‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 126 sur 1059 · SAUTERIE · texte numérisé non relu

SAUTERIE

SAUTERIE s. f. (sô-té-rî). Bot. Genre d'hépatiques, tribu des marchandées, comprenant deux espèces qui croissent dans les ré- | gions montagneuses.

SAUTERLËUTE (François-Joseph), peintre ! verrier allemand, né à Weingarten (Wur- ' temberg) en 1796, mort k Nuremberg en 1843. I II apprit les éléments de son art à la manufacture royale de porcelaine de Lonisbourg, alla ensuite perfectionner son talent à Nuremberg et enfin visita l'Italie aux frais du roi de Bavière. Sauterleute s'adonna avec un égal succès à la peinture sur émail- et sur verre. Ses principaux ouvrages sont : Portrait d'Erasme, d'après Albert Durer; Portrait de Durer ; Copies des sept tableaux transparents représentant les scènes de la vie de Durer; Six images de la passion de sainte Marie, avec l'enterrement du Christ, d'après le même peintre; les Verrières des églises de Fuilh, de la collégiale de Stuttgard, de l'église de Trieste, du château de Lichtenstein et telles de la chapelle funéraire des princes de Tour-et Taxis, k Rutisbonne. Cet artiste avait adopté le système des anciens verriers, qui consiste à peindre sur un grand nombre de pièces rapportées.

SAUTERNE s. m. (sô-tèr-ne). Vin blanc de Bordeaux.

— Rem. L'usage a prévalu, on ne sait pourquoi, d'écrire et mot sans s, bien que le nom du pays prenne cette lettre à la lin. V. l'art, suivant.

SAUTERNES, village et commune de France (Gironde;, eau t. de Langon, arrond. et à 19 kilom. N.-O. de Bazas, sur la rive droite du Ciron ; 903 bab. Récolte et commerce de vins blancs très-renommés.

Les vins dits de Sauternes sont produits par quelques communes privilégiées, situées au-dessus de Bordeaux , h 30 ou A0 kilom. de cette ville, en remontant la rive gauche de la Garonne. Ces communes sont : Cérons,

SAUT

Barsao, Preignnc, Sauternes (principalement au vignoble d'Yquem), Gommes, Fargues,

Les trois dernières sont les plus éloignées; le sol y est plus élevé, la qualité du vin supérieure. Tous les vins que l'on récolte dans cette région sont connus dans le monde entier sous la dénomination générique de vins de Sauternes. Rien de meilleur que ces vins blancs. Moins liquoreux que ceux du Languedoc et des autres pays méridionaux, ils ont le privilège de ne pas lasser le goût, et leur bouquet leur assure, sur tous les vins blancs, une supériorité incontestée. Ils charment l'œil par la pureté de leur transparence, l'odorat par un incomparable bouquet et le palais par leur délieatesscparfaite ; ils n'exercent sur le cerveau aucune action brutale et poussent seulement k la gaieté.

La qualité des vins de Sauternes est reconnue depuis longtemps; mais leur réputation n'est devenue universelle que depuis un siècle environ, sans doute par suite d'un meilleur choix dans les cépages et du perfectionnement de la vinification. On ne cueille lus raisins que lorsqu'ils pourrissent et quand leur pellicule, ayant atteint une teinte brune, s'attache aux doigts; la vendange doit donc être faite en plusieurs fois-, elle dure souvent deux mois, surtout dans les crus qui donnent les vins de qualité supérieure.

Ceux de la commune de Barsac viennent immédiatement après ceux du petit vignoble d'Yquem. Les n.eilleurs se îécoltent sur le territoire nommé le haut Barsac. Ils prennent, en vieillissant, une teinte ambrée qui ne nuit pas à leur qualité. Bommes n'est pas moins renommé.

Les premiers crus de Sauternes se vendent aussi cher que ceux du Médoc. Ces vins ont acquis quelquefois, dans les bonnes années, et étant vieux, des prix qu'on serait tenté de croire fabuleux. On les a vendus jusqu'à 6,000 fr. la barrique, soit 24,000 fr. le tonneau. Le Château -Yqueni est la plus haute expression des vins de Sauternes; on peut le regarder comme le premier vin blanc de France, et, s'il est moins célèbre chez nous que le vin sec de Sillery, c'est parce qu'il est expédié à l'étranger, qui le préfère à tous les autres. Dans les années exceptionnelles, il devient tout à fait liquoreux et parvient à un tel degré de qualité, qu'il n'a plus de prix et qu'il se paye, pour ainsi dire, au poids tle l'or.

SAUTERO^LE s. f. (sô-te-ro-le). Chasse.

Syn. de sauterelle.

SAUTE-RUISSEAU s. m. (sô-te-rui-sô — de sauter, et de ruisseau), Fam. Nom que, dans les études d'avoué, de notaire et d'huissier, on donne k un petit clerc chargé de faire les courses : Le notaire gui dit •• Mon saute-ruisseau, parle argot. (V. Hugo.) Il

PI. des SAUTE-RUISSE*U.

SAUTEUR, EUSE adj. (sau-teur, eu-ze — rad. saut). Qui a l'habitude de sauter ou qui aime à sauter : Cheval Sauteur. Le polatouche et te phalanger volant, quoique dépourvus d'ailes véritables, franchissent, en déployant leurs membranes , un espace que ne saurait franchir aucun animal sauteur. (D'Orbigny.)

— s. Celui, celle qui saute, dont la profession est de faire des sauts et des tours de force.

— Fig. et fam. Homme d'un caractère équivoque et qui se vante ridiculement. Il Homme sans convictions , sans principes, prêt k toutes les palinodies : Il se pose en homme d'Etat, en ministre habile; ce n'est qu'un sauteur.

— Hist. relig. Nom donné à. des hérétiques anglais.

— s. m. Mamm. Sauteur de rocher, Nom vulgaire d'une espèce d'antilope.

— Ornitb. Nom vulgaire d'une espèce de gorfou.

— Entom. Nom vulgaire des altises ou tiquets.

— Ichthyol. Nom vulgaire d'une espèce de spare qui vie dans les mers de la Caroline, d un poisson du genre centropome, et d'une espèce de cyprin du Cup de Bonne-Espérance. Il Sameur de la Caroline,Nom vulgaire d'un poisson du genre gastré, qui habite la Caroline et la Virginie.

— Erpét. Nom donné aux batraciens anoures. Il Suuteur à la poitrine, Nom vulgaire d'un saurien de Madagascar, appelé aussi

FAMOCANTRATON.

— Manège. Cheval dressé k exécuter différents sauts, et qu'on fuit mouler aux personnes qui apprennent l'équitation : Nous avons assisté au début de Transylvain ; c'est un sauteur qui était monté par un petit enfant pesant tout au plus une quinzaine d'onces. (Th. Gaut.) Il Sauteur entre les piliers ou dans les piliers, Cheval attacha entre deux piliers, auquel ou fait faire uivers sauts. Il Suuteur en liberté, Cheval libre auquel on fait faire le saut en appuyant le poinçon ou en croisant la gaule par derrière.

— s. in. pi. Mamm. Groupe de mammifères marsupiaux, ayant pour type le genre kanguroo.

— Entom, Grande division de l'ordre des insectes orthoptères , ayant pour type les sauterelles.

— s. f. Art culin. Casserole dont le bord n'a quf> 0"n,04 k 0™,06 de hauteur, et qui sert spécialement à sauter les viandes. On l'ap-

SAUT

pelle aussi sautoir, plat a sauter ou casserole À sauter.

— Ichthyol. Poisson du genre perche ou persègue, qui habite les mers chaudes de l'Amérique.

— Chorégr. Espèce de valse d'un mouvement très-rapide.

— s. f. pi. Arachn. Famille d'aranéides, ayant pour type le genre atte ou saltique.

— EdcvcI. Hist. relig. On dit qu'au v»e siècle parut une secte éphémère d'hérétiques, nommés cicetes, qui sautaient et dansaient en priant Dieu. D.tns l'islamisme, les derviches continuent cet usage ; on serait surpris de retrouver les mêmes extravagances au xix° siècle, chez des nations civilisées, si des preuves multipliées n'attestaient que les cervelles humaines sont accessibles à tous les genres de folie.

Sur la tige du méthodisme naatiirent, vers 1760, dans le pays de Galles et le comté de Cornouailles , les Sauteurs ou jumpers , sectateurs de Harris Rowland et de William- Williams, surnommé le « poète gallois, u Ce dernier publia un pamphlet pour justifier la singularité de leur dévotion, et, malgré les plaisanteries des hommes sensés, l'usîige de sauter, grogner, hurler, réitérer trente ou quarante fois lamèn.estance, la même prière, fît des prosélytes.

Les prédicateurs qui parcourent le pays de Galles recommandent de répéter fréquemment les mots amen et gogoniant ; ce dernier signifie gloire en langue celtique, qui est celle du pays et dans laquelle on prêche; ils conseillent de s'exciter aux transports et de sauter jusqu'au point de tomber par terre. j Ces prédisants sont presque tous illettrés, I mais rusés et hypocrites, à ce que prétend le voyageur Bingley, qui a observé dans le nord ' du pays de Galles ces méthodistes calvinistes ! nommés sauteurs on jumpers. Ils ont en plein air, outre les réunions hebdomadaires , une ou deux assemblées générales annuelles.

' Volney parle des ischours ou écumeurs du Caire qui, du ton le plus bas s'élèvent graj duellement aux cris les plus aigus, auxquels ! ils associent des extravagances inouïes. Jl en est de même des sauteurs ou jumpers, qui se croient mus par une impulsion divine. On remarque que les jeunes gens d'un tempérament sanguin sont les plus affectés. Tel débute en prononçant des sentences détachées presque à voix sourde, qu'il pousse jusqu'au beuglement; un autre lui succède et se borne à des exclamations; un troisième, qui est en extase, saute de toutes ses forces et entrecoupe ses bonds par quelques mots dont le plus usité est gogoniant (gloire) ; un quatrième tire de son gosier des cris qui imitent ceux de l'instrument d'un scieur de pierre. L'enthousiasme se communique k la foule, et hommes et femmes, éehevelés et les habits en désordre, crient, chantent, battent des pieds, des mains, sautent comme des maniaques.

En sortant de là, ils continuent leurs grimaces à 3 ou 4 milles de distance; mais il en est, surtout parmi les femmes, qu'on est obligé d'emporter dans un état complet d'insensibilité ; car «'et exercice, qui dure quelquefois deux heures, épuise plus qu.9 le travail le plus dur, et Bingley remarque que si, au lieu d'assemblées une ou deux fois la semaine, il y en avait tous les jours, les constitutions les plus robustes y succomberaient. Evans assista, en 1785, à une scène de ce genre près de Newport, en Monnmuthshire. Le prédicant, qui était un des élèves du collège de Lady Huntingdon, finit son sermon en recommandant de s^Uer, « parce que David dunsa devant l'arche, parce que saint Jean- Baptiste tressaillit de joie dans le ventre de sa mère, parce que l'homme purifié par la grâce divine doit exalter de jubilation et de reconnaissance. • Le prédicant accompagnait son discours d'une agitation violente qui semblait préluder à la danse.

Alors neuf hommes et sept femmes, en gémissant, commencèrent a sauter ça et là avec une sorte de frénésie ; une partie de l'auditoire leva la séance, d'autres spectateurs restèrent stupéfaits. Mais les sauteurs ou jumpers continuèrent leurs gambades depuis huit heures du soir jusqu'à onze; puis, tonnant un cercle, tous à genoux, ils élevèrent les mains, tandis que l'un d'eux priait avec ferveur; ils terminèrent la cérémonie en regardant le ciel et se disant mutuellement que bientôt ils y seraient réunis pour n'être jamais séparés.

Williams Sainpson, l'un de ces bons Irlandais qui ont tant souffert pour la liberté de leur puvs, étant, vers 1804, sur la côte nord du pays de Galles, y vit les sauteurs, qui ont beaucoup de chapelles, quoiqu'ils s'assemblent souvent en plein air dans les villages ou dans les champs. Le droit d'y prêcher par inspiration appartient, dit-il, à tout ôge, à tout sexe. Parmi ceux qui étaient en convulsion, il vit des vieillards mordre et mâcher l'extrémité de leurs bâtons en grognant comme les chats à qui on chatouille le dos. Les plus jeunes s'élançaient en l'air vers a l'u;'iieau invisible de Dieu, » et une jeune fille de cette secte, qu'il interrogeait sur les motifs de ces sauts, lui dit qu'elle sautait en t l'honneur de l'agneau. »

— Chorégr. Ln sauteuse, aujourd'hui abBii-

SAUT

donnée et qu'on ne danse plus depuis de lon-

fues années , était une espèce de valse à eux temps (k deux temps de danse et non à deux temps de musique) et d'un mouvement dont la rapidité était extrême. Comme son nom l'indique, la sauteuse ne se glissait pus comme la valse, ce qui eût été impossible d'ailleurs dans la rapidité, mais se sautait. Cette danse, qu'on faisait souvent succéder à la valse ordinaire, jouit jadis, et pendant un assez grand nombre d'années, d'une vogue véritablement prodigieuse. Elle ne fut détrônée que par la valse russe, qui se dansait à peu près de la même manière, et qui, plus élégante dans ses allures, la fit complètement, oublier.

SAUTIERE s. f. (sô-tiè--e). Bot. Genre de plantes, de la famille des acunthacées, tribu des dicliplérèes, originaire de l'île de Timor.

SAUTILLAGE s. m. (sô-ti-lla-je; Il mil. —

— rad. sautiller). Action de faire de petits sauts : Le sautillage continuel des enfants. Danse qui n'est qu'un sautillage. Dans la parodie de l'opéra d'Achille et Déidaniie , la danse est critiquée du côté du sautillage continuel que le mauvais yoût y a introduit. (Le Mercure.)

SAUTILLANT, ANTE adj. (sô-ti-Ilan, ante; Il mil. — rad. sautiller). Qui ne fait que sautiller : Les enfants sont toujours sautillants. La plupart des petits oiseaux, quand ils sont à terre , sont constamment sautillants.

— Fig. Trop peu développé : Ce n'est jamais avec des phrases courtes et sautillantes qu'on touche le cœur. (Maury.)

SAUTILLEMENT s. m. (sô-ti - lle-man ; // mil. — rad. sautiller). Action de sautiller : Sautillement continuel. Avancer par sautillements. Florian a appliqué aux épanchements d'une veine abondante et riche les sautillements et les murmures d'un ruisseau. (Joubert.)

SAUTILLER v. n. ou intr. (sô-ti-llé; H mil.

— diinin. de sauter). Avancer en faisant de petits sauts : Les pics, les moineaux sautillent au lieu de marc/ier. (Acad.) Le troglodyte sautille sur les branchages entassés, sa petite queue toujours relevée, (Buff.) Ces oiseaux ne courent pas en sautillant comme les autres fauvettes. (Bulf.) Ils marchent en sautillant de branche en branche. (Deleuze.) Le lièvre sort en sautillant du champ de blé. (Deleuze.)

— Faire de petits pas, en dansant : Ce danseur ne fait que sautiller. (Acad.) Dans la danse noble, il ne faut pas sautiller. (Acad.)

— Fig. Changer fréquemment et brusquement de sujet dans la conversation, dans un écrit : L'esprit français sautille du blanc au noir comme te cavalier au jeu d'échecs. (Lhateuub.) il Avoir dans le style quelque chose de léger et de décousu : Le style de J. Janin ne fait que sautiller.

SAUTILLON s. m. (sô-ti-llon ; Il mil.). Serrur. Partie de la gâche du demi-tour qui est.niunie d'un biseau : Le SaUtillon reçoit le biseau du pêne et le fait glisser aisément.

SAUTOIR s. m. (sô-toir — du lat. saltare, sauter). Corde de soie attachée à la selle du cheval, et sur laquelle on posait le pied pour monte $,

— Figure que présentent plusieurs objets disposés de façon à imiter une croix de Saint- André, c'est-à-dire en forme d'X.

— Blas. Pièce honorable, composée de la croix de Saint-André : De Broglie : D'or, au sautoir ancré dazur.

— Mod. Petite pointe d'étoffe que les femmes portent autour du cou, et dont elles nouent les deux bouts sur la poitrine.

— Art culin. Espèce de casserole. (| Syn. de

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