SAUTEUSE
— ■ Techn. Pièces de la cadatnire d'une montre ou d'une pendule k répétition.
— Loc. adv. En sautoir, En forme de croix de Saint-André : Pièces de bois mises en sautoir. Epées placées en sautoir.
— Porter un ordre en sautoir, En passer le ruban ou le cordon en forme de collier tombant en pointe sur la poitrine : L ordre de la Toison d'or et celui de Saint-Lazare ne se portent qti'w sautoir. (Acud.) Les prélats ne portent les ordres çu'en sautoir. (Acad.)
Il Porter quelque chose en sautoir, Ee porter sur Je dos au moyeu de deux bretelles ou de cordons se croisant sur la poitrine, ou bien en employant une seule bretelle ou un seul cordon, que l'on fait passer de droite à gauche ou de gauche à droite : Porter son é«gage en sautoir. Avant que le soleil eût illuminé ses fenêtres, il se trouva debout, sa boite à herborisation en sautoir. (H. Benhutid.) Comme te docteur ouvrait la grille du jardin, il se trouva nés à nez avec le facteur rural, orné de sa boite en Sautoir. (J. Sandeau.)
— Blas. Se dit pour exprimer que les meubles dont ou parle sont posés dans le sens du Sautoir : Clefs passées en sautoir. Désunis posés en Sautoir. Datons poses kk sautoir derrière l'écu des maréchaux de France.
— Encycl. Blas. Le sautoir était anciennement un harnais dont se servaient les cavaliers dans les tournois, c'esi-a-dire qu'au lieu d'étners dont on se sert aujourd'hui, ils portaient attachée à la selle une pièce en forme de Croix de Saint-André qui leur ser-
SAUT
vait à sauter sur leurs chevaux, ce qui la fit nommer sautoir. » Dans l'ordonnance des anciens tournois, dit le l'ère Uéuestrier, je trouve cet article : le hurnois de l'escuyer sera tout pareil, excepté qu'il ne doit avoir nulles chausses de maille ne coitfette de niable sur le baeinet, mais uoit avoir un chapeau de Montauban, et si ne doit avoir nulles bracheres, et des autres choses se peut comme un chevalier, et ne doit point uvoir de sautoir ksa selle. »
Les sautoirs, k l'origine, se faisaient souvent de cordes couvertes d'étoffes précieuses ou de cordons de soie. Au compte d Estienue de La Fontaine, argentier du roi, fait en 1352, on lit : ■ Four six livres de.suye de plusieurs couleurs pour faire les tissus et aiguilleuesuusdits hartiois, faire xautouen et conieres et tres-.es à garnir la se le. »
Ces sautoirs, dans nos anciens nuteurs, sont appelés sautours, sautoùers, sautanls. Les Espagnols les nomment aspus , du nom d'un instrument fuit en sautoir ou croix de Saint- Audi é, dont les femmes se servent pour faire tenir leurs cheveux.
On donnait encore le nom de sautoir aune pièce de bois qui servait autrefois à fermer les parcs; c'est l'origine que lui donne Upton au traité De militari officia, Speliuon, tiuns son Aspiloyie, en fait un instruisent propre k prendre les animaux : Machina venatoria qua olim in Theriotrophiis prxdubnntur fera saltatorium nuncupntn quod stiltuunit in usu fuit. En effet, un bois et un parc se disaient alors des saulls, en lutin saltus; d'où sont venus les noms de Satt/t, du Sault, de Sattx, noms de diverses terres et de diverses maisons de gentilshommes et Ue seigneurs.
Gaspard Barlée, qui a fait la description du Brésil et l'histoire du gouvernement de Maurice de Nassau, a décrit ues parcs tenues de ces sautoirs : Consitum amœaissimis Itinc inde arburiculis /lumen domicilia uliqitot sparsim ostentubut sepibus tiyiieis in crucis fiyuram decussutim ordinatis prsscincta.
Il est bien probable que ces trois choses ont contribué à rendre, cette pièce si fréquente en armoiries : ce harnais qui servait aux tournois, parce que les tournois étaient marques de noblesse; le sautoir des parcs, parce qu'il n'y avuit dans ces temps que les gentilshommes qui eussent le droit d'avoir des parcs, et ia dévotion a saint André.
Ces sautoirs, qui figurent sur les armes de la noblesse espagnole, viennent d'une victoire célèbre remportée sur les Maures le jour de la fêle de ce saint. Les ducs de Bourgogne, qui en avaient fait leur protecteur et »qui portaient la croix du saint sur leurs drapeaux, en rendirent l'usage fréquent, particulièrement durant les factions des Bourguignons et des Armagnacs, dont les uns se distinguaient par les croix de Saint-André et les aunes par des bandes.
Les petits sautoirs en nombre de deux ou trois sont nommés (lanchis; il y en a rarement un seul.
On dit en sautoir pour exprimer que les répartitions ou meubles dont on parle sont posés dans le sens du sautoir. Ces meubles doivent être au nombre de plus de cinq ; ear cinq meuble^ se posent ordinairement eu sautoir, ce qui ne s'exprime pas. 11 n'y a fort souvent que deux meubles dans cette position, mais on les dit passés en sautoir, désignant par ce mot que ce sont des pièces Ue longueur, comme épées, lances, palmes, etc., ce qui sert k les distinguer des pièces qu'on dit seulement en sautoir, parce qu'elles ne sont point de longueur et q^ue, par conséquent, elles ne brochent point 1 une sur l'autre.
Il y a des sautoirs « accompagnés, alésés, ancres, anillés, bardés, bretesses, cannelés, cantonnés, charges, cuntre-bretussés, denchés, diaprés, échiquetcs, émanihes, engoulés, engrelés, éqnipollés, fretté-s, fuselés, gîroniiés, guingoles, guivi es, losanges, uebules, niliés, ondé-i, pattes, plies, puinmetlés, resareeles, treillisses, vivres, etc. »
Adgtnnei de Rambouillet, ftU Maine : de sable, au sautoir d'urgent. — Noiiici, en Maçonnais : d'uzur, au sautoir d'or. — Andrieu, en Guyenne et Gascogne : de gueules, uu suu* loir d argent. — Prcanilly ; ue gueules, au sautoir U or, — L Aui>e»piue : d'uzur, -au sautoir alésé d'or, accompagné de quatre billettes du même. — FUmucraiK : d'azur, au sautoir engrélè d'or, accompagné de quatre flammes uu même. — Fieui-y, en l'Ile-de- France : d'azur, au sautoir ii argent, cantonné de quatre verres d'argent. — Graany : d'or, au sautoir de sable, chargé de cinq fleurs de lis d'or. — Paris, en Ch.nnpagne : de gueules, au sautoir dentelé d'or, accompagné de deux quintefeuilles, l'une en chef et l'autre en pointe, côtoyé de basants du même. — Dîdvlot, en Lorraine : de sable, au sautoir giioune d'argent et de gueules, accompagné d Une étoile d'or, au premier canton. — Brosiie, originaire d'Italie : d'or, au sautoir ancré d'azur. — l.c-eeou , en Orléanais : de gueules, au sautoir ecliiqueté d'urgent. — llnrra», en l'Ile-de-Fruiice : parti d'or et de gueules, au sautoir bretesse de l'un en l'autre. — Burt, en Limousin ; u'or, au sautoir dei :he de gueules. — Bola-Lèva, en B.etagne : d'azur, k trois flunchis d'or. — Alolin de Kuchoiiorue : d'azur, à trois fianchis d'or. — Mom-dOr, en Auvergne : d argent, k trois fianchis d'azur.
SAUTRIAU s. m. (sô-tri-ô). Techn. Nom
SAUV
snus lequel on désigne des leviers en forme de balance qui servent à faire mouvoir les lisses, dans le métier à tisser.
S/VUVAGAGI s. m. (sô-va-ga-ji). Comm- Tuila de colon blanche des Indes orientales-
SAUVAGE îidj. (sô-vaje — du latin silvaticu.-; de situa, sylua, foret; proprement qui su t ent diuis les forêts, qui est propre, aux forêts, etc. Dans l'ancienne langue, salvage, sauvage signifiait simplement qui habite les forêts :
A un moine de sainte vie,
Chrestien ermite mlvage,
Religios, saint home e sage,
L'ala retraire en sa chapele.
[Chronique des ducs de Normandie.) Le latin sylvuticus avait le même sens. Le lutin sylva correspond évidemment au grec ulê, :orét. Pictet cherche àrattuchercesdeux formes au sanscrit sala, arbre. Un dérivé, sâlava, signifierait qui a des arbres; mais le changement de la voyelle offre quelque difficulté. On pourrait admettre que, dans le grec ulê pour salle, l'influence rétroactive du j digamma disparu a contribué à la contraction il <le sut ; mais cette explication semble faire défaut pour syloa, où le v est resté. Cepeml mt, comme Yy témoigne d'une relation ] directe avec le grec, le mot pourrait prove- ! nir di l'époque où la transition de salle kulê était en voie seulement de s'accomplir). Qui vit dms les bois, les déserts et loin des habitat ons des hommes : Les lions, les tigres, ■ les panthères sont des animaux sauvages et cariussiers. Les cerfs, les daims, les sangliers sont lies animaux sauvages. (Acad.) Le serval est uiijnli quadrupède, mais sauvage et vorace. (L. Aidant.;
— 3ui n'est point apprivoisé : Les animaux sauvages et les animaux domestiques. Canard SAUVAGE. Chat SAUVAGE. Oie sauvage. Oa ne peut inuter que les animaux actuellement domestiques n'aient été sauvages auparavant. (Buti'.J On trouve encore des chevaux , des ânes et des taureaux sauvages. (Buff.) La chair des animaux sauvages est plus nourrissante que celte deî uiiimuax privés. (Maquel.)
— Qui s'effarouche facilement : Le merle est plus sauvage que le geai et la pie. Le lièvre eu un animai fort peureux et fort sauvage. (Acad.)
— Qui vient naturellement, sans culture, sans qu'on en prenne soin : Olivier sauvage. Fiyuiv sauvage. Pommier sauvage. Laitue Sauvage. Prunes sauvages. Us se nourrirent un mcis entier de fruits sauvages. (Volt.) Le jardin était un pittoresque et délicieux fouitlis de. plantes sauvages. (H. Berilioud.) Où est le temps où nos aïeux sautaient de joie quand ils avaient trouvé quelque prunier sauvages (H. de Sl-P.)
— I iculte et inhabité, en parlant des lieux. : Pays sauvage. Ile Sauvage. Lieux Sauvages. Asped sauvage. Nature sauvage. Ce heu solitaire formait un réduit sauvage et désert. (J.-J. liouss.) Les grands Jieuves on: ordinairement mi lit profond et des bords escarpés qui leur donnent un aspect sauvage. (J. de Maistie.) C'est un instinct commun à tous les êtres sensibles et souffrants de se réfugier dans les lie ix les plus sauvages et les plus déserts. (B. de Si-K)
La campagne la plus sauvage Porte le calme dans nos sens.
Bernis.
— Peu fréquenté : Ce drapeau français flottait sur notre tète, tandis que nous regardions une mtr sauvage et les côtes sombres de l'ile de Terre-ÎSeuve. (Chateaub.)
— En parlant de l'homme, Qui vit dans les bois, suis habitation fixe, sans lois et flans jouir d'aucun des avantages de la civilisation : Peuples sauvages. L'homjjie sauvage est de tous tes animaux le ptus singulier. (Butf.) On a trouvé dans les forêts des hommes sauvaCES; tout les fait trembler, tout les fait fuir, (irlouiesq.) Il n'y a que les peuplades entièrement sauvages qui puissent prospérer dans le. solitude et l'isolement. (Alibert.) Les races s\u\ages sont toujours restées en dehors des révolutions fécondes qui sont le signe de nobtess "i des peuples civilises. (Renan.) L'homme sauvage u est point l'homme primitif, mais l'homme dégénéré. (B:illunche.) Pas un sauvage ne s est fait Européen , et plusieurs Europieusse sont faits sauvages. (Chateaub.) Cites t<!3 pupulatious très- sauvages, aucune cérémonie ne consacre d'ordinaire ta naissance ou le mariage. (Maury.)
— Qui a rapport h ce genre de vie ; Le passage ae l'état sauvage a l'état social est une énigme dont aucun fuit historique ne donne la •i'itulioi . (B. Consi.) L'élut sauvage n'est pas l'étal d". nature, mais bien plutôt l'état contre ntituri-. (A. Jlurlin.) Les Français s'Iia'jituent facilement a la vie sauvage. (Chateaub.) Il tiy a pas d'exemple qu'un peuple civilise soit retourne a l'élut Sauvage. (Jouffroy.) Il y a moins toin qu on ne pourrait te croire de la fausse civilisation de certaines contrées à l'état SAUVAGi. (Lameiiii.) La vie sauvage développe rxrlauu sens qui s'émoussent dans lu vie civilisée. (Maury.)
— Pi.r anal. Qui se plaît à vivre seul, soit par biz irrei'ie, soit pur timniité : HommeSAVvage. iia femme ne voit aucune société; elle est trop sauvage. (Acad.) Votre misanthropie est une vertu fuible qui est mêlée d'un chagrin de tempérament; vous êtes plus sauvage que
SAUV
détaché. (Fén.) Il faut vivre avec les dames pour ne pas devenir sauvage. (J. de Maistre.) J'ai toujours été sauvage et cherchant la solitude. (Alex. Dum.)
— Qui a quelque chose de rude, de farouche, en parlant des qualités des personnes ; Air sauvage. Manières sauvages. Mœurs Sauvages. Souvent, dans la solitude, on contracte une humeur sauvage. (Kléch.) Un procédé honnête peut apprivoiser les esprits les plus sauvages. (Beli.) Les savants de profession ont, dans leurs manières, quelque chose de Sauvage et de grossier. (Bell.) Je trouve votre vertu un peu trop sauvage. (Le Sage.)
D'une vertu sauvage on craint le dur empire.
P. Corneille.
Vous maniez avec plus de souplesse Des passions la sauvage rudesse.
Delille.
Ce chagrin philosophe est un peu trop sauvage. ^ Molière.
Mais pourquoi, dira-t-on, cette vertu sauvage. Qui court à l'hôpital et n'est plus en usage?
Boileau.
Ne demande donc plus par quelle humeur sauvage. Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion.
Boileau.
Il S'emploie d'une manière analogue, en parlant des animaux : Les animaux inutiles à l'homme retiennent toujours leur naturel sauvage. (Chateaub.) La chèvre a quelque chose de tremblant et de sauvage dans la voix. (Chateaub.) Il Se dit de même en parlant des choses : Les mathématiques et la physique sont épineuses, sauvages et d'un accès difficile. (Fontanelle.) De doux roucoulements remplissent ces déserts d'une tendre et sauvage harmonie. (Chateaub.) Les courts et brusques dessins de Tupffer sont relevés d'une saveur alpestre et d'un caractère fruste et sauvage. (Ste-Beuve.) La campagne ainsi abandonnée avait vu caractère de grandeur sauvage qui s'appropriait à notre situation, (Vital.) Home a eu des commencements rudes et Sauvages, mais à la fin on y a vu toute la politesse des Grecs. (Fieoh.) Ce n'est plus le charme agreste, c'est le règne sauvage qui a sa beauté. (Ste-Beuve.)
Flore embellit des champs l'aridité sauvage.
Voltaire.
— Apre, amer, désagréable au goût, en parlant de certains fruits ou de leur produit : Goût sauvage d'un fruit. Huile sauvage.
— Contraire à l'usage : Façon de parler sauvage. Procédé sauvage.
— Chicorée sauvage, Espèce de chicorée qui, quoique cultivée, reste toujours verte et aiiierc.
— Eau sauvage, Eau de pluie répandue sur la terre et que n'a recueillie aucun lit.
— Filon sauvage, Filon formé de substances dures, pierreuses.
— Pop. Feu sauvage, Sorte de gale qui attaque le visage des enfants.
— S. Homme, femme sauvage : Un Sauvage. Une sauvage. Vivre parmi les sauvages. Les sauvages d'A mérique. Les sauvages obligent leurs femmes à travailler continuellement. (Buff.) Le sauv âge dételle le bœuf que les missionnaires viennent de lui confier et le fait cuire avec te bois de la charrue. (J. de ùiaistre.) Ce qui caractérise les sauvages, c'est la paresse et la férocité. (J. Dioz.) Les sauvages, très-insensibles au grand spectacle de la nature, très-indifférents pour toutes ses merveilles, n'ont été saisis d'étonnement qu'à la vue des perroquets et des singes. (Butï.) Les Sauvages repoussent la civilisation quand on lu leur pi ésenle. (B. Conat.) L'obésité ne se trouve jamais ni chez les sauvages ni dans les classes de la société où on travaille pour manger et où on ne mange que pour vivre. (Brilu-Sav.) Les sauvages sont tous, comme tes héros d'Homère, des médecins, des cuisiniers et des charpentiers. (Chateaub.) Un sauvage tient plus à sa hutte qu'un prince à son palais. (Chateaub.) Les Sauvages divisent l'année en douze lunes. (Chateaub.) La vertu de prédilection des sauvages est la patience. (Chateaub.) Le sauvage, qui dispute sa vie aux animaux et subsiste des produits de sa pêche ou de sa chasse, est un composé de force et de ruse, plein de sens et d'imagination. (Lemoiiiey.) Les Français ne cherchent point à civiliser les sauvages, cela coûte trop de soins. (Chateaub.) Dans l'esprit du droit divin, le serf, le vilain et le roturier sont toujours le Sauvage que l'intérêt de la civilisation commande de traiter en bêtes de somme. (Proudh.) Il ne faut pus dire absolument que le sauvage soit l'homme primitif. (Renan.) Les sauvages se montrent curieux de savoir le nom des objets qui leur sont inconnus. (Renan.) En Irlande, on ne voit guère que des paysans plus malheureux que des Sauvages. (Beyle.) liien n est moins simple qu'un sauvage. (V. Hugo.) Le sauvage dompte ia femme avec la même cruauté que la bêle de la forêt. (E. Pelletan.)
— Par anal. Celui qui aime la solitude, qui ne veut pas fréquenter la société : Ce jeune homme est un sauvage qui ne se montre jamais dans te monde. (Acud.) Je m'étais imaginé que Vous étiez un sauvage qu'on ne pouvait apprivoiser. (St-Evrem.) M. de Chateaubriand a fait de René un mélancolique et presque un Sauvage. (St-Marc, Girard.) Voltaire était
SAUV
homme du monde, comme Jean-Jacques était un sauvage, (a. Houssaye.)
Oui, je suis un pauvre sauvage.
Errant dans la société.
Béranger.
— Blas. Meuble de l'écu qui représente un homme nu, ceint de feuillage et appuyé sur une massue.
— Syn. Sauvage, farouche, V. FAROUCHE.
— - Sauvage, démert, inhabité, etc. V. DE- SERT.
— Encycl. Il serait difficile de poser une ligne de démarcation bien nette entre les peuples sauvages et les peuples barbares. Chacun reconnaît que les barbares sont supérieurs aux sauvages, sans pouvoir dire en quoi précisément réside cette supériorité. L'épithëte sauvage laisse habituellement dans l'esprit l'idée de peuplades sans cohésion, vivant île lit chasse dans les forets ou de la pêche et mangeant leur proie presque crue comme les animaux. On l'applique cependant aussi à des peuplades qui, comme celles de plusieurs lies de 1 Océanie ou comme certains nègres de l'Afrique, jouissent déjà d'une civilisation assez avancée. 11 serait facile de citer des sauvages industriellement et moralement su-
I périeurs aux barbares de l'Asie centrale, qui vivent de pillage, répugnent à toute culture et à tout travail régulier.
D'après Cook , les habitants de Tahiti avaient atteint le plus haut degré de civilisation qui soit possible tans la connaissance des métaux. Rien, d'autre part, ne peut donner une idée de l'état misérable dans lequel vivent les habitants de la Terre-de-Feu, les indigènes du Brésil, ceux des lies Andatnan ou A/imopies, les Australiens, les tribus refoulées dans les montagnes de l'Inde, qui, avec les Mimopies et avec les tribus du centre de Bornéo, semblent être les débris d'une ancienne race, les négritos.
Les prétendus sauvages polynésiens, généralement si bien conformés et d'une nature si sociable, n'avaient de commun avec ces derniers, dont la sauvagerie est restée indomptable, qu'une égale ignorance de l'emploi des métaux.
Il est vrai que l'utilité des métaux dans l'œuvre de la civilisation est telle que l'on a cru pouvoir ranger parmi les sauvages tous les peuples qui ne les possédaient pas. Leur ignorance à cet égard les met, en effet, hors d'état de lutter aveu tout autre peuple. Elle est un obstacle infranchissable pour le progrès.
Si défectueux que semble ce critérium, il est cependant préférable à celui qu'on pourrait tirer du caractère moral, soumis à toutes les fluctuations des appréciations individuelles, bien que les peuplades paisibles, hospitalières de l'extrême Nord nous paraissent moralement supérieures aux Arabes pillards qui exploitent les populations nègres de l'Afrique, c'est avec raison qu'on les placera au-dessous de ces derniers; car, à l'absence des métaux viendront se joindre, pour démontrer leur infériorité, l'extrême pauvreté du vocabulaire et l'imperfection grammaticale de la langue.
Quand on a commencé à parler des sauvages, on se les représentait comme une espèce d'hommes nus, couverts de poils, vivant dans les bois comme des bêles et se distinguant de l'homme ordinaire par quelques particularités de conformation naturelle, comme ces hommes à queue à l'existence desquels on a cru si longtemps. D'après Gemelli Carrari (Giro det mondo), les jésuites en avaient vu aux lies Philippines et en avaient converti quelques- uns à ia foi chrétienne. Aldrovandi croyait qu'il en existait en Chine [De quadrupedibus, 1645) ; Struys, k Formose ( Voyages, Rouen, 1719), et l'illustre Harvey dans l'intérieur de l'île de Bornéo, De nos jours même, il s'est trouvé des écrivains pour faire revivre cette antique croyance. Un sait, d'ailleurs, que Linné lui accordait quelque crédit, puisque, dans son genre homo, à côté de l'homo nocturnus, il a placé l'homo caudutus. La croyance aux Blemmyes de Pline, aux hommes sans tête, fut moins répandue et moins persistante-, Walter Raleigh (Discavery of Guianu, 1595) en avait décrit comme habitant sur les rivt-s de la Caora, affluent de l'Urénoque. Les voyages multiplies dans toutes les régions du globe ont eutin dissipé ces erreurs; et ce n'est plus qu'à un nombre de plus en plus restreint de peuplades que peut s'appliquer l'épithete de sauvages dans le sens d'hommes qu'on peut presque confondre avec des brutes.
Peu à peu s'est fait jour l'analogie fondamentale ue l'esprit des sauvages avec le nôtre, ainsi que les affinités profondes da leur nature avec certains côies de la notre, malgré de grandes, de très-grandes différences sur plusieurs points, différences de degié toutelois plutôt que d'espeye. Cependant on admettait toujours l'opinion fondée sur le dogme religieux uu péché originel et l'on regardait l'état sauvage comme une décadence et mie dégradation. Aujourd'hui, cette opinion est complètement abandonnée par tous les savants que n'aveugle pas le préjugé religieux. Lyell et surtout sir John Lubbock ont réuni et signalé quelques-uns des points les plus propres à la faire abandonner. Nous ne pouvons les reproduire tous, mais du moins nous indiquerons les principaux de ceux que fuit
SAUV
valoir sir Lubbock dans son récent ouvrée sur les Origines de la civilisation : 1« l'absence chez les sauvages de tout fragment de poterie; or, l'art du potier une fois connu est indestructible; 2° 1 absence chez certains d'entre eux d'outils rudimentaires, tels que l'arc, dont la connaissance une fois acquise ne peut plus se perdre; 3° l'absence chez d'autres de toute religion, ce qui implique qu'ils n'en ont jamais eu, car on suit avec quelle puissance la religion une fois formée s'empare de l'homme et avec que. le ardeur certaine classe intéressée s'applique à la maintenir ; 40 la pauvreté du langage. « Il me semble bien difficile de croire, dit sir John Lubbock, qu'un peuple qui aurait su compter jusqu'à dix ait jamais pu oublier une scienco ; si facile et si utile. Or, il y a relativement | bien peu de sauvages qui sachent compter jusque-là. s Enrtu, comment supposer un seul instant que des hommes aient pu oublier des mots exprimant des idées abstraites aussi simples que celles de couleur, son, etc.? C'est ce qu'il faudrait cependant admettre si l'état actuel des sauvages était le résultat d'une décadence.
Ainsi donc, loin d'être les débris de nations dégénérées, les sauvages sont les témoins d'une phase écoulée de notre propre développement. Pendant que les ancêtres des nations civilisées progressaient, ils sont restés à peu prés stalionnaires. Leur organisation physique a subi le même arrêt. Les traces d'infériorité observées sur les ossements fossiles s'observent encore sur leurs propres ossements. Des crânes du diluvium et des temps néolithiques ou de la pierre polie se sont trouvés entièrement semblables aux crânes de certains d'entre eux. C'est ainsi que les Australiens de Port- Western reproduisent presque complètement le type crânien de l'homme si ancien de Néanderthal.
Ce sont donc surtout les recherches préhistoriques qui nous ont fixé définitivement sur la vraie nature des sauvages et sur la place qu'ils doivent occuper dans l'histoire du développement humain. Jusqu'aux découvertes des Nilsson, Boucher de l'erthes, Morlot, Tylor, Lartet, Christy, Lubbock, etc., tout le monde considérait les moeurs des sauvages comme indignes de fixer l'attention des savants. Aujourd'hui, les mœurs des peuplades les plus obscures de l'Océanie et de l'Afrique sont, au contraire, étudiées avec soin comme pouvant fournir la clef de certains problèmes historiques. C'est la présence chez quelquesunes d'entre elles d'outils en silex groSîièrement taillé qui nous donne la certitude absolue que les silex du diluvium et du terrain pliocène supérieur ont été taillés de main d'homme. C'est leur propre manière de vivre qui nous a permis de décrire à l'aide de quelques débris celle de nos ancêtres les plus reculés. Le caractère, les mœurs de ceux-ci seraient restés à peu près indéchiffrables sans la connaissance que nous avons acquise du caractère et des mœurs de ceux-là. D'autre part, sans la découverte de l'homme préhistorique, le sauvage serait resté pour nous une énigme autour de laquelle se seraient élevées des hypothèses inconciliables. On a unanimement reconnu une analogie profonde entre l'intelligence des sauvages et celle des enfants. M. Bourien dit, en parlant des tribus sauvages qui habitent la péninsule de la Malaisie : * Le fonds de leur caractère se coinpose d'inconstance, de crainte, de timidité et de défiance; ils semblent toujours penser qu'ils seraient mieux, dans tout autre endroit que celui qu'ils occupent. Comme chez les enfants, leurs actions semblent rarement le résultat de la réflexion et ils agissent presque roujourssous l'impulsion du moment. » Le capitaine Cook rapporte qu'à Tahiti, Oblerca, la reine, etTootahah,un des principaux chefs, jouaient avec deux grandes poupées. D'Urville raconte qu'à la Nouvelle-Zélande un chef pleurait comme un enfant parce que les matelots avaient sali son manteau favori. A Viti, hommes et femmes se mettent souvent à pleurer pour la moindre cause, etc. La tendance à répéter les syllabes, qui est si caractéristique chez les enfants, existe aussi chez les sauvages. Ils aiment beaucoup les animaux apprivoisés. Ce qui est un jouet pour nos enfants est le plus souvent un objet sacré pour les sauvages.
Cette analogie étroite entre les idées, le langage, les habitudes, le caractère des sauvages et des enfants confirme une fois de plus ce que nous avons déjà dit, que les sauvages sont les témoins des temps préhistoriques. L'enfance est la période ue l'existence humaine où la civilisation et sessuites n'ont pas encore altéré le caractère naturel de l'homme. Qui ne sait avec quelle insensibilité les enfants torturent un animal? Cette cruauté se retrouve chez le sauvuge. Le sauvage, à vrai dire, n'est qu'un enfant qui reste enfant toute sa vie. Il n acquiert avec l'âge qu'une demimaturité d'esprit et ressemble tmijours à un enfant, parce que ui son expérience personnelle ni le peu que lui enseignent ses parents et ses compagnons ne suffisent pour l'élever à un degré de civilisation plus avancé. La similitude du caractère du sauvage et de celui de l'enfant confirme cette loi : que le développement de l'individu est le résumé de celui de l'espèce.
Il est tellement vrai que les peuples civilisés ont tous passé par la phase de l'état sauvage, que certaines passions, certains iiv-
SAUV
stincts, certaines coutumes paraissent s'être perpétués k travers les siècles longtemps après que la vie sauvage. qm les a fait naître a disparu. L'homme civilisé a souvent la
fiassion de !a chasse; la guerre réveille en ui des instincts de Peau-Rouge; peut-être doit-il cette passion et cet instinct à ses sauvages ancêtres, chasseurs et guerriers avant tout.
Le savant John Lubhnck, dans ses deux longs et consciencieux ouvrages sur les sauvages, cite un grand nombre, de peuples qui n'ont aui-une espèce de religion. Son opinion sur ce point est on ne peut plus nette et catégorique. Cependant il est certain que beaucoup de tribus sauvages ont des divinités et des rites religieux, et l'étude des religions de ces peuples primitifs permet de suivre le développement des sentiments religieux, dont l'objet change et s'élève. On peut aussi suivre le développement du lii iignge et acquérir quelques données sur sou mode de formation. On peut, en un mot, si l'on s'attache à l'étude des sauvages les plus inférieurs, démêler comment l'intelligence humaine a pu s'élever du plus bas degré possible jusqu'au point où elle nous apparaît au début de l'histoire.
La vie sauvage, quelque affreuse qu'elle soit aux yeux de (uut homme civilisé et de bon sens, n'en est pas moins prônée par quelques philosophes misanthropes qui voudraient réveil.rk la simplicité de la vie de nature. Citons, à litre de curiosité, ce que dit à ce sujet l'Américain Ralph Kinmersnn : « Nous devons considérer, dit-il, s'il ne serait pas plus noble de renoncer k lotit cela (à tous les avantages qu'offre une société civilisée) et de nous remettre en rapport plus intime avec la nature. Mais on me répondra : Si nous abandonnons tous les iivantages acquis par la division du travail, chacun sera don.: obligé de construire sa cabane, de fuire ses souliers, son chariot, etc.? Ce ferait replonger l'homme dans la barbarie I J'avoue franchement que je ne regretterai nullement la rareté et même la destruction des objets de luxe et de fnshion, si on retourne k la vie agricole, dans la persuasion qu'alors nous pourrions mieux remplir nos devoirs d'homme, en retrempant nos consciences, en épurant nos goûts. ■
Un plaidoyer plus raisonnable et plus original tout à la fois en faveur de la vie sauvage serait celui qu'où déduirait de la longue saiire dirigée contre les Européens et leur civilisation dans un ouvrage anonyme, la Décadence de l'Europe (Paris, 1867). L'auteur de ce livre déliait la civilisation un état de l'homme où l'esprit et le corps seraient libres d'erreurs, de passions et de violence.
0 La vie pratique, dit-il, la vie particulière et politique de la société est le seul témoignage incontestable du progrès. Si les hommes voyagent plus ou moins vite, s'ils se dirigent d'après la boussole on d'après le vol des oiseaux, s'ils vont à l'aide de voiles, de chevaux ou de la vapeur, s'ils assassinent au moyen d'armstrongs ou de flèches, s'ils mangent des glands et de la viande crue ou des huîtres, des araignées et du fromage aux vers, cela ne change point la question. Dans tout cela, je ne vois pas encore de progrès. Il s'agit de ce qu'a gagné la morale, la dignité humaine.»
Mais, quoi qu'en disent ceux qui attaquent la civilisation moderne, les sauvages nous sont inférieurs non-seulement sous le rapport des sciences, des arts et de l'industrie, mais encore et surtout sous le rapport moral, La civilisation, si elle crée quelques vices, en fait disparaître un plus grand nombre. Si le sauvage possède certaines vertus, lu civilisation les développe et les multiplie.
Les théologiens chrétiens prétendent que l'homme ne doit se ptéoeouper que de son bonheur célesie. Tous les progrès de la civilisation sont néant à leurs yeux ou pis que cela, une invention du démon. Les anciens Pères de l'Eglise ont attaqué avec une excessive violence et contribué à détruire ia civilisation romaine. On comprend, d'après cela, qu'ils aient abouti à déclarer que fuir les piuisirs du monde devait être l'idéal du chrétien. Certains fidèles ont mis en pratique ces singulières doctrines. L'historien ecclésiastique Kvagrius rapporte que certains pieux ermites s'enfermaient dans des trous et des cavernes où î <s ne pouvaient ni se tenir debout ni s'étendre; le» aunes vivaient avec les animaux sauvages; d'autres enfin, entièrement nus, excepté les parties naturelles, exposuient leur corps aux feux du soleil et «ux glaces de l'hiver ; ils broutaient
1 herbe et seulement assez pour ne pas succomber d'inanition. Ils devenaient peu à peu semblables aux bêles et cruyaieut ainsi s acquérir des droits aux récompenses éternelles. lie pareils actes de folie ne soin plus k craindre. Tomes les critiques qu'on peut l'aire de la civilisation ne nous feront pas rétrograder jusqu'à l'état sauvage, qui a été une phase uécesSaire de cette civilisation même, connue nous croyons l'avoir démontré dans cet arlicle.
SAUVAGE (Denis), sieur Dn Parc, littérateur iraniens, né a Konie-iiuil.es, un Brie, vers 1520, mort vers 1587. Issu d'une famille noble, mais pauvre, il obtint le poste d'historiographe de Henri H, et la mort acciuentelle de ce prince l'affecta si vivement, qu'il dut interrompre pendant plus de deux ans ses travaux. Sauvage fit partie des néographes
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OU réformateurs de l'orthographe française, cumule son ami Jacques Pi-letier, qui l'a fait figurer parmi les interlocuteurs de son dialogue De l'ortografe (1550J. Il entreprit de réformer la langue, écrivit un traite resté inédit, intitulé De iorlogmfie et autres parties de grammaire fruncni.se, et proposa deux nouveaux signes de ponctuation, la « parenthésine ■ et • l'entrejet, ■ qui, d'après lui, ne pouvaient être remplaces par la virgule et le point; le premier des deux est assez fréquent aujourd'hui sous le nom de tiret. Enfin il créa quelques néologismes tirés du latin , entre autres celui de jurisconsulte. Sauvage a traduit les ouvrages suivants : Des vertus et notables faits des femmes (I .yon, 1546, in-4u), de Plutarque; Sommaire des histoires du royaume de Naples (Lyon, 1546, in-8"), de GoleiMiecio ; la Circë (1550, iii-8*>), de Gelli; la Philosophie d'amour (1551, in-8°), de Léon Hébreu ; Histoire de son temps { 1552, in-fol.), de Paul Jove. En outre, il a donné des éditions de nos anciens chroniqueurs : Nhole Cille (Paris, 1560, in-fol. ), Commutes (1552), Froissait (Lyon. 1559-156!, 2 vol. in-fol.), la Chronique de Flandre (IZGZ, in-fol.), Mousirelet (1572, in -fol.); Y Histoire de Louis XII, de Seyssel (1587), etc. Ses traductions étaient estimées au temps où elles parurent. Quant à ses éditions, on reproche a Sauvage d'y avoir f.it des corrections et des altérations regrettables dans le but d'en rajeunir le style.
SaUVACR (le Père), jésuite lorrain du Xviue siècle. Il passe pour être le véritable uuteur de l'ouvrage anonyme intitulé : la Réalité du projet de Bourg- Fontaine démontrée par l'exécution (Paris, 1755, 2 vol. in-12), quelquefois attribué au P. Patomllet et qui a ete lacéré et biûlé par arrêt du parlement le 21 avril 1758. Le Péi e Sauvage a, en outre, de concert avec le Père Crou, publié une Réponse au livre intitulé : hxiraiis des assertions dangereuses et pernicieuses en tout genre que les soi-disant jésuites ont, dans tous les temps et perséveraiiimeiit, soutenues, enseignées et publiées (1763-1765, i vol. in-4<>.)
SAUVAGE (Plat-Joseph), peintre belge, né k Tuurnay (Belgique) en 1747, mort dans la même \iile eu 1818. D'abord vitrier, comme son père, il suivit des cours k l'école de dessin de son pays natal, puis il alla terminer Sun éducation ariist.que à Anvers, dans l'atelier de Martin-Joseph Geeraerts. Il vint ensuite k Paris, s'y rit recevoir membre de l'Académie de Saiul-Liie et fut admis h l'A eudemie royale de peinture en 1783. En 1808, Sauvage quitta Paris pour aller pi eudre la direction des écoles académiques de Tuurnay. Sauvage s'adonna à la penuure de grisaille et y excella. Dessinateur savant et correct, il rendait le modelé du bronze, du marbre, de l'agate, de l'albâtre de façon à fuire une illusion complète. Cet artiste, qui jouit de son temps dune réputation méritée, envoya de ses œuvres à toutes les expositions qui eurent lieu k Paris de 1781 à 1810. Les grisailles qu'il a exécutées sont extrêmement nombreuses; on en trouve aux musées d'Orléans, de Lille, de Montpellier, de Montauban, de Toulouse, où son Jeu d'enfants le fit admettre en 1774 k l'Académie de cette ville. Les principaux oiivruges de cet artiste sont; la Mort de Germauicus, bas-relief en grisaille imitant le marbre; une Tab'e couverte d'un tapis, d'un case de bronze, d'un casque et d'un bouclier, au palais de Fontainebleau; les Sept sacrements, d'après Poussin, k la cathédrale de Tournay; le Sommeil d'Eudymion, un Christ eu bronze- doré, la Ville de Tournay prenant les or/ilielins sous su protection, le Triomphe de Bucchus, etc., dans le musée de Tournay, Sou portrait, peint par lui-même, se voit également dans ce musée.
SAUVAGE (Pierre-Louis-Frédéric), inventeur de l'iience appliquée k la navigation, né à Boulogne-sur-Mer le 19 septembre 1765, mort le 17 janvier 1657. Il fut d'abord employé dans l'administration du génie militaire de sa ville natale, puis constructeur de navires (1811). C'est k dater de ce moment que son génie prit l'essor qui le conduisit à cette série de créations ingénieuses ou puissantes qui tirent le tourment et la gloire de sa vie. Désormais, chacune de ses entreprises est marquée par une invention nouvelle, par de nouveaux efforts pour vaincre les diliicul es, les lenteurs ou les imperfections du travail. Chacun de ses pus est un combat contre la matière et chacun de ses combats une victoire. Toutefois, toutes ces victoires devinrent pur ■ lui la source de déceptions, de déboires et de miséies sans nombre. Online d abandonner son industrie, il fonda en 1S21, aux carrières d'Eiliugen, près oe Marquise, un établissement pour le sciage et le polissage du marbre. Lk encore, sa dévorante activité ei sou opiniâtre énergie au travail se iniinifestèient par de nombreux perfectiouiiemeuts et par l'invention d'un moulin horizontal donnant un mouvement continu, quelle que soit la direction du vent. L'idée n'était fas absolument nouvelle dans son prinC.pe, mai:» les combinaisons ingénieuses iiu'n sut y ajouter eu tirent une crëatiun i Belle, et la Société d'agriculture, du commerce et des arts de Boulugne le reconnut solennellement en décernant a l'auteur une médaille d'or (1825). A peu près k la même. époque, il inventait le physiunomilre, ma-
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chine absolument neuve, sorte de daguerréotype de contact qui prend, en les louchant, l'empreinte des objets et permet k la plastique de couler des moules et de faire des reproductions à l'infini. Pendant qu'il perfectionnait son œuvre au prix de sacrifices et de pertes de toute nature, d'habiles spéculateurs, k l'aide de modifications insignifiantes, la jetaient dans le domaine public sous le nom de physionatype et l'exploitaient effrontément. Il faut mentionner aussi le réducteur, sorte d'application du panto/raphe à la sculpture pour lii réduction des rondes bosses (applique aujourd'hui par M. Henri Sauvage, le fils de l'inventeur, k la reproduction réduite des antiques du l.onvret et le soufflet hydraulique, au moyen duquel on élève l'eau k une hauteur déterminée par le poids de la colonne d'eau. Ce fut le dernier travail de Sauvage. Mais, nu milieu dos tristesses et des misères de sa vie, une idée bien autrement vaste et hardie germait dans le cerveau puissant de cet infatigable travailleur. Débarrasser les bâtiments k vapeur des roues k aubes, ailes énormes qui alourdissent les formes, gênent les manœuvres et peuvent être, au milieu d'une action, brisées par les boulets, tel était le problème que d'autres avaient posé, mais sans le résoudre. Eu poursuivant obstinément la recherche d'un propulseur qui pût être placé sous l'eau, son esprit juste et droit, ennemi des abstractions et des hypothèses, dégagea de l'observation les véritables éléments d'une des plus belles inventions de notre siècle. Il remarqua la manœuvre de ces petites embarcations dirigées par un seul homme placé k l'arrière, nageant avec un ! seul aviron, navigation d'une extrême sun- ! plicité et dont l'inconvénient le plus grave I est d'occasionner un léger mouvement de roulis. L'observation de celte manœuvre de la godille devint le point de départ de ses essais, Kn décomposant la direction des forj ces produites, eu déterminant l'angle sous lequel l'aviron produit la plus grande puissance dj'munique, il fut conduit k assigner à l'hélice sa forme, ses proportions et sa situation la plus favorable. Cette induction de génie réalisa la navigation au moyeu de l'hélice; mais l'apj lication fut hérissée de difficultés inouïes. Sauvage avait consacré toutes ses ve.lles et toutes ses ressources k la réalisation de son œuvre; il s'était rendu au Havre pour tenter des expériences en grand ; il s'épuisa par des sacrifices de toute sorte et lutta pendant dix ans contre l'indifférence du publie et du gouvernement. La possibilité de l'application de l'hélice à la navigation comme propulseur sous-marin fut mise hors de doute par des expériences qu'on s'obstinait cependant k ne pas trouver assez décisives. A bout de sacrifices, ruiné, dépouillé par d'avides plagiaires, Sauvage fut enfin plongé dans une prison pour dettes, au Havre, pendant que son hlee passait la Manche, était appliquée eu Angleterre et même essayée au Havre avec quelques maladroites altératious. Malgré l'appui de M. Alphonse Karr dans la presse, malgré celui de M. Séguier, membre de l'Institut, l'inventeur ne put obtenir justice de ses contemporains et il vit tomber dans le domaine pub.ic le brevet qu'il avait obtenu eu 1832, sans avoir recueilli les fruits de son persévérant travail et de ses sacrifices. Usé par des années de lutte et de misère, par les dévorantes fatigues du travail, par les souffrances momies et physiques, qui sont trop souvent la seule récompense du génie, aigri par les déceptions, les injustices, les cris de l'envie, découragé, brisé, anéanti, Sauvage devint fou; cette puissante cervelle se troubla, et le créateur de tant d'œuvres admirables alla rinir sa glorieuse existence dans la maison de saute de Picpus, presque dans le même temps où le plus beau de nos navires k hélice, le Napoléon, dépassait triomphalement toute l'escadre anglaise dans la :ade de Constautinople I Luns ces dernières années, cependant, la reconnaissance naiiouale s'était manifestée envers Sauvage: il avait reçu du gouvernement une pension de 2,000 francs; mais il était trop tard, l'homme était brisé.
SAUVAGE (Etienne-Noel-Joseph, comte DE , homme d'Etat belge, ne k Liège en 1789. Il étudia le droit k Cob.emz, puis a Bruxelles, se fit recevoir avocat tl entra dans la magistrature debout. Substitut k Eniden, il refusa de siéger lorsque les armées alliées envahirent la Belgique au commencement de 181-4, et subit alors une courte détention. De retour dan> sa ville natale, il reprit la profession d'avocat, attira sur lui l'attention eu plaidant dans plusieurs affaires importantes et se signala particulièrement par sa bel.e défense ou bourgmestre de Maësliicht, Hennequin.
Successivement membre du conseil de régence, des états | rovmeiaux et des assemblées de l'Union, M. de Sauvage fit une opposition modérée au gouvernement des Pa)s- Bas. Apres la révolution de 1830, qui eut pour objet de rendre k lu Belgique son autonomie, il fut charge par le gouverneur de Liège de présider une commission chargée de maintenir l'ordre au milieu de la fermentation des esprits, et devint au mois d'ootufire suivant gouverneur de la province. Appelé le 28 niais 1831, par le régent Suriet de Chokiur, k faire partie du ministère, il reçut le portefeuille de l'intérieur, présenta divers projets de loi, rappela aux congrégations re-
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ligieuses qu'elles devaient k l'Etat compte de leurs b eus, dont elles ne sont que le-, dépositaires, contribua k l'avènement o> Léopold I" et alla recevoir ce prince k la frontière. Le 3 août suivant, il quitta le ministère et siégea au congres jusqu'en 1832. A cette époque, M. de Sauvage devint président de la cour de cassation. Depuis lors, il a été nommé membre (1843), puis président du conseil héraldique, commandeur de* l'ordre de Léopold et a reçu le titre de comte (1855).
SAUVAGE (Thomas-Marie-François), auteur dramatique, ne k Paris en 1794. Il débuta, eu 18)4, au Vaudeville, avec une pièce intitulée Mademoiselle Hamillon, et, depuis cette époque, il a écrit un grand nombre de pièces de théâtre, soit seul, soit en collaboration avec G. de Lurieu, de Leris, de l.euven, Bavard, Scribe, etc. En 1827, M. Sauvage prit la direction de l'Odéou, qu'il abandonna au bout d'une année, désespérant de pouvoir y rappeler le public. Outre ses pièces de théâtre, il a donné un grand nombre d'articles de critique théâtrale au Journal général de France et au Moniteur. Nous citerons, parmi les œuvres de cet habile et fécond diamaturge : le Portefeuille ou le Lord impromptu, un acte (1820); le Petit ramoneur, drame eu trois actes (1826); Marguerite d'Anjou, opéra en trois actes (182G), dont la musique est de Meyerbeer; la Fuite de Ularis, drame lyrique (1827) ; Y Ivrogne, drame grivois en deux actes (1830); le Cocker de Napoléon, vumteville (1831); Père et citoyen ou le Patriote de Modène, drame en cinq actes (1832); Un panorama (1835); Une Conspiration de province, un acte (1832); le Serf et le boyard, drame en trois actes (1834) ; Pauvre Albert, drame; Miss Annette, comédie (1830); l'Eau merveille me, opéra-comique en deux actes (1839); Jaspia ou le Père de l'enfant trouvé, vaudeville (1839); Un cordon bleu, vaudeviile (1839;; le Premier début de Dazincourt, vaudeville (1840); le Loup denier, en deux actes (1840); Ncwyate ou les Voleurs de i Londres, draine eu quatre actes (1841) ; le //é- ; but de Cartouche , vaudeville (1S42J; les Ité- | paradons, coméd.e (1843) ; Èioi l'innocent, drame en deux actes (1843); Angélique et Mrdor, opéra-comique en un acte, musique de Thomas (1SJ3); Y Amazone (1846); Gilles ravisseur, opera-comique en un acte, musique de Grisar (1848); le Caïd, opéra-comique, musique u'Ainbroi^e Thomas (1849) ; le ï'oreadur, opéra-comique eu deu.\ actes, musique d'Adam (1849); les Porcherons, operacoinique eu trois actes, musique de Urtsar (1850); le Père Gaillard, opéra-comique en trois actes, musique de Keber (1852j; Madelon; opéra-comique en deux actes, musique de Bazin (1852) ; la Tonelli, opera-connque eu deux actes, musique de Thomas (1853); le Carnaval de Venise, opera-comique en trois actes, musique de A. Thomas (1858) ; Don Gregorio, opera-comique en trois actes, musique de Cabrielli (ISGO) ; Y Habit de milord, opera-comique en un acte (1862); YUtage, drame en cinq actes (18G3); Gilles et Gtllotin, opera-comique (1874), etc.
SAUVAGE (François-Clément), ingénieur, administrateur et homme politique français, né a Sedan (Ardennes) le 4 avril 1814, mort k Paris le 10 novembre 1872. Des l'âge de dixsept ans, il fut admis k 1 Ecole polytechnique , d'où il sortit le premier en 1833. Ayant choisi les mines, il fut envoyé à Mézieres avec le titre d'ingénieur ordinaire. A cette époque, il écrivit de remarquables mémoires sur la métallurgie , ta chimie, et publia le compte rendu de travaux géologiques importants. De 1838 k 1840, M. Sauvage fut chargé de diverses missions olticielles. Apres avoir explore, en 1833,1e bassin houiller des Asturies et, eu 1842, les gîtes uiet.lliferes de la province de Carlhagene, il alla étudier en Grèce, en 1845, un projet de dessèchement du hic Copaïs. En 1846, il quitta le corps des mines pour entrer k lu Compagnie de l'Est, qui le chargea de construire une partie importante de la ligne de Strasbourg, Eu 1847, il devint ingénieur en chef de la Compagnie de Paris k Lyon. Après la révolution de 1848, une grève ayant éclate au Creuzot, le gouvernement provisoire chargea M. Sauvage d'aller y rétablir l'ordre en qualité de commissaire extraonbnaire , puis il lui confia l'administration du séquestre du chemin de fer d'Orléans. L'habiieté dont il lit preuve dans ces missious lui valut d'eue Dominé peu après ingénieur de iro classe, puis ingénieur en chef. Attache au chemin de fer oe Lyon Comme ingénieur en ch'f du matériel le £5 août 1843, il entra au même titre, eu 1852, k lu Compagnie de l'Est, k laquelle il devait consacrer ses grandes lacul.es jusqu'à la lin de sa vie, et uunt il devint le directeur le 1" mars 1861. M. Sauvage introduisit dans cette grande exploitation, à la prospérité de laquelle il a si puissamment contribue, des refoilues économiques considérables, une impulsion féconde, une réorganisation de tous les services, des uiesuies propres k iuleiesser tous les employés a la prospérité de la Com,.agnie, un large et généreux système Ue peiisiuiis de relia. le et de secours. La guerre de 1870 mit eu relief la parfaite organisation de la Compagnie de l'Est, qui put effectuer en quelques jours, sans accidents, d'immenses transporte. Pendant le tiiege de Paris, M. Sauvage se s.guala par sou patriotisme et par les services qu'il rendit dans les
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travaux de la défense. Nommé député de la Seine (.l'Assemblée nationale par 102,672 voix le 8 février 1871, il prit place à gauche, parmi les républicains modérés. Il s'abstint de voter sur les préliminaires de paix, se prononça contre 1'abrog.aion des lois d'exil qui frappaient les Bourbons, contre la loi sur les conseils g.'iiérsmx, pour le pouvoir constituant de 1 Assemblée, pour la proposition Rivet qui conféra à RI. Thiers le titre de président de la République, pour le retour de l'Assemblée à Paris, etc., et acquit de l'autorité parmi ses collègues par ses connaissance:) spéciales et par la netteté de ses vues. M, Sauvage succomba aux atteintes d'un mal que It s soins les plus éclairés avaient été impuissants à combattre. Il était depuis 1888 commandeur de la Lésion d'honneur. On lui doit, entre aulres travaux : Cartes géologiques des Ardeimes et de la Marne; Description géologique des Ardenues (in-8°) ; Notice Sur le dessèchement du lac Copaïs; Description géologique de ta Grèce continentale et de Cite de Milo; entin, de nombreux mémoires publies dans les Annales des mines.
SAl VAGE (Elie), littérateur et auteur dramatiq te, né k Mayenne en 1814. Il débuta dans les lettres par un recueil de vers intitulé les Jiayoï'S du matin (1835, in-18), puis écrivit pour le théâtre. On lui uoituu certain nombre de pièces fuites, soit seul, soit en collaboration t vee MM. JJuhomine, Grange, Nus, etc. Nous citerons, entre aulres: Julien t'évangéliste, draine en c;nq actes et en vers (1836) ; le Jioi Lear, drame en quatre actes (1845) ; la Vestale, tragédie en cinq actes (1846) ; le Comi; Julien ou le Ci-àteuu maudit, drame en
3 Maire actes (1846); la Cour de Ferrure; eam e harc en prison (1849); Boudjaii, en un acte ^1851) ; Atari brûlé, comédie en un acte (18. ,2); la Servante du roi, draine en cinq actes e. en vers (1854); le Nord et le Midi, comédie en un acte (1857) ; Peur et amour, corneille en un acte (1S6T) ; les Coiffeurs, en trois actes (18U4), etc. On lui doit, en outre, des romans, entre autres, Aliretie (1866, in-181, la Petite bohémienne (1867, in-8°), etc.
SAUVAGÉA s. m. (sô-va-jé-a). Bot. V. SAU- VAGÉSIE.
SAUVAGEMENT adv. ( sô-va-je-man — rad. .luuvayr). Avec la eruauLé des sauvages ; d'un aspect, d'un caractère en dehors de la nature : A droite se creusait un ubime ou immtuxe ravin déchire, accidenté de la façon la pl'is sauvaOimhnt romantique. (Th. Gnût.) Quelles lèies bizarrement féroces! quels ajus- Xeme.its sauvagement étranges I (Th. Gaut.)
SAUVAGEON s. m. (sô-vu-jon — rad. sauvage ). Ai bonc. Plant d'arbre ou d'arbrisseau qui u poussé naturellement et qui .n'a pas été grelfé : Sauvageon de belle venue. Greffer un sauvageon. Greffer sur sauva- GKi)>. Un sot porte des sottises comme un sauvageon porte des fruits. (Heivétius.) On ente d'tiu.res arbres sur les sauvageons. (V. de Bomare.) Toutes tes variétés de poires ou de pommes ne réussissent pas également bien sur sauvageon. (Diot. d'sigrio.) Les sauvageons sont de jeunes plantes ou des arbres saunages qu'on transporte des bois dans la pépinière. (Ratpail.)
Un bon jardinier de la ville Vient de greffer mon sauvageon.
Voltaire.
. . . D'un sauvageon, par une greffe utile, En fruits délicieux sort un arbre fertile.
Du Resnel.
Il Arbre venu de semis, élevé en pépinière, et qui n'a pas été greffe : Les pegius des pommes à cidre fournissent des sauvageons gui se nomment egrins. (Rugpuil.)
Observe! ■ . . .
Comment, des sauvageons civilisant les tiges, L'art corrige leurs fruits, leur prèle des rameaux.
Deulle.
— Par ex t. Bâtard ;
Vous faites le plongeon,
Petit noble a Hasarde enté sur sauvageon.
Kkgnard.
U Se dit aussi des idées, des opinions : Eeussonv.ée par les mains de l'opposition sur le Sauvageon i(e la liberté, la défiance peut porte)' les fleurs doubles, mais elle ne saurait jamais porter de fruits. (E. de (iir.)
Ce goût de sauvageon qu'ont toutes ses idées, CiUe sève pareille à des eaux débordées...
E. Auoier.
— S'emploie quelquefois arijectiv. au tig. : La sœur ue Dideiut était la branche restée rude et sauvageonne, lui le rameau gre/fé, cultivé, adouci, épanoui. (Ste-Beuve.)
— Encycl. Arboric. D;ins le principe, on a appelé sauvageon tout arbre croissant naturellement, k l'état sauvuge, dans les bois, les bai s ou les lieux incultes et provenant d'un sentis spontané. Ou a remarqué de bonne heure que ces uibres, souvent épineux, produiraient des fruits de qualité intérieure, ma.» qu'ils fournissaient d'excellents sujets poi r la greffe. P. us tard, oit a étendu l;iccei non ue ce mot et ou u designé sous le nom de suuvageon tout arbre franc de pied, c'està-dire i.ou fc relie, confondant ainsi avec les sai ouyeons proprement dits les francs, en d'autres ternies les pieds provenant uu semis des. graines d'une vatiéte plus ou moins améliorée par la Culture. Les sujets fournis par ceux-ci ont leurs avantages el leurs incon-
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vénients ; ils se mettent plus tôt à fruit et donnent des produits supérieurs en grosseur et en qualité; mais les arbres ainsi obtenus donnent moins de fruits, n'acquièrent que des dimensions plus faibles et durent moins longtemps.
Sans doute les perfectionnements apportés à la culture et à l'aménagement des forêts, et aussi l'emploi toujours croissant des sauvageons par suite des progrès et de l'extension de I arboriculture fruitière, ont notablement diminué le nombre de ces sauvageons et forcé les pépiniéristes à les remplacer par des francs ; d un autre côté, les sujets les plus vigoureux finissent à la longue par succomber. Aussi est-il rare de trouver aujourd'hui de ces poiriers d'une taille colossale, dont les branches pliaient ou rompaient souvent sous le poids des fruits. Il faut bien le dire toutefois, une raison plus puissante a fait négliger de plus en plus l'emploi des satitiM^eons comme sujets; c'est qu'ils sont loin de convenir à toutes les variétés. Beaucoup de celles-ci ne prospèrent pas, traitées de cette manière ; elles reçoivent du sauvageon plus de sève qu'elles u'en peuvent utiliser, et le sujet produit alors de nombreux rejetons qui sont à la
| fois la cause et l'effet de l'affaiblissement de
I la greffe.
| Au lieu d'arracher dans les bois les jeunes arbres eux-mêmes, on peut recueillir dos graines sur des sujets adultes et de la même espèce et les semer en pépinière; on obtient ainsi de véritables sauvageons d'une qualité bien supérieure; car ils sont plus aptes à la reprise et croissent deux fois plus vite. On peut même, à défaut de graines d'arbres sauvages, se contenter de celles qu'on a recueil-lies sur les variétés cultivées qui se rapprochent le plus de l'étal de nature; tels sont, par exemple, les poiriers ou les pommiers k cidre, surtout si l'on a soin de choisir les sujets les plus épineux et les plus vigoureux. Pour les fruits k noyau, on donne souvent le nom de sauvageon à des rejetons qui ne donnent que des fruits de médiocre qualité.
SAUVAGEOT (Charles), archéologue et collectionneur, né à Paris le 6 novembre 1781 , mort dans la même ville le 30 mars 1SG0. Son père, qui était commerçant, le laissa s'adonner à son goût pour la musique. Sauvageot fut admis des 1795 au Conservatoire et y remporta, deux ans plus tard, le piemier prix de violon. Quelque temps après, il entra à l'orchestre de l'Opéra, où il devint premier violon, et donna en même temps des levons de musique. Une place qu'il obtint. dans l'administration des douanes vint accroître son modeste bien-être et, en 1829, il renonça à l'emploi qu'il occupait à l'Opéra. S'étani pris de passion pour les produits d^ l'art français, surtout de l'époque de la Renaissance, tiauvageol se mit à collectionner tous les objets intéressants qu'il put rencontrer et qui, dispersés à l'époque de la Révolution, se trouvaient alors assez facilement, car on eu apprccinit peu la valeur. Intrépide fureteur, il fouilla sans relâche les boutiques de marchands de bric-à-brac, se privant presque du nécessaire pour acheter les ntorceaux précieux que son goût exercé et délicat lui faisait découvrir. Meubles, coffrets, bijoux, aiguières, vaisselles, ustensiles de toutes sortes, portraits, gravures, etc., tout ce qui avait une sérieuse valeur artistique venait grossir les trésors entassés dans l'appartement du collectionneur passionné, et son petit musée devint bientôt célèbre. Ne voulant point que sa collection fût dispersée après sa mort, il en lit don à l'Etat (avril 1856). Sauvageot reçut alors un logement au Louvre, où l'on transporta toutes ses richesses artistiques, en fut nommé le conservateur et se chargea de les classer. Il succomba à l'âge de soixante-dix-ueuf ans, emporté par la maladie ue la pierre. Absorbé par sa passion de collectionneur , Sauvngeot ne s'était point marié. Quatre ans avant sa mort, sa collection avait été estimée 596,812 francs, somme bien au-dessous de la valeur qu'elle a aujourd'hui. M. A. Sauzuy, conservateur adjoint des musées nationaux, a publié : Collection Suuvageot, dessinée et gravée o l'eau- forte, d'après tes originaux du musée du Luuore, par Kdouurd Lièvre; accompagnée d'un texte historique et descriptif (isea, iu-fol., avec 120 pi.).
SAUVAGÈRE (la), village et commune de France lUrneJ, cunt. de La Ferté-Muce, arrond. et a 20 kilom. N.-E. de Domi'ruiit; 2,040 hab. Fabrication de fils, toiles et coutils.
SAUVAGÈRE ( Félix -François Le Royer d'à KTEZti'r de La), antiquaire français. V. La
SAUVAGERE.
SAUVAGERIE s. f. (sô-va-je-rt — rad. sauvage). Période pendant laquelle les hommes ont vécu à l'état sauvage : L'homme n'est sorti de ta sauvagerie que pour devenir, pendant de longs siècles, un forçat. (Pruudlion.) 11 Etat de la société chez les sauvages : Je me sens plus tente d'appeler frère le pauvre enfant perdu de ta sauvagerie que de lui crier ruca. (Toussenel.)
— Par anal. Humeur sauvage, habitudes sauvages : Etre d'une sauvagerie peu commune. Elles ont toute lu niaiserie, lu SaUvagerjk, la grossièreté que peut uonner une mauvaise éducation. (Mu,e de Genlis.) Il y aurait plus de sauvagerie que de sagesse à mépriser
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avec rebuffades sourcilleuses ce qui fait le charme du populaire. (Th. Gautier.) Sans le chien, l'homme était condamné à végéter éternellement dans le domaine de la sauvagerie. (Toussenel.)
— Férocité, cruauté : Plus les peuples se civilisent, plus les guerres perdent de fréquence et de sauvagerie. (Manry.) Ce sont les Turcs qui, par la sauvagerie de leur apostolat, ont déshonoré et tué l'islamisme.(Prtmùh.)'
SAUVAGES DE LA CROIX (François Bois- Sier de), médecin et botaniste français, né à Alais en 1706, mort en 1767. Il commença ses études médicales k Montpellier en 1722.
, Animé d'un zèle ardent pour toutes les branches des sciences médicales, il cultiva la bo-
■ tanique avec prédilection, et ce goût fut sans doute l'origine de la liaison qui s'établit entre Sauvages et Linné. Reçu docteur en médecine en 1726, il vint à Paris en 1730, et, pendant le séjour d'environ quinze mois qu'il fit dans cette ville, il conçut le plan de son premier et plus important ouvrage, qu'il publia l'année suivante. En 1734, il obtint la survivance de la chaire occupée par Marcot à la Faculté de médecine de Montpellier. Les doctrines mécaniques régnaient alors dans cette Faculté ; Sauvages entreprit de les renverser et d'y substituer le siahlianisme; son influence à cet égard fut d'autant plus puissante , qu'ayant cultivé les mathématiques avec beaucoup de succès, il était à l'abri du reproche d'incompétence qu'auraient pu lui adresser les introinathématiciens. En 1740, Sauvages fut chargé de suppléer Chieoyuau dans I enseignement de la botanique et, en 1751, il devint professeur en titre. Couronné dans tes concours de plusieurs Académies, il devint membre d'un grand nombre de ces corps savants. Sa réputation en France et à
I étranger était très-grande ; il y mit le sceau par la publication d'une édition refondue de ses Classes des maladies, ou plutôt d'un ouvrage nouveau n'ayant de commun que son objet avec le précédent, et qu'on n'a peutêtre pas surpassé depuis dans le même genre.
II s'agit de la Nosologie méthodique, dont on a souvent relevé les défauts, mais dont on a souvent aussi méconnu le mérite. C'est certainement un des répertoires les plus riches qui existent de toutes les maladies décrites jusqu'alors, et un répertoire dressé, non d'après des systèmes, mais d'après des observations personnelles tecueillies de toutes parts. Voici la liste des écrits de Sauvages : Traité des classes des maladies (Paris, 1731 , iu-12); Theoria febris ( Montpellier , 1738, in-12); Tiiearia iu/lamnialiouis (1743, in-12); Somui theoria (1740, in-4°); Alotuum vitatiunt causa (1741 , iii-40) ; De vasuruin capillariunt succione (1747, in-40) j jje hemipleyia per electricitatem curandam (1749, iu-4°); Dissertation sur la nature et ta cause de la rage (Toulouse, 1749, iu-4°); Conspecius phgsiologicus (Montpellier, 1751, in-4'1); Methodus foliorum (1751, iii-8u); Pulsus et circulationis theoria (1752, in-12); Dissertation sur tes médicaments qui affectent certaines parties du corps humain plutôt que d'autres et sur les causes de cet effet (Bordeaux, 1752, iu-4°); Embryologia (Montpellier, 1753, in-4n) ; Synopsis morùorum oculis insidenlium (1753, in-4<>); Theoria tumorum (1753, iii-4») ; Dissertation sur les mouvements des muscles ( Berlin , 1753 , in-4«); Comment l'air agit sur le corps humain (Bordeaux, 1754, in-4<>); Theoria doloris (L757, ia-8u) ; i*e aslrorum influxu in imminent (1757,111-4°) ; bissertvlio de visioue (1758, in -S°J ; Theoria convutsionis (1759, iu-40); Médians Suiensis couspectus ( 1759, in-40 ) ; Pathologia melhodka seu de cognoscendis morbis (Lyon, 1759, iu-S°) , ouvrage refait et publie sous le litre de Nosologia methodica (Amsterdam, 1763, 5 vol. in-80). fje traité, l'ouvrage capital de Sauvages, a été souvent réédité et traduit en plusieurs langues, notamment en français par Nicolas (1771) et par Uouvion (1772, 10 vol. in-12). Oilons encore de lui : De naiura rediviva (1760, in-4u ) , où il expose sou système sur l'action de laine comme principe des mouvements du cœur; De stiffocatione (1760, in 4«); De viribus vitahbus (1769, in-4"), etc. Ou doit, en outre, à Sauvages un grand nombre d'articles insérés dans les Mémoires de ta Société des sciences de Montpellier , de l'Académie des sciences de Paris, de Berlin, etc. Un certain nombre de ses écrits ont été réunis sous le titre de Chefs-d'œuvre de Sauvages (Lyon, 1771, 2 vol. iu-12).
SAUVAGES DE LA CROIX (Pierre-Augustin liotsslER DE), eiuUlt français, frère du précèdent, né à Alais en 1710, mort dans la même ville en 1795. Il étudia la théologie à Paris , professa peudaut quelque temps la philosophie au collège d Abus, puis s'auouna k I étude des sciences physiques et naturelles. Sauvages avait soixante ans passés lorsqu'il se décida à se faire ordonner prêtre. 11 lit k deux reprises le voyage d'Italie et uevint membre de l'Academid des sciences de Montpull. er el de l'Institut ne Bologne. Ou lui doit : Observations ne théologie pour servir à l'histoire du Languedoc el u ta théorie de la terre, insérées du.. s le recueil de l'Académie des sciences de Montpellier; Mémoire Sur ta mine de oiiriol Ue Suint Julien, publie dans le même recueil ; Mémoire sur les muscurdius (1748); Mémoire sur l'éducation des vers à soie (1782, iu-8»), augmenté et réédite sous le litre a' Art délever des vers à soie (1788, in-go). Outre cet
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ouvrage estimé, Sauvages de La Croix est l'auteur d'un Dictionnaire languedocien (Nîmes, 1753, in-8*), réédité en 1820 (2 vol. in-8o).
SAUVAGÉSIE s. f. (sô-va-jé-zl — de Sauvages, bot. et méd. franc.). Bot. Genre de plantes, type de la famille des sauvagésiées, comprenant, huit esp'-ces, dont le type croît dans l'Amérique centrale.
— Encycl. Les sauvagésies sont des plantes herbacées, ou sous-frutescentes, à feuilles alternes simples, sessiles ou brièvement pétiolées, munies de stipules géminées, ciliées, persistantes; les fleurs, solitaires à l'aisselle des feuilles, présentent un calice à cinq divisions ; une corolle à cinq pétales frangés, alternant avec cinq glandes nectariformes; le fruit est une capsule uniloculaire, renfermant des graines très-petites, disposées sur deux rangs. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent surtout les Antilles elles contrées chaudes de l'Amérique du Sud. La sauvagésie dressée a une aire un peu plus étendue ; on la trouve aussi dans les parties chaudes de l'Afrique occidentale, à Madagascar, à Java, etc. O'est une plante mucilagineuse, d'une saveur amère et aromatique. Les naturels de la Guyane mangent ses feuilles en guise d'épinards. On l'emploie aussi comme pectorale el aiuiophthalmique. La sauvayesie penchée et quelques autres possèdent des propriétés analogues.
SAUVAGÉSIE, ÉE adj. (sô-va-jé-zi-é — rad. suuvayésie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte â la sauvagésie.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre sauvagésie.
— Encycl. La famille des sauvagésiées renferme des plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles alternes, rapprochées, imbriquées, simples, entières et munies ae stipules persistantes. Les fleurs, solitaires ou géminées à l'aisselle des feuilles, présentent un calice k cinq divisions persistantes; une corolle à cinq pétales caducs, accompagnée à l'intérieur d'un nombre égal de nectaires de forme variée-, cinq étamines , à tiieis courts ; un ovaire libre, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate entier ou tiideuté. Le fruit est une capsule oblotigue, trivalve, k une seule loge contenant plusieurs graines à albumen charnu. Celte famille comprend les genres sauvagésie, lavradie et luxembui gie. ces végétaux aonl presque tous propres à l'Amérique tropicale.
SAUVAGESSE s. f. (sô-va-gè-se — rad.
sauvage). Femme sauvage : Les quatre chefs et ta SAUVAGESSE d'une des nations illinoises furent présentés par leurs conducteurs et !«ierprètes à la Compagnie des JuUes dans le temps que l'assemblée de l'administration allait se tenir. (Mllu de France.) Un petit Français, poudré et frisé comme autrefois, habit vert pomme, veste de drogttel, jabot et manchettes de mousseline, en me partant des Jndiens,me disait toujours ; Ces messieurs sauvages et ces dames sauvagussiss. (Uhateaub.) Beauté parfaite et grâce étrange, la sauvagessb exerce de grands ravages sur les cœurs du. vieux monde. (Th. Gautier).
— Pur anal. Femme dont le caractère ne s'est pas assoupli, dont l'esprit n'est pas cultivé : J'ai des bijoux; j'apprends je ne sais combien de belles choses, je ne suis plus du tout une SaUvagkssk. (Merim.) Vous voyez quel pouvoir ont les vers de Dante pour émouvoir ainsi une petite sauvagkssk. (Mérim.)
Il Ne s'emploie plus guère aujourd'hui que d'une manière ironique.
SAUVAGIN, INE adj. (sô-va-jain, i-ne — rad. sauvage). Se dit du goût, de l'odeur des oiseaux de mer, d'étang, de marais.
— s. m. Le goût sauvagiu, l'odeur sauvagine ; Sentir te sauvagiu.
— s. f. Dénomination collective des oiseaux de mer, d'étang, de marais qui ont le goût sauvagiu : Pays plein de sauvagine, où l'on trouve beaucoup de sauvagine. Il Odeur de ces oiseaux : Sentir la sauvagine.
— Comut. Peau de bêtes sauvages servant à faire des fourrures communes.
SAUVAGKEUX s. m. (sô-va-gneu ; #« mil.). Vilic. Cépage appelé aussi savagnin (v. Co moi). Ou du encore sauvagmn.
SAUVAIRE BARTHELEMY (Barthéleiny-An-
toine-Fraiiçois-X;iv.er Sauvaire, muquis DE Barthélémy, dit), humilie (.oblique français, ne a Marseille en 1800, mon eu 1875. U était arriere-neveu de l'auieur Uu Jeune Auacharsis. M. Sauvaire étudia le droit et, grâce à l'influence de son grand-oncle François Bartheltmy, ancien membre du iniecioire, devenu pair de France et marquis sous la Restauration, il fut nomme en 1S24 membre du conseil d'Etat. A la mort de ce ueruier, qui avait constitué en sa faveur un majorât et lui avait transmis ses litres (1830), M. £>uuvaii-f, devenu marquis de Burine. emy, entra à la Chambre des pairs où il siégea jusqu'en 1848 parmi les ultra-conservaleurs. Elu représentant du peuple daus les Boucliesdu- Khoue après la révolution de 1848, il lit partie du groupe des légitimistes, fui réélu a la Législative en 1849, appuya toutes les mesures réactionnaires qui eurent pour objet de renverser la République et de supprimer la liberté, et soutint la politique du président Louis-Bonaparte jusquau moment cù'une
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partie de la majorité monarchique rompit avec lui. Lors «lu coup d'Etat, du 2 décembre 1851, M. de Barthélémy fit pnrtiedes représentants qui se réunirent à lu mairie du Xe arrondissement pour organiser la résistance, puis il rentra dans la vie privée. Pendant l'Empir», i) fut un des chefs du parti légitimiste. En 18S9, il se porta a Marseille Candidat au Corps léî-'islaiif, mais il n'obtint que très-peu de voix. 11 ne fut pas plus heureux après la révolution riu i septembre 1870. 11 échoua successivement aux élections du 8 février 1871 et aux élections partielles qui eurent lieu en 1872 et 1873. Toutefois, depuis 1871 jusqu'à ya mort, il fit partie du conseil général des Bouches-du-Rliône.
SAUVAL (Henri), historien, né a Paris vers 1620, mort dans la même ville vers 1G70. Avo- . cat au parlement de Paris, il ne tarda pas à abandonner le barreau pour se livrer a des recherches sur sa ville natale. Avec une infatijrnble ardeur, il se mit à compulser les registres du parlement, les archives de la ville et des principales communautés, les manuscrits de Saint-Victor, les chartes royales, réunit une masse de documents et de faits curieux, et écrivit, dans un style ampoulé et diffus, une histoire de Paris à laquelle il n'avait pas mis la dernière main lorsqu'il mourut. Kh 1654, il avait obtenu un privilège pour la faire imprimer sous ce titre : Paris ancien et millième, contenant une description exacte et particulière de la vit le de Paris, et quelques éiudits avaient déjà connaissance de l'importance de ce travail. Mais Henri Sauvai avait apporté si peu d'ordre dans la masse de matériaux accumulés par lui qu'il retardait toujours Je moment de livrer à l'impression, ne pouvant faire lui-même la lumière dans ce chaos de notes incohérentes. A sa mort, ses manuscrits, fruit d'un travail persévérant de plus de vjdi: tannées, formaient neuf gros volumes in-folio, offrant plutôt les éléments d'une histoire de Paris que cette histoire elleinéine. L'ouvrage, même après avoir été remanié et mis dans un meilleur ordre, a toujours gardé ce caractère de confusion qui avait | résidé à sa rédaction première ; il n'en est pas inoins très-important pour 1 histoire de Paris, de ses monuments, de ses coutumes. Un des amis de Sauvai, nommé Rousseau, s'attacha à en combler les lacunes, a y faire des corrections et des additions; mais il mourut lui-même avant de l'avoir fait imprimer. Ce grand travail, dont nous avons parle ailleurs (v, 1jaris, t. XII, p. 282). parut enfin sous le titre de : Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris (Paris, 1724, 2 vol. in-fol.). Une édition plus Complète fut publiée en 1733. On trouve a lu tin du troisième et dernier volume in-folio les Amours des rois de France, travail qui a été lémiprimé à part en France et à l'étranger (2 vol. in-12 ou 3 vol. in-18, avec figures), sous le litre plus affriandaut de : Galanteries des rois de France. Les Amours des rois de France sont simplement une chronique, et ne ressemblent ni aux Dames gâtantes de Brantôme ni à Y Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutm.
SAUVATIER s. m. (sô-va-tié). Ane. coût.
Habitant d'un lieu placé sous la protection du seigneur et qui payait un droit pour cela.
SAUVE, bourg de France (Gard), ch.-l. de cant., arrotid. et à 37 kiloni. E. du Vigan, sur le borudelaVidourle; pop. aggl., 2,113 hub. — pop. tôt., 2,314 hab. Culture importante d'arbres fruitiers et de micocouliers, dont le bois sert a la fabrication d'une grande quantité de fourches, manches de fouet, etc., objets d'un commerce assez important. Eaux sulfureuses de Fonsange, utilisées pour les maladiesde la peau, les paralysies et les oplithalmies. Fabrication de bonneterie de laine, tricots, poterie. Aux environs, on voit les ruines d'un ancien château.
SAUVE (la), village et commune de France (Gironde), cant. de Créou, erroud. et à 21 kiluin. de Bordeaux, près de la source du Ge.slas; 869 hab. Collège ecclésiastique. L'église paro.ssinle, classée au nombre des monuments historiques, est couverte par de belles voûtes ogivales, et renferme un beau vitrail du xvtc siècle et un bénitier curieusement sculpté. Le collège est installé dans les restes d'une ancienne ubbaye du xiii° Siècle, où l'on voit de beaux fragments de l'architecture du moyen âge.
SAUVE (Charlotte de Bbaune - Samblançay, baronne de), née en 1550, morte le 30 septembre 161". Fille uniijue de Jacques tlo Beauue, baron de Saniblançay, et de Gubrielle de Sades, elle étuit arrière-petitetilledu fameux surintenuant de Saniblançay, si tragiquement immolé uux rancunes de la mère de François 1er. La confiscation qui avait ruiné sa fmuiile uyurit été révoquée neux ans après la mort ou surintendant, elle était fort riche. Elle épousa en 1567 le baron ,1e Sauve, secrétaire d'Etat, et fut appelée alors à ia cour comme dame d'honneur pour faire partie de ce bataillon volant que Catherine de Medicis a\ait élevé à la hauteur d'une institution politique. Apres la Saiut- Birthéleniy (1572), Henri de Navarre, qui devait être Henri IV, était retenu k la cour comme prisonnier avec le duc d'Alençon, son beau-frère. « Ne sachant à quoi se divertir, dit Sully, car ils ne EOrtoient point Buuveut, ils u'avoient d'autre exercice qu'à
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faire voler des cailles dans leur chambre... Ces deux princes, ajoute le futur grand ministre de Henri IV. s'amusoient encore à un autre jeu, qui estnit de caresser les daines, en sorte qu ils devinrent tous les deux amoureux d'une même beauté, qui es'oit MmB de Sauve. > Mèzeray nous montre celle - ci » n 'employa' t pas moins ses attraits pour les ititen rions de la reine que pour sa propre satisfaction ; se jouant de tous Ses mourants avec un empire si absolu, qu'elle n'en perdoit pas un , quoiqu'elle en acquit toujours de nouveaux. »
San rôle politique, mission que lui avait probablement donnée Catherine de Médicis, était de jeter la brouille entre le roi de Navarre, sa femme, Marguerite de Valois, et le frère de celle-ci, le duc d'Alençon. Elle n'eut pour cela qu'à se faire aimer des deux jeunes primes. « Les plus propres expédients pour les divorcer, dit Marguerite, estoient, d'un côté, de me brouiller et mettre en mauvais ménage avec le roi mon mari, et d'autre de faire que M1110 de Sauve, qu'ils servoient tous deux, les ménagei oit tous deux de façon qu'ils entrassent en jalousie extrême l'un de l'autre. Cet abominable dessein, source et origine de tant d'ennuis, de traverses et de maux que mon frère et moi avons depuis soufferts, fut poursuivi avec autant d'aniraosité, de ruses et d'artifices qu'il avoit été pernicieusement inventé, » C'est en vain que Marguerite emj loya toutes les ressources pour arracher sou mari ou tout au moins son frère aux filets de ia bulle de Sauve. Ce
Qu'elle faisait en huit jours, sa rivale le déaisuit facilement en une nuit. Ménageant savamment ses bontés, elle feignait de pencher tantôt pour l'un, tantôt pour l'antre, et les choses en vinrent à un tel point qu'il ne demeura plus aux deux rivaux que la ressource de vu!-,' leur différend 1 épée k la main, ce qui faillit arriver en effet à la suite d'un mauvais tour joué par le Béarnais au duo d'Alençon. « Un soir que le duc d'Alençon estoit auprès de Mme de Sauve, le roi de Navarre lui dressa un tour de | âge, de i-orte qu'en se retirant il heurta quelque chose si rudement qu'il eut l'œil tout meurtri. Le lendemain, du plus loin que le roi de Navarre le rencontra, il s'écria : « Eh! qu'est » cela, mon Dieul k 1 œil? a l'œil? quel aeoi- » dent] » Le duc lui répondit brusquement : « Ce n'est rien; peu de ebose vous étonne. • L'autre continue de le plaindre; le duc, piqué d'ailleurs, s'avance et, feignant de ne penser qu'à rire, lui dit à l'oreille : < Qui- » cunqiie dira que je l'ai pris où vous pensez, » je le ferai mentir. » Souvray et du Guast les empêchèrent de se battre. » (P. Matthieu.)
La fuite des deux princes en 1576 mit fin à cette rivalité amoureuse. Henri IV d'ailleurs n'était guère constant; d'Alençon le fut davantage ; en 1578, Mme de Sauve était encore sa maîtresse. Elle l'utait aussi de bien d'autres : du Guast, de Souvray et Charles IX lui-même, d'après les Mémoires de Bassompierre, la possédèrent tour k tour. Elle avait perdu son premier malien 1579 et s'était remariée en 15S4 avec François de La Tiémouille, marquis Ue Noirmoutier. Avec ce second mari Connue avec l'autre, elle continua sa vie galante. L'amant qui régna aloi s, ce fut le grand duc de Guise, le Balafré; il sortait de ses bra., le matin du 23 décembre, 1588 quand ii fut assassiné. Elle était accourue au château de Blois, dit H. Mariin, pour lui dire de se tenir sur ses gardes; ses avertissements , comme tous les autres que le duc reçut, furent inutiles,
SAUVÉ, ÉE (sô-véj part, passé du V. Sauver. Mis hors de dunger : L'ambitieux verrait avec moins de regret les affaires publiques périr entre ses mains que sauvées par les lumières d'un autre. (Mass.) Comme un homme Sauvé d'un naufrage sur un rocher, je contemple de ma solitude les oi âges qui frémissent dans le reste du monde. (B. de bt-P.) La religion ne peut plus être sauvée que par la liberté absolue. (E, de Girardin.) il y a bien plus de femmes sauvées d'une faute par leur frivolité que par leur vertu. (F. Soulié.; Quand je nous ai vu nager vers nuui, il m'a semblé que nous étions sauvés. (A. Karr.) C'est le signal, mon frère, et nous sommes sauves.