‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 125 sur 1059 · L. Arnault · texte numérisé non relu

L. Arnault

— Se dit également des corps inanimés qui se meuvent : Je la suivis d'un regard inquitt, et le cœur me sautait dans la poitrine. (L.-J. I. archer.) La mer sautait comme une folle et joignait de sa traînée blanche les deux cornes de la côte. (H. Tuine.)

. . . On écoute; son corps dégringole en sautmUi La vue après l'oreille en est bientôt troublée.

Fr. r>E Nbufchateau.

— Faire des sauts continuels pour exprimer sa jute : Les urgreises aiment beaucoup à sauter et à danser au bruit d'une calebasse, d'un tambour ou d'un chaudron. (Buff.) Cela valait-il de sauter surplace comme vous l'avez fait? (Th. Leclercq.)

Ma dondon.

Riez donc, Sautez donc.

BÉRANOER.

Je l'aime, folle enfant qui saute et qui babille, L-lt qui seule, a l'écart, dans l'ennui de la cour, Comme un hochet de plus accepte mon amour.

h. BOUIUU T.

Il Eprouver un sentiment violent qui te traduit par des mouvements brusques : Sauter de colère.

Mais si le premier mot qu'on dit vous fait sauter, Nous n'en finirons pas.....

E, Auoier.

— S'élancer sur quelqu'un ou sur q iclque chose, et le saisir avec vivacité : Salti.k au collet, à la gorge, au visage, aux yeux de quelqu'un. Sauter à ses armes, sur ses armes pour se défendre. Sauter sur quelqu'un pour te frapper.

— Ktrii détruit, brisé, renversé au moyen de l'explosion d'une mine ou d'un amas de poudre enfhimniéo : Faire SAUTER un outrage de fortification, un bastion. Faire sauter son vaisseau pour ne pas s<' rendre. Le Sin-Carlos SAUTA en l'air avec un fracas épouvantable. (Thiers.) Toute poudrière finit par sauter ; il en est de même pour la banque la mieux établie, (l'etiet.) L'encens gâte plus de cervelles que la poudre n'en fait sauter. (Pes- ■ selier.)

— Fig. Parvenir d'une place inférieure h une place supérieure sans passer par les degrés intermédiaires : Sauter de la troisième eu rhétorique. Sauter du grade de capitaine à celui de colonel. Il Dans un sen* abaolu, Perdre un emploi, une position quelconque : Il a beau avoir des protections, il faudra qu'il

SAUTE

— Passer brusquement et rapidement d'une chose à une autre, sans qu'il y ail liaison entre elles : Sauter d'une matière à une autre, d'un objet à un autre.

— Faire sauter, Gaspiller, dépenser avec prodigalité : Des chevaux, des valets, une bonne cave! comme je ferais sauter tout celai (Picard.)

i — Sauter à bas de son lit, Descendre de

I son lit avec vivacité.

| — Sauter au cou de quelqu'un. L'embrasser avec empressement : Il était si touché de mon arrivée, qu'il en avait les larmes uux

yeux Ma foi! je n'y ai pas tenu, je lui ai

sauté au cou. (Scribe.)

I Que je sois le premier qui saute au cou d'un pire!

Pikos.

i — Faire sauter la cervelle, le crâne à quelqu'un, Le tuer en lui tirant dans la této un coup de fusil, de pistolet, etc. : A la première familiarité, je te Fais sautkr la cervelle. tScribc.) Un regard suffisait à ses Cosaques pour faire sautkr le crâne des malheureux qui se tenaient devant lui. (E. h'ej deau.) Il Faire sauter la tête à quelqu'un, Lui trancher la tète. Il Faire sauter un œil hors de la tête, Porter un coup qui fait sortir l'œil de son otbite.

— Faire sauter quelqu'un par la fenêtre, Le jeter par la fenêtie : Les grenadiers de Bonaparte ont fait sauter la constitution de l'an III par la fenêtre de l'Orangerie de Saint-Ctoud. (Coimeniti.)

— Se faire sauter, Mettre le feu aux poudres de son navire, ou détruire par la raine le terrain sur lequel on se défend.

— Sauter uux nues, Sauter au plancher, Sauter en l'air, S'impaiientcr, se mettre en colère, être pousse à bout : Il saute aux kuics quand on vient me dire : Vous vous faites mourir toutes deux; il faut vous séparer. (M<«« do Scv.) Cette invitation me fit sauter en l'air. (H. Const.)

— Sauter aux yeux, Etre évident, être aperçu sans peine : Il y a dans ce tableau des défauts qui sautent aux yeux. (Acad.) Je n'ai attrapé de leur manière de réciter que ce quim'\ d'abord sauté aux yeux. (Molière.) Quoi! la ruse ne vous saute pas aux yeux? (Vitet.) Ne voyez-vous pas la raison de ce procédé? Elle saute aux yeux. (A ad.) Peuton permettre aux femmes de courir ainsi, de vivre sur le même pjprl que nous? C'est une

SAUT

absurdité qui saute aux yeux. (A. de Musset.) I Sauter aux yeux de quelqu'un, Vouloir les lui arracher.

— Cimier à pieds joints par-dessus quelque chose, Prendre une détermination, agir sans s'embarrasser des obstacles, des difficultés.

— Faire sauter quelqu'un, Lui faire perdre son emploi, s» charge. Il On dit de même : 5a place en a sauté, 11 a été obligé de la quitter.

Il S'emploie aussi absolument dans le même sens

Quelque diable qu'on soit, seul contre tous, on saute, N. Lemercier.

I) Fa.ire sauter la terre, la charge de quelqu'un, Le vontraindre h. vendre sa terre, sa charge judiciairement.

— Faire sauter des bouteilles, En boire une quan.ité plus ou moins grande : Ils ont fait saut;;r dix bouteilles t/«)is ce repus. (Acad.)

— Sauter de branche en branche, Passer brust iiement et sans transition d'un sujet à un ai. ne.

— Faire sauter une maison de jeu, un mauvais iieu, Les luire fermer.

— Jeux. Faire sauter une bille, La faire tombai- hors de lu table du billard, lorsqu'on joue, il Faire sauter la coupe, Faire passer, aprèti la coupe, le paquet inférieur sur le supé-ieur, afin de rétablir les cartes dans leur ordre primitif. Il Faire passer une ou plu,s:eurs cartes connues ou déjà arrangées du dessous du jeu en dessus : Lorsqu'on fait sauter bien lestement la coupii, ou peut exécuter de très-jolis tours; mais on se sert souvent de cette habileté pour tromper au jeu. Cet escamoteur fait très-habilement sauter la coupe. (Acad.) C'est un escroc qui fait sauter la coupe. (Acad.) Un de ces grecs de salon qui font sauter la cartk en gants jaunes -lient le relancer jusque chez son beaupère. (P. de St-Victor.) Il Faire sauter la banque, Gagner tout l'argent du banquier.

— Mar. Changer brusquement, en parlant du vent : Le vent a saute du nord à l est. Le vent ayant sauté au nord, nous mimes la misaine dehors et nous tâchâmes de nous soutenir sur ta côte méi idionate de l'île de Rhodes. (Chateaub.) Le vent peut changer de direction plusieurs fois dans la journée et sauter d'un poin.' du rhumb à l'autre. (Muurv.) Mais vers midi, dans un yrain épouvantable, te vent sauta du N.-O. au S.-O. avec une violence inou'.e; le brick fut coiffé. (D.-d'Urville.)

— Escrime. Lever le pied trop haut dans le développement, et décrire un cercle au lieu d'une ligne droite. Il Tomber, en parlant de^ la liime de l'adversaire : Jamais je n'eus le poiynet assez souple ni le bras .assez ferme pour retenir mou fleuret quand il plaisait au maure de te faire sauter. (J.-J. Kouss.)

— Manège. Sauter entre les piliers, Sauter de ferme à ferme. Faire des sauts sans avancer ni reculer, comme fait le cheval qui est attaché aux deux piliers du matiége. Il Sauter en s?lle, S'élancer sur un cheval sellé sans mettre le pied à l'etrier : Je sautai légèrement en selle et, sans desserrer les dents, je courus ta première poste. (Le Sage.)

— Mus. Faire sauter le ton, Forcer l'air dans, le tuyau d'un instrument à vent et faire ainsi résonner un des harmoniques du ton. Il Sauter d'une octave, Ootavier.

— Prov. Reculer pour mieux sauter, Céder pour un temps, a tin de mieux prendre ses avantages. Il Ironiq. Hésiter devant une décision désagréable qu'il faudra prendre tôt ou tard.

— v. a. ou tr. Franchir : Sauter un fossé. Sauter tes murailles. Sauter la barrière. Sauter un degré. Jamais, avec l'air assez ingambe, je n'ai pu sauter un médiocre fossé. (J.-J. Rouss.)

— Passer quelque chose, soit en lisant, soit en transcrivant : Sauter deux feuillets. Sauter les mots qu'on ne sait pas lire. Sauter deu.': lignes en copiant.

te saule vingt feuillets pour en trouver la fin.

Boilbau.

— Sauter le fossé, Sauter le pas, Prendre un parti hasardeux après avoir longtemps bah ncé : Puisque les Anglais veulent nous forcer à sauter le fossé, nous lk sauterons. (Napol.) Il Sauter le pas, Mourir.

— Sauter le bacon, Faire quelque chose malgré soi : Il ne voulait pas épouser cette fille, il a sauté le bâton; il a été obligé de

SAUTER LE BÂTON. (Acad.)

— Ilar. Saillir, couvrir une jument.

— Art culin. Faire cuire vivement dans une casserole ou une poêle, en sautant de temps en temps ; Sauter un lapin, des pigeons.

— Agric. Eparpiller le foin, en le faisant sauter, afin d'en accélérer la dessiccation.

— AUUS. littér. Saulu, marquis I Y. MAR- QUIS.

SAUTER (Joseph-Antoine), littérateur allemand, né à Niedlingen, sur le Danube, en 1742, mort en 1817. Successivement professeur de logique, de métaphysique, de morale et de droit canon à, Fribourg, il a publié, entre autres ouvrages : Synopsis philosophis rationalis et experimentalis (Fribourg, 1772); Jui'icia Iheologurum Heidelbergensium et Argei tineiwium (Fribourg, 1780); Jnstitutiones ioyica (Fribourg, 1798); Principia juris ec-

SAUT

clesiastici catholirorum (Fribourg, 1810), ouvrage dans lequel on trouve de vives attaques contre les prêtres.

SAUTEREAU s. m. (sô-te-rô — rad. saut). Mus. Petite pièce de bois, munie d'une languette de plume, qui, en sautant, fait sonner la corde d'un clavier, d'une épinette par le mouvement de la touche.

— Agric. Sfiutereau de Brie, Nom donné autrefois à des sillons fort creux, comme ceux des champs de la Brie.

I — Ane. art milit. Bouche k feu qui n'é-

! tait pas renforcée à la culasse.

[ — Autrefois, Petit sauteur.

1 — Encycl. Mus. Dans les instruments qui précédèrent le piano et dont celui-ci donna le modèle au perfectionnement complet, c'est àdire le clavieorde, la virginale, lépinette et mêmele clavecin, le jeu des cordes et leur mise en vibration directe étaient obtenus au moyen deasautereaux. Ces sautereoux étaient de petites languettes rie bois très-minces, garnies d'un morceau de plume ou de buffle et qui se trouvaient soulevées par le jeu des touches du clavier; le nombre des premières était donc égal à celui des secondes. Lorsque le snutereau était mis en mouvement par la touche, le bout de plume ou de buffle ployait en appuyant sur la corde et la faisait résonner en s échappant. On comprend que le son ainsi obtenu devait être sec , grêle , sans rondeur comme sans puissance et surtout sans prolongation possible. Ces divers inconvénients engagèrent successivement un certain nombre de facteurs à chercher les moyens d'y parer. En 1716, un constructeur de Paris, nommé Marins, présenta k l'examen de l'Académie des sciences deux clavecins dans lesquels il avait substitué aux sauiereaux de petits marteaux qui venaient frapper les cordes et les mettre en résotinance. Marius appelait ces instruments clavecins à maillet. Le mécanisme de l'un c'eux consistait en un marteau suspendu par une goupille et poussé par un levier incliné vers la corde, puis retombant de son propre poids ; l'autre instrument avait les marteaux placés au-dessus des cordes ; les touches, en s'abaissant, les poussaient Sur les cordes par un mouvement de levier à bascule, et les marteaux se relevaient par l'elfet d'un contrepuids. Dans le même temps, un Italien, Barlolomeo Cristofali, de Padoue, imagina, lui aussi, la substitution des marteaux aux sautereaux et pubïïa même une description de son invention, sous ce titre : flrauicembalo col piano e forte, parce qu'en effet le jeu des marteaux permettait ce qui était impossible avec le système des sautereaux, c'est-à-dire les nuances de piano et de forte dans l'exécution. Dans le système de Bartolomeo Cristofali, les marteaux étaient suspendus audessus des corfies et poussés vers celles-ci par un pilote. Mais ces deux hommes virent leur invention dédaignée et incomprise, par le fait de l'inertie, de l'ignorance ou du mauvais vouloir des musiciens et de leurs confrères ; si bien qu'en 1758 un facteur de Paris, nommé Richard, s'occupait du perfectionnement des sautereaux, en remplaçant par un morceau de cuir, afin d'enlever un peu de sa dureté au son obtenu, les bouts de plume dont ils étaient garnis. On finit cependant par se rendre à 1 évidence et pur remplacer définitivement les sautereaux par les marteaux. De ce jour, le piano prit la place du claveciu; mais ce ne fut pas encore sans difficulté.

SAUTEREAU DE MABSY (Claude-Sixte), littérateur français. V. Marsy.

SAUTERELLE s. f. (sô-te-rè-le — rad. sauter). Entom. Genre d'insectes orthoptères, type de la division des orthoptères sauteurs et de la famille des locustiens, comprenant un grand nombre d'espèces répandues dans les régions chaudes et tempérées du globe, et surtout dans l'Amérique du Sud : Les habitudes des sauterelles sont celles des autres orthoptères herbivores. (Blanchard.) Les sauterelles s'entre-détruisent elles-mêmes. (V. de Bomare.) Les voltiilti-s recherchent beaucoup les sauterelles. (Bosc.) Les sauterelles arrivent par nuées, en portant sur leur passage la dévastation. (Maury.)

— Entom. Sauterelle-chenille, Nom vulgaire d'une fausse chenille, qui ronge les feuilles de l'orme, il Sauterelle-puce, Nom vulgaire du oereope écumeux.

— Crust. Sauterelle de mer, Nom vulgaire de la langouste. Il Nom de la crevette, dans le nord de la France : Les pêcheuses de sautkrkli.es, pour en vanter la grosseur, disent qu'elles sont comme des baguettes, par allusion aux baguettes de tambour.

— Arborio. Partie de la marcotte qui est hors de terre et qui tient au pied mère : Ces sauterelles, lorsque la marcotte est levée, doivent être coupées le plus près possible des racines de la mère. (Bosc.)

— Vitic. Syn. de SaUtelle. V. ce mot.

— Jeux. Un des coups du jeu de cartes nommé le papillon.

— Chasse. Piège tendu par les chasseurs dans les haies, sillons, rigoles ou passages étroits pour prendre des oiseaux. Il On dit

aussi SAUTEROLLE.

— Techn. Fausse équerre mobile, servant aux charpentiers, aux maçons à prendre et à tracer toutes sortes d'angles reetilignes. n

SAUT

Sauterelle graduée, Sauterelle divisée en 180 degrés et servant, comme un compas de proportion, k mesurer des angles. Il Branche de bascule droite, chez les serruriers.

— Econ. agric. Petit mécanisme servant à rattacher les barrer de séparation, dans les écuries, aux cordes qui les soutiennent, et que l'on peut faire sauter sur-le-champ.

— Encycl. Entom. Les sauterelles ou locustes, qu'il ne faut pas confondre avec les criquets, souvent désignés sous le premier de ces noms, ont pour caractères principaux : nn corps allongé; la tête méplate, verticale; les yeux ronds, saillants, situés au sommet; les antennes insérées entre eux, dans une fossette, très-longues, sétacées; les palpes grêles; le labre avancé, triangulaire; les mandibules fortes, dentées, ainsi que les mâchoires. Ces insectes ont encore le corselet méplat en dessus et tombant carrément sur les côtés; les élytres longs et étroits ; l'abdomen un peu coin primé, aliongé, à segments dorsaux très-développés ; les pattes épineuses; les quatre premières assez courtes, les deux dernières beaucoup plus longues, à cuisses fortement renflées à la base; les tarses munis en dessous d'une membrane très-large.

Les deux sexes, dans ce genre, sont presque de même taille, mais présentent, sous d'autres rapports, des différences notables. Les mâles ont à la base du bord interne des élytres une cellule dilatée, de consistance élastique, et c'est en frottant ces deux parties l'une contre l'autre, quand les ailes sont ptiées, qu'ils appellent leurs femelles. Leur abdomen se termine par quatre crochets, formant deux paires de pinces surmontées de deux appendices coniques; celui des femelles, par une tarière ou oviducte, avancé, comprimé, composé de laines séparables, droites ou courbes, en forme de sabre ou de coutelas et entre lesquelles glissent les œufs, qui ne sont pas très-nombreux. Après la fé-

' condation, la femelle, appuyée sur ses pattes postérieures, baisse la tète et relève son abdomen jusqu'à ce qu'il forme un angle presque droit avec l'oviducte; alors elle introduit

j celui-ci dans le sol, quelquefois en profitant d'une crevasse déjà exilante, et, laissant couler ses œufs qui sont renfermés dans une membrane, les confie k la terre qui doit les protéger jusqu'à leur éclosion.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, mais dont beaucoup sont mal déterminées. Les- sauterelles sont herbivores, mais ne causent pas de dégâts sensibles ; si on leur a fait sous ce rapport une mauvaise réputation, c'est qu'on les a confondues et qu'on les confond souvent encore avec les sauterelles dites voyageuses et qui forment un genre tout différent, sous le nom de criquet (v. ce mot). Ces insectes sont ordinairement d'un beau vert, et la longueur de 1 urs pattes postérieures, munies de muscles vigoureux, leur permet d'exécuter des sauts considérables. Les pluies froides les font souvent périr en grand nombre. Les mammifères carnassiers, les oiseaux rapaces ou insectivores, les reptiles sont pour elles des ennemis acharnés. Les volailles en sont très-friandes; mais, si on leur eu laisse manger avec excès, elles peuvent contracter un flux de ventre

: souvent mortel, et leurs œufs prennent d'ail-

I leurs une teinte noirâtre et une saveur désa-

1 gréable.

I Lu sauterelle verte, appelée aussi sauterelle à coutelas, grande sauterelle, locuste verte, etc., est longue d'environ 0m,05, verte, avec une ligne roussàtre sur le corselet, le labre et les mandibules de la même couleur et des raies blanches longitudinales sur les flancs ; les élytres sont plus longs que l'abdomen et les ailes presque diaphanes ; la femelle a une tarière droite, de la longueur du corps et noire à l'extrémité. Cette espèce est très-commune dans toute la France ; elle fréquente de préférence les endroit» herbeux, un peu humides, notamment ceux où croissent les orties. Dans les environs de Paris, on lui donne le nom impropre de cigale, et elle figure k ce titre dans les anciennes éditions illustrées des Fables de La Fontaine. Elle a eu quelque réputation en médecine. On l'a vantée, en poudre délayée dans une décoction de pariétaire ou en fumigations, contre les vapeurs et les rétentions d'urine. La sauterelle verrucivore, appelée aussi sauleretle à sabre, sauterelle tachetée ou rongeverrue, est un peu moins longue, mais plus grosse que la précédente, vert jaunâtre, avec des taches brunes ou grises sur les élytres ou sur l'abdomen ; la femelle a une tarière un peu arquée. Commune aux environs de Paris, on la retrouve jusque dans le nord de l'Europe, le plus souvent dans les champs cultives, au milieu des blés, vers l'époque de leur maturité. Lorsqu'on la saisit, elle mord très-fortement , mais sans que cette morsure paraisse produire aucun accident fâcheux. Elle sécrète en même temps par la bouche une liqueur d'un brun noirâtre, acre, à laquelle on attribue dans certains pays la propriété de faire disparaître les verrues ou les poireaux qui sont en contact avec elle.

La sauterelle porte-selle, longue de 0"'.03 environ, est d'un vert brunâtre ou cendré ; ses élytres sont très- courts, épais, voûtés , ridés , recouverts à leur base par le corselet, qui est relevé en forme de selle ; elle produit, en les frottant l'un contre

SAUT

l'autre, un son aigu, strident, monotone, précipité, plus fort et plus continu que dans les autres espaces et qui ressemble beaucoup au chant de la cigale; on trouve quelquefois cette snut'relle dans les environs de Paris, mais elle est beaucoup plus commune dans les contrées méridionales; on la rencontre, en automne, dans les vignes et les terres exposées au raidi.

Parmi les autres espèces indigènes, nous citerons la sauterelle variée, k peu près de la taille de la précédente, d'un vert pâle, avec les antennes et les pattes jaunâtres et une bande de même couleur sur le corselet; la sauterelle feuille-de-lis, longue de om,02, d'un vert tendre, quelquefois avec le corselet teinté de brun ou de roux, à ailes dépassant longuement les élytres; la sauterelle grise, à peu près de même dimension, mais d'un brun grisâtre, avec les élytres marqués rie taches plus foncées et. la tarière trèsarquée, d'un brun noirâtre; la sauterelle brunâtre, verte, avec une ligne noire sur la tête, le dessus du corselet bleuâtre et les élytres rie couleur sombre; la sauterelle tuberculée, d'un vert tendre ; la sauterelle ponctuée, d'un vert gai, toute parsemée de petiis points d'un brun roussàtre; la sauterelle dorsale, verte, à élytres et tarière bruns, a abdomen annelé de bleu et de vert, etc.

Nous mentionnerons, parmi les espèces exotiques, la sauterelle â front blanc, grande, brunâtre, à élytres mélangés de noir et de cendré, et qui habite l'Italie, ainsi que les sauterelles pédestre et aptère; la sauterelle à élytres courts, de la Suède; la sauterelle onos, de la Russie; la sauterelle verdâtre, de la Nouvelle-Zélande, etc. Les vieux auteurs citent encore des sauterelles étrangères d'une dimension colossale; Pline parle d'une espèce qui aurait quatre coudées de longueur et dont les pattes serviraient à scier le bois. Est-il besoin de dire qu'elle n'a existé que dans l'imagination du crédule écrivain?

— Arboric. Les pépiniéristes appellent sauterelle la portion d'une marcotte qui est hors ' du sol et tient encore au pied mère, parce | qu'elle a la forme demi-circulaire du piège ! de ce nom employé pour prendre les oiseaux. Quand la marcotte a repris, la sauterelle doit être coupée le plus près possible des racines de la mère, afin que la sève se porte plus abondamment sur les nouvelles pousses; I quelquefois cependant, surtout. s'il s'agit d'un I arbre précieux, on se contente ae coucher les pousses de la sauterelle, mais seulement la première année, pour produire de nouvelles marcottes. Quand les pieds sont faibles, ces pousses sont utiles a la marcotte, en l'aidant à soutirer la sève; quand ils sont forts, ils deviennent des gourmands et sont, par conséquent, nuisibles; il faut alors les arquer, les casser ou les pincer. On appelle encore sauterelles les longs sarments de vigne destinés k produire plus de raisins ou à être provignés pour remplir les vides.

SAUTERELLQ1SE s. f. (.-.ô-te-rè-loi-ze — rad. sauterelle). Pêcheuse de sauterelles OU crevettes, dans lu nord de la France.

SAUTERIE s. f. (sô-te-rl — rad. sauter). Danse sans caractère. Il Petite soirée intime où l'on danse sans façon : Nous vous attendons ce soir, et surtout ne vous mettez pas en frais; ce n'est pas un bal, mais une simple

Page 1