à croire que deux villes existèrent jadis non loin du Saumur actuel; mais les découvertes qu'ont amenées les fouilles pratiquées afin d'acquérir une certitude établissent surabondamment que ces deux villes, gauloises ou romaines, n'occupaient ni l'une ni l'autre l'emplacement de Saumur : l'une occupait, plus haut, la rive gauche du Thouet; l'autre, plus bas, lu. vullee de cette même rivière. Saumur, au contraire, ne date que du ive siècle ; mais ses premiers habitants n'avaient guère, à cette époque, pour toute résidence que des sortes de grottes creusées dans la pierre d'un long escarpement situé à l'est de la ville actuelle et encore visible aujourd'hui. La forme verticale de cet escarpement, qui le faisait ressembler à un mur, entraîna sa dénomination : Mur (muras), tel fut le premier num de la localité.
Compris dans l'Aquitaine, Saumur en suivit les diverses fortunes. Lors de la réunion de cette grande province à la couronne, Pépin passa à Saumur (747). Peu do temps après, il y fit bâtir une église, puis un château, qui prit vulgairement, le nom de château du Tronc, à cause de lu ressemblance de ses tours , vues à distance , avec un tronc d'arbre. Quelques maisons se groupèrent peu a peu autour de l'église, placée sous l'invocation de saint Jean, lorsque les invasions normandes interrompirent brusquement ces progrès naissants. Cependant, des le xe siècle, la confiance était revenue et le nombre des cousu uctions avait presque doublé. L'existence véritable du Saumur actuel, ainsi que la dénomination qui a prévalu pour designer la ville, datent de cette époque, «lit: s'appela d'abord Suulmeur, puis Sau-
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meur (c'est-à-dire, suivant les uns, « sous le mur; ■ suivant les autres, a mur sauf, » salvus murus).
Saumur était une véritable place forte (1025) lorsque Foulques d'Anjou vint mettre I.' siège devant la place et s'en empara, en l'absence du Normand Geldouin, dit le Diable de Saumur, auquel la ville était inféodée. Le comte de Blois essaya, mais en vain, de reconquérir sa ville : après deux tentatives infrnciueuses, un traité fut conclu, par lequel Foulques conservait Saumur et son territoire et abandonnait Montbudel. Geoffroy Martel, fils et successeur de Foulques, jeta les premiers fondements du château nouveau, qui, terminé au xme siècle environ, prit le nom de Donjon. Après sa mort (1067), Foulques Réchin, en guerre avec Geoffroy le Barbu, réussit à s'emparer de Saumur; il s'y maintient et devient peu à peu maître de tout l'héritage de Geoffroy Martel; mais il n'en a pas moins à lutter à son tour contre les entreprises du comte de Poitiers, qui, en • 1060, pénètre dans Saumur et livre la ville à l'incendie. Pendant la guerre qui, au xm° siècle, s'engagea entre Philippe- Auguste et Jean Sans-Terre, les deux partis occupèrent successivement la ville, dont la position était d'un grand prix.
Louis IX vint à Saumur, suivi de toute sa cour, en 1241, et y célébra les noces de son frère Alphonse avec Jeanne, fille du comte de Toulouse^ Les Anglais, en 1369, vinrent mettre le siège devant Saumur ; mais la place résista héroïquement et l'ennemi battit en retraite. Du Guesi-lin se jeta alors dans Saumur, dont il fit son prirïcipal quartier général. A diverses reprises Charles VII choisit Saumur pour séjour. C'est là que le duc René d'Anjou (1447) tint ie grand tournoi célèbre sous le nom « d'emprise de la joyeuse garde. » Louis XI montra une prédilection toute parliculière pour la Notre - Dame - de- Nantilly de Saumur, agrandit l'église et l'enrichit de nombreux trésors. Lorsque la réforme éclata, cette ville accueillit avec enthousiasme les idées nouvelles. Presque toute la bourgeoisie embrassa le calvinisme. Il y eut, d'ailleurs, là une cause évidemment politique, qui fut de se soustraire aux insupportables vexations des ordres religieux dont foisonnait le territoire. Lorsque les deux partis en vinrent aux miiins, Saumur n'hésita pas; il embrassa sans retard le parti protestant et rompit définitivement avec le passé en pillant et dévastant les églises ; le prince de Condé vint en prendre possession et y établit son quartier général. Charles IX et Catherine de Médicis, alors en Anjou, essayèrent vainement de s'en faire ouvrir les portes (1565). Le duc de Montpensier enleva plus tard la place aux calvinistes, mais sans que ce succès imprévu engageât les habitants à se convertir. La Saint-Barthélémy, qui fit couler à Saumur des flots de sang, fut également impuissante à. transformer la situation. Enfin ce fut à Saumur que vint se réfugier Henri de Navarre, après son évasion du Louvre, et qu'il abjura le catholicisme, que Charles IX lui avait imposé sous peine de mort. Le traité de 1589 lui en concéda la libre possession comme place de sûreté et comme passage sur la Loire. Duplessis-Mornay fut alors placé comme gouverneur à la tête de Saumur et Son administration sage et éclairée inaugura pour la ville une ère de prospérité. Duplessis-Mornay fonda aSauinur un temple protestant et une académie protestante bientôt célèbre. Un synode fut tenu à Saumur en 1596. Enfin le château reçut des accroissements importants. Sous le gouvernement de Duplessis-Mornay, Saumur compta en peu de temps plus de 25,000 habitants. A la mort de Henri IV (1610), les protestants, inquiets, se réunirent à Saumur sous la présidence de Duplessis. Cette conférence, où figurèrent les ducs de Bouillon, de Sully, de Rohan, ne produisit pas les grands résultats qu'on était en droit d en attendre. Duplessis-Mornay demeura, gouverneur de Saumur jusqu'en 1621, époque où il en fut dépossède. Le duc de La Rochefoucauld, qui assiégea Saumur, l'ut repoussé honteusement. La cour, Muzarin en tête, prit ses logements à Saumur en 1652. Elle y fut rejointe par Turenne, qui, abandonnant le parti des princes, y venait faire sa soumission. La ville avait atteint son apogée de richesse et de prospérité, lorsque fut décidée la révocation de l'édit de Nantes. Ce fut un coup de foudre ; de 25,000 habitants, la population, par suite de l'émigration protestante à l'étranger, tomba à 6,000, et on mesurera l'étendue du désastre quand on saura que l'émigration emmenait | avec elle tout ce qui représentait l'intelli- 1 gence et l'industrie de la ville. Dès ce jour, ; Saumur tomba dans l'obscurité. En 1763, le régiment des carabiniers royaux fut envoyé 1 à ùaumur en garnison. Ils y construisirent un très-beau quartier pour se loger. Une école d'equitation, à laquelle furent envoyés des officiers de tous les corps et qui fut le germe de la grande école de cavalerie que possède ; Saumur, fut créée et organisée dans le regi- | ment. L'école d'equitation et le régiment formèrent ainsi une institution remarquable. Pendant les vingt-cinq ans que Saumur eut le régiment de carabiniers, sa population monta de 6,000 à 10, 000 et son commerce re- . prit de l'activité dans la même proportion. Eu I7y3, Saumur assiégé tomba au pouvoir des Vendéens, malgré la résistance des gé-
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néraux Constard, Menou et Berihier; mais tes Vendéens furent contraints d'abandonner leur conquête au bout de huit jours. Sous la Restauration, Saumur fut le centre de la conspiration organisée par le général Berton et qui a conservé le nom de conspiration de Saumur. On sait quelle en fut l'issue désastreuse et sanglante. En 1842, l'accroissement de la population protestante à Saumur a nécessité la reconstruction du temple supprimé lors de ledit de révocation.
Des digues très-importantes, qui protègent Saumur contre les crues fréquentes de la Loire et du Thouet, ont été rompues à plusieurs reprises sous l'effort des eaux, et la population saumuroise conserve encore, de tradition, le souvenir de l'inondation de 1615, qui a gardé le nom de « déluge de Saumur. » Les crues plus récentes (1842-1856) ont aussi été très-graves, mais de nouveaux travaux. d[endiguement semblent devoir en prévenir désormais le retour.
Cinq conciles provinciaux ont été tenus à Saumur. Le premier se réunit en 1253, sous le règne de saint Louis et sous la présidence de l'archevêque de Tours. Il promulgua trentedeux canons sur des points de discipline. Le second fut tenu, en 1275 ou 1276, par Jean de Montsoreau, archevêque de Tours, et publia quatorze canons sur la discipline cléricale et monastique. Par un de ces canons, il fut interdit aux excommuniés d'intenter action en justice, de plaider et de paraître comme témoins. Le concile de 1294, présidé par Renaud de Monlbazon, fit cinq canons pour réformer les moeurs et supprimer les abus. On y excommunia ceux qui empêchaient les ecclésiastiques de percevoir la dîme. Le concile de 1300, réuni par le même prélat, dénia aux juges séculiers le droit d'examiner le bien ou mal fonde des excommunications et déclara que tous les objets appartenant aux ecclésiastiques seraient exempts de tous droits. Enfin le concile de 1315, réuni par Geoffroy de La Haye, archevêque de Tours, s'occupa principalement de protéger les privilèges ecclésiastiques.
— Célébrités. Saumura vu naître: M'ioDacier; Claude Mesnard, auteur d'une Histoire manuscrite de l'Anjou et d'une Vie de Du Guesclin; le bénédictin dom Plancher, auteur d'une Histoire de liourgoyne; Bonjn, auteur des Recherches historiques sur l'Anjou ; F. Bodin, fils du précédent, député et journaliste sous la Restauration.
Les vins blancs des coteaux de Sauinur, dont la réputation, bien ancienne déjà, n'est pas au-dessus de leur mérite, sont remarquables par leur puissance alcoolique, leur corps, leur finesse et leur bon goût. Ils ont le mérite de supporter parfaitement le transport. Les vins mousseux du Saumurois rappellent le Champagne, inoins .la légèreté et la délicatesse; ils sont plus capiteux. Les crus les plus renommés sont : les Rôtissants, les Perrières, les Poilleux, les Clos-ilorin. Les vins blancs secs que l'on y récolte produisent le meilleur etfet dans les mélanges ; ils donnent de la légèreté, de l'agréaient, de la force aux vins grossiers, plats et trop colorés. On les considère quelquefois comme vins fins de troisième classe; mais ils sont mieux placés dans la classe des vins d'ordinaire.
Le vin blanc des coteaux de Saumur fait partie des vins désignés dans le commerce sous le nom génétique de vins d'Anjou.
Lorsque la vigne est parvenue à sa cinquième feuille, 011 la renverse sur le sol et on dispose en cercle tous les sarments d'un même cep reconnus bons, puis on les recouvre jusqu^i 0°»,50 de hauteur de terre dressée eu cône. Ces sarments ainsi charges se couvrent de racines à leurs articulations. L'année suivante, on en choisit deux pour servir de provins; les autres, sevrés de la souche mère, fournissent des chevelus.
La vigne reçoit cinq façons, savoir : le déchaussement, en décembre et janvier; la taille, qui a lieu en février sur uu ou deux yeux; le provignage; l'ébouigeonnage et laccolage en mai et juin; entin le rabattage vers la fin de juin. Quant à l'épamprement, on ne le pratique qu'en des cas det:rmiiiés. On vendange à diverce-. reprises; on attend, pour couper les raisins blancs, que la pellicule ait subi déjà un commencement de décomposition; les grappes les plus belles et les plus mûres sont cueillies les premières ; elles donnent le vin de choix ; les autres se récoltent ensuite et produisent la seconde qualité de vin. On les presse et le moût est aussitôt entonné dans des futailles non boudées où il fermente. On ouille, on mèche et on soufre avec soin.
Saumur (combat et prise De). Au commencement ue juin 1793, 40,000 Vendéens s'assemblèrent à Chàtiiloii, ayant à leur tête La Rochejaequelein, Lesouie, Beauvollier, Stolllet et Cattieliueau. L'armée républicaine, commandée par le général Lygonier, était campée sur les hauteurs de Contourson, seule position avantageuse qui put couvrir Saumur; mais Lygonier ne sut en tirer aucun parti. Le 7 juin, ses avant-postes se virent repousses par les royalistes; ils ne se rallièrent que sur les hauteurs de Bournan, à une demi-lieue de la ville. Les chefs vendéens, jugeant qu'il serait imprudent u attaquer Saumur ue front, malgré l'avantage qu'ils venaient de remporter, opérèrent alors une marche rétrograde en s'avançant obli-
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qtlement par Moutreuil. Bientôt toutes les troupes qui défendaient les approches de, la ville lurent dispersées, car Meuott, qui avait succétlé à Lygonier dans le commandement, 1 ne montra pas plus de résolution et d'habileté, et la place resta abandonnée à ses seules forces.
La ville de Saumur, ouverte de tous côtés,
n'avait pour défense qu'une redoute et un
retranchement à l'entrée des faubourgs; à
+ peine le château était-il à l'abri d'uu coup de
' main.
Le 9 juin, à deux heures après midi, la masse de l'armée royale, qui s'était portée sur Saint-Just, parut et menaça plusieurs points à la fois. Iles forces des républicains ne s'élevaient pas a. plus de 10,000 hommes. Los Vendéens, frémissants d'impatience et voyant leur victoire assurée, engagèrent l'attaque sans même attendre les ordres de leurs chefs. Ils prirent à revers tous les avant-postes que les républicains avaient établis sur le chemin de Duué. et bientôt une lutte sanglante s'engagea entre les deux armées. Les républicain^, composés surtout de jeunes recrues, se débandèrent et s'enfuirent en se voyant tournes par les royalistes. Les généraux Menou et Berruyer essayèrent vainement d'arrêter le desorUre ; tous lieux blessés, ils furent entraînés par le torrent des fuyards. Le conventionnel Buurboite, ayant eu son cheval tué sous lui, courut les plus grands dangers et faillit être pris; un jeune officier de la légion germanique, Marceau, mit alors pied a terre et lui offrit son chevai. C'est de là que date la fortune de l'illustre général républicain.
Le centre et la droite ue l'armée républicaine ne tardèrent pas à être forces et alors la déroute de vint complète. Perdus dans de s n nages de poussière, les fuyards étaient cernes par la cavalerie vendéenne et déposaient les armes. Il était évident que Saumur, sans défense, allait tomber au pouvoir de l'ennemi. En effet, on vit bientôt La Rochejaiqueleiu, emporté par sa bouillante ardeur, pénétrer jusque sur la grande place, suivi d'un seul officier, et bieutotde toute l'année victorieuse. Les soldats de la république s'enfuirent dans la direction de Bauge, ne La Flèche et du Mans, répandant partout la consternation. Près de 2,000 hommes, cernés dans le camp de Bournan, se rendirent par capitulation. *
La inélee avait été sanglante et plusieurs chefs vendéens payèrent la victoire de leur vie ; près de 2,000 royalistes restèrent sur ie champ de bataille. (Jueiques patriotes s'étaient réfugiés dans le château de Saumur; mais, presses de tous côtes, sans espoir d étre secourus et n'étant pas en nombre pour résister, ils durent capituler.
Les républicains avaient commis une faute capitale en cherchant k défendre Sauinur au lieu de l'évacuer, de couper les ponts et de s'attacher a défendre la Loire. La conquête de cette ville livrait aux Vendéens un passage important sur le tieuve, des communications avec les départements de la Mayenne et de la Sarthe, et leur offrait des ressources immenses pour les approvisionnements de tous genres. De plus, elle Compruiiiett.iit le sort de Nantes, exposait les uépaitemcuts d'Indre-et-Loire et de la Vienne aux incursions de l'ennemi ; enfin, conséquence plus déplorable eucoie, elle décourageait les patriotes et habituait les habitants de la contrée à désespérer du sort de la Republique.
Saumur (CONSPIRATION DU). V. BliRTON
(Jean-Baptiste).
SAUMURAGE s. m. (sô-mu-ra-je — rad.
suitmuie). Teclin. Action de mettre dans la saumure.
SAUMURE s. f. (sô-mu-re — du lut. sul, sel; Mtii'ta, saumure; gr. muros, de mura, je distille). Art culin. Liquide sale servant à imprégner ou à coiiserv r c 1 laines substances alimentaires : Anchois consentes dans ta