SAVATES
— Soulier neuf ou vieux dont le quartier est rabattu : Mettre ses souliers en savates.
— Autrefois, Celui qui allait à pied porter des lettres dans les lieux éloignés des grandes routes et qu'on appelle aujourd'hui
P1IÏT0N.
— Pop. Homme gauche et maladroit :
C'est une savate. || Ouvrage mal fait : C'est de la savate. Cet ouvrage est de la vraie
SAVATE
— Combat à coups de pied suivant certaines règles : Tirer la savate. Nous voilà tombés des hauteurs du grand monde en pleine savate et en plein pugilat. (J. Janin.) La savate, ainsi comprise, est presque de la danse comme l'entend Perrot. (Th. Gaut.)
— Para. Traîner la savate, Etre dans l'indigence.
— Discipline milit. Genre de correction en usage parmi les soldats, quand ils ve.ulent punir des vols de peu d'importance, sans les dénoncer à leurs chefs : Celui qui doit recevoir la savate est couché à plat ventre sur un banc, la chemise relevée, puis chaque soldat de la compagnie lui administre trois coups d'un soulier neuf et bien ferré.
— Mar. Morceau de bois dur et plat, servant k faire reposer le bec d'une ancre mise à terre, dans le but de l'empêcher de s'enfoncer dans le sol.
— Jeux. Sorte d'amusement populaire dans lequel un certain nombre de personnes, assises en rond par terre et serrées les unes contre les autres, font circuler par-dessous leurs genoux soulevés une savate qu'un des joueurs cherche k saisir en tournant autour du cercle.
SAVATELLE s. f. (sa-va-tè-le). Bot. Espèce de champignon.
SAVATERIE s. f. (sa-va-te-rï — rad. savate). Lieu où l'on vend de vieux souliers.
SAVAU s. m. (sa-\ù). Cri de chasse dont on fait usage quand on entre dans une enceinte pour la fouler, et que les chiens commencent à chasser.
SAVE, petite rivière de France. Elle prend sa source dans le département des Hautes- Pyrénées, dans les landes de Pinas, coule au N.-E., entre dans le département de la Haute- Garonne, dont elle baigne la partie S.-O., entre ensuite dans celui du Gers, où elle airose Lombez, rentre dans le département de la Haute-Garonne et se jette dans la Garonne, au-dessous de Grenade, après un cours de 148 kilom.
SAVE, en allemand Sau, en latin Savus, rivière de l'empire d'Autriche. Elle prend sa source dansles Alpes Carniques, en Carniole, à 20 kilom. S.-O. de Villach, dans le cercle de Laybach, coule d'abord k l'E., puis au S., passe près de Laybach, sépare la Styrie du cercle de Neustaut, entre en Croatie, continue son cours vers TE. en décrivant une foule de circuits, sépare pendant tout le reste de son Cours la Turquie des confins militaires et se jette dans le Danube entre Semlin et Belgrade, après un cours de 900 kilom., navigable sur 560. Les principaux affluents de la Save sont la Laybach, la Drino, la Bosna, la Ivulpa et L'Umia.
SAVEGIUM , nom latin de. Belleville (Seine).
SAVELIEF (Paul), archéologue russe, né en 1814, mort en 1859. 11 étudia les langues orientales à l'université de Pétersbourg, et, après en être sorti en 1834, termina ves études linguistiques à l'institut des langues orientales. Il devint en J849 rédacteur des Mémoires de la Société archéologique ( en langue russe). Lorsque cette société se fut, en 1851, subdivisée en trois sections, Savelief fut nommé secrétaire de la section de l'archéologie orientale. Il fit en 1853- 1S34 un voyage scientifique en Russie. Il fit fouiller un grand nombre de tombeaux dans les gouvernements de Vladimir et de Iaroslaf et découvrit un grand nombre d'objets qui font aujourd'hui partie du musée de l'Ermitage. Les travaux de Savelief ont été insérés dans les Mémoires ci-dessus cités.
SAVELL1, bourg du royaume d'Italie, province de la Calabie Ultérieure lia , district de Crotone , chef-lieu de mandement; 3,966 hab.
SAVENAY, ville de France (Loire -Inférieure), ch.-l. de canton, arrond. et a 23 kilom. de Saint-Nazaive, à 36 kilom. N.-O. de Nantes; pop. aggl-, 1,523 hab. — pop. tôt., 2,720 hab. Tribunal de 1" instance, justice de paix. Ferme école. Commerce de grains et de bestiaux. Savenay est une petite ville assez mal bâtie sur le flanc d'un coteau
SAVE
qui domine la rive droite de la Loire, h 6 kilom. du port de Lavau où les batenux k vapeur font escale. La gare de Savenay forme la tête des chemins de fer de Saint-Nnzairo et de Brest. A l'extrémité orientale de la ville se trouve une belle promenade, d'où Je regard s'étend sur les deux rives du fleuve jusqu'à son embouchure. Savenay, quoique élevée à l'état de chef-lieu d'arrondissement, n'en est pas moins demeurés une bourgade sans importance, et Saint - Nazaire rinira par absorber prochainement le mouvement commercial qui y règne encore. Les deux uniques monuments historiques qu'elle possédait ont été remplacés par des constructions modernes : 1 église actuelle, dédiée à saint Martin de Tours, s'élève, depuis 1840, sur l'emplacement de l'église primitive fondée au xill° siècle; et depuis 1821 les bâtiments de la sous-préfecture, de la prison, du palais de justice et de la gendarmerie occupent un ancien couvent de cordeliers fondé par le duc Jean V en 1419, et dans l'église duquel se voyaient le tombeau et la statue de Guy de Rieux , vicomte de Donges et baron de La Roche-en- Savenay.
L'histoire ne nous fournit aucun détail digne d'intérêt sur les origines de Savenay, et elle est muette sur le rôle que joua cette ville pendant les divers événements politiques qui ont agité la contrée. Le seul épisode qui rappelle ce nom est le combat de Savenay, livré le 22 décembre 1793, et où les troupes vendéennes, commandées par Marigny, furent presque anéanties par Kléber et Mirceau (v. Savenay [bataille de]). Longtemps après les scènes de carnage qui signalèrent cette terrible lutte, dit M. Fol de Courcy,ceux qui parcouraient la campagne de Savenay pouvaient être frappés de la multitude de tertres qui en ridaient la surface. Chacun de ces petits monticules indiquait la place où reposait un soldat vendéen. En 1816 et 1817, ces ossements, exhumés avec soin, furent transportés partie dans le cimetière de Prinquiau, partie clans le cimetière de Savenay, où, en 1825, on éleva à leur mémoire un petit monument funèbre. Ce monument ne fut pas . de longue durée : à la suite de la révolution de 1830, les pierres en furent brisées et dispersées. Une plaque de marbre encastrée duns un mur de jardin est aujourd'hui l'unique débris qui en subsiste. Sur cette plaque se lit l'inscription suivante :