SAVETIER
— Ichthyol. Nom vulgaire de V'épinochev
— EnGycl. Au moyen âge, les cordonniers: se partageaient en plusieurs classes aïjtine-' tes : il y avait les Cordonniers, les basanier'S, les sâvatiers ou savetofïiers,- et les sueurs de vieil, nos savetiers proprement dits. Cette dénomination équivalait à cordonnier en vieux ; les maîtres cordonniers s'intitu'laïe'nî en effet sueurs ou cordonniers sueurs, parce qu'il leur était permis par les statuts de leuV profession, ainsi qu'aux corroyeurs, de mettre en suif les cuirs qu'ils employaient pour leurs ouvrages. ; (
Qui ne connaît le savetier1, ce lïbre artisan qui, pareil à l'hirondelle, suspend soi» nid à toutes les murailles? qui ne l'a vu dans son échoppe toujours décorée d'une légende aimable telle que : Au soulier million ou A la botté fleurie? Toujours en manches de chemise et les bras nus, il est chauve ou il grisonne. Sou nez quitrognonne sert de monture à des besicles de baleine, et Ce palefroi cardinalisé, sans cesse aux prises avec bu picotin de uiba-c, laisse fluer un bistre épais qui tombe goutta à goutte. Le savetier porte encore imperturbablement,le tablier de peau de l'artisan gothique, s'attachant sur l'os sacrum il l'aide d'une agrafe de cuivre en forme de cœur. En butte aux brocarda des mauvais plaisants, il est le plastron des petits drôles du voisinage. Il n est sorte de vilains toursqu'on ne lui joue. A-t-il des vitres en pfij pier, un polisson passera la tête au travers" de l'une pour demander l'heure ; un autre tournera doucement la clef laissée à la serrure et l'enfermera; un autre enfin le priera poliment de vouloir bien lui donner la monnaie de six liards en pièces de deux soua,
Autrefois, on voyait sou vent le savetier dans une échoppe bâtie sur quatre roulettes. Mais ce genre d'habitation avait ses inconvénients : il prêtait trop U l'espièglerie. Si, par exemple,- 1© père Lempeigne avait son échoppe place dis; Capucins, à la faveur des ombres de la nuit des farceurs s'y attelaient et la traînaient jusqu'à la rue Mouffetard, et le lendemain, quand notre vieux brave revenait à sa place accoutumée, plus d'établissement 1 et le père Lempeigne demeurait confondu.
Le savetier finit le plus souvent par la loge; et alors, vient-on lui demander l'étage de quelque locataire, il répond par toutes sortes de phrases majestueuses ; le savetier est généralement ami du beau langage. Cô n'est point, d'ailleurs, une profession à dédaigr/ei' que celle de savetier ■ Elle donne l'indépendance, dit M. Charles Vincent, et fournit largement aux. besoins de la vie de celui qui ia pratique. Don an, mal an, un savetier habile gagne plus que certains bureaucrates qui trônent dans de grandes administrations. Pas de comptes à rendre, peu ou pus de loyer à payer, pas de reproches a subir, peu de maîtres dont il faille supporter les caprices, le travail de tous les iustants amenant son payement immédiat; joignez à cela la plus» grande liberté que puisse désirer un travailleur, et vous comprendrez la bonne humeur traditionnelle de ce bijoutier en cuir. •
Le même écrivain rappelle que l'amour de l'indépendance date de loin dans cette profession ; l'ami de Socrate, Simon d'Athènes, l'auteur des trente-trois dialogues dans lesquels la doctrine du philosophe est exposée avec une grande lucidité, reçut de Périclès l'offre de quitter son échoppe et de venir vivre auprès de lui. « Je ne vendrais pas ma liberté pour tous les trésors de la Grèce, » répondit Simon. Le savetier, philosophe, frondeur, fier et généreux, a toujours été l'ami des écrivains et des poètes. François Villon a composé une de ses meilleures ballades en l'honneur des povres housseurs! On appelait liousseaux des bottes que l'on portait au xv« siècle. Le grand Corneille ne dédaignait pas de faire la conversation avec son voisin le savetier de la rue d'Argenteuil. L'aventure des souliers de Corneille, souvent racontée, a eu son pendant en Espagne, où Calderon, pauvre, trouva secours et amitié chez un savetier de Madrid. Enfin le savetier a inspiré à La Fontaine une de ses fables immortelles. Auxvirs siècle, certaines échoppes desuvetier étaient devenues des sortes (le rendez-vous littéraires; on y causait bien un peu de politique, mais les discussions sur la comédie en vogue, sur les vers enguirlandés et la prose fleurie des beaux esprits faisaient surtout les frais de la conversation. Le savetier joignait alors à son industrie le métier d'écrivain public, et quand il ne raccommodait pas les souliers, il raccommodait les amours. De là le surnom de bureau donné à son échoppe qui, sous Louis XV et Louis XVI, fut une vé rituble boîte à petits cancans. Les valets et les soubrettes y venaient raconter les scandales du jour.
Noire xviiib siècle a eu son savetier célèbre, Henry Sellier, dont le bureau s'étalait rue Quoquereau, aujourd'hui rue Coq-Héron. « Ce bureau, disent MM. Paul Lacroix et Alph. Duchesne, était tout simplement une misérable échoppe faite de planches pourries et dont le pavillon de toile cirée, soutenu par deux manches à balai, était percé comme un crible. > Sellier chansonnait avec esprit,
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et le succès de ses poésies fut assez grand pour que Louis XIV reçût l'artisan poète et son recueil : les Lundis du réparateur des brodequins d'Apollon, l'un portant l'autre, dans son château de Fontainebleau. Fontanelle donna, d'autre part, son approbation aux ouvrages du savetier.
Tour à tour philosophe, frondeur, chansonnier, mais surtout patriote, le savetier dans nos discordes politiques et religieuses apparaît toujours. Lors des massacres de la Saint-Barthélémy, les savetiers, et en particulier ceux qui avoisinaient Suint-Germainl'Auxerrois, sauvèrent un assez grand nombre de huguenots en les cachant dans leurs échoppes au milieu des débris de cuirs et de vieilles chaussures. Nous voyons ensuite le savetier braver les édits de Richelieu et faire parvenir aux prisonniers de la Bastille des correspondances précieuses qu'il intercale habilement dans l'entre-deux des semelles. En 1789, il arbore fièrement la cocarde tricolore et les patriotes font de son échoppe un club. « Lorsque l'Assemblée législative eut déclaré la patrie en danger, dit M. Charles Vincent, tous les jeunes savetiers s'enrôlèrent; les vieux offrirent leurs enfants à la France. Dans ces bataillons de volontaires que les royalistes appelaient dédaigneusement une armée de vagabonds, de tailleurs et de savetiers, ces derniers furent nombreux, il est vrai, mais ils combattirent héroïquement : Valmy et Jeimnapes sont là pour l'attester. Et c'était bien la nation que ces sa- .vetiers allaient défendre, eux qui n'avaient que les planches vermoulues d'une échoppe pour tout patrimoine. Dans la fumée du canon et au bruit des fanfares, l'échoppe, sous l'Empire, se réveilla un jour de victoire en chantant des airs belliqueux. Le savetier en voulait bien un peu à Bonaparte d'être devenu Napoléon, mais le patriote fut bientôt un chauvin. On trouvait alors, collés sur les parois de son logis, les bulletins de la grande armée à côté des portraits de Joséphine, de Napoléon, de La Fayette et de Carnot. Le savetier cependant fredonna un des premiers le Roi d'Yvelol, de Béranger; sous la Restauration, l'échoppe fut le rendez-vous politique et secret des bonapartistes et des républicains. On y chantait haut, on y parlait bas et on y écrivait beaucoup. Que de chansons libérales sortirentmanuscrites des mains du savetier pour courir mystérieusement d'atelier en atelier 1 Les portraits de Lamarque, de Foy, de Béranger se montraient bravement auprès de la légende imagée de saint Roeh qui, dit -on, fut un savetier, »
Après 1830, \a savetier, qui un instant avait cru à la république, fronda, comme tant d'autres, la royauté bourgeoise. Son logis se tapissa de caricatures politiques. Le Juif errant, cet autre savetier fameux, qui de tout temps avait occupé le premier rang dans sa galerie de célébrités, fit place à la poire si connue qui figurait un royal visage. Aux carreaux des échoppes apparurent alors ces diverses inscriptions : Au tirant couronné, Au tirant moderne, Au nouveau tirant, et le célèbre : Guerre aux tirants! qui a peutêtre inspiré le chant de Delavigne. La police eut cependant raison à la longue de l'ingéniosité du savetier, et c'est dans les termes suivants qu'un pauvre diable établi au Temple constatait sa défaite : « Plus de tirants: je crains les revers; la police ne me ferait pas de quartier! » Pour se consoler, le savetier se mit à fréquenter les goguettes. Il fit et chanta des couplets politiques. Malheureusement, au lieu de rester savetier, il passa cordonnier, cordonnier petite.
Le terrain a Paris étant devenu rare et les embellissements de la capitale refoulant peu à peu devant eux l'échoppe en plein vent, beaucoup de savetiers ont fait comme ce bon M.' Pipelet, illustré par Eugène Sue ; ils se sont faits concierges. D'autres ont cherché dans les rues avoisinant les grands quartiers une sorte d'enfoncement dans la boutique d'un marchand de vin; mais là, le marchand de marrons leur dispute chèrement la place. Aussi, c'est généralement le charbonnier qui organise pour notre brave artisan à l'un des flancs de sa boutique une sorte d'échoppe mesurant quatre ou cinq pieds carrés de terrain, juste ce qu'il faut pour loger le tabouret sur lequel travaille le locataire et le baquet où nage le cuir. Là , plus de place pour la pie bavarde ou le merle jaseur, ni pour le pot de basilic, le perroquet et l'oranger du savetier, comme disait dans son langage expressif le gamin de Paris. Sans fleurs et sans oiseaux, le tributaire du porteur d'eau voit sa gaieté s'envoler peu à peu. Devenu taciturne, il ne songe plus qu'à amasser de quoi prendre une petite boutique. Las d'être savetier, il rêve de devenir cordonnier et même bottier.
Snvciior et le Roi {\x)[El Zapateroy el Jley], drame en vers, en deux parties, du poëte espagnol contemporain don José Zorrilla. C'esf avec le Don Juan Tenario l'œuvre la plu-i considérable de son théâtre. 11 a élè représenté à Madrid en 1840. Le roi don Pedre en est le heroa et il a dans cette pièce, comme dans tout le théâtre espagnol, c •■ caractère aventureux, bon enfant avec le peuple, terrible avec les grands, qui est plus légendaire qu'historique. On le voit, déguisé en simple soldat, courir les rues de Madrid, coqueter avec les tilles, tomber au milieu des conspi-
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I rations, et se fier plus à la vigueur de son coup d'êpéo et à son courage personnel qu'à I sa dignité royale. Ce caractère ainsi posé est I attrayant et on le suit dans ses entreprises, à travers l'écheveau d'intrigues qu'il clébrouille, avec une curiosité toujours satisfaite. La première partie est consacrée à une conspiration fomentée en faveur d'Henri de Transtainare par don, Juan de Colmenarès. Les conjurés se réunissent dans une église de Tolède, la nuit, enveloppés de suaires, à l'heure ou les cloches sonnent pour les trépassés, et le voisinage est si bien persuadé que l'église est hantée par des revenants que les curieux ne sont pas tentés de s'approcher. Seul, un savetier dont l'échoppe est voisine est dans la confidence du secret; mis en demeure par Colmenarès de s'associer à la conspiration, il refuse : on l'assassine. Mais depuis quelque temps la fille du savetier était courtisée par un soldat, don Pèdre en personne, qui survient quelques minutes après le crime. Mis au fait de l'histoire des revenants par le fils de la victime, il guette, surprend les conjurés, et une fois qu'il les tient dans sa main s'amuse à jouer avec eux comme le chat avec la souris. Il a promis au (ils de lui livrer le meurtrier de son père. Colmenarès, poursuivi en justice, a été condamné à ne pas aller à l'église pendant un an, peine illusoire. Quand don Pèdre tient bien tous les fils de la conjuration, que pas un coupable ne peut lui échapper, il se livre à eux le jour fixé. On aime assez au théâtre ces témérités, quoique le résultat en soit prévu, et elles sont assez vraiseînblables chez ce roi soldat qui, un jour de colère, tua un prêtre d'un seul coup de pommeau d'épée. Le jour venu et quand les conjurés croient le surprendre, au premier cri de ralliement qu'ils poussent, ils sont cernés et massacrés ; Colmenarès est poignardo par le fils du savetier. Le crime a été commis devant le roi; c'est le roi qui sera le justicier. Pour la mort du pauvre artisan, on avait défendu l'église pendant un an au noble assassin ; pour le meurtre du comte, le roi détend à Perez de faire des souliers pendant le reste de ses jours et le nomme capitaine dans sa garde.
Telle est la première partie. La seconde, plus émouvante encore, est aussi l'histoire d'une conspiration et d une révolte, la dernière, celle qui aboutit à la catastrophe de Montiel, don Pèdre poignardé par son frère. Jîe poëte a surenchéri encore sur l'horreur de l histoire. 11 u supposé qu'une tille d'Henri de Transtamare était tombée au pouvoir du capitaine Perez, le fils du savetier. iJerez aime éperdûinent cette jeune fille; mais don Pèdre est mort, et, en face du cadavrequ'ila juré de venger , Perez fait assassiner celle qu'il aime sous les yeux de Henri, auquel il vient de se livrer lui-même. Ces dernières scènes font mal ; elles ajoutent sans doute au dramatique de l'action, mais avec quelle invraisemblance ! Il y a des limites que l'art ne doit pas franchir. Quoi qu'il en soit, ces deux belles œuvres, fortement conçues, savamment écrites, ont révélé toute la puissance du talent de Zorilla.
Savelter et le Financier (LE) OU Copleutenjoni paiiie richesse, vaudeville en un acte, de Brasier et Merle ; théâtre des Variétés, 4 mars 1815. Pour qui connaît la fable de La Fontaine, l'analyse du Savetier devient superflue; elle est prévue et comprise d'avance. Sans-Quartier, joyeux drille n'ayant ni sou ni maille, est sur le point d'épouser Louison, la fille du tonnelier d'en face, Ducerceau, aussi pauvre, mais aussi gai compère que lui. Survient Mondor, que les chansons matinales do Sans-Quartier empêchent de dormir. Il essaye d'abord de l'intimidation, puis menace Sans-Quartier de lut intenter un procès et de faire démolir sa baraque. Toutefois, le financier se ravise et force Sans-Quartier d'accepter une bourse de cinquante louis. Voilà aussitôt le savetier qui change de ton et d'humeur :
Tout le jour, il avait l'œil au guet, et la nuit,
Si quelque chat faisait du bruit.
Le chat prenait l'argent!
Il en vient même à faire le soucieux et l'important devant sa fiancée et son beaupère futur; il demande à réfléchir, malgré les accordailles déjà faites. Ici, la simpli itô et la force de la traîne sont un peu altérées. Ducerceau, muni d'un sac lourd et bien farci qu'il présente comme un héritage inattendu, rabat l'orgueil de Sans-Quartier et finalement lui refuse sa fille, sous le prétexte assez mal trouvé qu'il voulait faire le bonheur d'un pauvre diable, mais qu'il va chercher un autre gendre, puisque le savetier n'a plus besoin de rien. Cette belle raison détermine 1'a.inoureux Sans-Quartier à restituer les cinquante louis pour s'offrir de nouveau pauvre comme devant, et c'est après cette preuve d'amuur et de désintéressement que Ducerceau ouvre son sac, qui ne contient que de vieux clous. Sans-Quartier prend gaiement son parti do cette plaisanterie assez bonne, et l'on va procéder à la noce, dont Mondor veut payer les frais.
Comme on le voit, ce vaudeville ne brille point par la nouveauté de l'intrigue, mais on y remarque de l'esprit et d'heureuses reparties. C'est ainsi que, dégoûté des soucis et des tracas que lui cause sa richesse éphémère, Sans-Quartier, quand on lui ouvre le
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sac de clous, s'écrie en sautant au cou de Ducerceau :
■ Comment, tu n'as pas le sou? Quel bonheur t 11 n'a pas le sou l «
Du reste, toute la vitalité de la pièce est dans le personnage du savetier. Sa gaieté, son aplomb, sa mélancolie et sa mauvaise humour rayonnent d'un comique qui s'échauffa de scène en scène. Il a des mots irrésistibles comme celui-ci :
Monbor. Ecoute, Sans-Quartier, laisse-là tes savates.
Sans Quartier. Ça n'est pas des savates, c'est des vieux souliers. Mais vous ne connaissez pas ça, ce n'est pas votre partie.
On trouve dans ce vaudeville un assez bon nombre de couplets spirituels que Scribe n'eût point désavoués. C'est ainsi que La Brie, valet de Mondor, ouvre la scène en chantant :
Il aime un lit fait avec soin, Il aime un râpas délectable, Sans doute il n'a d'autre besoin Qu'un bon lit, qu'une bonne table.
11 ne cesse de réordonner De bien veiller a sa cuisine, Car lorsqu'il dort jusqu'au dîner Il ne dit jamais : Qui dort dtne.
Sans-Quartier riposte à Ducerceau, qui vient de chanter un couplet :
Oh ! je savons comm' tu travailles, Je savons comm' t'es laborieux. Mon cher, tu fais bien les futailles, Mais tu les vides encor mieux.
Et à ce même Ducerceau qui lui demande s'il ne lui reste pas quelque chose de son souper, il répond :
Mon cher, mes repas sont modestes, Et tu me vois pris en défaut :
Quand on a tout juste c' qu'il faut, On ne peut guer' manger les restes.
Ces vers, chantés à Mondor, ne renferment-ils par une mordante ironie ?
Sur votre table quand on porte D'excellents mets, des vins exquis, Assis su' 1' seuil de votre porte.
Je bois de l'eau, je mange du pain bis,
Et lorsque mon insouciance Calme les maux que j'endure ici-bas, J' trouve étonnant qu' ma gaité vous offense, Quand ma miser' ne vous affecte pas.
Enfin ce couplet n'est-il pas de la plus franche gaieté ?
Quand par une affreus' catastrophe, J' nai pas un sou dans "mon gousset, Faut voir comm' je suis philosophe, J' pass' tout droit d'vûnt chaqu' cabaret.
Mais lorsque j'ai la bourse bien garnie.
Que je peux boir' du soir jusqu'au matin,
Je dis bonsoir a la philosophie
Et j' dis bonjour à tous les marchands d' vin.
Snvciior {LE FINANCIER ET LE), opérette d'Offenbach. V. FINANCIER.
SAVEUR s. m. (sa-veur— lat. sapor, même sens). Impression qua produisent certains corps sur l'organe du goût; propriété spéciale en vertu de laquelle ils pioduisent cette impression : lionne, agréable saveur. Saveur douce, amère, piquante. Saveur des viandes. Saveur du pain, du vin. La bonne eau est sans saveur. Mets sans saveur. Doits la plupart des fruits, les cinq degrés de maturité présentent successivement cinq saveurs : ,l'acide, le doux, le sucré , le vineux et l'amer. (B. de Sl-P.) Dans l'homme physique, le goût est l'appareil au moyen duquel il apprécie /«saveurs. (Brillat-Saviiriu.) Le nombre des Saveurs est infini, car tout corps soluble a une saveur spéciale qui ne ressemble entièrement d aucune autre. (Brillât-Savarin.) La saveur est quelque chose de mixte entre la propriété essentielle du corps sapide et l'organisation de celui qui l'éprouve, {L'abbé Bautain.)
De ces mets inconnus la saveur nourrissante Semble avoir runimô sa verve languissante.
Colnet.
— Fig. Ce qui flatte le goût, en morale, en littérature, etc. : Il n'y a là ni goût ni saveur. (Acad.) En littérature, ce sont les premières saveurs qui forment ou déforment la goût. (,L Joubert.) Les courts et brusques dessins de Topffer sont relevés d'une saveur alpestre et U'un caractère fruste et sauvage. (Ste-Beuve.) Son âme forte et riche, un peu rude de surface, n'acquit toute sa Saveur et sa maturité qu'à un âge très-avancé, (Ste- Beuve.) L'Arabie offre le spectacle d'un peuple qui u'a point été remué de dessus su lie et a conservé toute sa saveur. (Renan.) Il serait à désirer que les traductions des chefsd'œuvre étrangers fussent littérales et rendues dans toute leur saveur primitive. (Th. Gaut.)
— Prov. Cela n'a ni goût ni saveur. C'est une viande, une sauce qui manque d'assaisonnement, qu'on mange sans plaisir, n Se dit de même au figuré d'une production littéraire dépourvue de charme et d'agrément, qui ne cause que de l'ennui.
— Syn. Snvcnr, sapidité. V. SAPIDITÉ.
— Encycl. Physiol. Le nombre des saveurs est immense; elles varient à l'infini; uussi toutes les classifications qu'on en a données sont-elles insuffisantes. Les deux plus connues sont celles de Halîer et de Linné. Le premier admettait douze saveurs : le fade, le
. doux, l'amer, l'acide, l'acerbe, l'acre, le salé,
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l'urineux, le spiritueux, l'aromatique, le nauséeux et le putride ; le second, dix seulement : le doux, l'acre, le gras, le styptique, l'amer, l'acide, le muqueux, le salé, l'aqueux et le sec. Ces distinctions et toutes les distinctions de même sorte sont aussi arbitraires qu'inutiles La seule admissible est celle qui divise tout simplement les saveurs en agréables et désagréables ; encore même ne peut-on rien fixer de général à cet égard, puisque le rapport d'agrément ou de désagrément que présente une saveur donnée ne doit jamais s'entendre que de tel ou tel individu et même de cet individu dans telle ou telle circonstance, parce que toute saveur dépend de la manière dont les organt'sde celui qui la ressent réagissent sur l'impression produite par les corps qui la font naître.
SAVI (Gaetnno), naturaliste italien, né à Florence en 1769, mort à Pise en 1844. Ses parents, simples artisans, ne purent faire de grands sacrifices pour son éducation, mais à force de ténacité et d'application il parvint à triompher de tous les obstacles. Elevé d'abord dans une institution religieuse et protégé, k cause de son intelligence précoce, par des ecclésiastiques qui voulaient le faire entrer dans les ordres, il put achever ses études littéraires, puis il suivit les cours de l'université de Pise, avec l'intention de s'adonner à la médecine. Il donnait en même temps des leçons de mathématiques pour vivre, et ses efforts persévérants lui attiièrent la bienveillance du professeur Oltaviano Targioni, qui le tourna vers l'étude de la botanique et mit à sa disposition ses herbiers et sa riche bibliothèque. Quoique reçu docteur en médecine en 1797, Gaetano Savi exerça peu -et suivit la voie que lui avait indiquée Targioni/Il fut peu de temps après nommé sousdirecteur du jardin botanique de Pise, accompagna le professeur Santi dans diverses excursions scientifiques en Toscane et publia une Flora pisana (Pise, 1798, in-4°) qui fui remarquée. L'université de Pise lui confia la chaire de physique, ce qui n'était guère en rapport avec ses goûts et ses travaux ; mais il sut montrer des aptitudes nouvelles dans -cette chaire qu'il n'avait aucunement sollicitée, et au bout de neuf ans il obtint la chaire de botanique, qu'on aurait dû lui donner tout d'abord. La publication de son Uotanicum etruscum (Pise, 1803, in-4°), dans lequel il a catalogué environ 1,500 plantes toscanes, est son plus important ouvrage. Il le compléta \iar iiaa Leçons de botanique (i 807, in-8°) et des Institutions botaniques (1811, in-8°) qui furent traduites eu français et dont de Candolle a fait l'éloge. Nommé directeur du jardin botanique, il introduisit de notables améliorations dans cet établissement et institua un cours qui eut de brillants résultats. On lui doit encore un Traité d'arboriculture pratique et une série d'A6nanachs du jardinage qui sont très-appréciés en Italie.
SAVIA s. m. (sa-vi-a — de Savi, bot. ital.). Bot. (ienre 'd'arbres, de la famille des euphorbiacées, tribu des bitxées,doiit l'espèce type croit à Saint-Domingue, n Syn. d'AMPHicARpée, autre genre de végétaux.
SA.VIA.NO, ville du royaume d'Italie, province de la Terre de Labour, district et u 24 kiloin. S.-O. de Nola, ch.-l. de mandement; 4,227 hab.
SAV1ARD (Barthélemi), chirurgien français, né à Marolles-sur-Seine en 1656, mort en 1702. Reçu maître en chirurgie à Saint- Côme, après dix-sept ans d'étude et de pratique à l'Hôtel-Dieu, il acquit la réputation d'un des plus habiles opérateurs de son temps, principalement pour l'opération de la taille. Saviard, qui recueillait avec soin les faits les plus intéressants de sa pratique, fit paraître une partie de ses observations, dont l'intérêt fait regretter qu'il n'ait pas continué sa publication. Ce recueil a pour titre : Nouveau recueil d'observations chirurgicales (Paris, 1702, in-8").
SAVIE, contrée de la Dacie ancienne, comprise entre la Save et la Drave.
SAV1GLIANO, ville forte du royaume d'Italie, province de Cotii, district de Saluées, à 52 kilom. S. de Turin, entre les rivières de Muiru et de Grana, ch.-l. de mandement; 17,634 hab. Collège royal. Fabrication de draps, toiles, soieries ; marchés importants. Cette ville, entourée de murailles flanquées de tours, est bien bâtie et ornée de beaux édifices. La rue principale se termine par un arc de triomphe élevé par les habitants à l'occasion du mariage de Viclor-Ainédée avec la princesse Christine de France. Cette ville fut prise par François Ier et rendue par Henri III en 1574. Sous le premier empire français, elle fut le chef-lieu d'un arrondissement du département de la Stura.
SAVIGNAC-LES-ÉGLISES, bourg de France (Doidogne), ch.-l. do cant,, arrond. et fe, 21 kilom. N.-E. de Périgueux, sur la rive droite de l'Isle; pop. aggl., 349 hab. — pop. tôt., 963 hab.
SAVIGNAC (Adélaïde-Esther-Charlotte Dubielon de ) , femme auteur, née à Paris en 1790, morte eu 1547, Son père, Pierre-François Dubillon de Suvignae, était un officier d.siinguô de la marine royale, sa mère s'appe ail Sophie de Liniei-s et était protestante. M'1" de Savignac vécut auprès d'elle et, quoi-
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qu'elle ne fût point mariée, signa ses ouvrages * M"ie de Savignuc ; » ce qui, d'après sa mère, était plus convenable. Elle a beaucoup écrit; son premier ouvrage fut un roman : la Comtesse de Meleij ou le Mariage de convenance [1823, 4 vol. in-12) ; M™" Roland, femme de let.rt.-s alors connue, lui en farilita la publication en plaçant son nom à côto du sien. Vinrent ensuite : les Petits proverbes dramatiques {1826, in-32) ; Histoire d'une pièce de cinq francs racontée par elle-même { 1827, in-12); Manuscrit trouvé dans un vieux chêne (1828, in-12); les Vacances (1828, in-12J; Théâtre de tues enfants (1828, in-32); Un demisiècle ou Hector et Maxime (1828, in-32); les Soirée-i de famille on Lectures à mes enfants (1828, in-32) ; la Prédiction ou les Deux pensionnaires (1828, in-32); Encouragement à la jeunesse industrieuse (1828, 2 vol. in-18) ; Economie domestique cni Conseils à une j eune mariée (1U29, in-18); Matthieu Benoit ou {'Obligeance (1829 , in-18J ; la Pauvre Cécile (1829, in-18) ; la Mère courageuse (1829, in-18).
Le genre anodin de ces petits ouvrages classe leur auteur au rang des instructeurs d i jeune âge, avec Berquin, Juuifret, Mmo Lîprinee de Beaumont, mistress Edgeworth, M1»» de Genlis, etc. Ces romans innocent:!, ces historiettes , ces dialogues à la portée des enfants, sont composés de manière à leur tracer leurs devoirs, à leur inspirer '.& goût de la vertu et l'horreur du vice. Ci; qui les distingue de la foule des productions analogues, c'est qu'ils renferment, sous ur.e forme suffisamment attrayante, des résumé < d'histoire ancienne et muderne, de géographie, et qu'ils donnent quelques-unes des nouons positives qui peuvent servir de préparation à une instruction plus étendue. L'i.uteur habitue ses jeunes lecteurs k analyser les faits, à les raisonner et à s'en rendre un compte exact.
Mme de Savignac collabora ensuite au Bon génie, journal fondé par M. de Jussieu en 1825, entra krf/jnume/, où elle rédigea la critique littéraire en 1829 et en 1830, fut appelée à collaborer au Journal des femmes, puis, en 1832, au Journal des demoiselles. Ella a donné dai.ti ces deux recueils de très-noinbreux aiticles de critique littéraire. Cette active collaboration ne l'empêcha pas de continuer sts travaux, de romancière. Elle publia successivement: la Métairie (1832, in-18); le Keepsake français (1836, in-4"); les Vacances dl la Toussaint (1832-1836, in-32); Contes b'eus (1832, 2 vol. in-32) ; les Bonnes petites fi' les, contes (1833- 18-10, iu-16}; le Livre des Qcmoiselles, morceaux choisis de littérature, d'histoire et île voyages (1835, in-1 S); Quatre historiettes (1836-1837, 4 vol. in-16;; les Paraboles de l'Evangile expliquées [iar une mère à ses enfants ( 183-1, in-18); le Singe merveilleux ou Y Education de M. Minet et de jl/He Cocotte (1831, iu-8u); Anselme ou YEnfant diso et (1835, in-18) ; Diorama des enfants ou le Petit ambitieux (ls35, in-8°); Pauline ou la Petite curieuse (1835, in-18); la Jeune maîtresse de muisoji ou les Mœurs parisiennes (1836, in-18); les Enfants d'après la nature : les Petilj garçons, les Petites filles (1836- 1840, 2 vol. in-32); la Jeune propriétaire ou Y Art de vivre à la campagne (l837, in-12); la Mère de Valentin ou Contes et htsturietles de bonne feiinie (1838, in-12); Gâterie pittoresque de la jeunesse (1838-1813, 2 vol. iu-8°); Album dm enfants obéissants ou les Plaisirs de la campagne (1839, in-isj; Alphabet des quatre saisons ou Une année chez la bonne maman (1839, in-16); Petit album récréatif ou les Plaisirs de ta ville (1839, in-16); Zoé ou la Bonne petite sœur (1840, in-18); le Génie des bonnes pensées (1840, in-S"); les Bouse mois (1840, in-18) ; le Songe d'une petite fitle (1845, in-:;2) ; le Chemin de fer, suivi de Une ■faut jamais mentir (1846, in-12), etc. Elle fournit aussi des pièces à une édition des Petits con.es d'une mère à ses enfants, par Bouilly ei autres auteurs (Limoges, 1846, in-12j ; Al niataeli des demoiselles pour l'année 1847 (iu-16). Elle mourut peu de temps après.
SAVlGNaNO-DI-PUGLlA,bourgdu royaume d'Italie, pn/viiioe de la Principauté Ultérieure, district d'Ariano, mandement d'Orsara; 3,614 hab.
SAVIGNaNO - DI - KOMAGNA , ville du royaume l'Italie, province de Forli, district et a 15 kilom. S.-E. de Cesena, sur le Kiuinesino, ch.-l. de mandement; 4,518 hab. Académie dite Httbiconia.
SAV1GN1ES, village et commune de France (Oise), eau .ou, arrond. et à 12 kilom. N. de Beauvais, sur la Frenuye; 672 hab. Fabrication de poteries renommées dès la plus haute antiquité. Débris de poteries romaines.
SAVIGNV, bourg de France (Loir-et-Cher), ch.-l. de canton, arrond. et à 23 kilom. N.-O. de Yendôn e , sur la Braye ; pop. aggl., 821 hab. — pop. tôt., 2,789 hab. Moulins à blé; filuturu de coton; fabrication de cidre; carrières do pierres tendres, sables verts. Dans le mit eu du bourg, près de l'église, bn voit les ruines d'un château fort du xue siècle et, plus loin, quelques restes de murailles des anciennes fortifications. /'
SAVlGriYSODS-BEABNE, ville et c/braiii une de France (Côte-d'Or), canton, arrond. et à 5 kilom. N. de Beaune, sue un affluent de la Bouzeoise; 1,857 hab. Kécolte de vuAs
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excellents, fruits, grains, légumes. Fabrication de brocatelle, soie, couteaux. On y voit un château fort du xivc siècle, flanqué de quatre tours à mâchicoulis. Aux environs, ruines de l'abbaye de Sainte-Marguerite. Le vignoble de Savigny, appartenant k la côte de Beaune (Bourgogne), est très-étendu et produit une grande abondance de vin rouge, dont une bonne partie figure avec honneur dans les deuxième, troisième et quatrième classes des vins de la Côte-d'Or. On y fait aussi beaucoup de vins d'ordinaire de première qualité, légers et agréables, mais qui ne se conservent pas longtemps en général. Les cantons les plus estimés sont : Savigny, les Guettes, les Gravins, dont les vins agréables rivalisent avec les meilleurs de la côte de Beaune ; Pernand , les Vergelesses , les Boutieres, qui donnent des vins un peu moins lins. D'ailleurs, tous les vins de ce coteau ont de la force et du feu; mais ils ont moins de bouquet que les autres vins de la côte de Beaune. Ils ont en primeur un goût un peu herbacé qu'ils ne perdent qu'en vieillissant. Cliarlemagne possédait un vaste canton de vignes entre Aloxe et Pernand; il en fil cadeau à l'abbaye de Saulieu en 775. Ce canton a conservé son nom et s'appelle encore aujourd'hui Le Cliarlemagne. On trouve dans un ancien titre une donation faite, en 947, à Guilleneux par Geoffroy, archevêque de Besançon, de douze meix de vignes k Savigny.
SAV1GNY-SUR-ORGE, village et commune de France (Seine-et-Oise), canton de Longjumeau, arrond. et à 15 kilom. de Corbeil, k 22 kilom. de Paris; 1,260 hab. On y remarque une église dont le style général est du xvmt siècle, bien qu'elle contienne quelques pallies du xv«, et un château historique. Le cliâteau de Savigny , vaste construction moyen âge, fut reconstruit une première fois par Charles VII, qui y reçut souvent Agnes Sorel. Après lui, Louis XI en fut le propriétaire, et la tradition assure qu'il y résidait d'ordinaire avec le cardinal de La Balue, alors son favori. En 1480, Etienne de Vèze, chambellan de Charles VIII, lit subir à l'ancienne demeure royale une dernière restauration. Au xvnte siècle, on retrouve Savigny habile par les trois sœurs de Nesle, qui, sous les noms de Mmes de Mailly, de Vintimille et de Châteauroux, devinrent successivement les maîtresses de Louis XV. Enfin, sous l'Empire et la Restauration, ou le voit occupé par le maréchal Davout, prince d'Eckmuhl et duc d'Auërsicedt, qui y mourut en 1823. Le château de Savigny présente en façade principale deux grands pavillons séparés par une sorte de tour carrée encastrée dans le corps de bâtiment central; c'est sous cette tour, surmontée d'un clocher pointu, que s'ouvre la porte d'entrée principale ; on y arrive par une cour plantée d'arbres et fermée d'une grille. L'intérieur du château, très-dèlabié, n offre plus aujourd'hui de curieux ou d'intéressant qu'une collection de tableaux par Bidault et Thibault et représentant les maisons de plaisance des souverains de France et d'Allemagne. Les figures sont da Vernet. Le château de Savigny conserva intact depuis 1823, c'est-à-dire depuis la mort du maréchal Davout, jusqu'en 1868, époque de la mort de sa veuve, l'aspect général et la distribution exacte qu'il avait du vivant du maréchal. A une faible distance de Savigny-sur-Orge et sur la pente d'une colline s'élève le château de Grand-Vaux, dépendant du hameau du même nom. Tout près également, et baigné par l'Orge, qui donne son nom à la vallée, se trouvent le parc et le château de Morsang, édifice de construction moderne, élevé sur l'emplacement d'une ancienne place d'armes des sires de Montlhéry. Les restes de son enceinte fortitiée sont encore visibles dans les caves.
SAVIGNY- EN -REVERMONT, village et commune de France (Saône-et-Loire), canton de Beaurepaire, arrond. et k 18 kilom. de Louhans; pop. aggl., 637 hab. — pop. tôt., 2,093 hab.
SAVIGNY (Christophe de), érudit français, né à Savigny-sur-Aisue (Ardennes) vers 1540, mort au même lieu eu 1608. Il étudia les langues grecque et hébraïque, cultiva ensuite les sciences et enfin devint maître de la garde-robe du due de Nevers. On lui doit un ouvrage intitulé : Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, amassés et réduits en ordre pour le soulagement et profit de la jeunesse (Paris, 1587, ui-fol.), réédité en 1619, Il comprend seulement dix-huit pages imprimées et dix-neuf pages ornées de dessins de J. Cousin, qui sont des tableaux gravés sur bois. De Savigny y range les arts dans l'ordre suivant : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, optique, musique, cosmographie, astrologie, géographie, physique, médecine, éthique, jurisprudence,' histoire et théologie.
SAVIGNY (Frédéric-Charles de), jurisconsulte allemand, né à Francfort le 21 février 1779, mort à Berlin le 25 octobre 1861. Savigny partage avec Hugo et Naubold l'honneur d avoir fondé l'école historique en droit, et les dignités dont il fut revêtu, l'admiration qui l'entoura durant sa vie récompensèrent les efforts qu'il déploya pour le triomphe de son système. Savigny était issu d'une famille calviniste originaire de Metz et qui avait dû quitter cette ville en 1622 pour se
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réfugier en Allemagne. Son père, diplomate et écrivain distingué, représentait à Francfort les princes du cercle du haut Rhin. Savigny perdit son père à l'âge de treize ans ; heureusement, un ami de sa famille le prit auprès de lui et développa les heureuses dispositions de l'enfant. Après avoir terminé ses humanités à Wetzlar, Savigny se rendit à Marbourg pour suivre les cours de droit professés par Weis. C'était on- 1795. Savigny avait k peine dix-sept ans. Son esprit fut vi- ] vement frappé par les théories ingénieuses et neuves du savant professeur. Weis était l'adversaire déclaré des Woltf, des Thomasius, etc., c'est-k-dire de tout ce que l'ancien droit comptait de docteurs éclairés et autorisés. C'est que, sans avoir encore franchement adopté les nouvelles théories d'Hugo et de Naubold, Weis sentait l'approche de l'immense révolution qui allait se faire dans la science du droit.Il luttait de tout son pouvoir contre la vieille école, entichée de traditions. Sans faire de 1 histoire, ce qu'elle devait devenir plus tard, la base de son enseignement, il la faisait entrer comme élément dans l'étude du droit. Savigny recevait avidement cet enseignement rationnel. Eu cinq ans, il franchit tous les grades de l'université, et, en 1800, il soutint la thèse De concursa delictorum formati, qui est restée célèbre. Il fut reçu docteur. Tout en étudiant au point de vue des examens, Savigny avait élargi le cercle de ses lectures. Les œuvres de Hugo et de Naubold lui étaient devenues familières. Leurs reproductions des textes du droit romain avaient surtout attiré son attention. Encouragé par son professeur, Savigny était hardiment entré dans la voie nouvelle tracée par ces illustres écrivains. Il arrivait à une époque où le monde savant était partagé entre deux partis : l'un qui voulait conserver renseignement traditionnel, l'autre qui voulait le triomphe de la nouvelle école. Savignycomprit qu'un partisan nouveau se jetant dans la lutte pouvait être utile k la bonne cause, surtout quand ce partisan était jeune, ardent, convaincu. Il n'hésita pas et ouvrit k Marbourg même des cours libres. Son école devint rapidement le rendez-vous de toute la jeunesse avide de progrès. Vivement attaqué par ses adversaires, Savigny fut défendu avec acharnement. Lui-même, toujours sur la brèche, soutint avec éuergie le drapeau de la nouvelle doctrine. En 1803, il faisait paraître son Traité de la possession, admira1 Lie apologie du droit romain qui révèle une immense érudition. Il n'avait alors que vingtquatre ans. Il resta encore cinq ans k Murbourg, propageant ses idées et ses découvertes. En 1803, il fut appelé à Landshut. C'était le premier triomphe éclatant, officiel pour ainsi dire, qu'il remportait sur ses adversaires. Il occupa dans cette université une chaire de droit romain. Deux ans après, en 1810, il était appelé k Berlin et il prenait enfin possession de cette chaire qu'il devait conserver pendant trente-deux ans. La vie de Savigny ne fut pas consacrée tout entière au professorat. Eu 1807, il avait été nommé membre du conseil d'Etat de Prusse, et ses larges vues, sa haute intelligence avaient rendu d'importants services à la 'cause nationale. Son nom était déjà célèbre, et, en 1809, il avait été élu conseiller k la cour de cassation de Berlin. Il avait été choisi par ses collègues de l'université pour siéger au tribunal supérieur que forment en certaines : circonstances les députés des universités alj lemandes. Enfin il reçut, en 1842, le portefeuille nu ministère de la justice. Ces hautes fonctions, qu'il remplit pendant sept ans avec une rare habileté, il les résigna volontairement en 1848 lorsque, débordant de France, la révolution s'étendit en Allemagne. Il avait dû, quand il accepta le portefeuille de la justice, renoncer à 1 enseignement, et ce n'était pas sans un vif regret qu'il avait abandonné sa chaire de droit romain. Lorsqu'il quitta le ministère, il ne voulut pas la reprendre. Il avait alors soixante - douze ans et voulait consacrer k la révision de ses ouvrages ses dernières années. Savigny eut le temps de donner k ses œuvres ce fini, eette perfection qui en ont assuré le succès. Lorsqu'il mourut, ou rendit de grands honneurs à sa mémoire. Le jour de ses obsèques, les cours, les tribunaux, les écoles furent fermés, et derrière le char funèbre se pressait une l'oule considérable, témoignant par sa présence de son respect et de sa douleur. Savigny a laissé d'assez nombreuses publications, éditées eu grande partie dans la grande revue de droit qu'il avait fondée. Il nous suffira d'indiquer cette revue et les œuvres détachées qui , comme le Traité de la possession, ne parurent qu'en volumes.
C'est en 1815 qu'il fonda, avec Eichhorn et Goeschen, le Zeitschristfûr lùstorische Bechtswiosenschaft (Journal pour la jurisprudence historique) [Berlin, 1815-1847]; la première série, de 1815 à 1826, comprend cinq volumes iti-so. Ses autres ouvrages sont : .Histoire du droit romain au moyen âge, en allemand (Heidelberg, 1815, 6 vol. in-8"; édition en français, donnée par Cb. Guenoux, Paris, 1830, 4 vol. in-8°) ; le Droit de la possession, en allemand (Marbourg, 1803, l'a édit., in-8°: 50 édit., 1827, in-8«).
SAVIGNY (Charles-Frédéric de), diplomate prussien, fils du précédent, né à Berlin en 1813, mort à Fraiiel'ort-sur-le-Mein en 1875.
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Il fît k l'âge de treize ans un voyage en Italie avec ses parents et, après avoir terminé ses études k Berlin, il vint k Paris, où, de 1831 k 1833, il étudia simultanément le droit et les sciences. Après avoir fait un nouveau voyage en Italie, il suivit pendant un an les cours de l'université de Munich, obtint en 1836 un emploi au tribunal de la ville de Berlin et passa, deux ans plus tard, dans la diplomatie. Successivement attaché aux ambassades de Paris, de Londres, de Dresde et de Lisbonne, il fut nommé, en 1844, chargé d'affaires à Cassel et, neuf mois après, fut envoyé en Portugal chargé d'une mission particulière. Il visita le Maroc et établit k Madrid les stipulations de la reconnaissance du gouvernement espagnol par la Prusse. Il passa ensuiie k La Haye en qualité de conseiller de légation, occupa ce poste jusqu'en 1847 et vint k cette époque k Paris, où il se trouvait encore au moment de la révolution de Février. Après la formation du cabinet Biandebourg-Manteuffel, il devint conseiller rapporteur au ministère des affaires étrangères et commença dès lors k prendre une part importante aux affaires de l'Allemagne. Il Sut gagner la confiance du baron de Radowiiz, dont il devint l'agent politique et qui le chargea de missions et de négociations importantes. Il suivit, en qualité d'attaché diplomatique, les troupes prussiennes en Saxe, puis dans le grand-duché de Bad':, devint, en 1849, ambassadeur extraordinaire k la cour de Bade et fut en même temps adjoint au prince royal de Prusse dans le gouvernement général des provinces rhénanes. Après dix ans de séjour à Bade, il reçut eu 1S59 l'ambassade de Dresde, passa en 1863*à celle de Br.ixelles et prit part à la négociation du traité de l'Escaut. Nommé, en 1864, ambassadeur près la Confédération germanique, il resta en cette qualité à Francfort jusqu'au vote du 14 juin 1866, qui était dirige contre la Prusse et contre lequel il protesta avant de quitter l'assemblée. Après la conclusion du traité de Nikolsbonrg, il dirigea, de concert avec M. de Bismarck, les négociations avec les Etats de l'Allemagne qui avaient combattu contre la Prusse. Nommé ensuite plénipoteniiaire pour la formation de la confédération du Nord, il eut la plus grande part k l'élaboration et k la mise en œuvre du plan de la nouvelle constitution fédérale, d'autant plus que M. de Bismarck ne put, k cause de l'état de sa santé, assister aux débats du conseil de la confédération. L'opinion publique voyait en lui le futur chancelier de la confédération du Nord; mais M. de Bismarck garda pour lui-même ces importantes fonctions. En 1867, M. de Savigny devint député k la diète de la confédération du Nord, où il fut un des chefs du parti rétrograde et demeura fidèle au programme dont il avait, depuis 1848, poursuivi l'accomplissement à travers toutes les phases de la politique germanique, celui de l'etablisseme.nt de l'unité nationale parmi les Etats de la confédération. Il était beau-frère du comte Harry d'Arnim.
SAVIGNY (Marie-Jules-César Lelorgni:
de), naturaliste français, né k Provins en 1777, mort en 1851. Il avait fait un voyage en Chine lorsque, en 1793, il accompagna Geoffroy Suiiu-IIilaire en Egypte en qualité d'adjoint. Savigny lit partie de l'Institut du Caire, s'adonna d'une façon toute particulière k l'étude des animaux sans vertèbres et fut ensuite chargé de traiter cette partie de la zoologie dans le grand ouvrage intitule: Description de l'Egypte. Une maladie d'yeux qu'il avait contractée dans les sables ne l'Afrique et qu'aggravèrent des travaux trop minutieux se changea, en 1824, en cécité presque complète. Nommé membre de l'Institut en 1S21, il faisait, en outre, partie des Académies d'Oxford, d'Amsterdam, d'Edimbourg, etc. On lui doit : Histoire naturelle des dorades de Chine (1798, in-fol.) ; Histoire mythologique et naturelle de l'ibis (1805, in-S°), avec six planches, ouvrage ou l'on trouve pour la première fois une description exacte de cet oiseau ; Obseroations sur le système des oiseaux d'Et/yple et de Syrie (1810) ; Description des arachnides d'Egypte et de Syrie (1812) ; Mémoire sur tes animaux sans vertèbres (1816, 2 vol. iu-8o), livre dans lequel se trouvent les délicates recherches do Savigny sur les ascidies composées et les ascidies simples; Description des annélides des cales d'Egypte (1820); Explication des planches des molusques, annélides, crustacés, etc., de l'Egypte et de la Syrie (1826, iu-S0), etc.
SAVIGNYE s. f. (sa-vi-gnî ; gn mil. — de Savigny, natur. franc.). Arachn. Genre d'àranéides, formé aux dépens des araignées.
— Bot. Genre de' plantes, de la famille des crucifères, tribu des vellées, dont l'espèce type croît en Egypte.
SAV1LE (Henry), érudit anglais, né k Bradley (Yorkshire) en 1549, mort a. Eton en 1622. Successivement agrégé au collège de Merton, dépendant de l'université d'Oxford, professeur de grec et de mathématiques et principal du même collège, procureur d'Oxford, il fut désigné pour enseigner la langue grecque k la reine Elisabeth. En 1596, il fut nommé prévôt du collège d'Eton, reçut de Jacques 1er le titre de chevalier en 1604;
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puis, à la mort de son fils unique, il consacra une partie de sa fortune à. la fondation de deux chaires, l'une de géométrie et l'autre d'astronomie à l'université- d'Oxford. On lui doit, entre autres ouvrages : Rerum onglicamm scriptorespnst Qfdam prscipui (Londres, 1596, in-fol.) j Viewofcertain nnlitary mdtlrrs (Londres, 1598, in-fol.) ; Prxlcclioncs XIII in principium elcmentorum Euclidis (1621, in-4°). Suvile, en outre, donna une fort belle édition des Œuvres de saint Chrysoslome, une édition du traité De causa Dei contra Pelagium, de Bradwardin, etc.
SAV1LE ou SA VILLE (George), marquis d'Halifax, homme d'Etat et écrivain anglais, né vers 1630, mort à Londres en 1695. Il hérita du titre de baronnet, que portait son père, et obtint de Charles II, en 1679, le titre de comte, puis celui de marquis d'Halifax (1682). Le roi le nomma, en avril 1671, membre de son conseil privé. Halifax fut forcé, à la suite de dissentiments avec ses collègues, de quitter cette fonction, qu'il reprit en 1679. Lors des discussions relatives à 1 exclusion du duc d'York de la couronne (1679 et 1680), Halifax se prononça avec énergie contre cette exclusion. Après s'être retiré pendant quelque temps du pouvoir, Halifax rentra au gouvernement, en 1682, en qualité de membre du conseil et garde du sceau privé. A l'avènement au trône de Jacques II (1685), Halifax devint président du conseil; mais le roi le força à donner sa démission en 1686. Lors du débarquement du prince d'Orange en Angleterre, Halifax fut un des envoyés royaux chargés de traiter avec l'envahisseur; ces négociations n'eurent pas de résultat. Après la chute de Jacques II, Halifax se rallia au nouveau gouvernement. Il fut un de ceux qui donnèrent au souverain déchu, au nom du prince d'Orange, l'ordre de quitter le palais royal et de se retirer k Hull. Halifax fit adopter dans le Parlement ou Convention réuni après le départ de Jacques II la motion qui tendait à déclarer le trône vacant et à offrir la couronne au prince et à la princesse d'Orange. Il fit, en 16S9, au nom des pairs et de3 communes, l'offre solennelle de la couronne aux deux époux et redevint bientôt scrutateur du conseil privé, A la suite de l'enquête sur la conspiration de Rey-House, Halifax se retira de la cour et fit jusqu'à sa mort de l'opposition au gouvernement. Les principaux ouvrages du marquis d'Halifax sont : Caractère d'un trimmer; Anatomie d'un équivalent; Lettre à un dissident; Miscellanées; Maximes d'Etat, etc.
SAVIN (SAINT-), village et commune de France (Huutes-Pyrénées), canton, arrond.
et à 3 kilom. d'Argelè.-i, dans la vallée de Lavedan ; 686 hab. Le village de Saint-Savin possédait autrefois une abbaye célèbre-. Cette abbaye fut, dit-on, fondée sur l'emplacement du Pulalium JEmilianum, dont les ruines servirent de retraite à l'ermite saint Savin, lils delleiuilius, comte de Poitiers. Charlemagno éleva sur ces débris un monastère qui acquit bientôt au loin une grande illustration. La légende rapporte que Roland le paladin s'y arrêta un jour et, magnifiquement reçu par les moines, pourfendu, afin de payer son écot, deux géants impies, Alabastro et Passamont, qui rôdaient de ce côté. L'abbaye de Saint-Savin était en pleine prospérité lorsque, en 843, les Normands envahirent le Bigurre et incendièrent le monastère. Il fut rebâti au xo siècle par Raymond 1er, comte de Bigorre, qui accorda aux moines de nombreux et précieux privilèges. L'abbaye de Saint-Savin a été chantée par Bertin, le poëte profane ; on se rappelle les vers sur Le long dîner, la courte messe Du bon abbé de Saint-Savin.
Peu de prélats prêtaient plus, en effet (au moins dans les derniers siècles), k la poésie galante que cet abbé; un historique de l'abbaye nous apprend que, lors des processions, il payait d'un baiser de paix un bouquet que lui donnait la plus jolie fille d'Argelès. La vallée de Saint-Savin forma longtemps une véritable république fédérale sous la pré-idence de l'ubbé. Autre preuve de la parfaite galanterie du prélat : les femmes y avaient voix délibérative aussi bien que les hommes, et un jour, dit la Chronique de Saint-Savin, il suffit du veto d'une seule d'entre elles, nommée Gailhardine de Fréchou, pour annuler une décision prise à l'unanimité de tous les citoyens. Les bâtiments de l'ubbaye de Saint-Savin, qui s'élevaient au nord de l'église, dont nous parlerons tout a l'heure, viennent d'être restaurés complètement par M. Bœswillwald et classés au nombre des monuments historiques. L'ancienne salle capitulaire, une des plus curieuses de France, sert aujourd'hui de sacristie. Le grand jardin de l'abbaye a été également restitué. Enfin, pour le plus grand plaisir des touristes, la salle à manger des pères a été convertie en un restaurant.
L'église de Saint-Savin est peut-être l'édifice roman le plus remarquable de toute la ■vallée pyrénéenne. Une seule porte, ouverte Sur la façade occidentale, y donne accès. Elle est ornée de neuf colonnes doriques, dont cinq à fût de marbre, supportant des chapiteaux grossièrement, mais curieusement sculptés. « La nef, dit M. Cenac-Moucaut, est éclairée au couchant par une grande rose et au sud par deux fenêtres romanes do
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moyenne grandeur. A la suite d'un transsept d'où partent les bras assez profonds d'une croix latine, voûtés en plein cintre comme la nef principale, se développe un chevet ii trois absides, n L'édifice, dont l'ensemble appartient au xiv» siècle, est surmonté d'un clocher octogonal à quatre fenêtres ogivales, évidemment postérieures au reste de l'édifice. A l'intérieur se. trouve le tombeau do saint Savin, qui date probablement du vit» siècle. La restauration de l'édifice a, comme colle de l'abbaye, été dirigée par M. Bœs- ■willwald. Nous rappellerons en terminant que le tremblement de terre de 1853 avait renversé une partie de la voûte et fendu la
\ chapelle principale. Ces dommages sont au-
; jourd'hui complètement réparés.
I Aux environs de l'abbaye de Saint-Savin, on rencontre sur un rocher la chapelle de
l Pictud, qui remonte au vnto ou tout au moins au ixo siècle; puis le château de Miramont, bâti par le poète béarnais Despourrins ; enfin le château de Beaucens, ancienne forteresse féodale , résidence dos comtes de Lavedan, aujourd'hui propriété de la famille Fould.
SAVIN, connu sous le pseudonyme de Montreille, écrivain français du xvw« siècle, né à Rouen. On a de lui : Œuvres de M. de Montreille (Londres [Bordeaux], 1764, in-12); Adélaïde ou l'Amour et le repentir, anecdote volée par M. D. M. [de Montreille] (Amsterdam et Paris, 1770, in-8°); l'Ile de Itobinson Crusoé, par M. de Montreille (Paris, 1768, in-12; nouvelle édition sous le titre de Itobinson dans son ile, Londres et Paris. 1714, in-12); Mes soirées ou Manuel amusant (Neufchâteau et Paris, 1775, 2 vol. in-8"). Savin a traduit du latin : Argents, traduction libre et abrégée de J. Barclay (Paris, 1771, 2 vol. in-8o) ; les Hommes illustres de Pline le Jeune (Paris, 1776, in-12). On a i quelquefois attribué à Savin l'Elu etsonprésident ou Histoire d'Eraste et de Sophie (Amsterdam et Paris, 1769, 2 vol. in-12), ouvrage que d'autres croient dû à Louis Charpentier.
! SAV1NE (Charles LAFONT de), évêque i français, né à Embrun le 17 février 1742, ' mort en 1814. Sacré évéque de Viviers en I 1778, il assista en cette qualité à l'assemblée du clergé de 1782. En 1791, il remit la dé- 1 mission de son évêché aux électeurs de son département, afin, disait-il, de les faire rentrer dans leurs droits. Il prêta serment, fut élu de nouveau et prit le titre d'évêque de l'Ariége. Il professa dans ses écrits et dans ses discours des idées religieuses très-avancées. En 1793, il se démit publiquement de ses ornements épiscopaux et se retira à Embrun. Arrêté et écroué â la Conciergerie, Savin fut relâché après le 9 thermidor. Il continua de propager des idées religieuses de plus en plus radicales et finit par attaquer certains dogmes fondamentaux du l'Eglise catholique, tels que la nécessité du célibat pour les prêtres, la nécessité du jeûne etde l'abstinence, etc. Il fut enfermé pendant plusieurs années à Charenton. Après en être sorti, Savine rétracta toutes les opinions non orthodoxes qu'il avait professées antérieurement.
SAVINES, bourg de France (Hautes-Alpes), chef-lieu de cant., arrond. et à 10 kilom. S.-O. d'Embrun, près de la Durance; pop. aggl., 528 hab. — pop, tôt., 1,107 hab. Ruines d'une ancienne abbaye de bénédictins. Quelques auteurs prétendent que ce bourg est construit sur remplacement d'une ville antique qui passe pour avoir été la capitale des Savincates, peuple de la Gaule (Naibonnaise II»).
SAVINIEN (SAINT-), bourg de' France (Charente-Inférieure), ch.-l. de cant., arrond. et à 15 kilom. S.-O. de Saint-Jean-d'Angely, sur la Charente; pop. aggl., 1,355 hab. — pop. tôt., 3,214 hab. Commerce de grains, vins et eaux-de-vie. Belles ruines d'un couvent d'augustins. Aux environs, carrières de pierre et beau château de Crasanne.
SAVIN 1ER s. m. (sa-vi-nié — rad. Sabine). Bot. Syn. de Sabine.
SAVIOLI (Louis-Victor), poète italien, né à Bologne en 1729, mort en 1804. Sénateur de la ville de Bologne, il s'opposa aux réformes que le cardinal Buoncompagni voulait introduire dans cette ville et fut disgracié. Il fut ensuite l'un des députés envoyés par la république Cisalpine à Paris pour traiter ayee le Directoire. Il assista aux-comices de Lyon, où il se déclara pour le parti dominant. Revenu en Itulie, il devint membre du Corps législatif à Milan, puis fut nommé professeur de diplomatie à l'université de Bologne. Savioli s'est surtout fait connaître par un recueil de chansons anacréontiques intitulé : Amori, qui a eu beaucoup de succès et a été réédité un grand nombre de fois. Il a, en outre, entrepris une traduction de Tacite et la rédaction des Annales de Bologne ; la mort ne put lui permettre d'achever ces deux derniers travaux.
SAVO, nom ancien de Savons.
SAVOCA, bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Messine, district de Castroreale, mandement de Santa-Teresa-di- Riva; 2,039 hab.
savodinskite a. f. (sa-vo-dain-ski-te —
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de Savodinski, nom de lieu). Miner. Tellure 1 argentifère.
1 — Encycl. La savodinslcile est une sub- ■ stanee métalloïde, malléable, formant une | masse à gros grains; sa densité est environ I 8,5, et.sa couleur intermédiaire entre le gris ' de plomb et le gris d'acier; elle se compose | d'un équivalent de tellure et un équivalent
d'argent, avec des traces de fer. Elle a été ] découverte par RI. Gustave-Rose, à la mine I de Savodinslti, dans les monts Altaï, où elle ! accompagne assez souvent le plomb tellure. I Elle est rare dans les collections et sans
applications connues jusqu'à ce jour. Plus
abondante, elle pourrait être traitée comme
minerai d'argent.
SAVOIE, en latin du moyen âge Sabandia et Saboia, contrée de la région sud-est de la France, à laquelle elle appartient géographiquement, quoiqu'elle n'en fasse partie politiquement que depuis 1860. Comprise entre 45» 4' et 46" 24' de latit. N. et 30 16' et 40 48' de longit. E., la Savoie est bornée à l'E. par le contre-fort alpestre qui la sépare du canton suisse du Valais, depuis Saint-Gingolph sur le lac de Genève jusqu'au grand Saint-Bernard, puis par les Alpes Grées qui la séparent de l'It:ilie, depuis le grand Saint-Bernard jusqu'au mont Thabor, en passant par les sommités des monts Iseran et Cenis; au S. par les hauteurs prolongées sur la rive gauche de l'Arc du mont Thabor à la rencontre de l'Isère et par une ligne qui, coupant l'Isère entre Montmélian et le fort Barraux, passe au N. de la Grande-Chartreuse pour atteindre la rive gauche du Guiers, rivière qui sépare la Savoie dn département de l'Isère ; à l'O. par le Guiers et par le Rhône, ce dernier fleuve la séparant du département de l'Ain; enfin, au N. par le canton suisse de Genève et par le lac Léman. Elle mesure 146 kilom. du N. au S. et 119 kilom. de l'E. à l'O. Superficie, environ 1,020,195 hectares; 545,431 habitants.
— Aspect général, montagnes, cours d'eau. Le sol de la Savoie est formé d'un massif de montagnes reliées à la chaîne centrale des Alpes par un système compliqué de contreforts et de chaînons soulevés par la même explosion des forces primitives du globe. Tres-élevé dans les parties voisines de la chaîne principale, que les anciens ont nommée Alpes Pennines, Grées et Cottiennes, ce sol s'abaisse graduellement du côté de la Suisse et de la France jusqu'aux plaines de l'Ain et de l'Isère.
« La première impression, dit M. Hudry- Menos (Revue des Deux-Mondes), qu'éprouve le spectateur placé sur un point culminant est celle d'un pays glacé et nu. Le regard ne rencontre d abord que des surfaces désolées, des sommités aignSs, des rochers dont les flancs déchirés mettent à découvert les secrets de leur formation géologique ; mais à mesure qu'il s'abaisse, l'aspect change, la vie apparaît , la végétation déroule ses zones vertes sur les versants. Au pied des grands monts se creusent les vallées, semblables aux abîmes d'une mer bouleversée et saisie d'un froid intense au plus fort de la tourmente. Peu profondes et d'un climat sévère dans le voisinage do la grande chaîne, elles s'approfondissent, elles s'élargissent, offrent une température plus douce en s'éloignant de leur point de départ, et elles s'ouvrent enfin par de larges issues sur les splemlides bassins du Léman, du Rhône et de l'Isère, où se précipitent toutes les eaux de la Savoie. Le pays, qui paraissait un immense chaos frappé de stérilité quand on n'en apercevait que les parties supérieures du relief, offre maintenant le spectacle varié d'une succession de vallées verdoyantes débouchant les unes dans les autres, où la végétation étale ses merveilles et où le sol produit à côté de la flore sauvage des climats du Nord celle des climats privilégiés de la France centrale. » Les points culminants du massif savoisien, qui comprend les plus hautes montagnes de l'Europe, sont le mont Blanc (4,810 mètres), les monts Dolent, Joli, Buet, Iseran, petit Saint-Bernard, Cenis et Thabor. Tous ces pics sont échelonnés sur la frontière orientale, et depuis cette ligne jusqu'au Rhône les montagnes qui se succèdent vont en diminuant, de sorte qu'on les dirait placées en amphithéâtre le long de la chaîne des Alpes. Deux cols principaux ouvrent le passage de la Savoie en Italie, celui du petit Saint-Bernard entre Moutiers-en-Tarentaise et Aoste, celui du mont Cenis entre Saint-Jean-de- Alaurienne et Suse. Les vallées qui séparent les contre-forts et les ramifications de la chaîne principale sont arrosées par de nombreux cours d'eau, dont les plus importants sont la Drôme, l'Arve, les Usses, le Fier, la Laisse, le Guier3 et l'Isère, qui reçoit les eaux de l'Arly et de l'Arc. Toutes ces rivières sont tributaires du Rhône ou du lac de Genève. La Savoie compte plusieurs lacs, dont les plus considérables sont ceux du Bourget, d'Annecy et d'AiguebelIette.
— Constitution géologique , richesses minérales, cultures. La charpente des montagnes savuisiennes porte écrite en caractères ineffaçables l'histoire d'une grande révolution géologique. Rarement les couches du sol y sont disposées d'après les lois de ta statique. Au lieu d'une stratification horizontale, ces couches sont partout ployées, tordues, brisées ou relevées par une force agissant du
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centre à la circonférence. Sur plusieurs points, elles sont peivées d'ouvertures qui ont livré passage a des mehes plus anciennes, formées d'éléments vitrifiés, sans traces d.: pétrification. « Le sol de la Savoie, dit M. Mortillet, s'étant exhaussé à une époque où la chaleur extérieure du globe était encore trcs-élevée, le terrain carbonifère a été soumis à une action chimique et mèc:imquo analogue à celle qui transforme la houille en coke dans nos usines il gaz. Quoique les végétations qui s'emparèrent du sol émergé dès 1 origine appartiennent toutes à la flore qui a formé les grands dépôts houillers de l'Angleterre et du continent européen, il n'existe pas néanmoins de houille proprement dite en Savoie, mais seulement des anthracites, sortes de houilles distillées, brûlant sans flamme et privées d'une grande partie de leur valeur comme combustible. • Vers la fin de l'époque appelée dévonjonne, l'océan de feu de 1 intérieur de la terre s'étant courroucé une dernière fois, les terrains les plus bas et les plus anciens de la croûte terrestre se sont soulevés et ont déchiré les terrains supérieurs et les récents, formant ainsi les nombreux massifs de protogyne de la Savoie. Au point de vue de la minéralogie pratique, il importe de reconnaître ces massifs de protogyne, car ils forment autant de régions métallifères, dont les limites sont marquées par la force d'émission des roches éruptives. Le premier de ces massifs et le plus considérable est le mont Blanc. Les minéraux sont abondamment disséminés dans cette région : le plomb sulfuré argentifère dans les montagnes de Saint-Gervais-les-Bains, de Contamine etde Chamonix ; le fer hydraté, le cuivre jaune, l'antimoine et l'arsenic dans celles de Servoz et de Sixt. Ces diverses substances, répandues dans des contrées dont l'accès est difficile, ont donné lieu à de nombreuses exploitations, la plupart infructueuses. Un second massif s'étend sur l'arrondissement d'Albertville, se dirige au S.-O., coupe la Maurienne et va heurter les hautes montagnes de l'Isère. Ce massif, d'un développement de 80 kilom. de longueur sur 15 de largeur, est un vaste cabinet ininéralogique , où l'on trouve la collection de tous les minéraux de la Savoie. La partie supérieure, comprise entre la haute Savoie et la vallée de l'Arc, est fertile en cuivre, avec ou sans mélange d'argent, et eu plomb, toujours argentifère. Dans la partie inférieure, entre l'Arc et l'Isère, c'est le fer spathique qui domine. Là s'élève la montagne des Hurtières, où se trouvent les plus importantes exploitations de la Savoie. En remontant la vallée de l'Arc jusqu'à la hauteur du tunnel des Alpes, on entre dans un nouveau district métallifère. Quatre filons de fer spathique pénètrent dans la paroi des Alpes, d'où ils s'avancent jusque dans la province italienne d'Aoste. Le fer y e*t accompagné de pyrites cuivreuses et de gisements de plomb argentifère, sur lesquels les Romains et plus tard les Sarrasins avaient dirigé des galeries. Sur le prolongement de cette zone, reconnue anthracifere, sont situées les mines de Macot et de Pesey, qui forment le district de plomb et d'argent le plus important de la Savoie. On ne connaît pas en Europe de gisement plus riche. Le minerai donne environ 230 gramm-s d'urgent sur 100 kilogrammes de plon.b. Quant au cuivre, il ne forme pas de district spécial en Savoie; il se trouve généralement associé aux autres minéraux, au fer, au plomb, à l'argent. Au surplus, comme l'activité des Romains s'était portée spécialement sur ce métal, les filons où il était seul ou associé en grande proportion sont épuisés. Le sol de la Savoie renferme d'autres minéraux d'un ordre inférieur, mais non moins utiles que ceux que nous venons d'énuinérer ; ce sont les marbres, les calcaires asphaltiques, les carrières d'ardoises, les anthracites, les lignites et les tourbes.
Plusieurs des sommets qui dominent le massif savoisien sont couverts de neiges éternelles. La limite inférieure des neiges est à 2,700 mètres au-dessus du niveau de la mer, et le point du sol de ce pays le plus bas est à 200 mètres, niveau des plaines de la Saône. C'est sur les 2,500 mètres intermédiaires que se passent tous les phénomènes de la végétation en Savoie. Les plantes, les productions diverses sont distribuées par régions, suivant le degré d'altitude barométrique; elles forment des zones horizontales régulièrement superposées, de sorte qu'eu descendant la montagne on parcourt toute la série des forces productives du sol. A la région des neiges permanentes succède immédiatement ccllo des gazons, qui poussent menus et serrés sous le chaud rayon du soleil d'avril; là commencent les grands pâturages, que viennent brouter en été les troupeaux ae moutons venus de la plaine et les petites vaches des Alpes; là se fabriquent le beurre et ce fromage estimé, connu déjà à l'époque romaine sous le nom de ratusicum, si l'on en croit Pline le naturaliste. Los espaces en pâturages occupent le tiers do la superficie productive, environ 300,000 hectares (130,000 hectares sont marques improductifs au cadastre). Ces vastes étendues gazonnées appartiennent généralement aux communes. Au pâturage succède la forêt, qui S 'élevé jusqu'à 1,900 mètres d'altitude et qui occ.jpe une étendue d'environ 194,000 hectares. Cette succession n'a rien de brusque;
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à sa limite supérieure, la plante buissorme rt lî buisson lui-même va mourir dans le pâturage et se confondre avec lui; mais peu a pet, en descendant, la plante reprend de la vigueur, se dresse, se roidit contre la puissance invisible qui semble l'écraser. Les forêt s ont leur hypsométrie naturelle que le climat, l'exposition et le voisinage des neige;, éternelles font varier à l'infini ; bien plus, chaque essence a, son hypsométrie soumise aux mêmes accidents. Les essences les plus ha:dies, celies qu'on rencontre le plus haut So:it le mélèze, les diverses espèces du pin et du sapin. Kn descendant les versants, ces pli.ntes, rencontrant des abris et un sol humide et profond, présentent une végétation toeïucoup plus vigoureuse et atteignent ces prDportions colossales qui donnent aux forêts leur caractère tout particulier de sombre grandeur et d'imposante majesté. Après la forêt viennent les cultures, qui montent dans ce pays à de grandes hauteurs. Une économ e agricole mieux entendue assignerait aux bc is ou aux pâturages certaines pentes cultivées , afin de les garantir des érosions pluviales. Il n'est pas rare d'y rencontrer à 1,200 mètres l'avoine et le seigle, et le froment ii 1,000 mètres. Sur ces hauteurs, l'agiicaUure dépense une somme de forces huitaines beaucoup plus giuede qu'au bas de li. vallée. L'homme fait les labours à la pioche ou à la pelle; il porte l'engrais sur son dos, transporte ensuite lui-même lesgerles sur l'aire de la grange et souvent renonte la terre enlevée aux flancs de la montigne parles érosions pluviales. A ce dur laleur, la population du haut pays acquiert tine force physique peu communerLa surface annuellement ensemencée en céréales et en légumineuses est d'environ 200,000 hectares, qui rendent 2 millions d'hectolitres. Coupée ue profondes vallées qui courent dans toutes !es directions, la Savoie offre d'admirables sxpositions aimées de la vigne, qui y pousse i des hauteurs inconnues ailleurs. Dans la vallée supérieure de l'Isère , entre Moutiers et le bourg Saint-Maurice, elle s'élève jusqu'à 800 mètres, et dans plusieurs autres vallées à 500; mais ces faits sont exceptionnels. L'élévation moyenne de la vigne se maintient, dans les vallées de la Savoie, entre 500 et G00 mètres. On la cultive avec avantage dans certaines vallées, malgré la proximité des neiges, par suite du phénomène bien connu de la réverbération solaire. La zone des vignes entoure la base de la montagne sur trois côtés, le levant, le midi et le couchant, mais seulement dans les vallées les plus profondes. En se rapprochant de la grande chaîne des Alpes, on ne la rencontre plus que dans les expositions du midi. La vigne s'étend sur une superficie de 14,000 hectares, dont la production, année moyenne, est de 50 hectolitres par hectare. Nous ne comprenons pas dans ce chiffre ce que dans le pays on appelle la vigne haute ou le hutin, que l'on fait monter sur des érables ou d'autres plantes, ou sur le châtaignier mort, et qui encombre les cultures des plaines basses ou des premiers plans inclinés de la vallée. Les vignes cultivées en hulins produisent annuellement environ 50,000 hectolitres d'un vin de qualité inférieure. Parmi les bous vins produits par les vignes basses, citons les vins blancs d'Altesse, d'Ayse, de Seyssel et de Fraugy; les vins rouges du bassin de Chambery, ceux de la vallée de l'Isère, les monunéliaus, lescruets, les montermirods, les arbins, les aigueblanehes; les vins de la vallée de l'Arc, le princens, le saint-martin-de-!a-porte, etc. A ces diverses productions agricoles il convient d'ajouter la culture du mûrier et des arbres fruitiers de toute espèce. Dans les vallées étroites, le sol acquiert, sous l'action combinée de la chaleur et de l'humidité, la fertilité des terrains vierges; la végétation s'y développe avec une puissance qui rappelle les tropiques; d'énormes noyers abritent les villages , et des châtaigniers aux proportions gigantesques garnissent le premier gradin de la montagne. Eu résumé, le caractère général de la Savoie est l'étonnante diversité des aspects, la prodigieuse variété de productions. En partant du point le plus bas, qui est le canton à'Yenne (220 mètres d'akituue), où l'on trouve le mûrier et le figuier, et en remontant jusqu'aux communes les plus élevées, comme Pesey et Bonneval, situées entre 1,800 et, 1,900 mètres d'ultitude, l'œil étonné parcourt toute la série des climats de l'Europe. C'est une miniature de l'Europe, et le voyageur y trouve, au point de vue pittoresque, plus de beautés encore que dans la Suisse.
— Industrie, commerce. Quoique la Savoie soit un pays essentiellement agricole, elle n'est pas cependant sans industrie, malgré les conditions défavorables dans lesquelles la suppression des douanes du coté de la France a placé ses industries, obligées de lutter avec une production supérieure; cependant les voies ferrées qui sillonneront bientôt cette contrée ne peuvent que tendre à son développement industriel et commercial. On y trouve depuis longtemps des fabriques de coton, d'indiennes, guzes, bas, toiles, chapeaux de feutre, de soie et de paille ; des papeteries, des manufactures de uraps ; des tanneries, mégisseries, blanchisseries; des brasseries et des distilleries. Annecy, Faverges et Chambery sont les principaux centres d'industrie. On y compte plus de 2,000 raé-
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tiers pour les étoffes de soie, le velours et les rubans. Il y a dans la Tarentaise une fonderie pour 1 argent et pour le plomb que l'on relire des mines de Macot et de Pesey ; à Aiguebelle et à Lamotte-Servolex, des fonderies de cuivre et de nombreuses fabriques d'ustensiles de cuivre, de fer, de ferblanc, d'acier, surtout à Annecy, etc. L'horlogerie du Faucigny, grâce aux encouragements que lui a prodigués le gouvernement du roi Victor-Emmanuel depuis 1851 , a repris sa marche ascendante, et déjà en 1855 elle occupait 1,200 ouvriers et introduisait plus de 1 million de francs par année dans des communes pauvres et déshéritées sous le rapport agricole. Les transactions commerciales do cette contrée ont principalement pour objet l'exportation et l'élevage des bêtes à cornes, des mulets, des fromages, du beurre, des fruits, des pelleteries, du chanvre, de la soie, des tissus de soie, des cristaux, des fers et des arbres de toute espèce. Le plus important débouché de la Savoie est l'Italie, qui recherche ses fromages dits de Gruyère et ses persillés, fabriqués avec du lait de vache et de brebis et qui rappellent le roquefort. Les autres fromages qui s'écoulent en France et à Genève, sont le chevrotin, le reblochon, semblable au montdore, le vacherin, etc. La Savoie est traversée par le chemin de fer qui relie la France à l'Italie, à travers les Alpes, par le tunnel du mont Fréjus, près du mont Cenis.
— Population. «LeSavoisien, ditM. Rendu, mort évêque d'Annecy, est bon, intelligent, religieux, hospitalier, dévoué à son pays, qu'il n'oublie pas, à quelque distance qu'il s'en éloigne. L'amour de la patrie est pour lui un sentiment complexe, qui lie dans un même faisceau l'idée du soi, le sentiment de la famille et l'attachement aux institutions. ■ Trèsattaché à ses anciens souverains, le Savoisien a toujours eu un grand fond d'indépendance. Avec cela assez instruit, car les deux Savoie figurent dans les vingt-six premiers départements pour l'instruction primaire, le Savoisien était fait pour comprendre et aimer la République. La liberté trouvera toujours des défenseurs dans ces laborieux montagnards. L'émigration est excellente à ce
Eomt de vue. Cependant la population des autes vallées est encore assez primitive. L'aspect du pays, tel que nous l'avons esquissé, donne à comprendre quel doit être le genre de vie de la population agricole. Activité et dépense extraordinaire de forces physiques pendant que le sol est libre , repos et inertie pendant les longs hivers, voilà les deux côtés saillants de la vie dans la région alpestre. Pendant la morte saison agricole, qui dure souvent cinq mois dans les hautes régions, toute activité cesse dans les villages ; près de la moitié de l'année est perdue pour la production. C'est alors que l'émigration coule abondamment des montagnes de la Savoie sur les autres pays, principalement sur lu France, et se verse dans les dernières conditions de la domesticité et du travail. Chaque année le courant emporte une partie de la population, environ 30,000 individus, et les ramène presque tous au printemps. Ce qui reste au hameau est condamné à l'oisiveté. « Les longues veillées de l'hiver, dit l'auteur déjà cité, se passent autour du poêle en gueuse ou dans les étables, disposées pour recevoir d'un côté le bétail et de l'autre la réunion de la famille. Au milieu est posée sur un socle de pierre la lampe antique, projetant sa lumière douteuse sur le cercle de femmes qui filent ; plus loin, les hommes sont étendus sur la paille, causant, riant ou dormant, et à l'airière-plan le bétail étonné, qui ouvre de grands yeux aux éclats de rire de la bruyante compagnie. » Mais ce tableau n'est vrai que. pour la population des plus hautes vallées,
— Aperçu historique. Dans les temps les plus reculés, la Savoie était habitée par des peuplades gauloises. Le bas pays, de Genève à Aiguebelte, était occupé par les Allobroges, qui s'étendaient au sud jusqu'à Vienne, au nord jusqu'à Genève. Les vallées étaient habitées par quelques petits peuples, doul le plus important fut le peuple des Centrones, qui défendirent vaillamment leur indépendance contre les Romains ; ils habitaient la Tarentaise. Les Allobroges passèrent sous la dominatiou romaine en 121 av. J.-C., après une lutte acharnée qui finit par un effroyable carnage de cette nation énergique. Après la défaite et la soumission définitive des Allobroges, la Savoie fit partie de l'empire romain jusqu'en 407 de notre ère, époque à laquelle elle fut envahie par les Burgundes. La domination des Burgundes dura soixante-dix-huit ans; elle finit en 534 par une seconde invasion plus terrible que la première, celle des Francs, peuplade féroce qui extermina la race relativement pacifique des Burgundes. L'ancien pays des Allobroges, auquel les historiens donnent le nom de Sapuudia dès la fin du ive siècle (Animien Mareellin) et de Saboia au vie siècle, fit partie de l'empire franc jusqu'au démembrement de l'empire de Charlemagne et fut, pour la partie méridionale du moins, compris dans le royaume de Provence, créé par Boson en 879. Cinquante -quatre ans plus tard, le royaume d'Arles fut absorbé par le second royaume de Bourgogne, dont la partie septentrionale de la Savoie dépendait depuis
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8S8, et en 933 toute la Savoie se trouva réunie sous le sceptre des rois de Bourgogne. En 1032, à la mort de Rodolphe III, la Savoie passa avec tous les Etats de Bourgogne sous la suzeraineté de l'empire d'Allemagne ; mais déjà à cette époque les seigneurs féodaux s'étaient en quelque sorte partagé !e royaume de Bourgogne, et l'empire ne recueillit guère de Rodolphe le Fainéant qu'une suzeraineté nominale sur les puissants eomtes et marquis qui peu à peu devenaient héréditaires. Tels tendaient à devenir les comtes de Genève, de Maurienne, de Turin, le' baron de Faucigny et le marquis de Suse, le plus puissant de tous. Cependant Conrad le Sulique ne recueillit pas sans contestation l'héritage douteux de Rodolphe de Bourgogne; il dut le défendre les armes à la main contre ses rivaux, le duc de Souabe et le comte de Champagne. Ceux-ci furent vaincus près de Genève par le comte Hupert ou Humbert, qui avait amené d'Italie une armée au secours de l'empereur (1034). Ce comte Hupert paraît être Humbert aux Blanches-Mains, tige incontestée de la maison de Savoie. On le voit paraître en 1003 et disparaître en 1056. Il était comte d'Aoste, de Salinorence, de iMaurienne, de Savoie, de Nyon, de Belley. Il paraît avoir eu ces Etats soit comme gouverneur pour le dernier roi de Bourgogne, Rodolphe Ht, soit comme donataire ou héritier de la reine Hermengarde, dont il était parent. Comment ses descendants acquirent successivement de vastes Etats en- deçà et au delà des Alpes et finirent par s'asseoir sur le trône d'Italie, c'est ce que nous dirons à l'article consacré à la maison de Savoie. Pour le moment, il nous suffira de préciser ce point, à savoir que le principal domaine que Humbert aux Blanches-Mains eut dans la Savoie fut la Maurienne, dont ses descendants ont longtemps porté les armoiries (d'or, à l'aigle de sable). La plupart des petites provinces et vallées qui forment la Savoie passèrent peu à peu sous la domination de ces princes entreprenants et habiles auxquels la Savoie a donné son nom. Ce lent travail est à son origine, au xia siècle, entouré des ténèbres du moyen âge. La Maurienne en partie et la Tarentaise sont soumises à lajuridiction temporelle de leurs évêques; la Savoie proprement dite, le Genevois et le Faucigny ont leurs seigneurs, leurs comtes et leurs barons particuliers. Ce pays est découpé capricieusement par la féodalité. Au siècle suivant, les comtes de Maurienne s'agrandissent par des conquêtes et des alliances, et favorisent habilement l'affranchissement des communes. Mais c'est au xiu<-" siècle que la Savoie agrandit ses limites. Humbert II acquiert la Tarentaise; le comte Thomas acquiert Chambery et d'autres terres importantes; Pierre, dit le petit Charlemagne, élargit considérablement ses frontières, reunit le Chabiais et le Faucigny à la Savoie, et semble vouloir, par la puissance qu'il acquiert en Suisse, reconstituer l'ancien royaume de Bourgogne des Rodolphien's. Au xiv« siècle, la Savoie s'agrandit de la Bresse sous Amédée V, des pays de Gex et de Vaud sous Amédéa VI, de Nice sous Amédée VII, du comté de Genevois sous AmédéeVIII. Le Bugey et leValromey faisaient aussi partie des Etats de Savoie, qui s'étendaient jusqu'aux portes de Lyon. Dans la Savoie, les communes reçurent de bonne heure des franchises. Des états généraux, composés des trois ordres, participaient au gouvernement et au vote des subsides; ils furent supprimés par Emmanuel-Philibert en 15G0. De l'autre côté des Alpes, les Etats de Savoie englobèrent tour à tour les marquisats de Suse, d'Ivrée et de Montferrat, le duché d'Aoste et la principauté de Piémont. La plupart de ces agrandissements s'étaient opérés à la faveur de guerres incessantes ; elles amenèrent de nombreux désastres sur la Savoie à la suite de plusieurs règnes de princes mineurs et de tutelles malheureuses et troublées. En 1536, la France envahit la Savoie et la garde vingttrois ans; elle s'empare aussi du Piémont, tandis que les Suisses prennent le reste au préjudice de Charles III, dit le Bon, timide héritier de ses vaillants ancêtres. Son duché, car les princes de Savoie avaient reçu de l'empereur Sigismoud le titre de ducs en 1416, était réduit à presque rien. Mais son fils Emmanuel-Philibert, élevé dans l'exil, devint un grand homme, gagna la bataille de Saint-Quentin et recouvra en 1559, parle traité de Cateuu-Cambtésis, tous ses Etats, sauf une partie de ceux que les Suisses lui avaient enlevés. Jusqu'alors Chainbéry avait été la capitale des Etats de Savoie; Emmanuel-Philibert transporta le siège de son gouvernement à Turin, supprima les états généraux, créa le sénat ou cour souveraine de Savoie (autrefois conseil de justice), abolit la charge de maréchal de Savoie, créa les milices d'infanterie et établit la centralisation dans ses Etats. En 1602, son fils Charles- Emmanuel est contraint par le traité de Lyon de céder à Henri IV la Bresse, le Bugey et le Valromey. En échangera France lui cède le marquisat de Saluées. Dès ce moment, la Savoie est réduite à ses limites actuelles, telles que nous les nvous décrites, sauf des modifications insignifiantes. Envahie par Henri IV, par Louis XIII, par Louis XIV et occupée eu 1742 par les Espagnols, qui la gardèrent six ans, la Savoie eut, pendant ces deux siècles, beaucoup à souffrir de ces
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incessantes invasions. Le duc de Savoie Victor-Amédée II, qui tint tête si longtemps a, Louis XIV, reçut en 1718 l'île de Sardaigne avec le titre de roi. Son fils Charles-Emmanuel III accrut ses possessions du côté du Milanais et acheva d'abolir tous les vestiges de redevances féodales et droits seigneuriaux, de telle sorte qu'au moment de la Révolution la Savoie possédait un état social bien meilleur que celui qui subsistait encore en France.
Depuis la paix d'Aix-la-Chapelle jusqu'à la Révolution, la Savoie jouit d une paix profonde. Elle se composait à cette époque de sept provinces : Savoie, chef-lieu Chainbéry; Maurienne, chef-lieu Saint-Jean ; Tarentaise, chef-lieu Moutiers; Genevois, chef-lieu Annecy ; Faucigny, chef-lieu Bonneville; Chaj biais, chef-lieu Thonon, et enfin les bailliages ' réunis de Ternier et Gaillard, chef-lieu Saint- Julien, qui devinrent la province de Carouge. Ces sept provinces formaient le duché de Sa- | voie. Malgré l'agrandissement de ses princes du côté de l'Italie, la Savoie n'a cessé da conserver le libre usage de la langue française.
En 1792, la Savoie fut occupée par farinée française du général de Montesquiou. Une Assemblée nationale des Allobroges fut convoquée à Chambery ; elle se composait de 655 députés, un par commune. Cette assemblée vota la réunion de la Savoie à la France, et la Convention, approuvant cette réunion, fit de la Savoie le 84e département, sous le nom de Mont-Blanc. En 1798, la réunion de Genève à la France donna lieu à la formation du département du Léman, en faveur duquel la partie nord de la Savoie fut détachée du Mont-blanc. Pendant vingt-deux ans la Savoie suivit les destinées de la France et fournit aux années de la République et de l'Empire plus de 50,000 soldats, 800 officiers de tout grade et 20 généraux, parmi lesquels il suffit de citer Desaix, l'aethod, Curial, Dupas, Chastel, Decouz, Doppet, etc. Eu 1814, le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel le, recouvra la majeure partie de la Savoie, et le département du Mont-Blanc ue se composa plus que des trois arrondissements de Chambery, Annecy et Rumilly. Le Léman était perdu pour la France.
Après les Cent-Jours, le traité de Vienne du 15 novembre 1815 rendit les débris du Mont-Blanc au roi de Sardaigne, et la Savoie tout entière se retrouva sous le rugiine d'avant 1792. L'absolutisme et le jésuitisme gouvernèrent ce pays en maîtres impitoyables jusqu'en 1847. A cette époque, le roi Charles- Albert accorda des réformes qui fiirent suivies, le 4 mars 1848, de l'octroi d'un stutut constitutionnel , charte libérale qui permit à la Savoie de naître à la vie publique, grâce aux libertés les plus étendues et au régime parlementaire sincèrement et libéralement pratiqué; elle put ainsi, de 1848 à 1SS0, se développer considérablement au point de vue écouomiqne. Ses enfants- prirent une part glorieuse aux guerres de 1S4S et 1849 contre l'Autriche, gnerre3 qui préparèrent l'avénement de l'indépendance italienne. Après l'abdication de Charles-Albert, vaincu à Novare, Victor-Einuianuel II cousacra son règne, avec le libre appui des populations, à l'indépendance de la Péninsule, il élait dans la destinée de la Savoie de contribuer à fonder la liberté italienne et de se séparer de l'Italie au moment où celle-ci devenait un grand peuple. Annexée à la France par le traité du 24 mars 1860, sanctionné par un plébiscite, la Savoie a eu à souffrir, pendant les premières années de l'annexion, des allures maladroites et inconvenantes d'un grand nombre de fonctionnaires impériaux, qui crurent pouvoir traiter cette terre libre en pays conquis. Heureusement, la révolution du 4 septembre est venue à propos pour réparer bien des injustices et pour montrer à ces nouveaux Français la France sous un autre jour. Aussi la Savoie a-t-elle largement payé sa dette à la mère patrie en fournissant un nombreux contingent à la ligne, à la mobile, aux mobilisés et aux francs-tueurs, et partout où l'occasion leur en a été fournie, à Goulmiers, à Héricourt, à Dijon, les Savoisieus se sont montrés de dignes Français et de courageux patriotes. Au moment de la Commune, la. crainte de voir la France tomber dans l'anarchie et ensuite dans le despotisme, qui n'eût pas manqué d'en être la suite et d'anéautir la liberté et peut-être même l'existence de la France, plusieurs Savoisiens ont émis cette idée que, si une république sage et bien ordonnée ne pouvait s'établir dans notre patrie, la Savoie tournerait ses regards vers une patrie libre. Cette idée, qui répondait, il faut bien le dire, à l'opinion de la très-grande majorité des Savoisiens, a été la principale base de l'accusation de séparatisme lancée contre les populations des départements annexés; on voit ce que cette accusation a de fondé. 11 est certain que la Savoie est française par sa langue, par ses mœurs, par ses aspirations, par tout ce qui constitue l'existence d'un peuple. Il est certain aussi que plus le régime politique et administratif de la France se rapprochera du régime de sage liberté et de bonne administration que la Savoie possédait avant 1860 et qu'elle n'a cessé de regretter depuis, plus les populations de la Savoie seront attachées à la France. Dans les mauvais jours comme dans la prospérité, la France troavera tou-
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jours le plus ferme appui et le plus constant dévouement chez les Savoistens. Ajoutons, pour répondre k une erreur trop répandue, que, si les Niçois sont Italiens de race, les Savoisiens appartiennent au contraire k la nationalité française.
La Savoie forme, depuis 1860, deux départements : la Savoie, formée de la majeure partie de l'ancien département du Àlunt- Blanc, et la Haute-Savoie, formée d'une partie de l'ancien Mont-Blanc et de la plus grande paitie de l'ancien Léman.
SAVOIE (département DK la), division administrai! ve de la région S.-E. de la France, formée en 1860 de la division administrative de Chambéry, composée des anciennes provinces sardes de la Savoie proprement dite, Haute-Savoie, Maurienne elTurentaise, confinant au N. au département de la Haute- Savoie, à J'E. au royaume d'Italie, au S.-E. au même royaume, au S. et au S.-O. au département de l'Isère, et à l'O. aux déparlemeuts de l'Isère et de l'Ain. Superficie, 591,358 hectares, divisée en 4arrond. • Chambéry, ch.-l.; Albertville, Mouliers et Saiut-Jenii-de-Muurieune. Il renferme 29 cantons, 327 communes et -267,458 h»b. 11 forme les diocèses de Cliainbéry, de Saiut-Jeaii-de-Maurieriue et de la Tarentai.se ; il ressortit k la cour d'aplel de Chainbèry, à l'académie de Chainéry, à la 33e conservation des forêts. Four l'aspect général de ce département, sa topographie et sa constitution géologique, nous renvoyons le lecteur à l'article que nous venons de consacrer à la Savoie. Les points culminants de la région alpestre sont, dans ce département, le mont Cenis (2,816 mètres), le mont Thubor (3,212 mètres), le muni de la Mngileleine (2,689 menés), le rocherde Frêne (2,793) et le village de Pesey (1,835 mètres). Les cours d'eau les plus importants qui arrosent le département sont : le Rhône, 1 Isère, l'Arly, l'Arc, le Guiers, le Moral et le Chéron. Les lacs qu'on y rencontre sont ceux du Bourget, d'Aiguebelette, le iac Blanc, le lac Noir; le iac du Mont-Cenis, aux Tuvernettes, dépendait uuirefois de la Savoie ; il appar- j tient k l'Italie depuis 1860. On y trouve plusieurs sources d'eaux minérales ; les plus importantes sont celles d'Aix, de Salins, de Brides-les-Bains et de Challes. Le climat y est assez variable, suivant l'altitude ; rigou- , reux dans les montagnes, il est tres-tempéré j dans le bas pays, surtout dans les valiees I et dans la plaine qui s'étend de Montmélian à Chambéry et qui produit les meilleurs vins ' du pays. Au sujet des productions agricoles, du commerce elde l'industrie de ce département, nous ne saurions que répéter ce que nous avons déjà dit au mot Savoie. V. ce mot.
SAVOIE (département de la HAUTE-),
division administrative de la région S,-E. de la France, formée en 1860 de la division administrative d'Annecy, composée des anciennes provinces sardes du Faucigtiy, du Chaulais ut du Genevois. Ce département a pour limites au N. le lac de Genève et te canton de Genève, k l'E. le canton du Valais, au S. le département de la Savoie, et à l'O. le Rhône, qui le sépare du département de l'Ain. Superficie, -428,837 hectares, divisée en 4 arronuis eineuts : Annecy, ch.-l,; Bonneville, Saint- Julien et Thonon. 11 renferme 28 cantons, 313 communes et 273,027 hab. Il forme, avec quelques communes du département de la Savoie, le diocèse d'Annecy, suifragant de Chambéry; il ressortit à la cour d'appel de Chambéry, à l'académie de Chambéry, a la 33e conservation des forêts (Chambéry). Ce département renferme les pics les plus élevés de l'Europe : le mont Blanc (4,810 mètres), l'Aisutlle-uu-Géunt (4,366 mètres), le Dônie-uu-Gouter (4,324 mètres), l'Aiguiile- "Verte (4,08 1 mètres^ , l'Aiguille-des-Grandes- Jorasses (4,021 mètres), l'Aiguille-d'Argentiere (3,927 n. êtres), l'Aiguille - du - Midi (3,916 mitres), le Buet (3,111 mètres), l'Aiguille-de-Vareus (2,730 mètres); le Brévent (2,6!2 mètres), la jjeiit-d Uche (2,250 mètres), la Touruelte, le Semuoz, le Farmelan, les Cornettes- de-Bise, le mont de Grange, sommets dont les altitudes varient de 2,400 à 2,500 mètres. Ce département est arrosé par un grand nombre de cours d'eau qui descendent des sommets alpestres; les plus importants sont : le Rhône et ses affluents, savoir : les Usses ; le Fier et l'Arve avec leurs nombreux affluents ; la Dranse, réunion de trois rivières purtant ce nom, qui se jette dans le lac de Gène ve. On y trouve deux lacs assez étendus, celui d'Annecy et ceiui de Genève, qui buigne la partie septentrionale du département, et plusieurs petits lacs, dont le plus important est celui de Moutrioud ou lac Vert, dans les moutaguesdu Chablais. Les Sources minérales y sont abondantes. Nous ne mentionnerons que celles d'Evion, d Amphion, de La Caille et de Saiiit-Gervais. Là, comme dans le département de la Savoie, le climat varie selun le degré d'élévation de la contrée. Sur le* flancs des hautes montagnes, les climats sont étages par zones, dont la température baisse de l« centigrade par chaque élévation de 175 mètres. Les vents dominants sont ceux du N.ou bise et du N.-E-; les vents du S. et de l'O, y amènent la pluie, surtout au printemps et en automne. V. Savoie.
SAVOIE (maison de), maison souveraine dont la Savoie a été le berceau et qui règne aujourd'hui sur toute l'Italie. On faisait au-