SAUMURE
— Techn. Eau salée qu'on fait évaporer, dans le but d'eu précipiter le sol dans les salines.
— Agiic. Action d'imprégner : Le chauiage et la saumure sont les seuls moyens connus pour prévenir les différentes uiatadtes des céréales. (Ruspuil.)
— Encycl. Au mot salaison, nous avons parlé d'une espèce de saumure employée surtout par les charcutiers. Nous allons ici faire connaître les autres saumures employées dans diverses industries.
On donne le nom de sauris à celle qui est destinée à la conservation des maquereaux encaqués et des harengs. Un y emploie les ingrèuieiits suivants :
Sel 5 parties.
Cassonade 10 —
Salpêtre . i —
Eau pure 40 —
La dissolution se fait à chaud et à froid. Dans le premier cas, il faut i'ecumer.
— Saumure aromatisée. Cette saumure sert à conserver les légumes et les poissons; elle se prépare de la laçon sunante : ou lait bouillir, uans 15 litres u eau, 1 kilogramme de sel gris, lu feuilles de lauaer, S grammes de coriandre, 4 grammes de macis, une poignée de plantes aromatiques et un peu ue gingembre; on écume; au bout d'une demi-heur»
SAUN
d'ébcllition, on laisse refroidir, on passe au linge.
— Saumure russe. Cette saumure sert k la prép iratioli des jambons, des hures, etc. Pour GO li'ies tic chair, on prend .-
Sel 4 livres.
Sucre brun 3 —
Bonne mélasse .... 1 —
On fut dissoudre le tout dans autant d'eau qu'il en faut pour couvrir la viande.
— Saumure sache. C'est celle que l'on destine i la nrôparution préliminaire des viandes fumées. Elle se compose ainsi qu'il suit :
Sei 14 parties.
Salpêtre 1 —
La inumure sèche à la façon anglaise se compose de :
Sel 20 parties. •
Salpêtre l —
Mais pour les viandes dont on n'a point retiré les os, telles que jambons, épaules et gigots de mouton, la proportion du salpêtre est double. Quelquefois on ajoute k la saumure sèch'i anglaise une petite quantité de belle cassonade et de sel ammoniac en poudre fine, et l'on a soin de battre le mélange pendant quelques minutes.
— Saumure liquide ordinaire. Elle se compose de :
Eau 90 parties.
Sel io —
Cette saumure sert à laver les poissons, à faire dégorger les viandes, à les mortifier, sui-Kut si l'on veut les conserver plusieurs jourt,
La saumure liquide anglaise se compose com ne il suit :
Eau 1,000 parties.
Sel de cuisine . . 30 — Cassonade .... 20 —
Salpêtre 5 —
On fut bouillir le tnut pendant une heure, en ayant soin d'écumer. Cette saumure s'emploie froide; elle peut servir trois ou quatre fois, en y ajoutant chaque fois une petite quantité des substances qui ont servi à la confectionner.
SAUMURÉ, ÉE adj. (sô-mu-ré — rad. saumurt). Mis dans la saumure, trempé dans la saumure : Viande saumurÉu. Anchois sa.iimuhi;s.
SAUMUROIS, OISE s. et adj. {sô-mu-roj, oi-ze). Géogr. Habitant de Saiimur; qui appartient à Saumiir ou à ses habitants : Les Saumurois. La population sabmoroisb.
SAUNAC (Guillaume), député fiançais, né à Di, ou en 1779, mort à Paris en 1856. Membre lu conseil municipal de Dijon en 1815, puis du conseil général de la Côte -d'Or (lSKi), il fut élu député en 1824 et prit place k la Chambre dans le groupe monarchique modiré. Il vota contre l'adresse des 221 et se rallia, après 1830, au gouvernement de l.ouis- Philippe. Saunac échoua contre Cabet aux élections de juin 1831. Rentré k la Chambre des députés en 1834, Saunac y siégnajusqu'en 1848 et vota constamment avec Se gouvernement,
SAUNAGE s, m. (sô-na-je — rad. sauner). Fabiication et vente du sel : Faire du sau- NAGi. Un contrebandier en saunage a été pendu cl a montré un grand courage. (A. de Tocqueville).
— Faux saunage, Fabrication ou vente de sel en fraude.
SAUNAISON s. f. (sô-nè-zon — rad. sauner). Fabrication du sel. Il Saison de l'année pendant laquelle on fabrique le sel.
SAUNDERS (William), célèbre médecin angliis, ne en 1743, mort il Enlield en 1817. Il vtyagva dans l'Inde et dans les Antilles; il co i tribun beaucoup il introduire la vaccine clans l'île de Saint-Domingue. Revenu à Londres; il exerça la médecine avec beaucoup de succès et fut nommé doyen des médecins de 1' lôpiud lie Uuy, puis se retira à Eiitield et y mourut. Ses principaux ouvrages sont : Traité sur le mercure employé dans tes maladies vénériennes (1767, in-so); Observations sur l'antimoine (1773, iii-S"); Dissertation sur la structure, les fonctions et les maladies du foie (1793, in-8», 5« éuit. ; 1817, traduction fran ;aise par le docteur Thomas , Paris, 1805, in-8o); Sur l'/iépatite de l'Inde (1S09, in-Sc) ; Cours de chimie.
SAUNDEKS (Jaines-Ciiuningham), médecin oculiste anglais, né à Lovisione (Devoushiie) en 1773, mort à Londres en lé to. Il commenta sous la direction de John H'ul ses études médicales qu'il vint achèvera Londres, Lieux ans après, il l'ut nommé démonstrateur d'anatoune k l'hôpital Saint- Thomas. En 1804, il émit le projet et publia le pi .m de la fondation d'une infirmerie pour le traitement des maladies des yeux. Sa demande fut accueillie ; un dispensaire l'ut d'abord crée, puis l'iiiliriuerie ophthalniologique fut établie et il eu fut le chirurgien. Prolitant du vaste champ d'ubscrvuiion ouvert devint lui, Saunuer» préparait un traité des malt dies des yeux, quand Ut mort l'enleva. Une souscription fut ouverte pour publier, au p otit de sa veuve, les fragments de cet ouvraj; e, qui parut trois ans après sa mort sous
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, ce titre : Treatise on some praclical points rej lating to Oie diseases of ihe cye, uiith eight engraniugs (Londres, 1S12, in-S°).
! SAUNDEHSON (Nicolas), le plus illustre < des aveugles savants, né k Thurlston (comté ; d'York) en 1682, mort en 1739. Il n'avait qu'un an lorsque la petite vérole le priva non-seulement de la vue, mais encore lui détruisit les prunelles, en sorte qu'il ne conserva pas plus l'idée de la lumière et des couleurs qu'un aveugle de naissance. Il rît ses humanités avec beaucoup de succès, se livra ensuite aux mathématiques avec une application extraordinaire, reçut les leçons de Richard West et du docteur Nettleton, et se perfectionna seul, sans autre secours que des livres et un lecteur. La pauvreté de sa famille l'obligea bientôt à donner des leçons publiques qui furent suivies avec une curiosité sy'mpathique et bientôt avec une admiration enthousiaste. On s'émerveilla d'entendre cet aveugle expliquer nettement les phénomènes d'optique, discourir sur la lumière, les couleurs, le phénomène de l'ure-enciel et professer avec supériorité les théories newtoniennes. La chaire de l'université de Cambridge étant devenue vacante, nul ne fut jugé plus capable de la remplir que Saunderson, qui y professa avec éclat jusqu'à sa mort. 11 écrivait le latin avec une grande pureté et il entendait les ouvrages d'Euclide, d'Archiinède et de Diophanta lus dans le texte grec. Il avait inventé pour son usage une planchette à calculer, percée de trous, qui lui servait pour les opérations les plus compliquées au moyen de chevilles ou d'épingles de diverses grosseurs qui prenaient des valeurs différentes suivant la place qu'elles occupaient. Le sens du toucher était chez lui d'une si exquise délicatesse qu'il put discerner, dans une collection de médailles romaines appartenant à l'université de Cambridge, les pièces authentiques de celles qui étaient fausses, bien que ces dernières eussent trompé des connaisseurs clairvoyants. La moindre vicissitude de l'atmosphère était sensible pour lui. Le sens de l'ouïe était développé chez lui avec autant de délicatesse. Malheureusement, son caractère ne répondait pas à ses talents, et on lui reprochait une humeur acrimonieuse et un esprit caustique qui lui firent beaucoup d'ennemis.
Il avait écrit sur presque toutes les branches des mathématiques. Parmi ses ouvrages publiés, on cite ses Eléments d'algèbre (L740, 2 vol. in-8°), traduits en français par de Boncour|(l756) ; le premier \ olume de cet ouvrage contient une méthode k laquelle on a donné le nom d'arithmétique palpable , et qui permet de faiie les opérations de l'arithmétique par le seul sens du toucher; des Commentaires estimés sur les Principia de Newton; un Truite sur le calcul des fluxions, etc.
SAUNÉE s. f. (sô-né). Genre de chasse aux
alouettes.
SAUNER v. n. ou intr. (sô-né — d'un type latin salinare; de sal, sel). Fabriquer du sel. Il Donner du sel, en parlant des bassins des marais salants : Les tables commence m à sauner quand l'eau y a atteint un degré suffisant de concentration.
6AUNERIE s. f. (sô-ne-ri — rad. sauner) Etablissement où l'on fabrique le sel par des procèdes d'évaj oration artificielle ; Fonder une saunerib. La fabrication des salines est bien plus économique que celle des sauneries.
SAUN1ÀRI s. m. (sô-ni-â-ri). Espèce de faquir.
SAUNIER s. m. (sô-nié — rad. sauner).
Ouvrier qui travaille à la fabrication du sel. i| Fabricant de sel. ,
— Marchand de sel.
— Faux saunier, Celui qui fabrique ou vend du sel eu contrebande.
— Ane. loc. Se faire payer comme un saunier, Exiger son payement avec une grande rigueur. (Jette locution vient de ce que les sauniers passaient pour ne pas faire de crédit, il Jt a léché le cul au saunier, Il est fort altéré, il boit beaucoup.
— Encycl. L'art du saunier consiste à extraire pendant la saison chaude le sel marin des eaux de la mer. Ces eaux, admises ilaus de vastes réservoirs inférieurs au niveau des pins hautes marées, sont ensuite distribuées sur île vastes espaces où elles subissent l'action des vents et du soleil; concentrées progressivement sur une série d'aires d'evapuration, elles hUseut eiilin déposer k l'extrémité de ce système de circulation le sel qu'elles tiennent en dissolution. (V. saunes.) Cette industrie est surtout exploitée en Saintonge depuis un temps immémorial ; là, elle a conservé, quant aux rapports entre l'ouvrier et le propriétaire du sel, des coutumes antiques fort curieuses et peu en harmonie avec l'esprit de la législation moderne. Il exista ce qu'on appelle des sauniers- lellriers, c'està-dire des sauniers exploitant en vertu d'une lettre, acte authentique ou sous seing privé d'une date très-ancienne, qui leur confère, ainsi qu'à leurs héritiers, le droit de sauner k perpétuité sur une élenuue dé.erminée d'un murais, alors même que celui-ci viendrait à être subdivisé entre plusieurs propriétaires. Cette convention grève la propriété au profit de l'ouvrier d'un véritable droit exclusif au travail : souvent, la lettre ayant été égarée, ce droit repose seulement sur la notoriété.
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publique. Le saunier peut en disposer de son vivant en faveur de l'un de ses héritiers; il est également autorisé parl'usageà le constituer en dot à l'un de ses enfants. Comme rétribution de son travail, le saunier reçoit le tiers du prix de la récolte du sel. Il jouit, en outre, de tous les produits accessoires du marais, produits importants pour l'économie domestique de la famille et qui peuvent être considérés comme de véritables subventions. Au nombre des plus essentiels, il faut considérer les céréales et les légumes récoltés sur les bossis, c'est-à-dire sur les banquettes fertiles qui séparent les réservoirs des aires d'évaporation ; viennent ensuite l'herbe des pâturages naturels formés par les terrains qui ne sont que momentanément submergés, le poisson et les huîtres élevés dans des réservoirs spéciaux construits par le saunier, le bois de chauffage provenant de la coupe réglée des arbrisseaux croissant dans le marais, etc. En échange de ces avantages, le saunier est tenu d'exécuter tous les travaux de saunage, y compris l'accumulation du sel dans les dépôts ou ce produit est repris pour être immédiatement transporté à bord des navires.
Toutes les réparations et une partie des établissements nouveaux à créer dans le marais sont k la charge de l'ouvrier; mais le propriétaire supporte, de moitié avec lui, les dépenses relatives k l'abaissement, au surhaussement ou à la reconstruction complète des aires du marais.
Ce régime, dit M. Le Play (les Ouvriers européens), garantit contre toute éventualité l'existence des ouvriers en leur assurant un droit au travail aussi stable que la propriété elle-même; il identifie l'intérêt de l'ouvrier et celui du propriétaire; il écarte les questions irritantes que soulève la fixation du salaire; enfin, il réalise, sous la forme la plus positive et la plus directe, cette association du capital et du travail que quelques économistes regardent comme le meilleur remède aux embarras de notre époque.
— Faux sauniers. On appelait faux saunier, avant la révolution de 1789, celui qui transportait du sel d'une province k l'autre de la France pour le vendre en contrebande. 11 faut rappeler brièvement l'état de choses qui faisait du métier de faux saunier a. cette époque une profession très-répandue, très-lucrative et très - dangereuse. C'était l'Etat qui vendait exclusivement le sel; nonseulement il le vendait au prix qu'il voulait, mais encore il en imposait la consommation et l'achat. Dans certaines provinces, chaque paroisse était obligée de prendre et de payer au grenier à sel autant de fois li livres 3 quarts pesant de sel que la paroisse comptait d'habitants , sans distinction de sexe ni d'âge. Cet impôt pesait donc d'un poids très-lourd sur les familles qui avaient beaucoup ^ d'enfants. Dans d'autres provinces, on n'était taxé qu'à 9 livres par tête. 11 n'y avait nulle uniformité, aucun ordre, ou plutôt c'était un désordre réglé. Icion était contraint d'acheter plus de sel qu'on n'en pouvait consommer; ailleurs on ne pouvait pas obtenir de la gabelle, même en le payant, le sel dont on avait besoin... Même inégalité pour le prix. Telle province payait le sei deux fois plus cher que ses voisines. C'est dans ces abus qu'il faut chercher l'explication de l'existence opiniâtre du faux saunage durant tout l'ancien régime. Ce commerce était trop lucratif pour ne pas tenter les hommes hardis et pauvres. L'Etat, de sou côté, trouvait trop cie ressources dans l'impôt du sel pour ne pas réprimer par des peines extrêmement sévères le faux saunage, qui en diminuait singulièrement les prolits. La gabelle constituait k elle seule le quart des revenus du roi Louis XIV, par exemple. C'est pourquoi le gentilhomme qui se livrait au faux saunage, en ce temps-là, était déchu do sa nobtesse, privé de ses charges; ses maisons étaient rasées. Les roturiers, pour Je même crime, étaient pendus eu cas de récidive ; les femmes et les filles (car tout le monde s'en mêlait, même les soldats, même les couvents, comme nous allons le voir) étaient condamnées k 200 livres d'amende pour la première fois, au fouet pour Ja seconde, au bannissement perpétuel pour la troisième. Comme les fermiers de la gabelle trouvaient encore plus de profit que le roi dans lalevée de cet impôt, et surtout dans ies jugements qu'ils étaient en possession d'obtenir contre les refractaires, on pense qu'ils ne fermaient pas eomplaisamment les yeux sutla contrebande, tant s'en faut. La jjabelle avait une véritable armée de gabelous perpétuellement en éveil, plus prêts k supposer, à inventer des contraventions qu'a en laisser échapper. Saint-Simon appelait cette administration « l'énoriiiité de quatre- vingt mille fripons de gabelous qui ne viveDt et ne s'enrichissent que de leurs rapines et des horreurs qui se pratiquent ik-dessus aux dépens du peuple. » On estimait qu'il y avait, année commune, 4,500 saisies dans l'intérieur des maisons, plus de 10,000 sur les routes et lieux de passage, 300 condamnations aux galères, 17 k 1,800 emprisonnements I En dépit de tout cela, le faux saunage se pratiquait toujours. « La crainte de toutes ces peines, dit Savary de Bruslons, et un grand nombre d'archers de la gabelle répandus sur tous les passages n'intimident
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guère les faux sauniers; c'est peut-êlre de tous les trafics de contrebande celui qui est le plus exercé et qui apparemment continuera de l'être davantage. » Savary de Brus- Ions ne se trompait pas. Ce qui, outre la chance de réaliser des bénéfices considérarables, donnait force et vie à ce trafic en dépit de tout, c'est que les faux sauniers ne se recrutaient pas seulement dans les basses classes, mais qu'ils trouvaient des appuis, des adhérents et même des recrues parmi les soldats, parmi les gentilshommes, les prêtres et les magistrats, enfin dans toutes les hautes classes. Aux soldais dans les loisirs de la paix et de la garnison, loisirs fort peu dorés, du reste, car ils y mouraient de faim, n'étant que fort irrégulièrement payés, le faux saunage offrait le moyen le plus commode, le plus à portée de gagner quelque argent. Aussi dans les mémoires et dans la correspondance administrative du temps trouve-t-on k chaque instant des histoires de soldats qui se livrent en compagnies et même en corps de troupe à ce commerce. Quant aux prêtres, on pourrait citer tel couvent qui subit la peine décrétée contre le faux saunage et fut, après des récidives incorrigibles, complètement rasé. Au reste, partout le peuple était de concert avec les contrebandiers. Les paysans, les ouvriers les avertissaient, les cachaient, leur servaient d'espions et d'éclaireurs; les gentilshommes, avec moins de désintéressement, leur offraient dans leurs châteaux des asiles inexpugnables aux archers de la gabelle ou mieux les faisaient escorter de leurs propres sergents armés, le tout moyennant part dans les bénéfices. « On prit, dit Saint-Simon, quantité de faux sauniers, en divers endroits du royaume, qui marchaient armés-par troupes et trouvaient partout protection, o Quelques-unes de ces bandesétaient si nombreuses et si résolues qu'il fallut faire marcher contre elles des régiments de ligne. Qui ne connaît le nom de Mandrin ? Ce fut un brigand, mais aux yeux du peuple il ne passa jamais que pour un faux saunier, c'està-dire pour un homme on ne peut plus digne d'estime et de sympathie, et ce fut en effet grâce aux sympathies populaires etavec l'aide des contrebandiers qu il put échapper si longtemps aux poursuites. 11 commanda une petite armée avec laquelle il remporta de petites victoires sur les troupes du roi. Bien plus, il prit des villes (Beauiie et Autun) et, vaincu par surprise k la fin, il expira sur la roue en laissant la mémoire d'un ennemi des gabelous et des receveurs, ce qui signifiait, en langage populaire, un héros et presque un martyr. On voit par tout cela quelle était la haine publique contre l'administration de la gabelle. Ajoutons que celle-ci le méritait bien; car, dans la perception d'un impôt qui était déjà fort lourd et fort inique en lui-même, elle porta toute l'impiobitè, la rapacité et les ruses d'une bande organisée pour le vol.
SAUNIER (Gaspard), écuyer français, né à Saint-(Jerniain-en-Laye en 1663, mort en 1746. Son père, Jean Saunier, était un habile vétérinaire qui devint inspecteur de la grande écurie du roi. Gaspard Saunier perfectionna ses études sous la direction de Duplessy, de Guise, de La Vallée. A dix-huit ans, il fut attuchè en qualité d'êcuyer au duc de Bourbon qui l'emmena avec lui k l'armée. Gaspard Saunier montra la plus grande bravoure, et, au retour de la campagne, le duc, pour récompenser ses services, le lit nommer inspecteur des haras de Saint-Léger, propriété royale située non loin de Dourdan. Ce poste sédentaire ne convenait ni à l'âge nia l'humeur de notre écuyer. Il se démit de ces fonctions et fut attaché k la personne du comte de Montchevreuil, qu'il vit périr sous Ses yeux à Nerwinde. A la paix de Ryswick (1607), Gaspard Saunier rentra en France k la suite du comte de Guiscard et alla créer un haras k Moulmirail aux frais de AI. de Courtanvaux. Cette époque marque une période ne répit dans la vie aventureuse de Saunier qui revint se fixer à Versailles et y reprit ses études.
Bientôt après, Saunier partit pour l'Italie, où la guerre venait d'éclater. En route, il fit la connaissance d'un jeune officier, k qui il ouvrit généreusement sa bourse. L'argent prêté ne fut pas rendu, et connue sou débiteur était parent de M"18 de Maintenon, Gaspard alla se plaindre auprès de la favorite, qui réconduisit. « Elle ne se souvient donc plus du temps où Mme Scarron venait manger la soupe chez mon père, » s'écrie Saunier. Ces paroles revinrent aux oreilles de la favorite et Saunier dut incontinent quitter Versailles. Le hasard jeta sur Ja route du fugitif l'officier cause de toute cette disgrâce; Gaspard Saunier le provoqua eu duel et le tua.
Cette fois, c'était la corde qui attendait le duelliste. Il se réfugia à Liège, et l'huspitalité qu'il y reçut témoigne de l'estime eu laquelle on tenait k l'étranger l'école d'equitation de Versailles et quel prix on attachait à la possession d'un de ses élèves les plus distingués.
Gaspard Saunier devint chef de l'école de I.eyde, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort. Eu 1714, il épousa Marie Calimoii, veuve de Pierre Pelissou, que la révocation de J'édic de Nantes avait poussée, elle aussi, sur la terre étrangère.
Il a laisse trois ouvrages remarquables :
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Traité de la connaissance parfaite des chenaux (1737, in-fol.), livre qui porto à lort la signature de Jean Saunier, mais qui appartient à Gaspard ; les Vrais principes de la. cavalerie, et Y Art de la cavalerie (1756, in-fol. avec fig.).
SAUNIER (François de), homme de guerre français, né à Saint-Didier en IC65. Capitaine des réfugiés irlandais, il fut blessé à la bataille de la Boyne, revint en Fiance, puis fut envoyé, à la tête d'un corps de grenadiers français, par Louis XIV, an secours du prince Georges Rakolzy de Transylvanie. Il lit preuve d'un jirand courage dans cette guerre, surtout à Seret (1705). Blessé en 1708, Saunier se réfugia, à la suite de Rakotzy, en Pologne, puis il passa en Turquie, revint en France en 1711 et se retira à Saint- Dizier, où il mourut de ses blessures.
SAUNIER (Pierre - Maurice), littérateur français, né à Rouen en 1750, mort k une •'poque inconnue. Il était imprimeur typographe à Paris ;iu moment où éclata !a Revolui on, et il fut condamné à la déportation le 6 brumaire an V. On a de lui les ouvrages suivants : la Dédaigneuse, comédie; le Triomphe de la machine aérostatique ; V Anti-critique ou Réflexions sur ta Critique ou les Critiques; Coup d'œil sur la comédie : la Folle journée ou le Mariage de Figaro, de M. de Beaumarchais (Paris, 1784, in 4°), et plusieurs chansons qui ont paru dans \'Almanach des Muses.
SAUN1EH (Georges), marin français, né à Toulon en 17C9, mort en 1801. Il n'était encore qu'enseigne de vaisseau lorsqu'on 1794, pendant le siège de Toulon, il s'empara avec un faible canot d'un brick espagnol chargé de munitions de guerre. Nommé lieutenant de vaisseau pour ce coup d'audace, il devint rapidement capitaine de frégate et capitaine de vais-eau, Cutnmanda le Guillaume-Tell dans la fatale bataille d'Aboukir (1797) et parvint à échapper au desastre. Il se rendit alors à Malte, ou il commanda l'artillerie de la place pendant le siége contre les Anglais. Étant sorti du port, il vit son bâtiment capturé par les Anglais après un engagement vigoureux où il perdit un œil (29 mars 1799). En 1S01, le premier consul le mil à la tête d'une escadre portant des renforts en Egypte. La frégate ['Africaine, qu'il montait, se trouva séparée par un coup de vent du reste de la division, à la hauteur de Gibraltar. Attaqué par un vaisseau anglais de 160 canons, Saunier tente deux fois l'abordage Sans y pouvoir réussir. Alors a lieu une lutte furieuse. Notre frégate, criblée de boulets, est désemparée; les flammes la gagnent; tous nos marins sont hors de combat; le pont est jonché de cadavres; le capitaine continue à se défendre au milieu de cette scène de désolalion, lorsqu'un boulet lut donne la mort et met lin au combat.
SA.UNÎÈRE s, f, (sô-niè-re — rad. sauner). Espèce de coffie servant à mettre le sel destiné aux usages du ménage.
SAUPE s. f. (sô-pe — lat. salpa, même sens). Ichthyol. Poisson du genre spare, qui vit dans nos mers : La saupb p lait plus à f œil par son aspect qu'elle n'est propre à flatter le goût par les qualités de sa chair. (V. de Bomare.)
SAUPIQUET s. ra. (sô-pi-kè — de l'ancien verbe saujiiquer, provençal et espagnol salpicar, piquer ou saupoudrer de sel, assaisonner au sel). Art culin. Sorte de sauce piquante : Saupiquet de bœuf. Bœuf en SAUPI- QUET.
SAUPOUDRATION s. f. (sô pou-dra-si-on — rad. saupoudrer). Action de saupoudrer, résultat de cette action, il Peu usité.
SAUPOUDRER v. a. ou tr. (sô-pou-dré — de sel, et de poudrer, proprement poudrer, asperger de sel. L'idée de sel s'effaçant, on a dit saupoudrer de farine, de sucre, etc.). Couvrir superficiellement d une matière en poudre : Saupoudrer de set, de sucre, de farine. Les athlètes se couvraient de sable et de poussière, soit en s'y roulant eux-mêmes, soit en se faisant saupoudrer, s'il est permis de parler ainsi. (Burette.) Quelques carmélites saupoudraient leurs aliments de cendre. (A. Kari.) Une neige tardive voilait les allées et saupoudrait les branches d'arbres. (X. Marinier.) il Couvrir superficiellement sous forme de poudre : Seize onces d'amidon saupoudraient seize onces de cheveux étrangers, qui cachaient dans leur épaisseur te buste d'un petit homme. (Volt.)
— Fig. Parsemer, orner ça et la : Saupoudrer son discours de citations latines.
— Horlic. Couvrir d'une légère couche de ' fumier.
SAUPPE (Théophile), philologue allemand, né à Kaina, près de Zeitz, en 1802, mort en 1870. Il lit ses études à l'université de Leipzig, sous la direction de G. Hermann, .devint, en 1823, professeur, et, en 1843, directeur du gymnase de Torgau, et, dix. ans plus tard, il fut appelé àlauirection de l'académie des nobles de Liegnitz, que l'état de sa santé le força de résigner eu 1863. Il avait consacré la plus grande partie de sa vie à l'étude des œuvres de Xenophou. Outre des éditions des différents écrits de cet auteur, on a de lui, sur Xéuophon, un livre qui est d'une valeur inestimable pour les philologues. Il s'était aussi occupé avec ardeur ue l'histoire
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de l'antiquité, et les résultats de ses travaux sur cette matière sont consignés dans les ouvrages suivants : Manuel d'enseignement historique (1838); Excursions dans le i h/tmp de la langue el de la littérature; Tableaux de l'antiquité, leçons pour les gens du monde (Halle, 1868). Enfin, on a aussi de lui des poésies et un excellent Cours de thèmes latins, qui a obtenu plusieurs éditions.
SAUPPE (Hermann), philologue et critique allemand, né à Wesetistein, prés de Dohna (Saxe), en 1809. Il suivit k l'université de Leipzig les cours de philologie de G, Hermann et devint, en 1833, professeur au gymnase de Zurich. Agrégé peu après à l'université de cette ville, il y fut nommé, en 1838, professeur extraordinaire et eut, en outre, jusqu'en 1842, la direction de la nouvelle bibliothèque des écoles du canton. Nommé, en 1845, directeur du gymnase de Weitnar, il occupa ce poste jtisqu en 1856, époque à laquelle il obtint une chaire de philologie à l'université de Goeitingue. On cite, parmi ses premiers travaux : une Epistola crilka ad Godofredum JJermannum (Leipzig, 1842) ; des éditions de Lycurgue (Zurich, 1834), des Ûralores attici, avec Baiter (Zurich, 1839 1850, 3 vol.), des Discours politiques de Démosthène (Gutha, 1S45) et dé Deux discours d'Hypéride (Gtettingue, 1848 et 1860) ; niais le travail qui a surtout fait connaître sou nom dans le monde philologique, eVst la collection d'auteurs grecs et latins, avec remarque-s. dont il a entrepris, en 1848, la publication avec le concours de Haupt, et k laqui-lle il a fourni, pour sa part, des éditions du Protagoras (1857) et du Gorgias (1863) de Platon. On a encore de lui des Discours académiques (Weitnar, 1836), qui donnent une haute idée de la manière uontil comprend l'enseignement dans lesgymnases, et une foule de programmes et de dissertations lues devant les Sociétés des sciences de Letpz.g et de Gœtlingue et qui renferment de précieux documents pour la connaissance de l'épigraphie et de l'archéologie grecque, ainsi que pour la critique et l'èclaiicissenieut des orateurs grecs, de Plutarque, de Philodème, de Plaute et de Cicéron. Enlin il a fourni à la grande édition critique des Œuvres de Schiller (Stuttgard, 1867 et suiv.) le cinquième volume, qui renferma Don Carlos.
SAUQUÈNE s. f. (sô-kè-ne). Ichthyol. Nom vulgaire de la dorade, surtout des jeunes individus, en Languedoc.
SAUR, SAURE adj. (sôr , sô-re — de l'ancien français sor, sors, soiet, sorez, fauve, roux, brun, alezan, châtain foncé. Le sens propre parait être desséché, d'où s'est déduit celui de jaune, blond. Comparez le color aridus de Pline et les vestes xerampeliiw, habits de couleur de feuille morte, de Juvénal. Le mot vient, selon Diez, du hollandais soc»-, anglais sear, sec, de l'anglo-sax on. searian, vieux haut allemand soren, sauren, sécher; d'après Mahn, du basque zuria, churia, blanc. Chevallet indique un mot gothique sor, brun, bis, fauve, qui conviendrait parfaitement, mais qu'on ne trouvé nulle part dans les dictionnaires). Salé et séché à la fumée ; ne se dit guère que du hareng : Hareng SAUR. Les Hollandais ont éUvé une statue a celui qui le premier a trouvé l'invention de fumer les harengs et d'en faire ce qu'on appelle des harengs SAURS. (B. de St-P.) Il On utt aussi sauret.
— Maigre comme un hareng saur, Extrêmement maigre.
SAURAGE s. m. (sô-ra-je — rad. saurer). Action ou manière de saurer les harengs.
— Fauconn. Etat d'un jeune oiseau qui n'a pas encore mué.
SAUR AT, village et commune de France (Ariege), eant. de Tarascon, arrond. et à 23 kiloiu. S.-O. de Foix, entre plusieurs petits affluents de l'Ariége; pop. aggl., l,496hab. — pop. tôt., 3,582 hab. Carrières d'ardoise; martinets et scieries mécaniques ; fabrication de cordes à laine, commerce de céréales et de bestiaux.
SA HUA U (François, comte de), homme d'Etal autrichien,' né k Vienne en 1760, mort dans la même ville vers 1830. Il fut, en 1786, nommé conseiller au ^ouvernemeni de Prague et, en 1789, capitaine de la ville de Vienne. En 1791, il devint conseiller aulique au directoire général de la monarchie, puis il fut adjoint au ministre de la police. U joignit à ces fonctions, k partir de 1795, celles de p. èsideut de la régence de la Basse- Autriche. En 1797, il Ht décider la levée en masse. Les préliminaires de Leoben ai rotèrent les effets do cette mesure. Sanrau fut ensuite chargé de reconstituer le collège Thèlésieu, suppri.i.e par Joseph H; puis il fut appelé au ministère des finances. 11 se rendit impopulaire par le projet d'accroissement des obligations do la banque, projet auquel il avait donné sa sanction à contre-coeur. Saurau fut nommé, en 1801, ambassadeur d'Autriche à Fétersbourg, et ne réussit pas à rallier la Russie à la politique autrichienne. En 1803, Saurau fut nommé maréchal des états de l'Autriche; il les présida jusqu'en 1806, époque où il devint commissaire impérial en Styne, Carinthie et Carniole. En 1810, Saurau fut nommé gouverneur général de la province d'Autriche. Eu 1814, il fut charge de , l'organisation des provinces illyriemies évacuées par les Français. Gouverneur de la
SAUR
I Lombardie en 1815, et plénipotentiaire auprès de l'armée autrichienne pendant ufgnerre de Naples, il fut nommé, en 1817, ambassadeur à Madrid, et, en 1818, chef de toutes les chancelleries de l'empire.
SAURAUJA s. m. (sô-rô-ja — de Sauraujo, botan. espa^n.). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, rie lu famille des théacèes ou ternslrtemiacées, type de la tribu des sauraujées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent l'Asie et l'Amérique tropicales : Les parties virtes des sauraujas contiennent une grandi' quantité de mucilage. (C. d'Orbigny.)
SAURAUJÉ, ÉE adj. (sô-rô-jè — rad. saurauju). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sauruuja.
— s, f. pi. Tribu de la famille des théacèes ou ti'rnstrœmiacées, ayant pour type le genre saurauja.
SAURE adj. (sô-re, — V. saur). De couli'ur jaune brunâtre : Cheval saurk. Robe saure. Pelage saure. il Ne se dit guère que du cheval.
— Fauconn. Se dit d'un oiseau qui porte eticone son premier pennage, qui n'a pas encore mué.
SAURE s. m. (sô-re — du gr. sauros, lézard). Ichihyol. Genre de poissons înalacoptérygiens, de la famille des saltnones, comprenant un assez grand nombre d'espèces, i dont plusieurs vivent dans la Méditerranée, il Nom donné à deux autres poissons, des genres éiops et gastrê, qui vivent dans les mers d'Amérique.
— Encycl. Les saures sont caractérisés par un museau court; la bouche fendue jusque fort en arrière des yeux; des dents nombreu-
i ses, très- pointues, sur presque tous les os de I la bouche, à l'exception du vomer; huit à I quinze rayons aux ouïes ; tout le corps, y : compris les joues et les opercules, couvert d'ecuilles; la première nageoire dorsale un peu en arrière des ventrales, qui sont grandes. Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces, dont la plupart habitent la Méditerranée; toutes sont des poissons trèsvoraces. Le saure commun est l'espè e la plus I plus comme; ce poisson a des cou.eurs élé- I gaiument variées ; le dos est d'un brun taché I de rouge ; le ventre est blanchâtre. Ou dit I qu'il se plaît dans les endroits fangeux; il pa- ] mît avoir des mœurs solitaires, et on en prend rarement plusieurs individus à la fois.
SACREAU s. m. (sô-ro). Pêche. Espèce de filet.
SAUREL s. m. (sô-rèl — dimin. de saure). Ichihyol. Nom vulgaire du caranx commun, ! sur les côtes de Normandie et de Picardie.
SAURER v. a. ou tr. (sô-ré — rwl. saur). Saler et fuire sécher à la fumée : Saurer des harengs.
SAURET adj. m. (sô-rè). V. saur.
SAURI ou SADRY, mathématicien et naturaliste français, né près de Rodez en 1741, mort au Bengalu en 1785. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il professait la philosophie à l'université de Montpellier et qu'il était correspondant de l'Académie des sciences de la même ville. On lui doit : Institutions mathématiques (Paris, 1770, in-8°); l' Hydroscope et le ventriloque (1772, in-12); Cours de philosophie (1772, 3 vol. in-12); Cours complet de mathématiques (1774, 5 vol. in-ï0); la Murale d'un citoyen du monde (1776, in-12); Cours de physique expérimentale et théorique ( 1776 , 4 vol. in- 12); Précis d'astronomie (1777, iu-12); J/ntoire natu, elle du globe (1778, 2 vol. iu-12}; Physique du corps humain (1778, 2 vol. in-12}; Précis d'histoire naturelle (1778-1779, 5 vol. in-12); Des moyens que la saine médecine peut employer pour multiplier un sexe plutôt que l'autre (1779, in-12); Précis de pnystque (1780, 2 vol. in-12), etc. Sauri avait publié ses Œuvres complètes (1777, 7 vol. in 12) et plusieurs traités de lui ont été réunis sou* le titre de tours complet de philosophie ( 17S7, 8 vol. in-12).
I SAUB1A (Jean-Charles), général français, I né à Poiigny (Jura) en 1763, mort en 1832. 11 1 n'avait pas dix sept ans lorsqu'il s'engagea 1 dans la cavalerie, où il servit jusqu'en 1778. En 1791, il rentra au service en qualité de 1 capitaine. Nommé, en 1793, chef d état- ma • jor à l'armée du Khin, il se distingua dans plusieurs circonstances , notamment à Saverne, ville dont il avait reçu le commandement le 24 octobre 1793 et dont il empêcha < la capitulation. Eu 1794, il fut nomme geuéj rai de brigade et reçut le commandement de la citadelle de Strasbourg. Place ensuite sous les ordres de Pichegru, Sauiia refusa de s'as- | socier aux intrigues de ce général et se retira du service en 1795. Revenu dans sa ville natale, Sauria y exerça des fonctions municipales jusqu'au 15 août 1799. A cette date, il fut nommé par le Directoire administrateur du département du Jura, Sauria auhera au 18 brumaire, fut nomme, par le premier consul , inspecteur des forêts et conserva cette fonction jusqu'à la Restauration.
SAUR1CHTHY1EN, 1ENNE adj. (sô-ri-ktiain, i-e-ne — du gr. sauros, lézard ; ichthus, poisson). Erpét. Qui a la forme des sauriens et respire par des branchies comme les poissons.
■ — s. m. pi. Famille de sauriens, qui n'a pas été adoptée.
SAUR
SAURICHTHYS s. m. (sôri-ktiss — du gr.
sauras, lézard; ichthus, poi son). Ichihyol. Genre de poissons gauoïdes, de la famille des sauroïdes, comprenant une dizaine d'espèces fossiles des terrains triasiques.
SAURIEN, IENNE ndj. (sô-ri-ain, i-è-ne — du gr. sauns, lézard, qui paraît être le corrélatif du sanscrit sûra, serpent, de la racine sur, briller, à rnu«e de la p. -au brillante de beaucoup do serpents). Erpét. Qui ressemble ou qui se rapporte au lézard.
— s. in. pi. Ordre de reptiles, ayant pour lype le genre lézard : L'accroissement des sauriens est très-lent. (E. DesmareH.)
— Encycl. Erpét. L'ordre des sauriens se compose de tous les reptiles qui par leur conformation se rupproehentdes lézards. Ces animaux ont tous le corps allongé, terminé par une queue plus ou moins longue et pourvu de membres, dont le nombre, à quelques exceptions près, est de quatre. La plupart d'entre eux ressemblent assez à des serpents auxquels on aurait ajouté des pattes. Ces membres sont courts et diipo*és d'une manière peu favorable à la rapidité des mouvements. En général, ils sont tres-éioigués les uns des autres et dirigés en dehors, a angle droit aveu le corps ; aussi la plupart de ces reptiles trainent-ils le ventre et la queuo sur le soi. Leurs doigts, bien distincts et ordinairement au nombre de cinq, se terminent par des ongles pointus et recourbés; tantôt ils sont très-longs et très-grêles, d'autres fois élargis et garnis en dessous de plis diversement disposes, et d'autres fuis encore réunis par des palmures, modifications qui sont en rapport avec la manière de vivre de l'animal.
Le squelette des sauriens ne présente aucune particularité à noter. Le nombre des vertèbres est très-variable, surtout dans la légion caudale; il existe toujours des côtes mobiles qui protègent l'abdoiuiii aussi bien que le thorax. Le sternum aussi ne manque jamais. L'épaule est ordinairement formée du 11 ois os (une omoplate, une clavicule et un os eoracoïdien) réunis en ceinture de manière à envelopper la partie antérieure de la poitrine et à concourir tous à la formation de la cavité destinée à la tèle de l'humérus. Le bassin se compose également de trois pièces et se joint au sacrum formé par deux vertèbres. La peau de ces animaux est toujours couverte d'une couche ei idermique assez épaisse et inégale, qui forme des espèces d'écailles ou de plaques plus ou moins grandes. La bouche, largem 'nt fendue, n'e->t pas munie de lèvres charnues, mais est garnie de dents, en général de forme conique, qui servent k saisir et à retenir la proie, mais rarement à broyer les aliments. Souvent on en trouve au palais aussi bien qu'aux deux mâchoires. La nourriture des sauriens consiste essentiellement en substances animales ; aussi leur canal digestif est d'ordinaire assez court; en gênerai, l'estomac est peu distinct de l'œsophage; mais quelquefois il a la forme d'une poche plus ou moins globuleuse.
La disposition du système circulatoire varie chez ces animaux ; en général, le cœur n'est qu'imparfaitement divise dans sa portion veiurieulaire, de manière que le sang veineux et le sang artériel se mêlent dans son intérieur; mais chez les crocodiles la séparation entre les deux moitiés de cet organe est complète et le mélange >.es deux sangs n'a lieu que dans l'aorte descendante. Les poumons sont en général grands et pénètrent presque toujours plus ou moins dans l'ab loîneu. L'air s'y renouvelle par le même mécanisme que chez les mammifères et les oiseaux, c'est-à-dire par la dilatation et la contraction alternative de la cavité thoracique, dues aux mouvements des côtes. L'ordre des sauriens peut être divisé en six familles, savoir : les erocodilieiis, les iguanieus, les geckosiens, les lacertiens, les tameiéoniens et les scincoïdiens. V. ces mots.
— Paléont. Les suuriens ont joué un grund rôle aux diverses époques géologiques, l'aiini leurs principaux genres, nous citerons les dinosaures, les crocodiles, les orthosaures, les teléosaures, h sglaphyorhj nques, les gnathosaures, les ptérodactyles, les iguanodons, les ichthyosaures, les mosasaures, etc.
S AU RI N s. m. (sô-rain — rad. saur). Connu. Hareng laite, nouvellement sauré.
— Arboric. Variété d'olivier, cultivée dans le département des Bouches-du-Rhône.
SAUR1N (Elie), minis.re protestant, né à Usseau eu 1G39, mort à Amsterdam eu 1703. Issu d'une famille de Provence qui avait embiassé la Réforme, il lit ses études à Niines, puis a Genève, lut admis au ministère en 1659 et reçut la cure de Venterul, d'où il fut appelé à Embiuu. Ayant un jour rencontré dans la rue un cure qui portait le viatique, iuurin refusa de se découvrir, délit pour lequel on le condamna, le 4 août 1664, à 300 livres d'amende et au bannissement perpétuel. Il prévint cette sentence en gagnant la Suisse, d'où il passa en Hollande. Nommé en 16G5 desservant do l'i glise de Uelfl, il employa son activité et ses talents de coutroversisteà combattre le mysticisme de LauRdie. Dans la suite, Saurin devint pasteur a Utrecht, puis à Amsterdam. L'événement le plus saillant de sa vie fut sa longue dispute avec Juricu. Saurin porta les premiers coups aa critiquant
SAUR
avec vivacité la théologie de son collègue, et il s'engt.gea entre les deux champions une controvsrse furieuse que plusieurs synodes tentèrent inutilement de terminer. Rien n'était capable de contenir Jurieu , rien n'aurait l'ait taire Saurin. Le torrent des injures continua dj grossir jusqu'à complète lassitude des deus adversaires.
Sauri i consacra les dernières années de sa vie à composer des traités de théologie. ■ Chauf.'epié, disent MM. Haag, lui accorde un génia vuste et profond, un discernement «xquls, un jugement net et solide, une belle imagination, une heureuse mémoire, une présence et une vivacité d'esprit admirables, une droiture inflexible, une fermeté de caractè 'e qui ne ployait devant aucune considération. On peut souscrire à tous ces éloges , qui nous paraissent pourtant exagérés; nuis qjarid le savant biographe ajoute qu'il aimait passionnément la liberté civile et ecclésiastique , l'assertion nous paraît extraordinaire, mise en regard de la conduite que Sat rin tint envers Labadie. » On a de lui : Eaamen de la théologie de M. Jurieu (La Ha»e, 1694, 2 vol. in-8°); Défense de la véritabh doctrine de l'Eglise réformée sur le principe de la foi (Utrecht, 1697, in -8") ; Justification de la doctrine du sieur Elie Saurin contre deux libelles de M. Jurieu (Utrecht, 1697, g vol. in-8°); Suite de la justification, etc. (Utrecht, 1697, in-8°) ; liëflexiuns sur les- droits de la conscience, où l'on fuit voir la différence entre les droits de la conscience éclairée et ceux de la conscience errante (Utrecht, 1697, in-8<>); Traité de l'amour de Dieu (Uireeiu, 1701, 2 vol. in-8°); Truite de l'amour du prochain (Utrecht; 1704, iu-8°).
SAURIN (Joseph), géomètre français, frère du précédent, né à Courtaison (Conitat-Venaissin) en 1659, mort à Paris en 1737. Il fut nommé ministre à Eurre, en Dauphiné, vers 1683. C'était un homme ardent, comme tous les Saurin, plein de feu et facilement imprudent. Un jour, du haut de sa chaire, il laissa tomber des parole» un peu vives dont le prieur i.'Eurre se servit pour ordonner des poursuites contre lui. Saurin s'enfuit à Genève, d'où il passa k Berne, et, peu de temps après, L fut placé comme pasteur à Bercher. Le sénat de Berne, qui craignait la propagation des doctrines libérales de S au mur parles pasteurs réfugiés, lui enjoignit de signer le fameux consensus. Il y consentit, après avoir longuetient hésité, et signa en 1686; puis des remords s'élevèrent dans son esprit. 11 protesta dt haut de la chaire contre la contrainte qu'on h.i avait imposée. Ce fut le signal de mesquines tracasseries qui troublèrent son existence. Ayant quitté précipitamment la Suisse, il passa eu Hollande, puis revint en France et abjura entre les mains de l'évêque de Mea ix. Il venait de se passer dans sa vie un évé lement étrange qui a été l'objet de vives discussions. • Dans le temps même où, selon l'i .lustre académicien (Fontenelle), l'apparence d'une lâcheté blessait sa gloire, dit M. Haa*, Saurin commettait la plus ignoble des actions; il se rendait coupable de lilouterie. Nous savons très-bien qu'on a traité cette accusation d'infâme calomnie inventée par les ministres calvinistes en haine de sa conversion. Mais ces récriminations n'ont aucune valeur en présence de la Lettre que Saurin écrivit de Zurich, le 13 ou M juillet 1689, k son ami Gonon, ministre réfugié à Lausan.ie, lettre où il lui contie sou crime en offrant l'en faire réparation publique. Cette lettre, qui fut imprimée pour la première fois dans le Mercure suisse ou Journal helvétique du mois d'avril 1736, et qui a été réimprimée en ent'ur dans les Œuvres de L. Baulacre (Genève, 1857, 2 voi. in-8»), n'a point été desavotée par Saurin, qui n'est mort qu'eu 1"37. Il est vrai que Voltaire en a nié l'authenticité, prétendant avoir consulté à ce sujet le seigneur de Bercher et les doyens de la classî d'Yverdon, qui tous se seraient récriés contre une accusation aussi atroce ; mais nous tenons pour très-suspect dans ce cas le témoignage de Voltaire, parce que nous savons que, Polier lui ayant communiqué le j.rocès- verbal constatant un des vols de Sauiin, commis dans la chambre même de la dame Je Bercher, il avait abusé de sa confiance en déchirant ce document accusateur. Et en admettant même, contre toute vraisemblance, que cette lettre ait été fabriquée par les ennemis de l'apostat, ne resterait-il pas, poi.r établir avec évidence la culpabilité de Saurin, la procédure criminelle commencée contre lui eu 1689 et qui se voit encore, au rapport de Baulacre, dans la chancellerie bernoisii, ainsi que l'ordre adressé pur le sénat de Berne aux. baillis du pays de Vaud, en 1712, d arrêter Saurin, «jadis ministre de » Berchar, qui, pour plusieurs méchantes ae- » lions et à cause de la procédure souveraine ■ faite cjntre lui, était sorti du pays en 1689? » En elfe1, Saurin avait quitte Zurich eu toute hâte et s'était réfugié en Hollande, où d'ailleurs il ne put parvenir à se placer, malgré le crédi; dont jouissait son frère Elie. C'est alors q le, revenu en France, il abjura, le 21 septembre 1690. Louis XIV lui accorda une pension de 1,500 livres.
Saurin se tourna alors vers les sciences et collabora au Journal des savants, de 1702 à 1708. Il entra a l'Académie des sciences eu 1707. accusé, en 1710, par J.-B. Rousseau d'être l'auteur des fameux couplets qui valu-
SAUR
rentà celui-ci sa flétrissure et une condamnation au bannissement perpétuel, eontre lesquelles, du reste, le poète a protesté jusqu'à sa mort, Saurin sedisculpaetfutacquitté en 1712, après quelques mois de prison (v. couplet). 11 a le premier éclairci la question délicate de la détermination des tangentes aux points multiples des courbes algébriques. 11 avait fait une étude particulière de l'horlogerie et contribué au perfectionnement de cet art. « On juge, dit Bossut, par le peu d'ouvrages mathématiques qui nous restent de lui, que s'il eût commencé à étudier la géométrie de meilleure heure et s'il se fût appliqué à un genre particulier, il se serait élevé au premier rang. ■
Les écrits de Saurin consistent en Mémoires sur la géométrie, publiés dans le Recueil de l'Académie des sciences, en articles et dissertations insérés dans le Journal des savants et en un Eloge historique de Hossuet.
SAURIN (Bernard-Joseph), poète dramatique, fils du précédent, né k Paris en 1706, mort en 1781. Il suivit d'abord la carrière du barreau, devint avocat au parlement et plaida jusqu'à l'âge de quarante ans environ avant «l'aborder le théâtre. Sa première pièce, les Trois rivaux, comédie en cinq actes et en vers (Théâtre-Français, 1749), eut assez de succès; la 'seconde , Aménaphis , tragédie (Théâtre-Français, 1752), tomba ; on lui reprochait d'être romanesque, l.einierre en trouva le dénouaient assez bon, car il l'utilisa pour son Mypermnestre. Spartacus, tragédie en cinq actes (Théâtre-Français, 1760), répara l'échec de Saurin ; cette pièce est regard eu comme sa meilleure et on l'a réimprimée souvent ilans les collections de tragédies du second ordre. Voltaire, un ami de l'auteur, disait que les vers en étaient • frappés à l'enclume du grand Corneille. » C'est un éloge hyperbolique. Spartacus et les Mœurs du temps, comédie en trois actes et eu vers(1761), portèrent Saurin k l'Académie française. Vinrent ensuite ; blanche et Guiscard, tragédie (Théâtre-Français, 1763) ; Devertey, drame en cinq actes et en vers libres, imité d'un drame anglais, The Gamester (Théâtre-Français, 7 mai 1768), une des premières et des plus sérieuses tentatives dans ce génie nouveau; YOrpheline lér/uée, comédie en trois actes et en vers, réduite eu un acte sous le titre de VAnglomane (Théâtre-Français, 1770). Mentionnons encore : un petit roman, Mirza et l'atmé (1764, in-12); Epilres sur ta vieillesse et sur la vérité, suivies de Poésies fugitives (1772, in-go); Epilres d'tiéioïse à Abailard, imitation de Fope (1774, iu-8").
Les Œuvres complètes de Saurin (1783, 2 vol, iu-8°) sont précédées d'une intéressante lettre de Mme Saurin sur'son mari. L'édition de 1812 (in-18) s'ouvre par une notice de Fayolle. On a de plus imprimé à part son théâtre (1773, in-S°).
SAURIN (Jacques), célèbre prédicateur protestant, ne k Nîmes en 1677, mort k La Haye en 1730. Emmené par son père à Genève lors de la révocation de ledit de Nantes, il commença ses études dans cette ville, les interrompit pour s'enrôler dans l'armée de Victor-Amédee, en guerre avec Louis XIV, et les reprit quelques années plus tard, sous la direction d'Alphonse Turettin. La vie des camps, les émotions de la guerre avaient doublé l'ardeur naturelle du jeune méridional, ardeur qu'enflammait encore ce qu'il apprenait de la lamentable situation des réformés demeurés en France.
Ses talents de prédicateur se perfectionnèrent en Angleterre, sous l'influence de i Tillots6n, et aoquiient leur plus grand dévei loppement en Hollande. A La Haye, il excita ! parmi les réfugiés et les habitants un euj thousiasme si vif qu'on créa pour lui, en 1705, un emploi extraordinaire. Dès lors il entra dans une brillante carrière ; mais il trouva un rival jaloux dans Armand La Chapelle, blessé d'être relégué au second rang. Celui-ci cherchait une occasion pour donner cours k ! sa haine, lorsque Saurin la lui fournil de luimême par la publication de ses discours historiques et critiques sur les histoires bibli- ; ijues. Au nombre des dissertations dont se j composait cet ouvrage, il y en avait une dans laquelle il prouvait, par l'exemple de Dieu lui-même, que le mensonge peut être permis. 11 rappelait, k l'appui de sa thèse, le gros mensonge inspiré par Dieu k Samuel dans le but d'induire Saùl eu erreur {Samuel, XVI, 2). La Chapelle jeta feu et flammes; Saurin répondit, l'autre riposta. Le litige fut porté devant le synode de La Haye, qui accepta comme satisfaisante l'explication uonnée par Saurin. Mais ta querelle se réveilla peu de temps après. L'illustre prédicateur n'eu vil pas la fin ; ii expira le 30 décembre 1730. Ses dépouilles furent inhumées dans le temple de La Haye le 5 janvier 1731. Voici une des nombreuses épitaphes composées en son honneur :
Saurin n'est plus 1 Far lui l'éloquence chrétienne Brisait, attendrissait, désarmait tous les cœurs. 11 prêchait comme Paul, il mourut comme Etienne, Sans fiel, en pardonnant à ses persécuteurs.
i Saurin, dit l'abbé Maury, écrit avec chaleur et véhémence ; il ne cherche point k montrer de l'esprit , il ne perd de vue ni sou sujet ni son auditoire; il pousse avec force ses raisonnements, ii sait s'arrêter quelquefois et réprimer sa diffusion ordinaire ; il est ému,
SAUR
et s'il ne bouleverse pas les consciences, s'il n'échauffe même que rarement les cœurs, il exalte souvent et il peut enflammer les têtes ; il a le mérite oratoire que donne la nature, il ne déploie presque jamais le charme que l'art apprend k y ajouter. ■
Saurin évita constamment la polémique dans ses discours; on n'y trouverait pas une attaque contre l'Eglise romaine ; c'est un fait très-rare k cette époque. On a de lui des Sermons sur dioers textes de l'Ecriture sainte (La Haye, 1708-1725, 4 vol. in-4°), plusieurs fois réimprimés. L'édition de Londres (1762) compte douze volumes. En 1824, M. Clieneviêre, professeur à Genève, publia les Chefsd'ceuure ou Sermons choisis de Saurin. En 1854, M. Weiss en rit paraître un nouveau choix sous ce titre : Sermons choisis de Sau~ rin, avec une notice sur sa vie et des notes (Paris, 1854, in-12). On lui doit encore : Discours historiques, critiques, théologiques et moraux sur les événements Us plus mémorables du V. et ' dttN. T'entament (Amsterdam, 1720-1728, 2 vol. in-fol.), traduit en allemand et en anglais; Abrégé de la théolotjie et de la morale chrétienne, en forme de catéchisme (Amsterdam, 1722, inS°); Catéchisme (Amsterdam, 1724, in- S'1 ; Genève, 1725, in-8°; Amsterdam et Leipzig, 1778, in-8°) ; Etat du christianisme en Frtince(L'A Haye, 1725-1727, in-8«); Traité sur l'éducation des princes, resté inédit et probablement perdu.
SAURINE (Jean-Pierre), évêque français, né k Saint-Pierre-d'Eysus en 1733, mort k Soultz eu 1813. Députe aux états généraux de 1789, il se montra favorable aux idées nouvelles. Elu évêque du département des Landes, il fut sacré pour ce siège le 27 février 1791. Un bref du 13 avril de la même année déclara l'élection nulle et la consécration sacrilège. Député k la Convention après ic 10 août 1792, Saurine déclara Louis XVI coupable, mais vota pour l'appel au peuple, pour le sursis et pour la détention jusqu'à la paix. Exclu de la Convention avec suixiuitedouze de ses collègues en 1793, l'évêque des l.audes y rentra eu décembre 1794. Il fut élu au conseil des Anciens et fut membre du comité dit des Evêques réunis. Il fut un des champions les plus ardents de l'Eglise constitutionnelle contre les prétentions ultramoiitnines. Il assista au conei.e constitutionnel de 1801 et échangea, la même année, le titre d'évêque des Landes contre eeluid'évèque d'Oloron. Eu 1802, Saurine fut nommé évêque de Strasbourg. Accusé de partialité k l'égard des assermentés dans l'administration de son diocèse et de cupidité, l'évêque fut mandé k Parisen 1810 et fut sur le pointd'ètre forcé de donner sa démis.-ion. Mais de nouveaux démêlés ayant éclaté k ce moment entre le pape et l'empereur, Saurine, un des membres les plus zélés du parti antipapiste, devint aux yeux du gouvernement français un allié utile k ménager ; il fut simplement admonesté, puis renvoyé dans son diocèse.
SAURIODE s. m. (sô-ri-o-de). Entom. Syn. de cafius et d'oTHius, genres d'insectes.
SAURIR v. a, ou tr. (sô-rir — rad. saur). Syn. de SAURKR.
— Arroser avec du sauris : Saurir des harengs endigués.
SAURIS s. m. (sô-ri — rad. saur), Techn. Saumure de harengs, bouillie avec les laitances du poisson et employée k le conserver.
SAURISSAGE s. m. ( tô-ri-sa-je — rad.
saur). Action de saurir les harengs, de les fumer.
SAURlSSERIE s. f. (sô-ri-se-rt — rad.
saurir). lindro.t où l'on saurit, où l'on fume les harengs.
SAURISSEUR s. m. (sô-ri-seur — rad.
saurir). Ouvrier qui saurit, qui fume les harengs.
SAURITE s.
lézard). Erpét.
Caroline.
SAURITIS s. f. (sô-ri-tiss — mot la t. dérivé du gr. sauros, lézard ). Autiq. Pierre précieuse que les anciens disaient exister dans le corps de certains lézards,
SAUROCERQUE s. m. (sô-ro-sèr-ke — du gr. sauras, lézard ; icerkos, queue ). Erpét. Genre de batraciens urodèles, de la famille des salamandres.
SAUROCHAMPSE s; m. (sô-ro-kan-pse — du gr. sauros, lézard ; champsés, crocodile). Erpet. Syn. de mosasaurb.
SAUROCHÉLYDE s. f. (sô-ro-ké-li-i!e — du gr. suuros, lézar.l ; chàlus, tortue). Erpét. Genre de reptiles chéloniens.
SAUROCTONE adj. m. (sô-rc-ktoiie — gr.
snurocfoiios; de suuros, lézard, et de kleinà, je tue). Myth. gr. Tueur <!e lézards; épithèio donnée k Apollon, par une fausse interprétation de certains monuments anciens. V.
Apollon.
SAURODACTYLE s. m. (sô-ro-da-kti-le — du gr. sauros, lézard ; dalclulos, doigt). Erpét. Genre de reptiles sauriens, voisin des geckos.
SAUROGLOSSE s. m. (sô-ro-glo-se — du gr. sauros, lézard ; glâssa, langue). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des uéottiées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.
SAUR
f. (sô-ri-le — du gr. sauros.
Espèce de couleuvre de la
SAUROGRAPHE s. m. (sô-ro-gra-fe — du gr. sauros, lézard ; graphe, j'écris). Auteur d'un traité sur les sauriens.
SAurographie s, f. (sô-ro-gra-fî — rad.
saurograpl-.e). Traité sur les sauriens.
SAUROGRAPHIQOE ndj. (sô- ro-gra-fi-ke
— rad. saurographe). Qui appartient à la saurographie : Essai saurographiQUE.
SAUROÏDE adj. (sô-ro-i-de — du gr. sauros, lézard ; eidos, aspect). Qui ressemble à un lézard : C'est dans le grès vert qu'apparaissent les squales, lesquels ont remplacé à la fois les poissons sauroïdes et les sauriens majeurs. (A. Maury.)
— s. m. pi. Ichthyol. Famille de poissons ganoïdes, comprenant des espèces dont la forme rappelle celle des lézards.
SAUROÏDICHNITE s. m. (so-ro-i-di-kni-te
— dugr. sauras, lézard; idea, forme; ichnos, trace du pied), Erpét. Syn. de cheirothérion.
SAUROLOGIE s. f. (sô-ro-lo-jî — du gr.
sauras, lézard; logos, discours). Traité sur les sauriens.
SAUROLOGIQUE adj. ( sô-ro-lû-ji-ke — rad. saurologie). Qui appartient k la saurologie.
SAUROLOGUE s. m. (sô-ro-lo-ghe. — rad.
saurologie). Auteur d'une saurologie.
SAUROMATE s. m. ( sô-ro-ma-te). Bot.
Genre de plantes, de la famille des aroïdées, tribu des dracunculées, originaire de l'Inde.
SAUROMORPHE s. ni. (sô-ro-mor-fe — du gr. sauros, lézard; morphê, forme). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des brachélytres , dont l'espèce type vit au Brésil.
SAUROPE s. va. (sô-ro-pe — du gr. sauros, lézard ; pous, pied). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des eupliorbiaeées, tribu dei phyllanthées , dont les principales espèces croissent k Java.
SAUROPHAGE adj. (sô-ro-fa-je — du gr.
sauras, lézard; phagà, je mange). Zool. Qui vit de reptiles et particulièrement de lézards : Animal sauhophage.
— s. m. Ornith. Syn. de tïkan.
SAUROPHIDIEN, IENNE adj. (sô-ro-h'-di-
aiti, i-è-ne — de saurien, et de ophidien). Erpét. Qui tient des ophidiens et des sauriens.
— s. m. pi. Grande division des reptiles, comprenant les deux ordres des sauriens et des ophidiens. Il Groupe de reptiles intermédiaire entre les sauriens et les ophidiens, et comprenant les amphisbiens et les chirotes.
SAUROPHIS s. m. (sô-ro-fiss — du gr, sauros, lézard; ophis, serpent). Erpét. Genre de reptiles, de la famille des chalcidiens, dont l'espèce type habite l'Afrique austraLe.
SAUROPSIS s. m. (sô-ro-psiss — du gr.
sauros, lézard; opsis, aspect). Erpét. Genre de batraciens urodèles, de la famille des salamandres.
— Ichthyol. Genre de poissons ganoïdes, de la famille des sauroïdes, comprenant trois espèces fossiles du lias et des terrains jurassiques.
SAUROSTOME s. m. (sô-ro-sto-me — du gr. suuros, lézard; sloma, bouche). Ichthyol. Genre de poissons ganoïdes, de la famille des sauroïdes, dont l'espèce type est fossile et se trouve dans le lias.
SAUROTHÈQUE s. m. (sau-ro-lè-ke — du gr. suuros. lézard ; tliêkë, étui). Ornith. Genro d'oiseaux grimpeurs.
SAUROTHÈRE s. m. (sô-ro-tè-re — du gr, sauras, lézard ; thêraô, je chasse). Ornith. Syn. de tacco.
SAURURE s. m. (sô-ru-re — du gr. sauros. lézard; aura, queue). Bot. Genre de plantesj type de la famille des saururées, dont les principales espèces croissent dans les marais de l'Atiiérique du Nord, et dont uue espèce européen nu est connue sous le nom vulgaire
de I.EZARDELL!':.
— Encycl. Les saurures sont des plantes vivaces, herbacées, k rhizome traçant, à tiges aériennes- fiexneuses, portant des feu, lies alternes, pétiolées, embrassantes, cordiformes ; les fleurs, petites, blanches, d.sposées en longs épis axillaires, sont dépourvues de corolle; elles ont sept étumines saillantes; le fruit se compose de quatre petites baies ovoïdes, nionosperines. Ces végétaux croissent dans les lieux humides et marécageux de l'Amérique boréale. L'espèce type est le saurure penché, plante dont les tiges dressées, grêles, un peu anguleuses, ont environ 0m,50 de hauteur; elle habite la Caroline et la Virginie. Ou la cultive quelquefois dans les parcs et les jardins paysagers, où elle sert k orner le borU des pièces d eau. Il lui faut une terre substantielle et renouvelée tous les ans. Ou la propage par graines ou par la division des vieux pieds. Elie fleurit vers la rin de l'été.
SAURURÉ, ÉE adj. (sô-ru-ré — rad. îûurure). But. Qui ressemble ou qui se rapporte au saurure.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour lype le genre taurure.
— Encycl. La famille des saururées renferme des plantes herbacées, k feuilles alternes, simples, pétiolées. Les fleurs, herma?
SA US
phrodites, à périanthe remplacé par une simple écaille, présentent six à neuf étamines, à filets subules, à anthères bilocnlaires; un ovaire de trois à cinq carpelles biovulés ou triovulés, plus ou moins soudés entre eux et surmontés d'un nombre égal de styles simples, marqués d'un sillon qui s'élargit en stigmate au sommet. I,e fruit se compose de trois à cinq petites capsules indéhiscentes, dont chacune renferme une ou deux graines àembryon trèspetit placé au sommet d'un gros albumen corné au dedans et farineux en dehors. Cette petite famille, qui a des affinités avec les aroîdées, les naïadées et les pipéracées, renferme les genres saurure, houttuynie, anémiopsis, spathion et aponogeton. Les saururees habitent les régions tropicales de l'ancien continent, le Jupon, le Cap de Bonne- Espérance et l'Amérique du Nord. Quelquesunes se cultivent dans nos jardins.
SA Uli US, architecte grec. V. Batracus. SAUSARAI s. m. (sô-za-rè). Ornitb. Espèce de sarcelle qui habite l'Egypte.
SAUSEUIL (Jean-Nicolas Jouin, chevalier de), littérateur français, né à Paris en 1731, mort à une date inconnue. Ayant suivi la carrière militaire, il devint capitaine des gardes du prince de Liège, puis il rentra au service de la France et fut nommé capitaine et major adjudant de la légion de Tonnerre. Il fit ensuite un long voyage en Angleterre et revint, en 1785, se fixer à Paris, où il fonda et rédigea le Censeur universel anglais. Sauseuil était tres-versé dans la littérature anglaise. Il a publié dans cette langue -.Analyse de l'orthographe française (Londres, 1772, in -8o), qu'il traduisit lui-même en français sous le titre de : Anatomie de la langue française (1783, in-8o); Libres pensées sur les clmrlatans et sur leurs remèdes (Londres, 1776, in-8") ; le Manouvrier (1783, in-4»), traduit du français de Bourbe de Villehuet, Suuseuil a publié en français : les Vrais principes de ta politesse et du savoir-vivre (2 vol. in-8°), tirés des lettres de lord Chestertteld ; Grammaire anglaise (1783), traduite de Lowth ; Emilie Corbett (1783, 3 vol. in-iâ), roman traduit de Kratt, etc.
SAUSSAIE s. f, (sô-sè— lat. salicetum, même sens, de salix, saule). Agric. Lieu planté de saules : Des vallons étroits et profonds, où coulent, parmi des saussaies et des cltenevières, de petites rivières non navigables, présentant des perspectives riantes el solitaires. (Chateaub.).
SAUSSAY (André du), prélat et écrivain, né à Paris en 1589, mort a Toul en 1675. Ses parents éniient si pauvres qu'ils durent le faire admettre dans un hospice, ne pouvant pourvoir à son entretien et à sa subsistance. Les supérieurs de la maison hospitalière envoyèrent Un Saussay au collège, chez les jésuites. L'enfant se fit remarquer par son application, son zèle, sa docilité. On prétend qu'un jour, se rendant en classe avec ses condisciples, il trouva, au coin d'une borne, dans la rue , une vieille paillasse qu'on avait jetée là et qui contenait une somme d'argent que les enfants se partagèrent. Du Saussay eut cent écus, et avec cette somme il acheta des livres dont il avait besoin. Ayant terminé ses études d'une façon brillante, il entra dans les ordres et montra une grande capacité pour ia controverse, talent fort apprécié alors. Apres avoir occupé la cure et ia paroisse de Saint- Leu, k Paris, il devint successivement protonotaire apostolique, conseiller, aumônier et prédicateur du roi. Saussay se prononça, dans ses écrits, pour l'érection du siège épiseopal de Paris en métropole, ce qui le tit bien venir de Gondy, le premier archevêque. Ce prélat le nomma l'un de ses grands vicaires, puis officiai. Le roi, en 1647, le promut a l'èvêehé de Toul; toutefois les difrioultesqiii subsistaient entre la cour de Rouie et la France retardèrent l'expédition de ses bulles , et le cardinal de- Retz, qui lui avait conservé le titre de grand vicaire, ayant appris que Du Saussay désapprouvait ses intrigues politiques, le destitua des fonctions qu il lui avait conférées. Les bulles pour l'évéché de Toul furent enlin expédiées en 1655; mais il ne prit possession de ce siège que deux ans après. Les devoirs de l'épiscopat ne l'empêchèrent pas de continuer ses travaux littéraires, dans lesquels on trouve de l'érudition, mais fort peu d'esprit critique. On lui doit, entre autres ouvrages : Généalogie des hérétiques sacruntenluires (Paris, 1614, in-8°) ; le Métropole parisien, ou Truite des causes légitimes de l'érection de l'evèché de Paris en archevêché (1625, in-S0); De sacro ritu prasferendi crucem majoribus pnetalis ecclesia) tibeltus (1628, iti-4°) ; Opusculorummicellaneurum fasciculas (1629, iu-4u); De episcapali monogamia et uniiaie ecclestastica dhsertalio (1632, in-4°); Martyrotogium gallicanum (1C38, 2 vol. in-fol.) ; De mysticis Gallix scriploribus (1G39, in 4°); Panoplia episcopatis, clericalis, sacerdotulis (1046- 1049-1653, 3 vol. in-fol.) ; Divina Doxologia seu sacra gtorificandi Deum in hymnis et cunticis meilwdus (Toul, 1759, in-12); Libri de scriploribus ecclesiasticts card. ISellarmini continuatio ab auno 1600 (Toul, 1065, in-4<>).
SAUSSAY (CabpkaU du), voyageur français, né à Paris vers 1647, mort après 1722. Issu d'une famille noble mais pauvre, il entra, comme page, au service du duc de Biron, et ne tarda pas à se prendre de passion pourles
SAUS
voyages. Le duc de La Meilleraye lui ayant fourni les moyens d'aller à Madagascar, il mit à la voile à Paimbosuf, avec son frère, en 1663. Quatre mois après, il avait atteint la rade du Fort-Dauphin. On était alors en guerre avec l'une des peuplades de la grande île de Madagascar. Du Saussay prit part aux expéditions contre les sauvages et, grâce à la bienveillance du gouverneur Champnmrgou, il eut une part considérable dans les prises. Après lamortdu maréchalde LaMeilleraye, le duc de Mnzarin, son successeur, céda l'île de Madagascar à la compagnie des Indes orientales qui en prit aussitôt possession. Du Saussay fit, avec le gouverneur, une reconnaissance des îlots quientourent Madagascar, puis ils revinrent prendre terre à la pointe occidentale, qui est la partie la plus éloignée du Fort-Dauphin ; mais à peine eurcni-ils débarqué qu'une tempête tit sombrer leur navire. Force leur fut de traverser à pied le pays d'Autungil. Ils étaient sans provisions et les sauvages les harcelaient. Enfin étant parvenus a se procurer des canots, ils purent gagner par mer le Fort-Dauphin. Une tribu d'indigènes avait, pumlanl leur absence, attaqué à diverses reprises les Français. Le gouverneur s'en vengea en attaquant et en exterminant presque entièrement cette tribu. Quelque temps après, Du Saussay revint en France et offrit une relation de son voyage à Colbert. Il entra ensuite dans l'artillerie et devint commissaire provincial. Sa relation a été publiée sous le titre de Voyage de Madagascar, connu aussi sous le nom de Vite de Saint-Laurent (1722, in-12).
SAUSSAY - VALL1ER (François -Charles , comte du), littérateur, né à Paris en 1703, mort en 1778. D'abord président au Parlement, il devint ensuite colonel d'infanterie, et se lit remarquer par ses excentricités et ses folles dépenses. Pour couronner ses extravagances, il prit femme à Tàge de soixantequinze ans, mais la mort vint le frapperquelque temps après son mariage. Les productions littéraires de Ce personnage sont : YAmour de la patrie, poème (1754, in-8<>) ; Journal en vers de ce gui s'est passé au camp de Ilichemont, commandé par M. Chevert (Metz, 1755, in-4°); le Citoyen, poëme en trois chants (1759, in-8°) ; Odes sur les eaux de Baréges et de Bagnéres, avec un essai sur la guerre, en vers, et une lettre en prose (1762, in-go); Pièces en vers et en prose (1702, in-8°); Aux grands et aux ric/ies{nsi, ii>-8°); le Triomphe de Flore, ballet en 1 acte, musique de Dauvergne, joué à Fontainebleau, le 29 octobre 1765; Eglé ou le Sentiment, comédie allégorique en 1 acte (1765): Epilre à la Nation française sur l'établissement des Invalides et de l'Ecole militaire (1768, in-S"); Eloge de Chevert (1769, in-S»), etc.
SACSSAYE (Mathurin de La) , prélat français. V. La Saussaye.
SAUSSAYE (Charles db La), hagiographe français. V. La Saussaye.
SAUSSAYE (Jean-Frnnçois-de-Paule-Louis de La), antiquaire fiançais. V.. La Saussaye.
SAUSSE s. f. (sô-se). Techn, Liquide employé par les orfèvres pour donner la couleur d'or.
SAUSSE (Jean-Bnptiste La), écrivain ascétique français. V. La SaUSSÉ.
SAUSSIER (Félix-Gustave), général et homme politique français, né à Troyes (Aube) en I82S. Admis ù l'Ecole de SaiiU-Cyr, en 1848, il en sortit, en 1850, avec le grade de Sous-lieutenant, lit successivement les guerres d'Afrique, de Crimée, d'Italie, du Mexique, et, à diverses reprises, il fut blessé et mis à l'ordre du jour de l'armée pour des actions d'éclat. Ce brillant officier était colonel lorsqu'éclata la terrible guerre de 1870. A la tète du 4ie de ligne, qui faisait partie du 3e corps d'armée, il prit part, sous Metz, aux batailles de Borny, de Gravelotte et de Saint-Privat, où il donna de nouvelles preuves d'intrépidité. Lorsque Bazaine eut signé la capitulation de Metz et de l'armée placée sous ses ordres (28 oet. 1870), le colonel Saussier, indigné, adressa au maréchal Lebceuf, avec quarante-deux officiers, une énergique protestation ■ contre la reddition entière d'une armée qui n'a pas encore été battue par l'ennemi, » et dans laquelle les quarante- trois signataires se déclaraient tous prêts à combattre. N'ayant pas voulu signer l'engagement de ne pas s évader, il fut enferme dans une casemate de la citadelle de Graudenz , sur la Vistule. Au bout d'un mois de captivité, il réussit à. s'échapper et, après avoir traversé la Russie, l'Autriche et l'Italie, il vint se mettre à la disposition du gouvernement de la Défense nationale. Nommé général de brigade, il servit alors dans l'armée de la Loire jusqu'à l'armistice qui suivit la capitulation de Paris, puis fut envoyé en Algérie, où il prit une part, aussi active que brillante, à la répression de la grande insurrection arabe qui éclata en 1871.
Le général Saussier commandait la 75^ brigade d'infanterie et la subdivision militaire de Fort' National, en Algérie, lorsque, au au mois d'octobre 1873, les électeurs de l'Aube furent appelés k nommer un député à l'Assemblée nationale, en remplacement de M. Lignier. Pressé par les républicains de poser sa candidature au moment où la coalition monarchique, maîtresse du pouvoir, menaçait
SAUS
la France de restaurer la monarchie dite de droit divin, le général Saussier accepta et adressa à ses compatriotes une profession de foi dans'laquelle il déclara qu'il était « persuadé que la consécration immédiate et définitive des institutions et de la forme républicaine est une voie de salut pour le pays. s Elu député, le 16 novembre suivant, par 42,000 voix contre 17,S00 données à M. Argence, candidat bonapartiste, le général alla siéger sur les bancs du centre gauche et depuis lors il s'est constamment associé aux efforts du grand parti national républicain qui s'est attaché a fonder, parla modération, les seules institutions qui puissent régénérer la France et la préserverde convulsions nouvelles. Il a combattu, par ses votes, la détestable politique de réaction à outranee inaugurée par le duc de Broglie, contribué à la chute de ce ministre (16 mai 1874), appuyé la proposition Périer, demandant la prompte organisation des pouvoirs publics (23 juillet), la proposition Maleville, demandant la dissolution de l'Assemblée (29 juillet), et voté la constitution qui a organisé le gouvernement de la République, le 25 février 1875. Depuis lors, il s est prononcé contre la loi de 1 enseignement supérieur (12 juillet 1875), pour l'ordre du jour pur et simple lors de l'interpellation des députés bonapartistes (15 juillet). Soldat intrépide , patriote aident, républicain sage, le général Saussier est, en outre, un remarquable orateur, à la parole nette et chaude, aux idées élevées. 11 a prononcé, à diverses reprises, à l'Assemblée nationale, des discours sur tes questions militaires, notamment le 24 janvier et le 20 mai 1874, au sujet de la loi sur les aumôniers militaires, qu'il a combattue ; le 13 et le 14 janvier et ie 9 mars 1875, sur la loi des cadres de l'armée.
• SAUSSURE, village de France. V. Saui/xu-